La famille, c'est un terme assez vague. Ça concerne d'abord ceux qui partagent notre sang. Et puis ça s'étend à des personnes que l'on a choisit, et pour qui on éprouve un amour inconditionnel. On a tous besoin d'avoir une famille, même si nous n'avons pas tous cette chance. Et même si on ne s'entend pas toujours avec tout le monde.
Franky savait que les enfants ne tombaient pas toujours sur des parents qui savaient assumer leur rôle. Ses géniteurs l'avaient abandonné quand il était jeune ; il n'avait jamais su pourquoi. Il se rappelait vaguement d'eux, mais il était bien contents qu'ils n'aient jamais cherché à le revoir ou à se rattraper.
Il avait été adopté par un charpentier du nom de Tom. Ce dernier avait déjà un fils, Iceburg, et Franky avait eu du mal à s'entendre avec lui. Tom n'avait pas toujours beaucoup d'argent, mais jamais Franky ne lui en avait voulu. Ils avaient vécus tous les trois ensemble comme une vraie famille, et c'était tout ce dont il avait besoin.
Aujourd'hui, Tom était mort. Mais Franky avait conservé ses valeurs comme remerciement à tout l'amour qu'il avait reçu. Parmi ses valeurs, il y avait celle de la famille, et elle était importante. On ne doit pas laisser un proche dans le besoin, et l'aider du mieux que l'on peut, parce qu'on l'aime. Cela s'appliquait aussi bien à sa famille de sang qu'à celle de cœur. Et aussi à la belle famille.
Ce fut donc en pensant très fort à son père adoptif que Franky se contenait depuis une bonne heure déjà de se jeter au cou de la tante de Robin.
En effet, cela faisait une heure qu'ils étaient arrivés à la petite maison de campagne de la famille Nico, là où se passait toujours les repas de famille. Enfin, ces repas se limitaient à un par an, et ça n'allait jamais plus loin que le déjeuner. Franky n'avait même jamais mis les pieds dans les pièces autres que la salle à manger, la cuisine et la salle de bain. Robin et lui se contentaient du strict minimum, en d'autres termes.
À leur arrivée, on n'avait pas mis longtemps avant de se mettre à table. Chacun donnait brièvement des nouvelles de ce qu'il s'est passé dans sa vie depuis la dernière réunion. Jusque-là tout allait bien, mais Nico Roji ne pouvait décidément pas passer une journée de retrouvailles sans critiquer sa nièce, et bien sûre la comparer à sa propre fille, Mizuira.
-Robin chérie, ne penses-tu toujours pas aux enfants ?
-Non ma tante, toujours pas depuis l'année dernière.
-Enfin, tu n'es plus toute jeune, et ça se voit. Tu devrais y penser pendant que tu le peux encore.
Quelques personnes rirent, d'autres s'abstinrent ; et Franky était persuadé que cette abstinence venait du fait que le bébé de Mizuira ne faisait que deux choses : dormir et hurler. Fort heureusement, il venait de s'endormir.
-Cependant, je peux comprendre ta réticence à ce sujet.
-Vraiment ?
-Oui, il faut un cadre de vie convenable pour élever un enfant. Et des revenus suffisant, cela va de soit. Tu ne peux pas l'envoyer dans n'importe quelle école.
-Franky et moi n'avons aucun souci d'argent, merci de t'en soucier ma tante.
Franky approuva d'un hochement de tête. Il pensa tout de même qu'acheter une maison dans un pays étranger pour cette chère Roji pourrait les mettre sur la paille. Quoi que ça valait peut-être le coup.
-J'en suis rassurée. Après tout, nous savons qu'être...plombier ou je ne sais quelle folie du genre ne rapporte pas beaucoup.
-Détrompez-vous Roji-san, sourit Franky. Les gens comme vous sont bien heureux d'avoir quelqu'un pour réparer leurs toilettes.
À l'expression des autres personnes autour de la table, il se dit qu'évoquer les cabinets au beau milieu du repas n'était pas une si bonne idée. Mais ce n'était tout de même pas sa faute si la sauce qui accompagnait la viande ne donnait déjà pas très envie. Robin et lui avaient amené le dessert, donc ils n'étaient pas coupables de ce massacre culinaire.
-Mizuira a épousé un médecin. Un grand homme, je suis fière de l'avoir pour gendre.
-Ma tante, j'aime Franky et nous sommes heureux ensemble.
-Mon trésor, je me fais du souci ! Après le départ de ton père, ta mère était effondrée. Elle a dû t'élever seule et...enfin, si tu avais eu un père, tu t'en serais sans doute mieux sortie.
Quelqu'un se mit à tousser, Franky ne sut pas qui. Il fut seulement heureux que cela ait camouflé le bruit de la fourchette qu'il tordit de colère.
-Robin, je ne dis pas que ton mariage est une erreur. Mais comment être certain que cet homme sera là pour toi quand il le faudra ?
-Roji-san, vous n'avez pas remarqué, mais je suis là, hein.
-Franky a plus été présent pour moi depuis que je le connais que vous tous depuis ma naissance. Ainsi je pense que vous pouvez garder vos réflexions pour vous.
Roji se redressa et afficha une mine hautaine. Gracieusement, elle attrapa son verre et le fit un peu tourner entre ses doigts avant de le porter à ses lèvres pour en boire une gorgée.
-Les chiens ne font pas des chats Robin. Je ne suis pas étonnée que tu sois ainsi. Ta mère était une traînée...
N'y tenant plus, Franky donna un gros coup de genou sous la table, faisant sursauter tout le monde. Le plat se renversa sur toute la surface, éclaboussant tous les convives, qui se levèrent immédiatement, certains en poussant de petits cris surpris. Le bébé de Mizuira se réveilla et se mit dans la seconde qui suivit à hurler. Sa mère s'empressa de le prendre contre elle et de quitter la pièce pour aller le bercer plus loin.
-Mais enfin, qu'est-ce qu'il vous prend, s'exclama Roji.
-Je fais ce que personne n'a jamais fais ici : je protège ma femme. Je pense qu'elle a assez supporté vos gamineries !
-Quel animal ! C'est une honte !
-Quand votre vie sera parfaite, vous pourrez venir critiquer. Mais ça risque pas d'être le cas ! Et je vais vous dire : votre fille, elle a un problème de boisson qu'elle traîne depuis que je la connais. Quant à son mari, s'il n'est pas venu aujourd'hui, je pense pas que ce soit à cause d'une réunion ! Moi j'ai fais le déplacement pour Robin, et parce que j'adorais Olivia ! Alors avant de s'occuper de notre perron sans avoir vu à l'intérieur, pensez à balayer chez vous !
-Comment osez-vous !
-Pardon, j'ai dû me méprendre. Je croyais qu'il fallait cracher sur les absents aujourd'hui. Apparemment, je me suis trompé.
Il se leva alors et alla dans l'entrée chercher sa veste. Lorsqu'il revint, il la mis sur les épaules de sa femme et salua l'assemblée.
-C'est pas tout ça, mais on a un dîner romantique de prévu, et même si on a six heures d'avance, je ne voudrais pas qu'on soit en retard. Alors on va y aller.
Sur ce, il attrapa la main de Robin et l'entraîna dehors. Il ne la relâcha qu'une fois arrivés à la voiture afin de lui ouvrir la portière. En silence, ils montèrent tous deux dans le véhicule et prirent la route pour rentrer chez eux. Le trajet débuta dans le silence, avant que Franky ne pousse un gros soupire.
-Je suis désolé, j'ai pas pu me retenir. J'en avais marre qu'ils disent du mal de toi et d'Olivia...bon, et aussi un peu de moi. Mais j'ai exagéré, j'aurais pas dû gâcher la nourriture. Même si c'était pas bon et qu'ils le méritaient. Bon, j'aurais quand même pas dû ! Ils ne nous inviterons peut-être pas la prochaine fois, je suis désolé ! C'était ton seul rendez-vous familial et je l'ai gâché, pardon ! Dis, tu veux pas dire quelque chose, parce que je me sens seul là...
Pour toute réponse, Robin éclata de rire. Un vrai rire comme il les adorait. Un rire qui montrait qu'elle s'était bien amusée, mais qui restait plein de grace et de distinction. Un rire aussi magnifique qui le sourire qui l'accompagnait, et cela lui suffit pour se sentir mieux.
-Je vais te faire un aveu Franky.
-Quoi ?
-La robe de ma tante lui a coûté plus cher que notre voiture. Et je pense qu'elle ne la mettra pas deux fois.
-Elle réussira sa sauce, la prochaine fois.
-Merci d'avoir pris notre défense. À maman et moi.
Elle sourit et caressa doucement son bras, alors qu'une larme coulait sur sa joue.
-Savoir que tu l'aimais est tout ce dont j'avais besoin aujourd'hui.
-Ta mère était une femme exceptionnelle, Robin. Et elle a donné naissance à une femme exceptionnelle. Je lui serai à jamais reconnaissant de ça.
-Merci.
-Tu sais, peu m'importe ce qui t'arrive ou qui te fait du mal. Je te promets d'être toujours là pour toi. Je me moque de ce que j'encours et des moyens que je devrais utiliser. Je ferai ce qu'il faut pour te protéger et m'assurer que tu continueras à me sourire.
Il se pencha vers elle pour déposer un bref baiser sur ses lèvres avant de se reconcentrer sur la route. Robin se blottit contre son siège en serrant la veste de son mari pour se réchauffer un peu. Soudain, elle s'aperçut que quelque chose manquait.
-On leur a laissé le dessert.
-Mince, tu voulais récupérer ta boîte ?
-Non, mais tu te faisais une joie à l'idée de manger ce fraisier.
-Oh, on n'en aurait pas pris. J'ai craché dedans en arrivant.
Robin prit un faux air écœurée, mais elle ne put retenir son rire en imagineant la réaction de sa tante si jamais elle s'en apercevait. Elle pria mentalement pour que personne ne le remarque et qu'ils se régalent tous avec le gâteau.
-Quelle bande d'incapables !
Rageusement, Shuraiya referma le clapet de son téléphone et se laissa tomber sur le canapé à côté de Sanji. Ce dernier soupira et s'éloigna un peu de son époux, se replongeant du mieux qu'il put dans la lecture d'un article culinaire de son magasine. Mais les marmonnements incessants de l'homme à sa droite eurent vite dont de sa patience.
-Qu'est-ce que t'as encore à râler ?
-Le peintre nous a lâché. Encore !
-En même temps, si t'étais plus aimable, ils accepteraient peut-être de te côtoyer le temps du projet.
-Je te rappelle que c'est toi qui a tenu à ce qu'on s'installe dans cette baraque. Si tu veux pas qu'on déménage, je te conseille de m'aider à trouver quelqu'un qui acceptera de repeindre toutes les pièces de ce taudis !
Il tendit la main vers la bouteille de rhum posée sur la petite table à sa droit, lorsque son téléphone émit un bref petit son. En grognant, il le sortit et lut rapidement le message qu'il avait reçu.
-C'est le boulot, je dois y aller.
-D'accord.
-À ce soir.
Il n'eut aucune réponse, mais il ne s'en formalisa pas. Il savait que Sanji n'était pas pressé qu'il rentre à la maison. Et les états d'âme de son mari ne l'intéressaient pas le moins du monde. Alors sans un mot de plus, il attrapa ses clefs et sa mallette, puis il quitta la maison.
Sanji se leva après avoir refermé son magasine pour aller le ranger. Puis il se mit à la fenêtre afin de suivre des yeux la voiture de Shuraiya. C'est alors qu'il remarqua quelqu'un, quelques maisons plus loin, qui sortait ses poubelles. Il ne mit pas longtemps à reconnaître le jeune homme "rencontré" la veille, celui qui avait accidentellement renversé un verre sur lui. Un petit sourire prit place sur son visage, accompagné d'une idée qui lui sembla excellente. Il sortit vite de sa maison et traversa la rue jusqu'au brun au long nez.
-Excusez-moi !
-Oui ? Oh, c'est vous !
-Oui, bonjour.
Ils échangèrent une brève poignée de main ; Usopp était encore un peu gêné à propos de l'accident de la veille.
-Vous avez pu sauver la chemise ?
-Oui, plus de peur que de mal, je vous rassure.
-Tant mieux.
-En fait, je viens vous voir car j'aurais un petit travail à vous proposer.
Le brun se redressa subitement, intéressé, et son mouvement ne passa pas aperçu aux yeux de Sanji, qui retint difficilement un petit sourire. Il sentait qu'il repartirait avec ce qu'il voulait.
-Pardonnez mon indiscrétion, mais j'ai cru comprendre que vous faisiez de la peinture.
-Oui, sans vouloir me vanter, je me débrouille assez bien.
-Je n'en doute pas. Il se trouve que mon...conjoint est actuellement à la recherche de quelqu'un pour repeindre l'intégralité de notre maison.
Se penchant un peu sur le côté, Usopp considéra l'habitation un instant. Il était évident, vu sa taille, que ça prendrait beaucoup de temps, ce qui dans un sens, l'arrangeait bien.
-Il est assez exigeant et ses goûts sont un peu étranges. Tous ceux qu'ont à engagés se sont désistés...
-C'est pas de chance.
-Pour eux. Mais si vous êtes intéressés, votre prix sera le nôtre.
Usopp ne tarda pas et il lui tendit la main. Il avait besoin d'argent, et il ne pouvait pas laisser cette occasion en or lui filer entre les doigts. Sanji sourit franchement en lui serrant la main.
-Parfait dans ce cas ! Vous pourrez commencer dès que Shuraiya vous aura donné le feu vert.
-Juste...vous entendiez quoi par "goûts un peu étrange"?
-Disons qu'il a beau ne pas être un amateur d'art, ça lui plairait que ses murs ressemblent à des tableaux.
Son regard montrait clairement son désaccord, et ça les fit rire tous les deux. Puis ils se séparèrent, heureux de la bonne affaire qu'ils venaient de mener.
Même si pour Usopp, il était clair qu'il allait mettre les pieds dans un foyer compliqué.
Quand Zoro arriva au poste, il eut immédiatement envie de repartir lorsqu'il vit Shanks assit sur le bureau et le regardant avec des yeux brillants. Et malheureusement pour lui, à la tête que tirait Marco juste à côté de lui, il comprit qu'il aurait cette fois-ci affaire à deux cupidons. Il soupira et jeta un regard noir à Shanks.
-Tu veux pas lâcher l'affaire, sérieux ?
-J'ai encore rien dis.
-Tu penses fort, crétin de rouquin.
-Eh, parle mieux à ton supérieur, Roronoa.
Rageusement, Zoro laissa tomber son sac dans un coin avant de prendre place sur une chaise. Il ne pourrait pas leur échapper de toute façon.
-Vous voulez quoi ?
-Invite Luffy à sortir !
-Non.
-Ce n'est que de l'amitié, argumenta Marco. Il a besoin de découvrir le coin et on ne voudrait pas qu'il se sente seul.
-Bah allez-y vous ! Pourquoi c'est à moi de le faire ?!
En ricanant, Shanks sortit son téléphone de sa poche et il le tendit à Zoro. Le vert le déverrouilla en un tour de main, marmonnant dans sa barbe à quel point Shanks était idiot de ne pas laisser de code plus compliqué pour verrouiller son mobile alors qu'il est policier. Mais ensuite, il vit le fond d'écran, et il se dit que personne n'aurait la force de fouiller plus loin que l'accueil.
-Baggy sait que t'as pris cette photo ?
-Pas encore. Mais ça ne saurait tarder je pense, et je vais devoir changer. Va voir les messages.
En secouant la tête, Zoro ouvrit la messagerie, et une conversation attira son attention : celle avec Luffy, et de toutes évidences, les deux hommes parlaient de lui par SMS. Les sourcils légèrement froncés, il ouvrit la conversation et lut quelques messages. Apparemment, son nouveau voisin avait avoué qu'il l'aimait bien et qu'il aimerait passer plus de temps avec lui pour qu'ils apprennent à se connaître.
-T'as fais bonne impression sur le petit, c'est avec toi qu'il veut sortir.
-Vous savez que je suis pas son genre de gars.
-On te demande pas de sortir avec, le rassura Marco. En tout cas moi je te le demande pas. Mais ça te ferait pas de mal de voir un peu plus de monde. Tu perdras rien à devenir son ami.
Zoro soupira en rendant son téléphone à Shanks. Il avait bien conscience que se renfermer sur lui-même n'était pas une solution, mais il n'avait pas envie de s'ouvrir à nouveau. Il ne voulait pas être blessé une deuxième fois, il savait qu'il ne le supporterait pas. Et si son comportement grognon faisait du mal à Luffy...
-Je suis pas l'ami dont il a besoin.
-Mais en tout cas, lui, il est celui dont tu as besoin.
-Tente le coup ! Comme l'a dis Marco, t'y perds rien !
Ils le laissèrent ensuite réfléchir à tout ça, mais en partant, ils eurent tous les deux le sentiment que c'était déjà gagné.
Et en effet, Zoro repensa au sourire du jeune homme, et il se dit que tenter sa chance ne serait peut-être pas aussi dévastateur que ce qu'il pouvait croire.
Il avait juste à bien faire les choses. Et il savait à qui s'adresser.
Depuis qu'elles avaient commencé à vivre ensemble dans leur adorable petite maison, il y avait une tâche importante à réaliser que Nami et Vivi s'efforçaient de repousser à plus tard. Ce n'était pas quelque chose que la majorité des gens aimait faire à vrai dire : ça prenait du temps, c'était décourageant dès le départ, et ça impliquait beaucoup de poussière et probablement des araignées.
Il s'agissait bien sûr du rangement du grenier.
Vivi n'avait pas vraiment d'affaires là-haut, et elle n'y avait même jamais mis les pieds depuis son arrivée. Mais elle savait qu'il y avait beaucoup de choses au grenier qui s'entassaient, dont il fallait se débarrasser, ou au contraire dont on pouvait encore se servir. Tout était à Nami, et elle pourrait laisser à la rousse le soin de ranger elle-même. Mais sa petite-amie était très occupée, et puisque Vivi restait à la maison, autant qu'elle s'en charge.
Prenant son courage dans une main et des gants dans l'autre, elle monta au grenier, non pas dans le but de jeter certaines choses à la poubelle, puisqu'elle avait d'abord besoin de l'autorisation de Nami, mais simplement pour ranger un peu. Ainsi, lorsque Nami ne sera pas trop fatiguée pour jeter un œil, ce sera plus facile de faire le tour.
Fière d'elle, la belle bleue se lit au travail. Elle mit d'un côté tout ce qui était meubles et gros objets. Dans un autre, elle réunit les vieux électroménagers. Et enfin, dans un autre, elle mit tout ce qui était personnel, comme des photos ou des jouets que Nami avait décidé de garder. Elle y avait bien passé trois heures à tout trier, mais au moins, c'était une bonne chose de faite.
Et puis, un carton attira son attention. Luttant contre son envie de foncer sous la douche, elle ouvrit la boîte dont l'inscription sur le dessus annonçait qu'il s'agissait d'albums photos sur la scolarité de Nami. Vivi avait très envie de voir des clichés de sa petite-amie dans son enfance, mais aussi au lycée, pour voir si elle avait beaucoup changé. Elles ne s'étaient rencontrées qu'en sortant de la fac après tout.
Elle passa toute la journée à éplucher ces albums, et lorsqu'elle prit celui sur l'année de terminale de Nami, la nuit commençait à tomber dehors. Elle ne s'en rendit même pas compte, et depuis qu'elle avait commencé à regarder ces beaux souvenirs, un sourire tendre ornait ses lèvres sans s'arrêter.
Et puis, une photo attira son attention. Sur celle-ci, Nami était dans les bras d'un jeune homme, et ils souriaient tous les deux à la caméra. Ce garçon n'était pas un inconnu, il vivait même non loin de chez elles et était un bon ami. Elle regarda alors les photos qui suivirent, où Nami et ce garçon s'embrassaient ou se tenaient la main. Alors, tout était clair.
Au lycée, Nami sortait avec Usopp.
Elle n'avait jamais rien entendu à ce sujet, ils étaient donc tous deux passé à autre chose, sans doute. Mais tout de même, aucune blague, aucune anecdote, aucune petite allusion. Leur rupture avait-elle été douloureuse ? Et d'ailleurs, qu'est-ce qui l'avait causée ? Elle se mit à imaginer que c'était sa faute. Et si Nami avait quitté Usopp pour elle ? C'était tout à fait possible. Le brun lui en voudrait-il ? Non, il ne semblait pas éprouver de la rancœur envers elle. Mais d'un autre côté, elle n'était pas habituée à ces choses-là, et elle ne l'avait peut-être pas remarqué. Vivi étant quelqu'un de très sensible, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable si jamais c'était bel et bien le cas.
-Vivi, je suis rentrée !
La voix de Nami la fit sursauter, et elle retint à grand peine son petit cri de surprise. Elle s'empressa de tout ranger avant de redescendre pour accueillir sa petite-amie.
-Nami ! Ça a été ta journée ?
-Tu sais comment sont les étudiants : la moitié d'entre eux n'est pas intéressée par mon cours.
-Dommage, je trouve ta matière très passionnante.
-Merci.
Nami sourit et l'embrassa doucement avant de se débarrasser de ses affaires.
-Et toi, qu'as-tu fais aujourd'hui ?
-Oh j'ai un peu rangé grenier.
-C'est gentil ! Mais tu dois être épuisée !
-Ça va, je vais juste aller prendre une douche.
-D'accord.
Nami partit dans la cuisine, et Vivi hésita quelques secondes à la suivre. Elle mourrait d'envie de lui demander ce qu'il s'était passé avec Usopp, et pourquoi elle ne lui avait rien dit. Mais soudain, son regard se posa sur le calendrier, et elle eut une idée. Elles allaient bientôt déjeuner chez Franky et Robin, et puisqu'ils connaissaient Nami depuis le lycée, ils devaient forcément savoir ce qu'il s'était passé. Elle allait donc user de sous-entendus pour avoir les informations qu'elle voulait.
Fière de son idée, elle partit enfin se débarrasser de toute sa crasse grâce à une bonne douche.
En arrivant dans le hall de l'hôpital afin de signaler que, sa journée étant finie, il repartait chez lui, Law croisa Luffy, qui lui aussi venait de terminer. En temps normal, ce n'était pas son genre de sociabiliser, mais il avait entendu que le jeune homme était venu en bus, et comme aujourd'hui était son premier jour, il ne s'était pas encore rapproché de ses collègues. Puisqu'ils avaient brièvement discuté la veille à la fête, la moindre des choses était de se montrer sympathique et de l'aider.
Il l'arrêta donc alors qu'il se dirigeait vers la sortie, et il lui montra ses clés de voiture.
-Puisqu'on n'habite pas très loin, tu veux que je te raccompagne ?
-Oh, merci trifouillis, c'est gentil !
Faisant l'impasse sur ce surnom plus qu'étonnant, Law l'invita à le suivre. Ils prirent place dans la petite voiture de Law, et à peine eut-il démarrer que Luffy, débordant de joie de vivre et fort bavard, le remercia tout en attachant sa ceinture.
-Merci de ta proposition ! Ça m'évite de prendre le bus.
-C'est rien, ne t'en fais pas. Le bus est un peu contraignant.
-Oui, mais c'était seulement pour aujourd'hui. Ma voiture est au garage.
-Ah oui ?
-Ouais, le garage de ton mari !
Law ne parvint pas à retenir un petit sourire en attendant cette appellation. Il ne savait pas s'il réussirait à vote s'y habituer.
-Kid et moi ne sommes pas encore mariés.
-Ah, je croyais, désolé.
-C'est rien. Mais si tu commets cet erreur avec lui en revanche, il te fera peut-être une ristourne.
-Je me tromperai en allant chercher ma voiture demain dans ce cas.
Ils rirent, et Law pensa alors que Luffy était quelqu'un de vraiment sympathique. C'était le genre de personne qu'il fallait avoir dans son entourage, le genre de personne qui fait du bien lorsqu'on va mal, le genre de bon ami dont on a tous besoin. Et pour l'avoir vu à l'œuvre avec les enfants aujourd'hui, il savait qu'il ne s'était pas trompé de carrière, car il savait comment redonner de l'espoir et de la joie à ceux qui aimeraient juste abandonner.
Il apprit cependant aussi que le tact n'était pas vraiment son fort.
-Dis Trifouillis ? T'es amoureux de Kid ?
-Eh bien, étant donné que nous sommes fiancés, j'aurais tendance à te répondre que oui.
-Je trouve que vous ne vous embrassez pas assez.
-Ah...ah bon, c'est...je m'y attendais pas à celle-là...
-Je dis pas que vous devez le faire tout le temps. Mais le faire en tout cas. Après, je vis pas avec vous, hein. Peut-être que vous le faites mais que je l'ai pas vu.
-Sans doute...
Ce manque de tact pourrait néanmoins lui être très utile, et mettait le doigt sur un problème auquel il lui faudrait remédier au plus vite. Malgré tout, il décida de quand même changer de sujet.
-Alors, ton intégration se passe bien ?
-Oui, je suis content d'avoir pu rencontrer plein de monde hier ! Et je me suis déjà fais des amis ! En plus, j'adore mon travail ! Et ma maison aussi ! Elle est géniale !
-Tu m'en vois ravi. Ça fait toujours plaisir d'avoir un nouveau voisin.
-J'espère continuer à me rapprocher de tout le monde ! Surtout Zoro !
Law tourna la tête vers lui, juste un bref instant, mais il eut le temps d'apercevoir sur le visage de son nouvel ami un sourire heureux.
-Pourquoi Zoro en particulier ?
-Je sais pas, j'ai une bonne impression pour lui ! Il me plaît !
-Tu veux dire que tu as...des sentiments pour lui ? Je veux dire...tu le connais depuis une semaine.
-Je ne dirai pas que c'est de l'amour...en tout cas pas tout de suite. Mais il m'attire, c'est clair ! Y a un truc qui me plaît chez lui, et je veux apprendre à le connaître.
-Tu sais, c'est quelqu'un de plutôt renfermé. Il vit ici depuis longtemps, mais personne ne le connaît vraiment.
C'était d'ailleurs à la fois étonnant et inquiétant. Zoro vit à Fuchsia, dans sa maison, depuis quelques années maintenant. Mais on savait si peu de choses à son sujet, et il ne laissait rien paraître. Il se contentait de faire son boulot, de venir en aide si on le sollicitait, mais en règle générale, il était on ne peut plus discret.
-Je sais que c'est quelqu'un de bien.
-Qu'est-ce ce qui te fait dire ça ?
-Je le sens, c'est tout. Il veut peut-être pas qu'on le remarque, mais c'est trop tard pour moi. Je l'ai repéré, et je veux qu'on devienne amis.
-De toute évidence, tu es du genre à te battre pour avoir ce que tu veux.
-Ouais. Et je suis plutôt tenace.
Il accompagna sa remarque d'un sourire, et ça conforta Law dans l'idée que "tenace", chez Luffy, n'était pas négatif. Il se battrait oui, mais sans faire de mal à qui que ce soit. Alors même si ce n'était pas dans sa nature de se laisser aller aussi rapidement avec quelqu'un, Law choisit de faire confiance à Luffy.
Après avoir déposé le jeune homme chez lui et lui avoir souhaité bonne nuit, le chirurgien rentra chez lui. Il trouva son fiancé aux fourneaux, en train de terminer la préparation du curry qui serait leur dîner de ce soir. En le voyant rentrer, Kid le salua d'un sourire et d'un geste de la main.
-Ça a été, ta journée ?
-Oui, très instructive. Et toi ?
-Je me suis occupé de la voiture de Luffy, à part ça rien de palpitant. Je sais pas comment il faisait pour rouler avec un moteur dans cet état ! Ce gamin doit avoir la chance avec lui.
-Je lui souhaite...
Pendant quelques minutes encore, Law observa Kid, tout en mettant la table. Il se demanda ce que ça ferait s'ils se mettaient à s'adresser à l'autre avec des petits noms mignons, à se tenir la main en public, et peut-être même à s'embrasser. S'ils ne le faisaient que devant les autres, est-ce que ça finirait par devenir une habitude qu'ils reproduiraient naturellement une fois seuls tous les deux ? Finiraient-ils par y prendre goût ?
Et il eut envie d'en parler à Kid, et lui dire qu'ils ne se témoignaient pas assez d'affection, que les autres risquaient de trouver ça bizarre. Mais étrangement, avoir ce genre de conversation avec le roux lui faisait un peu peur. Il ne savait jamais où ça pourrait les mener. Il n'avait aucune idée de ce que lui réservait l'avenir, et il avait peur de le découvrir.
Alors il ne dit rien, et ce soir-là, il agit comme tous les autres soirs, en mettant dans un coin de sa tête toutes ses interrogations pour plus tard.
Il était aux alentours de 10 heures lorsqu'Ace revint des courses avec son fils. Il avait profité d'une journée de congé pour faire le plein de provisions, et il avait également acheter un cadeau au jeune garçon pour le féliciter de son excellent travail à l'école. Sa journée avait merveilleusement bien commencée, mais rapidement, elle prit une tournure qu'il aurait préféré éviter.
Alors qu'il déchargeait son coffre, il vit dans l'allée d'une maison un peu plus loin une voiture de luxe qu'il reconnaîtrait entre mille, en grande partie grâce à la magnifique rayure qui se trouvait juste au-dessus de la plaque d'immatriculation arrière. Oui, son ex-mari n'était pas une lumière, et se regardait si constamment le nombril qu'il ne voyait pas les choses les plus évidentes. C'était même étonnant qu'il ait remarqué qu'ils avaient divorcé.
Il signala rapidement à son fils qu'il revenait avant de se précipiter rageusement vers le propriétaire de la voiture, qui sortait justement de la maison devant laquelle le véhicule était garé.
-Spandam ! Faut qu'on cause !
En voyant Ace courir vers lui, Spandam sentait que la discussion ne serait pas de tout repos. Il pensa durant quelques secondes qu'il pourrait essayer de fuir, mais son ex avait bien plus d'endurance que lui ; c'était donc perdu d'avance. Et il n'eut pas le temps de chercher une autre échappatoire que le brun était déjà face à lui.
-Ace, quelle surprise...
-Te fous pas de moi, tu sais où j'habite !
-Oui, et j'aurais préféré que tu ne me vois pas.
-Bon sang, ce que t'es con ! Je peux savoir ce que tu fais ?! Me dis pas que tu veux me reprendre Haiko.
Lors du divorce, la question de la garde de leur enfant a évidemment été évoquée. Sabo et Ace étaient prêts à se battre pour avoir la garde exclusive, mais ils n'eurent pas besoin de le faire. Spandam demandait à ne plus être concerné par cet enfant dont il ne voulait pas dès le départ. Ace pouvait donc avoir sa garde exclusive, sans aucun retour en arrière possible, si en échange, il ne lui demandait aucune aide pour l'éducation du petit, et encore moins de l'attention ou des cadeaux lors des fêtes par exemple. Ça n'avait fais que conforter Ace dans l'idée que ce divorce était la meilleure chose à faire.
-Comme je te l'ai dis, je ne suis pas intéressé par Haiko.
-Alors tu veux quoi ?!
-Je ne suis pas là par envie, figure-toi. J'ai obtenu le poste de directeur de l'université de la ville voisine. Le précédent est parti à la retraite.
-Oui, j'en ai entendu parler...
D'un geste de la main, Spandam montra la maison dans son dos.
-J'ai donc acheté cette propriété, et à partir de maintenant, je vais vivre ici.
-Tu pouvais pas aller ailleurs ?! J'ai pas envie de voir ta gueule tous les matins !
-On n'est plus mariés, je suis plus obligé de vivre en fonction de toi.
-Quel petit enfoiré ! Je me demande comment j'ai fais pour t'épouser !
-T'étais jeune et innocent.
-Bon sang, t'es si bête !
De rage, Ace donna un coup de pied à la voiture. La portière ne résista pas, et à l'endroit de l'impact, le fer était à présent enfoncé. Le brun croisa les bras sur son torse et tenta de rester digne malgré cet incident imprévu. Même s'il haïssait son ex-mari, ce n'était pas son objectif de départ.
-Je t'interdis d'essayer de te rapprocher d'Haiko ou de moi !
-Ça n'a jamais été mon intention. Ça fait bien longtemps que j'ai tiré un trait sur toi. Y a plus que la pension alimentaire entre nous.
-Ouais, et bah tant mieux !
Sur ce, il repartit chez lui sans un regard en arrière. Pourtant, il ne parvenait à se débarrasser de l'horrible impression que le retour de Spandam dans le coin ne serait pas une partie de plaisir.
L'auteur et la co-auteur cautionnent le fait que cracher dans la nourriture des gens est une bonne vengeance, à condition de ne pas être vu.
Non sérieusement, ne faites pas ça chez vous.
On espère que ce chapitre vous a plu ! On avance lentement mais sûrement, et quelques nouvelles intrigues principales se sont mises en place.
Avez-vous un couple favori pour le moment ? Une histoire qui vous plaît plus particulièrement ?
On tient à vous rassurer, le MarcoAce arrive très bientôt XD
