Le prénom Nayati signifie 'lutteur'

Le prénom Ohanko signifie 'insouciant' ou 'nerveux


Sasuke retourna dans l'outre-monde, il était encore bouleversé de sa dernière interaction avec Naruto. Il était entièrement tombé sous le charme de l'humain. Mais il ne pouvait pas y accorder de l'importance, sa sécurité lui importait plus que son propre bonheur. Fugaku ne devait jamais apprendre leur rencontre, et encore moins que Sasuke n'avait pas insister pour faire un pacte. Perdu dans les méandres de son esprit, il ne regardait pas réellement où il marchait, et il entra durement en contact avec une autre personne.

Il allait exprimer son mécontentement, mais les paroles moururent dans sa gorge. Face à lui, se tenait Fugaku, et il ne semblait pas particulièrement de bonne humeur. Une sueur froide coula le long de la colonne de Sasuke.

"Tu étais où ?"

Le ton de voix utilisé par son père refroidit brusquement le sang dans ses veines, le paternel était définitivement de mauvaise humeur. Et quel meilleur exécutoire que de venir tourmenter son fils cadet.

"À la surface."

"Où sont les contrats accomplis ?"

Sasuke avait craint cette demande de Fugaku, cependant, il ne pouvait pas lui mentir, il le saurait immédiatement.

"Je n'en ai aucun."

Le visage du Fugaku se colora légèrement de colère, mais ce fut tout ce qu'il se permit comme démonstration d'émotion. Sasuke dut faire preuve de tout son courage pour ne pas faire un pas vers l'arrière. Cependant, il avait appris depuis les années à ne pas démontrer la peur que son père générait en lui. Fugaku s'avança d'un pas vers son fils, une maigre distance les séparait maintenant, et Sasuke pouvait sentir l'odeur de soufre qui émanait de son paternel.

Il détestait cette odeur avec passion.

Fugaku lui planta son index sur le devant de l'épaule gauche dans la partie plus tendre du muscle, mais il ne laissa rien paraître.

"Je te conseille de te mettre sérieusement au boulot, Sasuke. Ma patience est à sa limite."

Sasuke se contenta d'hocher la tête, il ne servait à rien de répondre à son père. Le dirigeant de l'outre-monde le regarda durement un autre moment, pour finalement tourner les talons et quitter dans un halo noir.

Sasuke sentit le stress quitter son corps, il soupira, et il continua vers ses quartiers. Il devait trouver une solution de trouver rapidement des âmes, des contrats pour apaiser Fugaku. Cependant, il ne retournerait pas dans le nord du Québec. Le monde était vaste, et il pouvait faire des contrats partout. Tout ce que Sasuke avait à faire était de se lancer dans une razzia et d'aller conclure le plus de contrat possible. Il était en mesure de le faire, et ainsi, il garderait la tête froide et occupée. Naruto disparaîtrait de son esprit… Avec de la chance.

Une fois dans ses quartiers, il décela immédiatement la présence d'Itachi. Il avait rarement le temps de venir le voir, donc sa visite en soit était surprenante, mais la bienvenue.

"Itachi, que fais-tu ici ?"

Son frère s'était installé confortablement sur l'un des trois sofas qui étaient placés dans la pièce, ses longs cheveux attachés simplement par un élastique, et il s'était habillé d'un magnifique kimono. Sasuke se dit – et pas pour la première fois – que c'était normal qu'Itachi ait tant de succès auprès des mortels. Oui, il savait que lui aussi était considéré bel homme pour les standards humains. Mais Itachi était une classe à part.

"Je ne peux pas rendre visite à mon cher frère sans raison ?"

Sasuke haussa un sourcil, peu impressionné par la réparti de son frangin.

"Qu'est-ce qu'il y a ?"

Itachi reprit une expression sérieuse, qui lui ressemblait beaucoup plus, et il se leva.

"Père est…"

Sasuke lui coupa la parole.

"Je l'ai croisé."

Le visage de son frère resta neutre, mais Sasuke remarqua lorsqu'il referma les poings fermement.

"Ça va aller, ne t'inquiète pas avec ça."

Un sourire imperceptible apparut sur les beaux traits d'Itachi, il s'avança vers son jeune frère, et il lui tapa le front avec l'index et le majeur. Sasuke grogna par habitude, mais il sourit à son tour.

"J'ai cru remarquer que tu es allé deux fois rencontrer la même personne…"

Itachi laissa la phrase en suspens en observant attentivement son frère, il perçut l'infime mouvement de ses mains qui voulurent se contracter, mais Sasuke se contrôla. Le visage blême ne démontrait aucune émotion, s'il ne connaissait pas si bien son frère, Itachi aurait cru qu'il n'y avait rien de louche. Malheureusement pour Sasuke, il le connaissait très bien.

"Et puis ? Que s'est-il passé avec cette personne ?"

Itachi s'était rapproché de son frère pour lui déposer une main sur l'épaule dans un geste réconfortant. Il sentit Sasuke se tendre un moment avant de relaxer, et il expira longuement tout en gardant son regard vissé au sol.

"Je – Je ne sais pas Tachi. Il… Il a cette lumière qui se dégage de lui, et… Et je veux…"

Sasuke ne put terminer la phrase, sa gorge s'était refermée sur les mots qu'il tentait tant bien que mal d'exprimer. Mais des siècles à refouler les émotions considérées ' humaines' (amour, peine, affection) était une seconde nature pour lui. Et s'il était honnête avec lui-même, Sasuke ne pouvait pas non plus réellement expliquer ce qu'il voulait vraiment. La seule image qui s'imposait dans son esprit était tellement… Ordinaire qu'il se trouvait ridicule d'être incapable d'en faire part à son frère.

"Sas… Tu dois être extrêmement prudent. Si Père apprend que tu es attaché émotionnellement à un humain… Tu sais ce qui risque d'arriver."

La voix habituellement calme d'Itachi s'était voilée subitement de tristesse. Sasuke savait parfaitement que son frère faisait allusion. Son aîné était tombé amoureux d'un humain, voilà des siècles de cela, alors qu'il était encore jeune.

L'homme qui avait réussi à charmer le fils du diable, était un marin du nom de Kisame. L'homme était un géant pour la période, il ne mesurait pas loin de près de 2 mètres de haut. Il était musclé d'avoir travaillé sur les bateaux, et il était un noir si foncé qu'il semblait bleu selon la lumière du jour. Kisame avait éclaté de rire lorsque Itachi l'avait approché dans un bar miteux dans un port quelconque. L'homme avait refusé net l'offre faite par Itachi. C'était la première fois que cela arrivait à l'ainé de la famille, et il en fut bouleversé. Ainsi, il avait décidé de suivre, et d'espionner l'homme de la mer. Pour finalement sombrer au charme de l'homme, et Itachi connu le bonheur durant de trop courtes années.

Après tout, ils étaient immortels sa famille et lui. Kisame ne l'était pas, et il prenait d'âge alors qu'Itachi ne vieillissait pas d'un jour. Fugaku découvrit l'existence de Kisame par un pur hasard. Il avait surpris son fils chéri en pleine recherche pour trouver un élixir qui ferait don de la vie éternelle à Kisame. Itachi avait cru – à tort – que son père le soutiendrait dans la démarche qu'il avait entreprise. Au contraire, le patriarche fut pris d'une colère monstre, et il donna une raclée monstre à Itachi – la seule et unique à ce jour – et ensuite, il emprisonna son fils dans un cachot.

Lorsqu'il autorisa à Itachi à sortir, un mois plus tard, il annonça à son fils que Kisame était mort. Qu'Itachi n'aurait jamais dû se laisser ainsi, qu'il valait beaucoup mieux qu'un simple mortel. S'il avait des envies particulières, ils avaient tout type de gens travaillant pour eux, et eux pourraient sûrement satisfaire les besoins physiques de son aîné. Itachi n'avait pas réagi à la mort de son amoureux de longue date, mais il était devenu plus froid, plus analytique, et il travaillait sans relâche. Il cultivait les âmes à un rythme effréné, au grand bonheur de Fugaku. Mais il ne faisait pas cela pour son père, il avait une raison bien spécifique pour agir ainsi. Cependant, personne à part Itachi ne connaissait la réellement motivation.

"Je sais Itachi. C'est pourquoi je n'y retournerais pas. Je ne peux pas lui faire ça."

Sasuke fut soudainement encerclé par les bras puissants de son frère, et il l'entoura à son tour. C'était la première fois en six-cents ans qu'Itachi se permettait un geste affectueux envers lui, et il réalisa à quel point cela lui avait manqué. Il sera le plus fort possible pour démontrer à Itachi à quel point il était important pour lui.

"Sasuke… Écoute ton cœur… Et n'oublie pas que je serai toujours là pour toi."

Sur ce, Itachi disparu dans un nuage rougeâtre.

Sasuke hocha la tête en passant les mains dans ses cheveux, tirant fortement sur les mèches. Que voulait dire son frère ? Écouter son cœur ? Cela signait automatiquement l'arrêt de mort de Naruto, et il était hors de question qu'il vive avec cela sur sa conscience. Non, cette fois-ci, il n'écouterait pas le conseil de son frère. Autant qu'Itachi était puissant, leur père l'était encore plus. Après tout, il était âgé de millénaire, et il avait acquis tant de pouvoir qu'en un seul claquement de doigts, il pouvait pulvériser une cité en entier. Alors, il s'en tiendrait à son plan initial.

Sasuke se déplaça vers l'orbe qui était au milieu de la pièce. Elle lui permettait de visualiser le monde, les humains, et sélectionner aussi son prochain lieu de chasse. Il n'accorderait pas la satisfaction à son père de perdre la face une fois de plus. Il déposa la main sur l'orbe tout en vidant son esprit de toute pensée. Il chercha ainsi le nouveau lieu qu'il irait visiter pour récolter les âmes.


2 semaines plus tard.

Dans la plaine gelée, plusieurs formes immobiles étaient étendues au sol, regardant un troupeau de bisons. Naruto était étendu auprès d'Enyeto et de son cousin Nayati. Il était un peu plus jeune qu'eux d'environ deux ou trois ans selon Naruto. Nayati était un jeune homme avec le rire agréable, et la bonne humeur contagieuse. Mais en cet instant précis, tous les chasseurs étaient sur le qui-vive. Ils n'avaient qu'une chance pour tuer un ou deux bisons. S'ils rataient leurs attaques, les mâles dominants les chargeraient et ils étaient terriblement belliqueux dans ces instants-là. Donc c'est pourquoi les chasseurs avaient été séparés en deux groupes. Le premier se chargerait d'abattre les bisons sélectionnés, tandis que le deuxième groupe se chargeait de tenter d'attaquer et d'attirer au loin les mâles. Si tout fonctionnait comme prévu, ils n'auraient aucun d'eux blessés. Langundo avait décidé que Naruto leur porterait plus chance s'il était avec les chasseurs qui tenteraient d'abattre le gibier.

Donc c'est ainsi qu'il se retrouvait sur le sol gelé, il avait les jambes congelées, et il craignait pour ses parties intimes. Il aimerait bien les conserver intacts… Qui sait un jour, il pourrait l'utiliser avec…

Naruto secoua la tête lentement, pour ne pas se faire remarquer, il était hors de question qu'il réfléchisse à cela. Il guettait le signal que donnerait Langundo pour tirer la première flèche, il conservait son regard bleuté sur la bête qu'il avait déjà sélectionnée. Mais Naruto craignait de ne pas être en mesure de décocher la flèche, car il avait l'impression qu'il s'était transformé en un immense bloc de glace. Il se demandait si ses doigts seraient en mesure de relâcher la flèche le moment venu.

Enfin ! Le cri d'un hibou ! Le signal !

Inspirant profondément, Naruto se concentra sur la cible face à lui, et au même moment que Nayati, il décocha la flèche. Il ne la quitta pas du regard, et il retint son souffle. La bête beugla avant de vaciller gauchement avant que ses pattes avant ne l'abandonnent, et la bête tomba finalement au sol. La bête que Nayati avait touchée venait elle aussi de tomber au sol, et soudainement le sol trembla comme si la terre allait s'ouvrir sous eux.

« Mabito ! »

Naruto avait appris quelques mots-clés pour faciliter la chasse, car peu de Kitcisakik parlait français, et Enyeto n'était pas toujours présent pour faire la traduction. Et 'mabito'; signifiait, cours ! Malgré son corps gelé, le blond parvint à se remettre debout sans trop de difficulté, et il courut vers la lisière de la forêt comme prévu. Vivement, il jeta un coup d'œil autour de lui, et tout semblait se dérouler comme Langundo l'avait prédit.

Environ trente minutes plus tard, la tribut et Naruto retournèrent à la plaine pour réclamer leur dû. Ils se mirent rapidement à dépecer les bêtes, rien ne fut jeté. Les Kitcisakik utilisaient tout, la chair, le gras, la peau, les organes internes, et les sabots. Une fois le tout accompli, ils mirent leurs butins sur des traîneaux qui furent ensuite attachés à deux chevaux, et ils retournèrent au village.

Ils étaient partis depuis deux semaines, ils avaient dû tracker longuement le troupeau de bisons avant qu'ils ne trouvent l'endroit idéal pour leurs attaques. Durant le voyage de retour, l'ambiance était à la fête, et plusieurs des membres voulurent venir discuter avec Naruto. Quelques-uns osèrent même toucher à la chevelure blonde – pour la chance – et Naruto se plia de bonne grâce à leur demande. Le chemin serait beaucoup moins long qu'à l'aller. Ils partageaient toute une tente, et Naruto partageait celle d'Enyeto et de Nayati. Il ne dormait pas très bien, aussitôt que le silence tombait sur le campement, l'esprit du blond se remplissait d'image de Sasuke. Il avait presque l'impression qu'il pouvait sentir son odeur, sa présence. Malheureusement, lorsqu'il ouvrait les yeux, il était toujours dans la tente qu'il partageait avec ses deux amis.

Cette nuit n'était pas différente, mais contrairement à d'habitude Naruto n'avait pas été en mesure de se rendormir. Après avoir tourné et tourné sous la couche de peau d'ours, il soupira et il décida de sortir et d'aller voir Fuyu. Il enfila les bottes qu'il avait mises à ses côtés, ensuite son manteau et il termina par les mitaines. Naruto souleva la peau qui recouvrait l'entrée pour sortir silencieusement à l'extérieur. Le froid lui piqua le visage, et l'eau lui monta dans les yeux.

"Brrr… C'est vraiment froid cette nuit. » Naruto dit pour lui-même."

Le ciel était sans nuage, on pouvait apercevoir les milliers d'étoiles qui brillaient dans le ciel de la nuit, et la lune était un magnifique croissant blanc. Tout autour de Naruto était immobile, le feu qui avait été allumé au milieu de leur campement brûlait encore quoiqu'il eût perdu un peu de vigueur. Naruto en profita pour aller ajouter deux autres bûches, ainsi au matin, il ne resterait pas que des tisons. Le silence demeurait une chose à laquelle Naruto avait encore de la difficulté à s'adapter, surtout dans un moment comme celui-ci. Tout était silencieux, pas un son ne pouvait être attendu, et cela le rendait mal à l'aise. Il se dirigea vers l'enclos des chevaux. Fuyu apparu au même instant.

Depuis qu'il était dans le grand nord avec Naruto, la bête avait pris beaucoup de muscle, son pelage était encore plus lustré qu'avant, et il était heureux. Ça plaisait beaucoup à Naruto de voir que l'animal était bien avec lui malgré un climat un peu plus rude que celui de Montréal. Le mois de mars approchait rapidement. Il avait prévu de retourner à Montréal avec trois de ses plus belles peaux de castors pour les offrir à Hoshi tel que promis. Naruto s'avança vers son cheval. Il lui caressa doucement le chanfrein, tout en lui chantonnant une mélodie japonaise que sa mère lui avait enseignée lorsqu'il était encore enfant.

Soudainement, les oreilles de Fuyu se mirent à l'affût. Le cheval henni doucement, clairement nerveux à propos de quelque chose. Naruto empoigna la dague qu'il portait en tout temps à la taille tout en jetant un coup d'œil aux alentours. Il ne remarqua rien qui clochait, mais il se fiait beaucoup à son cheval, et s'il avait détecté quelque chose, eh bien Naruto devait garder les yeux ouverts. Il n'apercevait absolument rien. Naruto commençait à croire que peut-être Fuyu avait eu peur d'un coyote ou d'un renard.

À cet instant, il perçut clairement une branche se casser près d'eux, et il tourna toute son attention vers la provenance du bruit.

Là !

Il aperçut une silhouette qui semblait s'éloigner en courant de leur campement vers la forêt. Immédiatement, Naruto crut à un voleur, et il se mit en chasse de l'ombre sans même penser à réveiller les autres autour de lui. Il courut aussi rapidement que possible tout en tentant de reste silencieux. Il ne voulait pas se faire prendre à revers, et il voulait prendre le voleur la main dans le sac. La silhouette disparue dans la noirceur de la forêt, et Naruto ralentit la cadence. Il écouta, rien tout était silencieux… Peut-être avait-il rêvé ? Non. Fuyu avait aussi réagi. Il avait bel et bien quelqu'un, et baissa le regard. Bien que la neige fût dure en cette période de l'année, il crut discerner des traces de pas. Alors il s'enfonça à son tour sous le couvert de la forêt, le silence l'écrasait et Naruto détestait cette sensation. Cependant, il se força à aller de l'avant. Ils avaient tous travaillé très fort pour leur chasse, et il ne permettrait pas à un voleur de s'emparer de leur butin si rudement gagné.

Une branche frappa brutalement l'épaule gauche de Naruto qui cria de douleur tout en tourna sur lui-même, son couteau en main. Face à lui, se trouvaient trois jeunes aborigènes des Kitcisakik, et il fonça les sourcils. Mais que se passait-il ? Pourquoi donc ces jeunes hommes l'attaquaient ainsi. Mais il ne se laisserait pas faire, bien qu'un contre trois, il avait peu de chances de s'en sortir. Il ne se souvenait que du prénom de l'un d'eux ; Ohanko. Le jeune homme ne lui avait jamais réellement adressé la parole ainsi que les deux autres. Ils ne tentaient pas de l'approcher contrairement aux autres membres de la tribu. Le plus grand des trois avants une lance qu'il brandissait envers Naruto, tout en lui criant dans sa langue. Le blond ne saisissait pas un strict mot, mais par l'intonation, l'aborigène semblait en colère contre lui pour une raison qui lui échappait. Il attaqua soudainement Naruto, et l'homme transperça l'épaule gauche de bord en bord, et Naruto hurla de douleur. Il tenta de rester debout, le blond savait que s'il tombait au sol tout était perdu pour lui. L'autre homme haussa le bras, il tenait un couteau, et il le plongea vers le cou de Naruto. Cependant, l'impact n'eut jamais eu lieu, un grondement féroce interrompit les trois jeunes hommes. Un renard massif ainsi qu'un plus petit étaient près d'eux. Le plus petit bondit et mordit violemment le bras du jeune homme qui tenait le couteau.

Le trio d'aborigène hurla de peur. Ils tentèrent de fuir, mais le plus petit ne le lâchait pas le bras du jeune homme, et l'autre renard encerclait les deux autres. Ils discutaient vivement dans leur langue lançant des regards apeurés vers Naruto. Le blond appuyait la main sur la plaie à son épaule pour tenter d'arrêter le flot de sang qui s'écoulait, mais il ne réussissait pas réellement. Lorsqu'il voulut avancer pour tenter de retourner au campement, des points noirs apparurent devant ses yeux, et il se sentit tombé sur le sol gelé. Alors qu'il sentait la noirceur l'envahir, il sentit une langue rugueuse contre sa joue, et il perçut de très loin quelqu'un qui hurlait son nom.


Lorsque Naruto ouvrit les yeux, la douleur à son épaule lui fit presque regretter la torpeur qui s'était emparée de lui. Il était dans un teepee qu'il ne reconnaissait pas, et il prit panique. Il se leva gauchement, Naruto attrapa ses bottes pour les enfiler et finalement, il réussit à revêtir son manteau. Il s'avança sur la pointe des pieds vers la porte, une fois face à elle, Naruto repoussa la peau et il sortit. Langundo était dos à lui, mais il se retourna immédiatement lorsqu'il perçut les bruits de pas dans la neige. Le vieil homme s'avança vers lui, et instinctivement, le blond fit un pas en arrière. De la tristesse apparut dans le regard noir du chef de la tribu. Il cria le prénom d'Enyeto, il apparut comme par enchantement auprès de son père. L'homme parla posément comme s'il ne voulait pas effrayer Naruto, et il maintint la distance entre eux. L'Uzumaki savait - en fait espérait - que Langundo n'avait pas donné l'accord pour l'attaque qu'il avait vécue.

Cependant, tout ce qu'il voulait était de revenir chez lui, et de dormir pendant mille ans. Si Kakashi apprenait cet incident, il serait furieux, et Naruto se demandait s'il ne serait pas mieux de ne pas en parler. Il était juste si fatigué… Langundo prit la parole, et son fils traduisit pour lui.

"Nawuto doit accepter les excuses du Chef des Kitcisakik. Les trois jeunes hommes seront punis en conséquence de leurs actes. C'est la jalousie qui a pris possession de leurs cœurs. Ils ne voulaient pas apercevoir l'homme blanc obtenir le trophée de chasse alors qu'eux servaient de diversion."

Bien que ce fût la voix d'Enyeto qui parlait, les yeux de Naruto ne le lâchaient pas du regard Langundo. Il écoutait les explications du Chef tout en tentant de garder son calme, et de ne pas laisser la colère prendre le dessus. Il se contenta alors de simplement hocher la tête.

Le Chef claqua des mains, et deux femmes du village approchèrent. Elles étaient de son âge, richement habillées de peaux de loutre. Les tresses étaient recouvertes de perles de toutes les couleurs imaginables, et elles portaient dans leurs bras d'épaisses peaux de caribous.

Enyeto continua de traduire les paroles de son père.

"Langundo propose à Nawuto de sélectionner l'une de ses filles comme épouse. Ainsi, il fera partie entière de la tribu et il sera considéré comme un frère."

Naruto braqua son regard bleuté vers les deux jeunes femmes qui se dressaient en silence près de leur père, la tête baissée. Il serra les poings si fort que les ongles s'enfoncèrent dans la peau malgré les mitaines qu'il portait. Comment l'homme pouvait-il penser que de lui proposer une femme – qu'il ne connaissait même pas – en mariage pour effacer l'attaque dont il avait été victime ? Il tremblait littéralement de rage, il ferma les yeux, et il compta en japonais jusqu'à dix pour se calmer. Naruto ne voulait pas non plus causer de tension entre le reste du village et le Chef. Tout simplement parce que trois idiots avaient cru que l'attaqués étaient la meilleure solution. Naruto ouvrit les yeux à nouveau et il retourna son attention vers Langundo.

"Je ne peux pas accepter l'offre généreuse de Langundo. Mon cœur appartient déjà à une autre personne."

Naruto n'avait pas prévu de répondre ceci, mais il savait aussi que c'était la vérité. Même s'il ne pouvait jamais vivre l'amour qu'il ressentait pour l'autre, son cœur lui appartenait à jamais.

Enyeto cita la parole de son père.

"Très bien. Accepte au moins les peaux de caribou en guise de pardon."

L'Uzumaki hocha la tête.

Un jeune garçon d'une dizaine d'années apparut avec Fuyu, et les femmes placèrent les peaux de caribou derrière la selle de Naruto. Ensuite, le Chef le salua. Naruto approcha de son cheval, et avec l'aide d'Enyeto, il monta sur son cheval. Il salua d'un signe de tête l'homme, et d'un simple mouvement de la jambe fit avancer Fuyu. La voix d'Enyeto parla une fois de plus.

"Langundo espère refaire une autre partie de chasse avec Nawuto."

Naruto se contenta de lever son bras – non blessé – en guise de réponse, et il quitta finalement le village. Il n'était pas loin de chez lui, même pas dix minutes à cheval, mais la douleur dans l'épaule le faisait souffrir. Après environ cinq minutes de marche, Fuyu cessa brusquement d'avancer, les oreilles à l'affût. En fin de compte, Naruto vit apparaître face à eux le renard qu'il avait sauvé quelques semaines auparavant. Il se rappela que la bête lui avait probablement sauvé la vie. Il démonta son cheval – avec quelques difficultés – et il posa pied à terre. De son bras valide, il chercha dans les sacoches un morceau de viande séché, une fois qu'il mit la main dessus, il se mit à genoux.

"Tiens, c'est pour toi. Merci de m'avoir sauvé la vie."

Le renard s'approcha sans aucune crainte vers lui, par la suite, il s'assit face au blond tout en s'emparant du morceau de viande tendu vers lui. Il le mangea tout en gardant son regard intelligent sur Naruto. Mais le jeune homme avait froid, faim et il était épuisé. Il se releva en grognant.

"Je dois retourner chez moi, je suis mort de fatigue. On se revoit bientôt, kitsune."

Le renard avala le dernier morceau de viande, il se releva tout en observant Naruto remonté sur le cheval. Une fois, l'humain en selle, le renard abaissa légèrement son museau, comme s'il saluait Naruto et disparut rapidement dans la forêt.

Enfin ! La cabane lui apparut, il soupira de soulagement. Mais en même temps d'appréhension, il devait desceller Fuyu, rentrer les peaux, mettre le feu dans le foyer… Tant de choses à faire, et si peu d'énergie. Mais Naruto n'avait pas le courage de se rendre chez Kakashi et Iruka pour leur demander de l'aide et de devoir revenir ici par la suite. Non, il ferait le strict minimum.

Il mit pied à terre, et Naruto dut serrer les dents, car de petits points noirs étaient apparus devant ses yeux. Ce n'était pas le moment de perte de conscience, il pourrait facilement mourir d'hypothermie avant que quiconque se pose des questions. Il attendit un instant que l'étourdissement se passe, sa tête posée sur le corps ferme de Fuyu, sa présence l'aidait à rester alerte.

Naruto cria lorsqu'une main se déposa sur l'épaule qui n'était pas blessée, il virevolta sur lui-même, couteau en main prêt à se défendre d'une autre attaque. Mais toute combativité le quitta, une vague de soulagement mêlée à de la fatigue, et de l'incompréhension le submergea.

"Viens, je vais t'aider."

Sasuke.

Putain de Sasuke était là à ses côtés, alors qu'il lui avait dit qu'il ne reviendrait jamais. Mais pour le moment, l'Uzumaki s'en foutait il était tout simplement trop soulagé d'avoir une paire de bras de plus pour l'aider. Mais cette fois-ci, il ne laisserait pas Sasuke s'enfuir sans lui parler. Son visiteur le guida jusqu'à la porte de la cabane et il l'aida à entrer. Ensuite, il le fit asseoir sur le sofa pour ensuite l'obliger à s'étendre. Lorsque Naruto voulu argumenter, Sasuke l'avait simplement regardé et il lui avait murmuré ;

"Dors."

Et il s'était endormi.

Naruto ouvrit les yeux en panique se demandant où il était. Lorsqu'il reconnut son salon, il tenta de se lever, mais la pièce autour de lui tourna dangereusement. Une main délicate se déposa sur son épaule, et ses yeux bleutés entrèrent en contact avec le regard d'ébène de Sasuke.

Ah. Oui.

Et tout lui revient en mémoire. Comme un caléidoscope d'image, de couleur et de son… Tout se mélangea ensemble dans sa tête, et il se sentit de nouveau étourdi. Lorsqu'il sentit la main de Sasuke s'éloigner, Naruto l'attrapa de son bras valide, et il la tint fermement.

"Non. S'il te plaît, ne t'en va pas."

La tonalité de la voix de Naruto était si triste, si poignante que Sasuke prit place à ses côtés sur le sofa. Le blond se tourna légèrement pour être en mesure de lui faire face, tenant toujours sa main dans une poignée de fer. Le regard bleu le regarda sans parler pendant un long moment, Sasuke avait l'impression que l'humain était en train de le lire comme un livre ouvert. Naruto abaissa le regard vers leurs mains liées pendant quelques secondes avant de replonger son regard dans celui de Sasuke.

"Je ne sais pas qui tu es, ni ce que tu es."

Il racla la gorge avant de continuer. Ses billes bleues ne quittaient pas le regard de Sasuke, et il serra un peu la main prisonnière de la sienne avant de continuer.

"Je ne peux pas espérer que tu comprennes où accepte ce que je veux te dire. Mais s'il te plaît, laisse-moi parler sans m'interrompre."

Sasuke hocha la tête totalement sous le charme de l'homme qui rayonnait face à lui. Celui qui chassait la noirceur qui l'englobait en tout temps, qui chassait la froideur qu'il ressentait depuis des siècles.

"Je suis amoureux de toi. Mon cœur t'a tout simplement choisi. Je sais que ce que je ressens est considéré comme immorale partout dans le monde. Mais je n'y peux rien. C'est ce que je ressens."

Le regard bleu brillait étrangement, la voix était ferme malgré un léger trémolo, Naruto continua.

"Si ce que je t'ai dit te dégoûte, la seule chose que je te demande est simple ; ne reviens plus jamais ici. Je ne pourrais pas supporter d'être près de toi, sans être avec toi."

Cette fois-ci, Naruto abaissa le regard, mais sa main n'abandonna pas celle de Sasuke, mais la prise s'était desserrée. S'il voulait Sasuke pourrait tout simplement glisser sa main hors de la prise du blond, or, il ne le souhaitait pas du tout. Ce que Naruto venait de lui annoncer était une bénédiction et une malédiction tout à la fois. Il n'avait pas prévu revenir auprès du blond, mais même à l'autre bout du globe, Sasuke avait ressenti la détresse du blond lorsqu'il avait été attaqué. Il avait failli tout plaquer la seconde que cela est arrivé et venir immédiatement à la rescousse de Naruto. Cependant, encore et toujours, la peur de la colère de Fugaku l'avait empêché d'agir. Il avait dû terminer la collecte des âmes qu'il avait commencées, retourner chez lui, et ensuite, il était parvenu à quitter en catimini.

Son père était un obstacle de taille, mais Sasuke avait décidé qu'il voulait vivre dans la lumière de Naruto. Que son cœur battît pour la première fois depuis des décennies, et qu'il désirait rester auprès de cet être exceptionnel aussi longtemps qu'il voudrait de lui. Peut-être qu'Itachi pourrait lui venir en aide ?

Sasuke prit délicatement le menton de Naruto pour qu'il le regarde. Lorsque les yeux si pleins de vie, d'amour pour lui se posèrent sur les siens, il parla à son tour.

"Je ressens… Je ressens tout ce que tu ressens. Tu – Tu m'apportes une lumière, et une chaleur à laquelle je ne crois pas avoir droit."

Naruto le regardait totalement surpris, la bouche entrouverte. Il se reprit rapidement, et osa – ce qu'il n'aurait jamais cru possible – déposer ses lèvres sur celle de Sasuke. Elles étaient si douces, si tendres, et Sasuke répondit au baiser, et il lâcha la main de Naruto pour l'attirer un peu plus à lui. Le blond l'entoura de son bras indemne, et il gémit lorsqu'il entre ouvrit la bouche et que leurs langues entrèrent en contact. Sasuke eut la même réaction, et ils se serrèrent encore plus l'un contre l'autre.

Le temps cessa d'exister pour les deux hommes, ils s'embrassèrent comme s'il n'y avait pas de lendemain. Leurs mains effleurant légèrement le corps de l'autre, jusqu'à ce que soudainement, un corbeau apparut sur la table de la cuisine, et laissa un fort croassement.

"Putain de merde !" Naruto jura en levant d'un bond.

"Mais… Mais comment est-il entré ?"

Il retourna son attention vers Sasuke qui avait perdu toute couleur dans son visage. Il se leva droit comme un piquet, les bras le long du corps avec les poings serrés. Il inspira longuement avant de se tourner vers Naruto.

"Naruto. Je dois y retourner. Mais je te promets sur ma vie d'être de retour avant dix jours… Si je ne reviens pas, c'est que tu dois m'oublier. Sache que je suis aussi amoureux de toi."

Il s'était rapproché de Naruto durant son petit discourt, et il l'attrapa par le haut de son chandail pour écraser une dernière fois leurs lèvres ensemble. Naruto s'accrochait désespérément à lui, mais il ne le supplia pas de rester, il avait compris que Sasuke ne quitta pas par plaisir, mais par nécessité.

"Une dernière chose – il prit une grande inspiration – si je ne reviens pas, et qu'un jour, tu es dans un réel pétrin."

Sasuke sembla hésité pendant un instant, mais le corbeau croassa de nouveau, faisant sursauter les deux hommes. Sasuke sortit une carte vierge de la poche de son pantalon, et il écrivit rapidement quelque chose dessus, et il la glissa dans la main de Naruto.

"Je te promets de tout faire pour te revenir."

Il embrassa rapidement Naruto avant de lui toucher délicatement le front, et le blond s'endormit. Il l'installa confortablement sur le sofa, l'observa amoureusement un moment avant de disparaître – en même temps que le corbeau – dans un nuage mauve.