Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit en une heure (et demi) pour la 114e nuit du FoF sur le thème "maman". Le Fof est un forum permettant de discuter, s'amuser, participer à des défis... et vous pouvez le retrouver dans mes favs.
Ce texte répond aussi à plusieurs défis de la Gazette : le défi fou 169 (le Terrier) et le défis des citations contes des royaumes 180 (c'était vous)
Sinon j'ai changé le nom du recueil car ça devenait trop long à écrire. " Aparecium" est un sortilège qui permet de révéler l'encre et les écritures invisibles.
Personnages : Harry
Contexte : post livre
Merci à Marina, Angelica et Destrange pour leurs reviews sur les chapitres précédents !
Le Terrier était en ébullition. Ce n'était pas vraiment un état de fait exceptionnel, la maison des Weasley étant toujours remplie et donc particulièrement bruyante, mais l'agitation de cette journée de juin était exceptionnelle, même pour les critères de la maisonnée. Il fallait dire qu'aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres : c'était la fête des mères.
Chacun des enfants Weasley avaient préparé une surprise – et même si la perte de Fred se faisait encore cruellement sentir, tous avaient essayé de mettre leur peine de côté pour rendre honneur à leur mère. Même Charlie avait fait le voyage depuis la Roumanie pour l'occasion.
Alors que les Weasley avaient commencé le repas pour lequel tous les membres de la fratrie avaient mis la main à la patte, des coups se firent entendre à la porte. Tous se crispèrent un instant devant le bruit inattendu – la guerre, même un an après sa conclusion, avait laissé des marques, dont la méfiance – et Arthur, baguette à la main, se leva pour ouvrir à l'intrus. Il se détendit toutefois immédiatement en constatant que le visiteur n'était autre qu'Harry, et s'empressa de le faire rentrer.
- Harry, chéri, que je suis heureuse de te voir ! s'exclama joyeusement Molly. Ginny nous avez dit que tu serais retenu au travail.
- Oui, je suis malheureusement très pris. Mais je tenais quand même à faire un bond en vitesse, expliqua Harry.
- Oh bien sûr, je comprends tout à fait. Tu voulais quelque chose en particulier ?
- Et bien, oui... Molly, puis-je vous parler en privé ?
La matriarche s'empressa d'acquiescer, assez intriguée et étonnée de l'air timide de son protégé. Elle le conduisit dans le salon, où Harry lui tendit un paquet soigneusement emballé. À l'intérieur se trouvait un pull en laine rouge, où un « M » majuscule avait été cousu. Voyant la femme émue et étonnée, Harry s'expliqua :
- Je n'ai jamais eu l'occasion de vous le dire, Molly, mais durant toutes ces années, vous m'avez été d'un grand soutient. Dans vos paroles, vos actions, vos cadeaux de Noël, vos... votre présence, tout simplement. Et je ne sais pas si c'est déplacé de ma part de vous dire cela, mais... vous avez été comme une mère pour moi. La première que j'ai réellement connu et eu. Alors, pour tout cela, merci.
Des larmes coulèrent sur les joues de Molly, et Harry craint un instant d'avoir dit quelque chose qu'il ne fallait pas. La mère Weasley le rassura cependant rapidement en le serra dans ses bras, et en murmurant :
- Ce n'est pas du tout déplacé, Harry chéri. Tu es comme mon fils. Tu auras toujours ta place dans cette famille, d'accord ?
Le jeune homme acquiesça, soulagé et ému. Pour être tout à fait honnête, il s'attendait à ce que Molly lui réponde quelque chose du genre, mais l'entendre dire à voix haute était beaucoup plus fort que de l'imaginer. Les deux restèrent un instant dans les bras de l'autre, avant que Molly ne lui redemande :
- Tu es sûr que tu ne veux pas rester pour le repas ?
- Ça aurait été avec plaisir, mais comme je vous l'ai dit, ma journée s'annonce très chargé. Je reviendrais un autre jour.
Sur ce, Harry transplana vers sa deuxième destination de la journée : Godric's Hollow.
oOoOo
Il avait légèrement menti à Molly. Sa journée s'annonçait en effet chargée, mais contrairement à ce qu'il avait demandé à Ginny de dire, ce n'était pas le travail qui en en était le responsable. C'était quelque chose de beaucoup plus personnel.
Marchant dans les rues tranquilles du village, Harry tentait d'oublier les souvenirs désagréables survenus l'année précédente. Il fini par arriver vers l'endroit qui l'intéressait : le cimetière et plus particulièrement la tombe de James et Lily Potter.
Contrairement à sa précédente visite, cette dernière n'était pas recouverte de neige, mais d'une multitude de feuilles et de fleurs, tombés du cerisier situé au-dessus. Harry accroupi devant la dalle de pierre et y déposa un bouquet de roses. L'émotion menaça de le submerger, mais il se força à reprendre le contrôle de ses émotions pour pouvoir confier ce qu'il était venu dire :
- Bonne fête maman... je suis désolé de ne pas être venu pour les dix-neufs derrières fêtes des mères. Je te promets de me rattraper pour les prochaines.
Après ce serment, Harry resta une heure à parler de tout et de rien, de l'année écoulée, de ses espoirs pour la reconstruction du monde magique, des cauchemars qu'il continuait à faire... Il savait qu'extérieurement, il semblait parler dans le vide – où à la rigueur, à une dalle de pierre froide. Mais au fond de son cœur, Harry sentait qu'il n'avait jamais eu l'impression d'être aussi proche de sa mère.
Même s'il se sentait profondément serein dans le petit cimetière de Godric's Hollow, Harry se décida néanmoins à partir au bout d'une heure : il lui restait en effet un dernier arrêt à faire. Et même s'il n'avait même pas à parler à la destinataire de son dernier cadeau, cet arrêt resterai le plus difficile de la journée.
oOoOo
Il réapparut dans un léger et discret « plop » devant les grilles du manoir. La vue de la bâtisse où il avait été amené à peine un an plus tôt lui procura des sueurs froides. Mais il était venu pour une raison précise, et ce n'était pas quelques mauvais souvenirs qui allaient l'arrêter – du moins, c'est ce dont il essayait de se persuader. Fier de cette résolution bancale, il s'engagea dans l'allée, toujours aussi impeccablement taillée – certaines choses ne changeaient décidément jamais. Il fini par arriver devant la porte d'entrée, où il toqua énergiquement.
Ce fut un Drago Malefoy tiré à quatre épingles qui lui ouvrit d'un flegmatique :
- Potter.
Son « Malefoy » fut tout aussi impassible – là encore, la guerre n'avait rien changé à leurs salutations. Une nouveauté fit toutefois son apparition lorsqu'Harry tendit au blond une lettre en demanda :
- Tu peux transmettre ça à ta mère en lui disant que c'est de ma part ?
Drago prit la missive, manifestement étonné. Avant qu'il ne puisse rajouter quoi que ce soit, Harry fit demi tour. Il entendit toutefois très clairement le blond lui proposer :
- Tu veux lui donner en main propre ? Ma mère est dans le salon. On a même du thé si tu veux...
A en juger par le ton de sa voix, Drago était tout aussi surpris de s'entendre inviter Harry Potter à boire du thé que le brun ne l'était lui-même. Cela le poussa à se tourner de nouveau vers le blond et à esquisser une sorte de sourire de remerciement :
- Non merci. Je... j'ai du travail qui m'attend. Contente toi de lui donner, d'accord ?
Harry n'expliqua pas qu'il aurait été insoutenable pour lui de retourner dans le lieu où Hermione avait été torturé. Cela aurait été inutile – Drago semblait l'avoir compris de toute manière, et hocha la tête. Assuré que sa demande serait exécutée, Harry transplana, laissant le manoir derrière lui.
Drago, lui, ferma la porte, fixant la lettre donnée par Harry. Celle-ci ne portait pas de cachet officiel (ni même de cachet tout cours), il devait donc s'agir bel et bien d'une lettre personnelle de la part du Gryffondor et non d'un message du Ministère. Drago rejoignit donc sa mère à l'étage, qui s'enquit sur l'intrus qui avait frappé à la porte :
- C'était Saint-Potter, il...
- Cesse de l'appeler ainsi, Drago, le réprimanda Narcissa. Il a fait beaucoup pour notre famille. C'est grâce à lui si nous ne sommes pas à Azkaban avec ton père.
- C'était Potter, reprit Drago (ce qui conduisit sa mère à lever les yeux mentalement au ciel en pensant que certaines choses ne changeraient décidément jamais). Il voulait te donner ça.
Narcissa prit la lettre que son fils lui tendait, attendit quelques instants, et haussa finalement un sourcil qui voulait dire « je voudrais lire cette lettre seule ». Drago fini par exécuter à la demande silencieuse de sa mère, qui ouvrit avec anxiété le message laissé par le Sauveur. Elle était inquiète : qu'est-ce qu'Harry Potter pouvait bien avoir de si important à lui dire pour lui écrire une lettre et venir lui donner en mains propres au Manoir ?
Elle fini par ouvrir la fameuse missive où était inscrit les mots suivants :
" Madame Malefoy,
J'ai longtemps hésité à vous écrire cette lettre. Cela fait un an que je repousse ce moment, pour tout vous dire. Et pour comprendre pourquoi je saute le pas maintenant, je dois vous expliquer quelques choses sur ce dernier mois.
J'ai réalisé en effet il y a quelques semaines que je n'avais jamais fêté la fête des mères. Ce qui n'est guère étonnant, me direz vous : ma mère est morte avant que je ne puisse me souvenir d'elle, et ma tante... ma tante a été tout sauf un modèle de maternité pour moi. L'an dernier, lorsque nous étions encore en guerre, je me suis rendu sur la tombe de ma mère, et j'ai alors compris que si elle n'était plus là, je pouvais toujours lui parler, me rapprocher d'elle. Dans la mesure du possible, du moins. Ce qui m'a également fait réaliser que ces dernières années, j'avais eu si ce n'est une mère, une femme qui s'en rapprochait. J'ai alors décidé cette année de célébrer ces deux femmes, ces deux figures maternelles.
Mais alors que je préparais quelques cadeaux pour elles, je ne pouvais chasser de mon esprit un sentiment de vide. Comme s'il me manquait quelque chose. Et j'ai fini par comprendre : ce qu'il me manquait, c'était vous.
Je ne suis bien sûr pas en train de dire que vous avez été une figure maternelle pour moi – nous ne connaissons pas assez pour cela, et je ne pense pas honnêtement que nous puissions dépasser un jour le passé que nous avons en commun pour que cela se produise un jour. Si je vous écrit cette lettre en ce jour, c'est parce que j'ai finalement compris le point sur lequel je peinais à mettre des mots, et le résultat est tout simple : j'ai été par deux fois approché par la mort, ou par son représentant de l'époque, Voldemort. Et ces deux fois, j'ai été sauvé par des mères. La première fois, il y a dix-neufs, par ma mère, lorsqu'elle s'est interposée entre le seigneur des Ténèbres et moi. Et la deuxième fois, lorsque vous avez fait de même, un an auparavant. Vous ne l'avez pas fait pour me sauver moi, mais pour sauver votre fils – et même si cette marque d'amour ne s'adressait pas à moi, elle reste la plus puissante que je n'ai jamais vu. Et pour cette raison, vous faites partie des mères de ma vie.
Je vous remercie donc pour ce que vous avez fait dans la forêt interdite. Et je vous souhaite de passer de nombreuses autres fêtes des mères avec votre fils.
Harry Potter "
