Il était déjà 17 heures passées lorsque Marco et Zoro virent Shanks quitter la salle d'interrogatoire. Il avait passé la journée à interroger le membre du gang de Demalo Black capturé la veille au soir chez Baggy et lui ; ce type ne s'était pas laissé faire facilement, mais Shanks avait su se montrer très convainquant, et il était assez satisfait de cet entretien. Il ordonna à deux officiers de raccompagner l'homme à sa cellule le temps qu'il prenne les dispositions qui s'imposaient dû à son statut de criminel recherché. Il rejoignit ensuite ses deux collègues, qui semblaient quelques peu anxieux.
-Alors, demanda Marco avec précipitation.
-Il supporte assez mal la pression alors il a fini par lâcher quelques informations.
-Des infos sur le gang ou leurs actions, interrogea Zoro.
-Il a donné un nombre approximatif des membres, et avoué leur implication dans la prise d'otages de l'autre jour. Il a dit qu'ils avaient des complices extérieurs pour les financer, mais je n'ai ni nom, ni profession ni adresse. Je ne sais pas non plus combien ils ont d'associés, mais on a tout de même quelques pistes à suivre.
Il avait bien évidemment pris quelques notes relativement ordonnées, et qui étaient accompagnées d'un enregistrement qu'ils visionneraient plus tard afin d'étudier les réactions et expressions faciales de l'homme. Il passa ses notes manuscrites à Marco, qui les survola rapidement pour avoir les grandes lignes de l'interrogatoire. Le téléphone sonna, et un agent vint les voir pour leur passer l'appel ; ce fut Zoro qui le prit, et il s'éloigna afin de mieux entendre son interlocuteur et ne pas déranger ses collègues.
-Il n'a pas donné d'adresses de leurs planques, constata Marco.
-Malheureusement non.
-Ça ne va pas nous aider à les coincer.
-Tu veux que je retente de discuter ?
-Pas sûr qu'on apprenne quelque chose de plus...
Soudain, quelque chose attira son attention. Il relut la note en question trois fois, puis la montra du doigt à Shanks, qui se pencha dessus à son tour.
-De quoi parle-t-il ici ?
-Au sujet de la pêche ? C'était son programme pour ce week-end, j'sais pas pourquoi j'ai noté ça...
-Après qu'on ait attrapé l'un des leurs au garage de Kid, ça m'étonnerait franchement qu'ils fréquentent des lieux publics aussi facilement.
-Tu penses qu'ils ont une planque près du port de pêche ?
-A mon avis, on ne perd rien à mener l'enquête.
Shanks sourit et se saisit d'un stylo rouge pour entourer de façon bien visible la note qui les avait mis sur une piste sérieuse. Marco avait vraiment un sens de l'observation et de la logique très aiguisé ; il méritait sa place au sein de ce commissariat, personne ne pouvait oser prétendre le contraire. L'époque où ils étaient tous deux de jeunes collègues placés au stationnement en attendant de pouvoir faire leurs preuves était vraiment loin.
-Menons des recherches sur les hangars du coin, poursuivit Marco.
-Je m'en occupe !
-Quand tu auras quelque chose d'intéressant, organise une intervention pour mon équipe et celle de Zoro.
-Sans moi ? Tu es sûr que c'est raisonnable ? Souviens-toi de la dernière fois...
-Il faut que tu puisses intervenir au cas où il profite de notre absence pour agir ici.
-Oui mais...
Ils furent coupés dans leur conversation par l'agitation qui survint subitement autour d'eux. Ils virent Zoro passer en courant pour attraper sa veste tout en hurlant des ordres à quelques-uns de ses hommes. Ils n'eurent même pas le temps de le stopper qu'il était déjà dehors. Marco fronça les sourcils et attrapa une de leurs jeunes recrues, qui courrait partout avec un air paniqué.
-Que se passe-t-il ?
-On a reçu un appel de Monsieur Nefertari pour nous signaler un enlèvement !
-Quoi ?
-Vivi aurait des ennuis, demanda Shanks.
-Le chef est parti sans avoir demandé beaucoup de détails, il a dis qu'il préférait voir sur place ce qu'il en était...
-Est-ce qu'on y va ?
Marco sourit puis retourna à son bureau afin de récupérer une carte de la ville, qu'il étala soigneusement sur le meuble.
-Il peut gérer ça tout seul. Nous, on a une enquête à mener !
Nami avait passé une journée assez éprouvante ; seule la moitié des élèves de la première classe à laquelle elle a fait cours ce matin ont pu lui rendre le devoir qu'ils avaient à faire, elle a été obligée d'enseigner la discipline au groupe suivant alors que ce ne devrait plus être nécessaire à la fac, Robin avait annulé leur déjeuner pour une raison obscure, et un abruti avait rayé sa voiture en sortant du parking. Autrement dit, elle était particulièrement énervée durant tout le trajet du retour. Elle ne voulait rien d'autre qu'une bonne douche, un bon repas et une bonne nuit de sommeil. C'était probablement ce soir que Vivi voulait qu'elles discutent de la couleur pour repeindre la chambre d'amis ; elle allait devoir s'excuser auprès de sa petite-amie, mais elle était trop fatiguée pour s'occuper de ça aujourd'hui.
En arrivant chez elle, Nami fut surprise de ne voir aucune lumière allumée. Elle se dit que Vivi s'était peut-être endormie dans l'après-midi et ne s'était pas encore réveillée, alors elle tâcha de ne pas faire trop de bruit en rentrant. Elle jeta ses clés sur le meuble de l'entrée, et soupira en les entendant tomber par terre. Elle rangea ses chaussures dans un coin et son manteau dans le placard, puis elle alla poser ses affaires dans son bureau. Elle se dirigea vers la chambre pour voir si Vivi y était, mais aucune trace d'elle. Elle se dit qu'elle était peut-être sortie et jeta un coup d'œil à sa montre : 16h53. Elle prit son téléphone et composa le numéro de Vivi en retournant dans l'entrée. Elle tomba immédiatement sur la messagerie, mais elle garda son téléphone collé à l'oreille, car quelque chose avait attiré son attention. Elle oublia les clés qu'elle était venue ramasser et prit ce qu'elle avait remarqué sur le meuble.
C'était une feuille de papier sur laquelle il y avait quelques mots écris de façon plutôt brouillonne. Elle ne reconnaissait pas du tout l'écriture, mais heureusement il y avait un nom à la fin. Le mot ne disait pas grand-chose, mais elle avait du mal à y croire. Elle le relut deux-trois fois, son cœur se serrant de plus en plus à chaque fois.
"Vivi est avec moi. Si vous voulez la revoir vivante, contactez-moi pour discuter de la rançon. Orochi"
-Oh mon dieu !
Elle lâcha le morceau de papier, qui tomba au sol, et prit son téléphone à deux mains. Elle composa difficilement un numéro à cause de ses doigts tremblants. Elle ne sut pas vraiment pourquoi, mais au lieu d'appeler la police, elle contacta son beau-père. Sûrement parce qu'elle ne se sentait pas capable de faire face à cette situation toute seule. Elle avait besoin que quelqu'un l'aide. Heureusement, Cobra lui répondit presque immédiatement.
-Allô Nami.
-Cobra, c'est horrible ! Vivi...Orochi l'a...enfin notre voisin, il...
-Nami, essaie de te calmer. Que se passe-t-il avec Vivi ?
-On l'a enlevé ! Je...je sais pas où elle est !
-Ne bouge surtout pas, j'arrive tout de suite.
-D'accord...
-Ça va aller, nous arriverons à gérer cette histoire.
Il la rassura et lui signala qu'il serait là d'ici une dizaine de minutes. Nami le remercia et attendit quelques secondes dans le silence avant de raccrocher. Elle posa son regard sur le papier, puis sur ses clés, toujours par terre. Elle ne les ramassa pas. Elle ouvrit la porte en grand pour laisser entrer l'air, car elle commençait à avoir du mal à respirer. Elle ne savait ni quoi faire ni où aller alors elle resta là à essayer de se calmer. Elle ferma les yeux, essuyant les larmes qui avaient commencé à couler sur ses joues, et prit de grandes inspirations. Elle tremblait de peur, de plus en plus.
Elle était terriblement inquiète pour Vivi. Où était-elle ? Depuis combien de temps ? Était-elle blessée ? Orochi avait-il abusé d'elle ? Pourquoi avait-il fait ça ? Devrait-elle appeler la police maintenant ou bien attendre l'arrivée de Cobra ? Et si Orochi la tuait ?! Et si la police arrivait trop tard pour la sauver parce qu'elle ne les avait pas appelé en premier ?! Elle aurait dû poser ses clés sur la table au lieu de les jeter ! Ou en tout cas, elle aurait dû les ramasser tout de suite ! Elle aurait vu le mot plus tôt ! Tout le retard qu'elle prenait actuellement pourrait coûter la vie de son amante, et ça, elle ne se le pardonnerait jamais.
Cobra mis moins de dix minutes à arriver, mais c'était comme s'il avait mis une éternité. Il s'efforça d'adopter une attitude calme et sereine afin de rassurer Nami, mais au fond de lui, il était tout aussi effrayé et en colère qu'elle. Un inconnu menaçait sa fille chérie ; autant il devait s'efforcer de garder les idées claires, autant il était hors de question qu'il le laisse mener à bien ses desseins. En arrivant, il serra la rousse dans ses bras, d'un air paternel. Il l'aida à se calmer suffisamment pour qu'elle puisse lui dire tout ce qu'elle savait, et ainsi analyser la situation. Nami lui expliqua qu'elle avait quitté la maison vers sept heures et demies pour aller travailler, et que Vivi était déjà levée à ce moment-là. Ça pouvait donc faire plusieurs heures comme quelques minutes seulement qu'elle était avec le voisin.
-Cet homme a-t-il déjà commis ce genre de délit ?
-Pas que je sache, non...
-Est-ce qu'il avait l'air de s'intéresser à Vivi ?
-Non, il est plutôt discret. Je ne suis même pas sûre qu'ils se soient déjà parlés !
-Dans ce cas, il a peut-être agis sur un coup de tête.
Il caressa doucement la main de Nami puis sortit son téléphone de sa poche.
-Je vais appeler la police et leur expliquer ce que tu m'as raconté.
-Je devrais peut-être...le faire...
-Pour le moment, tu es encore bien trop sous le choc. Prends le temps de te calmer au cas où ils auraient des questions lorsqu'ils seront là.
Durant toute la conversation téléphonique avec la police, il resta à côté de Nami. Pour affronter ce genre d'épreuve, ils avaient plus que tout besoin de la présence rassurante l'un de l'autre. Nami se dit qu'elle avait de la chance que Cobra sache garder son sang-froid malgré son inquiétude. Quand il raccrocha, il lui annonça que la police serait là très vite, et lui suggéra de les attendre ici pour ne pas éveiller les soupçons d'Orochi. Il avait garé sa voiture un peu plus loin en espérant qu'il ne se douterait de rien. S'il savait que Nami avait contacté quelqu'un d'autre, ainsi que la police, il pourrait s'énerver et s'en prendre à Vivi, ce qu'ils devaient bien sûr éviter.
Zoro arriva très vite, et dès qu'il sortit de son véhicule, avant même d'avoir claqué sa portière, il hurlait déjà des ordres à ses hommes, qui lui obéirent sans prendre la peine de lui répondre. Cobra et Nami vinrent à sa rencontre ; lui était visiblement soulagé, elle ne parvenait pas encore à éprouver autre chose que de la peur.
-Merci pour votre rapidité Monsieur, dit respectueusement Cobra.
-On va faire tout notre possible pour la sortir au plus vite. Je peux voir le mot que vous avez évoqué au téléphone, s'il-vous-plaît ?
Nami le lui tendit en tremblant. Zoro s'en saisit et le lut en une seconde. C'était des termes et tournures typiques ; il avait déjà eu affaire à ce genre de situation par le passé, et voyait clairement de quoi il était question.
-Cet enlèvement n'a pas été mûrement réfléchis s'il veut "discuter" de la rançon. Il a agi en vitesse sans véritable plan.
-Et c'est...c'est une bonne chose, demanda Nami.
-Tout dépend de la réaction qu'il aura en voyant que nous sommes ici. On va commencer par faire ce qu'il demande. Il a un otage, on ne doit donc prendre aucun risque.
Il confia le mot à l'agent Johnny, qui venait de le rejoindre, puis ordonna aux autres de se mettre en formation de base pour ce genre de cas.
-Orochi a-t-il une arme ?
-Il n'en a pas déclaré en tout cas, l'informa Yosaku en regardant ses fichiers.
-Appelle-le Nami, et essaie de négocier avec lui.
-D'accord...
Elle respira profondément puis prit son téléphone et composa le numéro de son voisin ; il le lui avait communiqué il y a quelques temps, car il serait absent durant plusieurs jours pour aller voir sa famille, or il attendait un colis, et elle devait le prévenir lorsqu'elle l'aurait réceptionné pour lui. C'était un homme parmi tant d'autres, juste un voisin. Comment aurait-elle pu se douter que du jour au lendemain il deviendrait une menace pour sa petite-amie. Vivi n'avait assurément rien fait qui puisse mériter tant de méchanceté. Le téléphone eut à peine le temps de sonner avant qu'Orochi ne lui réponde. Il parla d'un ton paniqué, presque agressif.
-Vous avez appelé la police ! Vous ne deviez pas faire ça !
-Que...que pouvais-je faire d'autre ?!
-Vous deviez m'appeler directement ! On aurait pu régler tout ça facilement !
-S'il-vous-plaît, dites-moi ce que vous voulez ! On est prêt à payer !
-Non, vous mentez ! Vous avez appelé la police ! Ils vont me tuer, c'est sûr !
-Attendez Orochi !
Il raccrocha instantanément. Nami regarda son téléphone, peinant à y croire, et éclata en sanglots. Cobra la prit dans ses bras, lui aussi effrayé à l'idée de ce que ferait Orochi maintenant qu'il se sentait acculé. Zoro était déjà passé à l'action. Il appela trois des hommes qui étaient avec lui et leur ordonna de le suivre. Ils entrèrent dans la maison et se séparèrent pour trouver Orochi et Vivi rapidement. Heureusement, ce n'était pas une immense maison. Zoro les trouva dans la chambre à l'étage, Vivi assise sur le lit avec les mains liées par un morceau de corde abîmée, Orochi près de la fenêtre avec le téléphone encore dans la main. Zoro le pointa de son arme et lui hurla de ne pas bouger et de garder les mains en l'air. En entendant son cri, ses collègues le rejoignirent en vitesse, et attendirent les directives. Orochi se mit à pleurer et à les supplier de ne pas tirer. Il se confondit en excuses et justifications de son acte. Zoro fit signe à l'un des hommes avec lui de libérer Vivi et la sortir de là, tandis qu'il se dirigeait à pas lents vers Orochi. Quand il fut sûr qu'il ne tenterait pas de l'attaquer, il baissa quelque peu son arme et procéda à son arrestation. Orochi se laissa faire, toujours en sanglotant, et il fut emmené par quelques agents dans l'une des deux voitures. Zoro resta pour prendre des nouvelles de Vivi et s'assurer qu'il peut les laisser se remettre de tout ça. Il rejoignit donc ses amis, et sourit en voyant Nami serrer son amante dans ses bras. Cobra pleurait de soulagement, une main sur le cœur comme pour se calmer. Quand il vit Zoro arriver, il se précipita vers lui pour le remercier.
-Je vous serai éternellement reconnaissant d'avoir sauvé ma fille !
-J'espère qu'elle n'a pas été blessée.
-La corde a laissé des marques sur ses poignets, mais rien de grave. Elle nous a dit qu'elle ne s'était pas débattue lorsqu'il l'avait attaché et avait tenté de le raisonner. Heureusement, il ne s'est pas montré trop violent.
-Je pense qu'il ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'il faisait. Quand il a pris conscience de la gravité de son acte, il a pris peur et s'est laissé faire. Quoi qu'il en soit, on va s'occuper de lui et veiller à ce qu'il n'approche plus jamais Vivi.
Il le salua d'un signe de tête, adressa un regard compatissant à Nami et Vivi qui s'empressèrent de le remercier chaleureusement, puis les laissa se consoler en famille. La police avait la lettre, la corde et le coupable ; il pouvait retourner au poste et rédiger son rapport. Il félicita ses hommes pour leur travail efficace, et ils se dépêchèrent de rentrer. Une fois au commissariat, il rejoignit Marco et Shanks, qui semblaient ne pas avoir bougé depuis son départ. Leurs mines fatiguées prouvaient qu'ils ne s'étaient pas tournés les pouces ; ils avaient dû trouver une piste intéressante en son absence pour cette affaire qui leur prenait la tête depuis trop de temps.
Il leur fit son rapport, en leur assurant que Vivi allait bien. Comme ils la connaissaient personnellement, ils avaient été très inquiets et étaient donc extrêmement soulagés de savoir qu'elle n'avait pas été blessée. Zoro commença à retirer sa veste dans l'optique de les aider dans leurs recherches, mais Marco l'arrêta d'une main sur son épaule.
-Tu devrais rentrer chez toi.
-Mais je veux aider !
-On a presque fini, il ne reste que des détails à régler. On va bientôt avoir besoin de toi en pleine forme, alors rentre te reposer.
Zoro adressa un regard à Shanks, mais ce dernier ne semblait pas non plus de son côté. Et comme ils étaient ses supérieurs, il ne pouvait pas contester leurs ordres. Il soupira donc et partit sans les saluer. Ils ne prirent pas mal sa mauvaise humeur ; Zoro détestait rester inactif. Mais la dernière fois qu'ils avaient effectués une opération de ce genre, il avait fini à l'hôpital dans un état critique et en était ressorti miraculeusement avec une énorme cicatrice sur tout le torse. Il n'avait aucun scrupule à se mettre en danger, c'était donc à eux de veiller à ce qu'il revienne vivant et entier.
Zoro se gara devant chez lui environ un quart d'heure après avoir quitté le poste. Il semblerait qu'il ait tourné à gauche au lieu d'à droite en quittant le parking, ce qui n'avait pas arrangé son humeur. Il allait devoir se calmer ou bien il aurait du mal à dormir cette nuit. Mais comment se calmer alors que ses collègues avaient une piste intéressante pour retrouver Demalo Black, peut-être l'emplacement de son QG, mais ne voulaient pas le partager avec lui ?! Il savait que sa première mission dans cette affaire n'avait pas du tout été un succès, mais il avait progressé depuis. Il avait ramené un membre chez Luffy, même si c'était son voisin qui l'avait assommé, et avait su gérer la prise d'otages. Il était déjà bien inséré dans cette histoire, ça n'avait donc aucun sens de le mettre de côté !
Il grogna, et jeta un coup d'œil en direction de la maison de Luffy. Il n'y avait pas de lumière allumée mais sa voiture était là, donc il était rentré du travail. Il pourrait peut-être aller lui proposer de sortir se balader et manger un bout. Ça devrait réussir à le détendre un peu. D'un autre côté, il n'avait pas envie d'imposer sa mauvaise humeur à son ami. Remettre cette sortie à plus tard lui semblait une bonne idée. Il sortit enfin de sa voiture et se dirigea vers sa maison. Cependant, lorsqu'il mit sa clé dans la serrure, il constata qu'elle était déjà ouverte. Pourtant elle ne paraissait pas avoir été forcée, ce qui signifiait que la personne qui l'avait ouverte avait une clé. Il jeta un coup d'œil au vieux nain de jardin caché à côté d'un buisson, et qui a sa surprise, avait sa tête posée à côté de son corps. C'était un nain de jardin très laid que sa chieuse de sœur Perona lui avait offert pour fêter son emménagement ici. Il l'avait cassé en le faisant tomber, et avait décidé de s'en servir comme cachette pour une clé de secours. Apparemment, quelqu'un l'avait trouvé.
Il ouvrit la porte brusquement, et baissa les yeux. Il fut surpris de voir que la personne qui avait pénétré son domicile en son absence avait retiré ses chaussures. Ce n'était donc pas un membre du gang qui venait pour l'assassiner, mais une connaissance. Il n'avait cependant jamais avoué sa cachette à qui que ce soit. Il se dirigea vers le salon, se doutant que son visiteur y serait, et effectivement, il l'attendait assit sur le canapé. Quand il vit de qui il s'agissait, il ne fut mystérieusement pas étonné.
-Bon retour chez toi Zoro !
-Luffy, qu'est-ce que tu fais là ?
-J'ai appris que tu avais sauvé Vivi. Je voulais te remercier, et puis après une journée comme ça tu as besoin de te détendre ! Faisons une soirée ciné !
-T'es sûr que c'est moi qui ai besoin d'être détendu ?
Il retira ses chaussures et sa veste, puis rejoignit son ami dans le salon. Même s'il était entré chez lui en quelque sorte par effraction, il appréciait son attention, d'autant plus qu'il avait eu envie de le voir. Il n'allait pas le mettre dehors. Une soirée ciné à domicile lui ferait certainement du bien.
-Dis comment t'as trouvé la clé ?
-J'ai vu que le nain de jardin moche était cassé. Je me suis dis que c'était le genre de truc que tu ferais.
-Je me demande comment tu arrives si bien à me lire.
-Je pense que c'est parce que tu me plais.
Il rit tandis que de légères rougeurs apparurent sur les joues du policier. Zoro décida cependant de ne pas rebondir sur cette remarque.
-Alors tu...tu as amené un film ?
-Oui ! Un dvd qui vient de sortir !
-De quoi ça parle ?
-De pirates !
-Eh, c'est un dessin animé...
-Oui ! Mais il parle de pirates !
Il avait l'air si excité à l'idée de voir ce film que Zoro ne tenta pas de le convaincre de choisir autre chose. Et puis qui sait, c'était peut-être bien.
-Je vais commander des pizzas, ça te dit ?
-Oui bonne idée ! J'en veux une avec...
-De la viande, je sais.
-Toi aussi tu me connais bien.
Il rit, et tandis que Zoro appelait la pizzeria pour passer commande, il alluma la télé et inséra le dvd dans le lecteur. Ils attendraient que la commande soit arrivée avant de lancer le film, mais ce ne serait pas une perte de temps de le préparer maintenant. Une fois la commande passée, Zoro prévint Luffy qu'il avait besoin de prendre une douche. En l'attendant, le brun partit à la recherche de nourriture adéquate pour un apéritif dans les placards de la cuisine. Il parvint à dénicher quelque chose au bout d'une dizaine de minutes, mais vu l'état de la boîte, c'était peut-être là depuis plusieurs mois. Voir années... La date de péremption étant illisible, mieux valait qu'il demande à Zoro si c'était encore comestible.
Il rejoignit donc Zoro dans sa chambre, entrant sans toquer. Le vert était sorti de la douche ; il ne portait qu'un jogging, laissant son buste à découvert, et avait une serviette sur les épaules. Il était face à un miroir en pieds, tournant le dos à Luffy, observant et caressant du bout de l'index sa cicatrice. Cicatrice que Luffy voyait pour la première fois, et en constatant sa taille et son emplacement, il prit conscience du danger dans lequel Zoro s'était retrouvé ce jour-là. Il se souvient de la façon dont les trois agents de police avait raconté leur tentative passée de capturer Demalo Black ; il n'avait pas laissé entendre que c'était aussi grave. Il s'approcha de Zoro jusqu'à se retrouver juste à côté de lui, le regard rivé sur la cicatrice. Zoro l'avait entendu approcher, et il baissa la main pour ne pas entraver sa vue.
-Les médecins ont dis que j'aurais dû en mourir.
-Ils ne devraient pas dire des choses comme ça.
-Tu sais, je ne comprends pas vraiment comment j'ai survécu. Mais je préfère ne pas m'attarder là-dessus. Les blessures extérieures sont loin d'être les plus graves.
Il baissa la tête vers Luffy, qui s'était tourné vers lui pour regarder la cicatrice en face à face, et non par le biais du miroir. Il détailla attentivement chaque point de suture, l'un après l'autre, comme pour les imprimer dans son esprit. Puis, il leva doucement une main, et croisa le regard de Zoro, lui demandant par les yeux de l'arrêter s'il allait trop loin. Ensuite il posa sa main en haut de la cicatrice, la palpant doucement, et la caressant jusqu'en bas, lentement. Sa main finit ainsi sur la hanche de Zoro, qui tressaillit mais ne l'arrêta pas. Alors Luffy continua, reprenant ses caresses mais cette fois-ci de bas en haut. A ce moment-là, Zoro se rendit compte qu'il était apaisé par ce geste, ou plutôt par le contact des doigts de Luffy sur sa peau.
-On devrait bientôt retenter de les arrêter.
-Vous avez trouvé leur planque ?
-Je crois. Marco et Shanks n'ont rien voulu me dire. Ils ont insistés pour que je me repose.
-Je ne vais pas te demander de ne pas y aller, ni de faire attention.
-Tu t'en moques ?
-Non, mais je sais que tu feras ce que tu as à faire, et c'est tout ce que j'attends de toi.
Il rit doucement, loin d'avoir son air jovial habituel. Il se pencha en avant et posa son front contre le torse de Zoro, chatouillant sa peau de ses mèches brunes.
-Mais je serai quand même heureux si tu reviens sans blessures.
-Sans blessures, ça sera compliqué. Mais je reviendrai, ça c'est une promesse.
Il leva une de ses mains pour caresser les cheveux du jeune homme, mais il fut coupé dans son geste par des bruits à la porte, à quelques millimètres seulement de la tête de Luffy. Le livreur était là avec les pizzas. Il changea donc la trajectoire de sa main pour la poser sur l'épaule de Luffy et l'écarter de lui en douceur.
-Viens, on va manger.
Son enthousiasme retrouvé, Luffy acquiesça et se précipita dans l'entrée pour récupérer leur commande. Il avait payé le livreur avant que Zoro n'ait eu le temps de le faire, mais ce n'était pas grave. Il paierait la prochaine fois ; ça leur donnait une bonne excuse pour se revoir.
Étant quelqu'un d'assez nerveux, Usopp était facilement stressé. Il ne fallait pas grand-chose pour qu'il s'imagine le pire, et il avait bien conscience qu'il exagérait beaucoup la plupart du temps, mais c'était plus fort que lui. Il n'avait pas un physique très effrayant, et la plupart pour ne pas dire la totalité de ses voisins le mettrait au tapis en un seul coup de poing bien placé. Quand il disait cela, il incluait même Vivi, même si elle était bien trop gentille pour ça. Il s'estimait assez rusé pour parvenir à se sortir de situation délicate, mais dans le cas où il se ferait agresser, sa condition physique ne lui permettrait sans doute pas d'échapper à un gars baraqué et faisant deux ou trois fois sa taille. Alors quand il faisait la queue à la caisse d'un supermarché, ou bien qu'il attendait l'arrivée d'un train, et qu'un type un peu terrifiant qui semblait être un catcheur professionnel se plaçait JUSTE derrière lui, il ne pouvait s'empêcher de suer à tel point que c'était les chutes du Niagara dans son dos. Il avait tellement peur de tout que le jour où il a dit à Nami qu'il n'était pas arachnophobe bien que ce soit une peur très répandue, elle a failli s'étouffer avec son sandwich. Néanmoins le bruit qu'elle a fait à ce moment-là l'a fait frôler la crise cardiaque.
Sans développer plus, il était si angoissé de la vie qu'il en venait à se demander comment Sanji pouvait le trouver attirant. Il ne passait pas un jour sans qu'il remercie le destin de l'avoir fait croiser la route de cet homme merveilleux pour qui battait son cœur. Depuis qu'ils avaient décidé de débuter une relation extraconjugale, et même s'ils devaient être discrets et tout garder pour eux, il nageait dans le bonheur. Il savait que Sanji s'inquiétait que cette situation soit trop lourde à supporter, mais Usopp voulait pouvoir apporter du réconfort et un sentiment de sécurité à Sanji jusqu'à ce qu'il puisse enfin se libérer de son mariage. Il ne ferait donc rien qui puisse porter préjudice à son amant, et se montrerait patient aussi longtemps qu'il le faudrait ; ce n'était qu'un petit prix à payer pour vivre heureux.
Cependant, il y avait une personne importante pour lui à qui il souhaitait parler de cette relation : Kaya. Elle était la seule famille qu'il avait, et il s'était toujours confié à elle. Il avait beaucoup hésité avant de demander à Sanji s'ils pouvaient lui en parler, parce qu'il ne voulait pas le mettre dans l'embarras, mais comme c'était quelque chose qui lui tenait à cœur, il avait fini par poser la question. Sanji n'y avait vu aucun inconvénient, et lui avait proposé de l'accompagner afin qu'ils le lui annoncent ensemble. Il en profiterait pour enfin la rencontrer. L'artiste avait attendu le jour J en trépignant d'impatience, mais maintenant qu'ils étaient tous les deux en direction de la chambre de son amie, il tremblait d'appréhension. Il ne savait pas quelle serait la réaction de Kaya, ni si les deux personnes les plus importantes de sa vie s'entendraient bien, et ça l'effrayait vraiment au plus haut point. Sanji avait remarqué son trouble, et il l'arrêta devant la chambre en attrapant sa main et en la serrant dans la sienne.
-Il faut que tu te calmes Usopp. Tu ne peux pas aller la voir comme ça où elle va s'inquiéter.
-C'est vrai...
-Est-ce que ça va aller ?
-Oui, oui c'est juste que...c'est la première fois que je vais lui présenter quelqu'un...
Kaya n'était pas méchant ; il savait qu'il n'avait pas vraiment de raisons de s'en faire. Il exagérait peut-être en pensant qu'elle risquait d'être éprouvée par sa nouvelle relation, mais ça faisait longtemps qu'il n'y avait qu'eux, et il ne voulait pas qu'elle s'imagine qu'il allait la délaisser. Elle restait extrêmement importante pour lui ; Sanji le savait bien et il serait le premier à lui demander de la faire passer avant tout le reste.
-Tu devrais entre le premier. Je vais attendre ici.
-D'accord.
Après un tendre baiser sur la joue, Usopp lâcha la main de Sanji et toqua à la porte de la chambre. En temps normal, il venait la voir le dimanche, mais là ils avaient préféré venir en semaine, un jour que Shuraiya était absent. Il l'avait appelée la veille pour la prévenir de sa venue, aussi n'eut-il pas besoin de dire qu'il était là pour qu'elle soit certaine que c'était lui qui venait de toquer. Elle l'invita à entrer d'une voix joyeuse, assise près de la fenêtre comme à chaque fois, et il ne se fit pas prier. Il ne ferma pas complètement la porte derrière lui, contrairement à d'habitude, et Kaya commença un peu à s'inquiéter. Elle se doutait qu'il venait exceptionnellement parce qu'il avait quelque chose d'important à lui dire, quelque chose dont ils ne pouvaient pas parler par téléphone. Pourquoi ne fermait-il pas la porte pour leur laisser de l'intimité ? Devait-il repartir vite ? Y avait-il un problème ? Son expression angoissée ne la rassurait pas vraiment...
-Salut Kaya, dit-il d'une voix tremblotante en s'asseyant sur la même chaise que d'habitude, en face d'elle. Tu vas bien ?
-Oui, je suis en pleine forme.
-Tant mieux, tant mieux...
-Toi en revanche, tu as l'air prêt à t'évanouir.
Il ricana nerveusement et jeta un petit coup d'œil en direction de la porte. Il triturait du bout des doigts le bas de sa veste, jouant avec un des fils qui pendaient et tirant dessus distraitement. Kaya le regarda quelques secondes, puis elle prit ses mains dans les siennes pour attirer son attention sur elle et le détendre quelque peu.
-Usopp, dis-moi ce qu'il se passe. Qu'est-ce que tu as à m'annoncer ? Est-ce grave ?
-Non ! Non, non, non, ce n'est pas grave ! Enfin, ça dépend du point de vue mais...
-Ça concerne Sanji, n'est-ce pas ? Il lui est arrivé quelque chose ?
-En quelque sorte...
Kaya avait suivit à la télé l'affaire de la prise d'otages à la supérette. Elle savait que Sanji y était, et elle n'avait pu s'empêcher de pleurer lorsqu'elle l'avait vu sortir sain et sauf. C'était la première fois qu'elle le voyait, parce qu'Usopp ne lui avait pas montré de photos, mais il l'avait si bien décrit qu'elle l'avait reconnu immédiatement. Une des infirmières de l'hôpital vivait à Fuschia, et lorsqu'elle papotait avec ses collègues, elle racontait tout ce qu'il se passait dans son quartier ; Kaya tendait l'oreille pour prendre des nouvelles. Elle savait qu'il se passait beaucoup de choses étranges ces derniers temps, et elle était inquiète que Sanji se soit encore retrouvé ciblé par des personnes malfaisantes. De peur, elle serra plus fort les mains du jeune homme, qui se dit qu'il était temps qu'il prenne son courage à deux mains et avoue ce qu'il avait à dire.
-En fait Kaya, je venais te voir aujourd'hui parce que j'ai...quelqu'un à te présenter.
-Quelqu'un ? Est-ce Sanji ? Je vais pouvoir le rencontrer ?!
-Oui, c'est Sanji. Lui aussi avait envie de faire ta connaissance et...on a quelque chose à te dire...
-Dans ce cas, ne le fait pas attendre !
-D'accord je...je vais le chercher !
Il se releva d'un bond, hésita une seconde, puis se dirigea vers la porte. Dans son dos, Kaya se recoiffa brièvement, toute son inquiétude envolée. Maintenant, elle était excitée à l'idée de rencontrer cet homme si important pour celui qu'elle considérait comme son frère, et honnêtement, elle espérait qu'elle ne se trompait pas en supposant ce qu'ils venaient lui annoncer. En arrivant à l'entrée de la pièce, Usopp appela doucement Sanji en lui disant qu'elle est prête à le rencontrer. Sanji hocha la tête et entra à sa suite. Il se demanda s'ils pouvaient se prendre la main ; Usopp le fit presque par automatisme.
Au début, le blond garda les yeux baissés, un peu gêné. Il était marié et allait rencontrer l'amie malade de son amant ; si elle n'approuvait pas leur relation, il ne pourrait certainement pas lui en vouloir, d'autant plus que c'était son idée à lui. Il était allé voir Usopp pour chercher du réconfort en lui disant qu'il ne voulait pas le mettre en danger, pourtant s'ils l'étaient à présent, c'était parce qu'il n'avait pas pu rester loin de lui. Pas "pu" ou pas "voulu" ; il n'y avait qu'un pas entre les deux. Et il n'était pas venu ici pour tenter de se justifier, mais simplement pour rencontrer l'ami d'enfance de son amoureux.
Quand il releva la tête et croisa le regard de Kaya, il fut surpris par sa beauté. Elle avait beau être malade, elle était rayonnante ; sans doute parce qu'elle ne perdait pas espoir malgré tout. Il repensa au tableau qu'il avait vu chez Usopp, et se dit qu'il avait su la représenter aussi magnifiquement qu'elle l'était en réalité.
-Kaya, je te présente Sanji.
-Enchantée, sourit-elle en lui tendant gracieusement la main. Usopp m'a énormément parlé de vous ! Je suis si heureuse que l'on puisse enfin se voir !
-Tout le plaisir est pour moi.
Usopp amena une autre chaise et la plaça à côté de la sienne, invitant Sanji à prendre place. Ce dernier le remercia à voix basse avant de s'asseoir, et une fois qu'ils furent tous installés de façon relativement confortable, Kaya prit la parole afin de ne pas laisser durer de silence gênant.
-Usopp m'a expliqué que vous l'aviez engagé pour repeindre votre maison. C'est très gentil de votre part !
-C'est lui qui me rend le plus grand service. Ses dessins rendent ma demeure bien plus chaleureuse qu'elle ne l'est en réalité.
-Oh, et avez-vous vu ses portraits ?! On dirait des photographies !
-Et si on parlait de vous plutôt, rougit Usopp.
Il s'enfonça un peu plus dans sa chaise lorsque les deux autres éclatèrent de rire suite à sa remarque. Il était peut-être le premier à se vanter de ses talents lorsqu'il était avec ses amis, mais à trop le complimenté il finissait par être très gêné et perdait même parfois ses moyens. Sanji lui adressa un doux sourire, puis il se tourna vers Kaya et adopta un air sérieux. Ce début de conversation l'avait mis plus à l'aise, mais il ne devait pas oublié pourquoi ils étaient là. C'était cependant une nouvelle délicate, et il ne savait pas trop par où commencer.
-Écoutez Kaya...
-Nous pourrions nous tutoyer, non ? Ce serait plus convivial !
-Oui, d'accord.
-Ne te prends pas la tête et dis-moi les choses telles qu'elles sont. Je ne suis plus une petite fille.
Elle lui sourit, et Sanji relâcha un souffle qu'il ignorait retenir. Elle serra les poings sur ses genoux et se lança en parlant sans réfléchir.
-Je suis marié. Avec un homme abjecte que je hais, et qui me hait aussi. Ce sont nos familles qui ont arrangé cette union pour nous, je n'ai jamais été d'accord. Mais j'ai dû le faire. Il s'appelle Shuraiya, c'est lui qui voulait qu'on repeigne la maison. Il avait des envies particulières, je voulais refuser, mais je me sentais seul, et quand j'ai appris qu'Usopp était un artiste, j'ai sauté sur l'occasion. C'est ironique quand on y pense, mais c'est moi qui avait insisté pour qu'on vienne s'installer dans cette maison, et maintenant je ne supporte plus d'y vivre. Shuraiya me fait peur, il m'a déjà menacé, il me trompe en permanence, mais je fais comme si je n'en savais rien. Je ne cherche pas à me justifier, et si je suis avec Usopp aujourd'hui, ce n'est pas pour faire souffrir mon mari comme il me fait souffrir. Je sais qu'en ayant cette relation extraconjugale, je mets Usopp en danger mais...je n'ai jamais rencontré d'homme capable de me faire me sentir aussi vivant, aussi bien dans ma peau ! Je me sens aimé et...et je suis quelqu'un qui a besoin de donner tout ce qu'il a pour celui qu'il aime. La chose qui me rend le plus heureux aujourd'hui, c'est quand je fais à manger à Usopp, parce qu'il me dit toujours que c'est délicieux, et je sais qu'il aura suffisamment d'énergie pour tout le travail qu'il a à faire. Quand je suis avec lui, j'ai l'impression d'avoir la vie dont j'ai toujours rêvé, et je ne pense pas que je serai à nouveau capable de vivre sans lui. J'ai bien conscience que je pourrais le perdre, et que ce serait entièrement de ma faute, mais j'ai tellement besoin de prendre ce risque...
Son discours terminé, Usopp prit instantanément la main de Sanji dans la sienne. Il avait eu plusieurs fois envie de l'interrompre pour le rassurer ou le contredire, lui rappeler à quel point il tenait à lui, à quel point il était heureux d'être aimé aussi fort, et par lui de tous les hommes. Mais il s'était tut, parce que Sanji avait besoin de parler, de lâcher tout ce qu'il avait sur le cœur, et la moindre des choses était de respecter ses confidences. Kaya était émue par les propos tenus par Sanji ; elle savait qu'encourager un adultère n'était pas une bonne chose, mais les gens n'étaient définitivement pas tous noirs ou tous blancs. Devrait-elle "faire le bien" et encourager Sanji a abandonné Usopp alors même qu'ils sont absolument heureux depuis qu'ils se sont trouvés, pour rester auprès d'un mari qui l'insupporte, le déteste et le met en danger ? Ou bien devrait-elle "faire le mal" et leur promettre son plus immense soutien et prier pour qu'ils accèdent enfin un jour au bonheur qu'ils méritent tant ? En réalité, ce n'était pas vraiment un dilemme pour elle.
-Merci pour ton honnêteté, Sanji. Je suis heureuse de savoir qu'Usopp a trouvé quelqu'un comme toi pour partager sa vie.
-Je ne fais que lui causer du souci ces derniers temps...
-Tu sais, depuis qu'il t'a rencontré, je le trouve changé. Quand il vient me voir, il ne fait que me parler de toi. Depuis que j'ai été internée ici, il ne faisait que travailler afin d'économiser pour mon opération. Maintenant, il dessine pour toi aussi, pour que cette maison te paraisse moins horrible. Tu lui as donné une autre raison de se lever le matin, et pour ça je t'en serai éternellement reconnaissante.
Elle se leva de sa chaise et alla jusqu'à Sanji. Ce dernier se leva à son tour, un peu brusquement, forçant Usopp à lâcher sa main qu'il tenait toujours. Il fut surpris lorsque la jeune femme le serra dans ses bras, faisant enfin s'envoler tout le stress qui lui comprimait le cœur.
-Tu es un homme merveilleux, et tu mérites d'être heureux Sanji. Tu ne l'es pas avec ton mari actuel, et tu aurais tort de rester dans cette situation.
-Je suis...bloqué, je ne peux pas me défaire de Shuraiya. Pas pour l'instant en tout cas...
-Je vous en prie, faites très attention à vous ! Tant que vous ne pourrez pas officialiser votre union, tant que tu seras marié, vous serez en danger. Ne te précipite pas pour faire les choses bien, mais il est plus que temps que tu sois enfin libéré.
Ravalant un sanglot, Sanji la remercia d'un murmure et répondit à son étreinte. Toujours assis à côté d'eux, Usopp se sentit soulagé que cette conversation ait eu lieu ; elle avait fais beaucoup de bien à chacun d'eux. Malgré tout, il était temps qu'ils fassent quelque chose de plus léger. Aussi se permit-il de les interrompre doucement pour leur proposer d'aller se promener dans les jardins de l'hôpital, histoire de faire un peu plus connaissance. Ils approuvèrent, et Sanji se rappela qu'il avait apporté des muffins à la framboise pour Kaya ; il aurait été impoli de venir les mains vides. Il les lui offrit alors, et ne put retenir un sourire attendrit en voyant ses yeux s'illuminer. Elle en goûta un avec appétit, et le complimenta avant d'en prendre un deuxième. Elle ne pouvait que confirmer les propos d'Usopp au sujet de sa cuisine : il ne saurait y avoir plus agréable. Elle le supplia donc de revenir la voir prochainement, et de lui apporter à manger. "Je te le promets, Kaya-chwan !", répondit Sanji, puis ils sortirent afin de profiter des heures durant de la présence les un des autres sous la douce chaleur du soleil.
Depuis quelques jours, Franky trouvait sa femme étrange, et ça commençait à beaucoup l'inquiéter.
Ce n'était pas la première fois qu'il s'inquiétait pour elle ; c'était un sentiment qui venait le voir tous les ans à la même date, et ne le quittait pas pendant plusieurs jours, lorsqu'arrivait le fameux repas avec la famille de Robin. Il était inquiet avant, angoissé à l'idée de ce qui y serait dit ; il était inquiet pendant, apeuré à l'idée que sa femme ne parvienne à tenir le coup face à toutes les accusations portées contre elle ; il était inquiet après, repensant à toute la colère qu'il avait refoulé et imaginant qu'il en était de même pour sa douce. Cette année, ils étaient partis avant la fin, alors les jours suivants il avait été moins inquiet qu'à l'accoutumée. Mais en tout cas, il avait toujours pu justifier cette inquiétude.
Or là, il ne savait pas pourquoi Robin allait mal. Et ça l'agaçait profondément. Avait-il fait quelque chose de mal sans même s'en apercevoir ? Avait-il oublié une date importante ? Il refit dans sa tête la liste des événements importants : anniversaire de mariage, anniversaire de Robin, premier rendez-vous... Non, rien qui ne soit arrivé récemment. Lui avait-elle signalé quelque chose qu'il avait oublié ? Lui avait-elle lancé un appel à l'aide qu'il avait ignoré ? Était-ce sa faute ou bien celle d'une tiers personne ? Avait-elle des problèmes au travail ? Avec le voisinage ? Avait-elle reçu des menaces ?
En ce qui concernait Robin, il pouvait se montrer extrêmement protecteur. Il lui importait absolument qu'il soit un bon mari pour elle. Il était fier d'être doué de ses mains pour construire ou réparer, parce qu'il savait qu'ainsi quoi qu'elle ait besoin, ce serait bien fait. Une étagère à épice ? Une boîte à bijoux ? Son moteur qui ne démarre plus alors qu'elle avait rendez-vous avec Nami pour aller déjeuner ? Il ne saurait laisser quoi que ce soit gâcher sa journée, et surtout pas lui. Cette exigence envers lui-même paraissait exagérée pour certains ; pour lui ce n'était qu'un juste retour des choses.
Robin était une épouse parfaite : elle savait toujours comment lui redonner de l'énergie lorsque la journée avait été difficile, et elle l'avait encouragé sans hésiter lorsqu'il avait monté sa propre entreprise. Avoir son soutien avait été vraiment important, car c'était un projet risqué qui aurait pu ne pas marcher. Mais elle avait été là, elle l'avait soutenu et consoler les mauvais jours, avait parlé de lui à ses amis et collègues, et l'avait félicité chaleureusement lorsqu'il avait eu son tout premier client.
Robin, c'était le genre de femme qu'on devait chérir toute sa vie, qu'on devait être fier d'avoir à ses côtés. Et bon sang, Franky en était fier ! Il donnerait tout ce qu'il avait pour elle, même sa précieuse voiture qu'il avait construit de ses propres mains, juste pour s'assurer qu'elle ne manque jamais de rien et qu'elle soit toujours heureuse. L'idée qu'il ait pu manquer de respect à l'amour de son épouse, ou que quelqu'un ait osé lui faire du mal, lui donnait envie de détruire la baie vitrée donnant sur sa cour arrière à coups de batte de baseball.
Finalement, il se dit que la meilleure chose à faire était de demander directement à Robin ce qui la tracassait, et lui proposer son aide. Dès lors qu'ils avaient échangés vœux et alliances et s'étaient juré un amour éternel, ils étaient deux contre l'adversité, et quelque soit le problème qu'elle encourrait, ils devaient le régler ensemble. Il saisit l'occasion d'en discuter lorsque Robin entra dans la cuisine pour prendre son café avant de partir à l'université. Cette fois-ci, c'était lui qui avait préparé le café, et l'en remercia d'un sourire. Elle prit sa tasse favorite dans le placard, de couleur mauve et décorée d'un joli motif floral, la remplit de café, et s'adossa au plan de travail. Elle tenait sa tasse à deux mains, l'air pensive. Franky la regardait, assis à table, et d'une voix aussi douce que possible pour lui, il l'interpella en essayant de ne pas l'effrayer.
-Robin chérie, qu'est-ce qui ne va pas ?
-Qu'est-ce qui te fait penser que quelque chose ne va pas, demanda-t-elle avec un léger sourire.
-Tu as l'air ailleurs en ce moment. Je crois qu'il y a un truc qui t'embête.
-Je suis simplement un peu déprimée à cause de tout ce qui se passe ces derniers temps...
-Tu parles de ce qui est arrivé à Vivi hier ?
-La prise d'otage avait eu lieu au supermarché, ça semblait encore lointain. Mais là, c'est arrivé dans notre rue, à quelques maisons seulement. C'est troublant...
Il hocha la tête et se leva pour aller la rejoindre. C'était donc ça qui l'effrayait ; elle avait peur que leur maison soit la prochaine cible des personnes malfaisantes qui semblaient traîner dans leur quartier ces derniers temps. Il lui fallait la consoler ; il ne pourrait pas aller sereinement au travail le soir sachant qu'il laissait son épouse attendre seule dans l'angoisse. Il l'attira tendrement contre lui afin de la rassurer par une forte étreinte chaleureuse. Il la sentit tressaillir quelque peu lorsqu'il passa ses bras autour de sa taille, et même s'il n'y accorda pas trop d'attention, il remonta ses bras un peu plus haut pour la mettre plus à l'aise.
-Je vais installer un système de sécurité dans la maison cet après-midi. Même en mon absence, ça devrait te rassurer.
-Oui, merci.
Elle s'éleva sur la pointe des pieds afin de l'embrasser amoureusement sur la joue. Ils restèrent enlacé un instant, puis ils durent se séparer pour se préparer avant de partir au travail. Robin termina rapidement son café et nettoya sa tasse. Franky était allé chercher ses outils, car il devait bientôt se rendre chez un client. Il revint dans la cuisine pour embrasser sa femme et lui souhaiter bon courage avant de partir, mais il se figea à l'entrée de la pièce. En tendant le bras pour ranger sa tasse dans le placard, son chemisier avait laissé apparaître la peau nue de son ventre, et quelque chose à sa hanche gauche avait attiré l'attention du plombier. Quelque chose qu'il reconnut immédiatement comme étant très déplaisant. Il se précipita vers elle et posa une main sur sa hanche droit pour la tirer vers lui, écartant d'un doigt son pantalon de son corps pour mieux voir l'état de sa hanche. A nouveau, Robin tressaillit sous ses doigts, et elle s'empressa de remettre son chemisier correctement.
-Robin, c'est un sacré hématome que tu as là ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ?!
-J'ai trébuché et je me suis cognée dans mon bureau, à l'université. Ce n'est rien de grave.
-Rien de grave ?! Je n'en ai jamais vu d'aussi gros ! Tu dis que tu t'es cognée ?
Elle hocha la tête. Il avait du mal à la croire : pour qu'il soit de cette taille et de cette couleur, il aurait fallu que quelqu'un la jette contre ce bureau avec beaucoup de violence. Il peinait à imaginer qu'elle ait pu se faire ça toute seule, simplement en trébuchant. C'était invraisemblable, mais pourquoi lui mentirait-elle ?
-Ça a l'air douloureux. Tu devrais peut-être aller voir Law à l'hôpital...
-Non, ce n'est pas la peine. J'ai déjà mis de la crème, et je ne le sens même plus.
-Tu es sûre ? Il est quand même conséquent...
-Parfaitement sûre. Va travailler, ne te met pas en retard à cause de moi.
Elle était comme ça, sa Robin ; elle ne voulait pas l'embêter avec ses petits tracas. Malgré tout, il eut beaucoup de mal à se concentrer toute la journée. Impossible d'oublier la vision de ce gros hématome sur le corps délicat de sa dulcinée. Il ne pouvait s'empêcher de se dire que ça cachait quelque chose, qu'il y avait un élément manquant dans cette histoire. Mais pourquoi Robin omettrait une partie de l'histoire ? Elle savait qu'elle pouvait lui parler de tout, qu'il prendrait toujours sa défense quoi qu'il arrive.
Il ne pouvait pas se douter que ce qui la forçait au silence était le dégoût de soi, lorsqu'en mettant un long gilet pour que personne au travail ne remarque sa blessure, elle recevait un message de son patron lui rappelant que la parfaite épouse était convoitée par un très mauvais garçon.
Il avait un peu honte de le reconnaître, mais depuis le repas que Sabo avait organisé, Ace avait filtré tous les appels de son frère et fait de son mieux pour l'éviter. Non pas qu'il n'avait pas apprécié ce dîner, mais il sentait que, dès lors que Sabo arriverait à mettre la main sur lui, il l'assaillirait de questions sur l'évolution de sa relation avec Marco. Il était du genre à aimer les résultats immédiats, alors il s'attendait à ce que son plan l'ait efficacement poussé dans les bras du policier.
Ace ne voulait pas du tout avoir cette conversation. Mais il savait au fond de lui qu'il ne parviendrait pas à échapper indéfiniment à son frère. Il était capable d'entrer chez quelqu'un par la cheminée sans être plein de suie et sans se brûler même si elle était allumée. Certes un avocat qui viole un domicile pouvait paraître contradictoire, mais il ne le faisait que chez Ace, qui ne risquait pas de porter plainte. Il n'avait pas besoin de le faire chez Luffy, car leur benjamin n'avait rien à cacher, aucune discussion à éviter, et aimait répondre aux questions aussi personnelles fussent-elles. Au final, c'était Sabo qui regrettait de lui avoir demandé certaines choses. Pour Ace en revanche, c'était toujours le blond qui en ressortait vainqueur.
Sabo avait vite compris qu'Ace faisait tout pour l'éviter. A vrai dire, il s'y était attendu, et la raison pour laquelle il n'avait pas agit plus tôt était que, puisqu'Ace ne pouvait pas lui demander de garder Haiko sans converser, et puisqu'il y avait toujours un risque que Luffy refasse le même coup que le jour de son premier rendez-vous amoureux, il avait été contraint de trouver quelqu'un d'autre pour garder son petit garçon. Et même si le jeune garçon n'était pas du genre à réclamer, il avait tout de même fortement suggéré à son père qu'il serait bien chez Marco. Sabo savait depuis le début qu'il pouvait compter sur lui...
Mais au bout de quelques jours, il devenait nécessaire de constater les conséquences de ses machinations. Et pour ça, il s'était tout bonnement invité chez Marco. Ce dernier n'était pas dupe pour deux berrys ; il commençait à connaître Sabo, et attendait de voir ce qu'il manigançait avec Ace. Il ne fut pas déçu lorsque, revenant dans la soirée pour récupérer Haiko, Ace constata que Sabo était confortablement assit sur un fauteuil, un verre à la main et un grand sourire aux lèvres. Même si Marco était là, il prouva à tous que l'expression "Chassez le naturel il revient au galop" était absolument véridique.
-Sabo, mais qu'est-ce que tu fous ici ?!
-Coucou Ace, ça va ?
-Marco, qu'est-ce qu'il fout ici ?!
-Il voulait rendre visite à Haiko.
-Mes fesses, oui !
-Tu as fini plus tard que prévu. Haiko et toi devriez rester dîner.
-Tu es beaucoup trop hospitalier...
Marco lui adressa un sourire amusé, puis il proposa à Haiko de venir l'aider à terminer la préparation du dîner. Une fois qu'ils eurent tous deux disparus dans la cuisine, Sabo posa son verre vide sur la table basse et s'approcha de son frère avec un sourire suffisant aux lèvres.
-Tu sais ce que je vais te demander Ace...
-Tu auras beau insister Sabo, c'est pas ce qui me fera changer d'avis...
-Je ne veux pas te faire changer d'avis. Je veux juste te faire remarquer que tu l'as déjà fais.
-Luffy et toi, vous êtes incorrigibles !
Sabo fit la moue et attrapa le poignet de son frère pour le tirer doucement à sa suite. Il l'entraîna jusqu'à la fenêtre et lui montra du doigt la maison de leur petit frère. Luffy chargeait des cartons de jouets dans le coffre de sa voiture pour les emmener à son travail le lendemain. Les cartons avaient l'air lourds, mais il avait le sourire jusqu'aux oreilles.
-Ace, tu as pris le temps d'observer Luffy depuis qu'il a emménagé ici ?
-Pas vraiment...t'as des activités cheloues.
-Bon sang, essaie d'être un peu sérieux ! Regarde-le !
Ace haussa les yeux au ciel et regarda Luffy. Il le détailla de la tête aux pieds : son air encore juvénile, ses cheveux emmêlés, sa petite cicatrice sous l'œil à peine visible d'aussi loin, sa musculature en formation, son pantalon un peu trop moulant mais sans doute justifier par le fait qu'il a ses fesses tendues vers la fenêtre de Zoro chaque fois qu'il se penche pour poser un carton...
-Il n'a plus rien avec le gamin qui se mouchait dans mon t-shirt à chaque fois qu'il se blessait...
-C'est devenu un homme. Et ça, c'est grâce au modèle que tu as été pour lui.
-Où veux-tu en venir Sabo ?
-Tous les trois, si nous en sommes là aujourd'hui, c'est parce qu'on a veillé les uns sur les autres toutes ces années. Tu penses peut-être qu'on exagère, mais on s'inquiète simplement pour toi. On sait que tu as peur de t'ouvrir parce que tu veux pouvoir toujours donner la priorité à ta famille. Mais nous, on a besoin de te savoir épanouis.
-Je peux être épanouis en restant seul. Je n'ai pas forcément besoin d'un homme dans ma vie !
-Ace, je t'en prie.
Ace fronça les sourcils et se tourna vers Sabo ; il avait envie de lui hurler de ne plus insister, de le laisser tranquille, de le laisser agir comme il l'entendait, mais il fut coupé par les bras de son frère autour de son cou. Sabo ne l'avait encore jamais étreint avec une telle force, et cela figea le pompier sur place.
-Sabo...
-Je ne cherche pas à te forcer Ace ! Mais depuis que tu as divorcé, je ne t'ai jamais vu aussi heureux avec quelqu'un ! Je t'en supplie, pense à toi pour une fois !
Son corps était prit de légers tremblements, et Ace sentit qu'il allait fondre en larmes s'il ne consolait pas immédiatement son frère. Sabo était celui qui restait toujours droit, qui savait être de bon conseil, celui vers qui on se tournait quand on ne savait pas quoi faire, quand on se sentait perdu. Le voir ainsi s'effondrer d'inquiétude et de peur pour son aîné, c'était déchirant, ça faisait perdre espoir. Il s'était toujours dressé face à l'adversité pour soutenir ses frères, pour défendre ce qu'il croyait juste, et si Ace était le frère aimant qu'il prétendait être, alors il ne devait pas le laisser dans cet état. Il remonta ses mains le long du dos de Sabo et le caressa en douceur.
-D'accord, dit-il à voix basse. Je vais y réfléchir...
-Parfait, déclara Sabo en s'éloignant d'Ace, un sourire lumineux aux lèvres.
-Eh, mais...t'étais pas en train de chialer ?
-Pas du tout. Je te faisais marcher.
Là, Ace ne savait pas trop comment réagir : lui sauter au cou ? Rester hébété ? Le jeter dehors ? Être indifférent ? Il était perdu. Marco les rejoignit, s'essuyant les mains dans un torchon, et haussa un sourcil en les voyant face à face et subitement silencieux.
-Tout va bien ?
-Impeccable, répondit Sabo.
-Tu restes dîner avec nous ?
-Non, ça fait déjà trois heures que je suis chez toi. Il va être temps que je rentre. Mais merci !
Il lui serra la main, alla embrasser son neveu, salua Ace d'une tape amusée sur l'épaule, et partit. Ce fut quand la porte claqua qu'Ace se reprit, et ne pouvant plus tourner sa colère sur Sabo, il se tourna vers l'autre adulte dans la pièce.
-Non mais t'y crois toi ?! Il a de la chance que je peux pas dire de gros mots devant le petit ! Qui, mais qui fait croire qu'il pleure comme ça juste pour...juste pour arriver à ses fins ?!
-Beaucoup de personnes, en fait...
-T'étais pas obligé de répondre.
-Désolé.
-Il va m'entendre, moi j'te l'dis !
-Eh si on se mettait à table.
Ace grommela en se dirigeant vers la cuisine pour aider à mettre la table. Marco le suivit en pouffant et vérifia qu'Haiko était bien installé à la table de la salle à manger. Cela fait, il retint Ace dans la cuisine pour lui parler à part.
-Ace, est-ce que Sabo et toi vous êtes disputés ? Tu avais l'air contrarié qu'il soit là.
-Non, on ne s'est pas disputé mais...il attend quelque chose de moi et je ne pense pas être prêt pour ça.
-Malgré les apparences, je ne pense pas qu'il veuille te forcer à quoi que ce soit.
-Mais j'ai l'impression de le décevoir...
-Ne crois pas ça !
Il frotta la tête d'Ace, emmêlant ses douches mèches brunes avec tendresse. Ace lui adressa un regard mi timide mi ennuyé et se recoiffa nonchalamment avec une petite moue.
-Tu sais, Sabo est venu me voir pour me parler de toi.
-Ça commence à faire beaucoup...
-Ça ne me dérange pas qu'il insiste autant. J'en apprends de plus en plus sur toi, ça me rend vraiment heureux. Mais ce que je peux te dire, c'est que toutes ces belles choses qu'il me dit sur toi sont sincères. Il pense beaucoup de bien de toi, et jamais tu ne le décevras tant que tu resteras qui tu es.
Ace rougit et baissa les yeux en réarrangeant les mèches encadrant son visage. Marco lui sourit et prit ce qu'il avait concocter avec Haiko, rejoignant ce dernier dans la salle à manger. Ace le regarda partir, et repensa à chacun des instants passés avec cet homme. Il n'avait eu de cesse de lui dire à quel point il le respectait et l'admirait, et comme il aimait passer du temps avec lui. Ace ne l'avait pas avoué mais il n'en pensait pas moins. Peut-être, oui peut-être avait-il des sentiments pour Marco mais...il avait encore tellement d'hésitations. Que se passerait-il si ça marchait ? Que se passerait-il si ça ne marchait pas ? Que se passerait-il si rien ne changeait jamais ? Qu'est-ce qui serait le pire ?
Il jeta un coup d'œil au sourire de son fils, et se dit que la question la plus importante était finalement : ne serait-ce pas ça le bonheur ?
Il était minuit treize lorsque Law fut réveillé par le bruit d'une fenêtre brisée au rez-de-chaussée de sa maison. Il se redressa en sursaut dans son lit, et attendit quelques secondes pour savoir s'il avait rêvé ou non. Lorsqu'il entendit des bruits de pas, il su que ce n'était pas le fruit de son imagination. La première chose qu'il pensa fut : "Alors c'est notre tour ?" ; et la deuxième fut : "Putain, Eustass va encore me les briser avec sa paranoïa...". Il commençait tout juste à se remettre de l'affaire du supermarché. En tout cas, quoi que cherchait la personne qui venait d'entrer par effraction chez lui, Law devait aller l'appréhender. Il commençait à en avoir assez d'être menacé partout et par tout le monde ! Que ce soit une gamine ridicule en désespoir d'amour ou des bandits dont les plans échouent 90% du temps, il n'était pas prêt de se laisser faire. Quand allait-on enfin le laisser en paix, bon sang ?!
Il soupira et s'apprêta à sortir de son lit, lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit sans un bruit. Il eut un sursaut de peur, mais il s'aperçut rapidement que c'était Kid. Il murmura le nom du roux, étonné qu'il se soit réveillé. Il y a quelques semaines, lorsque sa grand-mère s'était pointée chez eux tôt le matin et que Law s'était incrusté dans son lit, il avait continué à ronfler comme un bébé. Kid lui fit signe de ne faire aucun bruit et vint le rejoindre sur le lit. Quand il fut à ses côtés, Law remarqua qu'il tenait une batte de baseball dans la main. Kid attrapa Law par la taille et le rapprocha de lui, tout en se tenant entre le chirurgien et la porte.
-Tu vas bien ?
-Oui. Ils sont en bas.
-Reste là, je vais aller les flanquer dehors.
-Hors de question. Je viens avec toi.
-Pour une fois s'il-te-plaît, fait ce que je te dis.
Pour la première fois, Law hésita fortement à répliquer. Kid était extrêmement sérieux, et peut-être se sentirait-il mieux s'il le laissait s'occuper seul de cet intrus. Mais s'ils étaient plusieurs ? Et armés ? Il ne pouvait pas laisser son fiancé se mettre en danger ! Kid vit son inquiétude dans son regard, et il prit l'une de ses mains dans la sienne pour la serrer fortement. La pression ne dura que quelques secondes, mais il espéra que ce serait suffisant pour que Law reste en sécurité dans sa chambre. Il préféra ne pas jouer avec le feu et il se précipita hors de la pièce aussi discrètement que possible. Law avait encore la sensation de ses doigts sur sa peau, comme une caresse rassurante en continue. Il décida de faire un compromis, tout seul cela dit, et accepta de ne pas sortir avant que trois minutes ne se soient écoulées. Simple précaution...
Il resta silencieux et s'approcha de la porte de la pièce pour mieux entendre ce qu'il se passait. Dans un premier temps, il n'y avait que des murmures de voix qui lui parurent familières, mais qu'il ne parvenait pas à reconnaître. Il n'y avait pas celle de Kid cependant. Deux minutes après que son fiancé se soit lancé seul dans l'offensive, un bruit sourd retentit enfin, si brusquement et soudainement que Law sursauta violemment. Juste après ce bruit, un hurlement de douleur raisonna dans toute la maison, et là il reconnut la voix du roux. Pris de panique, il regarda autour de lui à la recherche d'un objet pouvant éventuellement lui servir d'arme ; il ne trouva qu'une lampe et dû s'en contenter. Armé, il courut dans le couloir et descendit les escaliers en vitesse. Il déboula dans le salon, levant sa lampa haut au-dessus de sa tête, et quand il vit, non pas la mais les personnes qui avaient pénétré son domicile, il se figea en les reconnaissant. Kid gisait à ses pieds, une main sur la bosse en croissant au sommet de son crâne, adressant un regard noir à la personne qui était la plus proche d'eux.
-T'es pas sérieuse maman, gueula-t-il.
-Toi t'es pas sérieux ! Depuis quand on menace sa mère avec une batte de baseball ?!
-Vous êtes entrés chez nous par effraction, tu voulais que je fasse quoi ?! Vous êtes pas au courant que le quartier est pas sûr en ce moment ?!
-C'était une idée de ta grand-mère.
-Et en plus vous avez entraîné papa avec vous ! Vous devriez avoir honte !
Law soupira et posa sa lampe sur la première table à sa portée, se retenant fortement de retourner se coucher comme s'il n'était au courant de rien. Seuls le respect et l'hospitalité le retinrent...
La mère de Kid, Keyla Eustass, était l'exemple même de la brutalité arrogante de la famille, tout comme sa mère et son fils. Dans sa jeunesse, elle avait laissé des traces dans les archives des établissements scolaires par lesquels elle était passée, notamment du point de vue des travaux qu'ils ont été obligés de faire à cause d'elle. Elle ne s'était jamais laissé faire, mais son côté brute de décoffrage n'empêchait pas une féminité séductrice. Elle n'avait pas sa langue dans sa poche, et était toujours la première à hausser le ton et brandir le point pour défendre une cause. Ce tempérament rendait houleuses ses relations avec sa mère la grande majorité des membres de la grande famille Eustass. Récemment, Law a dû apprendre l'immense arbre généalogique de la famille, remplit de quantité d'oncles, de tantes, de cousins, de cousines, et autres. Quand l'un d'eux se mariait ou célébrait une naissance, on passait toujours dix bonnes minutes à retrouver de qui il s'agissait, et on ne pouvait pas organiser de réunions de famille sans louer une grande salle des fêtes.
Son caractère difficile et sa domination constante sur les garçons avaient porté préjudice à Keyla durant son bal de promo à la fin du lycée. Aucun élève ne voulait se risquer à l'invité, et elle n'avait pas vraiment d'amies car elles avaient toutes peur d'elle. Et puis le jour J, alors qu'elle s'était tristement résigné à y aller seule, et envisageait fortement de tout détruire, un adolescent un peu effacé et très timide avait pris son courage pour venir la voir et lui demander d'être sa cavalière. Il tremblait d'anxiété et fixait le sol en serrant ses manuels contre sa poitrine. Elle l'avait regardé, et lui avait demandé un peu brutalement pourquoi il l'avait choisie elle. Elle savait que c'était une opportunité qui ne se représenterait pas, elle ne voulait pas de sa pitié. Il avait alors répondu avec sincérité qu'il la connaissait depuis longtemps, bien qu'elle ne se souvenait sans doute pas de lui, et qu'il admirait sa beauté, sa force et son courage. Poussé par une impulsion momentanée, il avait fini par lui déclaré sa flamme, suscitant l'étonnement de tous les élèves autour. Keyla en avait été émue, et avait accepté sa demande ; ce bal de promo fut leur premier rendez-vous, et donna suite à de nombreux autres, puis un mariage et un enfant.
Tadashi était, du point de vue du caractère, l'exact opposé de sa femme ; mais il se sentait de plus en plus comblé chaque jour. Il ne saurait demander mieux qu'une femme belle et intelligente, sûre d'elle et fidèle à ses valeurs pour partager sa vie. Étonnamment, Tsuma l'aimait beaucoup, et il l'avait tout de suite accepté en tant que gendre. Ce n'était pas quelqu'un de difficile, et il était prêt à accepter toutes les exigences de sa belle-famille sans broncher, comme par exemple celle de prendre le nom de famille de son épouse. Malgré tout, il savait comment calmer sa femme lorsqu'elle s'échauffait un peu trop, et gérait parfaitement les finances de la famille. Law était content de l'avoir à ses côtés, car son expérience en tant que "homme réservé arrivant dans une famille de brutus" le rassurait beaucoup. D'ailleurs, la grande majorité des Eustass choisissait un partenaire calme et réfléchi pour faire sa vie.
Quand Kid leur avait présenté Law, Keyla et Tadashi l'avaient accueillis sans hésiter. Il correspondait parfaitement à ce qu'ils désiraient pour leur précieux enfant. Si les discussions étaient quelques peu tendues avec la grand-mère, Law s'entendait à merveille avec Keyla, qui se plaisait à organiser des sorties avec lui pour apprendre à le connaître. Quand il romprait sa fiançailles avec Kid, ses parents allaient beaucoup plus lui manquer que le garagiste, assurément. Il pourrait se consoler en se disant qu'il continuerait de voir Killer, puisque ce dernier avait une relation très sérieuse avec l'un de ses amis, Pingouin. Dans la famille, Killer était considéré comme le frère de Kid, bien qu'il n'ait même pas été adopté officiellement par Keyla et Tadashi. Keyla était présente à son accouchement, littéralement puisque ce fut elle qui se tenait à côté de la mère biologique de Killer pour l'encourager d'une voix forte. Elles n'étaient pas amies, elle se connaissaient à peine à vrai dire, mais puisque les parents de Killer ne voulaient pas s'occuper de lui, c'était Keyla qui avait tout prit en charge et l'avait accueilli à bras ouverts dans son foyer. Elle avait souvent tendance à dire qu'elle l'avait mis elle-même au monde, et à force Killer ne lui faisait même plus remarquer le contraire.
Tadashi adopta une moue contrariée et montra du bout du doigt la fenêtre qu'ils avaient brisés quelques minutes plus tôt.
-Nous sommes désolés de venir vous réveiller en pleine nuit. Et il est évident que nous allons payer pour cette fenêtre.
-Ce n'est pas grave Monsieur, le rassura Law. Kid les casse assez souvent. Et on a un ami qui nous fera un prix.
-Bon, s'exclama Tsuma, on va pas rester planté là quatre ans. Kid, va nous faire du café !
-Quoi ?! T'es complètement barrée !
-La ferme. On doit tenir une réunion de famille importante, ça ne peut pas attendre que le jour se lève.
-Mais tu fais chier mémé, il est deux heures passées ! Je bosse demain !
-Moi aussi, fit remarquer Law.
Il partit néanmoins faire du café pour ses "invités", car il était impossible de discuter avec Eustass Tsuma. Ils prirent place dans le salon ; Keyla, Tadashi et Tsuma prirent place sur le canapé, obligeant Kid à s'asseoir sur le fauteuil avec Law sur ses genoux. C'était un peu embarrassant, mais Law s'efforça de ne rien laisser transparaître.
-Bon la vieille, pourquoi tu nous les brises au lieu de nous laisser dormir ?
-Je me demande bien trop souvent ce que Law te trouve, déplora Tsuma en soupirant.
-Je choisis de garder le silence, déclara le concerné.
Kid lui adressa un regard outré.
-J'ai demandé cette réunion de famille pour vous faire part d'un gros problème que j'ai cependant déjà signalé plusieurs fois...
-T'en as marre de nous et tu veux qu'on te place en maison de retraite ?
-Keyla...
-Désolée Tadashi mais j'ai besoin de sommeil !
-Soyons sérieux un instant, s'énerva Tsuma. Le problème est que ces jeunes tourtereaux mettent encore bien trop de temps pour organiser leur mariage. De toute évidence, ça cache quelque chose.
Law leva les yeux au ciel et se demanda pourquoi il ne s'en était pas douté. Probablement à cause de la fatigue. Bon, que pouvaient-ils utiliser comme excuse cette fois-ci ? Les heures supplémentaires qui s'étaient accumulées ? Des vacances avec des amis qui avaient tapé dans le budget ? Des travaux prévus pour les deux mois à venir ? S'ils prenaient cette dernière excuse, ils seraient vraiment obligés de faire des travaux ; Tsuma serait capable de venir vérifier. Il sentit soudain les mains de Kid se refermer sur ses hanches, le souleva légèrement pour le positionner principalement sur son autre jambe afin qu'il puisse regarde sa grand-mère droit dans les yeux. Law avait été surpris, et il s'était agrippé à l'épaule du roux par réflexe.
-Grand-mère, t'es vachement culottée de venir nous reparler de ça maintenant !
-Les fiançailles sont un engagement, Kid. Si tu es un homme digne de ce nom...
-Commence pas ! C'est pas une question d'être un homme ou pas ! Ce mariage, c'est une journée importante pour un couple, et on peut pas se permettre de faire de connerie ! On doit le préparer ensemble, mais pour l'instant c'est même pas envisageable !
-Vous comptez encore me servir vos excuses sans aucun fondement ?
-Tu pourras m'engueuler autant que tu veux, mais je sais que j'ai fais ce qu'il y a de mieux ! Law se tue au travail à l'hôpital tous les jours, sans compter qu'il a failli se faire tuer y a pas si longtemps que ça ! Je peux pas lui demander quand il rentre à 22 heures de s'asseoir à table et de choisir des putains de fleurs ! Alors je veux plus avoir à rediscuter de ça avec toi !
Tsuma fulminait, mais malgré sa fierté, elle savait quand elle n'avait plus qu'à s'incliner. Aussi ne répondit-elle rien. Keyla adressa un coup d'œil étonné à sa mère, puis reporta son attention aux deux hommes assis sur le fauteuil, et plus précisément sur Law. Elle sourit tendrement quand elle le vit poser sa main sur le bras de Kid pour le calmer, puis elle se leva et invita son mari à en faire de même en entrelaçant leurs doigts et le tirant doucement vers elle.
-Eh bien ceci étant dit, je pense qu'on devrait les laisser finir leur nuit et rentrer chez nous.
-Franchement, grogna Kid, ça valait pas le détour. Vous êtes pas restés assez longtemps pour que votre café soit froid.
-Toi la ferme sinon je dors dans ton lit.
-Bonne nuit maman.
S'il n'avait pas été aussi fatigué, Law se serait moqué de lui. Au lieu de ça, il raccompagna sa belle-famille à la porte. Kid s'était contenté de les saluer et était monté se recoucher. Keyla serra son futur gendre dans ses bras, et lui chuchota des remerciements. Law supposa qu'elle le remerciait d'être là pour Kid, mais après ce qu'il avait dit ce soir, ce serait plutôt à lui de faire des remerciements. Tadashi lui serra la main, d'une poigne un peu molle à cause de la fatigue, mais avec un sourire sincère. Tsuma ne fit pas tant de cérémonies, mais avant que Law ne puisse refermer la porte derrière elle, elle eut le temps de lui poser une toute dernière question.
-Et les enfants, c'est pour quand ?
-Je choisis de garder le silence.
Il claqua la porte. Il s'assura par la fenêtre qu'ils prenaient la route sans encombre, et une fois que leur voiture disparut de son champ de vision, il débarrassa les tasses de café, éteignit toutes les lumières et retourna dans sa chambre. En entrant dans la pièce, il hésita à allumer la lumière, puis se dit qu'il parviendrait à trouver son lit seul. Après tout, Kid lui-même l'avait trouvé, à défaut d'avoir atteint le sien. Il était profondément endormi sous les draps du chirurgien, et ronflait bruyamment. Law pourrait le faire rouler au sol, ou aller s'installer dans son lit, mais il était trop tard pour sa battre. Et la perspective de dormir avec Kid ne lui paraissait pas désagréable. Il hésita un peu, mais se glissa quand même sous la couette. Il laissa une certaine distance entre eux, mais quand Kid sentit un léger affaissement du matelas, il ouvrit un œil qu'il referma deux secondes plus tard avant de l'attirer à lui pour le serrer dans ses bras. C'était bienvenue après cette soirée riche en émotion, et contrairement à ce qu'il pressentait, Law dormit merveilleusement bien cette nuit-là.
L'auteur vous recommande de vous méfier de Sabo...
Je ne suis pas très sûre des deux dernières scènes...
J'ai réussi à rendre la scène KidLaw plus mignonne que prévu ; j'espère qu'elle vous plaît ainsi.
En revanche je suis particulièrement fière de la scène de Franky et Robin, ainsi que de la tirade de Sanji.
Globalement, ce chapitre n'est pas le plus intéressant de la fanfiction. Je pense que les deux prochains devraient mieux vous plaire.
Merci à tous ceux qui continuent de lire cette histoire ! Et merci à ceux qui viennent de monter dans le bateau !
