HELLLOO on se retrouve pour le secret santa organisé avec mes cops, liuannes, CATHARSIS et Aeliheart974! Je suis trop contente d'en avoir fait partie.
Du coup CATHARSIS celui-là est pour toi, j'ai beaucoup débattu avec moi-même mais finalement ça m'a paru logique d'écrire sur cette thématique et sur ce PERSONNAGE. I love u et j'espère très fort que ça te plaira ! Ca m'a fait sortir de ma zone de confort au max étant donné que la dernière fic MCU que j'ai lu doit dater de 2014 mais c'était un exercice intéressant. Bisous girl et joyeux Noël!
Plusieurs précisions du coup : comme indiqué, IMMENSE SPOILERS de Spiderman : No Way Home puisque les événements se situent après le film. Quelques changements cependant : ici Steve Rogers est bien écrit et est donc toujours présent also Hawkeye a pris la place de Natasha Roumanoff so elle est vivante merci bien.
Bonne lecture !
Peter l'entendit arriver avant de sentir sa présence à ses côtés.
— Salut, lança doucement la voix familière.
Il se tourna vers Happy et lui rendit son accueil d'un hochement de tête. Ils ne se croisaient pas souvent, mais dire que c'était toujours involontaire aurait été un mensonge.
Ils restèrent un instant en silence, accompagnés seulement des craquements des feuilles mortes sous leurs pieds lorsqu'ils passaient leur poids de l'un à l'autre, ou d'un battement d'aile qui s'envolait vers un pays plus chaud – retardataire que Peter enviait toujours. Lui aussi, aurait voulu avoir plus chaud.
La présence de Happy n'était pas dérangeante, jamais, et l'empêchait au moins de ne faire que lire en boucle l'inscription dorée qui s'étalait sur la tombe en face de lui.
Le plus dur était sûrement de ne pas ouvrir la bouche, de ne pas lui dire que c'était le deuxième deuil qu'ils traversaient ensemble. Qu'ils l'avaient tous les deux fait une fois, et qu'ils pouvaient bien s'en sortir une deuxième.
Un bruissement de papier attira l'attention de Peter et puis, une odeur trop sucrée pour un endroit pareil. Happy lui tendait un sac en papier.
— Tiens, si tu as faim…
Il avait tout sauf faim, et de toute façon, tout ce qui entrait en contact avec son palais se désintégrait immédiatement sans n'y laisser aucune trace de goût. Pourtant, il hocha doucement la tête et piocha dans le sachet avant de le lui rendre.
Un donut.
Il eut un faible sourire.
Tous les deux ne rajoutaient jamais rien, et l'interaction qu'ils venaient de partager rejoignait une liste très courte d'échange qui pourtant, toujours, lui réchauffait un peu le cœur. Au moins le temps qu'il rentre jusqu'à chez lui, et que les quatre murs qui l'accueillaient toujours ne rétrécissent petit à petit jusqu'à ce qu'il n'ait plus d'autre solution que de s'allonger sur son lit en attendant que ça passe, en attendant que son souffle arrête de cogner contre ses tympans et de brûler ses poumons.
— Eh ben…Bonne journée ?
Peter se tourna vers Happy et hocha doucement la tête. Il sourit, un peu, juste de quoi ne pas avoir mal d'utiliser des muscles qui n'étaient en action que si peu de fois par semaine.
— Bonne journée.
Ils échangèrent un dernier signe de tête avant que Happy ne disparaisse derrière la grille rouillée, au fond du cimetière.
Peter prit encore quelques minutes, s'imprégnant du froid et des feuilles et de l'écureuil au-dessus de lui qui semblait l'observer pour lui rappeler que rien n'allait, et puis il tourna les talons à son tour.
Au fond, c'était ça, le pire : la routine. Il avait bien essayé de la casser, en étudiant, en apprenant à faire de la musique sur son ordinateur, en s'essayant à la langue des signes, rien n'y faisait. Mais tout était fade. Tout ce qui la veille encore lui semblait être le sujet le plus intéressant de la planète entière devenait soudain poudre entre ses doigts, impossible à utiliser et encore moins à aimer.
Il n'y avait qu'une partie de ses journées qu'il appréciait vraiment, celle où il sortait de son appartement sans prendre le temps de mettre son masque, où il faisait quelques pas jusqu'au métro avant de retrouver le soleil qui se reflétait sur la neige et puis où il entendait le son caractéristique de la porte du magasin avant que les odeurs ne l'assaillent.
La pensée suffit à le mettre en marche : il s'y rendit sans plus attendre, comme à chaque fois qu'il passait au cimetière. Il avait besoin d'oublier – lui aussi, ironiquement.
MJ était là, les coudes sur le comptoir, toujours avec son corps qu'elle ne semblait jamais savoir comment poser. Ned n'était pas encore arrivé.
Peter avait conscience que ce n'était que durant les vacances, et qu'elle quitterait son poste dès qu'elle irait à Boston. Il avait prévu de tout lui dire, bien sûr, il avait essayé même, vraiment, mais-
— Ah, Peter Parker. Comme d'habitude ?
Il lui tendit un sourire en s'asseyant au bar. Voilà où il en était : il avait tant perdu de temps à garder le secret pour en gagner à la savoir en sécurité et heureuse qu'il était maintenant coincé dans une situation où lui dire, c'était ruiner la confiance qu'elle commençait à placer en lui et ne rien faire, c'était ruiner celle qu'elle lui avait un jour accordé.
Les premières fois où elle avait retenu son nom avaient été les pires. Comment après tout, ne pas y imaginer un signe ? Ne pas espérer que la suite de sa phrase soit l'annonce qu'elle ait soudain retrouvé la mémoire, après l'avoir vu tant de fois ?
Mais jamais rien de tel n'était arrivé, et Peter avait appris à apprécier à nouveau comment son nom sonnait dans sa bouche : distant, mais chaleureux.
Il aimait à penser que s'il l'avait trouvée une fois, il pouvait bien le faire deux fois. Finalement, sa vie était une grande répétition, dont l'acteur principal avait oublié toutes les lignes.
Elle lui servit son café et ils tombèrent dans un silence confortable pour quelques secondes, juste de quoi le mettre à l'aise. Il remarqua comment ses doigts ne s'arrêtaient pas de taper contre son coude, et haussa un sourcil.
— Nerveuse ?
Elle se redressa par réflexe, et haussa les épaules. Son expression afficha ce sourire qu'elle avait souvent, sur la réserve mais incapable de disparaître complétement.
— Ah ? Nerveuse, ouais.
— Les examens ?
Elle esquissa un sourire un peu plus large, comme si c'était drôle qu'il puisse lire dans ses pensées. Comme si lui n'y voyait pas les restes de quelque chose qu'il aurait préféré garder.
— C'est ça.
Il se pencha un peu en avant.
— Je suis sûre que tu vas tout déchirer.
Elle leva les yeux au ciel.
— T'en sais rien.
Il but une gorgée de son café, peut-être pour s'éviter de dire qu'il en savait certainement quelque chose.
— Même, fut tout ce qu'il parvint finalement à dire.
Une idée germa finalement dans son esprit – et s'il l'aidait ? –, mais il s'empressa de la mettre de côté. Il n'avait rien à lui proposer pour de vrai, et souhaitait pour l'instant se contenter de ce qu'il avait. S'il s'offrait de quoi passer plus de temps avec elle – et pire encore, si elle acceptait –, il n'était pas certain de pouvoir tenir sa langue.
Le méritait-il de toute façon ? Il pensa à la façon dont elle avait grimacé, à la détresse qui accompagnait toujours son inquiétude bien qu'elle mette un point d'honneur à l'atténuer, et se figura que non, non, il fallait qu'il reste à sa place.
Ned arriva, le salua d'un hochement de tête en gardant une distance que Peter ne lui connaissait pas mais qu'il comprenait tout de même dans l'absolu.
Il fallait qu'il reste à sa place.
– 10-24, demande de renforts entre la 20ème et la 7 pour un 10-31, grésilla la voix dans son téléphone.
Peter se redressa soudain, incapable de déterminer si le bruit accompagnait les restes d'un rêve qu'il ne pouvait plus saisir maintenant qu'il avait les yeux ouverts. La voix qui s'éleva de son appareil et répondit à l'appel lui suffit pour comprendre que ce n'était pas le cas, et il se redressa en vitesse de son bureau pour enfiler son masque avant de sauter par sa fenêtre.
Le vent lui brûla les joues, encore chaudes de s'être endormi sur ses cahiers. Il mit de côté le cauchemar qu'il avait dû faire : ils étaient fréquents ces derniers temps, et il ne s'en inquiétait pas. Sa propre situation n'avait rien d'un rêve alors il se doutait bien que même le sommeil ne saurait lui offrir le répit dont il aurait besoin.
Il se balançait d'un immeuble à un autre pour se rendre sur les lieux du crime. Mémoriser les codes de la police de New York avait été chose facile : il s'agissait d'une poursuite pour un crime commis dont il n'avait pas pris le temps de saisir la nature, mais c'était suffisant.
Il arriva dans le quartier de Chelsea en redoublant d'attention et localisa facilement les voitures de police qui avaient appelé à l'aide. Devant elles, un autre véhicule roulait maladroitement à toute vitesse, détruisant des bouches d'incendies et menaçant les quelques passants qui s'écartaient juste à temps.
Peter n'avait même pas pensé à regarder l'heure.
Après un soupir, il plongea depuis son perchoir et atterrit sur le capot de la voiture d'un bruit sourd. Il vit à peine le visage de l'homme au volant changer d'expression avant de se jeter contre la vitre du côté passager, la brisant pour s'y faufiler. En quelques secondes à peine, il colla les mains du conducteur au volant et fixa le frein au sol en le recouvrant de ses toiles. La voiture pila sans surprise et il s'en extirpa aussi vite qu'il y était entré.
Depuis qu'il vivait seul, toutes ses soirées se ressemblaient et celle-ci ne faisait pas exception. Ce n'était pas étonnant : il recommençait à zéro, et la menace extra-terrestre principale avait été éliminée alors il ne devait pas s'attendre à retourner dans l'espace d'ici là. Parfois, ça le démangeait à l'intérieur de la tête et il espérait vaguement que le danger dure assez longtemps pour qu'il puisse s'y investir – s'y oublier, murmura une voix qui n'était pas la sienne – mais ce n'était souvent qu'un chat manquant de se faire écraser.
Des applaudissements timides le tirèrent de ses pensées et il adressa un signe de la main aux policiers autour de lui qui maintenaient une distance respectable. La reconnaissance ne le manquait pas. Elle n'avait jamais disparu, et remplaçait pleinement la méfiance qu'il avait pu lire sur le visage des autres quelques semaines auparavant.
Au moins, Spider-Man existait toujours.
Au moment où Peter ferma la fenêtre de sa chambre, la sonnette bancale et stridente retentit. Il haussa un sourcil, parce qu'il aurait dû sentir la présence d'une personne en trop dans son couloir. Il garda son masque et mit son manque de vigilance sur le compte de sa fatigue. Le judas était trop sale pour qu'il puisse y voir quoi que ce soit, et il avait beau avoir essayé de frotter pendant au moins deux heures et demie, rien n'y faisait. C'était dans ces moments-là que May lui manquait le plus, et pour éviter de laisser son train de pensées s'écraser contre le mur de ses déterminations effritées, il ouvrit la porte.
Il vit d'abord le badge, et puis la personne qui le tenait, et il crut s'étouffer. Il se félicita d'avoir gardé son masque : il n'aurait pas pu expliquer sa surprise autrement. Il dut se mordre la langue pour ne pas s'exclamer.
— C'est si sérieux, le coup de l'identité secrète ? Enfin, t'es chez toi je suppose, annonça la voix de bariton de Nick Fury avant qu'il ne se glisse dans son appartement, le forçant à se pousser.
Amusé et hésitant, Peter referma derrière lui, se martelant intérieurement qu'il n'était, techniquement, pas censé le connaître. Il observa son regard se promener sur son lit qui occupait les trois quarts de la pièce, sa cuisine reléguée dans son couloir et le bureau qui lui servait trop souvent de matelas ces derniers temps.
Contrairement à ce qu'il attendait, Nick Fury ne fit aucune remarque sur son mobilier et tira la seule chaise de l'appartement vers lui, s'y installant aussi confortablement que possible.
— Tu as lu mon badge, fit-il à Peter en lui indiquant de s'asseoir sur le lit comme si c'était son appartement. Et tu as déjà travaillé avec les Avengers.
Le nom lui piqua la colonne vertébrale et il s'assit sur son matelas en cachant son inconfort. La révocation de son statut d'Avengers ne lui était jamais apparu aussi pleinement durant ces deux dernières semaines.
— Oui, marmonna-t-il quand la pause de son interlocuteur s'étendit.
— Je suis la personne à qui ils répondent.
Ce n'était pas tout à fait vrai, mais Peter se garda de justesse d'en faire la remarque. Il n'avait pas adressé la parole plus de trois minutes à un être humain n'étant pas derrière un bureau ou un comptoir depuis plusieurs semaines et peinait à trier les pensées qui lui venaient en masse, alors il choisissait de se taire.
— Je t'ai vu tout à l'heure, continua Nick Fury. Tu t'en sors bien. Peu de dégâts, rapide, efficace.
Il l'avait rarement vu aussi peu véhément, et profita de ce qu'il savait être la fausse politesse avec laquelle il enveloppait leur deuxième première rencontre.
— Merci, dit-il en se rendant compte que sa jambe n'avait cessé de bouger, montant et descendant à intervalles réguliers.
— J'aimerais que tu viennes chez les Avengers, au moins pour voir.
Peter peina à contenir le flot d'émotion qui soudain, lui tordit le ventre.
— Je vous demande pardon ?
— Tu as très bien entendu, déclara Nick Fury en se relevant. Je sais que tu as refusé notre offre, une fois, mais les circonstances sont différentes. J'espère que tu sauras mettre tes considérations internes de côté.
Il laissa derrière lui un morceau de papier cartonné et avant que Peter ne puisse le suivre, quitta l'appartement sur un dernier « Bonne nuit, Spider-Man ».
La vitesse à laquelle son interlocuteur venait de disparaître était alarmante. Il fut tenté de le suivre dans la cage d'escalier, mais savait au fond qu'il était déjà loin de l'immeuble.
Il préféra alors se jeter sur la carte, l'analysant sous tous les angles : elle était rouge et blanche et les quelques mots inscrits dessus lui retournèrent l'estomac, tant et si bien qu'il dut s'allonger.
Serrant toujours le papier dans son poing, il s'endormit avec les mots gravés derrière ses paupières tant il cligna des yeux dessus.
« Monsieur Spiderman, le 18 décembre, au sommet de la statue de la Liberté à 23h »
Il arriva au point de rendez-vous une heure plus tôt que prévu, et il eut raison. Certes, son avance était due à l'excitation qu'il peinait à contenir coincé entre quatre murs, mais le tout mourut sans mots lorsqu'il arriva aux pieds de la statue. Il n'y avait pas pensé, trop occupé à dormir et puis à ne pas imploser, mais c'était ici la dernière fois qu'il avait vraiment vu MJ, et Ned, en tant que ce qu'ils étaient vraiment, et ici la dernière fois qu'il n'avait jamais existé.
Le bouclier de Capitaine America ne gisait plus au sol, et les travaux étaient terminés. Il eut le cœur serré en superposant au symbole en face de lui les échafaudages qui avaient soutenu son dernier combat. Les bruits lui revinrent, l'odeur de ceux qui étaient lui sans vraiment l'être, les douleurs qui s'étaient ressenties sur le lieu, et il dut secouer la tête pour l'empêcher de glisser trop loin.
Il ne s'en était pas rendu compte en autorisant Docteur Strange – Stephen – à exécuter son sort mais, c'était long, la vie seule. C'était long de ne plus exister, de courir à droite à gauche pour demander la création de sa carte d'identité expirée, impossible à faire sans certificat de naissance que bien sûr, il n'avait pas su retrouver encore. C'était long de devoir reprendre le processus d'identité scolaire, de préparer son examen final de lycée sans même y avoir, en théorie, mit les pieds. Mais il savait au fond que rien de tout cela n'était ni ne serait jamais pire que l'étincelle qu'il n'y avait plus dans les yeux des gens qu'il avait connu et celle qu'il n'y avait pas encore chez ceux qu'il venait de rencontrer.
Et puis, pour être honnête, entre ses escapades au café de MJ lorsqu'il savait qu'elle y travaillait et son entêtement à participer à tous les appels de police qu'il interceptait, il n'avait pas le temps ni l'énergie de se consacrer à la rencontre de qui que ce soit. Il y avait bien son voisin d'en face, ou bien la caissière du supermarché à deux pas de chez lui, mais ce n'était jamais suffisant – ça ne le serait jamais, pas tant qu'il ne serait pas entré à nouveau dans la vie de la seule qu'il aimait vraiment.
Il entama alors son ascension et laissa au sol ses considérations internes, avec difficulté. Son esprit tournait en boucle et il regrettait parfois de ne pas simplement pouvoir tout mettre en pause – ses pensées, ses ressentis, et surtout tout ce qui semblait animer l'intérieur de ses tripes d'une multitude de mouvements indésirables. Il se laissa prendre au jeu, sentant le vent glisser contre sa nuque et se refroidir au fur et à mesure qu'il gagnait en hauteur. Il n'avait pas son permis mais se doutait que voler, grimper, et même lancer ses toiles, tout avait un peu la même dynamique : une seconde nature qui nécessitait, tout de même, une attention particulière. Maintenant qu'il était habitué, il n'avait plus besoin de se concentrer à outrance, mais une seconde d'inattention pouvait lui coûter la vie – et pas seulement la sienne.
Au moins, lorsqu'il était en action, il avait l'impression de savoir ce qu'il se passait et de ne pas toujours être à la merci d'une menace plus grande qui pesait constamment sur ses épaules, épée de Damoclès qui effleurait sa nuque et faisait s'hérisser ses poils alors que lui tentait vainement de deviner d'où elle venait.
Il atteignit le sommet sans difficulté et, une quinzaine de minutes plus tard, il entendit le vrombissement d'un hélicoptère avant de voir l'appareil. Une fois ce dernier à sa hauteur, il se rendit compte qu'il n'y avait qu'un agent en costume à bord qui ne lui adressa pas la parole.
Il s'installa et après avoir tenté vainement de soutirer des informations à son vis-à-vis, comprit que c'était inutile et essaya tant bien que mal de faire vœu de silence – qui ne dura pas longtemps mais, au moins l'intention était là.
Ils arrivèrent une vingtaine de minutes plus tard. Peter mit quelque temps à se réhabituer au sol après l'atterrissage, les sens en alerte.
Tout ici sentait Stark, et la réalisation terrible qu'il n'y reconnaissait pas seulement l'industrie en lui-même lui donna le vertige. Il ne s'autorisa pas pour autant à se poser les questions qu'il se refusait depuis le début de sa nouvelle vie, et se concentra sur son objectif premier : charmer les Avengers.
Il n'aimait pas les faux espoirs, – et puis attends-toi à être déçu et, tu ne le seras pas vraiment – mais pour la majorité d'entre eux il n'avait jamais été rien de plus que Spider-Man. Peter Parker avait refusé d'exister dans leur organisation, et il s'en félicita aujourd'hui. Pour la première fois depuis de nombreuses semaines il savait qu'il n'avait rien à attendre, même secrètement, même tout au fond de son esprit enfoui sous des couches de pensées reléguées. Il n'y aurait pas d'étincelle perdue.
L'entrée était spacieuse. Tout était spacieux, et Peter se sentit soudain bien à l'étroit dans son costume. Il avait choisi de ne pas mettre celui fait de nanoparticules, pour ne pas attirer les regards et éviter les questions sur Monsieur Stark.
L'agent avec qui il avait fait le voyage le guida dans un dédale de couloirs, jusqu'à une salle ovale agrémentée d'une table de même forme. De nombreux écrans holographiques décoraient les deux, mais, plus important, ils étaient tous installés.
Peter retint son souffle, hésitant à les détailler mais trop excité pour se souvenir des règles de politesse basique. Il put enfin ouvrir la bouche pour de bon, après de trop nombreux jours de silence à faire résonner ses pensées contre les murs.
— Wow, souffla-t-il comme si lui-même ne se souvenait pas les avoir tous rencontrés au moins une fois – ou presque, constata-t-il en avisant Thor perché sur une chaise bien trop petite pour lui
Ce dernier se redressa justement et n'eut qu'à se pencher en avant pour lui tendre la main. Peter la saisit sans hésiter, oubliant même de la lâcher. Un large sourire se peignit sur le visage du dieu – puisque c'en était un, se souvint le jeune homme en essayant de ne pas sourciller, mais c'était déjà trop tard : sa tirade était lancée.
— Vous êtes venu directement d'Asgard ? Ce n'était pas trop long ? Vous voyagez avec votre marteau ?
Thor hocha fièrement la tête.
— Direct par le train ! Ce n'est pas long du tout, et je suis parfaitement habitué à la sensation ! Au moins, ça ne rend pas aussi malade que le Bifrost ! termina l'homme avant de lancer un rire qui résonna contre les murs.
Peter sentit ses yeux s'allumer mais avant qu'il ne puisse poursuivre, un contact sur son épaule l'interpella. Il sursauta doucement et il se retira, mais même ce court passage lui suffit pour ressentir l'étrange température qui se dégageait de l'homme maintenant debout à côté de lui. Steve Rogers s'était levé et lui aussi lui tendait la main.
— Spider-Man, lança-t-il presque trop solennel, un peu comme toujours lorsque Peter le voyait quelque part ou l'entendait parler.
Mais il comprit les sous-entendus, et que c'était un moyen pour lui de faire la paix. Après les derniers événements qui les avaient réunis, Peter n'avait pas de raison de lui en vouloir d'être partout jusqu'au sommet de la statue de la Liberté – il y avait du bon à sauver l'univers ensemble, après tout.
Le blond lui indiqua une chaise vide sur laquelle il s'empressa de s'asseoir.
— Capitaine, répondit-il tout de même avec plus de réserve qu'il n'en avait eu pour Thor.
Il prit alors le temps de détailler le reste de ses congénères qui, voyant son regard passer sur eux, lui adressèrent différents signes de reconnaissance.
— On va pouvoir commencer, annonça alors Nick Fury en entrant dans la salle.
Peter s'était redressé en entendant ses pas. Il était furtif, mais maintenant qu'il avait enregistré sa façon de faire, il ne se laisserait plus avoir.
Rester en place dans un moment pareil était difficile, mais il fit de son mieux pour s'atteler sérieusement à la tâche.
— La situation n'est pas à notre avantage. Après les éclats de Docteur Strange il y a trois semaines, de nombreuses perturbations ont été enregistrées aux alentours de New York. Certes, rien de dangereux encore, mais avec ce genre de technique, on ne sait jamais à quoi s'attendre. Spider-Man, j'ai cru comprendre que tu étais sur les lieux ?
Son cœur tomba dans ses chaussettes et il serra un peu les poings, incapable d'empêcher sa peau entière de le brûler soudain. Il n'y avait pas de danger, et il savait bien que tout se passait dans sa tête. Pourtant il garda le silence durant de longues secondes, assez longues pour qu'un raclement de gorge se fasse entendre. Le bruit eut le mérite de le sortir de sa torpeur.
Il eut tout de même le temps de se demander comment eux faisaient, quand ça leur écrasait le cœur contre les poumons.
— J'y étais, répondit-il.
Le calme qui vibra dans sa voix n'était pas le sien, et même ses mots semblaient avoir été mis là par quelqu'un d'autre.
Il reprit, conscient que si aucun ne l'avait interrompu, c'était plus par politesse que par sollicitude. Il n'était connu d'aucun, après tout. C'était d'ailleurs surprenant qu'on ne lui ait pas demandé de retirer son masque, mais quelque chose lui disait qu'ils se souvenaient – si c'était possible – de sa réticence sur le sujet. Quoiqu'aujourd'hui, son identité n'ait plus grand sens.
— Docteur Strange aussi, effectivement. Un sort lancé s'est retourné contre lui- enfin, je veux dire, ce n'est pas de sa faute, mais ça reste son sort, mais ce n'est vraiment pas de sa faute, c'est de la mienne-
— De la tienne ?
Natasha Roumanoff avait haussé un sourcil, croisant les jambes en se tournant vers lui.
Peter eut du mal à rester concentré.
— Oui, enfin, non, c'est dur à résumer et puis-
Pouvait-il leur dire ? Pouvait-il leur avouer qui il était sans passer pour le dernier des abrutis, face à ces mastodontes de l'héroïsme ? Ils ne le croiraient pas, de toute façon. Ils ne le laisseraient pas parler et, comme ils l'avaient fait avec Monsieur Stark quelques années plus tôt, l'empêcheront de se faire fausse menace à leurs yeux.
Le sifflement dans ses oreilles s'accentua, si bien qu'il en reconnut la nature. Il se redressa soudain, les sens en alerte. L'intensité était plus forte que tous ceux qu'il avait pu avoir ces derniers jours, tous ceux depuis- depuis le bouffon vert, même.
Il agrippa ses doigts à la table, sentit le sang quitter ses jointures.
— Spider-Man ? Hé, gamin, tu m'entends ?
Steve Rogers tentait d'attirer son attention par-dessus le flou qui lui bouchait les oreilles, ou peut-être était-ce Thor.
Avant de pouvoir répondre, il sentit des mains qui l'agrippaient, et un trou noir trop familier l'envelopper.
Il ne voulait pas disparaitre, pas à nouveau – il aurait fallu que Stark soit là, il aurait fallu que May soit là.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il était allongé sur un canapé jaune qui semblait occuper l'entièreté de la pièce dans laquelle on l'avait mis. Il se redressa trop vite et dut attendre quelques secondes que les effets de son vertige passent.
Il sentit alors, il sentit le froid du marbre contre ses pieds, le bruit diffus de la bouilloire à quelques pièces d'ici, des murmures dans la salle d'à côté. Et puis, un courant d'air sur son visage. Il y mit les mains rapidement : son masque avait été retiré.
Il se leva en vitesse, fouillant dans les recoins du canapé, espérant qu'il soit tombé dans son sommeil.
— C'est ça que tu cherches ?
L'agent Roumanoff, une tasse fumante à la main et son masque pendu dans l'autre, lui tendait ce dernier. Il s'en empara, se sentant rougir de s'être ainsi laissé aller.
— Je suis désolé.
Elle prit place sur le canapé et l'invita à la rejoindre. Il s'exécuta, acceptant la tasse.
— Tu n'as rien fait de mal.
Il n'y avait pas de chaleur dans sa voix, mais il se figura à la façon dont ses lèvres se courbèrent vers le haut que ce n'était pas de son fait. Que c'était plus vieux, et que-être lui aussi un jour perdrait de ce qu'il tentait de mettre dans les choses les plus simples de son attitude.
— Merci, marmonna-t-il même s'il n'y croyait pas vraiment.
Était-elle ici pour lui soutirer des informations ? Pour le gronder de n'être qu'un adolescent de dix-sept ans ? Ou bien venait-elle tout simplement lui dire que lui, Peter Parker, n'avait rien de Spider-Man et ainsi, rien à faire ici ?
Ses interrogations durent se lire sur son visage, puisqu'elle s'installa un peu plus confortablement.
— Seuls Thor et moi avons vu ton visage. Il est reparti alors il fallait bien que quelqu'un vienne voir comment tu te sens.
Il fit semblant de ne pas comprendre que c'était une question implicite.
Soufflant doucement sur le breuvage qui lui réchauffait délicieusement les mains, il leva les yeux sur elle.
— Il est reparti ? Désolé d'avoir interrompu la réunion.
— Tu n'as rien fait de mal.
Etrangement, l'entendre deux fois rendait la chose plus facile à croire, au moins un peu. Il but une gorgée en attendant qu'elle poursuive, ce qui ne tarda pas :
— Et effectivement, un nouveau signal nous a été envoyé. Thor et Steve sont allés voir.
Steve. Ils ne se vouvoyaient pas, ne gardaient pas la légère distance que le respect imposait. Il l'avait vu avec monsieur Stark aussi, et avec tous les autres : leurs corps criaient à tous qu'ils appartenaient ici.
Au fond, Ned et MJ avaient été ses Avengers à lui pendant un moment.
Elle dut voir qu'il ne suivait pas, et le raccrocha au wagon de ses paroles en l'interpellant.
— Tu veux nous rejoindre à côté ? dit-elle en jetant un pouce vers la salle d'où les murmures venaient. Et peut-être… Nous raconter ce qu'il t'est arrivé ?
Il l'entendait dans son ton, maintenant. Elle lui disait qu'il n'était qu'un enfant, mais d'une certaine façon et pour des raisons qu'il n'était pas curieux de savoir, était consciente qu'il était inutile de le formuler tel quel.
— Je ne suis pas sûr que cela vous apporte grand-chose.
— J'espère que tu n'es pas en train de me vouvoyer mais que tu parles bien de nous tous, lança-t-elle avec un sourire.
Il le lui rendit sans répondre.
— Il faudrait que je sache…, dit-il au bout de plusieurs secondes tout en remettant son masque, espérant que ce soit une indication suffisante pour qu'elle l'interrompe avant qu'il n'ait à formuler sa requête.
— Nous ne dirons rien. Thor ne sait rien faire d'informatique de toute façon et a probablement déjà oublié ton visage. Et je ne suis personnellement pas intéressée par briser la confiance d'un de mes coéquipiers.
Le terme le fit sourire.
— Ce n'est pas encore officiel.
— J'ose espérer que ça ne saurait tarder, dit-elle en se redressant.
Il se félicita d'avoir remis son masque : alors qu'il suivait son mouvement, Nick Fury se présenta dans l'embrasure de la porte.
Le bureau de Nick Fury transpirait sa personnalité, mais Peter pouvait sentir derrière l'odeur du seul cactus disposé sur la table un reste de mécanique qui lui tordit le ventre. Il inspira.
— Alors, commença l'homme en s'installant à son bureau. Tu es venu non seulement pour cette réunion, mais aussi pour me dire si tu comptes intégrer l'équipe.
Peter ne l'avait pas vu tout de suite : une photographie de monsieur Stark, perché sur l'étagère en face de lui, comme un rappel plutôt qu'un véritable souvenir.
Peut-être auraient-ils dû faire la statue de la Liberté à son effigie.
Le tapotement agacé des doigts de Nick Fury sur son bureau le ramena à la réalité.
— Je ne sais pas. Je veux dire, je suis encore nouveau dans le milieu, et puis-
— Je sais pas de qui tu te moques, mais t'as sauvé l'univers, gamin.
Il oubliait parfois que tout n'avait pas été oublié. Que seule la moitié de son identité s'était réinitialisée dans les yeux des autres.
— Oui certes mais ce que je veux dire c'est que-
— Droit au but, s'il te plaît.
Il inspira. Il ne pouvait pas le dire, ne savait pas comment raconter l'histoire depuis le début.
— Je veux rejoindre les Avengers, bien sûr.
Nick Fury haussa un sourcil. Il inspira. S'écorcha la langue.
— Mon nom est Peter Parker.
Sa première mission en tant que membre officiel aurait pu et aurait dû être plus simple. Comme la fois dernière, les portes de la demeure qui le surplombait s'ouvrirent naturellement et il se demanda si elles, au moins, se souvenaient un tant soit peu de lui.
Décidément, il avait besoin de repos.
Le hall était sombre, éclairé seulement par quelques bougies. L'endroit était lugubre ainsi, mais Peter n'avait pas peur.
Un bruissement se fit entendre, et il se racla la gorge.
— Euh… Docteur Strange ? C'est Spider-Man, et je viens vous voir de la part des Avengers pour…euh…
Il aurait dû répéter.
Son discours fut interrompu par un bruit d'interrupteur. Les lumières l'aveuglèrent en s'allumant toutes simultanément et avant qu'il n'ait pu réagir, la cape était à côté de lui.
— Les Avengers et Spider-Man. Que me veulent-ils ?
Docteur Strange était apparu, finement rasé comme toujours. Peter eut un haut-le-cœur qu'il eut du mal à contenir.
Il soupira pour chasser son inconfort, pour chasser les souvenirs qui ne quittaient pas l'arrière de ses paupières. Ceux qui t'aiment.
Quelles étaient les raisons de sa visite ? N'était-ce pas de chercher la mémoire des autres, de vérifier si Docteur Strange n'avait pas laissé un bout de lui dans ses placards sans le savoir ? Tout son être criait quelque chose qu'il ne comprenait pas.
Il l'avait en face de lui. Il savait qu'il n'était pas responsable de sa situation, que son sacrifice était plus important que sa vie, même et surtout en matière de valeur parce qu'au moins, il était toujours là. Il s'accrocha à cette idée, pour arrêter de se sentir inspirer des grains de sales inexistants qui s'exerçaient à lui briser les poumons :
— Eh bien, j'ai un œil en trop ?
Le docteur haussa un sourcil et Peter reconnu son sarcasme qu'il avait toujours jugé maladroit, peut-être trop jeune pour l'apprécier pleinement. Il secoua vivement la tête et le papier qu'il avait préparé au préalable apparut clairement dans son esprit.
— C'est en rapport à ce qu'il s'est passé sur Liberty Island.
Un râle agacé échappa de la gorge de Strange et il marmonna quelque chose sur les Avengers étant de superhéros de pacotille lui faisant perdre son temps. Pourtant, son attitude disait le contraire, comme le montraient ses épaules doucement tendues.
— Alors, finissons-en.
Ce fut peut-être parce qu'il ne recula pas en voyant le portail apparaître à côté de lui, mais Strange ne prit pas la peine de l'y pousser.
Ce n'était pas étonnant que Nick Fury se méfie du magicien, surtout s'il employait de tels moyens pour s'infiltrer dans un quartier général hautement sécurisé.
Ce dernier était d'ailleurs assis à son bureau quand ils y entrèrent de façon plus conventionnelle.
Il leva les yeux au ciel.
— Strange, annonça-t-il sans cacher sa méfiance.
— Docteur, corrigea le concerné avec le sourire le plus crispé que Peter ne lui avait jamais vu – pas qu'il en ait déjà vu beaucoup.
— Je devrais vous faire enfermer pour obstruction à la justice.
— Il suffisait pourtant de faire preuve d'un peu de courtoisie.
Nick Fury le fusilla du regard.
— Ni vous ni moi n'avons de temps à perdre dans de telles futilités. Maintenant dites-moi, que savez-vous d-
— J'étais effectivement à Liberty Island, pour contenir une explosion provoquée par un sort qui a mal tourné.
La moitié à peine était vraie.
— Que faisait Spider-Man là-bas ?
Nick Fury en profitait-il pour enquêter sur lui ? Il fut satisfait de ne pas avoir pris congé et croisa les bras sur sa poitrine. Il ne savait pas, ce qui avait fait surface dans l'esprit de ses amis une fois que lui en avait disparu, une fois qu'ils avaient été laissés seuls aux pieds de la statue, et peut-être que les mots de Docteur Strange allaient pouvoir l'éclairer.
— Spider-Man ? Je n'en ai aucune idée.
Peter haussa un sourcil sous son masque, et Nick Fury le fusilla un peu du regard.
— Très bien, annonça ce dernier. Laisse-nous, dit-il en congédiant Peter d'un coup de main.
N'ayant plus d'autre choix que de s'éclipser, il s'exécuta.
Il retrouva sans aucun mal le canapé jaune qui l'avait accueilli quelques jours plus tard et s'y assit. Ce ne fut qu'une fois dans cette position qu'il se rendit compte du bruit blanc qui l'accompagnait surement depuis qu'il avait mis les pieds au sanctuaire : son cœur battait contre ses tympans. Il avait l'impression de tout entendre, de tout sentir, de sa digestion jusqu'au moindre de ses frissons.
Parfois, il avait le sentiment que son corps ne lui appartenait pas et que ce qu'il y entendait n'était pas lui.
Il repensa au portait de monsieur Stark. Au fond, lui aussi avait perdu le peu de contrôle qu'il avait sur son corps. Il essaya tant bien mal de ne pas se laisser attirer par les bras tendus de sa conscience mais le décor contribua certainement à sa chute, et la porte s'ouvrit.
Affalé plus encore dans le canapé, il fixa le plafond en attendant que l'heure tourne, soudain incapable de bouger. Il était accablé, accablé du regard de Nick Fury, des responsabilités qui, espérait-il, l'aiderait à retrouver une existence aux yeux des autres en tant que Peter Parker. Mais plus encore, plus que tout, il était fatigué de penser aux autres, de penser à ce qu'ils faisaient maintenant, de se demander si, là-haut, deux des quatre personnes les plus importantes de sa vie le regardaient sans un mot.
Il ne croyait pas au Paradis, ne croyait pas aux Enfers. Il avait disparu, après tout, et il était revenu comme si de rien n'était. Littéralement, comme si de rien n'était. Rien n'était, et soudain tout était et il ressentait à nouveau toutes les aiguilles sous sa peau qui lui disait de rester hors de danger. Il aurait voulu qu'elles lui disent comment laisser les autres hors de ce dernier.
Il aurait voulu comprendre assez vite ce qui n'allait pas, lui dire de s'asseoir pendant qu'il allait chercher les secours – mais il savait, au fond. Et même maintenant, avec le recul, il s'en rendait plus facilement compte encore.
Parce qu'il avait déjà vu la vie disparaître des yeux de quelqu'un une fois, il avait tout de suite compris qu'il devait rester aux côtés de May. Au moins, il était là, et ça le consolait assez.
Il l'avait fait une fois, il pouvait le faire deux fois, peu importait combien son cœur se déchirait et ses tripes s'ouvraient sur le trou béant qui lui perçait les côtés et la poitrine et les jambes et l'estomac.
Le bruit contre sa porte le poussa à ouvrir les yeux, et il haleta un instant avant de serrer ses draps dans ses doigts pour se raccrocher à quelque chose de tangible.
Il avait encore derrière les paupières une silhouette qui tombait quand on toqua à nouveau. Haussant un sourcil, il s'arracha aux dernières brumes de son cauchemar et alla ouvrir.
— Docteur Strange ? marmonna-t-il en voyant le concerné sur son palier.
L'homme hocha la tête et Peter se décala pour le laisser passer.
— Vous allez bien ?
— Et toi ? répondit immédiatement le sorcier. On dirait que je te retrouve fraîchement sorti du trou le plus profond des Enfers.
Peter eut un souffle presque amusé et le laissa s'asseoir sur la chaise de son bureau avant d'enfiler un jogging, se rendant compte qu'il était toujours en caleçon.
— Désolé, je dormais.
Le docteur haussa un sourcil.
— À cinq heures de l'après-midi ?
Peter ne regardait plus l'heure. Il déglutit, un peu, et un léger sourire fendit le visage de son interlocuteur, suffisant pour lui indiquer qu'il n'avait pas obligatoirement à répondre.
— On a tous été jeune un jour, ne t'inquiète pas.
Il avait du mal à le concevoir, pourtant. Une version miniature de l'homme toujours stoïque en face de lui, qui semblait prêt à râler contre le moindre inconvénient.
— Euh…Vous êtes venu me voir ?
Le docteur fit claquer ses mains contre ses cuisses.
— Effectivement. J'ai quelques questions à te poser, notamment au regard de ma dernière entrevue avec les Avengers.
Peter déglutit.
— Je vous écoute.
Il se sentait fragile, prit dans une conversation telle que celle-ci au pied du lit, et tenta tant bien que mal d'activer son cerveau plus rapidement, de le faire chauffer un peu histoire de ne pas se retrouver piégé.
— J'aimerais que tu me racontes ce qu'il s'est vraiment passé.
— Vous savez ce qu'il s'est passé.
— J'en ai des bribes, mais je peux sentir l'énergie magique qui s'en dégage. Et je sais aussi que tu n'y es pas pour rien, et que tout ce que j'ai raconté à Nick Fury était un mensonge. J'apprécierais de savoir au moins la vérité.
Peter inspira. Il avait toutes les réponses au bout de la langue, il avait l'entièreté de l'histoire à portée de main, mais ne savait pas quoi en faire. Il avait certes conscience que s'il y avait une personne capable de le croire, c'était bien le docteur en face de lui, mais que pouvait-il bien lui dire ? Que tout pourrait redevenir normal ? Que tout resterait à jamais ainsi ?
Il ne savait même pas ce qu'il préférait. Sa vie actuelle était peut-être teintée d'une tristesse qui ne s'en allait jamais et d'un deuil qui lui crevait le ventre, mais il avait trouvé sa routine et son presque-confort. Il n'était pas certain de survivre à un nouveau revirement de situation, d'avoir l'énergie mentale et même physique de devoir faire face à MJ une fois qu'elle saurait qu'il n'avait rien fait pour revenir complètement vers elle. Il en allait de même pour Ned. N'était-ce pas mieux d'être oublié quand il avait trop souvent eu l'impression de n'être qu'une source de danger ? Tous les autres le lui avaient bien prouvé, en le traitant comme un criminel.
— Peter ?
Et puis, il serait certainement impossible d'inverser le sort sans créer une nouvelle catastrophe. Le multiverse était une excellente chose en théorie, mais en pratique pouvait être source de destruction universelle sans même avoir de quoi l'en empêcher.
— Peter ?
La main sur son épaule le fit relever la tête, et il eut un léger sursaut.
— C'est si terrible ? reprit le docteur.
Il y eut soudain dans sa voix une douceur que Peter ne lui avait jamais connu, et elle contribua en grande partie à l'effritement de sa résolution. Il avait besoin d'en parler, besoin de déverser ce qu'il savait.
— Vous avez jeté un sort.
Docteur Strange hocha la tête.
— Vous avez jeté un sort, et l'univers entier a oublié l'existence de Peter Parker.
Un frisson sembla parcourir l'homme en face de lui, et il le vit un peu serrer les poings.
— Il y avait une bonne raison, s'empressa de rajouter le garçon.
Bien sûr, Strange en était sûrement déjà conscient : il se connaissait assez pour savoir qu'il ne ferait jamais subir ceci à quelqu'un sans avoir de justification aussi importe que sauver l'univers. Ce qui, en l'occurrence, était le cas.
— Raconte-moi.
Sa voix était mesurée, voilée de quelque chose que Peter ne sut reconnaître, et il s'exécuta. Il commença par l'affaire avec Mysterio, dont les souvenirs de Strange avaient forcément été modifiés. Il continua sans n'omettre aucun détail, osant même évoquer la terreur d'avoir eut un impact sur la vie de ses amis, ce qui pouvait paraitre trivial aux yeux d'un sorcier qui avait toujours conscience de tout à une échelle bien plus grande. Il détailla l'arrivée des ennemis venus d'un autre monde, se brisa le cœur sur May, eut un pincement à l'estomac presque agréable en mentionnant les deux autres Peter Parker puis finit sur la scène principale, la statue de la Liberté et la rage qui l'avait pris de tout les côtés et la façon dont il était redevable à ses deux presque-frères jusqu'à ce qui intéressait vraiment Strange : son oubli absolu.
Le docteur ne l'interrompit pas une seule fois. Peut-être était-ce la façon dont la fin de la majorité de ses phrases tremblaient, ou peut-être était-ce à cause de sa jambe qui n'arrêtait pas de bouger. Une fois sa tirade terminée, Peter s'arrêta assez longtemps pour reprendre son souffle, retrouver le rythme cardiaque qui ne cessait de lui bercer les oreilles et puis, attendre la réponse de Strange.
— Je suis désolé de ce qui t'arrives, Peter. Et désolé qu'entendre ton histoire n'ait pas ranimé en moi un quelconque souvenir profond.
— Ce n'est grave. Vous êtes un excellent magicien, après tout.
Strange eut un sourire, avant de froncer doucement les sourcils.
— Pourquoi n'es-tu pas venu me voir plus tôt ?
Peter déglutit doucement.
— Je ne sais pas vraiment. J'ai peut-être eu peur… Ou bien de penser que vous pouviez faire quelque chose, ou bien de savoir que c'était impossible.
— Je vois, répondit Strange en hochant doucement la tête. Je comprends, autant que je peux.
Peter eut un léger sourire, parce qu'il savait maintenant l'importance d'être compris.
— Qu'est-ce que tu vas faire ? reprit le docteur.
— Que voulez-vous dire ?
— Dans ta vie. Quels sont tes objectifs en tant que Peter Parker ?
Son nom entier enfin prononcé dans la bouche de quelqu'un qui en connaissait la signification lui réchauffa le cœur plus que de raison, et il sentit doucement une boule se former dans sa gorge.
— Guérir, murmura-t-il.
Le sourire de Strange se fit doux, et Peter savoura de le voir aussi accessible.
— Et ensuite ?
— Je ne sais pas.
— Je suppose que ma question est plutôt : est-ce que tu as envie de trouver une solution directe ?
Peter mit quelques secondes à formuler correctement sa réponse :
— J'aimerais que mes amis se souviennent de moi, et vous aussi. Mais la situation était ingérable et revivre dans un univers où tout le monde me connaît me rendrait dingue.
Il avait failli perdre la raison la première fois, après tout.
Docteur Strange hocha doucement la tête.
— Je vais y réfléchir de mon côté, et puis nous en reparlerons.
Alors qu'il allait se lever, Peter l'imita et dans un élan qu'il ne se connaissait plus, formula la demande qui lui brûla soudain la langue :
— Est-ce que vous pourriez venir avec moi quelque part, s'il vous plaît ?
La tombe n'avait pas changé. C'était comme si plus elle restait immobile et moins le temps la salissait, plus les idéaux qui avaient été enterrés avec l'homme qui s'y trouvait survivait.
Peter inspira en passant complètement dans le portail du Docteur, entendant les vêtements de ce dernier frotter lorsqu'il fit de même.
— Tony Stark, murmura-t-il.
Peter lui lança un regard en esquissant un sourire.
— Vous n'aviez pas l'air de grandement l'aimer.
Quelque chose d'indescriptible passa dans le regard de Strange, et il crut peut-être, présomptueusement, y reconnaître un peu de ce qui lui animait parfois le cœur, sans pour autant être capable de le nommer véritablement.
— Là n'était pas la question. Je savais surtout de quoi il était capable.
Peter s'assit à même le sol et, malgré l'hésitation qu'il put percevoir chez son vis-à-vis, l'entendit quelques instants plus tard l'imiter.
— C'est vrai qu'il n'était pas le plus poli.
Il avait la gorge serrée. C'était une blessure qu'il avait soignée, mais on ne guérissait jamais vraiment d'un tel manque. Il fallait faire la paix avant tant de choses, tant de nouveaux paramètres qui consumaient le cœur à cent à l'heure tout en essayant de maintenir le reste à flots. Alors c'est ce qu'il avait fait, et l'idée qu'on grandissait autour d'un deuil plus qu'on s'en soignait ne lui avait jamais paru aussi vraie.
Il ne sut pas si les jointures du Docteur étaient blanches à cause de la neige qui les entourait ou bien s'il imaginait leur pâleur.
— Non, c'est vrai.
Ses inspirations étaient courtes et sèches, mais Peter ne fit aucune remarque. Il osa tout de même poser la question qui germa dans son esprit, après en avoir trouvé la meilleure formulation :
— Vous vous sentez responsable de ce qu'il lui est arrivé ?
Strange mit longtemps à répondre, si bien qu'il hésita à répéter sa question.
— Non. Responsable, non, coupable, peut-être. Mais il n'y avait pas d'autre solution.
Peter avait fini par le comprendre. Par comprendre les sentiments qui avaient animés Monsieur Stark.
— Au fond, vous êtes tous les deux prompts au sacrifice, murmura alors Strange.
Peter sourit doucement, trop pour être amer, et haussa les épaules.
— Tel père tel fils, je suppose.
Ils se regardèrent un instant, les sourires au coin des yeux. La Lune qui s'était levé entre temps berça leurs échanges silencieux.
— Vous pensez qu'il aurait fait quoi, s'il avait été là ?
Docteur Strange souffla un peu, amusé.
— S'il avait été là, et en admettant qu'aucun des plans de Thanos n'ait aboutit, il t'aurait certainement aidé à battre Mysterio.
Peter hocha la tête. Il comprit à son ton la réticence qu'avait l'homme à refaire le monde, et apprécia l'effort qu'il venait de faire et qui, étrangement, le consola un peu.
Finalement, le silence s'installa confortablement entre les deux, et le confort qu'il apporta était tout aussi grand que les paroles qu'ils auraient pu prononcer.
Lorsqu'il rentra chez lui et qu'il réchauffa ses orteils gelés sous sa couverture, Peter se sentit plus léger que jamais depuis trois semaines.
Guérir, avait-il répondu comme s'il ne s'agissait là que d'un but simple. Et pourtant, Peter le savait : ce n'était pas linéaire.
Il avait l'impression de fondamentalement reculer, d'être au bord d'un gouffre qui ne faisait que s'épaissir ou s'approfondir en l'attirant de plus en plus vers des mécaniques auto-destructeurs dont il ne voulait pas.
Il y résistait, du mieux qu'il pouvait, parce qu'il pensait au regard de May et à celui des autres lui, ses presque-frères, et à Ned qui l'encourageait et à MJ qui l'aimait.
N'était-il pas terriblement pathétique, accroché à des fantômes venus d'un passé dont eux-mêmes n'avaient pas conscience ?
Il enfonça son visage dans son oreiller, recouvert de la tête au pied de son drap, barrière insuffisante contre le monde mais barrière tout de même.
Il y avait des jours comme ça. Il y avait des jours qui le prenaient aux tripes et qui le mettaient à terre, l'empêchant de faire un mouvement. Des voix qui lui répétaient qu'il ne servait à rien d'être là puisque personne ne le connaissait, personne ne le reconnaissait. Qu'il n'avait aucun but.
Il errait mentalement, déjà qu'il avait du mal physiquement, et peinait à ne pas se laisser submerger par le vide qui petit à petit, dévorait tout ce qui faisait partie de lui.
Il ne pleurait pas, ne pleurait plus. Il était dans un univers étrange sans juste milieu, trop triste pour pleurer et pas assez pour hurler. C'était là, dans un coin de sa tête, une vibration incessante qui lui disait, danger. Tu deviens un danger pour toi-même.
Il fallait qu'il attende que ça passe. Impuissant, il tentait bien de mettre un pied devant l'autre et de devenir soudain une inspiration mondiale, être surnaturel ayant battu les hormones qui défilaient en masse dans son cerveau – puisqu'il savait, au fond, d'où venait sa tristesse, mais il ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle faisait aussi mal.
La science avait ses limites et il se doutait que s'il avait véritablement eu besoin d'une réponse, il aurait dû prendre une autre voix, choisir la philosophie terrible des grands hommes et des grandes femmes qui ont tenté de tout théorisé.
Que disaient-ils de la mémoire ? Que disaient-ils d'être oublié ?
Être aimé au fond, c'était être connu, et si c'était vraiment le cas alors Peter n'était aimé de personne.
Dans ce genre de cas, il ne savait même pas si le jour se levait, ne voyait le soleil que lorsqu'il pouvait lui-même s'extirper de sa couette. Souvent pour aller au café, d'ailleurs.
L'odeur lui parvint, et il se laissa sombrer dans un environnement sucré confortable.
C'était ce qui ne cessait de le sauver : la construction sur ses souvenirs d'une relation qu'il ne pouvait, pas encore, laisser disparaître.
Il sortait du café quand son téléphone sonna. Manquant de se brûler avec le breuvage, il décrocha tant bien que mal sans prendre le temps de regarder le numéro. Les entrevues avec MJ le laissaient de toute façon toujours maladroit. Lorsque Ned était là, c'était pire encore.
Il leur adressa un regard à travers la vitre à tous les deux et sourit en rendant à la jeune fille derrière le comptoir son signe de la main, se brûlant véritablement cette fois-ci.
— Spider-Man ?
— Oui ?
Il profita de l'instant de répit. La voix lui réchauffa un peu le cœur et si on lui avait dit un jour que le ténor qu'était Capitaine America serait signe de réconfort plutôt que d'agacement, il aurait levé les yeux au ciel sans y croire.
— C'est bientôt Noël, tu sais ?
Il marqua une pause. L'image de Noël avait fondamentalement changé, et il lui fallut quelques secondes pour respirer. Son café devait déjà être froid.
— Oui ?
Un espoir doux se logea doucement dans sa poitrine, mais il l'étouffa bien vite. Personne ne voudrait de lui, surtout pas alors qu'ils ne se connaissaient véritablement que depuis une semaine et travaillaient ensemble depuis moins de temps encore.
— On se demandait…tu as quelque chose de prévu ?
Mais la réalité était bien là sous son nez à lui agiter les cloches de son bon sens. Il murmura.
— Non…
— Ça te dit de… ?
À demi-mots, sûrement pour rester poli. Peter eut un sourire qui lui fit mal aux zygomatiques tant il l'étira.
— Oui, murmura-t-il. Ça me va. Et, monsieur ?
— Allons, appelle-moi Steve.
Il souffla doucement, amusé.
— Eh bien, appelez-moi Peter.
Un long silence lui répondit, mais avant qu'il ait le temps de consulter son écran pour vérifier qu'on avait raccroché, la capitaine reprit, le ton plus léger.
— Enchanté, Peter.
Le sapin qui avait été maladroitement dressé dans un coin de la pièce le fit sourire. Il pouvait y deviner les gestes mélangés des plus grands d'entre eux et appréciait plus que de raison l'idée qu'ils aient pu le faire tous ensemble.
— Je suis contente de te voir, l'accueillit Natasha avec un sourire.
Il perçut le mouvement dans sa direction mais, puisqu'elle n'y donna pas suite, ne fit rien pour lui redonner vie. Après tout, ils commençaient à peine à être confortables les uns avec les autres.
Ils se retrouvèrent tous sur le fameux canapé, et Peter se sentit nu de ne pas avoir son costume. Il regarda autour de lui, dressant une liste mentale des personnes présentes et puis un élan étrange le prit au cœur et il se tourna vers Steve, assis en face de lui.
— Dites, capitaine… Est-ce que ça vous gêne si j'invite une personne supplémentaire ?
Contre toute attente, la proposition fit grandement sourire le blond qui hocha la tête.
— Mais avec plaisir.
Peter lui rendit doucement son sourire et s'éclipsa un instant, son téléphone entre les doigts. Au moment où il appuya sur l'icône du téléphone, le bruissement familier se fit entendre à ses côtés et il rangea l'appareil.
— Ah, monsieur Strange.
— Tu allais m'appeler.
— Oui, pour-
– M'inviter, et c'est très gentil à toi. J'accepte.
Peter mit quelques secondes à comprendre mais lorsque l'information lui parvint pleinement, il eut un large sourire.
— Parfait.
Lorsqu'ils entrèrent cette fois tous les deux dans la pièce, un flottement prit la place des quelques conversations jusqu'à ce que Steve fasse quelques pas vers le docteur.
— Monsieur Strange.
Ils se serrèrent la main et Peter put tout à fait voir l'effort de l'interpellé pour que son sourire ne paraisse pas crispé :
— Appelez-moi Docteur.
Il était rare d'entendre cette phrase sans animosité, mais le capitaine ne pouvait pas le savoir, si bien qu'il se contenta d'un sourire.
Ils s'accueillirent alors les uns les autres et très vite, tombèrent tous et toutes dans une mécanique confortable : Sam et Bucky discutaient, Natasha semblait raconter une histoire passionnante à Strange, Thor faisait des allers-retours entre la table présentant les boissons et peu importe qui il trouvait en premier. Bruce Banner était là aussi, ne semblant pas savoir quoi faire de son corps, jusqu'à ce que Scott Lang trouve sa place à ses côtés.
En voyant ce spectacle, la chaleur trouva une place naturelle dans la poitrine de Peter et il se laissa prendre au jeu un instant. Il s'autorisa, lui aussi, à oublier, laissant ce qui lui pesait être recouvert par des anecdotes et des rires et quelques tapes sur l'épaule.
Le repas qu'ils partagèrent fut teinté lui aussi de toutes ces choses et avant que Peter n'ait pu s'en rendre compte, ils étaient tous sous la neige pour observer les étoiles.
Il se sentit coupable, d'aimer ce moment alors même que les personnes qu'il mourait de voir et de serrer dans ses bras était absentes, mais il y avait quelque chose de réconfortant à l'idée qu'au moins, il n'était plus seul.
Il sut à qui appartenait la main qui se posa sur son épaule avant de se retourner, mais offrit tout de même un sourire à Docteur Strange.
— Merci, Peter.
— Avec plaisir. J'espère que vous ne vous êtes pas fait d'ennemis.
— Hilarant.
Il le vit lever les yeux au ciel, mais son sourire ne trompait pas.
— Peter, reprit le docteur. Appelle-moi Stephen.
Le garçon se sentit rougir mais hocha tout de même vivement la tête.
— Vous avez pris vos résolutions ? demanda alors Natasha, apparaissant soudain à côté d'eux.
Peut-être était-ce dû à son surnom, mais Peter savait qu'il serait à jamais incapable de détecter sa présence. Sûrement un truc propre aux araignées.
— Ce n'est pas la nouvelle année, répondit Steve d'un peu plus loin.
Elle haussa les épaules, et Peter hocha la tête.
— Ce n'est pas grave, dit-il. Il en faut quand même.
— Alors ?
— Si on les partage, elles se réaliseront pas.
Natasha eut un sourire et posa une main sur son épaule, pour de bon cette fois.
Peter le lui rendit, et se promit d'au moins écrire sa résolution sur un post-it, un truc incompréhensible qui ressemblerait un peu à « donner des cours particuliers à MJ », mais avec cent fois plus de notes et de détails sur la meilleure formulation possible pour lui poser la question.
Il avait le droit de vivre sa vie, aussi, et s'il n'avait pas moyen de revenir en arrière, autant qu'il recommence. Il avait l'avantage de savoir ce qu'il voulait.
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voilà au revoir! merci à ma soeur qui m'a dit que c'était pas trop mal et merci aux copines ! Bisouuuuus
also if yall saw hints of tonyxstrange no u didn't...à bon entendeur...
A toi CATHARSIS j'espère que ça t'a plu coeur coeur
