Petit mot de l'auteure :ce texte a été écrit pour un événement lancé par Nanthana : écrire une "carte postale", cad un cadeau pour une personne du discord. Le thème de cette année était SOLEIL ou/et VACANCES pour un texte compris entre 100 et 500 mots maximum.

Cette carte est pour Mimi !


Dans sa vie, Hermione n'avait pas pris beaucoup de décisions sur un coup de tête. Partir au Japon était certainement la plus grande.

Il fallait dire que la guerre l'avait profondément ébranlée. Les stigmates des tortures de Bellatrix étaient encore présentes. Elle avait espéré que ses retrouvailles avec ses parents l'aideraient à l'apaiser mais le voyage en Australie avait eu l'effet inverse : rendre la mémoire aux Granger s'était avéré impossible. Elle était rentrée au Royaume-Uni dévastée. Eux-mêmes confrontés à un deuil terrible, ni les Weasley ni Harry n'avaient réussi à la tirer de sa dépression, malgré leur invitation à rester chez eux.

En désespoir de cause, elle avait acheté un billet pour le Japon. Pourquoi le pays du soleil levant ? Elle ne savait pas bien. Peut-être était-ce pour mettre le plus de distance possible avec le Royaume-Uni, peut-être pour renouer avec les anime de son enfance quand tout allait si bien... Tout ce dont elle était sûre, c'est qu'elle espérait que ces vacances l'aident à s'apaiser d'une quelconque manière que ce soit.

Les deux premiers jours, elle ne put pas vraiment dire que cela fonctionnait. Elle appréciait évidemment découvrir l'architecture du pays, sa culture, sa langue, mais elle se sentait toujours aussi mélancoliquement triste qu'en arrivant.

Tout changea le troisième jour.

Elle marchait dans un des quartiers les plus traditionnels de Tokyo lorsqu'elle tomba sur un petit atelier de poteries. Celles-ci étaient toutefois étranges : elles semblaient... cassées, avant d'avoir été recollées. Cédant à sa curiosité, elle entra dans la boutique où elle observa longuement les objets. Constatant son intérêt, le vendeur s'approcha d'elle.

- C'est du kintsukoroi, expliqua-t-il en anglais.

Hermione fit un signe qu'elle ne connaissait pas.

- C'est un art ancestral qui consiste à réparer la porcelaine brisée, enchaîna donc le vendeur. Plutôt que de jeter les morceaux, nous préférons la réparer en sublimant les fêlures avec de l'or.

- C'est magnifique, souffla Hermione.

Elle ne disait pas cela pour faire plaisir au monsieur. Bien sûr, la céramique était belle. Mais cette idée qu'il était possible de trouver de la beauté dans les pièces les plus brisées... Cela faisait un drôle d'écho en elle.

Quand elle ressorti de la boutique une céramique à la main, elle se dit que ces vacances nippones avaient vraiment eu du bon : elle avait enfin retrouvé son désir d'aller de l'avant.