Petit mot de l'auteur : Tout d'abord, quelques basiques mais sincères vœux de bonne fin d'année (est-ce que ça se dit comme formule?) Mais bref, je vous retrouve avec une nouvelle participation à l'arbre à texte du Répertoire fanfiction HP. Encore une fois, Harry Potter ne m'appartient pas. L'image associée au défi est à retrouver sur ma page face "Almayen - fanfiction "

Petit jeu pour ce texte : j'ai fait une référence à un anime que j'aime beaucoup (beaucoup trop pour le bien de mes révisions). Celui qui trouve aura le droit de me donner un défi d'écriture !


Personnages : Harry Potter, Ron Weasley, Hermione Granger

Thème : Révision

Mots à insérer : fatigue, paresse, concentration, rigueur.


La guerre contre les fourmis – chimères eut lieu en 1148. Elle opposa…

Harry ne pouvait se souvenir de quels cans s'étaient opposés lors de la guerre en question. Pour être tout à fait honnête, il avait oublié quant à l'existence même de cette guerre. Après tout, il était grandement âgé. Certaines choses apprises et répétées s'effaçaient avec le temps – surtout quand ces choses relevaient du cours rébarbatif d'histoire de la magie. Qui avait quelque chose à faire de ces leçons là ?

Harry pouvait imaginer très bien Hermione s'indigner en entendant cette réflexion. Elle aurait certainement dit quelque chose du genre « L'histoire est une discipline très importante ! L'histoire nous permet d'apprendre les erreurs de nos ancêtres, et d'éviter de les reproduire ! Il est essentiel d'aborder cette discipline avec une grande rigueur, afin d'en… » A ceci, Ron et Harry auraient levés les yeux au ciel, avant de retourner à leur bataille explosive sous l'oeil désapprobateur de leur amie.

Oui, la scène était très claire dans son esprit. Ces remontrances durant les révisions de fin d'année, Harry les connaissaient par cœur – comme une pièce trop souvent répétée, où les répliques venaient naturellement.

Et c'était peut-être à cause de cette limpidité que cette scène était particulièrement douloureuse.

Harry ne l'admettrait jamais, mais ces moments lui manquaient. Bon dieu, les révisions lui manquaient – si quelqu'un était venu lui dire cela, 70 ans plus tôt, il ne l'aurait jamais cru. Comment regretter ces longues heures de travail, de concentration ? Comment regretter ces moments d'angoisse en voyant les cours s'accumuler ? Comment regretter ces après-midi à tenter de vaincre la fatigue ? Cela semblait impossible, et pourtant. Harry en était venu à souhaiter revivre ces moments-là.

Sûrement était-ce l'effet du temps. Le temps guérissait tout, disait-on. Harry était bien placé pour savoir que ce dicton était faux. Le temps n'était pas guérisseur – il avait un tout autre pouvoir : il transformait les souvenirs, les modifiait, pour n'en garder que les meilleures parties. Cela devait être pour cela qu'en retrouvant une vieille fiche de révision, dont le parchemin usé s'effritait presque totalement sous ses doigts, l'octogénaire-Harry ne voyait pas les choses de la même manière que le jeune-Harry. Là où ce dernier avait lu avec paresse et contrainte quelques lignes écrites par Hermione sur la guerre des fourmis – chimères, le vieil homme qu'il était désormais relisait avec nostalgie ces mêmes lignes, le goût de la mélancolie en plus.

Hermione… Il avait oublié à quel point son écriture était belle. Et lisible – bien loin des pattes de mouches de Ron.

Harry se leva et commença à parler seul, à voix haute – il en avait pris l'habitude depuis que Ginny l'avait quitté, deux ans auparavant. Parler, pour donner une présence à la maison, déjà bien trop grande pour lui.

- Je vais envoyer cette feuille à Ron. Je suis sûr que ça lui fera plaisi…

Parler, avant de s'arrêter.

Et de pleurer.

Et de se rassoir.

Il ne savait pas ce qui était le pire dans ces moments-là. Que Ron soit partit aussi, ou bien qu'il oublie que son meilleur ami l'ai quitté également. Cela faisait déjà – et seulement – deux mois. Il aurait dû se faire à cette idée depuis ce temps. Il aurait dû cesser de mettre de côté des choses destinées à Ron pour sa prochaine visite à Saint Mangouste. Car Ron était mort. Ginny aussi. Hermione aussi. Il aurait dû s'y habituer, accepter l'idée qu'il était seul désormais. Oh certes, il n'était pas totalement seul – à 84 ans, il avait de nombreux enfants, petits-enfants et autre progéniture. Mais il était douloureux de constater qu'il était le dernier de sa génération, le dernier de ses amis, le dernier du célèbre trio. Le Survivant. C'était assez ironique de constater que c'était encore lui qui était vivant, et ses proches morts. Ironique, et lassant.

Le parchemin toujours en main, Harry ferma les yeux. La guerre contre les fourmis – chimères eut lieu en 1148. Avec un peu de concentration, il pouvait presque entendre la voix d'Hermione prononcer ces mots, sous l'œil inattentif de Ron qui bronzait au soleil. Il pouvait de nouveau sentir l'odeur des livres entassés près d'eux, l'herbe sous son ventre alors qu'il était allongé dans le parc.

Oui, le temps avait bien fait son travail. Le temps avait transformé ces pénibles révisions en un souvenir précieux, à l'odeur si chère et douloureuse que seule possède la nostalgie.