Chapitre 3 : Ne nous laisse pas.
ND'A : Bien, dans cette fic je vais donc bousiller le canon, encore une fois, du coup je vais laisser de côté les marcheurs blancs et Daenerys, ce qui signifie que Yara et Theon ne sont jamais allés à Meereen et sont encore en train de fuir leur oncle.
Et il se pourrait bien qu'un petit Sansa/Yara finisse par pointer le bout de son nez dans cette fic… Oublions aussi Littlefinger et faisons comme si Arya et Bran étaient déjà rentrés. J'essaierai peut-être de faire revenir Tyrion aussi.
Voilà, bonne lecture !
La dernière fois qu'il avait vu son oncle Kevan avant son départ de Port-Réal, Jaime était sur le point de partir pour reprendre Vivesaigues aux Tully.
Plusieurs semaines avaient passé depuis, et d'innombrables choses avaient changé.
La seule chose qui ne changerait probablement jamais, c'était le fait que son oncle l'estimait peu.
Et en vérité, Jaime pouvait difficilement lui donner tort.
Pas une seule fois depuis le début de la prise de contrôle de Port-Réal par les Moineaux il n'avait essayé réellement de les arrêter, eux ou Cersei, ou du moins, le fait est qu'il n'avait définitivement pas réussi.
Toute cette histoire n'était qu'un immense désastre, et l'état actuel de Lancel n'était qu'une des terribles conséquences de cette dernière.
Il frappa à la porte de la chambre où Lancel reposait, et en y entrant, la première chose qu'il vit fut le corps de son cousin, toujours inconscient, le père de celui-ci le veillant encore et toujours, et Jaime n'arrivait même pas à être étonné.
« Par les Sept… ne put-il s'empêcher de murmurer avec un ton d'effroi. »
Il était encore avec Brienne de Torth lorsque la bataille de la Néra était advenue, de ce fait, il n'avait pas pu voir l'état dans lequel cette dernière avait laissé son cousin, mais il se doutait bien qu'il devait bien avoir l'air aussi mal en point à l'époque.
Et cela le désolait.
Lancel restait son cousin, et il n'avait absolument pas mérité tout ce qu'il avait enduré au cours des dernières années.
Il n'avait pas mérité d'être traité comme un chien, comme un moins que rien par Robert Baratheon, il n'avait pas mérité d'être blessé lors de la bataille de la Néra, il n'avait pas mérité de perdre ses deux petits frères.
Il réalisa soudainement avec horreur qu'il ne lui avait jamais dit qu'il était désolé pour tout ce qu'il avait perdu.
Soit, il réparerait cette erreur quand Lancel se réveillerait.
Enfin, si jamais le jeune Moineau se réveillait un jour…
Jaime prit place à côté de son oncle.
« Mon oncle… »
Celui-ci, l'air grave et les poings serrés, ne répondit rien, et ce n'est que quelques secondes plus tard que Jaime réalisa qu'il était en train de prier.
« Je pense que cela ne servira à rien mon oncle… Je crains que les dieux ne nous aient tous abandonnés.
Kevan le regarda pendant quelques secondes, le regard empli de colère et de rage.
- Parle pour toi… grommela-t-il, le visage dur et fermé. Mon fils ne mérite pas ce qu'il lui est arrivé. Il est innocent.
- Votre fils… est devenu un fanatique. Il n'a pas hésité une seule seconde à suivre les ordres… discutables voire infâmes du Grand Moineau.
Cousin ou pas, Jaime ne pouvait pas nier ce que Lancel était devenu.
- Et toi tu as brisé de nombreux serments et tué ton roi, crois-tu que cela fait de toi quelqu'un de meilleur que Lancel ? »
Régicide.
Ainsi donc, ce titre le poursuivrait-il jusqu'à sa mort ?
Brienne était l'une des rares à ne pas l'appeler ainsi, et il essaya de ne pas trop penser à elle.
Cela faisait beaucoup trop mal, surtout maintenant qu'elle était si loin de lui.
Pourquoi… pourquoi les gens ne pouvaient-ils donc pas comprendre ?
« Je n'ai jamais dit cela, rétorqua-t-il immédiatement avec une certaine sécheresse. Mais puisqu'on en parle, je pense sincèrement que cet acte là en particulier, qui me vaut le surnom infamant de Régicide, est bien moins répréhensible que ceux que mon cousin a commis au nom de sa foi…
Son oncle le regarda avec surprise.
- Oh, vraiment ? Qu'est-ce qui te fait dire cela ?
- Je… Mon oncle, vous n'étiez pas là à Port-Réal, quand ça s'est passé, vous n'avez pas vu… Moi si. J'ai tout vu, et j'aurais préféré ne rien voir, ne jamais savoir. Les innocents brûlés au nom de la folie du roi, cette même folie qui agitait les Moineaux quand ils étaient encore en vie (et oui j'inclus Lancel là-dedans mon oncle, ne vous en déplaise), je les vois encore la nuit, je sens encore l'odeur des flammes…
Sans oublier la pauvre reine Rhaella battue et violée par son mari tout les soirs et toutes les nuits, sans que personne ne fasse quoi que ce soit pour la sauver, moi y compris ! Vous voulez savoir pourquoi je ne regrette pas d'avoir tué le Roi Fou ? Parce qu'il le méritait ! Ce que je regrette, en revanche, c'est de ne pas l'avoir fait plus tôt ! »
C'était la première fois qu'il en parlait à quelqu'un d'autre que Brienne ou Tyrion, la première fois qu'il… qu'il évoquait cette période de sa vie.
Il réalisa quelques secondes plus tard d'à quel point ses mains tremblaient.
« Jaime, je… je ne le savais pas.
Le chevalier éclata d'un rire douloureux.
- Personne ne le savait… Ou plutôt, personne ne voulait le savoir, personne n'a jamais voulu le savoir. C'était plus facile d'ignorer la vérité que de l'affronter, pas vrai ?
- Est-ce que… tu souhaiterais en parler ?
- Non ! Il n'y a qu'une seule personne avec qui je pourrais en discuter, et elle n'est pas là. »
Son oncle n'insista pas, pensant probablement qu'il faisait référence à Tyrion.
Il n'aurait pas pu avoir plus tort à ce sujet.
« Très bien…
- Oncle Kevan… qu'est-il arrivé à Lancel ?
Kevan soupira alors.
- Le Grand Moineau l'a envoyé chercher ta sœur pour qu'il l'amène à son procès, et qu'elle y soit jugée en bonne et due forme. Si seulement j'avais su qu'elle ne comptait pas s'y rendre, jamais je n'aurais laissé ton cousin partir du Septuaire… ou tout du moins je ne l'aurais pas laissé partir là où il est allé.
Il s'est rendu dans les égouts, a vu la bougie qui menaçait de faire tout exploser et il l'a éteinte. Malheureusement, il s'est également fait poignarder peu de temps avant cela. Enfin, je le suppose. C'est Ser Loras Tyrell qui l'y a trouvé et qui l'a sorti de là…
- Attendez une seconde… C'est Loras Tyrell qui a sauvé la vie de Lancel ?
- Oui, en effet… Ça t'étonne ?
- Un peu, oui… Après tout, c'est bien Lancel, entre autres, qui a procédé à son arrestation, non ?
- En effet… Il semblerait que malgré son séjour en cellule, Lord Loras ait conservé un certain honneur en lui, et qu'il ne soit pas du genre à être trop rancunier. En tout cas, c'est grâce à lui que ton cousin est toujours vivant.
- En effet, vous avez raison. J'irai le remercier pour son geste dès que possible.
- Ce n'est pas juste… finit par murmurer Kevan, la main de son dernier fils pressée dans la sienne.
- Je vous demande pardon ?
- Je sais bien que Lancel n'est pas exempt de torts, mais… mais enfin, il ne méritait pas ça ! Pas encore, pas une deuxième fois, pas après le désastre de la bataille de la Néra, il… C'est mon fils, merde ! Et je n'ai pas su le protéger !
- Ce n'est pas de votre faute !
- Bien sûr que si ! Lorsque ses frères sont morts, lorsqu'il a été blessé durant la bataille de la Néra, qu'il a failli en mourir, il avait besoin de moi, et je n'étais pas là !
- Ne hurlez pas trop fort mon oncle, vous allez le réveiller à force de crier.
- Et c'est ce que je veux ! Qu'il se réveille enfin ! Je ne veux pas perdre le dernier fils qu'il me reste, je ne veux pas rentrer à Port-Lannis et dire à Dorna et à Janei que Lancel est mort parce que je n'ai pas été assez fort pour le sauver !
- Si jamais Lancel meurt… ce ne sera pas de votre faute, mais uniquement celle de Cersei, et celle de personne d'autre.
- Cela ne changera absolument rien à mon échec…
- Que dire des miens dans ce cas… Deux de mes enfants sont morts, et le troisième a failli tout perdre aujourd'hui. Parfois mon oncle, le destin est plus fort que nous.
- Je ne laisserai pas le destin ni qui que ce soit d'autre me prendre le dernier fils qu'il me reste… lâcha Kevan avec un air de détermination farouche, et Jaime s'autorisa alors à sourire.
- Oh, ça, j'en suis sûr et certain… Je vais vous laisser mon oncle, veillez bien sur Lancel pendant que je ne suis pas là. Il faut que j'aille réconforter mon fils, je suis sûr qu'il a besoin de moi. Enfin, si j'arrive à me montrer à la hauteur du moins, fit-il avec un air désabusé.
Robert Baratheon n'avait jamais été un bon père, mais il devait reconnaître que lui non plus.
Enfin, non pas qu'il ait jamais eu l'occasion de l'être…
Son oncle le regarda avec ce qui semblait être de la… fierté, dans son regard.
- Je suis certain que tu le seras Jaime… »
Pour la première fois depuis quelques temps (la dernière fois remontait à son passage à Vivesaigues, et encore, ça avait été trop court), le chevalier se sentit moins comme le Régicide, ou encore l'homme sans honneur, et un peu plus comme Jaime Lannister.
Bon Dieu que cette sensation lui avait manqué.
§§§§
Tommen, encore sous le choc de ce qu'il venait de se passer, s'était retiré dans sa chambre.
Parler avec Margaery n'avait pas changé grand-chose, et il avait dû à la fois réaliser que sa mère était devenue une personne aussi impitoyable qu'avait pu l'être autrefois Tywin Lannister, et aussi que, malgré son statut de roi, il avait été complètement impuissant dans cette histoire et complètement inapte pour régler cette situation.
Il s'était laissé manipuler par tout le monde, qu'il s'agisse de sa mère ou du Grand Moineau, et plus le temps passait, plus il avait l'impression qu'il ne serait définitivement jamais un grand roi.
Certes oui, il savait très bien qu'il n'était pas un fou comme le roi Aerys, ni un incompétent comme le roi Robert, et encore moins un monstre cruel et vicieux comme Joffrey, mais ne pas être un salopard ne voulait pas non plus forcément dire être un bon souverain.
Et en ce jour où tout avait faillit s'écrouler, il doutait de plus en plus de pouvoir réussir à bien gouverner.
En effet, les exemples de souverains de ces dernières années étaient tout sauf des modèles à suivre, entre le roi déterminé à cramer tout le monde, celui qui passait son temps à chasser, à boire, à manger ou à baiser des prostituées, et celui qui aimait torturer et tuer des gens et qui avait maltraité son propre peuple comme pas permis, non, niveau figures de rois, Tommen n'avait guère le choix niveau bons souverains en ce qui concernait ses récents prédécesseurs.
Tout ce qu'il savait, c'est qu'il ne voulait pas devenir comme eux.
Plus facile à dire qu'à faire…
Jamais la couronne qu'il portait sur la tête ne lui avait semblé être aussi lourde qu'à cet instant précis, comme si elle allait finir par l'écraser de son poids.
Il la prit entre ses mains, le regard empli de rage, presque désireux de la jeter contre le mur le plus proche.
Jamais il n'avait voulu cela.
Jamais il n'avait voulu être roi, jamais il n'avait voulu de cette responsabilité posée sur ses frêles épaules.
Mais puisque c'était son rôle désormais, autant qu'il tente de faire de son mieux pour le remplir, non ?
Avec Margaery à ses côtés, il ferait tout pour être à la hauteur.
Ce qui avait failli arriver en ce jour n'était pas de sa faute, c'est vrai, mais le fait est également qu'il avait été tout à fait incapable d'empêcher cela.
Sans Margaery, sans Lancel, il aurait absolument tout perdu, et il le savait parfaitement.
Mais désormais, il pouvait faire mieux, devenir un meilleur roi, devenir plus fort, maintenant que sa mère était en prison et que les Moineaux n'étaient plus.
Ce serait long, difficile, et très ardu.
Mais tous ensemble, ils y arriveraient.
Il en avait l'intime conviction.
Tommen reposa la couronne sur sa tête.
§§§§
Quand Jaime entra, il vit ce qu'il s'attendait totalement à voir, à savoir son fils, complètement abattu.
« Bonjour Tommen…
De même, la dernière fois qu'il l'avait vu, ils étaient presque dans deux camps opposés, Tommen étant dans celui des Moineaux, et Jaime… étant tout simplement dans son propre camp, et celui de Cersei.
Les choses avaient bien changé depuis.
- Bonjour Père, déclara le jeune roi pour la première fois, et Jaime ressentit un mélange de joie et d'amertume à ses mots.
C'était la deuxième fois qu'un de ses enfants l'appelait père, et la dernière fois que c'était arrivé, son enfant était mort dans ses bras.
- Si jamais tu sens que tu n'arrives pas à gérer tout ça, tu peux me le dire.
- Comment est-ce que je pourrais… gérer ? On ne m'a jamais appris à faire face à genre de chose… Mère, elle… enfin, vous savez déjà ce qu'elle a fait. Ou plutôt a tenté de faire…
Le chevalier se rapprocha de lui.
- Oui, je le sais… Et crois-moi, j'ai probablement fait des choses au moins aussi horribles, si ce n'est pire qu'elle…
- Comment on fait dans ces cas-là alors ? Le royaume a presque été mené au désastre, et je n'ai rien pu faire contre cela. Mère avait raison sur au moins une chose… il y a certaines choses qu'on ne peut pas contrôler.
- Non en effet…
- Pourquoi vous ne me l'avez jamais dit ?
- Quoi donc ?
- Que vous étiez mon père… Une fois que les rumeurs ont commencé à apparaître, que les gens ont commencé à murmurer partout que j'étais le fruit d'un inceste…
- Je… pour être honnête, je n'avais aucune idée de comment aborder le sujet avec toi et… je n'ai jamais réellement su être un père pour toi de toute façon, pour vous trois… je n'ai jamais pu l'être vraiment.
- Mère… vous l'aimez, n'est-ce pas ? Vous l'aimez vraiment…
Jaime soupira alors.
- Je… oui, je l'ai aimée en tout cas, plus que n'importe qui d'autre au monde.
- Ce n'est plus le cas ? Demanda Tommen avec innocence.
- Après ce qu'elle a fait ? Non… pour être honnête, même avant… avant cela, mon amour pour elle avait fini par être remplacé par… autre chose. Je… »
Il aurait pu se taire, arrêter là, ou même mentir, mais, alors qu'il regardait son dernier fils, son dernier enfant dans les yeux, il réalisa pleinement qu'il lui avait menti durant l'intégralité de sa vie, même si c'était pour de bonnes raisons.
Il lui devait la vérité, pour une fois.
« J'en aime une autre désormais…
- Qui cela ?
- Oh… mais c'est un secret voyons. »
Avant que le roi ait pu ajouter quoi que ce soit d'autre, Jaime céda à l'impulsion qui se saisissait de lui depuis son arrivée dans la chambre de son fils, et serra ce dernier dans ses bras.
Quand le jeune homme commença à pleurer contre lui, il ne fut même pas surpris.
§§§§
Il était plutôt tard le jour suivant, quand, au matin (ou plutôt vers midi en vérité), Loras Tyrell finit par se réveiller, après une longue, très longue nuit de sommeil bien méritée.
Il eut l'agréable surprise, en allant déjeuner aux alentours de quatorze-quine heures (en s'étant couché vers environ seize-dix-sept heures la veille) de découvrir ni plus ni moins que sa grand-mère, déjeunant aux côtés de son fils et de sa petite-fille.
Apparemment, celle-ci n'était pas encore retournée à Hautjardin lorsque la nouvelle du désastre avait éclaté, et Margaery lui avait envoyé de toute urgence la veille un corbeau pour lui dire de rentrer à la capitale.
Ce qu'elle avait fait, bien évidemment.
Loras avait alors passé les deux-trois jours suivants avec sa famille, à récupérer lentement ce que les Moineaux lui avaient pris ou du moins avaient essayé de lui prendre, à savoir sa volonté, sa joie de vivre, son envie de se battre, et sa bonne santé, reprenant rapidement l'entraînement à l'épée, afin de retrouver sa force et sa dextérité d'autrefois.
Il avait également tout fait pour dissimuler aux yeux du monde sa blessure au front, cette marque infamante infligée par les Moineaux, dont il ne voulait pas, lui qui n'avait jamais voulu faire parti de cet ordre dont il haïssait tout ce qu'il représentait, et guettant avec impatience et anxiété le jour où sa peau cicatriserait enfin.
Et également celui où ses cheveux repousseraient également.
Détail esthétique qui pouvait sembler anodin, mais à ses yeux, ce ne serait que lorsqu'il aurait retrouvé son apparence d'autrefois qu'il considérerait qu'il pouvait se regarder de nouveau dans une glace, et ne plus voir la loque pathétique en laquelle les Moineaux avaient fini par le changer.
Oh bien sûr, l'enfer était fini, bien sûr il finirait par perdre sa maigreur maladive et forcée au bout d'un moment, mais pour l'instant, il y avait deux choses qui montraient à quel point son séjour dans les cachots l'avait changé.
Son aspect physique, tout d'abord, son corps quasi-squelettique, presque famélique, mais aussi ses cheveux coupés courts, ainsi que la marque sur son front.
Cependant, il y avait aussi la lueur dans son regard, et l'impact psychologique laissé sur lui par les choses que les Moineaux lui avaient infligées, et il ne savait à vrai dire pas combien de temps il lui faudrait pour réussir à s'en remettre.
Il lui faudrait du temps, beaucoup de temps pour réussir à ne plus avoir honte de lui-même, honte de n'avoir pas eu autant de force mentale que Margaery, qui avait réussi à résister à l'influence des Moineaux jusqu'au bout, et à ne jamais céder.
Même si c'était probablement faux, il avait le sentiment de s'être montré terriblement faible durant son emprisonnement, et il devait admettre avoir encore du mal à reprendre du poil de la bête.
Quand il était venu le remercier d'avoir sauvé la vie de Lancel, Jaime Lannister avait été très frappé d'à quel point Loras semblait diminué comparativement à ce à quoi il ressemblait avant son départ de Vivesaigues.
Et en effet, le fameux chevalier des fleurs n'était plus que l'ombre de lui-même, même si il paraissait maintenant beaucoup moins épuisé que deux jours plus tôt.
Pendant ce temps-là, Tommen s'était rendu à plusieurs reprises au chevet de Lancel, tout comme Margaery, ainsi que de nombreuses autres personnes, reconnaissantes au moineau (enfin ancien, puisque son ordre n'existait désormais plus) de les avoir tous sauvés.
Loras lui aussi retourna à l'infirmerie quelques jours plus tard, car, même s'il avait retrouvé sa vie d'avant, tout comme la plupart du reste des habitants de Port-Réal (avec Cersei en moins au pouvoir), il n'avait pas oublié le jeune chevalier (ancien là aussi, mais de son plein gré) qu'il avait sauvé de la mort.
Et, tout comme Loras allait physiquement un peu mieux, c'était, paradoxalement, également le cas de Lancel.
Celui-ci ne s'était toujours pas réveillé, mais grâce aux soins conjoints du mestre et de son père, l'infection tant redoutée avait pu être évitée, et il était désormais presque sûr qu'il s'en tirerait sans aucune séquelles physiques (même si sa convalescence serait de toute évidence longue et douloureuse) ce qui était un véritable soulagement pour ceux qui se souciaient de son sort.
À savoir plus de monde qu'auparavant, maintenant que tout le monde savait que c'était bel et bien lui qui les avait sauvés de Cersei.
Le jeune chevalier Tyrell retourna le voir plusieurs fois durant les deux semaines qui suivirent, sentant un soulagement tout particulier à le voir peu à peu revivre et renaître de ses cendres, tout comme lui-même renaissait à nouveau.
Et une nouvelle fois, le voir regagner sa superbe d'autrefois, alors que Cersei Lannister aurait voulu le voir six pieds sous terre, était quelque chose de terriblement satisfaisant.
De ce fait, il avait envie que Lancel survive, pas seulement pour le basique… que c'était un autre être humain, tout simplement, et qu'il ne méritait pas cela, mais aussi parce qu'il l'avait sauvé lui-même, et parce que Cersei avait voulu le voir mort.
Au cours de ces deux semaines en question, il avait également discuté de nombreuses fois avec Kevan Lannister, qui lui avait parlé de sa famille, principalement de sa femme et de sa fille, ainsi que de Lancel, et Loras avait découvert un homme tout à fait différent du terrible et impitoyable Moineau qu'il connaissait.
Enfin, connaissait…
Il ne savait rien de lui, à dire vrai, hormis ce que Kevan lui avait raconté.
Maintenant, alors qu'il le voyait ainsi, allongé sur son lit, inconscient, un peu moins pâle qu'avant, mais toujours aussi maigre, tout ce qu'il voyait, c'était un gamin.
Et, maintenant qu'il en savait plus sur le noble, Loras commençait un peu à réviser son jugement.
Peut-être Lancel Lannister n'était-il pas une mauvaise personne après tout…
Ne restait plus désormais qu'à voit comment Lancel prendrait la chute des Moineaux quand il se réveillerait.
Lorsque ce dernier reprit enfin connaissance, ce fut en hurlant.
A suivre…
