Bonjour/Bonsoir ! Qui aurait pu penser que je reviendrais ici avec une fanfic sur le génial Encanto ? C'est pourtant ce qui arrive (magie Madrigal) ! J'ai eu cette idée à force d'écouter et réécouter la superbe chanson "Ne parlons pas de Bruno." J'espère que ça vous amusera, je vous souhaite une bonne lecture !
Mamá avait dit : "N'ennuie pas ton tío quand il est dans sa chambre" et Papá ne cessait de lui répéter que Bruno était une catastrophe ambulante mais en se levant ce matin il avait pris sa décision : aujourd'hui il suivrait tío Bruno !
C'était bien gentil d'écouter les parents mais Camilo était un grand garçon de cinq ans et il avait sa propre porte maintenant. Il était tout à fait capable de comprendre par lui-même et de voir son tío à l'œuvre. Surtout qu'hier, en passant par le balcon, il avait entendu tío Bruno promettre une vision à Isabela, sa grande cousine. Oh non pas qu'il espionnait (bien que ce serait drôle d'imiter Dolores), mais l'immense pot du rhipsalis était la cachette la plus sûre pour pouvoir manger sa part de torta negra volée en cuisine quelques instants plus tôt. Est-ce que c'était de sa faute si tía Julieta faisait de si bon gâteau franchement ? Bref : Isabela, vision, suivre tío Bruno jusque dans sa chambre. Voilà le plan.
Camilo ouvrit le plus délicatement possible sa porte enchantée et mis le nez dehors. Normalement c'était l'heure de la sieste et les adultes étaient tous en bas, occupés à les oublier. Isabela et Dolores, sa grande sœur, devaient être dans la chambre de la première à jouer à cache-cache dans les fleurs. Mais ses autres cousines, Luisa et Mirabel, elles, devaient dormir à poings fermés. C'était bizarre les filles, ça pouvaient être super sages comme super chipies. Lui, il était le seul garçon et des fois il se sentait un peu seul au milieu de toutes ces robes à paillettes. Peut-être que s'il demandait un petit frère à son anniversaire, ses parents accepteraient ? Ça n'avait pas marché pour le chien, il pouvait toujours tenter ! Camilo en était sûr, Abuela en serait ravie. Elle adorait les regarder manger tous ensemble à table, alors un Madrigal de plus ou de moins…
Danger ! Quelqu'un montait les escaliers ! Camilo se recroquevilla in extremis derrière un tabouret oublié là et reconnut vite celui qui se dirigeait vers l'étage : tío Bruno. Super, il n'aurait pas à attendre des heures que Bruno pointe le bout de son nez, il arrivait sur un plateau. Attendant d'entendre la porte magique de ce dernier se refermer, le petit garçon sortit de sa cachette et se précipita vers la tour, le ventre noué. La chambre de tío Bruno était la plus secrète de toute la famille, perchée tout en haut de Casita. Et le petit garçon n'y avait encore jamais mis les pieds. Curieux comme un chat, il gravit les quelques marches et posa sa main sur la poignée dorée.
Quelques mois plus tôt, pour son cinquième anniversaire, Camilo avait fait le même geste pour sa propre porte. Les jambes tremblantes, observé par tout le village et les membres de sa famille, il avait touché sa poignée, espérant un don incroyable. Il se souvenait encore du regard de son Abuela quand elle s'était retrouvée face à son double en miniature. Ça avait été le plus beau jour de sa vie ! Mais maintenant qu'il se trouvait dans la chambre de tío Bruno il se demandait si la découverte qu'il allait faire n'allait pas être tout aussi incroyable. La chambre de son oncle était gigantesque, haute comme une montagne et pleine de sable et de roches. Un terrain idéal pour s'amuser à sauter et courir partout avec ses copains. Par contre aucune trace de Bruno, où était-il ? En observant mieux, Camilo vit un rocher avec des inscriptions marquées dessus ainsi qu'une flèche pointant vers le haut. Un escalier interminable semblait mener vers le ciel infini. Aïe, cette chambre n'avait-elle pas de fin ? Allez, courage Camilo ! Bientôt lui aussi connaîtrait tous les secrets des adultes ! S'armant de patience, l'enfant commença son ascension, en prenant garde de ne pas regarder le vide qui menaçait sur sa gauche.
Après ce qui lui semblait des heures, il finit par arriver à la fin de l'escalier et pourtant toujours aucune trace de tío Bruno ! A la place, il aperçut un pont, au-dessus d'un immense ravin et l'entrée d'une grotte. Brrr ! Ça donnait des frissons… mais c'était aussi génial que dans son livre de pirates. Peut-être que son oncle cachait un vrai trésor au fond de sa grotte ? De quoi s'acheter plein de bonbons, et pourquoi pas un joli châle coloré pour l'anniversaire de Mamá ? Poursuivant son périple le petit garçon avança d'un pas timide vers le pont et se dépêcha de traverser pour entrer dans la grotte.
Le lieu était sombre, rempli de poussière et de statues moches aux expressions bizarres… ça faisait un peu peur. Mais non, Camilo était un grand, rien ne l'effrayait… Ziiiip ! Une tâche grise surgit brusquement devant lui, manquant de le faire tomber à la renverse.
Beurk ! Un rat !
Comme pour le narguer, deux autres bestioles apparurent, se faufilant entre ses petites jambes pour disparaître dans l'obscurité.
- J'ai pas peur, j'ai pas peur, se répéta le garçonnet en triturant ses mains.
Continuant d'avancer, il finit par repérer une immense porte cylindrique qui semblait fermer à double tour. Camilo en était sûr : tío Bruno était à l'intérieur. N'écoutant que sa curiosité, le petit fonça tête baissée vers la porte et se dépêcha de l'ouvrir pour jeter un œil à l'intérieur. Mais au moment même où la porte bougea, une bourrasque violente propulsa l'enfant plusieurs mètres en arrière. Une tornade occupait tout l'espace de la pièce, le plaquant au sol, le sable fouettait ses joues et lui piquait les yeux. Le bruit du vent devint assourdissant, obligeant Camilo à se boucher les oreilles. O.K là ça faisait peur !
- Tío Bruno ! Tío Bruno ! Au secours !
- Camilo ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Au milieu du sable et de l'obscurité, une ombre gigantesque et floue apparut, aux grands yeux verts hypnotisants. Lorsque la main crochue de la créature s'approcha de lui, Camilo n'écouta que son instinct et s'enfuit à toutes jambes loin de la chambre de tío Bruno.
- Mamá ! Mamá !
Le petit garçon à la chevelure bouclée se réfugia dans la jupe dorée de sa mère, en larmes.
- Camilo ? Qu'est-ce qu'il y a mi vida ? Tu as fait un cauchemar ?
Encore tout tremblant, l'enfant refusa de lâcher les jambes de Pepa. Cette dernière, vite rejointe par son mari, ne put que soutirer le nom de son frère au petit. Ils soupirèrent, qu'avait encore fait Bruno ?
- Quand je te dis que ton frangin donne des frissons !
