L'ajout de la version de l'ange n'est pas tangible dans la culture algonquine. J'ai adapté cette partie pour faire mon histoire.


Océan Atlantique, août 1900

Le capitaine Rushmore était un homme sévère, mais juste. Il tenait son navire en ordre avec une main de fer, et un équipage qui avait peu changé au fil des années. Maintenant, à mi-chemin entre le Japon et le Canada, il savait qu'il se trouvait dans l'océan Atlantique à la hauteur des pays arabes. Le voyage aurait duré la moitié moins longtemps s'il avait pu directement aller à l'Ouest du Canada. Mais malheureusement pour lui, l'église chrétienne qui avait payé la majeure partie du voyage, avait exigé qu'il accoste au Québec.

"Il y a beaucoup de sauvage à domestiqué à la voix de Notre Seigneur." Lui avait mentionné avec suffisance l'un des prêtres à bord.

Rushmore s'était retenu à grand-peine de rouler les yeux, et de cracher au pied du prête. Leur dieu était quelque chose auquel il ne croyait pas. Il avait été par une mère grecque et un père anglais absent. Poséidon était son dieu, et personne d'autre, et ce peu importe ce que les 'érudits' de ce monde lui dise. À part la vingtaine de prêtes à son bord, son bateau avait aussi une trentaine de Japonais qui espéraient une meilleure vie dans cette nouvelle terre. Ils restaient généralement tous regroupés ensemble, mangeant que du riz, et parlant qu'entre eux. Mais le capitaine avait vite remarqué que parmi tous ces petits nippons, se retrouvaient une famille de trois ; le père un homme – blond !? – Sa femme – encore plus surprenante, rousse – et leur fils lui aussi blond. Rushmore ne savait pas si c'était la raison pour laquelle ils étaient isolés, ignorés des autres Japonais, mais ce n'étaient pas ses oignons. Le père était un homme musclé, qui lui avait proposé avec son anglais acceptable d'aider à plusieurs reprises – il avait accepté – et son fils aussi. La femme donnait parfois un coup de main à leur cuisinier de bord, et leur repas frugal s'en retrouvait quelque peu amélioré.

Mais le malheur frappa 'Le Trident' un peu après avoir contourné ' Le Cap' de l'Afrique du Sud. La petite vérole éclata sur le navire, et nombreux ceux qui tombèrent malades pour finalement succomber à la maladie. Leur corps se couvrit de pustules, de sang, et la fièvre les rendait délirants. Leurs proches tentèrent du mieux qu'ils purent pour alléger leurs souffrances, mais la bataille était perdue d'avance. Cette maladie était sans pitié, et encore pire sur un bateau en pleine mer, et sans terre à vue ou de médecin. Ils durent jeter les corps par-dessus bord au fur et à mesure que les victimes décédaient.

Sur les vingt prêtres, huit perdirent la vie, pour le trente Japonais quinze moururent, et à sa grande tristesse, le couple si gentil perdit la vie, mais leur fils survécu, sans même être malade. Bien qu'il n'eût pas quitté le chevet de ses parents malades, s'occupant d'eux jusqu'à tomber de fatigue. Lorsque la mère mourut en premier, le jeune homme ne s'accorda pas le temps de pleurer sa perte. Il redoubla d'ardeur pour tenter de sauver son père, mais malheureusement, l'homme perdit à son tour le combat deux jours plus tard. Le fils regarda avec le même détachement que pour sa mère, le corps de son père être enveloppé avant d'être envoyé à son dernier repos dans le fond de l'océan. Rushmore avait cru qu'à cet instant, il craquerait qu'il laisserait la peine le submerger… Mais à sa surprise totale, rien de tout cela n'arriva. Le blond resta serein, droit, et il ne chercha pas le réconfort auprès de la boisson au contraire de la majorité. Le capitaine reconnu dans cet homme une force de caractère peu commune, et il lui inspira le respect. Une fois la catastrophe passée, il ordonna aux matelots de laver le navire au vinaigre, et de tout jeter ce qui pouvait l'être. Les prêtes ayant déjà peu de bien ne se firent pas prier, mais les Japonais étaient hors d'eux. Et soudainement, un groupe de cinq hommes s'était emparé de l'adolescent blond, et ils tentèrent de le jeter par-dessus bord. Rushmore ordonna à deux de ses marins de s'emparer du jeune homme de force, et ils durent menacer avec leurs épées les Japonais pour qu'ils lâchent le garçon. Alors l'un d'eux, un homme de grandeur moyenne, avec un corps émacié et des gestes brusques leur annonça à toute allure dans sa langue mère. Lorsqu'il réalisa que le capitaine, ainsi que le reste de l'équipage ne saisissaient pas un mot de ce qu'il disait, il tenta de se calmer.

"Ce konoko est maudit ! Il va tout nous tuer !"

Le capitaine haussa un sourcil peu impressionné par cette déclaration. Il connaissait bien une superstition lorsqu'il en voyait une. Ainsi, ce jeune homme – pour les autres Japonais – était un signe de malédiction. Pour quelle raison ? Il s'en foutait. Il ne voulait pas de ce bordel sur son bateau, et il ferait régner l'ordre. Client payant ou non. Rushmore considéra l'homme qui avait parlé sans détour dans les yeux avant de lui parler d'une voix claire, et lentement pour être certain qu'il serait compris.

"Sur ce bateau, ce sont mes règles qui mènent. Pas vos croyances, ni vos dieux ou quoi que ce soit d'autre. Si quiconque essaie de jeter qui que ce soit hors de mon bateau sans mon autorisation, se retrouvera lui-même jeter par-dessus bord avec l'écume au pied. Suis-je clair ?"

Le capitaine ne baissa pas le regard, et il ne permit pas à l'autre de le faire non plus. Il voulait savoir que le message avait été compris. Le Japonais hocha finalement la tête avant de tourner les talons non sans avoir jeté un coup d'œil mauvais vers le jeune homme.

"Marchot, amène-moi le petit."

Marchot était son second, un homme bâti comme un tonneau de bière, et très grand. Sa peau noire reflétait du bleu lorsque le soleil le touchait dans le bon angle. Les cheveux de son matelot étaient tissés serrés sur sa tête, et il portait en tout temps un bandeau multicolore autour de son cou massif. Le jeune homme lui arrivait à ses épaules, Marchot déposa une main massive sur l'épaule du blond et l'invita à approcher le capitaine. Le garçon approcha sans hésiter, après tout, il l'avait aidé auparavant accompagné de son père. Il riait facilement et aimait vraiment aider sur le bateau.

Rushmore n'avait aucune idée si le garçon parlait anglais, mais il se dit que si ce n'était pas le cas, il trouverait moyen de se faire comprendre. Après tout de tous les autres passagers, ses parents et lui avaient été les plus agréables à côtoyer.

Rushmore n'avait aucune idée si le garçon parlait anglais, mais il se dit que si ce n'était pas le cas, il trouverait moyen de se faire comprendre. Après tout de tous les autres passagers, ses parents et lui avaient été les plus agréables à côtoyer.

"Tu sais parler anglais, petit ?"

Le capitaine lui demanda une fois le garçon près de lui.

"Un peu."

"Quel est ton nom ?"

"Naruto."

Rushmore hocha la tête, en effet, il avait entendu les parents l'appeler ainsi, mais il n'avait pas été certain que c'était son nom, ou alors un autre terme.

"D'accord. Naruto, est-ce que tu veux toujours nous aider sur le bateau ?"

Le jeune homme l'observa un instant, surpris.

"Vous ne croyez pas que je suis akuma ?"

"Akuma ?" Rushmore ne connaît pas ce mot, ni sa signification.

"J'engendre le malheur…"

Il abaissa son regard après avoir déclaré cela, comme s'il craignait d'apercevoir quelque chose dans les yeux du capitaine.

"Je ne suis pas superstitieux. Je ne crois pas en vos dieux ou croyance. Mon seul guide et maître sont Poséidon, le dieu de la Mer."

Naruto le regarda pendant un instant pour finalement simplement hocher la tête.

"Je veux bien aider."

"Excellent. Marchot ! Prends le petit avec toi, et montre lui comment prendre soin, et entretenir les voiles."

L'homme de confiance hocha la tête avant de tourner les talons tout en attrapant Naruto par l'épaule.

Rushmore espérait ainsi garder le garçon assez occuper pour qu'il puisse plus facilement vivre son deuil. Il ne s'attachait habituellement pas à ses passagers, mais cette famille était à part, et pour une raison qu'il ne pouvait pas expliquer, Rushmore voulait réconforter Naruto, à sa manière. Ainsi, avec Marchot, Naruto serait occupé, apprendrait quelque chose d'utile, et il prendrait de la masse ainsi que des muscles.

Il retourna au gouvernail. Il restait encore environ deux mois en mer, et il espérait de tout cœur qu'le malheur ne le frappait pas à nouveau.

2 mois plus tard, Port de Montréal, Québec.

Rushmore observait les passagers débarquer d'avec empressement son bateau, et il en fut soulagé. Après la petite vérole, il n'avait pas eu d'autres éclosions de maladies, mais l'eau avait dû être jetée par-dessus bord, elle grouillait d'asticot. Il avait fallu se rabattre sur les tonneaux de whisky. Les Japonais n'avaient pas trop rechigné à consommer cette boisson alcoolisée, et ils étaient assez responsables pour ne pas se soûler à chaque soir. Les prêtes… Cela avait été une catastrophe. Dès le premier instant, ils avaient été outrés d'être obligés d'avaler une boisson de 'bas-fond' pour finalement boire comme des porcs, et se soûler jusqu'en être malade.

Le capitaine n'était pas fâché que ce voyage fût terminé. Son regard fut attiré par une masse indomptable de cheveux blonds qui émergeait de la cale. Le visage basané, le corps bien musclé, et le sourire contagieux allait beaucoup plus manquer. Naruto s'approcha à grande enjambée vers lui, en lui tendant la main.

"Tu es certain de ne pas vouloir travailler avec moi sur ce bateau ?"

Le capitaine lui demanda pour une troisième fois. Marchot lui avait expliqué que Naruto apprenait tout avec une facilité déconcertante pour un jeune homme de 19 ans, et il était vraiment agréable de travailler avec lui. Il était continuellement de bonne humeur, le sourire aux lèvres et il ne refusait jamais une tâche. Naruto travaillait aussi fort que les autres marins du navire, et il ne se plaignait jamais de ses blessures.

« Merci Rushmore, mais j'ai promis à mes parents de m'installer ici, de bâtir une ferme et d'être heureux. »

Les deux hommes se serrèrent la main avec chaleur, Naruto salua de loin Marchot, et il tourna les talons et il descendit à terre.

"Ce petit va me manquer." Rushmore déclara tout bas, à personne en particulier.

Il haussa les épaules pour lui aussi retourner à terre. Il devait aller se faire payer, remplir le bateau à nouveau, et tenter de trouver un contrat pour retourner en Europe le navire plein.


Naruto réalisa qu'il faisait beaucoup plus froid à ce qu'il s'attendait. Il déposa ainsi son sac au sol pour l'ouvrir. À l'intérieur, se trouvait un mélange de ses vêtements ainsi que ceux de son père, une photo de ses parents, et un petit coffret qui contenait toute leur économie. Il s'empara du manteau de son père, celui qu'il portait lorsqu'il partait à la chasse. Immédiatement, il eut plus chaud, Naruto se décida à suivre les autres Japonais. Bien que ceux-ci ne voulaient entièrement rien savoir sur lui, et lui d'eux, mais ils semblaient savoir où se diriger. Alors il les suivit, mais en gardant ses distances. Au bout d'une heure de marche, il se retrouva dans un quartier qui semblait constituer de maison en roches, et il n'y avait que des Japonais. Donc, il se mit en route pour trouver une auberge pour la nuit, et le lendemain, il tenterait de trouver un travail, et un endroit où il pourrait bâtir sa ferme.

Après plusieurs minutes de marche, il aperçut une enseigne qui désignait une auberge. Il ouvrit la porte avec entrain. Une fois dans l'auberge, il dut attendre un instant que ses yeux s'habituent à la pénombre qui régnait à l'intérieur. Une fois fais, il marcha posément vers un bureau qui était au fond de la pièce, et il s'empara de la clochette. Quelques instants plus tard, une dame âgée apparut, elle l'observa de la tête au pied avant de lui adresser la parole.

"Que puis-je pour toi ?"

Naruto déposa son sac au sol, il était compact, et ses épaules le faisaient souffrir.

"Je voudrai une chambre pour la nuit s'il vous plaît."

"200 yens."

Le jeune homme fut surpris par un prix si élevé, au Japon une petite auberge comme celle-ci ne lui demanderait pas plus de 50 yens.

"Mais – mais c'est beaucoup trop cher."

Naruto ne put s'empêcher de s'exprimer. Il devait faire attention à ses économies.

"Eh bien, ici, c'est le prix jeune homme."

Elle haussa légèrement le menton, retroussant le nez, comme si soudainement Naruto dégageait une odeur désagréable. Le jeune homme décida de tenter sa chance ailleurs, il devait faire attention avec son argent.

"Je vous remercie malgré tout, et je vous souhaite une bonne journée."

Naruto ramassa son sac, et il retourna dans l'air frais de cette fin de journée. Il tourna la tête de gauche à droite, les rues étaient presque désertes. Il haussa les épaules et décida d'aller vers la gauche, peut-être trouverait-il un endroit pour la nuit, et peut-être bien manger. Les rues étaient dans un état qu'il n'avait jamais vu avant. Elles n'avaient pas de pierres, seulement de la boue qui collait à ses bottes et bas de pantalons, gelant ses pieds rapidement. Les maisons étaient toutes en pierre, ou en bois, elles semblaient toutes sales, et en mauvais états. Ce n'était pas l'idée qu'il s'était faite à propos de ce nouveau pays. Au Japon, tout était – en général – bien entretenu, même dans les endroits moins fortunés, mais ici, tout semblait gris, triste, et froid.

Finalement, alors que Naruto croyait être obligé d'opérer un demi-tour, il aperçut une autre enseigne, qui lui indiquait un bar et gîtes. Il se déplaça rapidement, il ne sentait plus ses orteils tellement ses pieds étaient geler. Il ouvrit la porte et la fumée de cigares et cigarettes l'assaillit ainsi que le bruit de verre qui s'entrechoquait et le bruit d'une vingtaine de voix qui parlaient simultanément. Il s'avança vers le bar et prit place sur un des tabourets qui étaient inoccupées. Le barman se tourna vers lui. L'homme était immense des épaules larges des poings impressionnants et une barbe qui était aussi épaisse que volumineuse et ses grands yeux noirs dévisageaient Naruto.

"Ouais ?"

Même la voix de l'homme était impressionnante, il était très différent de tous les Japonais que Naruto avait côtoyés jusqu'à maintenant.

"Je cherche un gîte pour la nuit et un repas. C'est combien ?"

Le barman dévisagea Naruto une fois de plus de la tête au pied, avant de lui demander.

"Tu viens de débarquer du bateau qui arrive du Japon ?"

"Oui et j'ai faim et je suis fatigué. Est-ce que je peux avoir le prix pour une nuit et un repas chaud ?"

"Le gîte et le repas te reviennent à 90 yens."

Naruto soupira, c'était un peu moins cher que la dame précédente et ainsi, il pouvait passer une nuit au chaud et avoir quelque chose de chaud à se mettre sous la dent.

"D'accord, je vais prendre le repas et le gîte s'il vous plaît."

Le barman grogna avant de se déplacer vers l'arrière du bar où semblait se trouver la cuisine. Une dizaine de minutes plus tard le barman revient avec une assiette remplie de riz de poisson ainsi que quelques crevettes. Il dépose l'assiette face à un Naruto et lui donne ensuite une théière remplie de thé chaud. Le jeune homme blond se jeta pratiquement sur l'assiette qu'il dévora en moins de 2. Par la suite, il prit le temps de savourer le thé qui lui réchauffe à l'intérieur étrangement Naruto une brusque nostalgie de sa mère. Kushina faisait le meilleur thé qu'il n'avait jamais bu et il réalisa qu'il n'en boirait jamais plus. La perte de ses parents le frappa de plein fouet, Durand la traversée le capitaine du navire l'avait gardé occupé en tout temps et ainsi Naruto n'avait pas eu le temps de vivre proprement son deuil. Naruto cligna des yeux pour empêcher les larmes de couler sur ses joues et ensuite, il se lava pour se retourner ensuite vers le barman pour lui demander la clé de la chambre. L'homme tendit une clé très usagée attachée à un bout de bois tout aussi usé avec le chiffre 8 inscrit sur le bout de bois.

"Au fond de la salle, il y a un escalier qui monte à l'étage, ta chambre est la troisième à gauche. Tu dois avoir quitté avant 10 h demain matin si tu ne veux pas être facturé pour une journée de plus."

Naruto lui tendit l'argent, il marcha résolument vers l'escalier au travers des gens sur place, qui le regardèrent passer avec curiosité.

Une fois en haut des escaliers, il tourna dans la direction indiquer, et il se rendit à la porte avec le numéro 8. Il déverrouilla la porte ; la chambre était simple, et étroite. Un lit, un bureau, et une fenêtre étroite sale qui donnait sur le derrière du bâtiment. Naruto était épuisé, le restant du voyage après Le Cap, il s'était jeté dans le travail - il en serait toujours reconnaissant à Rushmore - et il n'avait pas eu vraiment le temps pensé à la perte de ses parents.

Mais maintenant, dans la solitude de cette chambre, la douleur le frappa de plein fouet. Il était seul au monde, dans un nouveau pays, et il ne savait pas réellement quoi faire. Tout ce qu'il savait était qu'il n'entendrait plus jamais le rire cristallin de sa mère, la tendre voix de son père, et leurs présences si rassurante. Toute sa vie, Naruto avait été entouré de leurs boucliers de protection envers les autres.

Lorsqu'il était né, selon ce que sa mère lui avait expliqué, il y avait eu un terrible tremblement de terre. Si violent qu'il eût pratiquement rasé le village, excepté étrangement de la maison où Naruto était né. Rapidement, cette nouvelle parcourut le village, et les anciens furent convaincus que la naissance du fils de Kushina et Minato constituait un mauvais présage. Ses parents tentèrent durant les deux premières années de sa vie, de transformer la perception des autres villageois à son sujet, mais ce fut peine perdu.

Lors du troisième anniversaire de Naruto, les habitants du village avaient tenté de mettre feu à leur maison. Ses parents avaient fui le village le soir même.

Ils s'installèrent dans un autre village, à environ deux jours de marche de leur ancien. Ils y furent heureux jusqu'à ce que Naruto ait dix ans. Cette année-là, une inondation avait pratiquement englouti tout le village... Excepté la maison où habitaient Naruto et ses parents. Les mauvaises langues ne mirent pas de temps à se mettre en action, et rapidement, leur famille fut pointée du doigt. Et les villageois apprirent - Naruto ne sut jamais comment - ce qui s'était passer à la naissance du garçon. Une fois de plus, les trois durent fuir le village au milieu de la nuit.

À présent, qu'il avait dix ans, Naruto comprenait bien que tout ce mal, et tous ces déménagements étaient reliés d'une manière ou d'une autre à lui. Lorsqu'il avait voulu en parler avec ses parents, sa mère, lui avait déposé son index sur ses lèvres.

"Rien de tout cela n'est ta faute, Naru. Ces gens sont tout simplement trop simple d'esprit pour comprendre qu'il y a des événements arrivent par hasard, et que personne n'a de contrôle."

Ceci avait apaisé le garçon, et ils avaient poursuivi leur route vers le prochain village qui pourrait - cette fois-ci - être le bon pour eux.

ls y habitèrent jusqu'au treizième anniversaire de Naruto. Cette nuit-là, le village fut attaqué par des Samouraïs rebelles qui saccagèrent tout le village, tuèrent une dizaine d'hommes, violèrent encore plus de femmes, et ensuite, ils mirent feu. Et pendant tout ce temps, la maison - légèrement en retraite - dès la famille de Naruto ne fut pas toucher. Le lendemain matin, lorsque Minato se présenta au village, il fut choqué de voir le ravage et la désolation qui se déroulait face à lui. Lorsqu'une femme le remarqua, lorsqu'elle vit qu'il était indemne, elle perdit toute couleur, et elle se mit à hurler. Les autres villageois accoururent vers les armes de tout genre en main, prêt à défendre une fois de plus leur village. Lorsqu'ils aperçurent Minato, ils l'accusèrent d'avoir été de mèche avec les brigands, et sans lui laisser le temps de s'expliquer, ils tentèrent de l'attaquer.

Minato, qui était en pleine forme, n'eut aucun mal à créer une distance entre lui et les habitants en colère. Il se dépêcha de se rendre chez lui, il exigea de Naruto et Kushina de prendre le strict minimum, et qu'ils devaient suivre. Naruto avait tenté d'argumenter, il en avait marre de toujours se sauver, de fuir, et de déménager.

"Ça suffit, Naruto ! Va faire ton sac !"

Pour la première fois de sa vie, son père avait haussé le ton envers lui. Les yeux bleutés du jeune homme se couvrirent de larmes, et il courut jusqu'à la pièce exiguë qui lui servait de chambre et fit à la hâte un sac.

À peine cinq minutes plus tard, la famille Namikaze était déjà en train de disparaître dans la profondeur de la forêt qui encerclait le village. Ils cessèrent de marcher uniquement lorsque la nuit tomba sur eux. Kushina trouva une grotte peu profonde, ou ils s'installèrent du mieux qu'ils purent. Minato tenta de discuter avec son fils, mais Naruto n'avait pas envie de discuter et il s'était éloigné un peu de leur grotte. Kushina approcha son époux, et l'enveloppa de ses bars, collant sa poitrine dans le dos puissant de Minato.

"Laisse-lui du temps. Il n'est pas habitué que tu élèves la voix, et je crois qu'il en a marre de toujours avoir à quitter les villages à la course."

"Je sais bien mon amour."

La tristesse qui se dégageait de Minato était quasi palpable, il se tenait responsable de ne pas être en mesure de fournir un environnement stable à sa famille. Il soupira longuement, appréciant la chaleur et la douceur qui se dégageait de sa femme. Il voulait trouver un moyen de faire en sorte qu'ils puissent enfin s'établir quelque part ou ils n'auraient plus à fuir. Minato savait qu'ils n'étaient pas loin de Kyoko.

"Dirigeons-nous vers la capitale. Peut-être aurons-nous plus de chance dans une grande ville, on pourra tout du moins être plus anonyme."

Kushina acquiesça de la tête tout en embrassant le cou de l'homme qui l'aimait tant, et qu'elle aimait tout autant.

Naruto se souvient qu'ensuite de cela, ils étaient allés à Kyoko, et une fois sur place, ils s'installèrent facilement, et son père trouva rapidement du travail. Ils y vécurent heureux sans aucun autre malheur ne les frappes... Jusqu'au dix-neuvièmes anniversaire de Naruto. Kyoko fut ravagée par les flammes, et presque tout fut détruit. Mais une fois de plus, par miracle, la maison de la famille Namikaze fut une des rares à être intact. Cette fois-ci, Minato n'attendit pas d'être pris à revers, et il retourna à la hâte chez lui.

"Kushina, Naruto !"

Les deux arrivèrent à toute allure, le regardant avec une angoisse qu'il connaissait trop bien.

"Il y a eu un incendie majeur... Qui a quasi tout détruit ? J'ai décidé que nous prendrons le prochain navire qui part vers les nouveaux pays."

Son fils et sa femme hochèrent la tête à l'unisson, ils savaient que c'était probablement la meilleure idée. Sinon, les habitants se rendraient bientôt compte que leur demeure était intact. Les membres de la famille ne comprenaient pas pourquoi ils s'en sortaient toujours indemnes lors de certains malheurs qu'ils avaient vécus autour d'eux. Naturellement, ils étaient ravis de ne pas avoir eu à vivre ceux-ci, mais tout de même, cette « bénédiction » leur avait nuis plus qu'autre chose.

"J'ai déjà parlé avec un marin qui travaille sur un bateau qui quitte le Japon demain matin pour le nouveau monde."


Et c'est ainsi que Naruto se retrouvait seul dans cette chambre modeste d'hôtel... Il se sentait si seul, déphaser. Il ne savait pas comment il pourrait aller de l'avant. Malgré ce qu'il avait déclaré à Rushmore, il n'avait aucune idée comment débuter cette nouvelle étape dans sa vie. Son estomac se tordit juste à penser aux prochaines étapes à venir, sans se déshabiller, il se glissa sous les couvertures. Il s'endormit presque immédiatement, et espérait voir le lendemain être plus facile à gérer et qu'il pourrait rapidement se trouver un boulot.