Attention : nous rappelons que ceci est une omegaverse !


Ce n'était pas qu'il n'aimait pas les surprises, mais Law préférait tout de même savoir à quoi s'attendre. Il aimait avoir suffisamment le contrôle pour pouvoir garder la face quelque soit la situation. Il avait toujours réussi jusque là à être maître de sa vie, or il lui fallait reconnaître que depuis que Kid était entré plus que de raison dans son existence, il y avait de plus en plus d'éléments imprévus auxquels il peinait à se préparer. Et lorsqu'il parvenait à reprendre le dessus sur ce qui lui arrivait, son fiancé et sa famille trouvaient toujours le moyen de le prendre à nouveau au dépourvu.

Ce matin en était une assez surprenante preuve.

Bon, il devait reconnaître qu'il était heureux que Kid ait prit au sérieux leur discussion de l'autre jour. Il avait pris conscience du véritable problème de leur relation, et avait décidé d'agir. Cependant, sa façon d'y remédier était plutôt déroutante, même s'il était le seul à le penser.

Sérieusement, tout le monde trouvait normal de voir son conjoint se pointer à son travail avec des fleurs, en hurlant des surnoms mignons et des phrases romantiques, suivit par son meilleur ami Killer portant une enceinte d'où sortait une compilation de musiques romantiques ? Le meilleur ami en question semblait heureux de pouvoir venir en aide au garagiste pour ses soucis de cœur.

Tous les patients et membres du personnel soignant autour d'eux chuchotaient et souriaient. Law était un peu mal à l'aise d'être autant au centre de l'attention. Kid ne fit attention à personne et se dirigea vers lui en souriant malicieusement.

-Salut chéri !
-Kid, qu'est-ce que tu fais au juste ?
-Tu travailles tellement dur en ce moment, alors je me suis dis que j'allais montrer tout mon soutien à mon fiancé adoré !

Il se saisit des mains de Law et se pencha vers lui. Ce qu'il fit ensuite fut la chose la plus surprenante que le chirurgien n'ait jamais vécu ; il déposa le plus tendrement du monde un baiser sur sa joue. Et pour la première fois, il trouva que la situation n'étant pourtant pas sous son contrôle était agréable. Kid se recula, et serra un peu plus fort ses mains.

-Je sais que ce que tu traverses depuis avant même nos fiançailles n'est pas facile, et je veux que tu saches que je suis là pour toi. Et ce même si je suis la cause d'une partie de tes problèmes.
-Merci, j'apprécie beaucoup.
-C'est vrai ?
-Je pense honnêtement que tu n'avais pas à aller jusque là, mais oui c'est vrai.

Le roux sourit et l'embrassa, cette fois-ci sur le front, le serrant joyeusement dans ses bras. L'étreinte fut étonnement brève aux yeux de Law, qui oublia cependant bien vite ce sentiment lorsqu'il remarqua que Killer et Luffy les fixaient avec des étoiles dans les yeux. Littéralement. On pouvait voir la grande ours se refléter dans les mirettes chocolat de son nouveau collègue.

-Bon, va falloir que je te laisse travailler.
-Oui et tu as toi-même un garage à faire tourner, il me semble.
-Ouais, mais avant je dois accompagner Killer au travail de son copain.
-Hein ?
-C'est à mon tour de tenir le poste de musique.

S'il n'avait aucune retenue, Law aurait explosé de rire. Ça ne l'étonnait pas que les deux aient eu la même idée, il les imaginait même en train d'en discuter ensemble pour tout mettre au point.

Killer était au courant pour leur fausse relation, et était d'ailleurs le seul. Mais il l'avait accepté, les aidait même parfois, et ils s'entendaient bien. Law était même content de voir que Kid avait un ami de confiance sur qui il pouvait compter en toutes circonstances.

Les deux hommes saluèrent le chirurgien avant de partir en courant, sans doute pour aller acheter d'autres fleurs avant d'aller au boulot du petit-ami de Killer. D'ailleurs, Law devait aller mettre son bouquet dans son bureau. Heureusement, il lui avait été livré avec un vase.

Luffy sautilla jusqu'à lui, un grand sourire aux lèvres et les yeux pétillants.

-Vous étiez mignons, tous les deux !
-Merci. C'est grâce à toi, Luffy.
-À moi ?
-Suite à notre discussion l'autre fois, j'en ai parlé à Kid et on a décidé de réagir.

Le plus jeune se mit à sourire avec fierté. L'autre lui jeta un regard amusé, puis ils se saluèrent et repartirent au travail. Même si ça n'échappa à aucun de leurs collègues que Law était un peu plus joyeux.


Haiko n'avait que de vagues connaissances sur l'amour, mais à vrai dire, observer les adultes dans leurs relations ne l'aidait pas vraiment à mieux comprendre cette notion.

Prenons l'exemple de son père : Ace avait eu un premier mariage désastreux, et maintenant, il passait son temps à répondre "Il n'y aura jamais rien entre ce gars et moi" quand son oncle Sabo lui parlait du gentil policier de l'autre jour.

Quand à son autre oncle, il n'avait qu'un nom à la bouche : celui de son voisin un peu effrayant mais qui semblait super fort. De ce qu'il avait compris, il le trouvait beau, gentil, musclé, et son pantalon moulait ses fesses. Il ne comprenait pas ce dernier point, mais ça faisait rougir son père quand Luffy le disait à voix haute.

En parlant du voisin, il était devant la porte depuis cinq minutes, s'en voulant apparemment d'hésiter autant. Le petit garçon le regardait, se demandant si c'était ainsi que les adultes faisaient pour demander s'ils pouvaient être amoureux. Il aurait peut-être le fin mot de l'histoire s'ils se parlaient ; il devait l'aider.

-Oncle Luffy !
-Oui Haiko ?
-Le voisin est devant la porte.

Il n'avait jamais vu son oncle courir aussi vite, même lorsque Sabo arrivait avec des cookie faits maison. Il savait qu'il ne devait pas rater la discussion qui allait suivre, aussi s'empressa-t-il de le suivre dans l'entrée. Excité, Luffy ouvrit la porte et sourit au vert.

-Salut Zoro, ça va ?
-Euh je...oui, ça va, bégaya Zoro, surprit par l'ouverture soudaine de la porte alors qu'il n'avait pas encore toqué. Et...et toi ?
-Ça va ! Je suis content de te voir !
-Moi aussi...

D'un geste de la main, il l'invita à entrer. Zoro le remercia d'un signe de tête, et salua Haiko lorsqu'il le vit. Le petit lui répondit en agitant la main et en souriant.

-Tu gardes ton neveu aujourd'hui ?
-Oui, Ace était de garde aujourd'hui.
-Oh, tu veux qu'on repousse notre rendez-vous à la semaine prochaine ?

Le terme de "rendez-vous" lui parut étonnement agréable, alors même qu'il était en train de demander s'il fallait décaler la date. Luffy le regarda, le regard dans le vide, et soudain, il se rappella qu'il avait effectivement prévu de sortir avec Zoro aujourd'hui. Il avait passé tellement de temps à penser à lui qu'il avait oublié ça ! Oui, c'était peut-être un peu paradoxal...

-Mince, pardon Zoro, j'avais zappé !
-C'est pas grave, t'as dû être très occupé cette semaine...
-Ça m'embête vraiment d'annuler...

Il fit la moue, et dériva son regard jusqu'à Haiko. Le petit lui fit signe de venir le voir afin qu'ils parlent en privé. Luffy demanda à Zoro de l'excuser un instant, et ils partirent dans la cuisine, sous le regard étonné du policier.

-Tonton, c'est ton amoureux, non ?
-J'aimerais bien, je t'avoue.
-Alors tu dois partir avec lui !
-Mais je ne peux pas te laisser seul !
-Demande à tonton Sabo s'il veut bien s'occuper de moi.
-De qui tiens-tu ton intelligence ?
-Grand-mère.

Oui, c'était la réponse la plus crédible. Luffy attrapa son neveu et l'embrassa partout sur le visage pour le remercier, faisant rire le garçon aux éclats. Ils retournèrent ensuite au salon retrouver Zoro, qui regardait les nombreux clichés et dessins qui tapissaient les murs de la pièce avec un petit sourire.

-Zoro, on a trouvé une solution !
-Ah.
-On va laisser Haiko chez Sabo !
-Oh mais...il est d'accord avec ça ?
-Oui monsieur !

Zoro baissa les yeux vers Haiko, et le trouva très mignon. Il se sentait quand même un peu mal ; il mettait ce gosse à la porte alors qu'il était arrivé le premier. Et ce qu'il venait de penser n'avait absolument aucun sens.

-Bon attendez ici, s'exclama Luffy en mettant sa veste. Je vais lui demander s'il est d'accord et je reviens !

Il partit en courant, laissant Zoro seul avec Haiko. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, ce n'était pas l'enfant qui était gêné.

Quand Luffy arriva chez Sabo, il toqua avec tellement de force contre la porte qu'il était certain que, puisque son frère ne venait pas lui ouvrir, c'était qu'il était absent. Il tenta de l'appeler, mais il devait être en train de travailler. Il grogna et s'apprêta à repartir chez lui, lorsqu'il vit quelque chose d'intéressant : Marco sortant de chez lui avec une tasse de café pour aller chercher son courrier.

S'il se souvenait bien de ce qu'il avait vu quelques jours plus tôt à l'hôpital, lui et Ace étaient plutôt proches. Et s'il ne travaillait pas aujourd'hui, il pouvait garder Haiko. Il était policier, donc il pourrait protéger l'enfant en cas de danger, et allait assurément suivre la loi à la lettre. Et ce n'était que le temps d'une journée.

Lorsqu'il retourna chez lui quelques minutes plus tard, le sourire sur ses lèvres ne pouvait pas être plus grand. Il demanda à Zoro de l'attendre le temps qu'il emmène Haiko.

En chemin, il annonça à son cher neveu que le plan avait un peu changé, et s'en excusa énergiquement. Cependant, lorsqu'il vit chez qui il allait passer la journée, Haiko en fut très content. S'il ne pouvait pas observer son oncle, il n'allait pas se gêner pour poser des questions à sa nounou d'un jour afin de comprendre enfin ce qu'était l'amour.


Baggy était apprécié par peu de ses collègues, et cela était loin de l'attrister. Lui-même n'aimait qu'une personne à son boulot, à savoir son meilleur ami Galdino, qu'il avait pris l'habitude de surnommer San.

Les deux hommes s'étaient rencontrés quelques années plus tôt, lors de leur premier jour de travail à la supérette. Ils s'étaient vite attachés l'un à l'autre, et avaient de nombreux points communs. De plus, Galdino s'entendait bien avec Shanks, et ils avaient passés des soirées agréables tous les trois.
D'ailleurs, les deux hommes avaient de nombreux points communs, et partageaient en particulier une imagination débordante, qui tournaient bien souvent autour de Baggy.

Aujourd'hui n'était pas une exception, étant donné qu'ils étaient tous les trois assis à la table d'un café, Shanks divaguant sur leur avenir, et Galdino au bord des larmes avec une boîte de mouchoirs à moitié entamée, sans que le bleu ne comprenne vraiment comment ils en étaient arrivés là. Il soupira et attrapa sa tasse pour boire une gorgée de son café.

-Pour la dernière fois, je ne suis pas enceint.
-Mais tu as tous les symptômes, pleurnicha son ami.
-N'importe quoi...
-J'adorerai avoir une fille...

Il sourit bêtement, et se prit une serviette roulée en boule en pleine figure ; cela ne le dérangea pas cependant.

-Sur quoi vous basez-vous, bon sang ?
-Tu cris beaucoup en ce moment, c'est les hormones.
-Non, je cris toujours beaucoup.
-C'est vrai, approuva Shanks. Nos bébés auront des voix qui portent loin...
-Au secours.

Il se tapa la tête sur la table, faisant à peine sursauter les deux autres. Galdino se désinfecta les mains, alla jeter tous ses mouchoirs usagers, et en saisit un nouveau alors que de grosses larmes coulaient encore.

-T'avais envie de fraises, tout à l'heure.
-On n'a pas besoin d'être enceint pour ça.
-T'as eu tes chaleurs, ce mois-ci ?
-Shanks !

Cette fois-ci, le roux fut surpris. Il cligna des yeux quelques secondes, avant d'éclater de rire et d'attraper la main de son époux.

-Désolé chéri, je m'emballe.
-Oui complètement. Il n'y a aucun bébé en route.
-T'as fais un test pour vérifier ?
-Oui San, j'en ai fais un. C'est négatif.

Il avait pris l'habitude de faire un test régulièrement, pour ne pas être surpris par la grossesse si toutefois il devait y en avoir une. Le sujet n'était pas sur la table pour le moment, mais sa relation avec Shanks avançait si bien que ça pouvait tout à fait être le cas un jour. Le bon moment arriverait un jour, il lui fallait juste veiller ni à le rater, ni à le précipiter.

Au moins, il n'avait pas à s'inquiéter des réactions des deux hommes les plus importants de sa vie.

-Bon, tu peux peut-être arrêter de pleurer, San.
-Bah non, maintenant je suis triste que tu ne sois pas enceint.
-Ça te consolerai si on te promettait de te prévenir le premier le jour où il le sera ?

L'accord signé, ils rangèrent les mouchoirs et profitèrent d'un agréable moment entre amis comme ils les aimaient tant.


Spandam s'engagea en pestant le long de l'allée et toqua à la porte de la belle petite maison dans laquelle il souhaitait pourtant ne pas s'attarder. Il avait pris rendez-vous avec le garagiste qui y vivait, car en lavant sa voiture l'autre jour, il avait dû casser un truc, et maintenant, elle refusait de démarrer.

L'homme qui vint lui ouvrir l'effraya presque ; il était grand, musclé, et avait des cheveux d'un bleu très vif. Vu les mains qu'il avait, il pourrait sans doute l'étrangler en laissant des traces très voyantes.

Il se présenta sous le nom de Franky, et annonça qu'il était déjà prêt à s'occuper de son véhicule. Étant assez pressé, Spandam le pria de s'y mettre dans l'instant, ce que la garagiste fit de manière tout à fait professionnelle.

Les minutes passèrent, et Franky devait bien avouer qu'il n'avait jamais rien vu de tel. Comment pouvait-on à ce point abîmer une voiture rien qu'en la lavant ? Il manquait des pièces qu'un utilisateur lambda n'avait même pas à toucher ! Pauvre créature, elle devait tellement souffrir.

Spandam de son côté priait très fort pour qu'une distraction qui vaille le coup vienne le sauver de son profond ennui, et cela se présenta sous la forme d'une belle jeune femme à la ravissante chevelure brune, aux yeux bleus envoûtant et aux formes généreuses qui en feraient valser plus d'un. Elle sortit de la maison du garagiste dans un magnifique tailleur gris clair et en fourrant des papiers dans son sac à main. Elle était si belle que sa prière se transforma en : "Pitié, faites que ce ne soit que sa sœur !"

-Salut chérie, s'exclama Franky en s'éloignant légèrement du capot.

"Eh merde !"

-Salut, sourit la brune en allant l'embrasser.
-Tu sors ?
-Oui, j'ai un rendez-vous à la banque, mais je devrais être de retour d'ici une heure.
-Avec un peu de chance, je serai encore là.
-Je dois bien t'avouer que j'ai presque envie que tu n'ais pas de clients.

Elle lui caressa amoureusement le bras, et le laissa reprendre son travail. Elle se tourna pour partir, lorsqu'elle remarqua Spandam, qui ne l'avait pas quittée des yeux depuis son apparition. Elle lui adressa un sourire poli et s'approcha de lui afin de lui serrer la main.

-Bonjour, vous êtes le nouveau directeur de l'université, je me trompe ?
-Non, non, c'est bien moi ! Et vous êtes...
-Nico Robin, je suis professeur d'archéologie. Ravie de faire enfin votre connaissance.
-Le plaisir est partagé.

Il sourit, ravi de la tournure des événements ; elle venait d'avouer qu'elle était ravie de le rencontrer, après tout. Il avait encore des chances étant donné que ça arrivait assez fréquemment qu'un mariage se brise par l'arrivée d'un tiers ayant séduit l'une des deux personnes du couple. D'ailleurs, il supposait qu'Ace avait rencontré son fameux policier alors qu'ils étaient encore ensemble ! Quoi qu'il en soit, il n'avait pas envie de laisser tomber ; Robin était charmante et il la désirait dès le premier coup d'œil. Et ce n'était pas son genre de laisser filer sa proie.

-Bien, il faut que j'y aille. Je ne voudrais pas être en retard.
-Oh, bien sûr ! Allez-y...
-Je vous verrais sans doute lundi. À bientôt.

Elle le salua d'un signe de la main, embrassa Franky sur la joue, puis monta dans sa voiture et s'éloigna ; Spandam la suivit du regard. Son sourire s'effaça, et il se rapprocha de Franky, en essayant de prendre l'air le plus détaché possible.

-Alors euh...vous êtes mariés ?
-Ouais, et on nage dans le bonheur.
-Oh...mais votre mariage, il est récent ?
-Pas vraiment, ça fait quelques années maintenant qu'on s'est engagé.

Spandam hocha la tête, jubilant intérieurement car les informations que le bleu venaient de lui donner le rassuraient sur sa possible victoire ; si leur mariage datait déjà, alors il devait sans doute devenir de moins en moins solide, et il lui serait plus facile de le briser et d'avoir Robin pour lui tout seul.

Loin de se douter des projets malsains de son client, Franky termina les réparations de la voiture en étant aussi rapide qu'efficace, et laissa l'autre homme s'en aller avec sa propriété sans s'imaginer une seconde que sa vie allait être tourmentée par l'homme qu'il laissait filer.


Quand sa fille lui a annoncé son homosexualité, Nefertari Cobra l'a regardé de la tête au pieds durant quelques secondes, mais ne l'a jamais trouvé changée. Il ne s'était pas vraiment forgé d'avis sur ce sujet jusqu'à ce jour-là, mais lorsqu'elle le lui a dit, il a pensé que le plus important était qu'elle soit avec une personne capable de l'aimer pour elle et la combler. Il voulait le meilleur pour sa princesse, et que ce soit avec un homme ou avec une femme n'avait absolument aucune importance.

Et puis, il a rencontré Nami, et là il fut la personne comblée. La rousse avait un caractère de forte tête, mais elle savait tenir une conversation agréable sur presque n'importe quel sujet, était aussi intelligente que belle, et surtout, elle aimait Vivi de tout son cœur. Il n'avait eu aucune raison de la détester, et était même très heureux lorsqu'elles ont annoncé leur désir de s'installer ensemble.

D'ailleurs, le motif de sa visite aujourd'hui était de voir si elles s'adaptaient bien à ce nouveau style de vie, espérant être en mesure de leur donner des conseils au cas où il y aurait un problème.

Il était attablé avec les deux jeunes femmes, chacun avec une tasse de café devant lui. Il observait son environnement, le sourire aux lèvres.

-C'est une maison très cosy.
-Contente que ça vous plaise, dit joyeusement Nami.
-Allons, tu n'es pas obligée de me vouvoyer ! Depuis le temps, tout de même.

Il rit et se pencha en avant pour tapoter affectueusement la main de sa belle-fille. Nami rit avec lui ; elle avait encore un peu de mal à laisser tomber ces formules de politesse, il fallait dire qu'elle n'avait jamais pensé être aussi proche de Nefertari Cobra un jour. Et en dépit de ce que certains pensaient, elle avait beau aimer l'argent et les richesses, elle n'était pas avec Vivi que pour son nom ou son portefeuille. C'était assez difficile de faire face parfois aux mauvais jugements des autres, et le fait que Cobra lui accorde sa confiance était un soutien indispensable.

-Dites-moi donc comment se passe votre adaptation à la vie à deux...
-Pour être honnête père, je me demande comment Nami arrive encore à me supporter, soupira Vivi avec amusement.
-Ne soit pas si dure avec toi-même. Tout le monde a besoin de son temps d'adaptation.
-Nami a raison ma fille. Pour moi aussi, ce ne fut pas facile lorsque ta mère et moi avons débuté notre relation.

Il rit en se souvenant de cette époque, des années en arrière. La première fois qu'il avait posé les yeux sur elle, sur celle que devint la femme de sa vie, il n'avait pu s'empêcher de penser qu'elle était la plus belle personne qui lui ait été donné de rencontrer. Et jusqu'ici, seule sa fille avait pu réussir l'exploit de l'égaler.

-Les année passées avec ta mère ont été parmi les plus belles de mon existence, et aussi difficile qu'eurent été nos débuts, je ne regrette pas un seul de ces moments. Ayez confiance en votre amour, il saura vous donner la force de passer les obstacles qui se dresseront sur votre route, car aussi forte que soit une relation, il y aura toujours des épreuves à traverser.

Il sourit aux deux jeunes femmes, qui le remercièrent du regard pour ce chaleureux discours. Soudain, le téléphone de Nami se mit à sonner. Comme c'était pour le travail, elle était contrainte de répondre ; elle s'excusa donc avant de quitter la table afin de répondre à ce coup de fil dans une autre pièce. Cobra se leva à son tour, attrapant sa veste posée sur le dossier en déclarant qu'il devait de toute façon y aller. Vivi l'accompagna jusqu'à la porte, et l'y retint un instant de plus.

-Père, il y a encore quelque chose qui me travaille...
-Qu'y a-t-il Vivi ?
-Je...je me doute que c'est idiot et puéril de ma part de m'inquiéter pour ça...
-Aucune inquiétude n'est vraiment puérile, ma chérie. Si cela te blesse, il y a forcément une raison.
-Eh bien...j'entends beaucoup de personnes qui estiment que Nami et moi n'avons rien à faire ensemble...que nous venons pas du même monde.

Timidement, elle tritura ses doigts en baissant les yeux. Elle avait l'impression de n'être qu'une pauvre petite fille qui se plaint tout le temps, et ça l'énervait ; elle voulait avoir la force de remettre tous ces gens à leur place, mais sa timidité et sa contenance la forçaient à garder ses pensées et insultes pour elle. Cobra lui sourit tendrement et lui caressa la joue pour la rassurer.

-Il y aura toujours des personnes qui auront le besoin de critiquer la vie des autres pour mieux se sentir dans la leur. Ne fait pas attention à eux, tu as parfaitement le droit de mener ta vie comme tu l'entends. Et si c'est avec Nami que tu veux la vivre, alors personne n'a le droit de s'y opposer.

Il l'attira à elle pour une douce étreinte, la pria d'embrasser Nami pour lui, puis rejoignit sa voiture et s'en alla avec un dernier signe de la main à sa fille. Vivi le salua avec un fin sourire aux lèvres, et retourna à l'intérieur. Elle ferma la porte derrière elle et prépara deux nouvelles tasses de chocolat chaud pour son amour et elle, désireuse de passer un moment privilégié avec Nami qui leur fera sans nul doute le plus grand bien.


-Et c'est comme ça que j'ai éradiqué définitivement la menace des manchots zombies.
-Eh bien Usopp, j'ignorais que tu avais un tel passif de super héros.
-Vu que je suis encore loin d'avoir fini d'embellir ta demeure, je pourrais te raconter la suite de mes aventures.

Essuyant son front avec sa manche, Usopp se tourna vers Sanji pour lui sourire avec malice. Le blond mettait de l'ordre dans ses papiers, assis à la table au milieu de la pièce que décorait son nouvel ami, bien qu'il n'accordait que peu d'attention à sa tâche depuis que le peintre avait commencé à lui raconter des histoires qui lui seraient arrivées dans le passé. Sanji était presque fasciné par la facilité avec laquelle il contait ses aventures ; on aurait envie de le croire, et c'était une distraction fort appréciée.

Le charme fut malheureusement brisé lorsqu'il reçut un message de Shuraiya, le onzième de la journée, pour lui rappeler d'aller voir au courrier si le colis important qu'il avait commandé était arrivé. Sanji grogna et s'excusa auprès d'Usopp avant de ranger ses dossiers, d'attraper les clés de la boîte aux lettres et de sortir.
Ils n'avaient reçus que quelques lettres, dont une qui attira son attention. Il fronça les sourcils et détailla l'enveloppe : elle était rose, décorée de petits cœurs comme s'il s'agissait d'une lettre d'amour de gamins de primaire, et dégageait même un parfum écœurant de vanille et fruit de la passion. Elle était adressée à son époux, mais ce ne serait pas la première fois qu'il se permettait de lire son courrier, et cet imbécile n'avait jamais rien remarqué jusqu'ici.

Retournant à l'intérieur, il jeta le reste des lettres sur le meuble de l'entrée et retourna auprès de son voisin dans la salle de séjour. Usopp jeta un regard curieux à la lettre et se tourna complètement vers son ami, désireux au fond de lui de savoir de quoi il retournait.

-Qu'est-ce que c'est ?
-Une lettre pour Shuraiya.
-Tu...tu vas l'ouvrir ?
-S'il était digne de confiance, je ne le ferai pas.

D'un coup sec, il arracha l'ouverture de l'enveloppe et en extirpa la lettre, qu'il lut rapidement dans sa tête. Ses yeux s'écarquillèrent, et il reprit plus doucement la lecture depuis le début. Lorsqu'il comprit que ce qu'il lisait était bien réel, il s'effondra sur sa chaise et laissa tomber le morceau de papier sur le sol. Inquiet, Usopp se leva d'un bond et le rejoignit, posant une main sur son épaule et se penchant vers lui.

-Sanji, ça va pas ?
-C'est...c'est une lettre de...sa maîtresse.
-Quoi ?! Il...il te trompe !
-Elle me demande de le laisser partir, que j'ai tort de m'accrocher à ce point et qu'il sera plus heureux avec elle.
-J'arrive pas à le croire, quelle ordure...

Il ramassa la lettre échouée sur le sol et la posa sur la table, loin de Sanji. Il attrapa ensuite le bras du blond et le tira doucement jusqu'à la cuisine, où il lui donna un verre d'eau pour l'aider à reprendre un peu contenance. Il n'aimait pas le voir dans cet état, lui qui était toujours si distingué et semblant sûr de lui. Il détestait son mari qui osait le blesser ainsi.

-Quand je pense qu'il m'a fais tout un sermon sur la fidélité et l'honneur l'autre jour ! Il n'a aucun principe !
-Sanji, je devrais peut-être pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais...tu devrais pas rester avec un homme qui te dénigre à ce point. C'est vrai, on dirait que tu es son prisonnier.

Sanji hocha la tête ; Usopp ne se rendait pas compte d'à quel point il avait raison. Mais que pouvait-il y faire ? Il était coincé avec cet être abjecte par les liens sacrés du mariage.

-Sale enfoiré...
-Il n'a absolument aucun respect pour toi, je veux dire que je l'ai bien remarqué, en peu de temps que j'ai passé ici. Et je dois dire que tu as du courage pour supporter quelqu'un comme lui.
-J'aurais aimé ne pas avoir à le faire.

Étonné, Usopp s'assit sur une des chaises et invita Sanji à en faire de même en face de lui.

-Que veux-tu dire ?
-Je vais te confier un secret Usopp, jure moi que tu garderas ça pour toi.
-Je le promets !
-Merci.

Inspirant un grand coup, Sanji raconta alors son histoire, de l'alliance de leurs familles à leur mariage arrangé en passant par son dégoût profond pour celui dont il devait partager le nom. Usopp écouta tout très attentivement, ayant l'impression d'entendre le scénario d'un film cliché à l'eau de rose. Et ce n'était pas un compliment.

-Ça n'a...pas dû être facile.
-Et pour couronner le tout, je passe pour le plus complet des abrutis devant cette briseuse de ménage !
-Bon avant toute chose, essayons de rester calmes.
-Je ne suis pas blessé, tu sais.

Un fin sourire prit place sur le visage de Sanji ; un sourire indéchiffrable, qui ne reflétait aucune tristesse. Usopp avait du mal à comprendre exactement ce qu'il ressentait suite à cette découverte, au vue de la nature de leur relation.

-Si tu l'étais, ça serait normal, je trouve.
-Sans doute, mais je ne l'aime pas, alors s'il préfère aller soulager ses besoins avec une autre, c'est une chose qu'il ne fera pas avec moi.
-Comment ça ? Si vous ne vous aimez pas, pourquoi vous feriez...ce genre de choses ensemble ?
-Notre contrat de mariage nous oblige à "consumer notre union" de temps à autre. Sa famille espère que je vais lui donner un héritier, mais dieu merci ce n'est pas encore le cas. Bien que Shuraiya est trop pervers pour faire une croix sur cette clause.

Plus la discussion avançait, et plus Usopp se demandait ce que Shuraiya avait pour lui. Enfin, à part le pognon. Quoique de toute évidence, c'était suffisant pour qu'il s'en sorte ; grâce à sa fortune, il avait cette belle maison, un mari fantastique, un travail très bien payé, et ça pouvait aussi justifier qu'il s'était trouvé une maîtresse. Il était difficile de ne pas envier ce qu'il avait, et Usopp avouait qu'il était jaloux. Cependant, à voir l'homme pitoyable qu'il était, il était finalement content de ne pas vivre sa vie.

-Mais si tu t'en moques qu'il voit quelqu'un d'autre...alors qu'est-ce qui te dérange dans cette relation ?
-Il y a quelques jours, il m'a reproché de piétiner l'honneur de son nom en allant voir ailleurs ouvertement.
-Mais...mais d'où ça vient ? Et a...avec qui ?
-Quelqu'un a trouvé que nous étions trop proches.
-Quoi ?! Toi et moi ?

Sanji haussa les épaules en détournant le regard. Usopp cligna des yeux et imaginea ce qui avait pu faire penser aux autres qu'il entretenait ce genre de relation avec son nouvel ami. Était-il trop proche de lui ? Avait-il eu des gestes des déplacés ? Avait-il dépassé les limites de l'amitié ? Il n'en avait pas l'impression. Ou peut-être qu'il y avait une telle alchimie entre eux qu'ils ne pouvaient donner une autre impression ! Il rougit à cette pensée et secoua légèrement la tête.

-Alors, Shuraiya pensait qu'on avait une liaison ?
-Oui, et il est entré dans une colère noire. J'ai dû insister pour qu'il me lâche avec ça. Mais pendant tout ce temps, lui-même voyait quelqu'un d'autre. C'est ça qui me met en colère.
-Bon, alors tu dois être honnête avec lui, et lui dire qu'il n'a pas le droit de te traiter de la sorte.
-Ouais, il va m'entendre quand il va à rentrer.

Il ricana et adressa un petit sourire au brun, le remerciant du regard pour son soutien. Usopp lui répondit par un sourire plus timide, et s'apprêta à lui dire quelque chose lorsqu'ils entendirent la voiture de Shuraiya se garer dans l'allée. L'artiste se leva d'un bond, ayant la ridicule impression d'être pris en flagrant délit alors qu'il n'avait rien fait de mal.

-Vous avez des choses à vous dire alors...je crois que je vais vous laisser et rentrer chez moi.
-Tu viens toujours demain, demanda Sanji en se levant à son tour.
-Oui, bien sûr. Je viendrai un peu plus tard parce que j'ai un rendez-vous, mais je serai là.
-D'accord. Alors à demain.
-Ouais. Oh, et si jamais ça se passe mal...appelle-moi, j'habite pas loin.

Sanji le remercia d'un signe de tête, et ils retournèrent dans le séjour. Usopp récupéra son matériel, tandis que Sanji prit la lettre dans ses mains. Shuraiya entra, et ne prit pas la peine de répondre à Usopp lorsque ce dernier le salua en sortant. Il récupéra le courrier, grognant en y trouvant des factures, et salua Sanji sans le regarder. Il fut cependant contraint de lever les yeux lorsque son époux lui glissa sous le nez la lettre puante.

-Qu'est-ce que c'est que ça ?
-Ton courrier, mon cher. Ton amante veut ma place.
-Pardon ?
-Essaie de ne pas nous faire perdre de temps en essayant de nier et passé directement aux explications.

Shuraiya se saisit sèchement de la lettre et la lut brièvement. Il ricana et s'arrêta à la moitié avant de la rouler en boule et de la jeter à la poubelle.

-Ne t'en fais pas, je n'ai pas l'intention de te laisser pour elle. Elle n'est qu'une passade.
-Je m'en fous de ça ! Comment tu peux me faire la morale sur la fidélité alors que toi-même tu vas voir ailleurs ?!
-Je te l'ai déjà dis : tu portes mon nom, et tu as des obligations envers moi. C'est pour ça que tu dois tenir ton rôle et être là pour être mon mari. C'est ton unique utilité.

Il caressa la joue de Sanji, mais le blond se recula comme s'il avait été brûlé, lui grognant une insulte à voix basse.

-Quoi qu'il en soit, je n'ai pas les mêmes devoirs envers toi.
-C'est injuste.
-Mais notre contrat ne va pas contre ça. Bien que je te conseille de ne pas en parler à ton père. Tu ne veux pas que tes frères et lui te voient encore plus comme un échec.

Il éclata de rire et déposa un chaste baiser sur tempe. Sanji serra les dents et lui tourna le dos, les bras croisés sur son torse.

-Tu es le plus gros enfoiré que j'ai jamais rencontré !
-Tu veux un scoop, Sanji ? Cette fille n'est pas la seule.
-Je te promets qu'un jour, j'arriverai à me libérer de ton emprise ! Et à ce moment-là, tu t'en mordras les doigts !
-Ce n'est pas dans ton intérêt, et tu le sais. Tu es incapable de prendre une vraie bonne décision. Il suffit de regarder l'amateur que tu engagé pour "embellir" ma pitoyable demeure que tu as choisi pour notre interminable vie de couple.

Il accompagna ses mots d'un geste dédaigneux en direction des peintures sur le mur, avant de quitter la pièce, peut-être pour appeler l'expéditrice de la lettre. Ce qu'il allait faire était le cadet des soucis de Sanji, car si son époux critiquait ses décisions, il n'avait pas fini d'en prendre, loin de là.

Il s'approcha du mur, et doucement il passa une main sur les peintures, appréciant la sensation sous ses doigts, les couleurs chatoyantes qui donnaient du baume au cœur, et les dessins fantastiques qui transportaient dans un autre univers où l'on n'aurait pas à souffrir. Il constata qu'une partie n'était pas encore tout à fait sèche, et en plus de se mettre de la peinture sur les doigts, il l'étala un peu : en voyant ça, il se dit qu'il allait devoir demander à Usopp s'il pouvait l'arranger, ce qui lui rappella qu'il allait revenir le lendemain.

En fait, il n'avait pas l'impression de n'avoir fais que des mauvais choix. Épouser Shuraiya était une erreur, mais emménagé dans cette maison les a fais chercher un décorateur, ce qui l'avait conduit à rencontrer Usopp. Et ça, c'était sans doute la plus belle chose qui lui soit jamais arrivée.

Peut-être qu'il allait prendre une mauvaise décision à nouveau en décidant de laisser parler son cœur en dépit de ce que lui dicte son devoir et sa morale, ainsi que ses résolutions de l'autre fois. Mais pourquoi devrait-il être le seul à freiner ses sentiments par respect pour un homme qui se moque éperdument de ce qu'il peut ressentir ?

Si Shuraiya estimait ne rien lui devoir, alors il cessera de lui devoir en retour. Et à partir de maintenant, il laissera ses sentiments naissant croître jusqu'à voir où ça le mènera.


Aussi surprenant que cela puisse paraître, Zoro avait passé une journée agréable comme il ne lui en était pas arrivé depuis longtemps.

Luffy était une vraie pile électrique, toujours en train de parler, bouger ou rire. C'était parfois dur de le suivre, mais pendant le repas qu'ils avaient partagé, il avait commencé à percevoir sa façon de voir les choses, et jusque là, ce qu'il voyait lui plaisait.
Il n'avait pas eu les moyens de l'emmener dans un restaurant très chic, et avait choisi un établissement plus abordable, tout en étant de bonne qualité. Luffy avait commandé en quantité, et avait complimenté chacun de ses plats avec joie.
Autre chose qu'il appréciait chez le jeune : son apparente honnêteté. Il lui avait avoué ne pas être capable de mentir, mais ne semblait pas être quelqu'un qui cherchait spécialement à cacher ce qu'il pense. Bien que d'un autre côté, s'il voulait garder quelque chose pour lui, il avait suffisamment de force de caractère pour ne rien laisser paraître.

En conclusion, Luffy avait réussi à capter l'attention du policier. Il était intrigué et avait envie d'en savoir plus sur le jeune homme ; il avait l'impression d'ailleurs que Shanks et Sabo le savaient.

À présent, ils se baladaient en forêt. Luffy marchait avec entrain, un peu en avant par rapport à Zoro, qui lui se sentait plus à l'aise lorsqu'il était légèrement en retrait, là où il avait une bonne vue. Le brun chantonnait un air gai en sautillant de gauche à droite.

-Es-tu toujours aussi débordant de joie de vivre, demanda Zoro en ricanant.
-Oui ! Ace dit que j'ai une joie très communicative !
-Il a raison...
-Eh, ça te dirait de jouer à un jeu ?!

Zoro haussa un sourcil.

-Un jeu ?
-Pour faire plus ample connaissance !
-En quoi ça consiste ?
-Chacun notre tout, on dit quelque chose sur nous !
-Ha, c'est plutôt simple.
-Je commence, si tu veux !

Il fit une petite moue pensive durant quelque seconde, puis son visage s'illumina de nouveau, et il s'exclama :

-J'aime la viande !
-Oui, j'avais remarqué, rit Zoro.
-Aller, à toi maintenant !
-Hum...je pratique le kendo, dans un style un peu différent.
-Oh, comment ça ?!
-Je manie trois sabres.
-Incroyable ! Tu me montreras, un jour ?

Zoro sourit avec fierté et hocha la tête. Le sourire du Monkey D s'agrandit, et il se dandina avec plus d'énergie.

-À moi ! Mes histoires d'aventure préférées sont celles sur les pirates !
-Pourquoi ça ?
-Parce qu'ils sont libres de voyager où ils veulent sur les mers !
-Tu aimes l'exploration, alors.
-Ouais !

D'ailleurs à l'hôpital, il aimait beaucoup raconter des histoires à propos de grands pirates trouvant des trésors et faisant de grands banquets aux enfants. Ils faisaient même semblant d'organiser des fêtes aux aussi, avec la dînette et les petits instruments de musique qu'ils avaient dans la salle de jeu. Certains des enfants avaient d'ailleurs de très jolies voix, et c'était très plaisant de les entendre chanter.

-À ton tour, Zoro.
-Qu'est-ce que tu veux savoir ?
-Euh...est-ce que tu es né dans le coin ?
-Non, je viens d'une région plus au Sud du pays. Je suis arrivé ici il y a quelques années seulement.
-Pourquoi as-tu déménagé ?
-J'avais besoin de changer d'air, et plus rien ne me retenait là-bas.

Luffy cessa de sautiller et tourna le regard vers lui. Zoro fixait un point devant lui, la tête légèrement baissée, et une faible lueur de colère dans les yeux. Il avait l'air d'en vouloir après quelqu'un. Luffy pencha sa tête sur le côté, fronçant les sourcils.

-Il y avait quelque chose, avant...
-Quelqu'un, en fait.
-Tu avais une petite amie ?
-Elle ne représente plus rien pour moi, à présent. C'est du passé, ça n'a plus d'importance.

Luffy hocha la tête de compréhension. Il sentait au ton de sa voix que c'était une personne qui avait beaucoup compté pour lui, mais il n'y avait plus d'amour maintenant. Son ami était passé à autre chose, sans pour autant avoir réussi à tourner totalement la page. Quoi qu'il se soit passé entre eux, il souffrait encore de cette histoire.

Il mourrait d'envie de savoir ce qu'il s'était passé, mais il savait que ce n'était pas pour aujourd'hui. Un jour cependant, il sera peut-être assez proche de Zoro pour qu'il lui raconte tout. Il allait tâcher de faire avancer les choses dans ce sens en tout cas.

Doucement, il se rapprocha du policier. Mais au même moment, ce dernier se tourna vers lui, commençant à peine une phrase qui avait sans doute pour but de changer de sujet.
Sans qu'ils ne se rendent vraiment compte de ce qu'il se passait, ils se retrouvèrent à quelques millimètres seulement l'un de l'autre, leurs lèvres s'effleurant très légèrement.

Dans un même mouvement, ils s'écartèrent l'un de l'autre, leurs joues prenant une vive couleur rouge. Les secondes s'écoulèrent, durant lesquelles les seuls sons perceptibles étaient les battements frénétiques de leurs cœurs suite à ce presque baiser. Ils se regardaient droit dans les yeux, comme hypnotisés, sans savoir quoi faire ni comment détourner le regard.

Et puis, ce moment de gêne intense fut brisé par une musique entraînante provenant de la poche du brun. En sursautant, il s'empressa de sortir l'objet coupable, à savoir son téléphone.

-Oh...c'est Ace...
-Tu ferais mieux de...de décrocher.
-Ou...ouais.

Il décrocha et s'éloigna de quelques pas du Roronoa. Dans son dos, Zoro posa une main sur son visage, essayant de reprendre contenance.

-Ace, ça va ?
-C'est plutôt à moi de te le demander. Ça fait dix minutes que je toque, mais personne ne vient m'ouvrir.
-Tu es chez moi ?
-Oui, je suis venu chercher Haiko.

Luffy écarquilla les yeux et laissa échapper un rire nerveux.

-Il y a eu un petit changement de programme.
-Quoi, comment ça ?
-Il se trouve que j'avais un rendez-vous important aujourd'hui, alors je l'ai laissé à quelqu'un d'autre.
-Alors il est chez Sabo.
-Non, chez Marco.

Un couinement étouffé lui répondit, et il sur à ce moment-là qu'il allait passer un très mauvais quart d'heure en rentrant. Il jeta un regard à Zoro, qui semblait tout aussi étonné ; pour lui, Sabo avait accepté de s'occuper du petit. Il n'était pas du tout au courant de ce changement de dernière minute.

-Luffy, t'as laissé mon fils à un inconnu !
-C'est pas un inconnu, c'est un collègue de Shanks ! En plus, je vous ai vu à l'hôpital. Et il est policier.

-Ça veut rien dire, tout ça !
-Il était d'accord, en tout cas.
-Toi, je te jure que t'as intérêt à courir vite ! J'espère que ton rendez-vous en valait la peine !

"Difficile à dire...", pensa Luffy alors qu'Ace raccrochait. Il rangea son téléphone dans sa poche et sourit tristement à Zoro.

-Il va falloir qu'on s'arrête là.
-Ouais je...je vais te raccompagner chez toi.
-On remettra ça une autre fois ?

Il l'avait demandé d'une petite voix, presque comme une supplication. Zoro rit doucement et lui ébouriffa les cheveux avant de s'engager sur le chemin du retour.

-Évidemment qu'on remettra ça.


-Je t'en foutrais des rendez-vous, moi !

En pestant après son abruti de petit frère, Ace se rendit chez Marco, avec une affreuse boule au ventre. Il remonta l'allée, souffla un bon coup, toqua trois fois à la porte, remarqua qu'il y avait une sonnette, sonna trois fois, se rendit compte que c'était inutile, et se demanda pourquoi il était aussi nerveux.

La porte s'ouvrit, et quand Marco vit que son intuition était la bonne, et que c'était bien Ace, il s'appuyant contre la porte avec un petit sourire charmeur.

-Quand je t'ai dis que je voulais te voir plus souvent, je t'avoue que je ne pensais pas à ça.
-Je suis désolé pour la gêne occasionnée. Luffy est...
-Ne t'en fais pas, ça ne me dérangeait pas. Et Haiko est vraiment adorable.

Ace sourit timidement, et se mit à se balancer d'un pied sur l'autre. Marco se décala un peu sur le côté et fit un signe de tête en direction du salon.

-Il est en train de dessiner.
-Oh. Il a été sage ?
-Comme une image. On s'entend bien tous les deux.
-Je risque d'avoir du mal à le faire partir, alors...
-Peut-être que vous pourriez rester un peu dans ce cas. Tu veux entrer boire un verre ?

Ace hésita un instant, mais le regard doux de l'agent le convainquit de se laisser aller pour cette fois. Il accepta donc l'invitation et entra dans la petite maison. Heureux, Marco le suivit du regard et ferma la porte derrière eux.


L'auteur s'excuse pour le baiser qui n'a pas eu lieu.

Vous savez enfin en quoi Spandam deviendra plus important, et pourquoi on...ou plutôt "je" l'ai choisi comme ex-mari d'Ace. Bah oui, bah il fallait un ennemi commun à Franky et Robin qu'il est plaisant de tourner en ridicule ! Avouez que c'était plutôt évident XD

Pour le ZoLu, une petite avancée qui devrait être utile pour la suite. De plus, le passé de Zoro que vous désiriez tant connaître commence à s'axer.

Pour les fans de MarcoAce que cette toute petite scène aurait frustré, la co-auteur vous assure que le prochain chapitre devrait rattraper le coup.

Quant à Sanji, j'ai bien conscience que son revirement peut paraître rapide et maladroit.
Je ne vous rassure d'ailleurs pas en vous annonçant que ce pauvre poussin n'a pas fini de souffrir.

Je conclurai en m'excusant pour l'horrible attente que je vous ai infligé ; j'ai eu une rentrée difficile sur bien des points, et j'ai bossé sur tellement de trucs en même temps pour m'aérer l'esprit qu'il a été compliqué de boucler ce chapitre.

Maintenant qu'il est là, j'espère que vous avez apprécié !