Le quartier de Fuchsia paraissait comme un petit coin de paradis auprès de tous ceux qui y vivaient ou qui faisaient tout simplement un tour. Les maisons étaient toutes grandes, bien entretenues, et laissaient place à la rêverie lorsqu'on posait les yeux sur leurs grandes fenêtres et leurs murs d'un blanc éclatant. Les jardins étaient verdoyants, et chacun avait son petit bout de terrain. La route était assez large, et il faisait souvent très beau ; il y avait peu d'accidents et rien ne semblait pouvoir rompre le charme et la tranquillité de ce quartier fort apprécié par tous ceux qui souhaitaient fonder une famille, ou tout simplement vivre avec leurs amis, leur amant, leurs proches.
Pourtant, en dépit de l'immense sentiment de bien-être que Fuchsia dégageait, il fut une période où la vie là-bas n'était pas si paisible. À cette époque, et sans que l'on en comprenne véritablement la raison, le sort parut s'acharner sur certains habitants de ce petit quartier. Et ils durent tous apprendre que le bonheur nécessitait bien souvent que l'on se batte pour lui.
Tout à commencer le matin d'une belle journée de début de printemps par l'arrivée d'un nouveau voisin. Un jeune homme de 23 ans débordant de joie de vivre et répondant au nom de Monkey D Luffy. Il avait acheté une petite maison au centre du quartier, et se faisait une joie de rencontrer de nouveaux amis. D'un naturel plutôt jovial et extraverti, il avait toujours aimé être entouré ; la solitude lui paraissait bien trop douloureuse et désagréable.
Il arriva aux alentours de 10h, impatient de s'installer. La demeure était déjà meublée, et il n'avait que quelques cartons avec lui, aussi n'avait-il pas eu besoin de professionnels. Il y était allé tout simplement, telle était sa façon de faire les choses. Durant tout le trajet, il avait mis des musiques entraînantes et avait chante avec bonne humeur. Il avait le sentiment qu'aujourd'hui serait une excellente journée, et fidèle à lui-même, il allait la vivre à fond.
Après s'être garé dans son allée, il coupa sa musique et sortit rapidement de son véhicule. Il s'étira pour se détendre après les quelques heures de route qu'il avait faites, puis il accourut à la porte, pressé d'aller voir à l'intérieur.
Il l'avait déjà vu, bien sûr, puisqu'il l'avait visité, et c'était à cet endroit qu'il avait signé les papiers. Mais il peinait encore à croire qu'il allait enfin pouvoir s'y installer. Ça faisait longtemps qu'il rêvait de vivre à Fuchsia, dont il avait reçu de nombreux avis très positifs. Et avec l'aide de son grand-père, il avait pu acheter cette maison et réaliser son rêve.
Il s'empressa d'ouvrir grâce à la clé que l'ancien propriétaire lui avait confié après la signature des papiers, puis il pénétra à l'intérieur. Il n'y avait pas d'étage, mais les pièces étaient assez grandes et lumineuses. La cuisine était très moderne, mais n'étant pas un très grand cuisinier, il doutait de se servir de tout. Dans toutes les pièces, la couleur prédominante était le rouge, ce qui lui convenait parfaitement bien.
Après avoir fais le tour de la propriété, il ressortit afin de décharger ses affaires. Mais alors qu'il prenait la direction du coffre de sa voiture, il entendit le bruit d'une porte qu'on ouvrait et refermait à sa gauche. Il tourna immédiatement la tête, curieux, et un immense sourire apparut à ses lèvres lorsqu'il vit qu'il s'agissait d'une personne sortant de la maison voisine de la sienne. C'était un jeune homme, sans doute un peu plus âgé que lui, avec des cheveux étonnement verts. À la tenue qu'il portait, Luffy sut qu'il était policier, et par son impressionnante musculature, il imagina qu'il devait être très fort.
Il était heureux d'avoir un nouveau voisin, et il sauta sur l'occasion d'aller se présenter. Il le héla donc sans hésiter, en courant vers lui et en agitant la main.
-Bonjour !
Le jeune homme s'arrêta et regarda autour de lui, avant de le remarquer. Il fronça légèrement les sourcils et s'approcha à son tour, d'une démarche plus hésitante. Ils s'arrêtèrent tout deux lorsqu'il n'y eut plus entre eux que la petite rangée de buisson délimitant les terrains.
-Bonjour, euh...vous êtes ?
-Monkey D Luffy ! Votre nouveau voisin ! J'emménage aujourd'hui !
-Ah. Alors bienvenue dans le quartier.
-Merci ! C'est quoi votre nom ?!
-Roronoa Zoro.
-Enchanté Zoro !
Son sourire s'agrandit, et il baissa les yeux sur son uniforme. Sa tête se pencha légèrement sur le côté alors qu'il enfournait ses mains dans ses poches.
-Vous êtes fort ?
-Pardon ?
-Est-ce que vous êtes fort ?
-Euh...oui.
-J'en étais sûr ! Ça se sent.
Zoro trouvait que son nouveau voisin était plutôt étrange. Mais son côté étrange était plutôt...intéressant. Enfin, jamais personne ne lui avait dis une chose pareille auparavant. Il croisa les bras sur son torse et fit un petit geste de tête en direction de la maison dans le dos de Luffy.
-Dites-moi, qu'est-ce qui vous a motivé à venir vous installer dans ce petit quartier tranquille ?
-J'ai demandé à venir travailler ici ; je bosse à l'hôpital, je m'occupe des enfants malades !
-Ah oui.
-Ça faisait longtemps que je voulais venir à Fuchsia. En fait, mes frères habitent ici. Vous les connaissez peut-être !
-Oh je ne pense pas. Je ne me mêle pas trop aux autres.
-Ah bon ? C'est dommage, vous avez l'air sympathique !
Ça aussi, on ne le lui disait pas souvent. Zoro n'aimait pas tellement se mêler aux autres, et s'il était venu s'installer à Fuchsia quelques années plus tôt, c'était pour recommencer sa vie en solitaire. Il n'avait donc pas chercher à se faire des amis, se contentant très bien de ses collègues de travail.
Il avait cependant l'impression que tout cela allait bientôt changer.
-Bon euh...Luffy ? Il faut que je vous laisse, je dois aller bosser.
-D'accord ! Bonne journée !
-Vous aussi.
Après une brève poignée de main, Zoro s'éloigna jusqu'à sa voiture pour partir au poste. Luffy le suivit du regard toujours en souriant, alors que sa main avait encore la sensation de la forte poigne de son nouveau voisin. Il ne s'était pas trompé : il était fort.
-Je me demande s'il travaille avec Shanks.
Il haussa les épaules et retourna à sa voiture pour enfin décharger ses affaires. Il voulait finir vite afin d'aller voir ses frères plus tard dans la journée, et mieux valait qu'il ne tarde pas trop s'ils ne voulaient pas avoir affaire à leurs représailles.
-Shanks, Zoro est en route ! Prépare-toi, on va pas tarder à y aller !
-Bien reçu, Marco !
Avec un rire raisonnant, Shanks attrapa ses affaires et vérifia qu'il avait tout son matériel. Il devait partir en vadrouille avec ses deux amis, et comme ces derniers n'hésitez pas à le réprimander lorsqu'il oubliait quelque chose, il faisait toujours son inventaire avec attention. Même s'il finissait toujours par lui manquer un truc. "Quel abruti de tête en l'air !", avait l'habitude de l'appeler son conjoint, Baggy. D'ailleurs, ils allaient commencer leur vadrouille par le petit supermarché dans lequel son amant travaillait ; il allait pouvoir le mater un peu en passant.
-Shanks, reste concentré.
-Marco, je te le dis : tu lis dans les pensées !
-N'importe qui peut savoir à quoi tu penses en regardant ta tête. Ça se voit à ton sourire pervers.
-Tu comprendras quand tu seras en couple.
Marco soupira en levant les yeux au ciel. Il avait toujours droit à ce genre de réflexion de la part de son lourdingue de collègue. À presque 40, il n'avait pas eu de relation sérieuse depuis longtemps, voire de relation tout court. Il n'était pas activement à la recherche de l'amour, il fallait le dire. Il se disait que si ça devait arriver, ça arriverait en temps et en heure. Il ne repoussait pas non plus l'idée d'avoir quelqu'un dans sa vie, persuadé que quand il serait amoureux, il le saurait. Et à ce moment-là, il l'acceptera et le vivra pleinement. En attendant, il avait d'autres préoccupations.
-Je te vois bien sortir avec un petit jeune timide mais au caractère explosif.
-Bon sang, Shanks...
-Mais quoi ?! On a tous besoin de trouver quelqu'un ! Il serait temps que tu te cases !
-On peut très bien vivre seul, Shanks.
-C'est triste.
-Mais ça arrive. Et je ne vais pas mourir parce que je reste célibataire.
Shanks soupira, mais accepta sa défaite. Son ami avait raison, au fond. Et de toute façon, mieux valait ne pas tenir tête trop longtemps à Marco, il perdait fort rarement.
-Quel rabat-joie...
-Je prends ça pour un abandon.
-Tu déteints sur Zoro, en plus ! T'as pas honte ?!
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Disons que t'es pas la personne la mieux placée pour l'aider à se sociabiliser. Et encore moins pour avoir une relation amoureuse.
Marco ricana en terminant son lacet, avant de se redresser et de croiser ses bras sur sa poitrine.
-Shanks, sauf erreur de ma part, Zoro est un adulte. Il est assez grand pour savoir ce qu'il veut, et n'a pas besoin d'être influencé.
-Mais il est si jeune ! Il peut encore se faire des conquêtes ! Faut pas qu'il abandonne !
-Sans doute. Mais ça ne te regarde pas.
Shanks soupira d'abandon, puis ils sortirent du vestiaire, direction leurs voitures de fonction. Cependant, alors qu'ils attendaient leur ami, Shanks reçut un message. Il s'empressa de sortir son téléphone, et il sauta de joie en voyant qui le lui avait envoyé.
-Super, Luffy est arrivé !
-Luffy ?
-Mon petit protégé, je t'en ai parlé, tu te rappelles ? Il emménage à Fuchsia aujourd'hui !
-Oh, super.
-En plus, devine où il s'est installé...
Pour une raison tout à fait étrange, Marco ne fut pas surpris de la réponse. Il ne put pas retenir un léger sourire lorsque son ami lui répondit d'un ton plutôt fier.
-Il est le nouveau voisin de Zoro.
-Hum...tu ne l'aurais pas aidé à trouver la maison, par hasard ?
-Pour ma défense, je n'étais pas le seul à l'aider.
-T'es pas croyable, Shanks !
En riant, ils montèrent dans la voiture. Peu de temps après, Zoro arriva et monta à son tour. Après s'être salués, Shanks démarra le moteur, et ils partirent pour leur patrouille.
Il était aux alentours de 10 heures lorsque Law, jeune chirurgien de l'hôpital de Fuchsia, sortit avec une tasse de café froide sur son perron. Il avait entendu dire que le nouvel habitant de leur rue arrivait aujourd'hui, et il souhaitait le voir passé. Il était d'autant plus concerné qu'ils risquaient de le voir souvent au travail. Son nouveau collègue était plutôt jeune, et il se demandait quelle tête il pouvait bien avoir.
Il vit alors une voiture s'arrêter dans l'allée de la maison récemment achetée, que Law pouvait distinguer de son jardin. Il était malheureusement un peu loin pour observer avec précision le jeune homme, mais au moins, il devrait pouvoir le reconnaître une fois au travail. Non pas qu'il souhaitait forcément devenir ami avec lui, mais il aurait sans doute besoin d'aide pour s'intégrer.
Il ne resta pas très longtemps dehors, s'empressant de retourner à l'intérieur. Aujourd'hui, il ne commençait qu'en début d'après-midi, et il avait donc toute la matinée pour s'occuper de quelques papiers importants.
Notamment pour son futur mariage.
D'ailleurs, à ce moment-là, il entendit que son fiancé descendait les escaliers en toute tranquillité, se dirigeant vers la cuisine où Law se trouvait actuellement. Eustass Kid gérait son propre garage, alors s'il souhaitait ne se lever qu'à 10 heures, il en avait tout à fait le droit. Bien que Law prenait un réel plaisir de le charrier à ce sujet.
-Bonjour, lança Kid en entrant dans la pièce.
-Bonjour, bien dormi ?
-Comme un bébé. Il reste du café ?
-Une tasse, juste là.
Le roux le remercia et se saisit de la tasse. Il en but une grosse gorgée, avant de faire une grimace.
-T'aurais pu me dire qu'il était froid.
-J'aurais pu, mais il ne l'aurait pas été si tu t'étais levé plus tôt.
-Ha ha, hilarant.
Malgré tout, il continua de le boire, n'ayant pas l'envie de s'en faire un autre. Law lui jeta un regard en coin, puis fit un signe de tête en direction de leur téléphone fix.
-Ta grand-mère a appelé.
-Qu'est-ce qu'elle voulait ?
-Encore nous rappeler que les préparatifs prenaient trop de temps.
-Et depuis quand se soucie-t-on de son avis ?
-Pardon mon cher, je pensais que nous étions fiancés pour cela.
Kid se mit à ricaner, tout en prenant place à table avec du pain et de la confiture afin de se faire des tartines pour le petit-déjeuner. Law haussa un sourcil à sa soudaine hilarité.
-Qu'est-ce qui est drôle ?
-Je me moque de l'avis de mamie. Si je t'ai demandé en mariage, c'est parce que je ne voulais pas qu'elle choisisse quelqu'un pour moi. Et puis, tu t'en sors pas si mal non plus, non ?
-T'as de la chance que j'ai eu besoin de toi à ce moment-là, sinon je t'aurais envoyé promener.
Kid hocha la tête, toujours en riant. Puis il se pencha en arrière et observa le téléphone, attendant presque qu'il se remette à sonner. Sa grand-mère était assez âgée, et il y a quelques mois de ça, elle avait annoncé à Kid son désir imminent que son petit-fils se marie. Ceux à quoi il avait répondu que c'était hors de question, mais ils étaient tous têtus dans la famille, et les chiens ne faisaient pas des chats. Elle lui avait alors annoncé qu'elle choisirait pour lui s'il n'avait personne. En désespoir de cause, il avait demandé à son ami, Law, de jouer son fiancé, au moins pour un temps.
Quant à Law, le sort s'était acharné sur lui quelques heures avant cette surprenante demande. À cette époque, il avait eu quelques soucis avec son colocataire, qui s'était empressé de rejeter la faute sur lui auprès de leur proprio afin de le mettre à la porte. Or, il ne parvenait pas à trouver un appartement dans ses moyens, à cause de quelques problèmes financiers. La famille de Kid étant plutôt riche, ce dernier avait accepté de régler ses problèmes d'argent en échange de ce service. De plus, il l'avait accueilli chez lui.
Malgré tout, ils ne pouvaient se résoudre à se marier pour de vrai, et ils n'avaient de cesse de retarder les préparatifs de la cérémonie afin de leur laisser le temps de trouver une solution, ce qui n'était pas simple. La grand-mère de Kid, Eustass Tsuma, n'avait pas l'intention de les laisser s'en sortir ainsi, et était bien déterminée à avoir son mariage. Law pensait même que ce n'était qu'une question de jours avant qu'elle ne se rende compte de la supercherie, mais il n'était malgré tout pas inquiet. Si ça devait arriver, alors ça arriverait, et même s'il devait jouer les amoureux transis, il se plaisait assez dans son quotidien. Alors il laissait les choses telles qu'elles étaient pour le moment.
Kid se leva alors et s'étira, prêt à aller bosser. Law se pencha légèrement en arrière et l'interpella :
-Tu n'as pas l'intention de rappeler Tsuma ?
-Tu as décroché ?
-Non.
-Alors non, je ne vais pas la rappeler. Avec un peu de chance, elle comprendra qu'elle devrait nous laisser tranquille.
Il haussa les épaules avec un petit sourire, puis adressa un bref signe de main à son fiancé avant de prendre ses affaires et quitter la maison. Law le suivit du regard à travers la fenêtre, puis retourna à ses papiers, ignorant les deux trois appels qui suivirent.
Car non, Tsuma ne comprenait pas qu'elle devait les laisser tranquille.
Sabo sortit de sa voiture en souriant, et après avoir ajusté sa veste, il se dirigea vers la petite maison devant laquelle il s'était garé. Le jeune avocat avait été invité à prendre un café par son amie Vivi, et comme il n'avait pas d'affaire importante aujourd'hui, il avait accepté avec joie. De plus, la jeune femme s'était installée il y a peu chez sa petite-amie, Nami, et c'était à vrai dire la première fois qu'il se rendait chez elles depuis qu'elles vivaient ensemble. Il était malgré tout heureux qu'elles aient passé ce cap, et les en avait longuement félicité.
Il arriva devant la porte et y donna trois petits coups secs. Il ne tarda pas à entendre les pas précipités de son amie avant qu'elle ne lui ouvre et le fasse entrer avec un grand sourire.
-Sabo, je suis heureuse de te voir ! Comment te portes-tu ?
-À merveille, merci. Et toi ?
-Je vais bien. Entre, je t'en pris !
Il la remercia d'un signe de tête et se dirigea vers la pièce indiquée par la belle bleue, qui se trouva être la cuisine. Il fut accueilli par Nami, qui vint le serrer dans ses bras. Ils prirent ensuite place à table, et ce fut Vivi qui servit le café.
-Je suis ravie que tu ais pu trouver du temps pour venir.
-Je viens de terminer une grosse affaire, je suis un peu plus disponible.
-Tu es un avocat de renom, sourit Nami. Et tu mérites ta réputation.
-Merci.
Sabo était fier du métier qu'il faisait ; non pas parce qu'avocat était à la base un métier vu par la plupart comme étant prestigieux. Mais parce qu'ainsi, il pouvait venir en aide aux autres. Cela pouvait sembler puéril, mais il avait travaillé dur durant ses études pour atteindre le niveau qu'il avait actuellement, dans l'objectif de ne jamais perdre ses procès. D'autant plus s'il s'agissait d'affaires concernant ses proches.
Il repensa alors à une affaire datant un petit peu, et concernant son frère aîné. Il secoua la tête et reporta son attention sur les filles. Vivi s'était assise à côté de Nami, et lui souriait avec légèreté.
-Parlez-moi de vous : votre adaptation se passe bien ?
-La vie commune est très plaisante, rit Vivi. Je ne regrette pas d'avoir quitter le cocon familial !
-Son père est encore un peu inquiet et appelle souvent, mais il est heureux pour nous et nous soutient.
-Vous m'en voyez ravi !
Les deux jeunes femmes se tinrent la main, et répondirent aux autres questions du blond avec joie.
Nefertari Vivi était une fille de bonne famille qui avait été élevée comme une princesse. Mais elle avait toujours rêvé de vivre une vie plus simple, comme tout le monde. Après ses études, elle a rencontré Nami, et a eu le coup de foudre pour elle. Avec le temps, elles se sont rapprochées et ont commencé à sortir ensemble. Nefertari Cobra adorait Nami, et n'avait eu aucun mal à accepter cette relation, se moquant de si c'était bien vu ou non. Puis récemment, elles avaient décidé d'avancer dans leur relation en s'installant ensemble, et là encore, Cobra les avait soutenues. L'adaptation à ce style de vie différent n'était pas aisée, mais Vivi s'en tirait assez bien.
-Au fait, s'exclama Nami. Vous êtes au courant ? Il y a un nouveau voisin !
-Oh oui, sourit Sabo. C'est mon petit frère, Luffy.
-Oh, tu as un deuxième frère !
-Oui. Il avait hâte de pouvoir venir vivre ici.
-C'est fabuleux !
Il hocha la tête et but une gorgée de café. Il était plutôt content que son frère vienne s'installer ici, car même si ça aurait été une bonne chose que Luffy vole de ses propres ailes sans chercher absolument à suivre ses frères, il lui manquait beaucoup et il espérait qu'ils pourraient se voir plus souvent tous les trois, maintenant qu'ils vivaient dans le même quartier.
-Il faut l'aider à s'intégrer, déclara Nami.
-Oh ne t'en fais pas, il est assez doué pour ça.
-D'accord, mais il ne va pas faire le tour des maisons pour se présenter à tout le monde ! Organisons une fête des voisins, ce sera plus sympa !
-Quelle bonne idée, approuva Vivi.
-C'est très gentil de votre part...
-Ça nous fait plaisir ! On va s'occuper de tout, laisse-nous faire.
Elle lui ft un clin d'œil, et ils continuèrent de discuter pendant un moment de ce qu'ils feraient pour cette petite fête. Puis vint l'heure de se séparer, et Sabo prit ses deux amies dans ses bras avant de partir. Il prit la direction de la maison de son frère aîné afin de l'aider à préparer le dîner de ce soir.
Ils devaient souhaiter convenablement la bienvenue à leur adorable et glouton petit frère.
-Robin, je suis rentré !
Après avoir déposé ses clés sur le meuble de l'entrée, Franky se rendit dans le salon, où se trouvait son épouse, Robin, en train de corriger des devoirs d'élèves. Elle était professeur d'archéologie à l'université de la ville voisine, avec Nami qui elle était professeur de climatologie. Elles bossaient souvent ensemble, notamment parce qu'elles étaient amies depuis le lycée.
Elle accueillit son mari d'un beau sourire, et posa son stylo afin de boire une gorgée de son café.
-Comment s'est passé cette réparation chez Mme Masterson ?
-Ce n'était qu'une petite fuite, rien de très inquiétant. J'ai tout remis à neuf.
Il pose sa veste sur une chaise avant de partir se laver les mains et se servir un verre de cola.
Il avait ouvert il y a un an sa propre petite entreprise, travaillant à son compte pour réaliser tout type de réparation chez les habitants de Fuchsia. Depuis peu, sa renommée s'était quelque peu étalée dans les coins alentours, à son plus grand bonheur.
Il s'assit à table et jeta un petit coup d'œil aux copies, seulement pour constater qu'il n'y comprenait rien.
-Franky Family se porte bien, tu vas bientôt pouvoir prendre un employé.
-J'y songe, mais rien de certain pour l'instant. Je préfère vérifier d'abord que je pourrais payer un salaire suffisant...
-Pense à prendre rendez-vous avec la banque à ce sujet.
Il hocha la tête et se pencha un peu en arrière. Il but une gorgée de cola, et doucement, il glissa sa main jusqu'au genou de sa femme pour le caresser avec tendresse.
-En parlant de rendez-vous...tu te souviens où l'on va la semaine prochaine ?
-Comment pourrais-je oublier ça.
-Si tu ne te sens pas bien à l'idée de les revoir, je peux y aller sans toi. Ou on peut carrément annuler, on dit qu'on n'y va pas.
Il s'arrêta en sentant la main de Robin dans la sienne. Elle se leva de son siège pour se glisser derrière lui et passer ses bras autour de son torse, la tête posée dans le creux de son épaule.
-C'est gentil chéri, mais c'est ma famille. Nous devons y aller.
-Si c'est pour que tu souffres, non merci. Je préfère qu'ils nous renient.
-Je sais. Mais c'est l'anniversaire de la mort de ma mère.
-Je ne te dis pas de ne pas lui rendre hommage. Tu sais que j'adorais ta mère ! Moi aussi je veux honorer sa mémoire.
Il prit ses mains dans les siennes et les caressa doucement.
-Je dis juste qu'on pourrait le faire que tous les deux. Ça t'évitera d'avoir à supporter les critiques de ta famille.
-Merci de vouloir me protéger. Mais ça va aller, ne t'en fais pas.
-Ce que tu peux être têtue. Mais je te fais confiance.
Il l'embrassa sur la joue en riant et l'attira pour l'asseoir sur ses genoux. Elle se débattit un peu, pour la forme, n'ayant pas vraiment envie de s'éloigner.
-J'ai encore plein de copies à corriger.
-Je vais bientôt devoir repartir. Juste cinq petites minutes...
-Tu oses dire que c'est moi la têtue ?
-Qui se ressemblent, s'assemblent, mon amour.
Il lui caressa le dos de haut en bas, sachant que ça avait le don de l'apaiser. Le sujet de la discussion qu'ils venaient d'avoir était toujours un peu délicat, car Robin avait des rapports houleux avec les membres de sa famille. Et ça avait empiré depuis la mort de sa mère, Olivia, il y a maintenant six ans.
Franky et Robin s'étaient rencontrés au lycée, mais n'avaient commencés à sortir ensemble que bien plus tard. Cependant, il avait toujours apprécié Olivia, qui lui avait fais part une fois de son désir de les voir ensemble. Mais il se souvenait qu'à l'époque déjà, elle était très malade. Et elle s'est éteinte quelques semaines seulement après leur mariage.
Les mauvaises langues de la famille ne se retenait plus depuis lors, et ils avaient tendance à s'acharner sur Robin. Franky avait horreur des réunions de famille à cause de ça, mais il ne pouvait pas empêcher sa femme d'aller voir ses proches, en particulier à cette date si importante pour eux tous. Alors il l'accompagnait toujours pour la soutenir et la protéger.
-Franky...
-Oui mon amour ?
-Voilà ce que je te propose : on va aller à ce déjeuner de famille tous les deux, on va se comporter comme on le fait d'habitude. Et quand tu penseras que l'on doit partir, alors on partira.
-C'est moi qui choisit ?
-Oui, et je ne te contredirai pas.
-D'accord, mais je tiens à préciser que nous ne partirons que s'ils te font du mal.
Il l'embrassa, mais malheureusement, ce fut l'heure pour lui de partir. Robin se leva de ses genoux et lui annonça qu'elle allait commencer à préparer le déjeuner pour quand il rentrerait. Il la remercia d'une brève étreinte avant de saisir sa veste, ses clés et de partir. Robin se dirigea donc vers la cuisine, rassurée d'avoir eu cette discussion avec son mari. Toutes ses craintes n'étaient pas évanouies, mais grâce à lui, elle appréhendait un peu moins ce repas de famille.
-Pour la troisième fois ce matin : je n'irai pas avec toi à ce déjeuner d'affaires !
En soupirant, Shuraiya Basukûdo attrapa sa mallette et suivit son époux dans le salon. Après près de deux ans de mariage, il aurait dû se douter qu'il n'allait pas être si facile que ça de convaincre l'homme qui partageait sa vie. Mais très honnêtement, il n'avait pas envie de passer du temps à essayer.
-Sanji, s'il te plaît...
-Non c'est non !
-Mon patron nous demande de venir accompagné, et je n'ai pas envie de me taper la honte en venant seul.
-T'as pas besoin de moi pour te taper la honte, ta gueule est amplement suffisante !
Shuraiya sentait que la colère montait, et le comportement de son mari ne lui plaisait guère. Mais Sanji détestait avoir à se forcer pour lui, et il détestait encore plus d'avoir à faire semblant qu'ils étaient un parfait couple amoureux et comblé, car c'était loin d'être le cas.
À vrai dire, ils n'avaient même jamais décidé de se marier et de vivre ensemble. Mais leurs familles étant de bonnes amies, ou disons plutôt de bonnes collègues en affaires, elles avaient pris cette décision sans leur demander leur avis. Et Sanji n'avait malheureusement pas réussi à tenir tête à son père à ce sujet. Il avait donc été contraint d'épouser l'héritier de la famille Basukûdo, d'abandonner tous ses rêves pour rester à la maison faire les tâches ménagères de son imbécile de mari, et bien sûr, souffrir en silence.
Mais ce n'était pas pour autant qu'il allait se montrer totalement docile.
-Très bien. Puisque tu ne veux pas venir à ce déjeuner, qu'à cela ne tienne ! Tu viendras à la soirée de la semaine prochaine !
-Dans tes rêves !
-Dans mes rêves, j'ai épousé une belle femme qui n'a pas un caractère de cochon. Comme quoi on n'a pas toujours ce qu'on veut.
Ni une ni deux, Sanji attrapa le livre posé sur la table basse devant lui et le lança au visage de Shuraiya, qui grogna de douleur.
-Eh !
-Je te signale que t'es pas le seul à avoir dû renoncer à ses plans à cause de cette putain d'union de mes deux ! Alors t'arrête avec ce ton supérieur et tu vas déjeuner en me laissant tranquille !
-Tu viendras Sanji, crois-moi ! Parce que tu ne voudrais pas que je prévienne ton père de tes petites crises.
Sanji croisa les bras et se détourna de lui afin de se rendre dans la cuisine. Il allait préparer un bon déjeuner qu'il se fera un plaisir de manger seul ; voilà qui devrait le détendre. Shuraiya ne le suivit pas, car la discussion était terminée. Sanji finissait toujours par se plier s'il évoquait Judge Vinsmoke, son impitoyable beau-père qui était prêt à tout pour que ce mariage tienne la route. Et comme Sanji ne voulait pas avoir son géniteur à dos...
-Je pars au bureau. À ce soir, trésor !
-J'espère que tu t'étoufferas avec ta mayonnaise ce midi !
Avec un petit ricanements à cette remarque, Shuraiya prit ses dernières affaires et sortit de la maison. Mais à peine eut-il fermé la porte dans son dos qu'il sentit son téléphone vibrer dans sa poche de veste. En souriant, il le sortit et lut le message qu'il venait de recevoir à voix basse :
-Retrouve-moi dans vingt minutes au motel à la sortie de la ville.
Il jeta un coup d'œil par la fenêtre de la cuisine avant de taper une réponse brève, de l'envoyer, et de monter dans sa voiture, direction son rendez-vous secret.
Le soir commençait à tomber lorsque Luffy s'engagea dans l'allée en souriant. Il courut jusqu'à la porte et toqua vivement plusieurs fois, pressé de voir les habitants de cette petite maison. Il ne tarda pas à entendre de petits bruits de pas avant que la porte ne s'ouvre sur un tout jeune garçon, qui dès qu'il reconnut le nouvel arrivant, eut un sourire éclatant.
-Tonton Luffy !
-Salut Haiko ! T'as encore grandi ! Dans mes bras !
Il se pencha et attrapa le petit pour le serrer contre lui. Puis il entra et ferma la porte derrière lui. Sabo arriva alors et étreignit son petit frère en lui souhaitant la bienvenue.
-Je suis heureux que tu sois là.
-Ouais, moi aussi. Et Ace ? Il ne vient pas ?
-Il est dans la cuisine, en train de se battre avec le poulet.
Ils rirent, au moment où la tête décoiffée de leur aîné passa dans l'embrasure de la porte et s'exclama :
-Luffy ! Bienvenue à Fuchsia ! Allez vous mettre à table, j'arrive bientôt !
-Content de te voir aussi.
En riant, ils partirent tous trois s'installer. Et en attendant qu'Ace ne les rejoigne, Luffy interrogea Haiko au sujet de l'école, de ses nouveaux jouets, et bien sûr de son père. Mais il n'eut pas le temps d'entrer dans la partie "gênante" de l'interrogatoir, car Ace arriva avec le plat à ce moment-là.
-Voilà, c'est prêt !
-Enfin, gloussa Sabo.
-Oh ça va ! J'ai utilisé la recette de famille, et bah permettez-moi de vous dire que les instructions ne sont pas claires.
-De toute façon, l'important c'est que ça se mange, sourit Luffy.
Ace servit tout le monde, et ils commencèrent à discuter de l'installation de Luffy, ainsi que de son nouveau travail.
-Le coin te plaît, demanda Sabo.
-Oui, je suis content d'avoir un grand terrain ! Et je suis sûr que je vais me faire plein d'amis ! J'ai déjà rencontré mon voisin !
-Ton voisin ?
-Oui, Zoro. Vous voyez ?
Les deux frères se regardèrent une fraction de seconde avant de secouer la tête.
-Pas vraiment.
-Roh mais si ! Vous ne pouvez pas le rater ! Il est policier, il a les cheveux verts...
-Oh oui ça y est, je me le remets ! Mais il n'est pas très ouvert. À part dans l'exercice de ses fonctions, je ne l'ai jamais vu.
Luffy fit la moue et but une gorgée de son verre. Puis il croisa les bras avec détermination.
-Eh bah, j'ai prévu de changer ça !
-C'est-à-dire ?
-Je vais le forcer à se sociabiliser !
-T'es pas sérieux ? Luffy, tu peux pas t'imposer dans sa vie comme ça.
-Si, je vais le faire ! Je vois pas pourquoi il ne pourrait pas avoir d'amis !
Il hocha la tête, signe qu'il ne changerait pas d'avis. Haiko termina son assiette et demanda la permission pour aller jouer ; permission qui lui fut accordée. Et une fois qu'il fut sorti de la pièce, Luffy se pencha vers Ace et murmura :
-Alors, ton divorce ?
-Oh la ferme, me parle plus de ça.
-Quoi ?! Y a pas de mal ! De toute façon, on savait tous que ça arriverait.
-C'est justement pour ça que je veux plus qu'on en parle. Je m'en suis déjà pris plein la tronche avec papi.
Il avala rageusement une gorgée de son verre de vin et tourna la tête, lorsque ses yeux se posèrent sur une photo d'Haiko. Il eut un léger sourire, mais il ne resta pas longtemps lorsque l'image de son ex-mari s'imposa à son esprit.
Spandam était un riche héritier qu'Ace avait rencontré à la fac. Ils avaient commencé à sortir ensemble très tôt, mais dès le départ, les membres de sa famille ne l'avaient pas vraiment accepté. Ils ne les avaient pas empêchés de se voir, mais les relations étaient tendues, et ils ne prenaient pas la peine de cacher leur mépris.
Puis Ace était tombé enceint, alors ils s'étaient mariés. Et c'est là que ça a commencé à devenir invivable. Spandam était bête comme ses pieds, ne foutait jamais rien et ne voyait que son nombril. Grâce à Sabo, Ace n'avait eu aucun mal à s'en sortir au divorce, et à obtenir la garde permanente de leur fils Haiko, actuellement âgé de cinq ans. De toute façon, Spandam ne venait jamais les voir et ne réclamait pas son enfant. Il se contentait d'envoyer une pension alimentaire, et Ace n'attendait rien de plus.
-C'était une erreur d'épouser ce type.
-Au moins, c'était pas totalement du temps de perdu. À défaut de t'offrir une belle vie, il t'a au moins donné un fils incroyable.
-T'as bien raison, Sabo ! Et au moins, la prochaine fois, tu sauras choisir !
-Oh là là, non, je te vois venir Luffy ! Hors de question que je me case à nouveau avec quelqu'un !
Au regard de ses deux frères, il comprit que cette réflexion ne serait jamais prise au sérieux, ce qui le fit grogner.
-Jamais, je vous dis !
-Tu dis ça maintenant, mais quand t'auras trouvé ton âme sœur...
-Stop, ça suffit ! On est là pour fêter l'arrivée de Luffy, pas pour argumenter sur ma vie amoureuse.
-Et ta vie sexuelle, on peut ?
-Luffy...
Sabo éclata de rire et leva son verre pour mettre fin à cette conversation et souhaiter encore une fois la bienvenue à leur jeune frère.
La soirée se déroula très agréablement, mais comme tout le monde travaillait le lendemain, ils ne tardèrent pas trop. Mais de toute façon, ils pourraient se voir tous les jours à présent, et cela les réjouissait grandement. Alors après une dernière étreinte, chacun rentra chez soi, prêt à affronter la journée de demain.
La co-auteur précise qu'elle ne cautionne pas la relation Spandam/Ace dans cette histoire, et l'auteur s'en excuse car c'était son idée.
Ce premier chapitre vous a-t-il plu ? Il n'est malheureusement pas très long à mes yeux (faut dire que la co-auteur place la barre haut), mais j'essaierai de les rendre plus longs par la suite.
Ce chapitre est plus une introduction servant à poser les bases pour chaque personnage. Évidemment, les situations évolueront, et les intrigues présentées ici ne dureront pas pour les 40 chapitres.
Bon, je ne dois pas trop en dire XD
Au niveau du rythme de publication, je ne peux rien vous promettre car je ne suis pas ce qu'il y a de plus régulière, mais j'essaierai de ne pas prendre trop de temps. J'aimerai ne pas vous lasser...
Que pensez-vous de ce début ? Des situations de chacun ? Du chapitre en lui-même ?
L'auteur et la co-auteur souhaite vous faire passer un agréable moment !
