Chapitre 4 : Pas de Nom
Smoker ressortit de la maison accompagné de Morgan, toujours très dubitatif concernant leur interrogatoire. L'identité de cette femme leur était inconnue mais pour autant cela ne laissait pas Smoker indifférent. « Ils vivent dans un quartier riche, privé remplie de connards et connasses à gogo et c'est la seule femme qui manifeste de l'intérêt pour des gens comme nous… C'est plus que bizarre, on devrait y jeter un coup d'œil… »
Il haleta le pas soucieux de se rendre au pavillon au coin de la rue. Il était faussement caché par les grandeurs des arbres qui l'entouraient. Des petits jeunes adolescents s'amusaient en vélo, et tournait autour du quartier. Ils s'amusaient à faire des grimaces aux agents ce qui ne manqua pas de les irriter. Leurs rires s'unifiaient et continuaient à agacer Smoker, particulièrement Morgan « C'est pour ça je déteste les gamins… » Il ne faisait que ruminer les foudroyant du regard tandis que son supérieur ne faisait qu'avancer bien trop concentré sur son objectif. Ils finirent par arriver devant la porte de la maison. Aussitôt ils pouvaient constater que les rideaux cachaient la vue intérieur de la demeure. La maison ne laissait présager aucun signe de vie et tout était neuf, propre, du paillasson jusqu'à la vue du jardin. Personne ne semblait avoir habité là et pourtant cela devait être le contraire. Le fumeur frappa à la porte timidement, soucieuse. Après quelques minutes de silence, le bruit de la serrure et d'un loquet se firent entendre. Morgan et Smoker croisèrent leur regard avant de le rediriger vers la porte qui les séparait eux et la maison. Ils avaient déjà mis la main sur leur arme respective, ne voulant être surpris. « Mieux vaut prévenir que guérir… »Contre toute attente, à l'ouverture de la porte une femme jaillit. Elle semblait être confuse de voir deux marines au regard menaçant, la main sur leur arme :
« Je peux vous aider ? « Les deux compères prirent un instant pour la considérer, leurs yeux trahissant leurs pensées. Ils se sentirent vite ridicule et affichèrent une mine quelque peu gêné par ce qui venait de se passer.
« Hum… Oui, je me présente. Mon nom est Smoker et voici un de mes agents Morgan. Nous sommes ici car nous menons une enquête concernant la mort du contre-amiral dans ce quartier même. J'ose espérer que vous auriez quelques informations à nous donner, mademoiselle ? Il la regarda et manqua de se noyer dans ses yeux couleurs noisette. Son visage légèrement bronzée ainsi que ses lèvres qui semblaient douces et lisses. Son grain de beauté au au coin des lèvres, et sa magnifique silhouettes cachant ses courbes sous une robe unie à fleurs. Il semblait presque tomber sur le charme de cette femme mais il se rappela que son travail était plus important. Elle le contempla brièvement avant de s'avancer refermant la porte d'entrée derrière elle :
« Madame. Et que voulez-vous savoir au sujet de votre collègue ? « Elle le regarda attentivement, son regard à elle semblait indescriptible, cachant ses émotions avec brio. Morgan ne manqua pas de le récupérer et nota secrètement cela dans son calepin. Il avait pour habitude de faire ceci, afin de mieux déceler le comportement, la personnalité des individus qu'ils interrogeaient. Quelque chose l'interpellait mais il ne savait quoi, il attendait patiemment afin de le découvrir :
« Très bien, madame. Pouvez-vous nous dire quand est-ce que vous avez su qu'un contre-amiral vivait dans votre quartier ? « Smoker la fixa attentivement essayant d'analyser chaque expression de son visage ou gestes traduisant un signe d'anxiété, de peur, ou de stress.
« J'en ai eu connaissance lors d'un événement que l'on organise entre voisins. Nous nous réunissons entre voisins pour se découvrir, échanger et passer un bon moment si je puis dire ! « Un sourire commençait alors à se dessiner sur ses lèvres. « C'est alors que je l'ai rencontré… » Elle se caressa les cheveux suite à ces dires. Morgan la scrutait attentivement tout en jetant un coup d'œil aux environs. Il put constater quelques affiches publicitaires sur certaines maisons, ce qui suscita son intérêt :
« Je vois qu'il y'a des maisons à vendre dans votre quartier, cela est-il récent ? « Il insista du regard tout en conservant son stylo dans la main, notant chaque possible détail de leur entrevue. Elle sembla hésiter pendant un bref moment puis elle regagna le même sentiment de confiance qu'elle laissait transparaître :
« Oui c'est récent. Elles viennent d'être mis en vente il y'a peu de temps, les propriétaires ont décidés de s'en aller. Il y'avait eu un sacré incendie et cela a ravagé certaines de ces demeures, nous avons de la chance que cela ne soit pas plus propager. » Smoker considéra sa réponse puis regarda aux alentours, aucun signe de vie n'était présent. On aurait dit que tout le monde avait fuit à leur venue. C'est alors qu'il décida d'insister sur leur précédente conversation :
« Pouvez-vous nous décrire la relation que vous entreteniez avec le contre-amiral ? « Il vit qu'elle avait l'air crispée. Elle ne pourra rien nous cacher il pensa. « Il va falloir être plus précise madame. Je le crains… « Son regard lourd de sens qui semblait ajouter une pression à la dame en face de lui.
Elle hocha la tête. « Nous étions que de simples voisins qui parfois partager quelques moments. « Elle sentit la curiosité monter dans le regard des marines. Elle s'empressa de démentir mais elle fut coupée par la voix ferme de Smoker.
« Pas besoin de vous justifier ça nous intéresse pas. » Il craqua ses mains brièvement puis fronça les sourcils. « On nous a dit que tout le monde était au courant que John était sous infiltration… «
Elle resta silencieuse, toujours à l'écoute. Morgan soupira et lu quelques éléments à relever dans son calepin.
« Vous avez dit que les maisons ont étés récemment mises en vente, êtes vous également une nouvelle propriétaire ? «
Si c'est une nouvelle propriétaire, alors cela devient suspect, cela supposerait qu'elle soit arrivée en même temps que John. Cela n'explique toujours pas les maisons en vente. Il y'a eu un grave incendie, ce que l'on a oublié de demander c'est est-ce que les précédents propriétaires ont étés physiquement impacté ? Morgan ne savait pas et continua à réfléchir – s'éloignant de Smoker.
« Nan, je vis ici depuis plus de deux ans maintenant. » Elle haussa le sourcil. « Où voulez-vous en venir ? «
Il resta silencieux, notant attentivement sa déclaration. Il devrait falloir visiter ses maisons en vente.
« L'incendie quand-est-ce que il y'a eu lieu ? « Smoker employait toujours un ton ferme décidé à en finir au plus vite.
Elle roula des yeux. « Il y'a un an… Deux ans tout au plus… « Elle soupira une nouvelle fois. « Écoute, je commence à en avoir assez d'autant plus que j'ai besoin de me reposer… «
L'impatience semblait la gagner plus qu'autre chose. Quelque chose la dérange fortement, plus que ces histoires avec John. Ces maisons ? Il pensa. « Très bien nous nous en allons mais nous reviendrons vous voir. « Il se frotta le front. « Quelle est votre nom ? « Un fin sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme, avant de prononcer faiblement.
« Personne » Elle s'empressa de réintégrer sa maison et de la fermer aussitôt Avant même qu'ils puissent la questionner davantage – Qu'est-ce qui tourne pas rond chez elle ? Il sembla troublé pendant un bref instant avant de poursuivre
« Il serait temps de jeter un coup d'œil à ces maisons… «
Une nouvelle semaine débuta à Gold Roger. Les derniers événements avaient quelque peu secoué l'équilibre et avait ramené une certaine tension. Les élèves étaient de plus en plus méfiants et le climat était dorénavant anxiogène. Des rumeurs couraient que certains pirates en avaient après eux ce qui ne manquait pas de les effrayer. Barbe Blanche décida alors de mettre en place un système de patrouille incarné par les élèves afin d'éviter les courants de panique. Cela permit d'instaurer un sentiment de sécurité, qui sans doute était éphémère.
En traversant les couloirs, Luffy put remarquer les élèves le scruter attentivement. Des regards craintifs, méfiant comme si il était l'incarnation de la peste elle-même. La tension semblait proportionnelle à chaque apparition de sa part ce qui ne manquait pas de le troubler et de le laisser confus. Zoro avait décidé de quelque part faire cavalier seul, ne se confiant dorénavant à personne. Son principal objectif était fixé et cela devenait obsessionnel à telle point qu'il lui arrivait parfois d'oublier qui était son « ami ».
Shanks n'était pas dupe. Il comprit rapidement que les élèves devaient être préparés au pire. Les dernières actualités ne faisaient que renforcer cette idée. Une série d'assassinat était en cours, un tueur en série qui ne semblait s'attaquer qu'aux élèves diplômés de Gold Roger ainsi qu'à leur famille. Il était de toute évidence que cet individu avait une obsession envers Gold Roger mais pourquoi ? – Il pensa.
La marine avait lancé un avis de recherche mais cela était en vain. Personne n'arrivait à trouver quelconque indice ou informations concernant « l'Ogre » surnom attribué au tueur par la Marine par la brutalité des meurtres. « Il semble être en constante soif de victime. » Une note retrouvée sur les lieux d'un meurtre. Un sourire en forme de D était tracé sur le front de la victime à l'aide de son sang. – Une monstruosité et une froideur non vue depuis des lustres qui terrorisaient les élèves de Gold Roger.
« C'est à ça que l'on doit s'attendre si l'on sort diplômer de Gold Roger ?! On se fait putain de décapiter avec un sourire sur le front comme cerise sur le gâteau ?! » - « T'as entendu ça ? Il paraît que ces anciens élèves se font enlevés et pendant plusieurs mois on ne les retrouves pas ! C'est atroce… «
Barbe Blanche regardait tout cela de sa grande chaise en plein milieu de la grande salle commune. Il pouvait constater à quelle point ses élèves étaient inquiets et cela ne l'amusait guère lui qui considérait ses élèves comme ses enfants. Il va falloir faire quelque chose – Il pensa.
« Silence ! » D'une voix ferme, tous les échos, bruits cessèrent. « J'ai conscience que ces derniers temps, ont étés en proie à la panique, à la peur ainsi que malheureusement, la souffrance… Certains d'entre vous ont perdus des êtres chers et nous en sommes profondément désolés. Ce qui se passe à l'extérieur est très grave et nous n'avons pas la main mise ni la possibilité d'intervenir. Comme vous le savez, l'école bénéficie de sa propre juridiction, ce qui exclue les actions extérieures d'interférer avec les nôtres et inversement. Nous avons confiance cependant à la marine. – Bien que nous ne les portions pas dans nos cœurs, ils œuvrent tout de même pour la sécurité des citoyens et cela est de leur devoir. Enfin, il est primordial de ne pas nous laisser absorber par la peur et l'inquiétude. L'école est protégée et aucun individu n'oserait mettre ne serait-ce qu'un orteil sur notre territoire Nous autres, professeurs sommes responsables de vous et nous assurons votre protection aujourd'hui et jusqu'à la fin de votre scolarité. Il est également de notre devoir d'apprendre à vous protéger. C'est pourquoi nous allons instaurer des cours de renforcements intensifs dés à présent. – Ce qui ne manqua pas de surprendre Shanks, l'ensemble des professeurs ainsi que les élèves. Nous devons apprendre également à vous protéger pour votre propre sécurité. Nous vous accompagnerons tout au long de ce processus. Un système de patrouille sera également mis en place afin de rester attentif et être vigilant. Les patrouilleurs seront désignés et chaque élève pourra se référer à eux en cas de problème ou de difficulté. Cela sera également de leur devoir de veiller sur leurs camarades et de les assister en cas de besoin. – Ici nous veillons chacun sur les autres, et la sécurité, la protection de chacun devient en ces temps mouvementés plus que vitale. Que la volonté soit avec nous !
Cela eût pour effet de donner un mouvement de foule, de hourra qui résonnait dans la pièce ainsi que des applaudissements. Malgré tout les sourires, ainsi que le bruit assourdissant, Luffy et Zoro ne souriaient pas. Les deux compères se retirèrent de la foule pour s'éloigner afin de se concerter. Pendant leurs marches respectives, seul le silence parlait. Le vent venait siffler sur leurs uniformes tandis qu'ils se rendaient dans la cour prés de la fontaine non loin un banc, le même banc où ils se sont rencontrés pour la première fois. Ils prirent tout les deux le soin de regarder les alentours discrètement pour vérifier leur intimité avant de briser le silence.
« Du nouveau ? « Les premières paroles de Luffy étaient glaciales sans aucune émotion derrière. De la froideur pure ce qui ne manqua pas de faire sourciller Zoro. Il avait l'image d'un Luffy jovial, parlant toujours sous un ton enjoué. Cela s'était évaporé en quelques jours. C'est ça que provoque Gold Roger ? – Il était perdu dans ses pensées.
« Pas grand-chose. » Il se mordit la lèvre, signe de nervosité. « Juste deux, trois petites choses, sans importance… » Les yeux rivés sur l'eau qui coulait de la fontaine. Il sentit le regard de Luffy se durcir, ce qui le poussa à préciser. « Je commence à comprendre sur quoi ton frère travaille secrètement. Il est à la poursuite d'un type ainsi que d'un certain livre… » Il se tourna pour faire face Luffy, qui était toujours aussi attentif. – « Je les ai espionné dernièrement et ils ont mentionnés un livre concernant les fruits du démons qui serait en possession d'un malade mental… » Il se détendit sur le banc, laissant son dos s'y reposer.
« Quoi d'autre ? « Toujours aussi froid et d'un ton monotone. Un livre sur les fruits du démon… Qu'est-ce que l'on pourrait faire avec cela ? Il soupira puis se détendit de même.
« Kuina… « La voix de Zoro trembla légèrement et il se crispa brièvement avant de reprendre. « Elle était dans le monde souterrain, elle y travaillait pour le compte d'un certain Mr J… » Ces derniers mots avaient étés dits avec haine. « J'ai entendu quelques mentions de lui, il paraît qu'il contrôle une bonne partie de l'école. Cependant dans quel but ? Et surtout à quelle finalité ? « Il se gratta la tête puis se redressa. « Toutes ces choses, pourquoi la vie n'est pas simple ? «
Si ce Mr J est la même personne qui fait subir toutes ces choses à Hancock, il va le payer au centuple ! – Luffy rageait intérieurement, la frustration de ne pas avoir été là le hante toujours. « Je n'arrête pas de penser au fait que si j'avais été là pour Hancock, les choses auraient pu êtres différentes… « Il serra les poings suite à ces dire. « Je vais lui faire payer, il va payer, il le faut… « Zoro le regarda dans un mélange de compassion et d'inquiétude. Il ne le connaissait que depuis peu cependant, il pouvait ressentir une certaine pitié envers lui qui n'aurait jamais eu auparavant.
« En temps voulu, Luffy, en temps voulu… Nous lui ferons regretter… Cependant, on doit commencer à s'interroger sur notre groupe. » Luffy fut prit par suprise. « Est-ce que l'on peut faire confiance à Nami, Usopp, Robin ? Même à ton frère ? « Il confronta Luffy du regard pour savoir si lui aussi était méfiant. La confiance était précieuse mais aussi risquée. On ne les connaît pas suffisamment, si on leur fait confiance, ils peuvent nous la mettre à l'envers. Est-ce que ils ont le courage, de mettre leur vie en danger ? – Ce qui le tracassait plus que tout autre chose.
Nami, Usopp, Robin et Ace ? – L'interrogation était de mise. Il n'avait rien contre eux mais il ne pouvait pas ne pas se méfier. Nami était bienveillante, compréhensive ainsi qu'attentive et très incrédule. Elle parvenait progressivement à reconnaître dans le regard de Luffy, les différentes émotions qu'il contenait dans sa tête. Elle faisait très attention aux détails, trop à son goût. Usopp était plutôt fiable, malgré une certaine sensibilité au mensonge et à la couardise mais c'est ce qu'il rendait attachant et unique. Cependant Luffy, ne voulait imaginer l'idée qu'il lui arrive quelque chose, que sa vie pouvait être en danger – La dernière chose que je voudrais voir. Robin était plutôt discrète, elle ne disait que très rarement le fond de sa pensée et était plutôt introvertie. Elle avait également du mal à s'entendre avec les autres, ce qui pouvait traduire un certain éloignement de sa part. Luffy se sentait toujours responsable de sa dispute avec elle sans pour autant avec l'envie de s'excuser. Ace était vraiment la dernière personne qui le troublait le plus. Mystérieux, colérique, impulsif, imprévisible. Il ne pouvait le cerner et le faire confiance, il n'avait pas encore eu une discussion, ce que Luffy redoutait c'était sa propre réaction. Il avait conservé une certaine rancœur, un goût de vengeance le torturait. – Pas encore.
« Pas encore. Il faudrait attendre voir s'ils nous montrent qu'ils peuvent l'endurer. Il n'est pas nécessaire de les mettre en danger tant que nous sommes qu'au point de départ. Lorsque cela deviendra vraiment sérieux, et que la situation se corsera, peut-être qu'ils se révèleront sans aucun effort de notre part. Mieux vaut qu'ils restent en dehors de ça, les conséquences pourraient être terribles, et je ne pourrais me le pardonner… « Le vent vint siffler, semblant en accord avec les dires du chapeau de paille. « Lorsque l'on a peu d'attache, c'est plus facile de les couper lorsque cela est nécessaire… » Zoro cligna des yeux, puis finit par caresser ses sabres, un sourire aux lèvres. Il semblait enfin avoir trouvé un vrai compagnon.
« Je vois… »
Luffy et Zoro se rendirent à leurs cours respectifs. Le chapeau de paille avait un cours avec le Dr. Kureha. Il n'appréciait pas particulièrement ces cours puisque il ne voyait pas en quoi la médecine allait l'aider à progresser. Il n'était pas du genre à assister ou à soigner, mais plutôt à se blesser et laisser les autres faire leur travail à sa place. Il fit irruption dans sa salle de cours, spacieuse avec une odeur agréable notamment liés aux plantes, un éclairage faisant brillant la pièce couvert par les rideaux qui les plongeaient dans l'obscurité. Il s'assit au dernier rang comme d'habitude, dans une table à uniquement deux place, là où les autres rangées avaient quatre places. De sorte à ce que personne ne vienne se joindre à lui. C'était sans compter sur une jeune fille aux cheveux orangés qui avait suivi la scène et qui vint s'asseoir à coté de lui avant même le début du cours.
« Tu n'étais pas obligé…« Il ne le regarda pas les yeux rivés sur la professeure, qui s'apprêtait à débuter le cours. Nami se raidit brièvement, irritée par son commentaire, ne comprenant pas pourquoi il était devenu aussi distant. Il avait depuis quelque temps, commencé à s'éloigner peu à peu d'eux, ne leur adressant que très peu la parole. Qu'un simple hochement de la tête, à de l'ignorance. Comment il peut réagir de cette manière ? – Elle pensa.
« Tu te tais. » D'une voix ferme. « Je fais ce dont j'ai envie. » Elle le considéra suite à ces mots, en espérant un quelconque signe de culpabilité, ou de gêne. Il en était rien. Ce qui l'a déçue.
« Il est bien là le problème. » D'une froideur habituelle, avant même qu'elle puisse y répondre, elle fut interrompue par la professeure.
« Bonjour à tous, mes élèves ! J'espère que vous allez bien et que vous êtes tous bien en forme ! Aujourd'hui je vais vous parler d'un certain produit… Une certaine potion. Elle a été réalisée, il y'a plusieurs années maintenant, plus d'une décennie même je dirais. Qualifiée de « démoniaque» Elle permet à celui ou celle qui s'en procure de s'approprier l'identité d'un autre individu. Autrement dit, elle permet de vous métamorphoser pendant un laps de temps. Bien entendu, nous ne disposons pas de telle chose ici c'est pourquoi je vais juste vous faire une démonstration… » Elle finit par utiliser les mèches qu'elles gardaient près d'elle. Elle versa un liquide jaunâtre qui semblait répugner la classe entière – « Mieux vaut ne pas savoir d'où ça sort.. . » Commenta un élève, la main sur la bouche, se retenant de vomir. « Vous mélangez le tout et vous versez cela dans un chaudron. » Elle réalisa la consigne, en versant le liquide dans le chaudron préchauffé. Au bout de quelques secondes, des bulles se formèrent ce qui ne manqua pas de provoquer plusieurs sentiments de malaise. Elle finit par verser du liquide dans un flacon avant de le refermer aussitôt. Elle le secoua vivement pendant quelques instants puis le laissa reposer sur son bureau.
« Des questions ? « Ses yeux se dirigèrent vers la ribambelle d'élèves qui se tenaient devant elle, bouche bée. Parmi eux tous, une main se leva ce qui surpris tout le reste qui firent de la place pour que la personne puisse s'exprimer. Elle était reconnaissable à l'aide de son tatouage « Death » sur ses phalanges. Ses anneaux dorés à son lobe gauche, son bonnet panda, son sabre à sa taille, ainsi qu'à son regard distant mais ne cachant aucun signe d'animosité. Luffy le regarda attentivement, et comprit immédiatement, qu'il ne fallait point le sous-estimer. C'était une sorte d Elle était reconnaissable à l'aide de son tatouage « Death » sur ses phalanges. Ses anneaux dorés à son lobe gauche, son bonnet panda, son sabre à sa taille, ainsi qu'à son regard distant mais ne cachant aucun signe d'animosité. Luffy le regarda attentivement, et comprit immédiatement, qu'il ne fallait point le sous-estimer. C'était une sorte « d'instinct » chez lui. Les autres étaient plutôt intrigués par lui, son style particulier ainsi que sa profonde discrétion qui fait de ses prises de paroles, une rareté pour être souligner.
« Excusez-moi. » Il employa un ton ni ferme ni jovial, assez neutre, ce qui attira la curiosité de Dr Kureha. « Je voulais savoir, si nous en tant qu'élèves seront amenés à pratiquer ce genre de technique ? » Il la regarda avec des yeux insistants sans animosité, les mains dans les poches, qui faisaient étalage de son attitude nonchalante. Kureha souri brièvement puis considéra sa réponse avant d'y répondre. Il était vrai que certains élèves s'imaginaient déjà de se transformer en leurs professeurs, afin de réaliser des blagues de mauvais goût.
« Non, du moins pas pour le moment. Ce n'est tout simplement pas au programme, jeune homme. » Elle s'assit dans son fauteuil, secouant au passage le flacon. « Ce n'est pas un jouet pour les enfants… »
Il soupira avant de répondre. – Quel est alors l'intérêt de nous montrer ceci, si nous allons jamais nous en servir. Il croisa ses bras, attendant une réponse de sa part. Les autres élèves regardaient la scène légèrement ennuyé.
« Vous n'allez pas mettre en pratique tout ce que l'on vous apprend dans votre vie extérieure, surtout lorsque cela vient de l'école. Cela fait partir du cours Mr Law et bien entendu, nous nous passerons de vos commentaires sur la pertinence de mes cours si vous le voulez bien. – Ce n'était pas vraiment une question mais une simple précision elle pensa. Elle insista du regard, ce qui fit comprendre à Law de ne pas persister. Il repartit à sa place tout comme les autres élèves qui s'étaient rassemblés autour de son bureau de la démonstration. Seul un seul élève ne s'était pas levé de sa chaise, un garçon au chapeau de paille. En effet, il n'avait daigné lever le petit doigt, trop peu intéressé par le domaine médicinal.
« Pensez-vous être supérieur aux autres, Mr Luffy ? « Kureha éleva légèrement la voix, le jeune homme se situant aux derniers rangs de la salle, dans son coin. Il n'avait que légèrement sourcillé, les coudes sur la table, la tête sur les bras, le regard par la fenêtre. Il fallut un deuxième rappel de la part de Nami qui vint le rejoindre pour qu'il réalise pleinement la situation.
« Quel est le rapport ? « Il avait prononcé ses mots comme un murmure à peine audible pour Kureha ce qui ne manqua pas de l'agacer. Elle ne supportait pas son attitude, d'autant plus qu'il avait déjà causé des problèmes suite à son arrivée. Encore un D. qui est aussi borné. Elle pensa.
« Le rapport ? « Elle avait prit un ton presque jovial. « Vous vous fichez de moi j'imagine… » D'un mouvement brusque, elle se leva de son siège, une expression colérique sur son visage. « Redressez-vous lorsque je vous adresse la parole ! La moindre des choses c'est de regarder une personne dans les yeux lorsqu'elle s'adresse vous ! « La classe avait dorénavant les yeux rivés sur Luffy. Nami regardait tout cela d'un œil désapprobateur. Elle ne comprenait pas pourquoi il se comportait ainsi. Pourquoi il voulait se rendre détestable, cela lui tracassait l'esprit. Il finit par se redresser, non sans avoir pris son temps et pris le soin de bâiller par la même occasion ce qui provoqua quelques rires sous les yeux d'une Kureha remontée.
« Je m'en fiche de votre cours. » Il finit par poursuivre. « De la médecine en générale. Cela ne me parle pas et ne m'intéresse pas, voilà. » Kureha se retint de prononcer quelques jurons avant de tout simplement répondre calmement
« Dans le bureau du directeur, immédiatement. »
Kureha ne tolérait en aucun cas le manque de respect, surtout aussi ouvertement. Elle se sentie humiliée là où Luffy ne voyait que de la pure franchise, de l'honnêteté. Il prit ses affaires et se dirigea au bureau de Barbe Blanche. Il ne croisa pas le regard avec Nami, comprenant déjà ce qu'elle ressentait ainsi que celui de Kureha de peur d'envenimer la situation. Il traversa différents couloirs qui semblaient être une éternité. Les marches étaient longues à monter, ainsi que les différents escaliers qui menaient à l'accès réservé aux membres du personnel de l'école. Il s'arrêta sur le panneau puis il y pénétra. Seul le bruit de ses pas se fit retentir tandis qu'il avançait peu à peu. Au fur et à mesure qu'il avançait, il pouvait lire différentes inscriptions : « Archives « « Bureau de Shanks « Bureau de Rayleigh » « Bureau de Baggy » Il sourit intérieurement à la lecture du dernier panneau, s'imaginant la tête de clown de son professeur. Il n'arrivait cependant pas à trouver le bureau de Barbe Blanche. Il s'arrêta un instant essayant de chercher à travers les différents prospectus qui étaient collés sur le tableau d'affichage au milieu du couloir. C'est après quelques instants, qu'il vit un symbole pirate, un crâne de mort personnifié de Barbe Blanche violet. Il en déduit rapidement que c'était là où il devait se rendre. Il hésita avant de toquer. Barbe Blanche restait très impressionnant, et possédait la même aura voire plus grande que son grand-père ce qui lui donna quelques coups de froids dans le dos. – L'homme le plus fort du monde…
Il frappa un coup sec avant de rester figé devant la porte, la pression commençant à l'envahir. Après quelques instants, la porte s'ouvrit d'elle-même ce qui surprit Luffy. Il le fût encore plus lorsqu'il découvrit Ace et Barbe Blanche en pleine conversation. Lorsque les deux comprirent qu'ils n'étaient plus seuls, ils mirent rapidement fin à leur discussion. Barbe Blanche semblant quelque peu inquiet par la teneur de sa conversation avec Ace. « Poing Ardent » n'osa même pas regarder Luffy dans les yeux, qui se raidit immédiatement. Il l'ignora leurs regards ne se croisant pas. Ce qui laissait Luffy seul devant Barbe Blanche devant expliquer sa situation. Le vieil homme étudia le chapeau de paille du regard. Il avait eu quelques échos mais ne l'avait encore jamais rencontré en face à face.- Ce gamin…
« Tu vas rester planté là comme une statue ou tu vas me dire pourquoi tu es dans mon bureau ? « Un sourire aux lèvres, il sortit une coupe de saké rien que pour lui, et y versa un flot d'alcool. Luffy s'avança prudemment comme si une bête étourdie se trouvait devant lui, il prit le temps de jeter un œil aux alentours. Le gigantesque bisento de Barbe Blanche qui ornait la pièce ainsi que plusieurs cartes aux trésors, médailles, coffres planqués dans son bureau. Divers montures de pirates ainsi que quelques rares photos de lui plus jeune, et de son équipage. Ainsi qu'un portrait de Gold Roger ce qui attira immédiatement l'œil de Luffy, tant cet homme était une légende mais également le père d'Ace. Barbe Blanche remarqua cela mais ne fit que sourire, laissant Luffy découvrir peu à peu la pièce. Il est pareil qu'Ace la première fois qu'il a mit les pieds dans son bureau. Il pensa.
Après avoir pris le temps de constater toute la grandeur, l'histoire, qui régnait dans la pièce, il se souvint rapidement de sa venue :
« Dr Kureha m'a envoyé ici en guise de punition. « Barbe Blanche s'apprêta à parler mais il lui coupa la parole. « J'ai dit que son cours ne m'intéressait pas et que je en ai avais rien faire. J'ai juste fait preuve de franchise… » Il resta debout, les yeux toujours fixés sur les différents objets de piraterie.
« Kureha est une vieille brebis galeuse, elle n'aime pas qu'on lui montre un peu de ténacité. » Il bu sa coupe de saké. Luffy était pris au dépourvu par la réaction de Barbe Blanche. Il pensait qu'il aurait été beaucoup plus ferme, il en était rien. Il était admiratif devant lui, une figure de l'histoire de la piraterie, qui se tenait devant lui. Pour lui, c'était un moment unique. Pour la première fois, son coté enfantin ressortit.
« Vous êtes bien plus grand que je l'imaginais… » Il le dévisagea de haut en bas, très impressionné. Le vieil homme était plutôt surpris par son attitude.
« Assis-toi au lieu de gesticuler. » Il fit un signe en direction de la chaise devant Luffy. Il prit le temps de s'asseoir. Obligé d'incliner sa tête vers le haut pour maintenir le regard de Barbe Blanche. « Tu as l'air de t'être déjà fait remarquer gamin… « Il vit la confusion grandissant dans les yeux de Luffy. « Séjour à l'hôpital, manque de discipline, ainsi que d'entraînement singulier… « Il se redressa sur sa chaise, inclinant légèrement sa tête en avant. « Pourquoi tu te bats ? « La curiosité grandissait chez le légendaire pirate envers le jeune D. Il savait que les D. étaient destinés à de grandes choses, qu'ils marquaient leurs époques, les vies de tout ceux qu'ils approchaient. Ils étaient capables de changer le monde littéralement.
Il y'a eu des D. à Gold Roger et certains ont vécus une vie honorable. D'autres ont sombrés dans le déshonneur. Maintenant qu'un autre était face à lui, le petit-fils de Garp cela l'intriguait énormément. Il voulait faire son maximum pour que ce jeune homme ne prenne pas le mauvais chemin. Il avait déjà failli une fois et il ne pouvait se le permettre une seconde fois. Luffy réfléchissait profondément. Pourquoi il se battait ? Il avait déjà un début de réponse, devenir plus fort pour protéger les personnes qu'il aime. Mais cela était plus personnel, tout comme devenir le roi des pirates. Chose que Barbe Blanche ne manqua pas de se moquer en riant à gorge déployée. Il trouvait cela très rêveur mais n'était pas complètement surpris. Les D. étaient selon lui des « rêveurs nés «
« Qu'est-ce que tu désires le plus au monde ? « Il lui sembla voir dans les yeux de Luffy, une lumière jaillir. Il devait avoir juste.
« La liberté « La vieille relique sembla plutôt satisfaite de la réponse du chapeau de paille, qui semblait en accord avec ses propres attentes. Au même moment, Kureha qui venait de terminer son cours, vint les rejoindre.
« Je vois que je vous déranges pas tout les deux… » Elle venait de fermer la porte derrière elle. Luffy reprit une attitude froide, ce que Barbe Blanche fit également frustré d'avoir été dérangé. « Est-ce que vous avez mis en place une sanction pour le jeune homme, Edward ? « Luffy fût prit de surprise à l'évocation du prénom de son directeur. C'était la première fois qu'il entendait, voyait une personne s'adresser à Barbe Blanche par son prénom. Il se demandait également quel relation, quel proximité il y'avait entre eux deux. Il jeta rapidement un coup d'œil à Kureha qui l'ignora.
« Oui, ne t'en fais pas lui et moi en avons discutés. » Il regarda Luffy d'un air complice, ce dernier cacha un sourire. « D'ailleurs puisque il est là j'ai également décidé de le nommer patrouilleur. » C'était une décision qui surprenait grandement Kureha mais pas autant que Luffy. Il ne comprenait pas en quoi cela, le concernait. D'autant plus qu'il recherchait la discrétion plus qu'autre chose.
« Pourquoi moi ? « C'était les premiers mots qui lui étaient venus à l'esprit. « C'est pour me punir que vous me nommez à ce poste ? «
Il ne put s'empêcher de rire avant de répondre. « Pas du tout. Je te trouve tout simplement à la hauteur de cette tâche sachant que cela implique avant tout une certaine discipline donc il faudra te tenir à carreau. Tu seras également responsable de tes autres camarades mais les autres élèves pourront venir te voir en cas de problème, où s'il rencontre une quelconque difficulté. Si toutefois, tu n'es pas en mesure d'apporter une réponse ou bien quelque chose te tracasses, tu pourras en discuter avec Shanks. « Il ne laissa même pas le temps à Kureha de protester avec un signe de la main. Le garçon au chapeau de paille lui réfléchissait :
« Je serais l'unique patrouilleur ou d'autres personnes me rejoindront ? « Il pensait déjà comment mettre à profit sa nouvel fonction. Travailler seul était préférable mais en équipe cela serait compliqué ne voulant dévoiler ses véritables attentions.
« Fais-moi confiance, tu ne seras pas seul. « D'une voix imposante, ce qui anéantit les espoirs de Luffy. « J'ai déjà nommé les différents patrouilleurs que tu rencontreras incessamment sous peu. Tu es en réalité le dernier patrouilleur, bravo. « Il finit ces paroles sur un ton ironique avant d'enchaîner. « Ceci étant dit, je dois retourner vaquer à mes occupations. C'était un plaisir Luffy. Kureha « Barbe Blanche s'en alla laissant Kureha et Luffy face à face.
« Vous avez vu ça ? « Smoker tendit la main pour saisir le journal de Morgan. « Il a encore frappé. Il a encore fait une nouvelle victime… Boss, à ce rythme là ça va devenir la panique totale. » Morgan était inquiet et il y avait de quoi. Le tueur en série courait encore dans la nature et il n'avait toujours pas entamé une véritable procédure. « Quand est-ce que une enquête va entrer en vigueur ? «
« Je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que ce n'est pas nos affaires. Nous sommes sensés nous occuper de Moria tu te rappelles ? Alors on n'a pas vraiment le temps de se laisser distraire. « Smoker était lucide. Leurs jours en tant que marine étaient comptés au fur et à mesure que l'enquête sur Moria s'éternisait. Il n'avait pas le temps en plus de tout ça de se rajouter une aussi grosse affaire, qui commençait peu à peu a semé la zizanie à travers la population. Certaines boutiques se mirent à fermer plus tôt, d'autres commerces mirent la clé sur la porte. Les places abondantes comme le marché était moins fréquenté, le traffic était réduit sauf dans certaines allées qui restaient toujours aussi animées. L'impact de « l'Ogre « avait réussi à générer une peur qui gangrénait dorénavant à travers la population. Ils étaient toujours sur leur affaire, étudiant plusieurs fois le témoignage de la femme sans nom. Elle ne faisait que de plus en plus soulever des interrogations qui leurs poussaient fortement à visiter les maisons en vente.
Ils étaient à présent dans leur voiture, la lumière des phares éteints, camouflés dans leur uniforme. Leurs armes dissimulées déguisés comme des voleurs en pleine nuit. Ils avaient fait leur retour dans le même voisinage cette fois-ci pour visiter les maisons en vente. Elles restaient très intrigantes et les deux marines voulaient éclaircir leurs doutes une bonne fois pour toute. Ils sortirent de la voiture, discrètement, synchronisé faisant tout les deux attentions à ne pas se faire remarquer. C'était presque devenu une normalité pour eux, habitué de ce genre de mission risqué. Ils longèrent les différentes maisons passant par derrière les propriétés, escaladant au passage les différentes grilles. Morgan avait quelque difficulté à suivre la cadence de Smoker qui passait à travers à l'aide de son fruit. Il ralentissait pour ne pas le laisser derrière. Ils finirent par arriver devant une première demeure, une maisonnette. Une petite propriété avec un jardin restreint. Les dégâts causés par l'incendie était visiblement important. Il saisit l'affiche en premier. C'était la même affiche qu'ils avaient vus cependant un détail sauta à ses yeux :
« Il y'a le nom de la compagnie, il me semble Galley Company… Qu'est-ce que des charpentiers font ici ? « Il lut plus loin en bas de l'affiche « Jane Doe… Une nouvelle personne que l'on ne connait pas. Il semblerait que l'on fouille dans une boîte à mystère de merde… « Morgan saisit l'affiche et prit une photo avec le flash ce qui agaça Smoker. « Idiot pourquoi tu prends une photo ?! Et pourquoi tu mets le flash en plus ?! Tu ne peux pas te souvenir d'un simple nom ? Y'a quoi dans ton crâne tu veux nous griller ? «
« C'est vous qui avait insisté pour que l'on fasse ça en pleine nuit plutôt qu'en plein jour. Je fais avec les moyens à ma disposition… «
« Et tout ce que t'as trouvé c'est de faire une photo plein flash en pleine nuit attirant l'attention, en plein silence alors qu'on est sensé être discret. T'as vraiment un crâne particulier, Morgan. « Il pénétra dans la maison par la porte de devant. L'intérieur semblait neuf, du parquer au plafond passant par les fenêtres, le salon avec un canapé assez large, une table en verre neuve et quelques cartons placés par ci par là. La maison devait être en cours d'aménagement selon Smoker. Il passa du salon à la cuisine de la gazinière au réfrigérateur, au lave-vaisselle tout était clean. Il visita les chambre d'en haut tandis que Morgan continua en bas. Aucune trace suspecte pouvait être présente ce qui troubla Smoker
Comment se fait-il qu'après un incendie aussi majeur, la maison est aussi intacte. Le terrain devrait être plus impacté. Ce qu'il essayait également de comprendre c'est la cause de l'incendie. Comment cela s'était propagé à travers la maison et qu'elle en avait été l'origine. – Si je devais identifier une éventuelle source d'incendie, je me tournerais plutôt vers des éléments susceptibles à être enflammer. En effet, quiconque aurait voulu mettre le feu aurait très bien pu bénéficier d'une qualité inférieure d'une matière. Smoker ne croyait pas que quelqu'un aurait initié cela par lui-même. – Nous avons analysés la maison par détail, personne n'a mis le feu de l'intérieur ce qui fait que cela ne peut que venir de l'intérieur… Il finit par rejoindre Morgan en bas qui avait cessé de tourner et qui s'était maintenant adosser au mur.
« Enlèves toi de là. » Smoker venait de redescendre des escaliers Il n'avait rien trouvé d'alarmant. « Tu as trouvé quelque chose ? «
« Je n'ai rien trouvé rien à signaler ici. Je ne vois pas quel aurait été l'élément déclencheur. » Morgan commencer à perdre patience. « Nous devrions voir ailleurs. » Il prit direction vers la porte d'entrée lorsqu'il sentit un craquement en dessous de ses pieds. Il s'arrêta immédiatement et constata la qualité du parquet.
« C'était du bois avant on dirait… » Smoker le regardait attentivement faire sans broncher. Il réfléchissait. – Si ils avaient remplacé la matière c'était certainement parce que cela avait été détruit durant l'incendie. Mais pourquoi avoir aussi bien camouflé ? Il ressaisit l'annonce et prit le temps de la relire. Il n'était en aucun cas préciser les nouvelles modifications apportées à la demeure ni même la mention d'un quelconque incendie. Il commençait à dessiner le schéma mais il voulait être sûr avant d'effectuer des conclusions hâtives.
« Allons voir les autres maisons. »
Luffy était présent dans la salle commune aux élèves. Chaque élève de la même année que lui pouvait fréquenter cette pièce spécialement conçue pour eux. Il était assis confortablement près de la fenêtre, lisant un bouquin. – Il y'a tellement de choses que je fais que je ne pensais pas faire comme lire un livre par exemple. Il pensa. Ce n'était pas de son genre mais encore une preuve que Gold Roger l'avait quelque peu changé et il l'avait accepté. Non loin autour d'une table était réunie Zoro, Usopp, Nami et Robin. Chacun échangeait tranquillement les uns avec les autres, Des rires se faisaient entendre de plus en plus fort, tous très amusé. C'est alors qu'Usopp lança un regard en direction de Luffy qu'il voyait à l'écart du groupe et cela l'interpella :
« Vous le trouvez pas distant nous ces derniers temps ? « Il coupa court à leur élan et réinstalla un climat de tension. C'était devenu un sujet épineux entre eux et personne n'osait aborder cette situation alors il se décida à le faire. « Il nous ignore régulièrement. ¨Plus aucun bonjour, sourire, rien. Juste un hochement de la tête. Il est vraiment bizarre… »
Zoro analysa la réaction de Nami et Robin. Nami semblait une nouvelle fois déçue mais énervée. Il savait qu'elle était susceptible à ce genre de chose et que lui cacher la vérité du moins la maintenir dans le flou serait de plus en plus difficile. Tant elle était entêtée et bornée lorsqu'elle l'avait décidée. Robin était en revanche indifférente. Personne n'arrivait à la cerner ni même ses sauts d'humeurs. Elle semblait être une personne instable, indécise et Zoro avait beaucoup de mal avec ce genre de personne et n'était pas prêt à devenir un assistant social.
« J'ai le sentiment qu'il cache quelque chose ou qu'il ne veut tout simplement être amis avec nous mais ça serait trop simple. Peut-être qu'il a des problèmes mais qu'il ne veut pas nous en parler. « Elle regarda avec insistance Zoro qui ne broncha pas. Il ne dirait rien et elle le savait pertinemment. « Je ne sais pas à quoi vous jouez vous deux, en gardant tout pour vous mais sachez que vous n'êtes pas les seuls à avoir des problèmes dans la vie. «
Zoro souffla, il était agacé. « De quoi tu parles encore ? « Luffy détourna légèrement son regard de son livre pour regarder la confrontation entre les deux.
« Vous faîtes comme si vous êtes le centre du monde. Que personne ne peut vous comprendre ou est digne de vous… « Elle cracha ses mots comme du venin, ce qui enragea Zoro.
« Si tu te sens inférieur ou indigne de moi, il n'y a aucun problème c'est ton propre choix. Ne viens pas nous prendre la tête avec tes problèmes de compréhension. »
« J'ai toujours su que tu étais un abruti Zoro, je ne sais pas comment j'ai pu penser l'inverse. Tu ne te soucies pas des autres et tu ne penses qu'à toi, et tu l'entraînes également dans tes bêtises ! « Elle se leva de sa chaise très énervée. Elle lui jeta un regard noir qui fit accélérer la circulation sanguine de Zoro.
« Il n'y a aucune loi qui m'obliges à t'apprécier, à t'adresser la parole ni même à te faire confiance. Je fais ce dont j'ai envie que ça te plaise ou pas. Luffy est un grand garçon, il n'a pas besoin d'une baby-sitter. «
« J'arrives pas à comprendre pourquoi tu respires encore… » Zoro mit immédiatement la main sur son sabre, cependant Luffy l'arrêta. Il était sur le point de commettre un acte irréparable qu'il n'aurait pu effacer. Usopp le regarda très déçu et s'en alla sans dire un mot. Robin, elle était toujours en colère après Luffy mais inquiète pour Nami qui avait eu peur pour sa vie à cet instant. Elle s'était recroquevillée sur elle par panique et la laissa dans une position très inconfortable. La scène avait attirée l'attention de tout les autres élèves qui regardaient cela bouche-bée. Elle finit par partir se sentant humiliée, déçue et surtout comme dernière image « Luffy aux cotés de Zoro. » Ce dernier finit par s'asseoir en face de lui le regardant d'un air désapprobateur. Il ne comprenait pas comment avait pu perdre sang-froid aussi rapidement lui qui semblait si calme devant de durs évènements.
« Tu as failli commettre une sacré faute… » Luffy regardait son ami légèrement inquiet, se préoccupant pour lui. Zoro ne répondit pas, il voulait prendre le temps de se calmer avant de poursuivre. Après plusieurs minutes, il brisa le silence :
« J'ai entendu dire que tu as atterri au bureau de Barbe Blanche… » Il préféra changer de discussion.
« C'est vrai… Je me suis fait exclure et je me suis retrouvé là-bas. Et en récompense, j'ai été fait patrouilleur ! « Il leva les yeux au plafond ce qui laissa une expression hilarante sur son visage.
« Ah bah figure toi que Nami va patrouiller également ! Vous allez pouvoir vous amusez tout les deux ! « Il manqua pas de sourire devant en imaginant la prochaine dispute entre Luffy et Nami.
« Je n'ai pas de chance… »
Les maisons présentaient le même défaut de construction ce qui était troublant. C'est alors que Smoker en vint à la conclusion.
« Je pense avoir savoir ce qui se passe ici, et c'est vraiment malsain. Les couples qui ont étés carbonisés dans l'incendie cela dû à une malchance mais également par une faute professionnelle intentionnelle. Ils ont délibérément placé des matériaux de mauvaise qualité afin d'augmenter les risques que la maison prenne feu. Si la maison prend feu c'est la faute à une mauvaise décision d'un ménage alors que non. On ne les pas suffisamment assurés concernant ce genre d'incident… » Smoker continuait à réfléchir tandis que Morgan eut une idée
« Tu parles d'assurer… Il me semble que grâce à l'assurance, vers les propriétaires touchent un sacré pactole... «
« Donc on fait en sorte que les gens se crament pou récupérer la somme de dédommagement par l'assurance. »
« Et on reconstruit puis on remet en vente et ça continue ainsi de suite… C'est sinistre, c'est glauque mais c'est un business… » Ils avaient tout les deux mis la pâte sur quelque chose de gros cependant, cela leur faisait comprendre que l'enquête allait encore devoir s'approfondir ce qui signifiait encore moins de temps sur la sellette. Il se tramait une flopée d'événement qui se déroulait dans la même période et tout ce dont il avait à faire c'était d'arrêter Moria et de retrouver le livre.
« Je ne sais pas si vous avez remarqué… » Il attira tout de suite la curiosité de Smoker. « Mais sur l'annonce, il y'avait le nom d'une femme… »
« J'avais remarqué. » Il était complètement indifférent à ces propos.
« Une femme récemment… Nous a t-elle pas dit qu'elle n'avait pas de nom ? »
Le puzzle de l'histoire commençait à se former, le business derrière les maisons, l'incendie, et cette "femme". Ils n'arrivaient cependant pas à comprendre quel lien il pouvait y avoir avec Moria. La seule cause pouvait être l'argent mais qu'est-ce qu'un individu comme Moria ferait avec de l'argent ? - La corruption était la seule solution, et alors cela augmenterait les potentiels cibles corruptibles, la Marine, Galley Company ? CP-9 ? CP-0 ?
" Nous devrions faire un rapport au poste." Smoker se dirigea vers la porte arrière accompagné de Morgan. Ils se faufilèrent, repartant sur leur chemin de départ. Ils prirent route immédiatement au poste le plus proche afin de perdre le moins de temps possible. Ils arrivèrent et finissent par se garer sur une place handicapé sans se soucier des éventuels avis. Ils pénétrèrent dans le bâtiment fédéral. Smoker alluma un cigare à son habitude et Morgan analysait toujours son environnement. Ils étaient toujours vêtus de leur uniforme tout en noire sans le masque évidemment de peur de créer une confusion. Après avoir discuté brièvement avec l'accueil, ils partirent faire leur déposition. Ils envoyèrent tout les deux, une lettre recommandée au QG de la Marine sachant qu'ils n'avaient pas le droit d'y retourner avant d'accomplir leur mission. Les deux se relaxaient voulant prendre ne serait-ce qu'un peu de répit avant de repartir dans le pétrin.
" Quand-est-ce que tu retournes auprès de ta famille ? " Smoker avait lié une amitié forte avec Morgan. Il était son supérieur depuis quelques années maintenant. Ils avaient connus plusieurs difficultés, ils avaient partagés des doutes, des larmes, de la joie, de la haine, des émotions humaines. Morgan a été l'une des raisons pourquoi Smoker n'avait pas sombré après le suicide de sa femme. Les deux entretenaient un respect profond pour chacun malgré leurs "disputes" quotidiennes.
" Pas avant de finir le boulot... C'est ce que vous avez toujours dit..." Il regardait son supérieur d'un air nostalgique, se rappelant de moments plus heureux. Smoker avait une mine légèrement triste.
" Et c'est ce qui a coûté la vie de ma femme..." Il prit le temps de se racler la gorge. " Tout ce temps passé au bureau, pour le boulot... C'était du temps que j'ai perdu avec elle... " Il tira une nouvelle fois sur son cigare, recrachant la fumée. Il était rare les fois où Smoker se laissait être vulnérable. Cela montrait qu'il était suffisamment confortable de l'être devant Morgan, ce que ce dernier comprit immédiatement.
" Smoker... Ce n'est pas de votre faute... Cessez de vous blâmer pour cela... Vous savez que ce n'est pas de votre faute... " Il posa sa main sur l'épaule de son ami. " Malheureusement, le destin avait déjà décidé... Les jeux étaient déjà faits..." Morgan savait faire preuve de compassion surtout quand il s'agissait de son ami. C'était là selon certains que l'on reconnaissait les vrai amis, des faux. Smoker se leva, se libérant de la main sur son épaule laissant Morgan inquiet.
" Je n'y crois plus, je crée ma propre chance... J'y croyais et j'ai manifesté une tragédie. Maintenant je crois uniquement en moi même et le destin... Je lui brises le dos..." Il finit par jeter son cigare, l'écrasant au passage. Morgan regardait attentivement comme représentation de Smoker. Ce dernier reparti en direction de sa voiture. Les deux collègues venaient de fermer tout deux les portières exténuées. Ils prirent quelques instants avant de recommencer à travailler sur l'enquête. Après quelques minutes, quelque chose attira l'attention de Morgan.
" Il y'a une lettre pour vous dans la boîte à gant..." Il prit la lettre avant de la donner à Smoker. Il était visiblement surpris, ne sachant pas sa provenance. Il finit par l'ouvrir et prit son temps avant de dévoiler le contenu de l'enveloppe :
" Cher Smoker,
C'est un plaisir de vous adresser cette lettre. Moi qui suis un grand admirateur de vous et de vos exploits. Cela fait un moment que je vous observes. Vous parvenez toujours à vous révéler de nouvelles ressources, puisant dans votre intelligence afin de résoudre vos enquêtes. C'est pourquoi je vous ai choisis vous car j'ai confiance en vous pour résoudre les meurtres que j'ai commis et que je m'apprête à commettre. Comme vous pouvez le constater, j'ai un appétit qui ne cesse de grandir, et le monstre en moi ne cesse de se manifester... J'ai le destin de mes futures victimes à portée de main, ainsi je m'amuserais avec elles le temps que vous parveniez à nous rejoindre... Je vous ai choisis VOUS. Alors faîtes preuve d'intelligence et gardez cela entre nous, sous peine de conséquences terribles... Ceci est un honneur pour vous ! Alors souriez, et surtout amusez VOUS !
" Négligé, à l'abandon, les détenus libérés, la folie à mon être ne s'est jamais limitée."
Smoker était complètement perdu, ne sachant que faire. Pourquoi moi ? Pourquoi ? - C'est les seules questions qui résonnaient dans son esprit. Il remit la lettre dans son enveloppe avant de la ranger dans sa veste. Morgan voulut en savoir plus mais savait que il ne l'aurait pas laissé. Après un moment de silence inconfortable, sentant la tension s'élever, démarra la voiture :
" Je pense qu'il est temps de-"
La voiture explosa, suite au contact, laissant les flammes s'emparer du véhicule carbonisée. Ce qui attira l'attention des marines au poste qui s'empressèrent d'alerter le QG. Tandis que la voiture sombrait dans le feu, le mal semblait faire irruption aux portes de Gold Roger...
