Le vagabond luciférien.
« Ominisis ozawa. » (cheveux blond)
« Ockijik mocokona. » (yeux bleu)
Ce sont des mots dans le dialectes Algonquins de la tribu Kitcisakik, qui habite dans la réserve faunique de La Vérendrye, sur les bords du Grand Lac Victoria. Au Québec.
2 mois plus tard, décembre 1900.
Naruto claqua la porte derrière lui, frustré. L'homme pour qui il avait travaillé depuis un mois et demi, venait – une fois de trop – lui retirer de l'argent sur sa paie.
"Tu as fait encore des erreurs dans les livraisons."
Le jeune homme marchait dans la neige, les mains dans les poches de son manteau, et la tête entré dans le collet de son manteau pour le protéger du froid. Il donna un coup de pied dans un bloc de glace, il n'avait pas commis aucune erreur dans les dernières livraisons. Il en était persuadé, mais le vieil homme japonais qui l'employait était un radin, et il croyait les ragots à son sujet. Il en avait marre de cette putain de ville, des autres Japonais qui le traitait comme s'il avait la peste. Naruto avait été très prudent avec ses finances, et il lui restait encore de l'argent que ses parents avaient amené avec eux.
Le barman du bar où il avait été la première nuit à Montréal, il lui avait proposé après sa deuxième journée à Montréal, de lui faire un prix préférentiel pour le logis et la nourriture. C'était le seul endroit dans le petit quartier japonais, où il se sentait accepté, et Hoshi – le barman – ne croyait pas aux vieilles superstitions.
Naruto avait décidé de quitter Montréal, il avait été témoin d'échanges entres les premières nations, et les vendeurs. Dans le nord de Montréal, il y avait quelques petits villages et les gens y vivaient de la terre, de la trappe, et de la chasse. Naruto ne s'y connaissait en rien, mais il apprendrait, il ne pouvait pas rester un moment de plus dans cette ville. Il avait appris – pour son travail – à monter à cheval, et il était plutôt doué. Mais il n'avait pas de cheval à lui, et devrait s'en procurer un s'il voulait se rendre au nord. Particulièrement en cette période de l'année où le froid était mordant, et la neige abondante.
Une fois au bar, il entra pour être accueilli comme d'habitude. La cacophonie de voix, de fumées de cigarettes, et le visage souriant des habitués de l'endroit qui avait appris à apprécier le jeune homme.
"Naruto. Viens manger, on a droit à des onigiris ce soir !"
Hoshi l'accueilli avec sa voix puissante, et un sourire dans sa barbe. Naruto lui sourit, il sentit son estomac gargouillé, il mourrait de faim. Il n'avait mangé qu'un bol de riz tiède ce matin avant de quitter pour le travail. Il prit place sur son tabouret habituel, et Hoshi déposa une assiette fumante contenant trois onigiris et une tasse de thé chaud. Le blond remercia d'un signe de tête le barman, et il se précipita sur la nourriture face à lui. Il eut rapidement terminé, et soupira d'aise.
"Hoshi !"
Naruto hélas l'homme à lui, peut-être connaîtrait-il quelqu'un qui possédait un bon cheval à vendre pas trop cher. Une fois son repas terminé, il prit le temps d'avaler son thé en observant la salle qui lui faisait dos. Les habitués étaient tous assis ensemble. En jouant à un jeu de société, des bouteilles de saké sur leur table, et les cigarettes à différentes étapes de fumée pendouillaient à leurs lèvres. Ils y avaient aussi quelques nouveaux venus, qui buvaient assis seuls ou en groupe. Et finalement, son regard se posa où Hoshi se trouvait. Un des rares Japonais qui le traitait amicalement. Malgré sa taille imposante, et son air revêche, le barman était un homme intègre. Il allait lui manquer, mais il ne pouvait plus habiter ici. Il étouffait… Il en avait marre des regards en biais que les autres les lançaient, ou alors les signes qui lui envoyait pour 'conjurer le mauvais sort'.
"Ouais ?"
"Je vais quitter Montréal. Connais-tu quelqu'un qui posséderait un bon cheval à vendre, pas trop dispendieux ?"
Les sourcils du barman se soulevèrent de surprise, et il introduisit la main dans la barbe épaisse qui ornait son visage. Il étudia longuement le jeune homme face à lui. Ce petit lui évoquait sa jeunesse, alors que lui aussi avait décidé de quitter le Japon et de sillonner l'Atlantique. Sûrement pas pour les mêmes raisons que Naruto – il ne lui avait jamais demandé, et le blond ne lui avait jamais dit – mais il semblait éprouver le même besoin de fuir les antiques croyances japonaises qui l'entraînaient vers le bas.
"Tu veux quitter à quel moment ?"
"Demain."
Le barman hocha la tête à quelques reprises, il pouvait – voulait – venir en aide à ce jeune homme. Après tout, Hoshi avait aussi entendu les rumeurs qui suivaient le blond comme un pot de colle, et il avait éclaté de rire lorsqu'une vieille femme l'avait mis en garde de l'avoir chez lui. Les vieilles traditions japonaises – en fait les superstitions – ne le dérangeaient pas, et il n'y croyait pas. Naruto était un jeune homme avec beaucoup d'entrain, il était toujours prêt à venir en aide, et malgré l'acharnement des autres autour de lui, aucun n'avait réussi à lui faire perdre sa joie de vivre.
"J'en ai un que je peux te vendre."
Le visage de Naruto s'éclaira de ce sourire qui était en mesure de rendre presque n'importe qui de bonne humeur.
"Ah oui ?"
"Je te vends, Fuyu."
Les yeux du jeune homme s'ouvrir comiquement, et sa bouche était entrouverte.
"Mais – Mais tu adores ce cheval !"
Hoshi hocha simplement la tête. Il était vrai qu'il s'était attaché à cette bête qu'il avait lui-même dressé. Mais Fuyu s'ennuyait seul au champ, et il n'avait plus autant le temps qu'avant d'aller se promener. Faire un long voyage vers le nord plairait sûrement au hongre.
"En effet, et c'est pourquoi je te le vends à toi. Je sais que tu seras en prendre soin."
Les grands yeux bleus de Naruto se couvrir de larmes de joie, mais il les essuya rapidement avant de tendre la main par-dessus le comptoir. Hoshi lui agrippa la sienne, et ils se serrèrent fermement la main.
"Combien tu demandes pour Fuyu?" « Lorsque tu reviens à Montréal pour vendre tes peaux, garde-moi tes trois plus belles peaux de castors, et ça me va. »
Cette fois-ci, le jeune homme sauta par-dessus le comptoir du bar, et il prit Hoshi fortement entre ses bras puissants. Surpris l'homme hésita un instant avant de lui retourner l'étreinte. Ils restèrent ainsi un moment, avant que le barman se retire en souriant mal à l'aise. Naruto passa une main nerveuse dans le haut de sa nuque, ébouriffant encore plus sa tignasse blonde. Il retourna sur le tabouret qu'il venait de quitter, et il expliqua à Hoshi ce qu'il désirait faire.
"J'ai entendu parler de petites communautés dans le nord qui viennent relativement en harmonie avec les premières nations. Je vais donc me diriger vers là. J'ai quelques noms de villages, et – comme tu as deviné – je vais tenter d'apprendre la trappe, la chasse, et qui sait, peut-être pourrais-je me construire une petite ferme."
"Tu ne préfères pas attendre la fin de l'hiver ? Janvier est pratiquement à nos portes, et si tu crois que tu as eu froid jusqu'à maintenant… Janvier et février sont les mois les plus ardus."
Naruto hocha négativement la tête. Juste imaginer rester une journée de plus ici lui donnait le goût de se mettre à hurler. Il disait vrai lorsqu'il s'était renseigné auprès des trappeurs qu'il avait croisés au marcher. Il lui avait indiqué l'importance d'avoir de bonnes bottes chaudes, des vêtements, mitaines, tuques très chaudes pour se garder au chaud. Le peu d'argent qu'il avait dépensé – à part pour le gîte – il l'avait mis dans des vêtements adéquats. Naruto était renversé par la générosité de Hoshi, l'homme n'avait aucune garantie qu'il reviendrait vendre des peaux de gibiers à Montréal…Hoshi était vraiment un homme bon, et Naruto lui amènerait trois peaux de castors.
"Non, je vais quitter demain à la première heure…Hoshi ?"
Le barman se tourna vers lui, un sourcil relever.
"Merci pour tout."
L'homme hocha simplement la tête et retourna vers les autres clients qui voulaient son attention. Naruto resta le temps d'achever son thé. Ensuite, il se dirigea vers la chambre 8, et une fois à l'intérieur, il commença à préparer les sacs pour le voyage qui l'attendait le lendemain. Il était appréhensif, nerveux mais soulagé d'aller de l'avant. Alors qu'il rangeait un des livres qu'il s'était procuré un papier tomba au sol, il se pencha pour le ramasser, et ses yeux se couvrir de larmes. Une photo de lui et ses parents, prise l'année dernière lors d'une sortie au centre de Kyoko. Il ne parvenait pas à croire qu'ils étaient vraiment morts, et qu'il était seul dans ce bas monde. Naruto savait qu'il avait Hoshi qui l'appréciait, mais ce n'était pas un ami, ni même un membre de sa famille. Aller au nord ne lui procurerait probablement pas plus que ce qu'il avait ici, mais avec de la chance, les ragots à son sujet ne le suivraient pas jusqu'à là-bas. Un des trappeurs avec qui il avait discuté lui avait parlé d'un petit village d'une centaine de personnes appelé 'Laforce' et les villageois étaient accueillants envers les nouveaux venus. L'homme des bois, lui avait donné la direction à suivre. Ce n'était pas près, environ 667 kilomètres de distance, et à dos de cheval cela lui prendrait environ deux jours si la température lui était favorable. Il replaça la photo entre les pages du livre, et il se remit à tout préparer. Demain représenterait une nouvelle aventure, et Naruto était persuadé que tout irait pour le mieux. Fuyu était un cheval au tempérament calme, et aux pieds sûr, tout irait bien.
Deux jours plus tard, à mi-chemin.
Naruto jura tout en démontant Fuyu, le cheval avait de la neige à mi-jambe et peinait pour avancer. Il n'avait pas l'intention de faire travailler la pauvre bête à lui seul pour ouvrir le chemin. Lorsqu'il mit pied au sol, Naruto enfonça jusqu'à mi-cuisse. Hoshi avait bien raison lorsqu'il lui avait dit qu'il n'avait jamais vu autant de neige, et le froid ! Jamais il n'aurait cru avoir aussi froid, et il était vraiment bien habillé. Il se positionna en avant de Fuyu, et Naruto se mit difficilement en route. À pas comptés, il fraya le chemin, il se décida après un certain temps d'utiliser les raquettes qu'il s'était procurées quelques semaines auparavant auprès d'un chasseur. Il se traita d'idiot de ne pas avoir utilisé les raquettes immédiatement, le travail était plus aisé, et le cheval le suivait patiemment, le souffle chaud de la bête lui réchauffait un peu la tête.
Le jeune homme avait pris du retard sur son itinéraire, il aurait dû être près du village Laforce, mais aussi loin qu'il pouvait voir, il n'y avait que les arbres, et ce chemin étroit quasi-invisible. La veille, il avait été chanceux de localiser un endroit où s'abriter du froid, et du vent. Une grotte étroite qui avait permis tout juste à Fuyu de pouvoir aussi se cacher du vent. Naruto avait été en mesure d'allumer un feu pour les garder au chaud, et ainsi que d'éloigner les prédateurs. Durant la journée de la veille, il avait aperçu au loin une meute de loup, et Naruto avait dû s'emparer du fusil qu'il s'était résigné à acheter. Il n'aimait pas l'idée d'abattre un animal pour ne pas le manger ou utiliser sa fourrure, mais on lui avait bien dit que les loups pouvaient être agressifs en hiver dû au manque de nourriture. Ainsi, il avait attaché le fusil à la sacoche de sa selle, et présentement, le fusil était attaché dans son dos.
Le soleil se couchait rapidement en hiver, beaucoup plus rapidement qu'il l'avait cru. Et maintenant, il se trouvait au milieu de la forêt, et ne voyait aucun abri. Seulement une forêt à perte de vue, ses jambes commençaient à lui faire mal, et il ne sentait plus ses mains depuis un moment. En cet instant, ce qui était le plus dangereux était l'hypothermie. Naruto cessa de marcher pour tenter d'apercevoir un potentiel abri pour la nuit. Fuyu ne semblait pas être trop incommodé par le froid, mais le jeune homme ne voulait pas non plus pousser la bête à aller plus loin qu'il pouvait. Après avoir analysé les environs, Naruto dut reconnaître qu'il n'avait aucun endroit ou Fuyu et lui pourrait s'abriter pour la nuit. Il soupira… C'était beaucoup plus ardu qu'il ne l'avait cru, et il craignait de s'être perdu. Était-il possible qu'il ait raté un tournant ? Pourtant, il avait suivi la carte à la lettre. Il secoua la tête, ça ne lui donnait rien de bon de commencer à douter en ce moment. C'était la neige qui le ralentissait plus qu'il avait cru, c'était l'unique raison pour laquelle le village n'était toujours pas en vue.
Alors il se dit qu'il se servirait d'une des toiles qu'il avait – qui enveloppaient ces choses en ce moment – et il pourrait ainsi tenter de protéger Fuyu et lui du vent mordant. Il poursuivit son avancée, il cherchait un sapin assez gros pour qu'il puisse se glisser sous les branches, et utiliser sa toile pour les protéger du vent. Finalement, une vingtaine de minutes plus tard, il aperçut enfin un sapin assez grand pour ce qu'il avait en tête. Le conifère était immense et les branches du bas relativement haute du sol, ce qui lui permettrait de mettre le cheval et lui à l'abri. Mais le sapin était un peu éloigné de la route, et il n'avait pas idée de la profondeur de la neige. Il déposa doucement le pied sur la neige pour tester la profondeur, avec les raquettes. Ce n'était pas si profond, il s'inquiétait surtout pour le cheval. Mais la bête le suivi sans hésiter. Alors Naruto continua tout en jetant un coup d'œil à Fuyu pour s'assurer que le cheval n'avait pas trop de difficultés à avancer. Il fut surpris de voir que la bête ne renfonçait pas trop dans la neige. Une fois près du sapin, Naruto délaissa les rênes de Fuyu – il avait appris depuis deux jours qu'il pouvait lui faire confiance – et il avança sous le sapin. Le sol était à peine recouvert de neige, et même sans la toile, le vent soufflait moins fort ici. Naruto émergea de sous le sapin, et il retourna vers le cheval qu'il l'attendait sans bouger. Il s'empara des reines pour retourner sous les branches du sapin, la bête hésita un bref instant avant de franchir le mur de branche de sapin. Immédiatement, Naruto s'empara de ses possessions enroulées dans la toile, il la déroula, et il entassa ces choses sur un bout de terre relativement dénudé de neige.
Naruto agrippa ensuite des cordes et il fit de son mieux pour nouer la toile pour qu'elle bloque le mieux possible le vent. Une fois le tout accompli, il alla retirer la selle, la déposa au sol, et ensuite, il s'installa du mieux qu'il put. Naruto regarda dans le bac qu'il avait rempli d'avoine avant de quitter Montréal pour Fuyu, il n'en restait que très peu. Il garnit le bol qu'il se servait pour nourrir le cheval, et il lui donna sa ration. Ensuite, il s'empara d'une brosse dru et nettoya le pelage de la bête, Hoshi lui avait expliqué l'importance de retirer toute impureté pour éviter des blessures de selle. Il aimait bien brosser le grand cheval, l'odeur, la chaleur qu'il dégageait le rendait calme. Il le fit durant une dizaine de minutes avant de tout ranger, et il tenta de produire un petit feu. Il devait s'assurer de le garder assez petit pour que les flammes ne touchent pas aux branches en hauteur. Naruto cria de bonheur lorsqu'il réussit à enflammer les quelques petites branches sèches qu'il avait trouvées. Il s'empara d'un petit sac de riz déjà cuit, et il l'ouvrit tout en prenant place près du feu. Il espérait avancer plus rapidement le lendemain, avec de la chance le vent et la neige auraient diminué en intensité.
Une fois son repas terminé, il étendit au sol une couverture de laine qu'il avait amenée, et il se servit de la selle comme oreiller. Naruto percevait toujours le hurlement de la meute de loup bien qu'il ne semblât pas vouloir approcher. Il savait que si c'était le cas, Fuyu lui ferait savoir. Il ferma les yeux, et son corps exténué sombra dans le sommeil en quelques secondes.
La nuit n'avait pas été aussi reposante que Naruto l'avait espéré. Le vent n'avait presque pas baissé d'intensité. Et ce n'était qu'à la chaleur de Fuyu – qui s'était approché de lui – durant la nuit qu'il avait pu fermer l'œil une fois réveillé par le vent. À présent, le soleil semblait vouloir percer les nuages, et le vent était quasi inexistant. Il se prépara du thé après avoir soufflé sur les braises pour faire grossir le feu. Il distribua la dernière ration d'avoine qu'il avait à son cheval. Naruto espérait qu'il atteindrait Laforce aujourd'hui, il ne voulait pas que Fuyu soit victime de faim. Une fois le thé terminé, il alla défaire la toile, et après l'avoir essuyé du mieux qu'il put, il remballa ses choses à l'intérieur. Naruto remit la selle sur le cheval, fixa la toile solidement, rangea le reste. Il éteignit correctement le feu et sortit de sous le sapin, Fuyu quelques pas derrière lui. La neige s'était entassée durant la nuit, et il ne s'enfonçait pas autant que la veille. Une fois la route atteinte, il monta sur le cheval. Ensuite, il examina le soleil pour s'assurer qu'il se dirigeait bien au nord, et ils se mirent en route.
Contrairement à la veille, la journée était splendide. Le soleil était – enfin – seul dans le ciel, le vent était entièrement tombé, et la neige avait durci. Fuyu, avançait d'un pas décidé, et Naruto regardait les alentours, tout semblait calme. Aucune trace de la meute de loup d'hier, avec de la chance, ils avaient changé leur direction. Ils continuèrent ainsi pendant un long moment. Lorsque Naruto perçut un bruit d'eau un peu plus loin, Fuyu se mit au trot de son propre gré, et le jeune homme le laissa faire. Enfin, face à lui un pont en bois apparut comme indiqué sur la carte qu'il avait en main. Il ne s'était pas perdu, s'il se fiait à la carte, il serait à Laforce avant la fin de l'après-midi. Le pont ne semblait pas jeune, mais il semblait résistant. Alors, trop paresseux pour descendre de sa monture, Naruto le pressa d'aller de l'avant. La bête sembla hésiter, il donna du talon, tout en parlant avec le cheval.
"Allez Fuyu, après ce pont, il nous reste peu de temps avant le village. Tu vas peut-être pouvoir dormir au chaud dans une étable. Allez!"
Il donna un coup de talon un peu plus fermement, le cheval henni son mécontentement, mais avança malgré tout. L'eau qui bouillonnait sous le pont avait un courant extrêmement fort, ce qui expliquait pourquoi l'eau n'était pas gelée. Soudainement, au milieu du pont, un craquement sinistre se fit entendre, et Naruto sentit les planches cédées sous leur poids. Il réagit au quart de tour, il sauta en bas de Fuyu, et il le frappa sèchement sur la croupe. Le cheval se cabra pour ensuite se mettre au galop, et franchit le reste en à peine deux secondes. Lorsque le jeune homme tenta d'avancer à son tour, il réussit à faire deux pas, et tout d'un coup, il ne pouvait plus respirer… Le pont s'était effondré l'emportant avec lui dans l'eau glaciale. Naruto n'avait jamais appris à nager, et les vêtements qu'il portait était devenu aussi lourd qu'une enclume de bateau. Il tenta de battre les jambes, les bras pour remonter à la surface. Mais rapidement, il perdait le souffle, et sa dernière pensée avant de sombrer dans l'inconscience fut ' je vais revoir mes parents.'
Naruto revint à lui dans un sursaut. Il était étendu, une peau épaisse d'ours était étendue sur lui, et il réalisa qu'il était nu sous la couverture. Il jeta un regard énervé autour de lui. La pièce était dans la pénombre, petite, et ronde. Un feu brûlait au milieu de celle-ci, et il semblait seul. Il chercha du regard ses vêtements ainsi que ses choses. Fuyu ! Où se trouvaient son cheval ainsi que toutes ses possessions ? Comment était-il sorti de la rivière ? Soudainement, la porte faite de peau s'ouvrit pour laisser entrer une silhouette… D'un homme avec la stature qu'il avait pu apercevoir. Il feignit de dormir, Naruto voulait savoir ce que cet inconnu voulait de lui. La silhouette s'approcha de lui, il chantonnait dans une langue qui lui était étrangère. L'homme se pencha au-dessus du feu, et cet instant, il remarqua qu'une marmite était suspendue au-dessus des flammes. Naruto se décida à faire comme s'il venait tout juste de se réveiller. La silhouette cessa son chantonnement, et il s'avança prudemment vers lui. Le jeune homme prit la chance de tenter de s'asseoir, et d'examiner ouvertement l'homme. L'inconnu eut un mouvement de recul lorsqu'il aperçut le regard de Naruto sur lui, et il l'observa de nouveau plus attentivement. Il murmura si bas que Naruto n'était pas certain d'avoir bien compris. Mais chose sur ce n'était pas de l'anglais, ni du français et définitivement pas du japonais.
"Ominisis ozawa."
Et ensuite, il ajouta, presque comme une révérence ;
"Ockijik mocokona."
Et l'homme se laissa tomber à genoux auprès de Naruto, continuant à marmonner beaucoup trop rapidement pour qu'il saisisse quoi que ce soit.
Naruto voulut parler, mais il ne parvint qu'à sortir un gargouillement, sa gorge lui faisait un mal de chien. Cela sembla sortir l'homme de la transe dans lequel il semblait perdu, il se releva pour retourner auprès du chaudron. Il plongea une tasse dans le liquide bouillant, et l'apporta à Naruto. Lorsqu'il fut assez près, il put apercevoir les traits de l'inconnu, et il fut soudainement encore plus sur ses gardes. Un membre des premières nations. L'homme était habillé
On lui avait mentionné à plusieurs reprises de faire 'attention' aux sauvages, qu'ils étaient imprévisibles. Cependant, le visage du jeune homme – il semblait avoir le même âge que lui – semblait honnête, et réellement soucieux pour lui. Le jeune homme tendit la tasse fumante à Naruto, et il lui fit signe de boire. Le blond respira l'odeur qui se dégageait de la tasse, et il fut sous le charme. Cela sentait les épinettes, et le feu. Il souffla légèrement sur le liquide bouillant avant de tenter d'en prendre une petite gorgée. La chaleur qui glissa dans sa bouche, et l'intérieur de son corps lui fit un bien fou. La douleur dans sa gorge diminua presque immédiatement, il abaissa la tasse, et il lui accorda son sourire le plus sincère.
"Merci."
L'homme sourit à son tour, il semblait soulagé. Naruto osa lui poser la question qui lui trottait dans la tête depuis son réveil.
"Que s'est-il passé ? Où est mon cheval ?"
L'homme prit place au sol face à lui en hochant la tête à chacune de ses questions. Il sembla réfléchir un moment, et lorsqu'il parla son français n'était pas parfait mais comprenable.
"Toi, tombé dans l'eau. Enyeto – il se pointa la poitrine – sortit Ozawa de l'eau. Cheval Ozawa, dehors. Vêtements aussi."
Naruto hocha la tête, Ozawa semblait le désigner, il n'avait aucune idée de ce que cela signifiait. Alors il se pointa la poitrine à son tour.
"Naruto."
Enyeto hocha une fois de plus la tête, marmonnant tout bas le prénom qu'il venait d'entendre.
"Nawuto, allez où ?"
Le jeune homme sourit de la prononciation de son prénom, et l'accent d'Enyeto, qu'il aima immédiatement.
"Je me rends à Laforce."
Enyeto sourit en se levant brusquement, il sortit de leur abri pour revenir quelques secondes plus tard avec les vêtements de Naruto en main. Il lui redonna le tout, qui était maintenant complètement sec. Le blond s'empara de son linge et il s'habilla en un temps record. La boisson qu'Enyeto lui avait fait boire lui avait redonné toute son énergie, il devrait lui demander la recette.
"Nawuto suit Enyeto. Enyeto dirigé Nawuto à Laforce. "
Sur ces paroles, l'homme jeta le restant du breuvage sur le feu pour l'éteindre, et attira Naruto dehors. Le soleil était presque à mi-après-midi, et Naruto souri lorsqu'il aperçut Fuyu au côté d'un cheval aussi noir qu'une nuit sans étoiles. Rapidement, sans échanger parler, les deux hommes attelèrent leur cheval, et Naruto s'assura qu'il avait toutes ses choses, ensuite, ils se mirent en route. Enyeto prit le devant au grand bonheur du blond, et ils continuèrent ainsi en silence durant près de deux heures. Lorsque finalement, Naruto aperçu par-dessus les cimes des arbres de la fumée qui provenait de cheminer, et quelques instants plus tard le village de Laforce apparu face à lui. Il allait remercier Enyeto, mais l'autre homme s'était déjà retourné et il disparaissait déjà au loin.
Le jeune homme blond s'avança donc dans le village, plusieurs villageois étaient présents à l'extérieur le regardant avec curiosité. Une fois au centre du village, il descendit de Fuyu, et il chercha du regard l'auberge – ou au moins le bar – du coin. Lorsqu'il l'aperçut, il se dirigea vers la bâtisse. C'était la plus grande de l'endroit, au deuxième étage, une grosse Croix-Rouge avait été peinte… Humm un médecin ici. Il attacha sa monture à l'extérieur et entra dans l'auberge. Une cacophonie de voix, de musique, et d'odeur l'assailli à l'instant où il mit pied à l'intérieur. Les gens sur places le regardèrent, mais sans cesser de discuter pour autant, il s'avança donc vers le bar, ou une femme était installée. De grands yeux marron, une imposante chevelure blonde, et des seins immenses… Naruto rougi, il n'avait jamais aperçu des seins aussi volumineux, et il avait peur de n'observer que cela. Mais il se frappa la tête mentalement et alla prendre place au bar.
"Salut étranger. Je te sers quoi ?"
La femme s'était approchée sans faire de bruit, et Naruto reconnu immédiatement la force tranquille de cette femme. Exactement la même que celle que sa mère dégageait.
"Je cherche à m'installer ici, et je viens tout juste d'arriver. Je cherche une place pour mettre mon cheval au repos, ainsi qu'un endroit pour dormir."
La femme déposa une tasse de thé face à lui, et il haussa un sourcil surpris.
"Tu es japonais, n'est-ce pas ?"
Comment avait-elle fait pour deviner? Son accent probablement, peu de blond était considéré comme venant du Japon.
"J'ai attendu parler de toi."
Elle semblait avoir deviné son questionnement.
'Eh merde… Les rumeurs me suivront ainsi toute ma vie ?'
Se dit-il tout en tentant de sourire à la dame face à lui.
"Ah oui ?"
"Oui, et je ne crois pas un instant ces ragots, rassure-toi."
La tension qu'il avait dans les épaules le quitta à cette déclaration, et il se relaxa dans la chaise dans laquelle il avait pris place. La femme l'observa un instant, le détaillant de la tête au pied, et il la laissa faire, elle l'analysait pour ses propres raisons.
"Je suis Tsunade. L'auberge m'appartient, ainsi que la clinique qui est au-dessus. Je possède des chambres de libres si tu es intéressé, et que compte, tu faire comme travail ?"
Il la remercia d'un sourire tout en saisissant sa tasse de thé. Pour se donner du temps pour faire le tri dans les idées qui étaient toutes mélangées dans sa tête.
"J'aimerais apprendre la trappe."
Elle hocha la tête quelques fois, avant de se détourner de lui, et de marcher jusqu'au mur derrière elle. Lorsqu'elle revint vers Naruto, elle lui tendit une clé.
"Tiens, tu peux aller t'installer. La grange est derrière, tu peux y installer ton cheval."
Naruto empoigna la clé, vida sa tasse de thé et il se leva. Alors qu'il allait quitter, Tsunade l'interpella.
"La nuit, si on cogne à ta porte alors que minuit approche, ne l'ouvre jamais. Peu importe qui appelle."
Le blond la regarda quelques secondes, surpris par la mise en garde. Mais il était trop épuisé pour poser plus de questions, il lui parlerait un peu plus longuement le lendemain. Pour le moment, tout ce qu'il voulait faire était d'installer Fuyu au chaud avec du foin en quantité ainsi que de l'eau. Il était fourbu de la journée, et la boisson qu'Enyeto lui avait préparée semblait avoir complètement quitté son corps. Tous ses muscles lui faisaient mal, et il se traîna avec difficulté jusqu'à l'étable. Il retira la selle, ainsi que tous ses effets personnels. Naruto brossa sommairement son cheval en lui promettant de se reprendre le lendemain. Par la suite, il entra de nouveau dans l'auberge en saluant la propriétaire d'un signe de tête et gravit avec difficultés les escaliers. La chambre qu'elle lui avait fournie portait aussi le chiffre huit. Une fois à l'intérieur Naruto fut surpris de la propreté qui y régnait, et le lit était aussi confortable que celui qu'il avait au Japon. Sans prendre le temps de retirer ses vêtements crasseux, il se laissa tomber sur le lit, et la seconde suivante, il était endormi. Naruto était impatient de connaître ce qu'il vivrait dans les prochains jours dans le village de Laforce.
