La bienséance, c'est ce qu'il convient de faire ou de dire en société. C'est du savoir-vivre. C'est par exemple accepter de ne pas mettre le volume de la musique trop fort afin de ne pas déranger le voisinage. C'est accepter de faire la queue comme tout le monde dans un magasin, même quand l'on est pressé. C'est accepter de céder sa place à une personne âgée dans le bus. La bienséance va avec la gentillesse, et c'est un art qu'il n'est pas bien difficile à maîtriser lorsque l'on a un minimum d'humanité.
Mais Eustass Tsuma n'avait pas ce minimum d'humanité.
Et Law put le constater ce matin où, alors que lui et Kid dormaient encore, il entendit la vieille dame devant sa porte, en train de se plaindre de ceux qui fermaient la porte à clé la nuit. Il se leva d'un bond de son lit et se pencha à la fenêtre, constatant qu'elle était en train de crocheter la serrure pour entrer.
-Non mais dites-moi que je rêve...
Il soupira et s'apprêta à retourner se coucher, lorsque le vrai problème lui revint à l'esprit. Le pire, aussi bizarre que cela puisse paraître, n'était pas qu'à 7h19 du matin, cette vieille bique était chez eux en train d'essayer d'entrer par effraction, alors même qu'ils avaient prévus de se retrouver d'ici deux heures à la fête des voisins organisée par Nami. Non non, le pire était ce qu'elle allait découvrir en entrant, et qui ne lui plairait pas du tout.
Kid et lui faisaient chambre à part.
Il était bien sûr hors de question qu'il dorme avec son "fiancé", alors ils avaient chacun leur chambre. Ils ne dormaient ensemble que si la famille de Kid passait la nuit chez eux. Là, ils allaient se faire griller par la vieille s'il ne se dépêchait pas. Rapidement, il quitta la pièce, la ferma à clé, et se précipita dans la chambre de Kid. Au moment où il entendit que Tsuma entrait dans la maison, il avait retiré son pyjama et s'était glissé, non sans peine, dans les bras du rouquin. Puis, il fit semblant de dormir.
Tsuma monta les escaliers avec autant de discrétion qu'un déménageur obèse haissant son travail et montant quatre étages en portant un canapé aussi moche que lourd. Elle ouvrit la porte de la chambre sans toquer et s'approcha du lit. Après un bref regard, elle retira la couverture, pour constater qu'ils étaient tous deux à moitié nus.
Quant à Law, il constata qu'il avait plus de self-contrôle que ce qu'il croyait.
Heureuse de les voir si peu vêtus dans les bras l'un de l'autre, elle ne s'attarda pas et repartit comme elle était venue. Law attendit d'entendre sa voiture s'éloigner avant de bouger. Mais malheureusement pour lui, c'est ce moment que Kid choisit pour se réveiller. Il regarda le chirurgien avec étonnement, puis la couverture à moitié par terre, et enfin le pyjama du brun à l'entrée de la pièce.
Sa réaction se fit brusque, et il repoussa son fiancé loin de lui, avant de tomber à la renverse au sol.
-Kid, t'es vraiment un attardé...
-Je rêve ! Je peux savoir ce que tu fous ?!
-Heureusement qu'on s'est pas fait cambrioler ! Vu que t'es pas foutu de te réveiller quand quelqu'un gueule dans l'escalier, ça ferait longtemps qu'on aurait plus rien !
Il se leva en soupirant et s'empressa de ramasser ses vêtements. Mais comme il ne pourrait pas se rendormir, il ne les remit et alla dans sa chambre afin de prendre de quoi s'habiller. Il devait d'abord aller se doucher.
Remis de sa surprise, Kid se leva d'un bond et le suivit en pestant.
-De quoi tu parles ?!
-Ta grand-mère vient d'entrer chez nous par effraction pour vérifier si l'on couchait ensemble la nuit.
-Hein ?!
-Rappelle-toi l'autre fois, quand elle nous a demandé si on était passé à l'acte, on n'a pas répondu. Alors elle est venue voir d'elle-même.
Ceci expliquait donc pourquoi il était presque nu dans son lit. Sa grand-mère était vraiment sans gêne ! Dire qu'il tenait ça d'elle...
-Quand même, t'aurais pu trouver un autre plan !
-Très bien, alors la prochaine fois, je l'accueillerai en gueulant : "Vas-y accélère grand fou !". Là, t'es content ?!
Sur cette remarque, le brun s'enferma dans la salle de bain. Kid soupira et décida qu'il était temps qu'il s'habille, jusqu'à ce qu'il voit l'heure qu'il était, et qu'il convienne que se recoucher était mieux. Il se laissa tomber sur le lit, à l'endroit où se trouvait Law peu de temps auparavant. Il n'était pas resté assez longtemps pour que l'oreiller soit imprégné de son odeur, et il se surprit à penser que c'était dommage.
Évidemment, il garda ça pour lui.
-Franky, tu peux m'aider à monter la table ?
-J'arrive Nami !
Ils étaient en début de matinée, et quelques voisins commençaient à arriver pour la petite fête. Nami terminait de tout préparer, aidée de Vivi et Robin pour les décorations, ainsi que de Franky pour ce qui est plus technique. Chacun devait amener quelque chose à manger, mais les tables prévues pour le buffet était assez difficiles à monter, car elles servaient peu.
Alors que Franky réglait ce problème, Nami promena son regard sur le reste de la place. Ils avaient placés des barrières sur la route pour délimiter le lieu de la fête, afin que les voitures ne passent pas et ne les dérangent pas. De toute façon, quasiment tout le monde avait assuré qu'il serait présent. Les quelques personnes déjà arrivées l'avaient félicité pour l'organisation rapide et pour la bonne ambiance que le décor offrait. Même si personne n'était dupe quant au fait qu'elle soit parvenue à tout obtenir à faible coût. Nami était si douée en affaires qu'il était un peu surprenant qu'elle ne se soit pas lancée dans une carrière économique.
Soudain, elle remarqua son amie Robin en train de raccrocher une guirlande qui était tombée. Au premier coup d'œil, elle semblait tout à fait normale. Mais si l'on s'attardait sur son regard, on voyait qu'elle n'était pas dans son assiette. Quelque chose la préoccupait ; ou plutôt la blessait. Nami fronça les sourcils et se tourna vers Franky.
-Qu'est-ce qu'elle a, Robin ?
-Hein ? Oh, c'est à cause de demain !
-Demain ?
-C'est l'anniversaire de la mort de sa mère.
-Ah c'est vrai, elle me l'avait dis.
A l'approche de cette date, Robin était toujours un peu ailleurs, et se renfermait sur elle-même. Mieux valait ne pas lui évoquer sa famille ou quoi que ce soit tant que cette dure journée ne sera pas passée.
-Elle préfère rester seule la veille du déjeuner de famille. Mais elle ne voulait pas rater la fête.
-Elle ne sera pas obligée de rester longtemps. Personne ne lui en voudra.
-Je ferai attention à elle.
Nami sourit et donna une grande tape dans le dos de Franky. S'il n'était pas si musclé, il l'aurait peut-être senti. Mais là, ça ne faisait pas plus d'effet que si elle avait posée sa main. Pourtant, tout le monde savait que Nami frappait fort.
-Avoue-le Franky : toi aussi t'angoisse pour demain.
-Ouais un peu c'est vrai. Je veux dire...ces gens-là sont des ordures !
-Je suis bien d'accord...
-Surtout sa tante. Quelle horrible femme ! Y a des claques qui se perdent, j'te l'dis.
Rien que l'évocation de la tante de Robin avait le don de le mettre en colère. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, elle avait toujours critiqué sa nièce, voire l'insultait. Elle s'était fortement opposée à leur couple, alors même que ça ne la regardait pas, et que personne ne se souciait de son avis sur la question. Elle était égoïste et adepte de la méchanceté gratuite. Et si Robin avait pris l'habitude de la laisser dire, Franky lui ne perdait pas une occasion de se disputer avec elle.
-Si c'était pas pour Robin, je ne me retiendrai pas de lui dire ses quatre vérités.
-Rassure-toi Franky, t'es le meilleur soutien que Robin puisse avoir.
Elle lui adressa un petit sourire avant de s'éloigner pour aider Vivi à accrocher une banderole. Franky termina de monter la table, et après s'être assuré qu'elle tenait bien, il se tourna vers Robin qui discutait joyeusement avec leur voisine. Elle souriait pour tenter d'oublier la journée qui l'attendait, et il savait qu'il ne devait pas essayer de lui dire des mots pour la rassurer. Du moins, pas aujourd'hui. Demain, sur le trajet, il le pourra ; il lui rappellera que cette année et comme les années précédentes, il sera là avec elle dans cette épreuve, et qu'il a bien l'intention de continuer à le faire dans les années à venir. Mais aujourd'hui, elle devait penser à autre chose. Elle devait s'amuser, souhaiter la bienvenue à leur nouveau résident, et elle devait sourire. Même si ce sourire ne reflétait pas un bonheur immense, ça restait un sourire. Même si ce n'était pas le sourire qu'il préférait, il ne voulait pas de larmes sur son beau visage. Et il veillerait demain à ce que personne n'en fasse couler.
Luffy était arrivé depuis dix minutes seulement, mais il avait déjà entamé considérablement le buffet. Il s'était positionné du côté duquel les gens arrivaient pour les saluer tout en mangeant ; cette fête était pour lui, alors il ne pouvait pas se permettre de ne pas dire bonjour à tous ceux qui venaient pour lui souhaiter la bienvenue. Même si bizarrement, ils ne restaient pas très longtemps avec lui. Peut-être qu'ils ne voulaient pas le déranger pendant qu'il mangeait. Il devrait leur dire que ça ne l'embêtait pas.
Il attrapa une assiette de petits fours et balaya la place du regard. C'est alors qu'il remarqua son voisin, un peu plus loin, en train de discuter avec deux personnes qu'il ne parvenait pas à distinguer. En souriant, il courut jusqu'à lui.
-Zoro !
L'interpellé se tourna et sourit en voyant de qui il s'agissait. Quand Luffy arriva à sa hauteur, il commença à tendre la main, pensant qu'ils allaient se saluer d'une poignée de main. Il fut donc surpris lorsque le plus jeune sauta à son cou pour l'étreindre.
-Euh...
-Je suis content que tu sois là, Zoro !
-Ouais c'est...euh, c'est normal...
-Dis donc Luffy, et moi tu ne me salue pas ?!
En vitesse, Luffy lâcha Zoro et se tourna vers celui qui venait de parler et qui était de ceux discutant avec Zoro : Shanks. Surprenant tout le monde, son grand sourire parvint à se faire encore plus éclatant alors qu'il prenait Shanks dans ses bras.
-Ça fait un bail !
-Tu m'étonnes ! T'as pas changé en tout cas, toujours aussi énergique.
-Ouais ! Je suis content d'avoir emménagé ici.
-Ça fait plaisir de t'avoir prêt de nous.
Il donna une tape sur l'épaule de Luffy avant de faire un geste du menton en direction de l'autre personne avec qui il discutait, et qui était restée silencieuse jusqu'à présent.
-Je te présente Marco, c'est aussi un collègue de travail.
-Enchanté, je suis Monkey D Luffy !
-Enchanté de même, sourit Marco. J'ai beaucoup entendu parler de toi.
-Shishishi ! Alors vous travaillez tous les trois ensemble ?
-Oui c'est ça ! D'ailleurs, faut que je te raconte...
Fidèle à lui-même, Shanks se lança dans une des ses pas si passionnantes anecdotes sur une mission réalisée quelques jours plus tôt. En temps normal, Zoro trouvait un prétexte pour le faire taire, mais Luffy semblait incroyablement intéressé. À son regard brillant, on dirait presque qu'il buvait les paroles du rouquin. Il eut un petit sourire qui n'échappa pas à Marco. Ce dernier ricana et but une gorgée du verre qu'il tenait dans la main.
-En tout cas, ça m'a fait plaisir de te revoir Shanks ! Faudra que tu m'invites à déjeuner !
-Tu dis ça pour que ce soit moi qui paie la bouffe ?
-Et aussi pour revoir Baggy ! Oh, je vois que Ace m'appelle ! Je vous laisse !
Il les salua de la main avant d'aller rejoindre ses deux frères plus loin. Marco le suivit du regard, et fronça les sourcils lorsque ses yeux se posèrent sur les deux jeunes hommes qu'il rejoignait ; en particulier le brun qui tenait la main d'un petit garçon. Son cœur rata un battement, et il se surprit à penser que ce devait être à cause du sourire que le frère de Luffy abordait.
Étonné par le comportement de son ami, Shanks chercha ce qui captait son attention, et il explosa de rire lorsqu'il trouva de quoi il s'agissait.
-Non, t'as jeté ton dévolu sur Ace !
-Qui te parle de dévolu ? Faut toujours que t'exagères.
-Joue pas les innocents, Marco. Je connais ce regard...
-C'est celui que t'as quand tu meurs d'envie de déshabiller ton mec, ricana Zoro.
Il se prit pour toute réponse un coup de poing sur le bras de la part de Marco.
-J'ai pas l'intention de le déshabiller.
-Pas maintenant mais ça viendra plus tard.
-T'en veux un deuxième.
-Non.
-Bon, les deux fous du célibat, vous pouvez rester concentrer sur le vif du sujet deux secondes ? Vous ne vous rendez pas compte que vous allez enfin pouvoir commencer une histoire d'amour ?!
Au regard que Zoro et Marco lui lancèrent, il comprit que son rêve était assez mal barré.
-Oh allez, quoi ! Ace et Luffy sont tentants, non ?
-T'es pas censé laisser personne les approcher ?
-Ils sont majeurs et ont le droit de vivre heureux. Moi je suis juste celui qui viendra avec la tronçonneuse si jamais vous les faites souffrir.
Ils rirent tous les trois, et la conversation se termina là. Shanks préférait ne pas insister au risque que ses amis se braquent. De plus, il ne pouvait forcer aucune relation, seulement les convaincre de tenter le coup. Si ça doit se faire, ça se fera petit à petit. Le rôle de soutien lui conviendra très bien, et il regardera les choses de loin avec délectation.
Les trois frères discutaient depuis un petit moment, lorsque Haiko demanda à son père pour aller aux toilettes.
-Tu peux l'emmener chez moi, déclara Sabo en montrant sa maison du doigt. La fête se passe juste devant.
-Ah, super !
-C'était une idée de Nami. Comme ça, elle a pu me nommer responsable des glaçons.
-Oh...
-D'ailleurs faut que je fasse le plein. On revient Luffy.
Ils partirent donc tous les trois en direction de la maison du blond. Luffy guetta la porte quelques secondes, mais son impatience légendaire le convainquit de retourner au buffet sans les attendre.
En arrivant, il repéra un jeune homme brun au long nez, sans doute de son âge, qui se servait une assiette. Comme il n'était pas accompagné, Luffy n'hésita pas à l'aborder, et il tapota son épaule en souriant.
-Bonjour !
-Oh, bonjour ! Tu dois être Luffy.
-C'est ça ! Et toi ?
-Je m'appelle Usopp. Ravi de faire ta connaissance et bienvenue à Fuchsia !
-Merci !
Luffy se servit une assiette à son tour, d'une quantité faisant au moins le triple par rapport à son nouvel ami, et commença à manger avec appétit.
-Alors, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
-Oh, rien de très passionnant. Je suis artiste.
-Ah ouais ?! Tu peins ?
-Je fais un peu de tout : peinture, sculpture... De la photo aussi, ça m'arrive.
-C'est trop génial !
Usopp rougit et le remercia d'un air gêné. Il n'avait pas l'habitude que les gens soient si enthousiastes lorsqu'il annonçait sa profession. En général, ils se mettaient vite à penser qu'il ne gagnait pas bien sa vie, qu'il n'avait pas été capable de faire de grandes études, et qu'il ne fallait pas s'attendre à ce qu'il devienne célèbre. Heureusement qu'il avait décidé de ne pas se soucier des avis des gens.
-Dis Usopp, t'as des photos de ton travail ? Je voudrais voir ce que tu fais...
-Oh euh oui ! Attends que je sorte mon téléphone...
Il porta sa main à sa poche, mais son geste fut un peu brusque, et il donna par accident un coup de coude à la personne derrière lui. Il se retourna et tomba nez à nez avec un beau blond dont il venait d'arroser la chemise de jus de fruit. Paniqué, il donna son assiette à Luffy et attrapa des serviettes.
-Bon sang, Monsieur, je suis vraiment désolé ! Laissez-moi vous aider à vous essuyer.
-Bah c'est pas grave, ne vous en faites pas. C'était pas ma chemise de toute façon.
-Pardon ?
-Je l'ai empruntée à mon mari, ça lui fera les pieds si elle est foutue.
Le blond lui adressa un sourire amusé, accompagné d'un petit remerciement, puis le salua et s'éloigna. Usopp ne put s'empêcher de le trouver bizarre, mais il était en même temps indéniablement sexy, alors ça compensait. Il sortit ensuite son téléphone de sa poche avant de se retourner vers Luffy, qui lui rendit son assiette. L'artiste la considéra un instant, avant de déclarer d'un ton amusé :
-Il y avait de la nourriture dessus quand je te l'ai passée.
-Ah bon ? J'ai pas fais gaffe.
-On t'a déjà dis que tu mentais mal ?
-Ouais.
-Ça m'étonne pas.
Ils rirent de concert, puis Usopp commença à lui montrer quelques unes de ses productions. Un peu plus loin, le beau blond qu'il avait bousculé le regardait avec un petit sourire en coin. Ce sourire s'effaça cependant quand son mari le rejoignit.
-Vivement qu'on quitte cette fête de plouc.
-T'as jamais su t'amuser.
-Commence pas Sanji. Eh mais...il t'est arrivé quoi ?
-Je me suis battu avec une bouteille de jus d'orange Joker.
Shuraiya poussa un soupire et s'éloigna afin de se resservir un verre. Sanji le suivit d'un regard quelques secondes, mais pour les minutes qui suivirent, son attention était toute entière tournée vers l'autre jeune homme.
Un artiste, hein...
Vivi observait la place avec un heureux sourire aux lèvres, fière d'avoir aidé son amante à organiser une aussi belle fête. C'était la première fois qu'elle préparait un événement de ce genre, et elle espérait pouvoir recommencer dans les mois, voire les années à venir. C'était plus convivial et agréable que la plupart des réceptions auxquelles son rang l'avait contrainte à participer. Bien que si son père lui demandait à nouveau de l'accompagner à un déjeuner d'affaire, elle ne le lui refuserait pas.
Soudain, elle remarqua un de ses amis en train de tenter de se cacher derrière un groupe de personnes. Elle n'eut aucun mal à reconnaître Baggy, et encore moins à deviner pourquoi il se cachait. Elle alla donc jusqu'à lui en riant doucement.
-Baggy-san, tout va bien ?
-Shanks est un obsédé, il peut pas me lâcher deux minutes !
-Il aime seulement passer du temps avec vous...
-Quand il a bu un verre de trop, il est toujours à deux doigts de me présenter comme son fiancé. Ça me dérangerait pas si on n'était pas déjà mariés.
Il soupira et attrapa un verre dont il but le contenu d'une traite.
-Heureusement qu'on n'a pas besoin de conduire pour rentrer.
-Oh, si ça avait été le cas, je vous aurais raccompagnés !
-T'es adorable.
Elle lui sourit et se servit un verre aussi. Mais quand elle releva les yeux, elle vit un groupe de jeunes femmes un peu plus loin : elles formaient un petit cercle, et jetaient de temps à autre un coup d'œil dans sa direction. Ce constat la perturba, et Baggy le sentit. Il ne tarda pas à trouver l'origine du problème, et il lui donna une petite tape sur l'épaule.
-Fais pas attention, elles se nourrissent de commérages et de méchancetés.
-Mais que leur ai-je fais ?
-T'es pas du même monde, c'est tout. Ce genre de personne ne supporte pas d'avoir dans leur entourage quelqu'un qui gagne plus que lui.
Il jeta un regard noir au groupe de mégères, qui ne tarda pas à se disperser par la suite. Mais il était trop tard pour Vivi, qui se sentait très mal. Elle savait que ces femmes n'étaient pas les seules, et ne s'arrêteraient pas à ça.
-Elles ne veulent pas de moi.
-Ouais, mais on s'en contrefout. Y a que l'avis de Nami et de tes amis qui doit compter. Si elles sont pas contentes, elles n'ont qu'à partir d'ici.
-Merci Baggy-san.
-Elles se permettent de critiquer les autres parce qu'elles détestent leurs vies, mais je vais te dire un truc...
Il se pencha vers elle et déclara sur le ton de la confidence :
-Shanks et moi, quand on est arrivé ici, on a eu le même souci. Mais on n'a jamais prêté attention à ce qu'elles pensaient et on a vécu comme on le voulait. Jusqu'ici, ça nous a plutôt réussi.
Il accompagna sa remarque d'un clin d'œil, et Vivi lui adressa un sourire éclatant avant de le prendre dans ses bras. Il lui tapota le dos, un peu gêné, puis changea de sujet en lui demandant vivement de l'aider à se cacher de Shanks. Elle accepta avec plaisir et décida de mettre de côté cette histoire avec ces femmes. Elle devait se concentrer sur ce qu'elle avait, et qui était bien plus important.
Après avoir brièvement discuté avec Luffy afin de faire connaissance, Law rejoignit Kid un peu plus loin. Ils devaient jouer le couple parfait devant tout le monde, mais de toute évidence, les marques d'affection n'étaient pas la spécialité de Kid. Il se contentait de passer un bras autour des épaules de Law, et ça n'aurait pas dérangé ce dernier si sa grand-mère n'était pas présente.
-Va falloir que tu fasses mieux que ça si tu veux pas que Tsuma découvre le pot aux roses, "Chéri".
-Ouais bah si j'étais doué dans les relations, ça se saurait.
-Bon sang, de tous les faux fiancés que le destin aurait pu mettre sur ma route, il a fallu que ça soit toi.
-Y a pire franchement.
-Comme ?
-Je sais pas...eh, t'aurais pu tomber sur mon cousin.
-Je le connais pas, ce gars-là.
-Ne me demande pas pourquoi.
Il ne sut que penser de cette remarque. Tsuma arriva à ce moment-là, affichant son plus beau sourire de convenance.
-Oh, que vous êtes beaux, tous les deux !
-Merci Mami.
-Ah, quand je pense à quel point vous serez magnifiques le jour de votre ma...
-Oh, on m'appelle ! Je reviens chéri...
Après un bref baiser sur la joue, Kid s'éloigna et laissa Law en plan avec Tsuma. "Mais bordel, c'est pas ma mémé !", pensa le chirurgien en soupirant. Pourquoi c'était toujours à lui de s'en occuper.
-Imbécile...
-Oh Law, rassure-moi, tout se passe bien entre vous ?
-Oui oui, grand-mère, à merveille. On nage dans le bonheur.
-Tant mieux. Nous allons peut-être pouvoir accélérer un peu les préparatifs dans ce cas, non ?
Avec un petit rire nerveux, Law se gratta la nuque. Quelle excuse n'avait-il pas encore essayé ? Il doutait d'avoir encore assez de ressources pour ça. Tout cette histoire commençait à devenir compliquée.
-Écoutez Tsuma...
-Je dis simplement qu'à ce rythme, vous ne serez pas mariés avant de sitôt. Oh, ça serait tellement dommage, vous qui avez une si belle alchimie !
-On ne veut pas se précipiter. Et puis, avec le boulot, nous n'avons pas toujours le temps d'en discuter...
-Je comprends, je comprends.
C'étaient les "Je comprends" les moins convaincant du monde, mais Law n'en était pas étonné. Il se demandait vraiment de quelle façon elle allait s'apercevoir de la supercherie ; serait-ce lui qui allait craquer ? Ou bien feront-ils une erreur qui les forcera à tout dévoiler ?
Il regarda son fiancé, qui semblait totalement perdu face à un Shanks un peu bourré et désireux de lui présenter son fiancé, qui n'était autre que son mari bien sûr.
Il vivait dans une ville remplie de cinglés.
-Kid et toi formez un si joli couple. J'espère que personne ne viendra jamais s'immiscer entre vous.
Surpris par ces mots, Law se tourna vers elle, mais Tsuma partait déjà. Il ne sut quoi dire, ni comment réagir. Et si Kid rencontrait quelqu'un d'autre et tombait amoureux ? Est-ce que ça le dérangerait ? Et d'ailleurs, que ferait-il après l'annulation des fiançailles ? Il n'était pas capable de se projeter assez loin dans l'avenir, tout était si flou.
Secouant la tête, il décida de ne plus y penser et se concentrer sur l'instant présent. Il avait assez de soucis pour le moment.
Depuis dix bonnes minutes maintenant, Robin et Ace fixait un jeune couple avec interrogation. Ils étaient sceptiques, oui. Ils leur semblaient bizarre, comme s'ils cachaient quelque chose.
Pour les deux amis, Shuraiya et Sanji ne paraissaient vraiment pas heureux. Ils avaient l'air de se disputer depuis leur arrivée ici. Ils ne restaient ensemble que quelques minutes avant de se séparer à nouveau. Et si Shuraiya discutait à droite à gauche, Sanji lui restait dans son coin à fumer en silence.
-Non, y a définitivement un truc qui cloche, déclara Ace.
-Peut-être qu'ils traversent une mauvaise phase.
-Difficile à dire, ce ne sont pas des voisins très démonstratifs. On ne les voit pas souvent, c'est un miracle qu'ils soient venus aujourd'hui.
-Nami a beaucoup insisté.
Ils rirent de concert en imaginant la rousse les harcelant jusqu'à obtenir la réponse qu'elle désirait. C'était tout à fait son genre.
-Sanji me fait de la peine.
-Oui.
-Il me rappelle mon mariage avec Spandam. Un désastre !
-Quelles similitudes vois-tu ?
-J'ai l'impression de me revoir en train d'attendre un époux qui ne se soucie ni de mes rêves ni de mes besoins. En train de constamment se demander s'il est vraiment au travail ou s'il ne cherche pas de l'amour dans les bras de quelqu'un d'autre. En train de me demander si je tiendrai toute ma vie comme ça ou s'il n'est pas temps de mettre fin à cette histoire.
Il réprima un frisson et secoua la tête.
-Divorcer est la meilleure décision que j'ai prise.
-Je suis désolée pour tout ce que tu as dû endurer.
-C'est du passé. J'ai pu me reconstruire, grâce à ma famille et mes amis. Et Haiko.
Il sourit avec nostalgie et fit une petite moue triste.
-J'aimerais pouvoir l'aider...
-Nous n'en savons pas suffisamment pour ça. Si l'on intervient sans savoir, on pourrait aggraver sa situation, et ce serait regrettable.
-Je sais...
Leurs regards derivèrent jusqu'à Shuraiya, qui avait compris qu'ils parlaient de Sanji et lui. Et cela ne lui plaisait pas du tout. Alors il alla jusqu'à son époux, attrapa son poignet et le tira vers la sortie.
-Nous sommes restés assez longtemps, allons-nous-en.
-Oi, j'ai pas envie de partir maintenant !
-Ne discute pas ! Les gens nous regardent, et j'aimerais qu'ils ne se posent pas trop de questions. Alors fais ce que je te dis !
Sanji grogna pour toute réponse, et il dégage violemment son poignet pour partir devant. Certes il devait se plier aux décisions de son crétin de mari, mais hors de question qu'il se laisse traîner comme un moins que rien.
Il avait lui aussi noté les regards des autres sur lui. Mais ça ne le dérangeait pas. Car lui aussi, quand il se regardait dans un miroir, il s'adressait les mêmes regards de pitié.
La fête avait battu son plein, même si personne n'était resté très tard. Le soir commençait à tomber lorsque les volontaires commencèrent à ranger. À cause d'une vieille dette qu'il devait à Nami, Zoro faisait parti de ceux qui devaient nettoyer. Il ne s'en était pas plaint, principalement pour ne pas augmenter ladite dette.
Après avoir fermé et jeté les derniers sacs poubelles, il s'étira longuement, épuisé par la célébration. Il dût tout de même reconnaître que c'était très agréable. Nami avait fais du bon travail, on ne pouvait espérer mieux pour souhaiter la bienvenue à Luffy.
Son regard dériva vers la maison du concerné. Il était sur son perron, en train de rire avec Haiko avant de lui dire au revoir. Il avait un sourire toujours aussi rayonnant, alors même qu'il semblait à Zoro qu'il n'avait pas cessé de sourire aujourd'hui. Il était une intarissable source de bonheur. Et ça faisait chaud au cœur. C'était sans doute une bonne chose qu'il se soit installé dans ce quartier.
En souriant, Zoro rentra chez lui afin de profiter d'une bonne nuit de sommeil.
La co-auteur est fière du "Vas-y accélère grand fou" du début de chapitre.
J'étais très motivée pour ce chapitre, et je suis extrêmement fière de pouvoir le sortir si tôt !
Il y aura sans doute quelques fautes de frappe en revanche, et je m'en excuse !
Je ne peux rien vous promettre quant au rythme de publication, car je suis assez irrégulière. J'essaierai de ne pas prendre trop de temps, car je ne veux pas trop vous faire patienter. Mais tout dépend du temps que j'ai entre ma vie personnelle, mes études, et mon inspiration.
En espérant que ce chapitre vous ait plu !
