je vais vous avouer quelque chose, ça fait 3 heures que je me demande si je dois poster ce chapitre ou si je dois le supprimer et enlever cette idée de ma tête. Parce que ce qui suit n'est pas un chapitre bonus (c'est important comme détail)! C'est le premier chapitre d'une partie deux. Et ça fait quelques temps que je meurs d'envie de toucher à cette fanfiction mais en même temps j'avais réussi à la finir! Du coup voilà. Je ne sais pas trop quoi faire ahhhh!

Bref, je voulais remercier toutes les personnes qui ont pris la peine de commenter le chapitre précédent et un merci particulier aux quelques uns d'entre vous qui m'ont envoyé des MP pour me demander la suite. (d'ailleurs spéciale dédicace à Sama-66!) Voilà LA SUITE ET C'EST REPARTI.

JE LE REPETE, CE N'EST PAS UN CHAPITRE BONUS. C'est hyper important parce que j'avais commencé dans cette optique mais je butais contre le problème de vraisemblance. Et à force d'y penser je me suis dit que je ne pouvais pas faire un chapitre de 50'000 mots haha. Du coup voilà, c'est la suite directe du chapitre précédent mais ce n'est pas la fin de l'histoire.

Je suis comme d'habitude désolée pour l'orthographe, la syntaxe et tout ce genre de chose, et je REMERCIE INFINIMENT les personnes qui prendront le temps de laisser un commentaire (s'il y en a !)

Disclaimer:

Les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas


Tom se pencha légèrement en avant et pour la première fois depuis cinq ans, attira Harry contre lui. Harry sentit son corps entier se crisper à la seconde où les bras de Tom entrèrent en contact avec lui. Il avait eu le temps d'anticiper, pendant un quart de seconde, le moment où pour la première fois depuis des années, son corps et celui de Tom seraient…réunis. Ils ne s'étaient plus touchés depuis le fameux matin et même si l'idée avait évidemment traversé l'esprit d'Harry, jamais il ne s'était attendu à ce que cela arrive aussi soudainement. Il s'était avancé vers lui, il s'en rendait bien compte, mais c'était plus dans une perspective de l'étudier que de se faire enlacer d'une façon presque déplaisante.

Tom le tenait contre lui d'une manière tout ce qu'il y avait de plus neutre. C'était le genre d'étreinte qu'il aurait pu recevoir de Ron ou d'Hermione. Elle n'avait rien de particulièrement intime, Tom se contentait de le presser froidement contre lui, ses mains contre son dos. Harry commença à faire un début de grimace. C'était plus que bizarre, c'était plus que simplement gênant, franchement c'était à la limite de la catastr-quand l'étreinte changea du tout au tout. C'était comme si un bouton avait été pressé et que cela avait enclenché un mécanisme inéluctable. Parce que d'une atroce seconde où leurs deux corps semblaient être deux entités complètement étrangères et réellement pas faites pour s'accorder, Tom releva une main, la glissa dans les cheveux d'Harry – alors que l'autre descendait dans le creux du dos -et pressa désespérément le survivant contre lui et il – il l'embrassa. Si Harry avait eu l'impression pendant quelques secondes que leurs corps n'étaient plus du tout en harmonie l'un avec l'autre, il fut forcé d'avouer, au moment où les lèvres de Tom entrèrent en contact avec les siennes que, de toute évidence, la gêne n'avait été que passagère. Parce que ce simple contact, qui d'ailleurs restait relativement superficiel – Tom n'essayait même pas d'entrouvrir la bouche – avait suffi à rallumer chez Harry tous les désirs qu'il avait farouchement essayé de réprimer ces derniers mois. Mais une image s'insinua dans son esprit, ou plutôt, plusieurs images se succédèrent. Ses parents morts, Dumbledore tombant de la tour d'astronomie, il sentit la panique le gagner… Et se rendit compte qu'il était partagé. D'une part, l'envie de saisir lui aussi le corps de Tom et de se fondre en lui semblait particulièrement satisfaite. Mais d'autre part… L'envie de le gifler et de le repousser le plus loin possible était impérieuse (assassin, psychopathe, « il ne connait pas l'amour » « est-ce que tu aurais pitié de Tom Riddle, Harry ? »), son alarme fut finalement la plus forte car il repoussa brusquement le plus grand et fit un pas en arrière. Il scruta le visage de son vis-à-vis en essayant de déceler la moindre émotion, n'importe quoi qui pourrait l'aider à comprendre ce qu'il était censé faire. Mais Tom lui rendait juste son regard, comme s'il était un miroir particulièrement flatteur qui embellirait son reflet. Et Harry put à loisir remarquer que celui-ci attendait encore. Et il devait admettre qu'avoir cette énorme responsabilité lui donnait encore plus envie de le frapper.

Voyant que Harry n'avait de toute évidence pas l'intention de prendre la parole et qu'il était figé avec une expression tétanisée, Tom déclara :

-Je ne sais pas si je suis censé m'excuser mais –

Harry l'interrompit avec un volume sonore légèrement plus fort que ce qu'il avait prévu :

-Si tu pouvais juste arrêter de parler ! »

Tom sembla vouloir dire quelque chose, se ravisa au dernier moment et finit par déclarer:

-J'aurais plein de choses à ajouter à ça. Je n'arrive pas à choisir la meilleure réplique. » Il sourit d'un air entendu : « Je connais un excellent moyen de me faire arrêter de parler comme tu dis » voyant l'air positivement meurtrier que lui envoyait Harry il ajouta : « sinon j'aurais pu évidemment dire que j'étais sûr que tu ne m'appréciais que pour mon physique de rêve et pas pour ma conversation hors du commun –

-Oh mon Dieu. Sors de chez moi. Tout de suite ! »

Harry fulminait. C'était tellement plus simple pour lui ! Comment pouvait-il sortir maintenant des conneries pareilles ? Surtout quand il donnait clairement l'impression d'être au bout de sa vie et l'entendre déblatérer ses remarques n'avait qu'un seul effet : l'agacer au plus haut point. C'était tellement, tellement simple pour lui ! La seule chose par-dessus laquelle il devait passer c'était le fait qu'il soit sorti avec un gamin, gamin qu'il avait tenté d'éliminer pendait 17 ans. Certes ce n'était pas rien mais c'était dérisoire face à ce à quoi lui il était confronté. Il devait oublier (pardonner ?) le fait qu'il soit en face de l'assassin de ses parents. Le garçon en face de lui, qui avait la même apparence que celui qu'il avait aimé avait d'abord regardé son père dans les yeux avant de le tuer (alors qu'il n'était pas armé), puis avait fait exactement la même chose avec sa mère, même alors que celle-ci le suppliait de les épargner. (Sans parler du fait qu'il avait ensuite essayé de le tuer, lui, alors qu'il avait à peine un an). Harry avait l'impression d'être quelqu'un de plutôt clément, capable de pardonner aux gens leurs erreurs et de leur donner une deuxième chance. Mais ça – même s'il arrivait à s'avouer qu'il n'arrivait pas à oublier Tom, ni ce qu'ils avaient vécus ensemble, il avait beaucoup de mal – intellectuellement – à franchir le mètre qui les séparait. Ce n'était pas une question d'envie. Mais, maintenant qu'il était confronté à cette envie justement, il réalisait qu'il aurait beaucoup beaucoupde mal à laisser l'assassin de ses parents l'approcher physiquement.

Il remarqua que Tom était toujours planté devant lui, pas vraiment affecté par sa demande (ou plutôt son ordre.)

-La moindre des politesses quand on s'introduit chez des gens, c'est de partir quand ils le demandent. »

Il ne savait pas comment se comporter avec lui. Son instinct lui disait de se comporter avec lui comme il l'avait toujours fait – enfin, toujours ce n'était pas ça du tout. Comme il l'avait fait quand ils n'étaient que Tom et Harry deux étudiants s'étant rencontrés par le fruit du hasard. Il n'avait qu'une seule envie, entendre Tom déblatérer ses inepties (et ce n'était même pas des inepties ! Il était drôle, et charmant et intelligent et - ) et rire avec lui en essayant de lui clouer le bec. Mais sa raison (encore une fois) le poussait à ne rien avoir à faire avec lui. Ce n'est pas Tom ! Lui hurlait son cerveau (en secouant métaphoriquement son cœur par les épaules) Le mec en face de toi a tué tes parents et est responsable de la mort d'un nombre conséquent de tes amis !

-Très bien. » Soupira Tom d'un air défait « Je comprends » Il baissa la tête. « Si c'est ce que tu veux, alors je m'en vais. » Il fit un pas en direction de la porte. Puis un autre. Se pencha et ramassa sa veste qu'il avait posée sur le canapé. Fit un nouveau pas en direction de la porte. Soupira une nouvelle fois en avançant encore d'un pas. Voyant qu'Harry n'avait ni bougé ni ouvert la bouche il se retourna donnant à son visage une expression dépitée :

-Qu'on soit clair, tu ne vas vraiment pas me dire de rester ? Parce que j'ai oublié mon téléphone dans tes toilettes et mieux vaut que je le récupère avant d'être dehors. Ça briserait un peu ma sortie. »

Si Harry n'avait pas été un champion toute catégorie en matière de self-control il lui aurait encore envoyé quelque chose à la figure. Mais c'était injuste. Il se comportait juste comme il l'avait fait quand ils étaient ensemble. Il lui en voulait pour quoi ? Il lui en voulait d'être lui-même ? (Pendant une seconde il imagina Voldemort en train de faire le même cirque avec son apparence plus reptilienne qu'humaine et eu envie d'éclater d'un rire hystérique). Il était sur le point de lui dire d'aller chercher son foutu téléphone quand il remarqua une bosse équivoque au niveau de la poche du pantalon (beaucoup trop grand – c'était dingue ce qu'il avait maigri) de Tom. De toute évidence, il avait clairement son téléphone sur lui. Leurs regards se croisèrent. Le visage de Tom prit soudainement un air contrit. Harry se demanda une seconde si Tom avait vraiment laissé quelque chose dans la salle de bain (potentiellement quelque chose capable de le tuer), mais il se ravisa en voyant que l'air contrit s'était transformé en air défait.

-Bon, très bien, alors je m'en vais. » Il se retourna fit encore quelques pas, lança un dernier regard à Harry qui fulminait toujours les bras croisés et sortit de l'appartement en lâchant un énorme et très audible soupir.

Une fois la porte fermée Harry soupira aussi et se laissa tomber sur l'un de ses canapés. Il ne savait pas quoi penser de cette situation. Apparemment, Tom n'attendait que son feu vert pour… pour quoi. Il espérait qu'ils se remettent ensemble comme si de rien était ? Il ferma les yeux et se passa une main sur le visage. Il savait ce qu'il voulait : quelque chose. Bon, d'accord il ne savait pas exactement ce qu'il voulait, mais le miroir du Riséd avait été assez explicite en montrant Tom à ses côtés. Mais il était incapable de faire complètement l'autruche en évitant de penser à toutes les choses qui rendaient leur couple impossible. Il supposait que certaines envies n'étaient pas faites pour être réalisées. C'était cruel pour eux deux s'il laissait entrevoir à Tom la possibilité qu'ils puissent… « renouer », alors qu'il se rendait bien compte qu'il n'arriverait pas à oublier qui Tom était réellement. Enfin. Peut-être que le temps changerait la donne. Peut-être pas. Il se demandait tout de même ce qu'il se serait passé s'il ne l'avait pas repoussé. Il pouvait encore, s'il y pensait (ce qu'il essayait de ne pas faire), sentir son odeur et ses mains sur sa nuque et au milieu de son dos, et la force avec laquelle il l'avait serré contre lui comme s'il n'avait pas envie que leur étreinte se termine. Ses mains. Il les avait trouvés incroyablement sexy quelques années plus tôt, mais maintenant, elles se superposaient aux mains de Voldemort – incroyablement semblables… D'ailleurs, c'était peut-être le seul point commun physique entre Tom et Voldemort …. Avec sa taille – bref, ses mains, de ses quatorze à dix-sept ans, l'avaient toujours horrifié.

(Un cimetière et un être humanoïde caressant une baguette avec satisfaction, les longs doigts s'enroulant autour du manche.) (

Une caresse le long de son dos alors qu'il essaye de corriger des épreuves d'écoliers. La main attrape sa nuque et la lui penche pour qu'il tourne son visage vers lui. Un regard intense et -) Arrête d'y penser s'exhorta-t-il, il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il soit actif. Ça ne servait à rien de rester planter à se lamenter sur son sort ou à imaginer toutes les possibilités. (Un sourire aveuglant) (un ricanement lugubre)

Il se releva précipitamment, attrapa son manteau et décida de sortir. Il allait aller au chemin de Traverse trouver quelque chose d'intéressant à y faire, même si ce n'était que manger une glace. Quoique. Il ferait peut-être mieux d'aller au cinéma ou de faire quelque chose qui lui occuperait l'esprit comme il faut. Oui, un cinéma c'était une idée géniale.


La journée, ce n'était vraiment pas difficile de s'occuper l'esprit. Entre son travail, ses amis et toutes les responsabilités qui lui incombaient, il parvenait parfaitement à « oublier » Tom. Évidemment, ça n'avait pas changé, il interrompait régulièrement le fil de ses pensées. Quand Harry voyait quelqu'un boire un café, par exemple, ou quand il passait devant un kioske (endroit parfait pour acheter les romans de gare que l'autre appréciait tant.) Ou alors quand il voyait un vélo. Ou juste un garçon aux cheveux foncés. Bon, Harry admettait qu'il se mentait un peu.

Il était extrêmement difficile de ne pas penser à Tom. Tout semblait lui rappeler qu'il était . Enfin « Là » à portée de main, disons. Et il avait aussi l'impression que le monde conspirait contre lui. Rita Skeeter lui avait envoyé un hibou lui demandant s'il souhaitait collaborer à son projet de livre « sur le plus maléfique mage noir de tous les temps : « Harry, mon cher, je suis sûre que cela t'aiderait à exorciser tout ce qu'il s'est passé. » Il lui avait violemment répondu qu'elle n'avait pas intérêt à écrire quoique ce soit sur la question puisque Voldemort était encore – aux dernières nouvelles – porté disparu, et que cela pouvait s'avérer dangereux d'écrire la moindre ligne sur lui. Il avait eu terriblement honte en écrivant ce message. Voldemort n'était ni disparu et … Harry réalisait parfaitement qu'il serait probablement content qu'on écrive un livre sur lui. En fait, il était même persuadé que Tom serait d'accord de donner une interview. Bon sang. C'était déjà insupportable d'avoir Ron essayant d'aborder le sujet : « tu as des idées pour le problème Voldemort ? » (Le problème étant sa supposée disparition et pas le fait qu'Harry soit dans un traditionnel nœud cornélien entre « devoir et amour ») et que lui était obligé de se comporter comme si cette idée le terrifiait.

Si les gens savaient qu'il le cachait (parce qu'honnêtement c'était ce qu'il était en train de faire) … Il n'arrivait même pas à imaginer quelle serait la réaction de la communauté sorcière. Outrée ? Essayeraient-ils de lui trouver des excuses ? Enfin bon, il avait beau essayer de toutes ses forces de ne pas penser à Tom, il n'y parvenait pas. En plus il n'avait pas eu de nouvelles depuis le moment où il était parti de chez lui, ce qui bien que pas surprenant du tout, était assez frustrant.

D'ailleurs, ce manque de nouvelles participait activement à l'énerver. Quand il l'avait sous les yeux, impossible de ne pas voir Voldemort et impossible de ne pas le repousser, mais bien sûr, cinq jours de silence radio et il n'avait qu'une seule envie, aller sonner à sa porte pour vérifier qu'il ne faisait rien d'illégal (le voir). Mais Harry avait tout de même conscience qu'il serait cruel d'aller le retrouver pour ne … rien faire. L'autre prendrait sûrement ça comme un signe, ce qui ne serait pas le cas. Mais il ne pouvait pas nier (même s'il voulait le nier) que Tom lui manquait terriblement. Il se retint donc de foncer chez lui : une chose était sûre, il avait bien besoin d'un psy.

Mais quel psy s'occuperait de lui ? Et est-ce que le secret professionnel serait toujours de mise avec une déclaration pareille ? Enfin. La situation était compliquée, tout était compliqué et décidemment il regrettait le temps où tout était plus simple, où son défi de la journée consistait à se demander ce qu'il allait bien pouvoir manger le soir même. Il allait rentrer chez lui quand il se rendit compte qu'il n'était pas apte à être tout seul. S'il continuait sur sa lancée il était pratiquement certain qu'à un moment où à un autre il réussirait à s'incruster chez Tom, ce qui était vraiment la pire chose à faire. Il transplana donc chez les Malfoy (bon sang ça lui faisait tellement bizarre de se dire qu'Hermione était devenue Hermione Malfoy.)

Une idée se campa dans son esprit. Peut-être qu'il pouvait lui en parler, à elle. Vu qu'elle avait pardonné Malfoy, peut-être qu'elle comprendrait sa situation – il réfléchi une demi-seconde de plus avant de secouer la tête. Non, même ça c'était tout simplement impossible. Elle ne pourrait jamais comprendre ce qui le poussait à hésiter. Personne ne pouvait le comprendre.

Peut-être existait-il des groupes pour les abrutis transis de criminels. Peut-être bien que ça existait dans le monde moldu, et il pourrait inventer une histoire un peu rocambolesque pour justifier toute l'histoire mais même, il avait envie qu'on le juge pour la vérité - c'est-à-dire qu'il y avait, dans l'équation, une perte de mémoire complètement dingue qui justifiait sa situation. Jamais ça ne serait arrivé s'il n'avait pas rencontré Tom en n'ayant aucune idée de la personne qu'il était réellement.

Enfin. Quoiqu'il en fût, il était devant le manoir Malfoy et même s'il ne pouvait pas se confier voir ses amis ne pourrait lui faire que du bien.


Dix jours avaient passé depuis leur dernière entrevue et…toujours rien. Pas la moindre présence envahissante, pas le moindre message, rien. Harry devait avouer que cela l'affectait bien plus qu'il ne voulait l'admettre. Encore pire : il n'arrivait pas à oublier le fait qu'ils se soient embrassés et que lui n'avait même pas profité de ce moment. Quel imbécile. Il ne pouvait moralement pas faire le premier pas, ça c'était absolument certain. Mais là il aurait clairement mieux fait de profiter de l'instant et ensuite (après quelques minutes) le repousser ! Mais non il avait fallu qu'il le fasse presqu'immédiatement.

Je suis un abruti – pensait-il à intervalle régulier (c'est-à-dire une fois toutes les trois minutes). Et il se trouvait maintenant dans une situation complètement horrible puisqu'apparemment To-Voldemort avait décidé de respecter ses sentiments / ses envies et le laissait tranquille. Harry se demandait comment il pouvait envoyer un signal. Mais en même temps, et c'était toujours le même problème, est-ce qu'il ne réagirait pas une nouvelle fois de la même manière ? Parce que c'était très simple d'imaginer toutes les choses les plus romantiques du monde mais il n'était pas sûr qu'il arriverait à les mettre en pratique. C'est-à-dire : imaginer embrasser Tom pendant des heures était une chose le faire réellement en était une autre. Harry était empathique et décemment il ne pouvait pas faire ça.

Ses amis voyaient bien qu'il allait mieux, et c'était ça le pire. Ron lui lançait des regards approbateurs à chaque fois qu'il voyait l'occasion (tout le temps) et Harry savait qu'ils pensaient tous qu'il était sur le point de se remettre à chasser Voldemort. L'idée le fit sourire. Il avait effectivement très envie de le chasser dans le sens se cacher dans la forêt et l'épier. Sans pour autant … le tuer avec une arme à feu.

Il lança un soupire à fendre l'âme et ignora sciemment le fait qu'en entendant ça, Drago avait relevé la tête et le regardait avec curiosité.

Hermione qui était également dans la pièce (c'est-à-dire le bureau d'Harry au ministère - il était censé lire un rapport avant qu'il ne se remette encore une fois à penser à Tom-Voldemort) se planta devant lui.

-Harry, tu sais, j'ai l'impression que tu as l'impression que tes problèmes ne nous intéressent pas alors qu'au contraire on a vraiment tous envie d'être là pour toi. Alors si tu veux te confier... ou je sais pas, vider ton sac, on est là ! » Elle avait commencé sa phrase d'un ton tout à fait normal mais s'était enflammée au milieu et avait terminé avec force. De toute évidence elle n'appréciait pas particulièrement de voir un de ses meilleurs amis se morfondre en permanence. Et dire qu'Harry venait de se féliciter d'avoir l'air d'aller mieux.

-Merci. Mais »

Hermione l'arrêta

-Tu peux arrêter avec ton « mais ». Y'a rien que tu ne peux pas nous dire, tu le sais, pas vrai ? »

Harry eut vraiment envie d'éclater de rire. Il y avait « tout dire » dans le sens : « olala, j'étais tellement bourré j'ai fini avec n'importe qui » et tout dire : « tu sais, si tes parents sont actuellement en Australie avec aucun souvenir de ton existence, c'est en partie à cause d'une certaine personne, tu vois ? Ben cette personne en question je contemple renouer avec ! J'espère que ça ne te choque pas ? »

Sans parler de Ron et de Drago. Au moins, les parents d'Hermione étaient probablement heureux. Ce qui n'était pas le cas de Lucius Malfoy, qui s'était suicidé après avoir retrouvé la mémoire, et le cas de Ginny, Fred et tous les autres morts.

Et voilà ça recommençait.

-Hermione, crois-moi il y a des choses que je ne peux pas vous dire. Alors s'il te plait, respecte ça et... Il faut me laisser du temps. »

C'est précisément alors qu'il venait de finir cette phrase avec un panache sans égal que son téléphone moldu vibra dans sa poche.

Il le sortit en se demandant qui pouvait bien lui envoyer un message. Ils avaient tous des téléphones, bien sûr, reliques de leur temps à avoir vécu dans le monde moldu, mais aucun d'entre eux ne les utilisaient régulièrement à l'exception de Ron pour communiquer avec sa femme. Pourtant il gardait toujours le sien sur lui, sans pour autant avoir une bonne explication. Enfin bref, c'était probablement un message des Dursley ce qui n'avait rien de particulièrement rassurant. Il le déverrouilla :

J'avais l'intention de préparer quelque chose de romantique à l'endroit où on s'est rencontrés la première fois mais je me suis rendu compte que faire ça sur l'ancienne maison de tes parents ne serait pas une bonne idée.

Haha

L'expression de son visage du devenir extrêmement parlante parce qu'Hermione plaqua une main sur sa bouche :

-Harry je- je suis tellement désolée ! » Il leva les yeux vers elle, il ne comprenait pas où elle voulait en venir. Elle n'avait strictement rien à voir avec toute cette histoire. Voyant son regard perplexe elle ajouta l'air terriblement coupable : « Il est venu me parler et m'a demandé ton numéro et je sais pas pourquoi je lui ai donné mais je pensais que c'était grâce à lui que tu allais mieux et d'accord je ne sais pas pourquoi vous aviez rompu à la base mais- »

Harry la coupa :

-Comment il t'a trouvée ?" Il se doutait bien que ses amis n'avaient rien à craindre de Tom, parce que ça irait complètement en désaccord avec – son fil de pensée s'interrompit. NON. Ses amis avaient tout à craindre de ce type. Cette pensée lui fait l'effet d'une douche froide, il savait pertinemment comme le trouver ce n'était pas difficile. Est-ce qu'il essayait de lui envoyer un message caché ? Du genre : « je sais comment trouver tes amis » C'était définitivement très inquiétant.

-On s'est croisés par hasard en ville, Harry je suis vraiment désolée si tu ne voulais pas qu'il l'ait mais il m'a complètement... » Elle s'arrêta l'air toujours aussi catastrophée « embobinée ! »

Son téléphone vibra une nouvelle fois

Je réalise que c'est probablement la pire chose que j'aurais pu écrire. Désolé. J'ai stressé. Haha.

Harry releva la tête et foudroya Hermione du regard. Il ne lui en voulait pas vraiment, bien sûr. Il pouvait parfaitement imaginer la scène. Ce beau jeune homme lui dire à quel point il était désolé et qu'il voulait juste son numéro et que s'il le repoussait bien sûr qu'il n'en abuserait pas, et Hermione devant tant de politesse de charme et de savoir-vivre n'avait évidemment rien pu faire d'autre que le lui donner. C'était parfaitement compréhensible même si insupportable.

Mais pour recevoir un message pareil ! En plus il n'avait aucun moyen de savoir si Voldemort était réellement en train de paniquer après avoir fait une tentative d'humour complètement ratée ou si tout ça n'était qu'un savant calcul pour le faire réagir (ou une menace). Ça pouvait parfaitement être l'un ou l'autre. Tom n'avait jamais été connu pour son tact, et il l'avait vu plusieurs fois dire des choses absolument horribles en ne s'en rendant absolument pas compte. (Un exemple parmi des centaines, il avait félicité Dudley en le voyant manger une pomme devant la télévision (il était plutôt habitué aux chips) et l'avait félicité pour ses nouveaux choix de vie, et il avait ensuite vraiment insisté sur le fait que perdre du poids ne lui ferait vraiment pas de mal, que c'était très bien qu'il prenne sa vie en main, et ainsi de suite alors que Dudley était extrêmement mortifié) (il y avait aussi eu la fois où il avait tenté de réconforter une fille qui pleurait dans le métro et avait réussi à la faire pleurer encore plus.) Mais en même temps, il ne pouvait pas oublier qu'il s'agissait du type qui était probablement l'un des plus grands manipulateurs du siècle. Penser qu'il était sincère était donc probablement très naïf. Mais cette situation somme toute catastrophique aurait pu en rester à ce stade si Drago, qui paraissait trouver tout cela hilarant, n'avait pas déclaré d'un air très intéressé :

-Qu'est-ce qu'il t'a écrit ? »

-Rien » répondit automatiquement Harry. Une chose était certaine ses amis ne pouvaient pas voir les messages parce qu'ils ne laissaient absolument aucun doute quant à l'expéditeur. Ce serait du suicide.

-Allez ! » S'exclama le blond en s'approchant de lui. Harry recula instinctivement. La tournure que prenaient les événements était encore pire qu'initialement et c'était quand même quelque chose…Voldemort avait réussi à lui envoyer un SMS mentionnant le fait qu'il ait tué ses parents alors qu'Harry n'était qu'un bébé et lui un vieil homme.

...

Et il n'avait même pas pris en compte ce détail là quand il faisait les listes des "contres" sa retrouvaille avec Voldemort. Il avait toujours cru qu'il était plus âgé que l'autre de six mois (enfin au moment où ils ne se souvenaient de rien) mais en fait Voldemort avait... plus de quoi... septante ans ? C'était de pire en pire. Et il avait désormais une vision mentale déroutante de Tom brillant au soleil à la Twilight, ou alors avec le physique d'un vieillard.

-ça ne te regarde pas ! » Il savait que le ton de sa voix était passé d'énervé à presque hystérique. Superbe. Mais la panique avait définitivement pris le dessus.

Drago s'arrêta et fronça les sourcils, l'air toujours amusé. Harry ne pouvait pas lui en vouloir, évidemment qu'il ne pouvait pas avoir la moindre idée quant à ce qui était réellement écrit dans ce message.

-Ne me dis pas qu'il t'a envoyé une photo de...» Il sembla chercher ses mots, son sourire s'élargissant «sa bi- »

-SON MEMBRE ? » S'exclama Hermione sans laisser le temps à Drago de finir son mot probablement très vulgaire.

Harry vit là une échappatoire. C'était honteux mais ses amis ne feraient que se moquer de lui. Et ils ne demanderaient pas à voir la photo en question. Il était gagnant sur toute la ligne. Sa réponse, ou plutôt son manque de réponse sembla ravir Drago dont le visage prit une teinte euphorique.

-J'y crois pas ! » Il éclata de rire « il doit être complètement à l'ouest s'il pense que c'est comme ça qu'il va te récupérer ! »

Hermione, elle, semblait dubitative. Ce qui ne rassura pas particulièrement Harry. Mais en même temps Drago n'avait jamais vu Voldemort, enfin... il ne l'avait pas vu depuis l'attaque de Poudlard, et inutile de rappeler qu'à ce moment-là il avait une apparence un peu moins charmante. Quoiqu'il en soit, Drago ne pouvait pas deviner que ce qui rendait Hermione si méfiante était le fait qu'après avoir échangé quelques mots avec l'ex d'Harry, elle n'arrivait pas à imaginer que ce type là puisse, en guise de tentative de réconciliation, envoyer une photo intime. Très intime.

-C'est le pire des manipulateurs » dit Harry en regardant Hermione. « Je sais quelle impression il donne, crois-moi je sais parfaitement à quel point il peut être charmant mais ce n'est qu'une impression faite pour duper les autres ! Au fond c'est un monstre, le pire de tous ! »

Hermione fronça très clairement des sourcils. Et Harry se tut immédiatement. Très bien. C'était la dernière fois qu'il abordait le sujet « Tom » devant Hermione.

Elle était beaucoup, beaucoup trop perspicace. S'il continuait à parler sans faire très attention à ce qu'il disait, il risquait d'en dire trop. Et par en dire trop il voulait dire : qu'elle arrive à déduire que M. Guénial était en réalité, tadada, Voldemort. D'ailleurs elle devait forcément se douter de quelque chose avec un surnom pareil.

Mortifié en plus d'être stressé et extrêmement en colère, il fourra son téléphone dans la poche et se retourna vivement. Il avait prévu de travailler tout l'après-midi au ministère mais franchement, il n'avait qu'une envie marcher pendant des heures histoire de réfléchir au meilleur moyen de répondre. Enfin, il ferait mieux de ne pas répondre, ça, ça emmerderait l'autre. Mais il savait au fond de lui qu'il n'en était pas capable. Il était bien trop énervé pour ça.

Il avait à peine fait deux pas dans le couloir que son téléphone se manifesta pour la troisième fois :

Et désolé pour les "haha" c'est nerveux.

Il s'arrêta net. Il savait que le plan de Voldemort, c'était qu'il lui réponde et qu'il était justement en train de tomber dans le panneau.

Je sais que ton plan était de me faire réagir, comme tu vois tu peux avoir la satisfaction d'avoir réussi. Je te remercie d'avoir mentionné mes parents c'était exactement ce dont j'avais besoin aujourd'hui ! Merci !

Énervé, il bloqua le numéro de l'autre, verrouilla son téléphone en appuyant vigoureusement sur le bouton et reprit sa marche. Quelle ordure. Clairement, ce qu'il avait de mieux à faire était d'ignorer au maximum l'autre. Ça ne pouvait pas marcher, ils n'arriveraient jamais à se « retrouver » et même s'il en avait partiellement envie, ça… Il transplana dans une ruelle à quelques pas de son immeuble, même s'il en avait partiellement envie il n'arriverait pas à retrouver ce qu'ils avaient. Et… ça ne valait pas le coup, n'est-ce pas ? S'ils n'arrivaient pas à être à nouveau Harry et Tom c'était peine perdue. Avoir retrouvé leur mémoire les avait les deux transformé et leurs pièces qui s'emboîtaient si bien avant était maintenant déformées au point où il était inutile d'essayer de les enfoncer les unes dans les autres dans l'espoir qu'une image pouvait à nouveau être formée. C'était impossible. Il poussa la porte de l'entrée de son immeuble, bien décidé à se terrer chez lui : mauvaise idée, bien sûr de se cloîtrer dans la solitude alors qu'il venait d'avoir une révélation pareille mais il n'avait pas non plus le courage de faire face à ses amis. Il monta les dernières marches qui menaient à son appartement tourna dans l'angle du couloir et se trouva face à la dernière personne qu'il avait envie de voir. Tom. Qui se retourna vivement en le voyant arriver. Il avait son téléphone dans la main et l'air horrifié. Leurs regards se croisèrent et Harry – fut étonné de voir que l'autre avait sincèrement l'air retourné.

-Harry je suis... » il se reprit, sembla chercher quelque chose dans le regard du plus jeune et ajouta finalement précipitamment : « je suis vraiment désolé. » La pause ne dura que quelques secondes. Harry n'avait pas ouvert la bouche. Il aurait dû s'attendre à ce que Voldemort se précipite chez lui pour essayer de retourner la situation en sa faveur. Et il devait avouer que l'autre était doué. Il savait ce à quoi ressemblait Tom dans un bon jour (démesurément beau, charmant, coiffé et habillé à la perfection, charismatique, sûr de lui, maître de ses expressions) et il savait que l'espèce de caricature qu'il avait en face de lui (un garçon émacié, des cernes formant comme deux croissants de lunes noir sous ses yeux, les cheveux trop longs lui tombant sur le visage, l'air à moitié fou) n'était qu'une illusion parfaitement orchestrée pour atteindre son but : le reconquérir. Il ne savait pas vraiment pourquoi Voldemort tenait à ce point à se rapprocher de lui. Il savait qu'il avait changé, Harry n'était pas aveugle et c'était d'ailleurs bien la raison qui le retenait d'utiliser sa baguette contre son ex…partenaire. Mais le principe était le même : Voldemort cherchait à le prendre par la pitié. Ce n'était pas idiot, c'était même faire preuve de clairvoyance : il savait qu'Harry était incapable d'abandonner les gens. Et en se montrant dans un état pareil c'était le reflexe qu'il essayait provoquer : qu'Harry, apitoyé devant son air malheureux et plein de remords, lui dise que ce n'était « pas grave, qu'après tout, il comprenait, quand on stresse on envoie des messages idiots, allez Tom et si tu venais boire un verre chez moi ? » Harry le regarda vraiment. Regarda l'apparence physique du garçon qu'il avait sincèrement et intégralement aimé. Et il se rendit compte qu'il devait vraiment mettre un terme définitif à cette parodie, à cette farce qu'ils jouaient l'un avec – contre l'autre. Il soupira et avança dans le couloir en se dirigeant vers Tom qui le regardait toujours avec la même expression hagarde.

-Entre, je pense qu'il faut qu'on parle. » Ce qui était étrange c'est qu'il n'avait pas peur. Au fond de lui, il avait vraiment l'impression que Voldemort n'allait pas essayer de le tuer en apprenant qu'Harry voulait… ou plutôt ne voulait plus jamais le voir.

Il lança un regard à l'autre en prononçant sa phrase et il vit clairement les épaules de l'autre s'affaisser comme si ces quelques mots étaient suffisamment clairs pour qu'il ait déjà compris en quoi allait consister la conversation. Harry sentit un début de malaise éclore dans le haut de son ventre. C'était la même chose encore et encore. Il n'avait pas envie de ne plus le voir il avait envie de ne plus jamais devoir lui faire face c'était impossible qu'ils survivent à un truc pareil mais qui sait peut-être qu'il se trompait complètement ? Il se força à expirer calmement. Se mettre en colère, contre lui ou contre Voldemort ne servirait à rien du tout.

Il laissa l'autre entrer dans l'appartement, y entra à son tour et ferma la porte. Méthodiquement, en essayant de garder son esprit vide – ou le plus vide possible, il enleva sa veste, enleva sommairement ses chaussures sans prendre la peine de dénouer les lacets et, voyant que To – Voldemort avait un genou par terre et essayait en tremblant de s'attaquer à ses lacets, il lança d'une manière qu'il aurait voulu neutre mais qui sortit d'une manière froide même à ses propres oreilles :

-Tu peux garder tes chaussures. »

Voldemort leva la tête et croisa un instant son regard. Un regard dans lequel il n'y avait strictement rien. Sans rien dire il se redressa et se dirigea vers le salon sans prendre la peine d'enlever son manteau. Harry le regarda s'asseoir (s'affaler) sur le canapé toujours en silence. Devoir être aussi distant avec quelqu'un dont il avait été si proche était réellement déchirant. Le terme était bien choisi. Il savait qu'il allait littéralement devoir se déchirer de Tom … de Voldemort et qu'il n'arriverait probablement plus jamais à avoir la sensation d'entièreté qu'il avait pu ressentir lorsqu'ils étaient encore ensemble. Mais au moins, maintenant, il avait une conclusion. Une fin tangible à laquelle il pourrait se raccrocher. Au moment de retrouver la mémoire il avait eu l'impression que leur histoire s'était arrêtée nette, comme si on lui avait arraché de force son futur. Mais maintenant il prenait une décision et il pourrait utiliser cette décision comme point de départ pour reconstruire ce futur qu'il n'avait pas même réussi à envisager depuis qu'il avait retrouvé ses souvenirs.

Il s'assit devant l'autre et étudia son visage quelques instants. Il avait toujours la même expression vide, et Harry se demandait d'ailleurs s'il allait ouvrir la bouche à un moment ou à un autre.

-Je n'y arriverai pas. » décida-t-il finalement de dire. Au moins, ça avait le mérite d'être sincère. Parce que c'était lui le problème, s'il avait été un peu moins droit moralement, ou éthiquement ou peu importe, s'il avait été un peu moins quelque chose, alors il ne doutait pas qu'ils pourraient en ce moment même être en train de reprendre leur ancienne vie avec un degré de bonheur probablement au pire satisfaisant. Mais il en était incapable.

-Je comprends. » Il avait dit ça d'un ton réellement vaincu. Et Harry savait qu'après cette conversation Tom ne viendrait plus d'une manière impromptue chez lui. Que cette fois – après avoir anéanti toute chance de suite, ils ne se reverraient probablement plus jamais. La douleur qui avait commencé à poindre dans son ventre s'épanouit et Harry sentit qu'il allait devoir – encore – pleurer toutes larmes de son corps. Comme si sa vie ne pouvait se résumer qu'en un cycle où il y aurait d'un côté Voldemort et de l'autre la tristesse et qu'il passait d'un côté du cercle avant de continuer dans l'autre et que cette ronde infinie pouvait résumer sa vie depuis sa naissance.

-Je pense que c'est pour le mieux si… si on vit chacun de notre côté. »

Tom hocha lentement de la tête le regard fixé sur ses chaussures. Harry ne dit rien, contemplant une dernière fois le visage de l'autre garçon, comme pour s'assurer qu'il avait effectivement mémorisé ses traits. Et au fond, il savait que c'était le cas, que ce visage le hanterait jusqu'à la fin de sa vie.

Soudain, alors qu'ils étaient silencieux depuis plusieurs dizaines de secondes, Voldemort releva la tête et demanda la voix nouée :

-Et si tu m'effaçais la mémoire ? » Voyant l'air confus de Harry il ajouta : « est-ce que ça changerait quelque cho- »

-Je suis désolé. »

L'autre hocha lentement de la tête. Il se releva, croisa une nouvelle fois son regard et déclara d'une voix plate :

-Alors Adieu, Harry. »

-Adieu, Tom. » répondit le survivant. Ils se toisèrent pendant quelques secondes, et finalement, Tom se retourna et quitta l'appartement.

La porte se referma et Harry eu l'impression que Voldemort venait d'emporter avec lui tout son bonheur. Comme s'il avait été un détraqueur et qu'il avait aspiré son âme avant de s'en aller avec. Harry se redressa, se déshabilla, se dirigea vers sa chambre, s'écrasa sur son lit et se mit à pleurer.

« Et si tu m'effaçais la mémoire ? » Voyant l'air confus de Harry il ajouta : « est-ce que ça changerait quelque chose » qu'est-ce qui lui avait pris de suggérer un truc pareil ? Il commença à se sentir extrêmement triste avant qu'il ne prenne une décision finale, Voldemort n'avait dit ça que dans le but de le manipuler.

Bien sûr, Ron, Hermione Drago ne comprirent pas tout de suite pourquoi Harry, qui semblait aller réellement beaucoup mieux, semblait avoir replongé au fond du gouffre dont il avait mis tant d'année à se sortir. Mais Harry, qui était effectivement au fond de son abîme, savait que cette fois il réussirait à se hisser jusqu'à la sortie et que cette fois, quand il aurait enfin le visage à l'air libre et que la lumière métaphorique du jour l'embaumerait à nouveau, qu'il s'en serait sorti pour de bon. Parce que maintenant, ce qu'il devait faire, c'était faire son deuil. Faire le deuil de Tom, de sa relation avec lui, du bonheur qu'ils avaient indubitablement partagé. Ils ne pourraient jamais retourner en arrière, il le savait, et il était absolument persuadé qu'un jour il pourrait se rappeler de leur temps ensemble sans avoir envie de mettre fin à ses jours. Il n'en était certainement pas là, mais il pouvait quand même l'envisager. Il passa donc une semaine à ne pas fonctionner (c'est-à-dire à dormir et à pleurer, sans se doucher ni même manger) avant de passer un mois à vivre comme un robot dépressif : il se levait, se douchait, allait travailler, rentrait, mangeait et allait se coucher. L'inquiétude était visible dans tous les faits et gestes de ses amis qui essayaient de le faire rire, de le faire manger, de l'inviter chez eux, mais Harry savait que si leur présence était absolument indispensable (il ne savait vraiment pas comment il aurait pu vivre sans eux) il devait abattre sa dépression seul. Et c'est ainsi qu'il se réveilla un matin avec le cerveau plus clair que le pendant le mois précédent. S'il voulait aller mieux, il avait… et bien il devait avoir envie d'aller mieux. Il devait se reprendre en main. Personne ne viendrait l'aider et maudire toutes les circonstances qui l'avaient menées jusqu'à ce point précis ne servait à rien. Parce que cette fois Tom était vraiment hors de sa vie, et il n'avait – à priori – pas à s'inquiéter du retour de Voldemort (le mage noir). C'est donc avec volonté qu'il se leva : Tom ne reviendrait pas. C'était fini. Aujourd'hui était le premier jour de sa nouvelle vie, etc, aide-toi et le ciel t'aidera, etc, il fallait qu'il s'ouvre au monde s'il voulait vivre. Et c'est avec cette réflexion pleine de philosophie et de bon sens qu'Harry réalisa qu'il devait finalement faire face à ce qu'il avait littéralement enterré chez les Dursley. Enfin, plus précisément, ce qu'il avait fourré dans un carton lui-même balancé au fond de sa vieille chambre au 4 Privet Drive.

Les affaires de l'appartement dans lequel il avait habité avec Tom. Il s'était facilement débarrassé des meubles et de tout ce qui, en soi, n'était pas spécialement personnel. Mais il avait ressenti une angoisse terrible à chaque fois qu'il avait imaginé devoir jeter ou trier voire même simplement regarder ou tenir toutes les photos, les divers dessins, cartes d'anniversaires, de Noël qui venaient de Tom et qui lui avaient été adressées. Il avait juste tout mis dans un carton en pensant qu'il s'en occuperait « plus tard ». Et presque 5 ans après, il se rendait compte que « plus tard » était devenu : « aujourd'hui ». Il attrapa son téléphone d'une main et composa le numéro d'Hermione. Elle répondit presqu'immédiatement, la voix très clairement alarmée :

-Harry ? Tout va bien ? »

-Hermione, j'ai besoin d'une faveur. »

Il fut plaisamment surpris de voir que sa voix était assurée et non plus un espèce de murmure défait.

-Tout ce que tu veux. » répondit-elle immédiatement, le ton oscillant entre la panique et le soulagement.

-Il faut absolument qu'on fasse quelque chose ce soir qui implique de l'alcool. »

-Bien sûr. Tu viens chez nous pour vingt heures ? »

Harry acquiesça et rangea son téléphone. Maintenant qu'il était sûr qu'il n'allait pas passer la soirée à pleurer sur des vieilles photos et que s'il leur faisait faux bon pour une raison X ou Y que tous les aurors du ministère se mettraient immédiatement à sa poursuite, il s'habilla et transplana pour la maison de son oncle et de sa tante.

C'était amusant, en fait, comme une simple porte pouvait sembler menaçante quand on savait ce qu'il se cachait derrière. Petunia et Vernon n'étaient pas enchantés par sa présence (étrangement) et Harry était convaincu qu'il devait faire le plus vite possible. Et pourtant il devait aller puiser dans les dernières réserves de son courage. Soudain, sentant un vague soubresaut de volonté dans son corps, il ouvrit la porte, la franchit et se dirigea d'un pas décidé vers le carton qui était abandonné au fond de la pièce. Il avait eu le temps de se préparer mentalement. Il n'allait pas relire les lettres, juste les bruler et même chose avec les photos. Ça ne servait absolument à rien de se torturer pour rien. Parce qu'il ne viendrait jamais à regretter de s'être débarrassé de ces reliques : elles appartenaient à un passé définitivement révolu. Il attrapa le carton et le plaça au milieu de la pièce. Il avait l'impression qu'il était face à l'adversaire le plus terrifiant de sa vie – alors qu'il s'était quand même battu contre un basilique. C'était absurde. Cette pensée sembla lui donner une fermeté qui émanait très clairement en partie de son hésitation. En soupirant et lâchant un « merde » découragé, il attrapa les pans du carton et les ouvrit avec violence. Et il maudit le Harry d'il y a cinq ans qui avait été trop préoccupé par son désespoir pour penser au Harry du futur qui devrait fatalement rouvrir la boite. Parce qu'au lieu d'avoir déposé les photos avec l'image tournée contre le carton, elles lui faisaient face et Harry fut forcé de contempler les visages rieurs de deux garçons qui n'existaient plus.

Il resta paralysé pendant quelques secondes avant que sa main, qui apparemment avait réussi à développer une intelligence propre puisque son cerveau donnait tous les signaux qu'il ne fallait surtout pas les toucher, n'attrape la première photo et la place devant ses yeux.

Et Harry se mit à pleurer avant même de réussir à former la moindre pensée. Parce qu'ils avaient vraiment été heureux. C'était une photo tout ce qu'il y avait de plus banal, elle avait été prise dans une soirée quelconque mais la raison pour laquelle ils avaient les deux particulièrement apprécié ce cliché-là (et du coup la raison pour laquelle il avait mérité un cadre) était qu'ils ne posaient pas. Ils étaient côtes à côtes en train de rire en se regardant, et Harry était persuadé que s'il y réfléchissait il pourrait retrouver la conversation qu'ils avaient… et… c'était un très très mauvais chemin à emprunter.

(« Tu te rends compte qu'il y a un dinosaure volant qui était de la taille d'une girafe ? C'est dommage qu'ils aient disparu, ça aurait pu faire une discipline olympique intéressante »

Harry ouvrit la bouche, il ne comprenait pas d'où Tom sortait ça, ils étaient en train de discuter de la cravate d'un de ses anciens professeurs trois secondes plus tôt. Mais se rendant compte qu'il n'arriverait jamais à trouver le lien, ou même de… savoir d'où venait cette soudaine passion pour les jeux olympiques, il se contenta de lui sourire. Tom lui rendit son sourire immédiatement comme si le mécanisme de son cerveau était parfaitement normal.)

Mais la boîte (de Pandore) était ouverte et Harry regarda le cliché avec tristesse. C'était fou à quel point ils avaient changé en cinq ans. Son esprit qui était parti dans une tornade de pensées confuses et sinistres et douloureuses ralenti soudainement. Harry se reconnaissait parfaitement, il n'avait pas beaucoup changé. Certes il avait l'air beaucoup moins heureux aujourd'hui mais les changements physiques s'arrêtaient là. D'accord il avait repris du poids, parce qu'il savait qu'il y a quelques années il ne ressemblait certainement pas à ce à quoi il ressemblait actuellement. Mais Tom… ses yeux s'écarquillèrent laissant tomber quelques larmes sur le cadre. Il y avait un monde entre le Tom de la photo et l'homme qu'il avait aperçu un mois et quelques jours plus tôt. Un sentiment d'horreur s'abattit sur lui en repensant aux nombreux récits que lui avait fait Dumbledore. Tom Riddle le charmant étudiant qui petit à petit s'était décomposé (au fur et à mesure qu'il avait fabriqué des horcruxes) jusqu'à devenir une monstruosité hésitant entre l'homme et le serpent. Oh mon Dieu. Pensa-t-il avec effroi. Ses mains se mirent à trembler. Soudain, comme pris d'un accès de folie, il renversa le contenu du carton et se mit à chercher les autres photos. Et chacune d'entre elles confirmaient ses craintes : Il n'y avait plus rien à voir entre le Tom qu'il avait aimé et le Tom qui prétendait être un médecin inoffensif dans la campagne anglaise. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Et à quel jeu avait joué Voldemort ? Il respirait par saccade ayant à chaque inspiration plus de difficulté à faire entrer l'air dans ses poumons. Cette fois, il ne pouvait pas attendre. Si Voldemort avait décidé de redevenir le monstre qu'il avait été, ce n'était pas son problème. Enfin, ce n'était pas son problème s'il décidait de cracher sur leur passé et s'il laissait sa nature reprendre le dessus sur ce qu'il aurait pu être. Ce qui était son problème, en revanche, c'était de l'arrêter. Mais comment faire ? Il se sentit pris de nausée. S'il restait à genoux devant ces photos il allait littéralement leur vomir dessus. Ce qui serait probablement une belle image parfaitement significative de ce qu'il ressentait mais qui ne l'avancerait pas. Il se leva et commença à faire les cent pas dans la chambre. Les points positifs : Voldemort pensait l'avoir dupé à 100%. Il ne s'attendrait pas à son attaque. Les points négatifs : le/les horcruxes. Il ne savait pas ce qu'ils pouvaient être ni ou Voldemort pouvait les avoir cachés. Le désespoir commença à s'insinuer dans son esprit quand un éclair jailli : dans le fond, il n'avait pas besoin de détruire les horcruxes. C'était Dumbledore qui avait déclaré que c'était nécessaire puisqu'apparemment : nul ne peut vivre tant que l'autre survit. Mais ce qu'il s'était passé lors de la bataille « finale » avait clairement changé la donne. Voldemort n'avait pas besoin de mourir. Cette pensée calma Harry significativement. Parce que s'il avait été incapable de lancer le sort de la mort à son pire ennemi au sommet de son pouvoir (d'accord il n'avait pas été à son sommet, mais à ce moment-là il n'était que Voldemort) jamais il n'en serait capable maintenant. Mais ils n'avaient qu'à l'emprisonner dans une cellule hautement sécurisée à jamais. Et on verrait s'il était si content de son immortalité quand il aurait une peine de prison littéralement à perpétuité. Il se sentait mieux qu'il ne s'était sentit depuis des années. Une partie de lui était presque soulagée d'avoir découvert que Tom n'existait réellement plus. Il avait parfois ressenti une vague de culpabilité à l'idée de l'avoir repoussé mais … Mais les gens ne changeaient pas. Et maintenant qu'il avait un but – livrer Voldemort au ministère, il ne lui restait plus qu'un plan.

Il s'arrêta net. Voldemort pensait qu'il avait le cœur brisé. Il devait probablement avoir sa garde baissée. Ou du moins aussi basse qu'il ne pouvait l'espérer. Il suffisait qu'il s'introduise – Non, s'il s'introduisait chez lui il se ferait nécessairement remarquer soit par le serpent (horcruxe potentiel, pensa Harry) soit par un sortilège de détection ou dieu savait quelle manigance. Par contre il pouvait retourner contre Voldemort sa stratégie : il pouvait aller le « cueillir » à l'hôpital alors qu'il jouait au médecin parfait. Ses pas s'accélérèrent : c'était une excellente idée. Il était 16 heures, il pouvait transplaner là-bas, l'attendre et le maîtriser l'après-midi même. C'était peut-être précipité. Peut-être aussi que c'était le moment parfait pour tout avouer à ses amis, mais il n'avait jamais été très doué pour attendre et maintenant qu'il avait son plan il avait du mal imaginer patienter en attendant qu'il soit plus abouti que ça.

Et c'est alors qu'il allait simplement transplaner dans le fin fond de l'Angleterre que son regard s'arrêta sur un objet qu'il avait complètement oublié mais qui pourtant avait marqué toute sa scolarité.

La cape de son père était drapée sur une chaise. Il ouvrit des yeux ronds ne croyant pas sa chance. Il avait à la base un avantage de taille (la surprise) mais là, il avait l'avantage de pouvoir approcher Voldemort en étant invisible. Il allait pouvoir lui lancer des sorts complètement …inoffensifs et pour le désarmer et pour l'immobiliser et Voldemort n'aurait même pas la satisfaction de voir son visage. (Parce qu'Harry savait parfaitement que ce geste allait lui coûter et qu'il n'arriverait pas à rester impassible). Il attrapa la cape d'invisibilité et la passa rapidement. C'était forcément un signe du destin.

Pour tout le temps qu'il avait passé à épier de loin Voldemort dans ce village, Harry n'avait jamais osé mettre les pieds à l'hôpital. Il n'aurait d'ailleurs pas réussi à dire pourquoi. Parce que ça paraissait être une sorte de jardin secret ? L'idée même semblait risible. Et pourtant il avait quand même sauvé le bébé de Luna et c'était sans doute ça qui avait mis un frein à sa curiosité. À ce moment-là, où Tom Riddle avait débarqué dans cet hôpital pour sauver une fillette prématurée, il y avait peut-être encore eu du bon en lui. Mais tout ça était visiblement révolu depuis longtemps. Décidant qu'il ne pouvait pas être trop prudent, Harry attendit qu'un moldu entre dans l'hôpital, enclanchant les portes automatiques, avant de se glisser à sa suite à l'intérieur. L'hôpital ressemblait à tous les hôpitaux moldus qu'Harry avait eu le loisir de fréquenter : du blanc partout, une odeur de désinfectant et un mélange de patients, de visiteurs et de personnel soignant erraient dans les couloirs. Heureusement qu'il savait dans quel département aller, parce qu'honnêtement, Harry préférait ne pas devoir faire face à l'ambiance morose qui régnait forcément dans les lieux. C'était sans compter qu'il allait se rendre au service de pédiatre et… Et rien ne l'avait préparé à ça.

Les hôpitaux ne mentaient pas, en règle générale, sur le fait que ce n'était pas un endroit heureux. Bien sûr, des miracles s'y produisaient parfois et il suffisait de chercher pour trouver du bonheur entre les murs aseptisés des chambres : une guérison, une opération réussie, une visite encourageante, cela ne manquait pas. Mais il n'empêche que c'était aussi un lieu de souffrance extrême : pour les malades, les blessés, ceux qui étaient sur le point de rendre leur dernier souffle, et tous les proches qui attendaient la peur au ventre, d'avoir des nouvelles de l'être aimé qui devait subir un passage dans l'établissement. Le service de pédiatrie, en revanche, était différent. Les murs n'étaient pas blancs et le personnel n'était pas habillé de cette même couleur neutre. Non, tout était peint en rose ou en bleu comme pour essayer d'invoquer un espoir et une joie de vivre qui n'avait pas sa place dans cet endroit contre nature. Contre nature parce que tout ce qui paraissait faire partie intégrante de la vie d'un adulte : la souffrance, la maladie, les accidents, la vie, la mort paraissait contre-nature dans l'existence d'un enfant. Il avait croisé deux docteurs. L'un comme l'autre avaient une expression joyeuse qui n'était qu'une façade que trop transparente pour un autre adulte. Mais Harry comprenait le principe : un enfant ne devrait pas être confronté à un visage grave même (et surtout) si c'était pour lui annoncer la pire nouvelle du monde. Restait donc la question : pourquoi est-ce que Voldemort s'était obstiné dans cette voie ? Il avait voulu faire ça de sa vie quand il n'était que Tom, et c'était parfaitement louable, mais Voldemort n'avait pas sa place dans un lieu pareil. L'imaginer réconforter un enfant était risible voire traumatisant. Il aurait facilement pu s'intégrer dans n'importe quel autre département, brillant comme il était. Les examens n'avaient jamais jamais été un problème pour lui. Harry s'avança, intimidé. Les décors étaient en désaccord total avec l'ambiance. Il n'y avait rien de joyeux dans cet endroit, et plus il avançait et regardait dans les chambres, plus il sentait monter l'horreur. Les chambres n'étaient pour la plupart pas intimes en pédiatrie. Il y avait des vitres permettant de voir ce qu'il se passait à l'intérieur. Et chaque chambre était occupée. Il sentit la nausée le reprendre en pensant qu'il allait devoir arrêter Voldemort là, et qu'ensuite des aurors devraient venir et effacer la mémoire des tous ces gens – ces gens étant pour la majorité des enfants malades et leurs parents attristés. Ce n'était pas juste qu'il leur inflige un stress supplémentaire. Mais c'était pour leur propre intérêt. Et c'est ainsi, la baguette dans la main, prête à lancer expelliarmus à la seconde où il verrait Voldemort qu'il passa devant une chambre et qu'il s'arrêta devant la vitre.

Parce qu'il était à l'intérieur. Colère, horreur et incompréhension se bousculèrent dans la tête d'Harry. Voldemort était dans sa blouse. Elle était bleue et il y avait des oursons dessus. Il était assis sur une chaise à côté du lit d'un patient et il tenait un livre entre les mains. Le petit garçon était entièrement chauve, blafard, émacié à l'extrême et paraissait avoir de la difficulté à se tenir assis, mais il regardait avec attention le livre alors que Voldemort lui faisait la lecture.

À quoi s'était-il attendu ? A ce que Voldemort ne fasse que des opérations et reste le plus loin possible de tout contact humain ? (Réflexion faite, c'est précisément ce à quoi il s'était attendu). Il ne savait pas comment enregistrer cette information et encore moins comment procéder. Il ne pouvait décemment pas faire irruption dans la chambre, baguette brandie et attaquer un homme qui lisait à un petit garçon malade. C'était au-dessus de ses forces. Et c'était probablement le calcul que Voldemort avait fait. Ce qui l'enragea d'autant plus.

Mais il ne pouvait rien faire. Il attendit donc que l'autre referme son livre, discute avec le petit garçon quelques instants, avant qu'il ne se lève et ne quitte la chambre. Harry eut envie de le frapper, parce que son expression qui était souriante et joviale alors qu'il parlait avec l'enfant se transforma à l'instant où il se cru être invisible. Le sourire disparu et il ne resta plus que l'expression figée qu'Harry connaissait, ou avait connu et qui le conforta dans sa décision. Voldemort ouvrit la porte, sortit de la chambre d'hôpital, fit quelques pas et avant qu'Harry n'aie le temps de faire quoique ce soit, il ouvrit une autre porte – une pièce sans vitre permettant de discerner l'intérieur – et s'y enferma.

Merde. Pensa Harry. Il ne pouvait pas entrer dans la pièce sans que l'autre ne sache que quelqu'un venait d'y entrer. Pourquoi n'avait-il pas pu être plus rapide ? Bon sang, il était un ancien joueur de quidditch, ses réflexes étaient censés être extraordinaires. Il se retourna, se demandant ce qu'il était censé faire maintenant qu'il devait une nouvelle fois patienter, quand il remarqua qu'on le regardait avec un air… … indéchiffrable. C'était l'un des docteurs qu'il avait croisés plus tôt. Une femme, entre trente-cinq et quarante ans, le fixait. Il s'apprêtait à s'excuser quand il se rappela qu'il était invisible, et que ce que la femme fixait n'était pas lui mais la porte par laquelle Voldemort avait disparu. En tout cas, son expression était loin d'être contente, ce qui contrastait avec l'expression qu'elle arborait plus tôt. Elle ne semblait pas en colère, plutôt préoccupée. Elle sembla hésiter quelques secondes dans le couloir, avant de prendre une décision et d'avancer à grands pas. Plus qu'intéressé par la tournure des événements, Harry resta immobile jusqu'à ce qu'il se rende compte que par chance elle avait l'intention d'entrer dans la pièce où se trouvait Voldemort.

Traumatiser un enfant était au-dessus de ses forces, traumatiser un docteur paraissant tout à fait capable ne l'était pas. Il saisit donc l'occasion et quand elle ouvrit la porte il se glissa en premier, toujours la baguette dans la main, pour désarmer Voldemort de…

Du livre qu'il tenait encore entre les mains.

La pièce était également une chambre, mais inoccupée. Voldemort était à la même place que dans la chambre du petit garçon, c'est-à-dire assis sur la chaise bordant le lit. Sauf qu'il ne lisait pas. Il était courbé en deux, le livre fermé entre les mains. Harry eut à peine le temps de formuler la pensée : « mais qu'est-ce qu'il fout » avant qu'il ne se redresse brusquement. Il était en train de pleurer.

Harry avait vu Tom pleurer. C'était très exceptionnel, mais pas impossible. Généralement, c'était pendant un film ou un documentaire animalier, et Tom parvenait toujours à rester digne. C'est-à-dire que certes des larmes coulaient de ses yeux, mais il semblait presque noblement ému plutôt que dévasté. Or, la vision qui s'offrait à Harry invisible était loin d'être noble ou digne. Voldemort semblait ruiné. La vision était pathétique : sa maigreur s'était encore accentuée de même que ses cernes, et le fait qu'il ait le visage littéralement tordu de douleur ne favorisait pas l'impression générale (et le fait que son badge porte le nom de « Dr. Extra Guénial » ne faisait qu'accentuer l'ironie de la situation). Et pourtant il parvint tout de même à foudroyer du regard le docteur qui venait d'entrer dans la pièce, juste après Harry, et qui était campée devant lui.

Le silence sembla s'éterniser avant qu'elle ne prenne la parole :

-Tom. (Harry constata qu'elle connaissait son vrai prénom, et que cela voulait dire qu'il ne se faisait appeler Extra Guénial que par ses patients). Ça ne peut plus durer. »

Son expression se transforma pour laisser passer une teinte d'outrage qui rappela douloureusement à Harry le Tom qu'il avait connu :

-Tu viens sérieusement me dire ça maintenant ? »

Elle soupira fit le tour du lit pour attraper une deuxième chaise et revint avec pour s'asseoir devant lui. Voldemort pleurait toujours même s'il essayait apparemment vaguement de se contrôler ce qui expliquait probablement le fait qu'il ne se soit pas tiré de la pièce à la seconde où elle était entrée (ça serait un beau spectacle : le médecin en pleurs hystériques quittant précipitamment une chambre).

-Je suis désolée pour Harold. Vraiment. » dit-elle doucement

Harry vit distinctement que la main qui tenait toujours le livre le serra convulsivement alors que l'autre se plaçait stratégiquement au niveau de ses yeux. Il se repencha en avant et Harry remarqua aussi que ses épaules recommencèrent à avoir des spasmes. «Ce n'est pas juste. » elle avança une main et la posa sur le bras de Tom qui, à la surprise d'Harry ,ne le retira pas.

-Il a neuf ans bordel. » Il ne connaissait pas cette voix. Il était face à quelque chose qu'il ne connaissait réellement pas. Il semblait sincèrement souffrir. Et Voldemort n'avait absolument aucune raison de prétendre pleurer quand il n'avait pas d'autres spectateurs (à ce qu'il savait) qu'un médecin moldu. Médecin qui d'ailleurs était toujours silencieuse, la main posée sur le poignet de Voldemort.

-Tom, je sais que c'est dur, et c'est probablement pas le moment de venir te parler de ta propre santé » elle fit une pause « d'autant plus que de toute évidence ce n'est pas quelque chose à laquelle tu tiens particulièrement, mais …Tom, est-ce que tu t'es vu ?! » Il releva la tête et lui lança un regard assassin. « Pardonne-moi pour ma franchise, mais …Si tu ne te reprends pas en main … » Elle soupira et son regard sembla devenir triste : « Je sais que tu ne veux pas en parler mais Tom, ça ne vaut pas la peine de mourir pour une peine de cœur. »

Il hoqueta un rire pitoyable :

-Lucy, tu n'as pas la moindre idée de la situation. »

Harry était tout bonnement horrifié, parce que lui, il avait une idée de la situation. Et cette idée fit germer dans son cerveau une pensée qu'il arrêta alors qu'elle n'était qu'à ce stade : « j'ai été tellement obnubilé par ma propre souffrance que… »

-Je sais que je ne sais pas, Tom ! » s'exclama-t-elle « mais Tom, regarde-toi, tu es en train de dépérir et on te voit tous aller de… de mal en pis et on ne peut rien faire ! » elle s'était redressée en parlant et semblait avoir perdu le calme qu'elle avait jusqu'à maintenant « Est-ce que tu vas encore chez le Dr Thackerey au moins ? Est-ce que tu prends tes médicaments ? »

C'était de pire en pire.

-Écoute, Lucy. » Voldemort se redressa un peu et semblait être vidé de tout ce qui lui restait d'énergie. Et Harry comprit pourquoi sa collègue s'inquiétait à ce point. Il était réellement cadavérique.

J'ai été tellement obnubilé par … «Je suis reconnaissant de votre inquiétude à tous. Mais il n'y a rien à faire. Alors… » il fit un vaste geste de la main qui devait probablement signifier quelque chose du genre : « tant pis ». Sa fierté n'était jamais loin même après s'être fait surprendre dans un état lamentable.

(

Tom était assis, la cuvette des toilettes entre les jambes, le front appuyé sur la lunette. Harry hésitait entre rire ou être inquiet concernant l'état de son petit-ami.

-Du coup, j'imagine que le dernier shot de tequila était celui de trop ? »

En guise de réponse il n'eut droit qu'au majeur levé du plus grand qui semblait vraiment à l'agonie. Cela dit, quelques secondes plus tard, celui-ci se retourna (un peu trop vivement, il faillit perdre l'équilibre alors qu'il était assis par terre) et déclara avec fierté :

-Tu sauras que je choisis de vomir. Ce n'est pas quelque chose d'aussi trivial que de la tequila qui viendra à bout de mon endurance extraordi –

Harry n'avait jamais entendu la fin de sa phrase car Tom avait été obligé de reprendre l'activité qui l'avait poussé à établir résidence devant les toilettes c'est-à-dire : vomir.

)

La dénommée Lucy semblait avoir envie de le secouer par les épaules.

Quelle serait ma réaction si je me réveillais un matin et que je me rendais compte que j'étais responsable de la mort d'une vingtaine d'innocents ?

L'estomac d'Harry se serra.

-C'est quand la dernière fois que tu as mangé quelque chose ? » il ne répondit pas « Tom, bientôt tu ne seras plus capable d'exercer ton métier, tu te rends compte de ça ? » il resta muet. Elle émit un bruit de frustration : « Tom, putain, tu es jeune, intelligent, et en plus de ça tu as reçu inexplicablement un physique clairement au-dessus de la moyenne ! Je suis persuadée que ce type était forcément tout aussi exceptionnel que toi mais bon sang, il ne mérite pas que tu te mettes dans un état pareil ! Et tu semblais aller mieux, Tom qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Tom soupira bruyamment se releva et se dirigea vers le lavabo de la chambre. (Harry eut de sueurs froides, craignant qu'il le frôle par mégarde) il fit couler l'eau et s'en aspergea le visage. Il essaya de se recoiffer vaguement et de faire disparaître les dernières traces de sa « crise » mais …Harry se fit la réflexion qu'à ce stade, c'était peine perdue. Il se retourna tout de même vers le docteur et déclara calmement (voire même froidement) et toujours avec la même fierté qui paraissait extrêmement déplacée compte tenu de la situation :

-Pour la dernière fois, ma « peine de cœur » comme tu dis, n'est qu'une partie de mon problème. J'ai des patients à voir, donc je te remercie pour le support émotionnel » il avait repris l'expression figée qu'Harry lui avait vu plus tôt dans le couloir « mais j'ai à faire. »

Elle lui barra la route :

-Je crois qu'il vaut mieux que tu rentres chez toi. »

Ils se toisèrent quelques instants et Harry comprit finalement que c'était sans doute sa supérieure hiérarchique. Elle ne détourna pas les yeux malgré son air positivement enragé et ajouta : « et, pour l'amour de dieu, ne revient pas tant que tu n'as pas mangé et dormi. »

Si Tom avait été un animal, ses poils se seraient sans doute hérissés. Sa mâchoire se serra avant qu'il ne déclare un « très bien » glacial et qu'il ne quitte la chambre en fermant la porte avec un peu trop de force. Restée seule, Lucy soupira, regarda un instant la chaise que Voldemort avait occupée quelques instants plus tôt et partit finalement à sa suite.

Quant à Harry, il était décidemment perdu. J'ai été tellement obnubilé par ma propre souffrance que je n'ai

Il se redressa et transplana à l'extérieur de la maison de Voldemort. Il devait en avoir le cœur net. Une autre pensée commençait à prendre forme, et elle non plus il n'avait pas envie qu'elle arrive à son terme avant qu'il ne sache. Peut-être que ce n'était qu'un jeu. Peut-être que Voldemort allait parfaitement bien (si ce n'était des bouts d'âmes en moins) et qu'il passait le temps en faisant croire à ses collègues qu'il souffrait éperdument du soir au matin et qu'il se laissait mourir à petit feu.

Harry pensait qu'il était impossible de voir Voldemort plus pathétique qu'il ne l'avait vu dans la salle à l'hôpital. Il se trompait. Parce qu'apparemment il n'avait pas abandonné l'idée de faire du vélo. Sauf qu'il n'était même plus capable d'en faire et il le poussait à côté de lui comme si le vélo pesait plus lourd qu'une voiture. Après quelques interminables minutes il s'arrêta devant chez lui, laissa tomber le vélo sans ménagement et entra.

Harry le suivit silencieusement et fut effaré devant l'état de l'entrée. Ça l'avait déjà frappé en novembre, le laisser-aller de Tom qui, s'il était certes bordélique, était pourtant très propre. Mais là, c'était indescriptible. Voldemort ne devait pas avoir fait le ménage depuis des mois ce qui était très bizarre puisqu'il lui suffisait d'utiliser sa baguette. Il avança dans le couloir sans faire attention aux déchets divers et se dirigea vers la cuisine. Harry le suivit, essayant de ne pas faire craquer un emballage divers en marchant dessus. Heureusement pour lui, il parvint à la cuisine sans encombre et ce qu'il vit failli le trahir. D'une part parce que la cuisine était immonde et d'autre part à cause de ce que Voldemort était en train de faire.

Harry connaissait très bien les emballages de ces médicaments parce que Petunia Dursley en avait consommé quand il était enfant. Des antidépresseurs et des somnifères.

Tom en avala un comprimé chacun (et Harry n'était pas sûr que ce soit une bonne idée de mélanger) avant de prendre une bouteille de whisky, de boire une gorgée au goulot et de la reposer sur la table de la cuisine. (et ça, Harry était sûr que c'était une très mauvaise idée).

Harry dut se retenir de le secouer – c'était trop… triste.

Tom se retourna et se dirigea vers le couloir où il emprunta des escaliers. Quelques secondes plus tard Harry le suivait, mais il ne parvint pas à être assez rapide pour entrer dans la pièce avec lui - probablement sa chambre. Par contre, quelques secondes plus tard, il entendit.

Volde…-Tom pleurait.

J'ai été tellement obnubilé par ma propre souffrance …que je ne me suis jamais demandé si Tom, lui, souffrait aussi.

Et maintenant il se retrouvait face à une chose qu'il n'aurait jamais voulu voir, savoir, entendre. Il se laissait mourir. Harry se doutait bien que ce n'était pas seulement parce qu'il l'avait repoussé. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? il enleva la cape et redescendit les escaliers.

La question, c'était… que faire maintenant ? Il ne pouvait pas soutenir Tom s'il ne le soutenait pas entièrement. Ce n'était pas juste pour lui. Ça allégerait sa conscience mais il avait été égoïste pendant pratiquement six ans. C'était le moment qu'il arrête de penser à lui pour prendre en compte les sentiments de Tom. Il contempla la cuisine dévastée et ouvrit distraitement le frigo. L'odeur était insoutenable, chose curieuse étant donné qu'il n'y avait rien dans le frigo.

Harry pensa à ses parents, à Dumbledore, à Rogue. Il avait honte. Et l'idée que Tom – Tom qui avait envie d'aller mieux qui prenait des antidépresseurs pour aller mieux était en train de s'endormir en sanglotant dans sa maison vide en ayant rien mangé lui brisait le cœur.

En fait, il l'avait trahi. Il avait toujours eu l'impression d'être une personne sur qui on pouvait compter mais au moment dans sa vie où quelqu'un avait vraiment, légitimement eu besoin de lui, il lui avait tourné le dos. Et il n'arrivait même pas à compter le nombre de fois où Tom l'avait soutenu quand il en avait eu besoin. Quelle que soit la raison, une journée pourrie, une crise d'anxiété, peu importe, Harry avait toujours pu compter sur son petit-ami pour, s'il ne pouvait pas toujours le réconforter, au moins être là. Et Tom qui avait attendu – en espérant probablement – pendant cinq ans, pour qu'il vienne le poignarder dans le dos en lui faisant miroiter des choses et en les lui retirant – Harry ferma le frigo. Il l'avait complètement abandonné. Il devait prendre une décision maintenant. S'il restait, il restait pour de bon. Plus question de jouer au chat et à la souris

Et une autre pensée le frappa. Il avait réussi, tout compte fait, lors de la bataille de Poudlard. Il y avait tué Lord Voldemort.

Son regard se perdit sur la montagne d'ordures. Et il commença à faire le ménage.


Hermione avait bien senti qu'Harry était sur le point de faire quelque chose de capital ce jour-là. Du coup, elle avait prévu bière en quantité et ami en qualité (c'est-à-dire, Ron, Drago et elle-même). Quand Harry eut du retard, elle s'inquiéta légèrement. Mais son inquiétude fut vite remplacée par une inquiétude autrement plus sérieuse quand elle reçut un hibou du ministère.

Drago la lit par-dessus son épaule.

Elle se tourna vers lui :

-Tu penses qu'il faut qu'on le trouve pour lui dire maintenant ? »

Il était devenu plus blanc qu'un linge.

-Je… Je ne sais pas. »

Parce que la lettre du ministère était on ne peut plus claire : la marque noire était apparue dans la banlieue de Dublin au-dessus d'une maison de moldus dont les deux occupants étaient décédés.


Ok, donc je ne suis pas persuadée que quelqu'un sera arrivé jusque ici. (Si c'est le cas, woaw je suis impressionnée! bravo! (et accessoirement merci!)) Mais voilà pour ceux qui en ont marre que ça tourne en rond, je vous comprends, je suis du même avis! Mais j'arrivais pas à les refaire s'accorder "naturellement" ça me paraissait juste impossible qu'ils soient les deux à être "ok, tranquille" quand RIEN est ok et RIEN est tranquille!
Donc voilà, navrée pour ceux qui espéraient quelque chose de plus fleur bleue... C'est évidemment prévu. D'ailleurs les fans de Tom/Harry seront ravis au chapitre prochain hehehehehe

Je remercie INFINIMENT, ENORMEMENT avec tout mon coeur asséché pour toute personne à qui il viendrait l'envie de me laisser un commentaire (même si c'est "tu pues", j'en suis là dans le désert affectif! HAHAHA) Merci et à tout bientôt ;)