Le vagabond Luciférien chapitre 3.
Lorsque Naruto se réveilla à l'aurore, il se sentit en pleine forme, et il était prêt à mettre les choses en route. Aujourd'hui, il espérait être en mesure de trouver un trappeur qui voudrait bien lui apprendre le métier. Et avec de la chance Naruto pourrait se trouver une petite place pour vivre. Il ne désirait pas vivre indéfiniment à l'auberge, il aimerait mieux avoir son endroit à lui. Il se leva du lit, ouvrit un des sacs de voyage pour trouver des vêtements propres. Naruto croyait avoir vu une douche sur l'étage au bout du couloir. Et comme de fait, il trouve la douche vide, et il en profita pour aller se laver. Durant le voyage – à part la chute dans l'eau glacée – Naruto n'avait pas été en mesure de se laver. Il en profita pour se raser le peu de poils qui avait poussé sur ses joues, et il se lava en profondeur. Lorsqu'il eut terminé, il s'habilla avec les vêtements propres, et chauds. Il retourna dans sa chambre pour ramasser les vêtements qui traînaient. Il devrait trouver où se situait la buanderie dans le village. Vers les sept heures du matin, Naruto descendit à l'étage, à sa surprise la salle était déjà pratiquement pleine de gens qui mangeaient et discutaient ensemble. Il reconnut aisément Tsunade au bar, et se dirigea vers elle. La femme semblait connaître tout le monde ici, peut-être qu'elle pourrait lui présenter un trappeur qui serait d'accord de le prendre comme apprenti.
"Naruto. Bien dormi ?"
Le jeune homme hocha la tête tout en prenant place au bar, dos à la salle. Il pouvait toutefois apercevoir les gens grâce au miroir face à lui.
"Tsunade, connais-tu un trappeur qui voudrait me prendre comme apprenti ?"
La femme lui fit signe d'attendre un instant pendant qu'elle servait un homme assis plus loin. Aujourd'hui, elle avait noué ses longs cheveux blonds en deux nattes qui pendaient de chaque côté de son cou. Elle avait enfilé un pantalon brun ainsi qu'une chemise de couleur verte, et qui semblait sur le point de perdre ses boutons au niveau de la poitrine. En rougissant, Naruto détourna vivement le regard. Non pas qu'elle lui inspirait des envies charnelles, mais plutôt parce qu'il était mal à l'aise.
Depuis qu'il était arrivé au Québec, il avait eu peu d'interaction avec la gent féminine, cependant le peu qu'il avait n'avait jamais créé d'envie sexuelle. Alors que tous les autres hommes autour de lui, bavaient pratiquement aussitôt qu'une femme était près d'eux. Naruto lui, ne voyait aucun attrait au corps d'une femme, et ça l'inquiétait. Peut-être était-il malade ? Défaillant ? Il savait qu'habituellement les jeunes hommes de son âge étaient soit déjà mariés, ou alors en recherche d'une conjointe. Encore là pour Naruto, il n'en voyait pas l'intérêt. Et n'ayant personne de confiance dans la vie à qui il pourrait poser des questions, il s'en passait tout simplement. C'est dans ses moments-là que la présence de ses parents lui manquait le plus. Finalement, il aperçut Tsunade qui revenait vers lui avec une assiette, et une théière.
"Tiens, mange. J'ai demandé à Iruka de venir de parler."
Sans donner plus d'informations, elle retourna aux autres clients. Il abaissa le regard vers une assiette… Et il fut confus. Des œufs ainsi que de la viande qu'il ne connaissait pas était placé face à lui. Naruto était habitué à manger du riz pour déjeuner, mais il ne voulait pas paraître impoli, et il s'empara des baguettes qu'il avait toujours avec lui, et mangea. Les œufs glissèrent facilement dans son estomac, mais la viande était trop grasse et salée pour qu'il puisse se forcer à manger les trois morceaux placés face à lui. Il repoussa l'assiette pour prendre la théière pour enlever le goût du gras salé dans la bouche. Naruto soupira d'aise lorsque le liquide parfumé pénétra dans son corps, effaçant toute tache de gras. Il resta un moment les yeux fermés, appréciant la chaleur du liquide ainsi que le bruit ambiant. Il espérait que l'homme nommé Iruka ne serait pas un autre Japonais imbécile qui le traiterait comme un bon à rien. Il fut sorti de ses pensées par une présence qui prit place à ses côtés.
"Naruto ?"
Le jeune homme tourna la tête vers l'homme à ses côtés. La jeune trentaine, cheveux et yeux bruns, une cicatrice traversait sous l'œil gauche vers le droit par-dessus le nez. Il émettait une aura de calme, il était un peu plus grand que Naruto, et il était vêtu de peaux de bêtes. Définitivement un traqueur, l'homme donc lui avait parlé Tsunade.
"Oui."
L'autre homme tendit la main, et le blond lui saisit.
"Je suis Iruka. Tsunade m'a dit que tu aimerais apprendre à trapper ?"
Naruto hocha la tête pour ensuite tourner son corps vers Iruka pour lui faire face.
"Eh bien, c'est parfait. Je cherchais justement de l'aide pour cet hiver. Si tu m'aides pour les trappes, je te donnerai 5 % de me revenu une fois les peaux vendues."
Le jeune homme blond n'avait aucune idée si 5 % était adéquat, ou s'il se faisait enrouler dans la farine. Iruka semblait deviner à ce que Naruto pensait car il déclara.
"Tu peux te renseigner auprès des autres trappeurs si tu le désires."
Le regard marron le regardait avec honnêteté, et Naruto sut qu'il pouvait lui faire confiance. À sa droite, du coin de l'œil, il aperçut Tsunade qui tentait de les observer 'subtilement'. Naruto eut un sourire, et il tendit la main vers Iruka.
"Je suis partant."
Le visage tanné par les intempéries et la cicatrice fut fendu par un sourire splendide. Et Naruto lui retourna un sourire de son cru, et Iruka attrapa la main tendue.
"Eh bien, Naruto, je t'attends demain matin à l'extérieur de l'auberge à six heures."
Lorsqu'il se leva, Naruto remarqua qu'Iruka était légèrement plus grand que lui, et que les vêtements qu'il portait ressemblaient à ceux qu'Enyeto portait. Le regard du jeune homme suivit du regard le traqueur jusqu'à ce qu'il soit à l'extérieur. Le blond sourit pour lui-même satisfait du déroulement des événements. Après tout, il semblerait qu'il ait eu une idée brillante de déménager si loin de la ville.
Naruto salua d'un signe de la main Tsunade, il décida d'aller marcher dans Laforce, et prendre le temps d'apercevoir le village qui serait maintenant le sien. Il espérait que tout se passerait bien, et avec de la chance le rêve que ses parents avaient pour lui se réaliserait.
1 mois et demi plus tard, Laforce.
Iruka marchait d'un bon vers l'auberge. Ils avaient posé les collets la veille, et Naruto et lui allaient faire la collecte ce matin. Le jeune homme l'avait agréablement surpris avec sa soif d'apprendre, ainsi que la rapidité à laquelle il absorbait toute la connaissance qu'Iruka lui infusait. Une fois à l'auberge, il entra à la hâte à l'intérieur et Naruto l'attendait déjà assis au bar avec un bol de riz. Le jeune homme n'avait pas été en mesure de s'habituer aux œufs et aux bacons. Iruka eut un sourire tendre, il aimait beaucoup le jeune homme.
Il avait hâte que son compagnon – pour les habitants, il était son cousin – revienne de la chasse à laquelle il avait été invité à participer. Il voulait le présenter à Naruto, et il était certain que Kakashi l'apprécierait. Les membres de la tribu Kitcisakik avaient accepté avec une facilité déconcertante Kakashi. Iruka croyait fermement que c'était à cause de la force tranquille qu'il dégageait ainsi que le respect qu'il démontrait face aux mœurs des membres de la Première Nation. Iruka avait mentionné Kakashi à Naruto, mais comme il l'avait fait auprès de villageois, il parlait de lui comme son cousin.
Il était plus facile ainsi d'expliquer pourquoi il craignait pour sa sécurité, et pourquoi sa présence lui manquait. S'il avait parlé de lui comme un ami de longue date, les gens auraient trouvés cela que deux hommes célibataires habitent ensemble au milieu du bois. Et surtout aussi près des Kitcisakik. Les habitants acceptaient la présence des membres de la Première Nation, pour leur acheter leurs fourrures ou les viandes de gibier, mais ils ne leur faisaient pas confiance. Et l'inverse était aussi vrai.
Ce qu'il vivait avec Kakashi était immoral pour tous ceux qui les entouraient. Pourtant, pour Iruka, tout ce qu'ils faisaient était simplement être amoureux l'un de l'autre, et qu'ils étaient des hommes. Étant donné qu'il ne désirait pas mourir dans d'atroces douleurs, il gardait cette partie de sa vie entièrement secrète. Tsunade semblait se douter quelque chose, mais elle n'avait jamais rien dit ou fait allusion à quoi que ce soit. L'unique geste qu'elle avait 'posé' avait été lors d'une visite d'Iruka qui s'était cassé l'index. Après lui avoir fait un pansement, Tsunade lui avait donné un pot d'onguent, et elle lui avait indiqué que c'était du gras de mouton. Il était parfait pour guérir des petites lésions, ou pour faciliter la lubrification dans certaines situations. Iruka était – à son honneur – demeuré stoïque et il avait accepté le tout avec un hochement de tête. Lorsqu'elle croisa Kakashi la semaine suivante, l'homme qui habituellement ne lui prêtait pas plus attention que ça, il la salua d'un signe de tête, et Tsunade cru discerné un sourire discret sous son masque.
Kakashi venait peu au village, il n'appréciait pas la proximité des gens, et le peu de fois qu'il venait, il se contentait de s'asseoir à une table dans le fond de la salle, et de tenir compagnie à Iruka. Les villageois ne tentaient pas non plus l'approcher, l'énergie que pouvait dégager son amoureux pouvait être déconcertante pour la majorité des gens. Et Kakashi en était satisfait. Le fait que son amoureux était aussi plus grand que le moyen des Japonais typique, qu'il avait les cheveux argentés malgré son jeune âge, et Kakashi portait un masque qui cachait la moitié de son visage. La majorité était déstabilisée par le fait de ne pas être en mesure d'examiner entièrement son visage, et quelques-uns avaient tenté de poser des questions à Iruka. Et Iruka se procuraient un plaisir de les dirigés vers Kakashi pour ' eh bien demander lui vous-même.' À chaque fois, les gens se retiraient en souriant, tout en les saluant avec gênes.
"Iruka !"
Naruto s'était levé de la chaise et approchait de lui à grand pas, un grand sourire éclairant son visage.
"Tu es prêt ?"
Le trappeur demanda au jeune homme alors qu'il était déjà en train d'enfiler les vêtements adéquats. Naruto était un apprenti qui avait soif de savoir et il était heureux de pouvoir l'aide. Ils saluèrent avec enthousiasme Tsunade qui les regardait quitter son établissement avec le sourire. La femme était satisfaite d'avoir écouté son instinct et d'avoir présenté Iruka à Naruto. Les deux s'étaient rapidement noués d'amitié, et la femme se demandait comment Kakashi réagirait face à cette nouvelle dynamique. Iruka était – oui - plus sociale que Kakashi, mais il ne s'était pas fait d'amis, et n'avait jamais invité qui que ce soit dans leur domicile. La maison des deux hommes était située assez éloigner du village, en fait elle était plus près des Kitcisakik. Cependant, Naruto avait déjà été invité à quelques reprises.
Tsunade haussa les épaules, et elle se tourna vers Sakura, une jeune fille qui était sur le même bateau qu'elle. Elle avait à peine dix ans à ce moment-là, et ses parents étaient décédés peu de temps après leurs arrivés. Tsunade avait décidé de prendre la jeune fille sous son aile, et depuis elle vivait avec elle. Sakura était une jeune femme intelligente, qui avait voulu que Tsunade lui enseigne les rudiments de la médecine, et la femme n'avait pas pu refuser. Depuis trois ans, Sakura tenait le bar en alternance avec elle ainsi que la clinique. Sakura travaillait bien, et elle était appréciée des villageois.
"Sakura, je vais en clinique."
La jeune fille lui fit un signe de tête qu'elle avait compris, et Tsunade la laisser en charge de l'auberge.
1 semaines plus tard.
Naruto était assis dans l'établi d'Iruka au côté de l'homme. Ils travaillaient en silence, chacun perdu dans leurs pensées. Ils étaient en train de travailler sur de la peau de castor qu'ils avaient attrapé la veille. L'ambiance était agréable, calme. Le feu brûlait dans la cheminé éclairant leur table de travail, et réchauffant leurs membres gelés par la journée passée au grand froid. Naruto avait encore de la difficulté à s'adapter aux journées de froid si intense que même s'il était entièrement couvert, il revenait toujours frigorifié. Il était cependant heureux d'avoir fait confiance à Iruka, et il avait réussi à amasser assez d'argent pour être en mesure de se construire une maison au printemps. Il devrait demander de l'aide à son ami, car il n'avait aucune idée comment procéder. Mais Iruka lui avait déjà mentionné que son cousin Kakashi pourrait l'aider, car l'homme était vraiment doué. Et le blond le croyait, car la maison et l'établi où il passait la majorité de son temps avait été construit par Kakashi ainsi qu'Iruka.
Naruto ne lui avait jamais dit, mais il enviait Iruka d'avoir un membre de la famille avec lui. Au moins, son ami n'était pas seul lorsque Kakashi était présent. Naruto avait encore de la difficulté à s'adapter à la solitude, et il était grandement reconnaissant à Iruka de lui avoir permis de le visiter chez lui aussi souvent qu'il le désirait. Et à deux reprises, il s'était endormi sur le sofa du salon, et Iruka l'avait laissé dormir.
"Iruka ?"
"Hmm?"
"Merci."
L'homme déposa son couteau face à lui pour se retourner vers le blond. Le regard bleuté de Naruto luisait dans la pénombre, les flammes semblaient leur donner une profondeur qui semblait sans fond. Iruka avait rapidement deviné à quel point le jeune homme blond se sentait seul, surtout lorsqu'il lui avait avoué la perte de ses parents. Le traqueur espérait seulement Kakashi ne serait pas dérangé par la présence de Naruto. Après tout, son amoureux protégeait farouchement leur intimité. Iruka le comprenait, si leur vraie relation venait qu'à éclater au grand jour, ils risquaient de tout perdre, même leur vie. Mais lorsque Kakashi quittait pour plusieurs semaines pour aller chasser avec les membres de la tribu, eh bien Iruka se retrouvait seul. Et honnêtement, la présence de Naruto rendait le départ de Kakashi beaucoup plus facile à accepter.
"Pourquoi donc ?"
Alors que Naruto allait lui répondre, la porte de l'établi s'ouvrit brusquement laissant entrer le vent ainsi qu'une bourrasque de neige qui faillit éteindre le feu. Naruto fut debout en moins de deux, prêt à défendre son ami. Mais avant même qu'il puisse comprendre ce qu'il se passait, la forme géante avait saisi Iruka entre ses bras, et il avait enfoui son visage dans le cou d'Iruka. Naruto fut saisi par ce geste intime, clairement fait par un autre homme, et il entendit le nouveau venu marmonner. ' Tu m'as tellement manqué, Umino.'
"Ka – Kakashi…"
À cet instant, le 'cousin' sembla se rendre compte de la présence de Naruto, et tenant toujours Iruka contre lui, il tourna son regard vers le jeune homme. Et pour la première fois de sa vie, Naruto eut peur d'un autre être humain. Ce regard était glacial, et la posture de l'homme était menaçante. Un déclic se fit dans l'esprit du blond… Ce n'était pas réellement le 'cousin' d'Iruka… Mais plutôt son amoureux… Une telle chose était donc possible ? Naruto avait cru que cela ne se pouvait pas, qu'il était une anomalie de ne pas ressentir de l'attraction pour les femmes. Mais de voir les deux hommes ainsi, l'évidence que Kakashi était prêt à le réduire en miettes s'il tentait ne serait-ce que de parler d'eux, lui tordit le cœur d'envie.
"Kakashi… C'est mon ami Naruto, il arrive tout juste du Japon."
L'homme encore habillé de ses vêtements de chasse, pantalon doublé de fourrure, des mocassins hauts, un manteau fait clairement à partir d'ours, et un chapeau enfoncé jusqu'aux yeux, lui donnait un air presque animal. Et que dire du masque qui couvrait la partie gauche de son visage ? Ne laissant que son œil droit qui dévisageait durement le jeune homme. Naruto n'aurait pas voulu rencontrer cet homme dans la forêt en pleine nuit, il aurait cru qu'il venait de tomber face à face à un démon. Kakashi s'empara d'une des mains d'Iruka, et il avança de deux pas vers Naruto. Le jeune homme puisa dans tout son courage pour ne pas reculer, et il tenta de garder son regard sur le visage de Kakashi. Une fois, le chasseur près de lui, le blond sentit clairement l'odeur de bête sur lui, de sueur ainsi que de fumée. L'homme était encore plus imposant de proche, et Naruto se demandait comment faire pour sortir de cette situation indemne. Alors il décida d'y aller comme dans n'importe quelle situation, et il tendit une main vers Kakashi.
"Enchanté de te rencontrer. Iruka m'a beaucoup parlé de toi."
Kakashi sembla légèrement surpris par la main tendue, et il jeta un regard de biais à son amoureux, qui eut la bonne idée de rougir légèrement.
"Ah oui ? Il t'a parlé de moi ?"
La voix profonde de l'homme résonna dans la petite pièce, et une fois de plus Naruto dut prendre tout son courage pour ne pas abaisser la main et se sauver en courant. Il n'avait rien à se reprocher, il était un ami d'Iruka, et Naruto n'avait aucunement envie d'aller bavarder aux gens du village au sujet de leur relation.
"Oui. À quel point tu lui manquais, et comment il était inquiet à ton sujet."
Le jeune homme se félicita mentalement que sa voix ne tremble pas. Finalement, Kakashi attrapa sa main dans la sienne, la poignée fut dure, et il se retient à la dernière seconde de grimacer de douleur.
"Kakashi… Naruto est quelqu'un de bien."
La douce voix d'Iruka sembla ramener le chasseur dans le moment présent, et toute la dureté qui était présent sur son visage disparu comme neige au soleil, et il tourna un regard amoureux vers le trappeur.
"Tu…Tu m'as manqué aussi mon dauphin."
Kakashi poussa l'audace plus loin et il embrassa passionnément son amoureux, le faisant gémir. Naruto rougit jusqu'à la pointe de ses cheveux. Il abaissa le regard ne sachant plus où regarder, gêné d'une telle démonstration d'intimité. Après ce qu'il lui sembla une éternité, Iruka lui parla.
" Hmm, Naruto. Je te présente Kakashi, mon amoureux. Kakashi, je te présente Naruto, mon ami. "
L'intonation qu'il mit sur le mot ami, fit comprendre à Naruto que cela avait une importance auprès des deux hommes qu'il ne comprenait pas. Alors il se contenta de sourire à Kakashi tout en passant la main dans sa nuque, ébouriffant encore plus ses cheveux rebelles. Avec un regard rapide à l'extérieur, Naruto réalisa qu'il était plus tard qu'il l'aurait cru, et il se décida à retourner au village.
"Bon, je retourne à l'auberge. "
Les deux hommes se dévisageaient amoureusement, et le blond n'était même pas certain qu'ils l'avaient entendu.
Lendemain matin.
"AU FEU ! AU FEU !"
Naruto fut brutalement réveillé par le cri de panique qui provenait de l'extérieur. Il ne prit pas la peine de jeter un coup d'œil dehors, il s'habilla rapidement, enfila ses bottes, et dévala les escaliers en même temps que les autres pensionnaires de l'auberge. Tout le monde fut à l'extérieur en moins de deux, et ils se mirent à courir vers la fumée noire qui s'échappait de la buanderie. Rapidement, le feu se propagea au tailleur qui était construit à proximité. Sans perdre une seconde, une chaîne humaine se forma pour transporter l'eau du puits vers les immeubles enflammés. Cela prit environ une heure et demie avant que les flammes ne soient sous contrôle, et une autre heure avant que le feu soit complètement éteint. Tsunade invita tous les habitants à venir boire du thé à l'auberge, et tous s'y dirigèrent.
Une fois à l'intérieur, le propriétaire de la buanderie, un petit homme au regard mauvais, et à l'attitude désagréable se leva sur l'une des tables.
"Tout ça, c'est la faute à lui !"
Il pointa son index tordu vers Naruto qui était assis tranquillement au bar, ne se doutant pas un instant qu'on parlât de lui.
"OUI LUI ! L'akuma !"
À ce mot, le corps de Naruto se tendit comme un arc, et il se retourna lentement vers l'homme sur la table.
"Tu es maudit ! Partout où tu vas, tu sèmes le désastre. Je sais ce que tu es ! Tes propres parents sont morts par ta faute !"
Naruto bondi sur ses pieds, les poings serrer le long de son corps. Il ne parvenait pas à croire qu'il vivait encore ce cauchemar, ici au milieu de nulle part. Peut-être était-il vraiment maudit. Mais il ne laisserait pas cet homme se servir de la mort de ses parents pour le punir. Il s'élança rapidement vers l'autre prêt à l'agripper par le collet et le faire descendre de la table. Il lui ferait ravaler les paroles aux sujets de ses parents, le reste, il s'en foutait, mais ses parents n'avaient rien à voir dans cette histoire. Au moment où il allait atteindre la table, un bras puissant l'attrapa par l'estomac et l'attira vers l'arrière. Sa voix mourut dans sa gorge lorsqu'il aperçut Kakashi, c'était son bras qui le retenait, et juste dernière Naruto se tenait Iruka.
"Que se passe-t-il ici ?"
La voix profonde de Kakashi résonna clairement par-dessus la cacophonie qui régnait dans l'auberge, et tous les autres présents cessèrent de parler. L'homme sur la table sembla se dégonfler, et il tenta de descendre en prenant un air digne. Le regard gris de Kakashi se posa sur lui, et l'homme se laissa tomber au sol sans aucune grâce, et il faillit tomber. Mais il ne baissa pas les yeux devant le chasseur, et il bomba son torse maigre tout en croisant les bras sur sa poitrine.
"Ce… Ce konoko est maudit ! Sa seule présence à Laforce nous met tous en danger !"
La déclaration de l'homme eut l'approbation des autres japonais dans la salle, mais les Québécois présent haussèrent leurs épaules. Ils ne connaissaient pas ce terme, et le jeune homme blond avait toujours été poli et présent pour prêter main forte lorsque nécessaire.
"Hm."
Kakashi s'avança d'un pas vers l'homme, le petit Japonais recula d'un pas avant de se reprendre, et de levé fièrement la tête vers le chasseur. Un silence pesant était tombé sur la pièce. Tsunade était prête à intervenir si les choses se détérioraient, elle avait empoigné son fusil prêt à l'utiliser pour avertir qu'elle n'accepterait aucun grabuge dans son établissement. Mais avec la présence de Kakashi, elle savait bien d'aucun Japonais n'oserait faire quoi que ce soit. Et les Québécois étaient déjà retournés à leurs occupations habituelles. Donc, de la soixante de personnes présente initialement, il ne restait qu'une vingtaine, la majorité japonaise. Tous avaient entendu les rumeurs au sujet d'Uzumaki Naruto, et la majorité s'en foutait. Mais malheureusement, quelques-uns – comme Danzô – avaient de la difficultés à laisser aller les vieilles traditions désuètes.
"Donc le feu ne pourrait pas être relié au fait que tu as oublié une marmite de linge sur ton foyer ?"
Kakashi déclara en regardant Danzô directement dans les yeux, avec son seul œil visible. Le chasseur avait relâché sa prise sur Naruto qui avait rejoint Iruka quelques pas derrière lui. Le rouge monta au visage de l'homme, il crispa les poings le long de son corps.
"Tu…Tu oses dire que cela pourrait être ma faute ?"
"Tu insinue que le feu pourrait être la faute d'une personne qui n'habite même pas avec toi. Simplement avec le pouvoir de sa pensée peut-être ?"
Danzô changea dangereusement de couleur, passant du rose foncé au rouge vif. Tsunade craignait que l'homme ne fasse une crise cardiaque.
"Comment… Comment oses-tu espère d'ours mal léché ?"
Cria-t-il en pointant du doigt Kakashi qui ne haussa qu'un sourcil, clairement peu impressionner par l'insulte.
"Je ne fais que répété plus clairement ce que tu as dit."
"Partout ou ce konoko est allé, un malheur est survenu… Ce n'est sûrement pas un hasard."
Kakashi soupira comme s'il parlait avec un enfant particulièrement difficile, qui ne voulait rien comprendre.
"Et il n'y a jamais eu de malheur où tu as habité avant aujourd'hui ?"
Sans même laisser le temps à l'homme de répondre, Kakashi continua.
"N'étais-tu pas présent lors de l'incendie qui à pratiquement détruit Kyoto ?"
Danzô gonfla les joues, clairement irrité par l'évolution de la discussion, alors il répliqua.
"Je suis certain que je ne suis pas le seul qui serait plus à l'aise s'il – il pointa dans la direction général de Naruto sans le regarder – n'habitait pas dans le village."
Un murmure s'éleva de la vingtaine de Japonais qui étaient toujours présent.
"Pas de problème. Je vais lui offrir mon ancienne maison."
La voix d'Iruka surprit tout le monde, ils semblaient avoir oublié sa présence ainsi que celle de Naruto. Même Kakashi sembla être pris de court par l'offre que son 'cousin' venait de faire. Mais le traqueur ne jeta même pas un regard vers Kakashi, il regardait strictement Danzô.
"Ainsi, il ne devrait plus te déranger."
L'homme semblait être sur le point de contesté la décision lorsque son regard se posa sur le chasseur. Iruka ne sut pas ce qu'il aperçut dans le regard de son amoureux, mais cela l'empêcha de répondre, et il haussa simplement les épaules.
"Allez viens Naruto, allons chercher tes effets personnels."
Et sans attendre que le blond lui répondre, Iruka l'entraîna dans la chambre qu'il louait et ils s'empressèrent de ramasser tout ce qui devait être apporté. Une fois, ceci fait, ils descendirent les escaliers, Tsunade était absente, mais Sakura les salua avec un sourire, et Kakashi semblait être déjà à l'extérieur. Comme de fait, une fois dehors, ils aperçurent le chasseur qui avait été cherché Fuyu, et il l'avait aussi scellé. Naruto semblait ne pas comprendre ce qui se passait, il se laissait diriger, et il se laissa embarquer sur son cheval sans protester. Il semblait être perdu dans les pensées qui devaient tourbillonner dans la tête blonde. Kakashi prit les rênes et demanda à la bête de suivre ce qu'il fit sans hésiter.
"Merci Kakashi."
Son amoureux hocha simplement la tête, ne voulant pas se trahir face aux villageois qu'ils croisèrent en marchant vers la maison.
"Tu n'avais pas besoin d'intervenir, et je sais à quel point tu n'aimes pas te mêler des affaires des autres."
Kakashi leva la main.
"Je l'ai fait parce qu'il est quelqu'un d'important pour toi, Umino."
Iruka sourit tout en rougissant. Comme il aurait aimé être en mesure de lui prendre la main, et de l'embrasser. Il détestait être obligé de cacher leur amour. Tout simplement parce que les gens étaient simples d'esprit, et craignaient ce qu'il ne connaissait pas.
Quelques heures plus tard.
"Eh bien voilà, je sais que ce n'est pas parfait. Mais avec le temps, tu pourras l'aménager à ton goût."
Iruka déclara à Naruto sur le pas de la porte, le blond lui fit un sourire vaincu, et fatigué.
"Merci Iruka… Je – Je ne sais pas comment je vais faire pour vous remercier Kakashi et toi."
"Ne t'en fais pas avec ça. Cette cabane a été la première qu'on a construite, et elle est loin d'être parfaite… Mais elle est près du village des Kitcisakik, et d'après ce que tu m'as dit, tu as déjà rencontré Enyeto. Tu vas voir, ce sont des gens bons, tant que tu leur montres du respect."
Naruto hocha la tête. Iruka n'aimait pas l'apercevoir ainsi, abattu et triste. Mais il avait passé la majorité de la journée avec lui pour l'aider à aérer la cabane et à y faire un peu de ménage. Maintenant, il désirait retrouver son amoureux. Le blond saura rebondir sur ses jambes, comme il l'avait plusieurs fois fait auparavant.
"Naruto. Notre maison est à quinze minutes de marche au nord-ouest, s'il y a quoi que ce soit."
"Je sais Iruka. Merci encore."
Le traqueur le regarda un moment, il sembla hésité et finalement, il se décida.
"Je ne sais pas si Tsunade t'a déjà mis en garde, mais les Québécois ont une légende… D'après eux, tu ne dois jamais, au grand jamais ouvrir ta porte à minuit, si jamais quelqu'un y frappe."
Il laissa la phrase flottée dans le silence de la pièce seulement brisée par le crépitement du bois dans le foyer. Iruka s'attendait à une réaction de la part du blond, et il fut déstabilisé d'en avoir aucune. Habituellement, les gens avaient plein de questions lorsqu'on leur parlait de cette légende, mais étrangement, Naruto ne semblait pas en avoir.
"Tu as compris ma mise en garde ?"
Le blonde hocha – une fois de plus – la tête.
"Merci Iruka, aller va, Kakashi doit t'attendre pour manger."
Iruka comprit le message, et il quitta la cabane en silence après avoir enfilé les bottes qu'il avait mis à sécher plus tôt dans la journée.
Lorsque la porte se referma derrière son ami, Naruto laissa tomber son masque, et il laissa les larmes coulées le long de son visage. Il en avait marre de la malchance qui lui collait au dos. Naruto ne comprenait pas pourquoi il arrivait toujours un événement négatif lorsqu'il était présent quelque part. Si Kakashi n'avait pas parlé à Danzô aujourd'hui, il était persuadé que l'homme aurait convaincu les autres habitants de bannir Naruto de rester à Laforce… Il soupira… La cabane qu'Iruka lui avait offerte était loin de Laforce, encore plus loin que celle de Kakashi et Iruka. Il était pratiquement seul au milieu du bois. Même les Kitcisakik étaient un peu plus loin, une quinzaine de minutes de marche au sud. Cependant, la cabane était peut-être petite, mais Kakashi avait fait du bon boulot. Le toit n'avait pas coulé, et les fenêtres avaient tenu le coup. Il y avait seulement eu des traces de petits animaux – souris, mulot, etc. – qui avaient réussi à entrer par en dessous du plancher. Il y avait eu des traces d'humidité, chose normale lorsqu'on considérait que la cabane avait été longuement inhabitée ainsi que la poussière.
La cabane était petite, une pièce principale avec le foyer, la table, trois chaises, et un vieux sofa défoncé. À droite au fond, une petite pièce servait de chambre, mais en ce moment elle était glaciale, et Naruto était trop fatigué pour bouger. Écrasé sur le divan, il tenta de regarder à l'extérieur par une des trois fenêtres, mais la nuit était tombée et il n'y voyait rien. Naruto se demandait s'il allait être en mesure de vendre ses peaux s'il retournait à Laforce, ou s'il serait obligé de voyager plus loin. Il n'avait aucune idée de l'impact qu'aurait au long terme la déclaration de Danzô. Avec de la chance, la réparti de Kakashi aurait un impact positif sur les Japonais un peu moins coincé.
Soudainement, Naruto sursauta. Confus, il regarda autour de lui, il fut perdu pendant quelques secondes le temps que son esprit embrumé le rattrape. Il était dans la cabane d'Iruka, et s'était endormi sur le sofa. Il faisait froid, Naruto jura le feu était presque éteint, il se dépêcha d'aller ajouter d'autres bûches. 'Ça doit être le froid qui m'a réveillé.' Se dit Naruto en se frottant les mains ensemble. Mais un son le surprit et il tourna vivement sur lui-même pour regarder la porte. On avait cogné, il en était certain. Il resta immobile, Naruto se demandait qui cela pouvait bien être à une heure si tardive… Quelle heure était-il au juste ? Il n'avait pas de montre, et l'horloge qui avait été laissée par Iruka ne fonctionnait plus. Les paroles d'Iruka lui reviennent en tête 'D'après eux, tu ne dois jamais, au grand jamais ouvrir ta porte à minuit, si jamais quelqu'un y frappe' Naruto en avait marre des légendes et des mythes qui contrôlait la vie et les pensées des gens autour de lui.
"Aidez-moi."
Cette fois-ci, il entendit parfaitement bien la voix masculine qui avait appelé à l'aide. Sans attendre une seconde de plus, il fit trois enjambés jusqu'à la porte, et il l'ouvrit sans hésiter. Un jeune homme un peu plus âgé que lui se tenait face à lui, le visage blanchi par le froid, les lèvres bleues, et son regard était perdu. Immédiatement, Naruto l'attira à l'intérieur pour le trainer jusqu'au sofa. Il l'installa du mieux qu'il put, il chercha du regard une des nombreuses couvertures qu'il s'était procurée depuis son arrivée au Québec. Il aperçut celle de loup, elle n'était pas très épaisse, mais très chaude, le blond s'en empara et il enveloppa l'inconnu dedans. Ensuite, il se dépêcha de mettre de l'eau à bouillir pour faire un thé à l'homme, il devait éviter qu'il tombe malade, et le thé à base de racine de betterave était le meilleur remède qu'il connaissait. L'homme l'observait depuis le divan, pour le moment, Naruto fit comme s'il ne l'avait pas remarqué et termina de préparer la boisson chaude. Une fois prête, il l'amena vers l'homme toujours immobile.
"Tenez, buvez ça, ça va vous réchauffer."
Une main fine, délicate sortit de sous la couverture pour prendre la tasse de la main de Naruto, et il toucha délibérément la main du blond, qui recula surprit.
"Merci."
Malgré sa stature mince et élancée, l'inconnu avait une voix presque aussi profonde que Kakashi, mais elle avait un côté presque envoûtant. Naruto détourna le regard avant de poser une question.
"Que vous est-il arrivé ? Quel est votre nom ?"
L'homme prit une longue gorgée du liquide brûlant, comme si l'eau était de la température de la pièce. Naruto avait fait mine de s'avancer pour l'arrêté, mais l'homme ne sembla pas ressentir la brûlure.
"J'ai perdu ma route, et ensuite mon cheval. Vous êtes la première chose vivante que je vois depuis des heures. Je suis Uchiha Sasuke."
Le cœur de Naruto se serra dans sa poitrine, un heureux hasard pour l'homme qu'il a emménagé aujourd'hui dans cette cabane.
"Enchanté, je suis Uzumaki Naruto. Vous alliez où ?"
Il avait peu de villages dans le coin, et le nouveau venu ne semblait pas être un missionnaire venu pour tenter de christianiser les Kitcisakik.
"Laforce."
Naruto le regarda.
"Pour quelle raison ?"
La tête de Sasuke était penchée vers l'avant, son menton touchait presque sa poitrine. Le blond s'avança vers lui, il réalisa que Sasuke s'était endormi assis, la tasse de thé entièrement bu, encore dans sa main. Un élan de tendresse s'empara de Naruto, et il en fut choqué. Il retira la tasse de la main de son visiteur, et il le poussa légèrement pour l'étendre sur le divan pour qu'il dorme confortablement. La fatigue rattrapait rapidement Naruto qui étouffa un bâillement, et il se résolut à aller dormir dans la chambre. Il y faisait un peu moins froid, mais la chaleur du foyer ne s'était pas encore entièrement rendu. Naruto laissa la porte ouverte, il garda ses vêtements et il s'enroula dans la grosse couverture d'ours. Lorsque sa tête toucha l'oreiller, il sombra rapidement dans le sommeil, mais juste une fraction de seconde avant, il revit le grand regard noir de Sasuke, et il eut l'impression d'y être tombé dedans tant, le regard semblait ne pas avoir de fin.
