La routine, c'est par définition "l'habitude d'agir ou de penser devenue mécanique". C'est quand on effectue telle ou telle action sans même s'en apercevoir, parce que c'est ce que nous faisons tous les jours.

Prendre une tasse de café le matin avant de se laver et d'aller au travail, réaliser toujours les mêmes tâches chaque jour, prendre un chausson aux pommes à 16h tapante dans la même boulangerie à cinq minutes de chez soi. Devenir un habitué. Habitué. Habitude. Routine.

Il faut prendre conscience de sa vie chaque minute pour constater que l'on s'installe dans une routine. Et souvent, quand on le constate, on se met à rêver de changer de vie, de tout recommencer.

Kid n'a pas l'impression de s'être installé dans une routine. Il a la chance d'avoir un travail qui lui donne une certaine liberté ; différents problèmes, différents clients malgré les quelques habitués, différentes voitures... Et à la maison, depuis qu'il avait Law, aucune journée ne ressemblait aux autres. Quand ils se décidaient à sortir, ils n'allaient jamais au même endroit ; c'était quelque chose qu'ils avaient naturellement décidé. Pas besoin de faire d'un lieu en particulier le leur ; s'il devait y en avoir un, ce serait leur foyer.

Kid était plutôt content de son quotidien actuel. Même si un petit coup d'adrénaline de temps à autre, ça le faisait toujours se sentir vivant.

Ce matin, il travaillait sur la voiture d'un client, penché sur le moteur, lorsqu'il entendit un bruit de klaxon à l'extérieur du garage. Il redressa la tête, attendit quelques secondes, et retourna à son travail. Mais lorsqu'un second coup de klaxon parvint à ses oreilles, il sentit la moutarde lui monter au nez. Il claqua sa clé sur la table derrière lui et attrapa un chiffon pour s'essuyer les mains. Il quitta la bâtiment ; une voiture était à l'arrêt juste devant. Un homme était appuyé contre la portière, son propriétaire sans doute, fixant les alentours d'un air supérieur. Quand bien même il serait le président, il était bien loin d'impressionner Kid.

-C'est quoi votre problème ?! Pourquoi vous klaxonnez comme ça ?!
-J'ai besoin de vos services pour ma voiture, répondit l'homme en sortant un paquet de cigarette de sa poche.
-Sa Majesté n'aurait-elle pas pu faire l'effort d'avancer de dix pas afin de dire bonjour au lieu de siffler comme si j'étais un chien ?

Le sacarsme déplu assez fortement à l'inconnu, mais il ne répondit rien et alluma son bâton de nicotine d'un geste nonchalant. Kid secoua la tête et jeta son chiffon sur son épaule.

-Vous allez devoir attendre votre grandeur, je suis occupé.
-Je n'ai pas de temps à perdre, voyez-vous.
-Ça, c'est pas mon problème. Vous n'êtes pas prioritaire.
-Je pourrais le devenir.

Il sortit une liasse de billets de sa poche et la tendit vers Kid. Le roux haussa un sourcil et regarda l'argent avec intérêt ; le travail qu'il avait n'était en réalité pas urgent, il avait dis le contraire parce que son comportement lui déplaisait fortement. Mais s'il recevait une généreuse compensation pour service rendu, il était gagnant dans l'histoire.

-Pourquoi avez-vous besoin de moi ?
-Ma voiture fait un bruit étrange lorsque je démarre. Je pense qu'il s'agit du moteur.
-Ça, c'est à moi de le dire. Je vais faire une vérification, et une fois que j'aurais identifié le problème, vous pourrez me payer.
-Pardon ? Je devrais payer avant que vous n'ayez réparé ma voiture ?
-Je procède toujours au règlement en premier, ça vous dérange ?!

Il accompagna sa question d'un coup du menton, se dirigeant vers l'avant du véhicule afin de commencer son travail. L'homme grogna dans son dos et sortit son chéquier de sa poche arrière droite.

-J'espère que vous savez ce que vous faites. Je ne veux pas avoir à revenir parce que vous l'avez abîmé.
-Personne ne s'est plaint avant vous, Altesse. Passez-moi vos clés, que je puisse écouter ce fameux bruit.

L'inconnu lui jeta ses clés en recrachant une bouffée de fumée vers le ciel. Kid rattrapa l'objet au vol et prit place au volant. Cependant, au moment où il s'apprêta à mettre le contact, il remarqua un objet dépassant de sous le siège conducteur. Il n'eut besoin que d'un coup d'œil pour l'identifier : un pistolet. Était-il chargé ? Pourquoi l'avait-il ? Que comptait-il faire une fois reparti de son garage ? Allait-il s'en prendre à quelqu'un du voisinage ? À un de ses amis ?

Il serait bien inconscient de laisser cet homme repartir. D'autant plus que la cross était ornée d'un symbole, comme si elle appartenait à un gang de mafieux. Il avait peut-être vu trop de films, mais tant pis.

Il se reprit et démarra la voiture. Il identifia rapidement le bruit et sortit du véhicule.

-C'est effectivement le moteur. Vous avez bien fais de venir me voir.
-Combien de temps cela vous prendra de la réparer ?
-Une heure ou deux, à peine. Je dois juste vérifier si j'ai la pièce à remplacer dans la réserve.
-Très bien. Je vous attends ici.

Kid hocha la tête et alla dans la réserve. Il ferma la porte après s'être assuré que son client restait bien à l'écart, puis attrapa son téléphone, cliquant sur le contact de Shanks. Il voulut l'appeler, mais se ravisa et se décida à lui envoyer un message à la place. Mieux valait s'assurer que l'autre n'entende pas un mot.

Il expliqua sa situation, évoquant l'arme, qui est cependant son unique soupçon, et décrivit du mieux possible le symbole sur la crosse. Il hésita un peu avant d'envoyer son SMS ; ne serait-il pas en train de s'emballer ? Ce n'était sans doute qu'un homme comme les autres. Mais pourquoi aurait-il un flingue presque caché sous un siège ? Bon, il n'était plus temps de tergiverser.

Il envoya le message, mais regretta dans l'instant. Pour sûr, le roux allait se moquer de lui, et il n'aurait pas fini d'en entendre parler. Pourtant, lorsque vint la réponse de Shanks, il ne put que se sentir fier d'avoir suivi son instinct.

"Retiens-le jusqu'à ce que j'arrive."

Il savait exactement quoi faire pour ça. Il attrapa une pièce de moteur au hasard sur une étagère, un bidon d'huile, et du matériel de nettoyage avant de sortir de la réserve. L'inconnu était toujours à côté de sa voiture, et quand il le vit arriver, il raccrocha son téléphone en vitesse.

-Alors ?
-J'ai la pièce qu'il faut. Je dois effectué le changement et nettoyer le moteur. Vous n'en aurez pas pour cher.
-Je vais signer le chèque pendant que vous vous en occupez.
-Vous trouverez un stylo à l'intérieur.

Tandis que le client s'éloignait, Kid ouvrit le capot du véhicule et observa l'intérieur. En réalité, seul un nettoyage suffisait, mais il lui fallait une bonne raison pour le tenir ici un moment. Il étala de l'huile sur la pièce neuve pour faire croire que c'était l'usagée, et jeta un coup d'œil au moteur. Pendant qu'il travaillait dessus, l'homme faisait des aller-retours entre lui et le garage. Il semblait nerveux, pressé de repartir.

Lorsqu'ils entendirent la police arriver, il réagit immédiatement. Il attrapa Kid par l'épaule, et même si le garagiste pouvait se vanter d'être massif, il parvint quand même à le repousser. Il ferma le capot et se mit au volant. Cependant, lorsqu'il voulut démarrer, il ne se passa rien. Il retenta deux fois, tapa sur son volant, et se précipita hors de la voiture. Il n'eut malheureusement pas le temps d'aller bien loin avant d'être attrapé par deux policiers.

Shanks lui mit les menottes et s'assura que sa voiture fut saisie avant de se diriger vers Kid, qui regardait la scène avec un petit sourire satisfait, comme s'il n'avait pas été jeté de côté il y a moins de cinq minutes.

-Heureusement que tu m'as prévenu, sourit-il. Tu n'as pas idée du service que tu viens de me rendre.
-C'était vachement amusant !
-N'y prend pas goût, surtout. Tout s'est bien passé cette fois-ci, mais il n'en sera peut-être pas de même la prochaine fois.

Malgré son sourire, le regard de Shanks était très sérieux. Il ne pouvait pas parler à Kid du symbole sur la crosse, identique à celui de la montre de l'homme qui avait tenté de s'en prendre à Luffy quelques jours plus tôt. Il ne pouvait pas lui parler du gang, mais il espérait néanmoins que le garagiste ne serait pas une de leurs cibles à présent.

Loin des inquiétudes de l'agent, Kid était plutôt fier de ce qu'il avait accompli aujourd'hui. Et tandis qu'il regardait partir la police, et qu'il retournait à la tâche qu'il faisait avant que tout cela ne se passe, tout en rangeant dans sa poche les billets que lui avait donné l'homme pour le convaincre, il se dit qu'il avait vécu un bon moment plein d'adrénaline qui l'éloignait définitivement d'une ennuyeuse routine.


La journée n'avait pas très bien commencée pour Franky.

Il s'était réveillé en retard à cause de son réveil qui s'était éteint, et le petit-déjeuner que sa femme lui avait préparé avant de partir travailler était froid. Il était arrivé en retard à son premier rendez-vous chez Mr Konteriano, qui n'était pas réputé pour sa patience. Déboucher les canalisations des toilettes n'était déjà pas agréable, mais avec les gémissements et plaintes du client, ça l'était encore moins. Il était parvenu à finir plus vite que prévu et à rattraper son retard, heureusement. Mais ses efforts furent détruits par un accident de la route, et il rentra chez lui près de deux heures plus tard que prévu.

Il était exténué, et d'assez mauvaise humeur. Robin était déjà revenue de l'université depuis un moment et prenait une douche. Il s'installa dans un fauteuil avec un bouteille de cola et avala une grosse gorgée. Il poussa un profond soupire et baissa les yeux sur la table basse devant lui. Il y avait une grande pochette brune posée dessus, avec son nom inscrit dessus d'une écriture inconnue. Robin avait dû la poser là.

Il se pencha en avant en grognant et attrapa l'enveloppe, puis se renfonça dans le siège. Il l'observa sous toutes les coutures, mais il n'y avait aucun indice permettant de déterminer qui la lui avait envoyé. Cependant, comme il n'y avait pas de timbre, ce devait être quelqu'un dans le coin qui l'avait déposé directement dans sa boîte aux lettres.

Il déchira l'ouverture de l'enveloppe et en sortit son contenu : un tas de photos. Il haussa un sourcil et les observa une par une, sans trop s'attarder. L'essentiel se voyait assez rapidement ; ce n'était que des photos de son épouse et de son nouveau patron, s'il l'avait bien reconnu. Qui avait pris ces photos et pourquoi les lui envoyer anonymement ? C'était louche, tout ça.

Il se leva, le paquet de photos dans la main, et se dirigea vers la chambre conjugale. Il voulut y attendre Robin, mais elle y était déjà lorsqu'il entra, en robe de chambre, une serviette enroulée autour de ses cheveux. Elle se tourna vers lui avec un beau sourire en l'entendant arriver.

-Bonsoir chéri.
-Robin, j'ai reçu un courrier étrange. Tu sais ce que ça signifie ?

Il lui tendit les photos, qu'elle saisit délicatement et observa attentivement. Ce n'était rien de plus qu'un tas de clichés pouvant signifier n'importe quoi hors contexte. Elle pouffa et les remit à son amant, loin d'être inquiète.

-Tu n'as pas besoin de t'en soucier, mon amour.
-Quand même, on ne me les a pas envoyé pour rien, j'imagine.
-Il ne s'agit que d'un plaisantin qui s'ennuie et qui pensait avoir un bon moyen de s'occuper en créant un scandale de toute pièce.

Franky avait trop confiance en son épouse pour penser qu'elle prononçait ces mots en l'air, que ce n'était que de belles paroles pour le rassurer et mieux le tromper. Il n'avait pas pensé que Robin commettait l'adultère, bien sûr que non ! À vrai dire, il ne savait même pas comment ces photos l'avaient inquiété. Il avait plutôt été...troublé de voir sa femme si proche d'un autre. Mais si elle disait que ce n'était rien, alors ce n'était rien.

Robin voyait bien les traits fatigués de son mari. Sa journée avait visiblement été longue et difficile, et il n'avait pas besoin de se prendre la tête pour ce genre de blague ce soir. Elle alla le rejoindre et prit son visage entre ses douces mains, toujours le sourire aux lèvres.

-Spandam n'est rien de plus que mon patron parce que tu es et resteras l'homme le plus important de ma vie, Franky. Et personne ne changera ça, même par n'importe quelle machination.

Elle tira ensuite son visage vers elle pour l'embrasser amoureusement sur les lèvres. Franky la serra contre lui avec douceur, heureux de la sentir proche de lui après cette dure journée.

-Je te crois, Robin. Pardonne-moi...
-Il n'y a rien dont tu dois t'excuser.
-Je suis fatigué et je me suis laissé croire ce ramassis de bêtises. Tu sais quoi, je vais m'en débarrasser de ce pas.
-C'est une excellente idée. Et moi, je vais te faire un bon repas pour te revigorer.
-Cuisinons ensemble ! Je t'attends dans la cuisine.

Il déposa un baiser sur sa joue et repartit rapidement pour la laisser se préparer tranquillement. Il fonça dans la cuisine, récupérant au passage sa bouteille de cola qu'il avait abandonnée sur la table basse pour ouvrir l'enveloppe. Sans poser un autre regard sur les photos, il les jeta à la poubelle comme si elles étaient porteuses de la peste. Il hocha la tête et se tourna vers la fenêtre.

Spandam était là, sur le trottoir d'en face. Il le fixait intensément, comme une menace planant sur la maison. Sur ses habitants. Franky soutint son regard, et ça ne dura que quelques secondes avant que Spandam ne rentre chez lui. Ce fut à ce moment-là que Franky comprit que son souci n'était pas dû parce qu'il n'avait pas confiance en sa femme.

Il n'avait juste pas confiance en Spandam.


Il ne pouvait rien y avoir de pire pour un homme ambitieux que d'être obligé de travailler sous les ordres d'un autre.

C'était en tout cas ce que Shuraiya pensait. Dans la boîte où il bossait, c'était à lui que revenait le mérite de tous les bénéfices. Son chef n'était qu'un incompétent trouillard qui ne savait prendre ni risque ni initiative. S'il était lui-même à la tête de l'entreprise, elle rapporterait encore plus qu'aujourd'hui. Il lui tardait tant d'être au sommet de la hiérarchie.

Il comptait sur le soutien de la famille Vinsmoke pour se faire bien voir et grimper les échelons. Malheureusement, en dépit de son mariage avec Sanji, l'affaire n'avançait pas aussi vite qu'il l'avait espéré. Judge Vinsmoke était avare de compliments, et il fallait gagner son affection, pas simplement en supportant chaque jour l'échec qu'était son troisième fils.

Si Shuraiya ne parvenait pas rapidement à satisfaire l'envie de pouvoir insatiable de Judge, il allait se retrouver à lécher les bottes de son supérieur toute sa vie.

Fort heureusement, pour oublier ses idées noires, il avait de nombreuses conquêtes qui se faisaient un plaisir de lui faire tourner la tête. C'était d'autant plus simple qu'il n'avait plus besoin de se cacher de son époux. Sanji le laissait faire ce qu'il voulait, et il avait l'absolue conviction qu'il ne dirait rien à personne pour ne pas se retrouver couvert de honte. Il était parfaitement tranquille.

Aujourd'hui, il avait la chance de finir le boulot plus tôt, car le dossier sur lequel il travaillait devait attendre à cause du retard de la réception d'un document nécessaire à la poursuite de l'affaire. Il avait donc prévenue sa conquête du jour afin qu'ils se voient plus tôt ; peut-être aurait-il ainsi le temps d'en voir une autre par la suite ?

Il se rendit au motel habituel, à la chambre habituelle. Elle n'était pas là à son arrivée, mais ça ne le dérangea pas. Il profita de la salle de bain plus correct que luxueuse pour se rafraîchir puis l'attendit sur le lit. Dix minutes plus tard, elle l'appela, ce qui fit apparaître un sourire carnassier sur son visage. Il décrocha après deux sonneries en s'allongeant de tout son long sur les draps.

-Bonsoir demoiselle. Êtes-vous sur le point de me rejoindre au paradis ?
-À vrai dire, les choses ne vont pas se déroulées telles que vous l'avez prévu.

Son sourire s'effaça immédiatement et ses sourcils se froncèrent.

-Pardon ? Vous plaisantez, j'espère !
-Je ne vais pas venir, Monsieur Basukûdo.
-Vous auriez pu avoir l'obligeance de me prévenir plus tôt. J'aurais ou organiser un rendez-vous avec quelqu'un d'autre.
-Vous feriez mieux de m'écouter au lieu de vous plaindre de moi, Monsieur Basukûdo.

La jeune femme au bout du fil avait le ton sensuel d'une manipulatrice sûre d'elle comme on en voit dans les films d'action. Elle sait avoir sa cible dans ses griffes manucurées, et elle n'est pas prête de la laisser lui échapper. Shuraiya le savait ; il connaissait bien le monde des affaires.

-Qu'attendez-vous de moi ?
-Vous travaillez pour une filière économique aussi réputée qu'importante. Mon organisation et moi-même avons besoin de fonds pour financer nos opérations.
-Je ne détournerai pas d'argent à votre compte ! Cela pourrait causer ma perte...
-Ce que je peux révéler sur vos agissements secrets le ferait tout autant.

Il grogna et se leva, furibond. Dire qu'il venait de penser que Sanji n'était pas un obstacle, voilà qu'une ennemie se présentait à lui pour le contredire. Il avait pensé trop vite, telle était son erreur. Il allait lui falloir faire ce qu'on lui demandait sans broncher pour survivre.

-C'est quelle genre d'organisation ?
-Ne posez pas trop de questions, Monsieur Basukûdo. Vous pourriez ne pas aimer les réponses.
-Très bien, très bien. Bon, je dois simplement vous détourner de l'argent, n'est-ce pas ?
-J'attendrais également de votre part que vous nous donniez quelques informations sur certains de vos voisins.
-Mes voisins ? Bon sang, c'est à peine si je les connais !

La femme rit, mais cela glaça le sang de Shuraiya. Ce n'était définitivement pas le rire qu'elle avait d'habitude. Elle s'était si bien jouée de lui.

-Je n'ai besoin que de quelques renseignements qui ne devrait pas être trop difficiles à obtenir pour vous. Ne vous en faites pas, les détails vous serons communiqués par mail dans les plus brefs délais.
-Vous me laisserez tranquille, n'est-ce pas ?
-Faites ce qu'on vous dit.

Elle raccrocha brusquement. Shuraiya fixa l'écran noir de son téléphone quelques instants avant de le jeter sur un oreiller et de prendre sa tête entre ses mains. Il n'avait pas la force d'appeler une autre conquête ce soir, même pour se changer les idées. Il ne voulait plus entendre aucune femme aujourd'hui.

Il était pris au piège, qui savait pour combien de temps ? Si cette femme parlait, il serait déshonoré, mais surtout, il perdrait définitivement l'appui de la famille Vinsmoke. S'il restait avec Sanji, s'il prenait la peine d'avoir l'air de l'aimer en public, s'il remplissait chaque mois son devoir conjugal, en plus d'avoir besoin d'un exutoire, c'était uniquement pour que les faveurs de Judge ne lui soient pas retirées.

Et Judge ne voulait qu'une seule chose : des héritiers. Il attendait de Sanji et lui qu'ils fassent des enfants susceptibles de prendre un jour sa place à la tête de l'entreprise familiale. "Rien de plus sûr que la famille", disait-il. Il ne serait pas trahi par l'un des siens. Shuraiya détestait les enfants, il n'en voulait pas. Et Sanji ne voulait pas mettre au monde un esclave pour son père. Parfait pour eux !

Mais combien de temps encore parviendra-t-il à tenir le coup avant de perdre tout ce qu'il a, que ce soit par Sanji, par Judge, ou par cette mystérieuse organisation qui l'a dans son viseur ?

Dorénavant, ses jours sont comptés.


-Je n'arrive pas à y croire, tu te moques de moi !
-Non, je le jure Sanji ! Je suis resté coincé toute la nuit dans cet ascenseur !
-Tout de même Usopp, comment peux-tu être aussi malchanceux ?

Les deux hommes éclatèrent d'un rire léger. Conformément à ce qu'ils avaient décidé, ils n'avaient rien changé à leurs habitudes, et même si l'atmosphère avait été quelque peu tendue au début, ils étaient à nouveau capable de passer du temps ensemble comme autrefois.

Ils étaient en milieu d'après-midi, et ils discutaient tandis qu'Usopp apportait les finitions à son travail du jour. Ils se posaient à tour de rôle une question, portant principalement sur des faits anodins, amusants, humiliantes ou gênants de leurs vies respectives ; de quoi passer un moment très distrayant.

-Très bien, c'est à mon tour, s'exclama le brun.
-Je t'écoute.
-Voyons voir...si demain, tu gagnais un voyage tout frais payé pour aller n'importe où dans le monde, où voudrais-tu aller ?
-Facile ! Sur une île paradisiaque d'une beauté époustouflante où je pourrais passer mes journées à servir des cocktails à de jolies demoiselles en bikini !

Il adressa au peintre un sourire charmeur, ce qui fit ricaner ce dernier.

-Lier travail et plaisir, c'est tout à fait toi. Tu as bien étudié la question, on dirait.
-Ne te moque pas de moi.
-Ce n'était pas du tout mon intention.
-C'est à mon tour de te demander quelque chose. Tu vas moins rire !

Le blond se leva de sa chaise et alla s'asseoir à côté de son ami, à même le sol. Usopp pivota dans sa direction de sorte à pouvoir le regarder sans tourner la tête dans un angle inconfortable tout en poursuivant sa tâche.

-Sans mentir, dis-moi combien de relations amoureuses as-tu eu dans ta vie ?
-Pourquoi prendre la peine de préciser que je dois dire la vérité ? Ça se voit que je suis un véritable Dom Juan, non ?
-Tout à fait, et je ne voudrais pas que ta modestie fausse les données.

Usopp lui administra un coup de poing amical sur l'épaule en représailles. Mais cela ne fit qu'amuser Sanji.

-Aller, réponds.
-D'accord, d'accord. Bon, si on ne compte pas les quelques flirts innocents qui n'ont jamais débouché sur quoi que ce soit...je n'ai eu qu'une seule relation sérieuse.
-Comment ça s'est fini ?
-Eh, tu n'as le droit qu'à une seule question normalement !

Il ne pouvait cependant rien refuser à cette moue adorable.

-On ne s'aimait plus, voilà tout. On a suivi des chemins différents mais on est resté très bons amis.
-C'est chouette quand ça se passe comme ça.
-Ça serait tellement mieux si ça ne se passait jamais autrement. Mais l'être humain passe son temps à trouver de nouvelles raisons de souffrir, ou de faire souffrir.

Sanji replia ses jambes contre son torse et posa son menton sur ses genoux, observant avec attention et admiration les ornements qu'Usopp avait peint sur le mur face à eux. Il aimerait avoir une autre existence, peut-être dans une autre monde, pour échapper à son sort, mais chaque espoir traîne sa peine. Et même lorsque l'on souhaite la vie d'un autre, cet autre possède ses propres douleurs.

-Usopp, accorde-moi encore une question.
-Bien sûr.
-Pourquoi est-ce que tu as tant besoin de ce travail ?

Le brun ne répondit pas tout de suite. Il glissa un coup d'œil en direction de Sanji, et croisa son regard. Il le soutint un court instant, avant de sortir son téléphone de sa poche. Il alla dans sa galerie et sélectionna une photo, qu'il montra à Sanji. Le blond prit délicatement l'appareil et observa la femme qui était sur le cliché. Il la reconnut immédiatement et sans peine.

-C'est la femme du tableau...
-Elle s'appelle Kaya, c'est mon amie d'enfance.
-Elle se brisait et...elle pleurait. Elle a la peau si pâle...
-Elle a une maladie rare, et l'opération qui pourrait la sauver coûte affreusement cher. Elle n'a que moi pour l'aider, mais je n'ai pas l'éternité devant moi.

Sanji caressa l'écran du bout du doigt, son regard fixé sur le sourire radieux de cette femme qui souffre en silence depuis tant de temps. Elle avait bien du courage pour ne pas perdre espoir.

-Pourquoi ne me l'as-tu pas dis plus tôt ? De combien as-tu besoin ? Je peux peut-être...
-Non Sanji, je ne veux pas de l'argent de Shuraiya.
-Mais tu as dis toi-même que son temps était compté.
-Je ne veux pas que ce soit l'argent de ton mari, ou celui de ta famille, qui sauve Kaya. Je préfère travailler jusqu'au ce que je ne sois plus capable de tenir debout.

Sanji n'insista pas ; il comprenait, et à sa place, il aurait sans doute fait la même chose. Les hommes mauvais ne donnaient jamais sans attendre en retour. Mais l'argent n'était pas la seule chose que l'on pouvait offrir à quelqu'un pour le sauver.

-Je veillerai à ce que tu ais toujours un travail bien payé, et que tu continues d'économiser pour Elle. Je ne te demanderai qu'une chose en échange.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Bientôt, tu m'emmeneras rencontrer Kaya.

Il lui tendit son téléphone, et Usopp le prit comme pour sceller cet accord. Il savait que la jeune femme serait ravie de faire la connaissance de Sanji, et s'ils s'entendaient bien tous les deux, ça lui ferait vraiment plaisir. Il promit donc de demander à son ami si elle était d'accord la prochaine fois qu'ils se verraient. Sanji le remercia d'un sourire, et se détendit calmement.

-Je crois que c'est à ton tour de poser une question.


En arrivant devant le poste de police, Ace se sentit un peu nerveux. Tenant la main de son fils dans la sienne, il regardait les portes en se demandant si c'était vraiment une bonne idée.

Haiko avait demandé il y a quelques jours s'ils pouvaient aller voir où travaillait Marco, et comme ça semblait lui tenir beaucoup à cœur, Ace avait naturellement dit oui. Il ne voulait pas freiner la curiosité de son petit garçon. Ace était disponible toute la journée, ça lui semblait donc être le bon moment pour l'y amener.

Mais il ne voulait pas déranger Marco par cette visite imprévue. D'autant plus qu'il était peut-être en intervention. Et puis, même si le blond serait ravi de leur faire le tour de l'établissement, les autres agents ne le seront peut-être pas autant.

-J'aurais dû appeler avant de venir...
-Papa, pourquoi est-ce qu'on attend dehors ?

Haiko regarda autour de lui, mais ne vit rien qui pouvait les empêcher d'entrer. Ace secoua la tête et lâcha la main de son fils pour se mettre à genoux devant lui et poser ses mains sur ses épaules.

-Bien, on va y aller, mais souviens-toi qu'il seront peut-être trop occupés pour nous laisser visiter.
-D'accord papa.
-Conduis-toi bien, reste bien près de moi, et sois poli.
-Promis !

Ils se sourirent mutuellement puis Ace se releva et ils entrèrent dans le bâtiment. Immédiatement, le pompier se mit à chercher Marco du regard, et heureusement pour eux, il était dans le hall d'entrée, juste en face d'eux. Quand il les vit, il salua la personne avec qui il parlait et ferma le dossier qu'il avait entre les mains pour les rejoindre rapidement, le sourire aux lèvres.

-Hey vous deux, vous allez bien ?
-Oui, s'exclama Haiko, déjà émerveillé par tous les policiers en uniforme autour de lui.
-Haiko voulait voir comment était ton travail, rougit Ace. Il aimerait bien visiter, si ça ne dérange personne...
-Au contraire, on adore ce genre de visite. C'est Shanks qui s'en occupe habituellement mais puisqu'il est en intervention, je peux vous servir de guide.

Il adressa un clin d'œil à Ace puis se pencha vers Haiko avec un sourire complice.

-Avant qu'on commence, il faut que tu me fasses une promesse, mon grand.
-Oui, dit le jeune garçon d'un air excité.
-Si tu as une question, tu dois me la poser, tu peux faire ça pour moi ?

Haiko hocha vivement la tête, et s'empressa de le remercier, sautillant presque sur place. Marco fut ravi de le voir, et il les entraîna à travers les couloirs et les différentes salles de l'établissement. Haiko avait un peu de mal à tout saisir et retenir, mais c'était si grand qu'il était très impressionné.

Il posait de temps à autres des questions sur des objets qui captaient son attention, ou sur des interventions, s'imagineant de quelle façon elles devaient se passer. Marco répondait en s'adaptant et en choisissant les détails qui l'intéresseraient le plus.

Ils arrivèrent dans la salle de réunion, où se trouvaient quelques policiers. En entendant la porte s'ouvrir, ils se tournèrent tous vers eux, souriant lorsqu'ils virent que Marco n'était pas seul. L'un d'eux s'approcha du trio, faisant soupirer le blond d'anticipation, et tendit sa main à Ace.

-Ace, je te présente Thatch, l'un de mes frères.
-Bonjour, je suis ravi de faire ta connaissance !
-Euh...de même, dit Ace d'un air gêné.
-J'imagine que lui, c'est le petit Haiko ! Si vous saviez le nombre de fois que Marco m'a parlé de vous deux !

Bien que ses joues prirent une légère couleur rose, Ace ne put s'empêcher d'adresser un petit sourire narquois à Marco. Ce dernier ne le prit pas mal, il trouva même cela assez amusant. Enfin, il allait quand même "remercier" Thatch pour son immense "discrétion".

-Oh vous savez que vous êtes mignons tous les trois !
-Thatch, n'abuse pas...
-Je suis sérieux, tu sais ! Eh Haiko, est-ce que tu voudrais venir jouer un peu dans une de nos voitures ?!
-Je peux papa ?

Ace hocha la tête, et regarda son fils partir en courant avec Thatch en direction du garage. Il se tourna vers Marco en souriant gentiment.

-Ton frère a l'air sympa.
-Oui, mais ce n'est pas un ange tu sais.
-Ah, aurais-tu une anecdote en tête à me raconter ?
-Eh bien, j'ai déjà eu à l'arrêter et à l'interroger pour "agression sexuelle envers la gente féminine".

Le ton qu'il avait employé assura Ace que ce n'était qu'un malentendu fortement hilarant, même si le brun se douta que sur le moment, Thatch ne devait pas rire beaucoup. Il éclata de rire en imagineant la scène.

-Malgré tout, c'est le frère dont je suis le plus proche. Il est vraiment digne de confiance.
-Je te comprends. Nos frères ont beau être de sacrés phénomènes, ça fait du bien de les avoir près de nous.
-Je suis d'accord.

Ils se sourirent, et allèrent au garage à leur tour. Ace fut très ému de voir son fils s'entendre aussi bien avec les autres policiers. Il passait un agréable moment, c'était tout ce qui comptait. Pour Marco, la plus grande satisfaction était de voir ses sourires sincères sur les lèvres des deux Portgas.

Il rejoignit donc Haiko et lui proposa de jouer aux policiers tous les deux. Thatch approuva totalement, et décida qu'il jouerait le bandit à attraper. Comme Ace n'avait pu retenir son rire, il décida qu'il allait voler son téléphone, et que le jeune garçon aurait pour mission de sauver son père.

Ils s'amusèrent un moment, jusqu'à ce que Marco et Thatch durent retourner à leurs obligations. Mais le blond prit quand même le temps de les raccompagner jusqu'à leur voiture. Haiko le remercia vivement, faisant la liste des choses qu'il avait le plus aimé, ce qui était à peu près tout.

Une fois l'enfant installé dans la voiture, Ace remercia Marco d'une douce petite caresse sur l'épaule.

-Merci pour tout. Haiko est vraiment heureux de cette journée.
-Le plaisir est pour moi.
-On ne va pas te retenir plus longtemps...
-Est-ce que ça vous dirait de venir déjeuner chez moi ce week-end ?

Dès que les mots franchirent la barrière de ses lèvres, il regretta la façon brusque dont il avait posé la question. Mais Ace ne s'en formalisa pas le moins du monde, et accepta avec joie.

Quand il retourna à l'intérieur, le sourire béas qu'il arborait fut le sujet principal de toutes les discussions de la journée.


En sortant d'une des chambres de l'hôpital, Zoro s'étira et fit craquer les os de sa nuque. Sa journée de travail venait de se terminer, il n'avait plus qu'à retourner au poste pour rendre son rapport ; il venait d'interroger un témoin pour une affaire de vol, et les quelques notes qu'il avait prise seraient bien utiles, c'était en tout cas ce qu'il estimait.

En arrivant dans le hall, au lieu de sortir directement, il s'arrêta un instant et jeta un coup d'œil en direction du couloir menant à la pièce où travaillait Luffy. Il n'y était pas retourné depuis qu'il y était allé pour l'inviter à sortir, et l'idée d'y refaire un tour n'était pas déplaisante. Mais bon, il ne devait pas s'imposer, ce n'était pas une simple visite dans la mesure où le brun était en train de travailler. Il ne devait être gênant ni pour lui, ni pour les enfants.

D'un autre côté, connaissant son ami, il serait vexé s'il ne venait pas lui dire bonjour. Même si Luffy était loin d'être la personne la plus rancunière du monde, s'il apprenait qu'il avait osé mettre les pieds sur son lieu de travail sans passer par lui, il le lui ferait regretter à grands coups de petits yeux de chiots larmoyants. Pas longtemps, mais suffisamment pour qu'il se sente coupable.

Malgré tout, il ne faudrait pas qu'il tombe au mauvais moment. Il pourrait attirer des ennuis à son voisin. Et puis, il avait son rapport, quoique pas urgent, à rendre. Roh il n'y avait vraiment que lui pour se prendre la tête de cette façon. En se dirigeant vers la porte, il se dit qu'il allait falloir un signe extérieur pour l'aider à prendre sa décision.

-Oh Zoro, retentit dans son dos la voix du sujet de ses pensées.

Serait-ce le signe qu'il attendait ? Ou était-ce seulement parce qu'il était resté planté là pendant plus de cinq minutes le temps de tergiverser ?

-Salut Luffy.
-Ça alors, qu'est-ce que tu fais là ?
-J'étais là pour le travail, je m'apprêtais à repartir.
-Oh...
-Après être venu te voir, bien sûr !

Il les avait vu venir, les grands yeux larmoyants ! C'était sans doute l'une des choses qu'il détestait le plus ; il n'y avait fais face qu'une fois pourtant. Heureusement là, le risque était parti en même temps qu'un sourire lumineux s'était installé sur le visage de Luffy.

-Je suis content !
-Alors, maintenant que je t'ai vu, je vais...
-Tu manques aux enfants, tu sais ! Viens leur rendre visite !

Il attrapa la main de Zoro qu'il serra fort dans la sienne et l'entraîna rapidement avec lui. Ils s'arrêtèrent au passage pour récupérer un dossier, raison pour laquelle Luffy était sorti en premier lieu, et ils rejoignirent les enfants qui sautèrent de joie en les voyant. Le médecin qui les avait surveillés le temps du retour de Luffy s'inquiéta quelque peu de voir un agent de police, mais le brun donna pour excuse qu'il était un intervenant, et l'autre ne posa pas de question. Une fois qu'il fut parti, Luffy réunit les enfants au centre de la pièce et ils s'assirent en tailleur.

-Zoro a accepté de revenir jouer avec nous !
-Ouais, s'écrièrent-ils.
-C'est à vous de choisir le jeu ! Que voulez-vous faire ?

Des dizaines d'idées fusèrent de tous les côtés, et Zoro fut étonné de l'imagination illimitée des enfants. Il s'assit à côté de Luffy et tenta de comprendre ce qu'ils disaient pour retenir quelques bonnes idées.

Et puis, en voyant les deux adultes si proche l'un de l'autre, les petits parvinrent à se mettre d'accord sur le jeu idéal.

-On joue à la famille !

Luffy applaudit avec excitation, mais comme Zoro ne savait pas exactement en quoi consistait ce jeu, il dû lui expliquer ce qu'il fallait faire : les bambins allaient se répartir les rôles qu'ils voulaient, et eux deux allaient devoir tenir le rôle des parents. Bien que ça paraissait un peu gênant au début, l'agent se dit que ça ne devait pas être si difficile que ça.

Rapidement, chacun des enfants décida qui il voulait être : les enfants de Zoro et Luffy, des membres de la famille, ou bien des personnes extérieures, comme des épiciers, ou des collègues de travail. Ils créèrent comme une véritable pièce de théâtre qui montrait ce qu'était la journée d'une famille vue par leurs yeux d'enfants.

Zoro ne vit pas le temps passer tant ils étaient énergiques. À peine avaient-ils fini de faire quelque chose, comme les courses ou une visite chez le médecin, que les enfants lui donnaient une autre directive. Ils s'amusaient énormément tous ensemble, et lorsque Luffy et lui quittèrent l'hôpital en début de soirée, le brun se rendit compte qu'il devait avoir fini sa journée au moins deux heures plus tôt.

-Merci d'être resté Zoro.
-Ça m'a fait plaisir.
-Les enfants me parlent souvent de toi. Ils te trouvent amusant et très rassurant.
-Je reviendrai les voir, dans ce cas.

Luffy laissa échapper un "Yes" murmuré et s'accrocha au bras de Zoro ; ils allaient dans la même direction après tout. Enfin, le policier aurait dû passé finalement au poste pour son rapport, mais en sentant la chaleur du jeune homme contre lui, il se dit que ça pouvait attendre encore un peu.


En sortant de sa voiture, Vivi était particulièrement satisfaite. Elle revenait tout juste du supermarché où elle s'était rendu sur un coup de tête, parce qu'elle avait eu envie de cuisiner à Nami son plat préféré : du canard avec une sauce aux mandarines. C'était une recette de famille qu'elle tenait de la mère adoptive de Nami, qu'elle adorait faire à sa petite-amie lorsque cette dernière avait une longue semaine.

Elle sortit les sacs de son coffre avant de le refermer et de se diriger vers la maison. Elle prit les clés qui étaient dans sa poche arrière et déverrouilla la porte. Elle n'eut cependant pas le temps d'entrer, car la voix de quelqu'un appelant son nom la stoppa. Elle se retourna, et sourit en constatant que c'était son voisin.

-Bonsoir Orochi.
-Bonsoir Vivi.
-Que puis-je pour vous ?
-Oh, rien rien ma grande. Mais je passais derrière vous lorsque je vous ai vu sortir vos clés, et vous avez fais tomber votre carte d'identité.

Il lui tendit l'objet en question, qu'elle prit en le remerciant chaudement.

-Heureusement que vous vous êtes arrêté pour la ramasser ! Vous êtes très gentil.
-Le plaisir est pour moi. Mais dites...

Il s'approcha d'un pas et donna un coup de menton en direction de la carte.

-Je n'ai pu m'empêcher de remarquer votre nom...Nefertari...
-Oui.
-C'est le nom de votre conjointe ?
-Non, nous ne sommes pas mariées. C'est le nom de mon père.
-Oh, vous êtes la fille de Nefertari Cobra.
-Tout à fait.
-Je vois. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Bonne soirée.
-Vous de même.

Elle le salua d'un sourire et rentra chez elle. Orochi la suivit du regard tout en se dirigeant vers son propre domicile. Il récupéra son courrier au passage, pas du tout surpris de n'y trouver qu'un tas de factures et de rappels de prêts à rembourser. Mais il ne se faisait plus trop de souci à ce sujet.

Parce qu'il avait peut-être trouvé de quoi régler ses problèmes d'argent.


L'auteur est contente d'avoir trouvé l'occasion de placer le nom "Konteriano".
En espérant que vous avez la référence !

Un grand merci à LucyDsama (Wattpad) pour l'idée de l'arrestation de Thatch pour agression sexuelle !

Ce n'est clairement pas le meilleur chapitre de la fiction, mais il permet une petite avancée pour quelques intrigues.

Je suis contente d'avoir pu le publier cette semaine ! J'ai tenu à le faire avant demain, parce que je serai occupée les deux prochaines semaines, et je n'aurais pas beaucoup de temps pour écrire. Mais je ne voulais pas laisser un demi-chapitre dans mes brouillons pendant tout ce temps.

J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à laisser votre avis en commentaire !