Disclaimer: Les personnages et l'Univers d'Harry Potter ne m'appartiennent pas.

HA HA HA. Horrible. Je suis désolée d'avance parce que vous allez lire. Il y a dans ce chapitre...le QUART de ce qu'il y aurait dû y avoir... Moi qui voulait que cette fanfiction fasse 7 chapitres (pour les 7 horcruxes hinhin) c'est bien foutu. Du coup je pense qu'il y en aura plutôt dix.

ATTENTION: Pour éviter les confusions : Jedusor est l'alias de Tom, il se présente comme ça plutôt que Riddle pour que les gens puissent pas faire de lien! C'est pas que je change de langue à loisir c'est sciemment parce que Tom fait le « discret » (tout en étant complètement mégalo haha)

Le ton de ce chapitre est DRASTIQUEMENT différent des précédents. Il ressemble plus au chapitre deux. J'en pouvais plus d'écrire du tragique, place au n'importe quoi ! Hahahah (Qui ne durera pas très longtemps alala, ces deux ne seront jamais tranquilles longtemps hahaah)

Désolée d'avance pour les fautes d'orthographe et compagnie! Et merci infiniment à ceux qui liront ce chapitre haha.

(réponses aux reviews anonymes à la fin)


Hermione, au moment d'appuyer sur la sonnette, se dit qu'elle aurait peut-être dû attendre le lendemain matin. Il était plus ou moins dix-neuf heures et Harry (s'il était chez lui) avait probablement mieux à faire de sa soirée que lui fournir une description détaillée de Voldemort. Mais un doute affreux s'était ancré dans son cœur et, après avoir laissé Drago au Ministère (il allait tenter de contacter McGonagall), elle s'était rendue chez Harry sans hésiter. Pour la première fois, elle avait l'impression qu'ils avançaient. Sa théorie était plus que plausible. Leur perte de mémoire collective était inexplicable et il n'y avait aucune raison d'imaginer que celle-ci n'avait pas eu d'autres effets. Peut-être que Voldemort avait retrouvé un corps humain et, du coup, qu'il ressemblait à un vieillard. La meilleure manière de procéder était donc de savoir ce à quoi il ressemblait dans sa jeunesse (Harry le saurait) et dans son âge adulte. Harry saurait ça aussi. Après, ils pourraient essayer d'établir un portrait-robot de ce à quoi il pouvait ressembler maintenant qu'il avait… plus de septante ans ? En avait-il déjà quatre-vingts ?

Elle se ressaisit, essaya de tranquilliser son esprit qui tournait à une vitesse vertigineuse, et appuya sur la sonnette.

Quelques secondes plus tard elle entendait la voix de son meilleur ami, à travers la porte, qui lui intimait d'entrer. Il avait accepté de placer son appartement sous le secret après maintes supplications de sa part – d'ailleurs elle ne comprenait pas comment il avait pu se contenter de rester sans protection - Il aurait parfaitement pu mourir de la main de Voldemort de la même manière que ses parents… Il aurait suffi que celui-ci trouve son adresse – ce qui n'était pas bien difficile – et qu'il débarque chez lui par surprise. Parfois, Harry l'étonnait.

Enfin bref, c'était normal qu'il dise à son visiteur d'entrer puisque les personnes ayant accès à son appartement se comptaient sur les deux mains. Elle poussa donc la porte et s'avança presque timidement dans le couloir. Après quelques pas elle finit par apercevoir son meilleur ami qui était face à la télévision, une manette dans les mains. Et, à côté de lui, - une autre manette dans les mains - était assis Tom Jedusor. Ils étaient vraisemblablement dans une partie quelconque d'un jeu violent parce qu'ils étaient aussi tendus l'un que l'autre, tous deux avancés sur le canapé au maximum. Harry la salua sans lui adresser un regard. Quant à son petit-ami, elle le vit distinctement jeter un coup d'œil désinvolte sur elle avant de fixer à nouveau l'écran. Et, un quart de seconde plus tard – alors qu'étrangement elle sentait quelque chose d'impoli dans ce délai – il la salua également.

Elle aurait eu du mal à l'expliquer. Mais il y avait quelque chose qui ne lui plaisait pas dans ce Tom. (Quelle ironie, quand même, que de tous les prénoms disponibles dans la langue anglaise, Harry tombe amoureux d'un type dont c'était précisément ça, le prénom). Il était charmant bien entendu, et beau d'une manière aberrante. Mais elle n'était pas du genre à être facilement manipulée par l'apparence des gens. Enfin, ce n'était pas vrai. Elle lui avait donné le numéro de téléphone d'Harry quelques mois plus tôt, sans même se poser la moindre question.

Elle marchait dans Londres en se dirigeant au hasard : elle cherchait une librairie moldue mais n'en avait aucune en particulier en tête. La première lui conviendrait : elle avait l'intention d'aller acheter un livre qui faisait apparemment l'unanimité dans le monde moldu, quand elle avait entendu quelqu'un l'interpeller. Elle s'était retournée, se demandant à qui pouvait bien appartenir cette voix inconnue qui pourtant connaissait son prénom, et s'était retrouvée face un jeune homme impossiblement beau qui toutefois n'avait pas l'air d'être particulièrement en forme. Il était maigre et semblait au bord de l'épuisement. Mais cela n'enlevait rien à sa tenue impeccable et à la symétrie presque surnaturelle de ses traits. Elle était restée muette une seconde, étonnée qu'un inconnu pareil puisse savoir qui elle était. Ils semblaient avoir plus ou moins le même âge, et si c'était effectivement un sorcier – et ça devait être un sorcier puisqu'il l'avait reconnue, c'était d'autant plus étrange qu'elle ne sache pas qui c'était. Un homme comme ça, elle ne l'aurait pas simplement oublié. Mais après des présentations maladroites elle se rendit compte qu'il s'agissait du médecin qu'Harry avait fréquenté. Le médecin qu'elle avait brièvement aperçu quand ils avaient couru après Harry le soir du nouvel an où il s'était précipité chez lui, complètement hors de lui. Ce soir-là elle ne l'avait pas regardé bien trop préoccupée par l'état d'Harry. Enfin, tout ça pour dire qu'après quelques secondes de conversation, elle lui avait bêtement donné le numéro de son meilleur ami quand il le lui avait demandé.

Et elle ne se rappelait que trop bien de l'expression d'Harry quand il s'était avéré qu'il avait utilisé son numéro pour – apparemment – lui envoyer une photo indécente. Un monstre, le pire de tous. Et c'était des mots qui venaient d'Harry Potter. Des mots qu'il n'avait jamais employé à la légère. C'en était presque alarmant. Mais elle se rendait bien compte que forcément Harry avait exagéré parce qu'il sortait d'une rupture amoureuse.

Le problème, c'est que ce n'était pas que ça. Harry le leur avait présenté officiellement quelques semaines plus tôt, en leur faisant comprendre qu'ils étaient en couple et que c'était sérieux et que Tom savait qu'il était un sorcier. Hermione n'avait pas été très surprise, Harry s'impliquait au Ministère et il aurait eu du mal à justifier pourquoi son travail lui tenait tant à cœur sans tout expliquer à son petit ami. Mais Hermione s'était vite rendu compte qu'Harry était extrêmement mal à l'aise à chaque fois qu'ils abordaient un quelconque sujet ayant un lien avec Voldemort. Elle en avait déduit qu'il n'avait pas tout raconté à Tom - et Ron, Drago et elle-même avaient décidé de ne pas aborder ce genre de sujet quand Tom était présent. Mais cette retenue et cette gêne l'avaient un peu perturbée.

Et il y avait… Elle ne savait pas exactement comme l'exprimer. Elle n'avait même pas vraiment osé en parler avec Drago, mais elle avait l'impression que Tom vouait un mépris extrême envers son mari. Comme si Drago n'était qu'un insecte pour lequel il n'avait strictement aucun respect. Il ne disait rien d'impoli, évidemment, Harry ne l'aurait jamais laissé faire, mais elle avait l'impression – parfois – que Tom le regardait comme s'il n'avait strictement aucune valeur. Au début, elle s'était dit qu'elle hallucinait et qu'elle essayait de trouver des défauts au petit-ami si parfait d'Harry.

Il semblait effectivement réellement parfait. Il était toujours d'un calme irréprochable et d'une politesse remarquable – du moins quand on ne prêtait pas particulièrement attention à lui. Il n'élevait jamais la voix, avait un intérêt sensible pour tous les sujets de discussions qu'ils abordaient et il était évident que Tom était un jeune homme brillant. Mais…

Mais ensuite… Il était arrivé quelque chose qu'elle n'arrivait pas à effacer de sa mémoire. Quelque chose qui la tracassait. Elle était en débardeur chez Luna (ils y allaient semi-régulièrement tous ensemble) et Tom s'était assis à côté d'elle. Elle avait senti son regard sur elle pendant en tout cas une minute avant qu'elle ne remarque qu'il ne la regardait pas elle mais qu'il avait le regard fixé sur la cicatrice que lui avait infligée Bellatrix Lestrange. Cicatrice qui épelait distinctement le mot « sang de bourbe ».

-Intéressante comme cicatrice » lui avait-il dit d'une manière amicale mais quand Hermione avait croisé son regard elle aurait juré voir dans ses yeux, pendant un quart de seconde, une lueur qui aurait pu être de la malveillance pure ou du mépris. Quelque chose, en tout cas, qui contrastait complètement avec l'attitude habituelle du brun. Elle sentit son estomac se glacer involontairement. Il y avait quelque chose de profondément dérangeant dans ce contraste. Peut-être parce que c'était exactement le genre de lueur qu'elle avait vu dans le regard de Lestrange alors qu'elle lui gravait l'insulte dans sa chaire. « Qu'est-ce que ça veut dire ? » avait-il demandé ensuite cette fois avec un air réellement amical, et évidemment Jedusor ne pouvait pas savoir ce que ces mots voulaient dire. Il n'avait aucune idée de la souffrance qu'ils lui avaient infligé, de la honte qu'elle avait parfois ressentie en sachant qu'elle n'était que ça : une née-moldue. Une sang-de-bourbe.

Mais Harry était entré précisément à ce moment-là et, en voyant son petit-ami en train de questionner sa meilleure amie sur sa cicatrice, il l'avait littéralement attrapé par le bras et ils avaient quitté la maison de Luna en disant à peine aurevoir à leur hôte. Et ça, c'était plus qu'inquiétant.

Pourquoi Harry avait-il réagi de cette manière ? C'était complètement disproportionné. À moins qu'il ne soit parfaitement au courant que son petit-ami pouvait parfois être désobligeant. Ce qui lui paraissait étonnant en tant que tel. Parce que s'il y avait une chose qu'Hermione avait remarqué c'était bien que ces deux-là étaient complètement fous l'un de l'autre. Elle n'avait jamais vu Harry regarder quelqu'un avec un air transi pareil. Et Tom, c'était dingue. Il pouvait parfois avoir l'air froid et méprisant mais quand il regardait Harry, il le regardait comme s'il était la chose la plus incroyable qu'il ait pu voir de sa vie. C'était aussi pour ça qu'elle ne parlait pas à Harry de ses inquiétudes. De toute évidence ils étaient parfaits l'un pour l'autre. Ils avaient le genre de relation dont tout le monde rêve. Elle aurait presque pu en être jalouse quelques années plus tôt. Heureusement qu'elle était heureuse avec Drago parce que voir ces deux roucouler en permanence aurait pu lui donner des envies de meurtre dans d'autres circonstances.

Bref. Ça n'empêchait pas qu'elle aurait préféré qu'Harry soit seul chez lui. La conversation aurait pu être plus facile à avoir. Elle s'assit maladroitement sur une chaise en attendant qu'ils finissent leur partie et fut soulagée qu'au moins, son attente ne dure pas longtemps : après quelques minutes Harry lâcha sa manette en lâchant un « putain » désemparé alors que Tom se redressait complètement et levant les bras en l'air dans un élan d'enthousiasme (ce qu'elle ne l'avait jamais vu ressentir jusqu'à présent), s'exclamait : « ENFIN ! J'ai enfin réussi à te tuer Potter ! »

Harry lui lança un « la ferme » pas spécialement agacé (au vu de son sourire) et se tourna ensuite vers Hermione :

-Désolé, on joue en ligne et c'est impossible de mettre sur pause. Qu'est-ce qu'on peut faire pour toi ? »

Qu'est-ce qu'on peut faire pour toi. Répéta-t-elle mentalement. Parfois elle avait l'impression qu'Harry n'était plus un « je » mais qu'il avait fusionné avec Tom pour devenir un « on ». Il n'était sans lui que lorsqu'il était au travail.

-C'est à propos de … Tu-sais-qui… » déclara-t-elle en lançant un regard appuyé à Harry.

Harry releva la tête brusquement, l'air paniqué. Tom, qui avait fait mine de se diriger vers la cuisine quand Hermione s'était mise à parler, fit volte-face, retourna sur ses pas et s'assit sur le canapé. « C'est une conversation confidentielle » essaya Hermione.

Tom attrapa un livre quelconque qui traînait sur la table basse posée devant lui et l'ouvrit au hasard. Il lança un sourire désarmant à Hermione et répliqua :

-Je n'écoute pas, je ne vois pas pourquoi je pourrais être intéressé par votre conversation. »

-Tu serais plus crédible si tu tenais le livre à l'endroit, Tom. » dit platement Harry.

-Parce que tu crois que j'ai besoin de tenir un livre à l'endroit pour pouvoir le lire ? »

Harry haussa des épaules en levant les yeux au ciel et fit signe à Hermione qu'elle pouvait parler.

-Je peux vraiment tout dire ? »

-Oui » soupira Harry en lançant un regard blasé en direction du brun qui ne prenait même pas la peine de faire semblant de lire : il la regardait avec attention.

-Attends mais… tu lui as tout raconté ? » demanda-t-elle avec hésitation. Elle n'avait vraiment pas envie de mettre les pieds dans le plat en révélant des choses que Harry aurait voulu garder secrètes.

-Oui. »

-Il m'a tout raconté, Hermione. » coupa Tom avec son sourire tranquille perpétuel « dans les moindres détails. Je pourrais presque dire que c'est comme si j'y étais. »

-La ferme, Tom. » déclara Harry précipitamment.

Tom tourna la tête vers Harry, son air narquois toujours bien présent et Hermione fut témoin de quelque chose qu'elle avait déjà eu le loisir de remarquer. Il était indéniable qu'Harry et Tom étaient sur la même longueur d'onde en permanence. Et parfois elle se demandait comment ils faisaient, parce qu'ils semblaient pouvoir avoir des conversations entières juste en se regardant. Parce qu'après quelques secondes de contact visuel Tom se détourna en marmonnant un « rabat-joie » qui n'échappa pas aux oreilles d'Hermione et, sans plus de cérémonie, il attrapa un journal moldu qui était aussi sur la table basse avant de l'ouvrir (dans le bon sens) et d'apparemment, se plonger dedans. Au moins, Hermione était quitte de voir son visage.

-On a eu une révélation avec Drago avant. »

La moitié supérieure du journal se baissa brusquement, laissant apparaître le visage de Tom qui sembla être sur le point de dire quelque chose – mais il se ravisa et disparu une nouvelle fois derrière la revue. Hermione aurait parié qu'il avait eu l'intention de se moquer de Drago. Décidemment elle ne comprenait pas pourquoi il avait à ce point quelque chose contre lui c'était complètement absurde. Et elle ne comprenait pas pourquoi elle était elle à ce point sur la défensive.

-Fais pas attention à lui Hermione, c'est exactement ce qu'il cherche. » déclara Harry avec un sourire.

Elle se retourna dans sa direction et reprit :

-Oui. Euh, et on s'est dit que si un type avec une tête de serpent s'était retrouvé au milieu de nous quand on a retrouvé la mémoire – on s'en… on s'en serait souvenu non ? Quelqu'un l'aurait remarqué tu ne penses pas ? »

-Quand tu dis une tête de serpent est-ce que tu entends par là un type avec littéralement une tête de serpent ? Comme Apophis ? »

-Non, Tom. » déclara précipitamment Harry. « Ce n'est pas ce qu'elle veut dire. »

-Ah. » Répondit-il avant de sourire une nouvelle fois à la jeune femme : « Parce que je m'y connais bien en serpent. En fait, j'irais même jusqu'à me qualifier d'expert. D'ailleurs - »

-La ferme, Tom. »

Jedusor roula des yeux alors qu'Hermione reprenait :

-Enfin, on l'aurait remarqué, donc si ça se trouve d'une manière ou d'une autre il aurait récupéré un corps plus humain- tu vois ce que je veux dire ? »

-Je vois ce que tu veux dire. » Répondit Harry d'un air pincé. Hermione le connaissait bien et il avait proprement l'air terrifié. Apparemment cette idée ne lui était pas venue à l'esprit.

-Donc on s'est dit que tu pouvais nous faire une description ou mieux, que tu pourrais nous donner un de tes souvenirs de deuxième année ? Ou les autres ? Ceux dont tu m'avais parlé ? »

Harry était devenu blanc comme un linge à la vue de la fiole qu'Hermione venait de sortir de son sac.

-Hermione… » Dit-il faiblement.

-Aucun de vos batônnets contre-nature ne s'approcheront de la tête d'Harry ! » déclara Tom en se levant brusquement. Il s'était relevé d'un bon avec une élégance. Il s'avança jusqu'à être devant elle et Hermione ne réussit pas à s'empêcher de tressaillir « Il a suffisamment souffert pour que vous le laissiez un peu tranquille, non ? » Hermione se reprit et sentit une rougeur poindre sur son visage :

-Batônnets contre-nature ? » Répéta-t-ell en jetant un regard écœuré au plus grand. « Ça s'appelle des baguettes et elles n'ont rien de contre-nature. »

-Rien de contre-nature ? Vous vous agitez en prononçant des incantations sataniques pour faire je ne sais quoi à je ne sais qui et tu trouves ça parfaitement normal ? »

-Tu réalises, Tom, que tu es en train de te comporter comme un bigot et que c'est du racisme ? » Elle se leva et se planta devant le plus grand en essayant de soutenir son regard. C'était moins facile qu'elle ne l'avait imaginé, il dégageait réellement quelque chose d'impérieux.

-Tu réalises, Hermione, qu'en me traitant de raciste tu prétends qu'il y a une différence de race entre toi et moi ? ce qui est encore plus raciste ? »

-Tony Stark s'est fait enlever en Afghanistan ? »

Hermione se tourna vers Harry, sidérée. Il était clairement en train d'essayer de faire diversion. Il avait attrapé le journal que Tom avait lâché en se relevant.

-ça fait trois jours Harry ! » répondit-elle irritée.

-Olala ! » s'exclama Tom d'un ton faussement alarmé « c'était mon héros. Harry, je crois qu'il faut que tu me réconfortes, maintenant. Désolé Hermione pas de souvenirs à récolter pour aujourd'hui, au revoir ! »

-Non mais c'est une blague ? » s'exclama-t-elle. « Harry, tu réalises la gravité de la situation ? »

Harry semblait être dans un inconfort extrême :

-Hermione je n'ai pas très envie de repenser à ça. Je sais ce que tu penses. Mais s'il te plaît, épargne-moi. »

Hermione soupira, rangea la fiole et sortit un bloc-notes :

-Je comprends Harry, vraiment. Je pense qu'une description physique suffira. De toute manière Drago essaye de retrouver Slughorn et McGonagall nous aidera- »

-Oh. Putain. » L'interrompit Tom. Il avait soudainement aussi l'air horrifié. Ce qui n'avait pas de sens.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? »

-Rien rien ! » répondit-il avec une vigueur qui contrastait avec sa nonchalance habituelle : « je pensais juste à Stark. Kidnappé en Afghanistan. Enfin « Kidnappé » j'aurais plutôt dû dire « enlevé » parce que ce n'est plus un enfant. Et… »

-Je suis désolé, Tom. » s'exclama Harry en l'attrapant par un bras. « Je sais que tu l'admirais beaucoup. »

Chose étrange, Hermione commençait à s'énerver. Il y avait quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond. Qu'est-ce qu'ils en avaient à foutre de Tony Stark ? S'ils avaient été de « grands fans » elle l'aurait su d'une manière ou d'une autre… avant, non ?

-Pardon Hermione. » dit Harry avec un air contrit. « Ok. La description physique. » il sembla réfléchir un instant : « grand, brun, plutôt beau je dirais. » Harry remarqua qu'Hermione contemplait Tom. « Il ne ressemble pas vraiment à Tom » ajouta le survivant. « Déjà Voldemort a les yeux super verts. Comme les miens. Et il est plus grand aussi, et plus musclé. »

-Je n'arrive pas à savoir si t'es en train d'essayer de me vexer. »

-Pourquoi je serais en train d'essayer de te vexer, Tom ? » répondit Harry

Tom prit une voix aigüe :

- Voldemort est super grand et super musclé, et il est incroyablement beau et… »

-Tu réalises que tu es en train de suggérer que j'essaye de te rendre jaloux en parlant de l'assassin de mes parents ? »

-Vous pouvez arrêter une seconde ? » les deux garçons, qui se pointaient mutuellement du doigt prirent un air penaud (enfin Harry prit un air penaud) et se retournèrent vers elle.

-Désolé Hermione. Encore une fois. Tu voulais savoir quoi de plus ? »

-Rien. » s'exclama-t-elle excédée. Elle en reparlerait à Harry quand ils seraient les deux au Ministère. Impossible d'en tirer quoique ce soit quand il était avec Tom. « Juste te prévenir qu'il y avait aussi eu une autre attaque ce soir. Voilà. »

-Et tu n'as pas commencé par ça ?! » s'exclama Harry l'air passablement énervé : « tu t'es pas dit que ça pouvait éventuellement m'intéresser ? »

-Je pensais que tu serais plus intéressé de savoir qu'on avait eu une idée ! » répliqua Hermione sur le même ton.

-Vous pouvez-vous calmer ? »

-La ferme, Tom ! » s'exclamèrent Harry et Hermione de concert.

-Quelle agressivité ! » dit-il joyeusement « Mais dis-nous en plus Hermione. Une autre attaque ce soir ? à quelle heure ? »

-Les autorités disent que c'était dans les environs de quatre heures de l'après-midi. » répondit-elle en pinçant des lèvres.

-à quatre heures de l'après-midi ? Tu te rends compte Harry ? Alors qu'on était ensemble, en train de…hum…lire…dans le mêmelit ? Tu te rends compte ? On était les deux exactement au même endroit, ensemble, quand l'attaque s'est produite ?! c'est complètement dingue ! »

-Oui, Tom, j'ai compris. »

Hermione allait essayer de demander à Harry pourquoi c'était à ce point important quand une sonnerie retentit. Elle fronça des sourcils pour voir si ça venait de son mobile quand :

-AHA ! » s'exclama soudainement Tom en brandissant son téléphone d'un air extatique. « Mon premier client ! Tu vois Harry, je t'avais dit que c'était une idée en or ! Hermione tu es le témoin de ma victoire écrasante. » Un sourire profondément satisfait toujours sur les lèvres il manipula son téléphone (alors qu'Harry marmonnait : « ne me dit pas que c'est à propos de ta connerie de site internet ») une seconde avant que la bouche du plus grand ne passe d'une courbe positive à une ligne droite extrêmement pincée. « Oh. C'est un pénis. » il tourna son téléphone en direction des deux Gryffondors qui eurent tout le loisir de constater qu'un inconnu avait bel et bien envoyé une photo de son sexe à Jedusor. Harry se retenait difficilement d'éclater de rire. Tom retourna le téléphone vers lui et lut à haute voix le contenu du message : « j'ai un problème avec mon serpent. Il est rigide, j'ai besoin de votre aide. Il y a un clin d'œil. Mais QUOI ? »

Harry éclata d'un rire hystérique avant d'essayer de se reprendre en voyant qu'il se faisait proprement fusiller du regard par son petit ami et qu'Hermione semblait horrifiée d'être présente. Harry enleva les lunettes et s'essuya les yeux avant de dire en pouffant :

-Je t'avais prévenu que mettre une photo de toi sur ton site était une mauvaise idée. »

Tom soupira et rangea son téléphone avant de se diriger à grand pas vers la porte. Hermione qui était sur son passage se décala pour le laisser passer. Il se tourna dans leur direction et passa une main dans ses cheveux :

-Ce soir est le soir où je bascule une fois de plus dans le côté obscur. Navré Harry, je me vois contraint d'aller commettre un homicide. Sache néanmoins que j'étais sincère quand je pensais que ces conneries étaient derrière moi. »

Il attrapa son manteau et Harry s'exclama en le pointant du doigt :

-Reste ici et assume tes idées à la con ! C'était obligé que cette situation précise arrive ! Tu t'es vu ? Monsieur « spécialiste des serpents ? »

Hermione était bouche bée d'horreur.

-Spécialiste des serpents ? » demanda-t-elle d'une petite voix.

Tom l'attrapa par les épaules et lui dit d'un air qui transpirait la satisfaction :

-J'adore les serpents et j'ai un don. Ils m'aiment. »

-Il n'a aucun don » déclara platement Harry « il est juste complètement timbré. »

-D'accord. » répondit Hermione. « Je vous remercie de m'avoir accueillie. Je … ferais mieux de rentrer. »

Tom lui adressa un « bye-bye » désinvolte et Harry la raccompagna à la porte :

-Hermione je suis tellement désolé. On a eu une longue journée. » il fit une pause et Hermione remarqua qu'il réfléchissait « Et…Et on a bu du vin sur un terrasse avant on est un peu pompettes »

Choquée et complètement désorientée – et n'étant pas spécialement sûre d'avoir réussi à faire ce qu'elle était venue faire, Hermione hocha de la tête et sortit de l'appartement.

Harry ferma la porte tranquillement avant de se précipiter dans le salon :

-Holy shit, Tom, c'est la pire des catastrophes. »

Tom l'attrapa par les épaules :

-Harry j'ai tout fait pour détourner l'attention ! Mais je crois que notre destin est scellé, il faut qu'on se tire en Alaska. »

-Tom, il faut qu'on se tire sur la lune. »

-Impossible maintenant que Tony Stark s'est fait enlever. »

Ils se regardèrent un instant avant d'éclater de rire.

-J'arrive pas à croire que tu aies qualifié de « batônnets contre nature » les baguettes » ils rigolèrent de plus belle jusqu'à ce qu'Harry essaye de se ressaisir : « C'est pas le moment de rire, s'ils trouvent Slughorn t'es vraiment foutu » hoqueta-t-il.

L'idée qu'on puisse donner à Hermione et Drago des souvenirs dans lesquels il apparaissait clairement rendit immédiatement son sérieux à Tom qui se mit à marcher l'air pensif :

-Je ne pense pas qu'il y ait un grand risque pour Slughorn. Il doit être en train de se terrer quelque part. S'il pense que je suis « de retour » il a toutes les raisons de penser que je suis extrêmement en colère contre lui d'avoir dévoilé mes secrets à… » son visage pris une teinte dégoutée : « Dumbledore. Et McGonagall… » Il s'assit : « en théorie aucun élève ne devrait être capable de se souvenir de mon apparence avec précision. »

-je peux savoir comment ça se fait ? »

-J'avais trafiqué le jus de citrouille de la fête de fin d'année. »

-Attends, quoi ? »

-C'est logique, Harry ! Tu te rends compte ? si tous les élèves avaient pu se souvenir de moi avec nostalgie quand je serais devenu Voldemort ? Je n'aurais eu aucune crédibilité. »

-Je ne sais pas si je dois être impressionné ou horrifié. » Répondit Harry avec un soupir.

-Dans le doute, sois toujours impressionné Harry. » répondit Tom avant de l'attirer vers lui. Harry n'opposa pas de résistance et s'assit maladroitement à côté de lui. Tom était sur le point de l'embrasser quand il s'écarta légèrement : « et tu peux aussi être impressionné du fait que j'ai presque eu mon premier client ! »

Harry leva les yeux au ciel :

-Tu te rends compte qu'entre tes milles sous-entendus « aha, c'est comme si j'y étais », « aha, j'adore les serpents », Hermione risque de réussir à tirer des conclusions ? »

-Tu as beaucoup trop foi en les capacités de déduction de ton amie sang - »

Harry fronça des sourcils :

-Je te déconseille de finir cette phrase. »

-sible » finit Tom en souriant.

-Tu me rends dingue. » répondit Harry avec un air faussement énervé.

Tom lui sourit sincèrement et cette fois l'attira bel et bien contre lui. Leur relation paraissait tellement simple maintenant qu'ils avaient les deux acceptés (enfin, qu'Harry avait accepté) qu'ils étaient bien ensemble. Ils se disputaient souvent, parce que c'était vraiment ça le terme. C'était juste superficiel, l'un comme l'autre faisant exprès d'agacer l'autre. Mais c'était simple et génial et Harry avait le sentiment qu'évidemment c'était beaucoup trop beau pour être vrai et que quelque chose allait forcément se passer. Comme par exemple : Hermione allait découvrir le pot-au-rose.

-Je viens de penser à un truc. » déclara soudainement Tom en s'écartant de lui. Harry soupira, se redressa et recula un peu pour pouvoir regarder son vis-à-vis correctement. « Tu ne pouvais pas parler fourchelangue à un moment ? » Harry allait répondre mais Tom l'arrêta d'un geste « parce qu'on pourrait devenir associés pour mon site. »

Harry n'arrivait tout simplement pas à croire qu'ils n'avaient même pas encore eu cette conversation. Il était limite horrifié. Tom ne savait toujours pas. Il n'avait pas réalisé qu'Harry avait littéralement trimbalé une partie de son âme pendant dix-sept ans. Bien entendu cette conversation serait venue sur le tapis à un moment ou à un autre parce que même s'ils essayaient l'un comme l'autre de ne pas penser au passé-passé (quand ils avaient été Harry Potter le survivant et Voldemort le plus grand mage noir de tous les temps) pour se concentrer sur le passé (quand ils n'avaient été que des étudiants), Tom aurait forcément fini par lui demander comment il avait pu survivre au deuxième Avada Kedavra qu'il lui avait lancé.

-Tom. »

-Harry. » répondit automatiquement l'autre garçon. Il devait s'attendre à ce que Harry lui fasse un commentaire sur son site internet.

-Tu n'as jamais compris pourquoi on avait une connexion ? Pourquoi je pouvais parler aux serpents ? Pourquoi tu n'as pas réussi à me tuer la deuxième fois ? »

Tom prit un air songeur :

-C'est vrai que c'est bizarre, ça n'a absolument aucun sens. Enfin, ça va avec le truc de la prophétie comme quoi je t'aurais marqué comme mon égal mais bon… »

-Tom. » Harry attrapa ses mains entre les siennes. « J'étais un horcruxe. »

Quelques heures plus tard, Harry regretterait de ne pas avoir pensé à filmer la réaction de Tom. Parce que celui-ci resta muet pendant une bonne minute, fixant Harry du regard qui passa de l'incompréhension – à la compréhension – à l'horreur la plus totale.

-Oh putain. Je suis tellement con. »

-Tu sais le premier pas, c'est toujours de réussir à se l'avouer. »

-Tu as tellement de chance, Harry, tellement de chance que je n'ai pas réalisé ça plus tôt. »

-Pourquoi t'aurais fait de moi ton esclave sexuel ? »

Tom leva les yeux au ciel :

-Non je t'aurais probablement enfermé dans une cave. Mais bon, si c'est le genre de choses qui te font fantasmer c'est pas moi qui vais t'en empêcher. » Il fit une pause avant de poser doucement sa main sur la joue d'Harry. Son expression avait changé pour prendre un air presque émerveillé.

-J'arrive pas à croire que tu sois resté…du bon côté de la force alors que tu avais une partie de moi en toi. »

-J'y arrive toujours alors que j'ai souvent une partie de toi en moi. »

Tom ricana avant de taper dans la main qu'Harry avait levée :

-Nice. » répondit-il avant qu'Harry n'ajoute :

-Au fait c'est la deuxième référence Star Wars que tu places dans la journée, tu pourrais quand même essayer de regarder d'autres films »

Tom pris un air faussement choqué :

-Je n'y peux rien si je me retrouve particulièrement bien dans le personnage d'Anakin ! »

-ça doit être le sabre laser. » suggéra Harry avec un sourire qui était loin d'être innocent.

-Ok. Harry. Ça fait trois sous-entendus en l'espace d'une minute. » Il glissa du canapé pour s'agenouiller par terre devant le plus petit : « Messire, permettez-moi de vous conduire à votre couche afin que je puisse commettre un acte à votre encontre qui, par ailleurs, était illégal dans ma jeunesse. »

Harry fit semblant de s'éventer :

-Messire cette proposition indécente me choque profondément mais… d'accord. »

Tom passa rapidement une main dans le creux de ses genoux et l'autre dans son dos et essaya de le soulever, tentative qui se solda par un échec :

-T'as raison, faut vraiment que je me muscle » déplora-t-il. Il avait repris du poids en un mois mais était encore loin d'être à l'apogée de sa forme physique.

-Pas besoin, le canapé va très bien aussi » répondit Harry dans un sourire avant de l'attirer une nouvelle fois contre lui.


Harry regarda l'heure avec désespoir. Il attendait impatiemment qu'il soit dix-sept heures pour qu'il puisse rentrer chez lui. Il ne s'était absolument rien passé au Ministère. Il s'était entraîné le matin avec Ron, avait essayé d'éviter toute allusion à l'apparence de Voldemort dans la journée (ce qui était très fatigant) et, l'après-midi, avait essayé de bousiller toutes les pistes qui pourraient mener à Slughorn, éveillant encore plus les soupçons qu'Hermione avaient manifestement à son égard. Il lui restait dix minutes à tuer et il pourrait rentrer chez lui. Il soupira bruyamment et attrapa un journal moldu. Ils étaient dans une impasse : un taré quelconque assassinait des moldus aux quatre coins de la Grande Bretagne mais il était pratiquement impossible de l'arrêter sans avoir d'indices concrets. Il y avait eu deux attaques et Harry craignait sincèrement d'apprendre qu'il y en avait eu une troisième. Difficile d'attraper un fantôme qui ne faisait rien d'autre que d'apparaître, assassiner et disparaître. Il n'avait laissé aucun autre message que la marque des ténèbres. Rien qui puisse leur donner un indice ou ne serait-ce qu'une motivation. Harry soupira et tourna la page. Un incendie dans un village écossais, une rixe qui avait menée à l'arrestation des bagarreurs et une profanation d'un cimetière dans un village du nord.

Rien de particulièrement intéressant. Il ferma le journal et s'appuya contre sa chaise. McGonagall avait effectivement eu l'air confuse – selon Hermione – quand elle était allée la voir le matin même. Elle se souvenait vaguement du nom de Tom Riddle – et une fois qu'Hermione lui avait dit qu'il s'agissait en réalité de Voldemort – elle avait apparemment eu l'air affolé un quart de secondes avant de demander à Hermione ce dont elles venaient de parler. Selon sa meilleure amie, McGonagall était victime de quelque chose qui lui empêchait de faire le lien entre Voldemort et Tom, et elle était aussi incapable de se souvenir de ce brillant étudiant avec précision. Tom lui avait dit d'être impressionné et Harry ne pouvait pas s'empêcher de… l'être un peu. McGonagall était incontestablement une sorcière extrêmement douée. Qu'il ait pu à l'insu de tous manipuler les souvenirs – l'esprit de tous les élèves de Poudlard était sincèrement flippant.

Au point où Harry se demandait comment il avait pu survivre à leur conflit. Et au point où il pouvait comprendre la frustration de Voldemort de voir un gamin lui échapper à chaque fois grâce à de la chance. C'était bizarre de se dire qu'il voyait tous les jours l'homme qui l'avait pratiquement attaché à une pierre tombale. De penser qu'il l'appelait Tom naturellement alors que c'était un prénom qu'il avait toujours haï. C'était dingue.

Il était pratiquement le même homme que lorsqu'ils s'étaient re-rencontrés. Il était impulsif, charmant, détestable, méprisant, drôle, horriblement agaçant et complètement taré. Mais…malgré qu'il ait été vraiment facile pour eux de retomber dans leur ancien schéma, Harry ne pouvait pas nier qu'il remarquait, parfois, que certains traits de la personnalité de Voldemort étaient carrément sous-jacents. Qu'ils étaient tapis sous la surface de la personnalité de Tom et qu'ils étaient prêts à bondir à la moindre occasion. Par exemple, Tom était indéniablement devenu colérique. Et il avait d'ailleurs du mal à maîtriser sa colère ce qui pouvait être problématique selon les situations. Autre élément, qui était justement lié à cette colère latente, c'était que Tom était désormais rempli d'insécurité qu'il n'avait tout simplement pas avant. Harry n'était pas idiot et du coup avait décidé de ne pas aborder le sujet mais Tom était -sauf avec lui- toujours sur la défensive. Comme s'il devait en permanence prouver qu'il était quelqu'un. Alors qu'avant il était simplement persuadé d'être l'être le plus exceptionnel de la planète, maintenant il avait l'impression qu'il devait le montrer et réagissait très très mal si quelqu'un le prenait pour un idiot ou si on mettait en question ses capacités. Nul doute que cela venait de son enfance dans un orphelinat, ou du fait qu'il ait été placé à Serpentard en tant que « né-moldu ». Mais c'était presque bizarre de voir Tom qui était indéniablement génial s'enrager parce qu'on s'était adressé à lui avec trop de désinvolture. Il y avait aussi le fait que…les gens en général ne l'intéressaient absolument plus. Avant Tom était parfaitement du genre à s'immiscer dans des conversations d'inconnus ou à discuter avec des gens, même s'il ne leur accordait pas spécialement d'importance. Cet aspect-là de sa personnalité avait complètement disparu et, en dehors d'Harry, il ne parlait à pratiquement personne. Et il ne faisait littéralement aucun effort avec ses amis, ce qui avait le don d'agacer prodigieusement le survivant. Il aurait aimé vivre dans un monde parfait où tout le monde se serait parfaitement bien entendu, où ils auraient tous pu habiter dans la même maison dans une harmonie parfaite. Mais Tom ne se souvenait que trop bien de Drago, de sa lâcheté et de son attitude en général, et Harry remarquait parfaitement qu'il lui était difficile de n'être ne serait-ce que civil avec le blond.

Tout ça le rendait presque triste. Parce que c'était clairement une attitude qui émanait des expériences que Tom avait pu vivre dans sa jeunesse. Qu'il s'en foutait royalement des autres et que – pire – il était persuadé que c'était entièrement réciproque. Et les quelques années qu'il avait vécu sans mémoire n'arrivaient pas à le convaincre que l'humanité valait mieux que quelques idiots à Serpentard dans les années 40 et que quelques moldus londoniens qui n'avaient pas eu le temps – pendant la guerre -d'accorder de l'attention à un orphelin.

La dernière chose qu'Harry avait pu constater était que si avant Tom « aimait bien » les serpents parce qu'il pouvait leur parler, il leur vouait désormais presqu'un culte. Il avait justifié ça, un soir, en disant que ça avait pratiquement été ses seuls amis et Harry pouvait compatir avec ça mais – bon dieu. Il y en avait partout dans l'appartement et Harry n'était pas particulièrement fan de se réveiller avec deux couleuvres collées contre lui. Ou de trouver une vipère dans ses chaussures.

Mais au moins, même s'il était plus colérique et plus distant avec les autres, son comportement était à peu de choses près le même. Et Harry était sincèrement heureux (et infiniment soulagé) de voir que Tom était complètement sorti de sa torpeur pour faire quelque chose de productif de sa vie. Il l'était sincèrement. Mais ce site internet. Le rendait complètement taré. S'il n'y avait eu que le site, Harry pensait sincèrement qu'il aurait été capable de supporter cette imprudence (parce que c'était extrêmement imprudent d'un point de vue du Secret Sorcier et d'un point de vue de la réelle identité de Tom.) Mais Tom avait imprimé des flyers. Et des affiches. Et il les avait placées dans leur quartier. Ce qui était d'une part complètement mortifiant (Harry attendait le moment où l'asile de la ville viendrait interner Tom de force) et d'autre part…Comment faire confiance à un « spécialiste des serpents » ? Qui serait assez taré pour penser avoir besoin d'un type pareil ? (À part évidemment les types qui avaient besoin de lui pour une autre raison au vu de la quantité extravagante de photo indécentes que Tom recevait parce qu'évidemment il était sur les affiches.) Bref - Harry était intimement persuadé que jamais jamais personne ne ferait appel à lui sérieusement. Et cette idée le rendait triste, parce qu'elle serait forcément accompagnée d'une déception pour Tom. Et après la dépression totale dans laquelle il avait été plongé, Harry aurait voulu pouvoir lui éviter toute souffrance.

Les aiguilles de sa montre indiquèrent finalement cinq heures et Harry se redressa d'un bon, passa sa veste, dit aurevoir en coup de vent à ses amis et transplana à la seconde où il se trouvait dans l'endroit adéquat.

Il avait quand même la boule au ventre à l'idée qu'il devait mentir vingt-quatre heures sur vingt-quatre à ses amis. Mais c'était pour la bonne cause. Il arriva chez lui, enleva ses chaussures sans ménagement et pénétra dans le salon où il fut accueilli par le sourire indéniablement satisfait de Tom qui se précipita vers lui. Un sourire qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose :

-Ne me dis pas que tu as eu un vrai client. »

Le sourire de Tom s'élargit alors qu'il attrapait Harry et qu'il l'asseyait de force à côté de lui :

-Laisse-moi te raconter. J'ai reçu un appel désemparé d'une petite fille dont le serpent semblait être au plus mal, et je lui ai dit de ne pas paniquer et que j'étais en chemin et je suis allé et-

-Attends. Tom. Ses parents t'ont laissé entrer ?!

-Ils n'étaient pas là, évidemment –

-Mais t'es complètement fou ?! Tu te rends compte que tu risques de te faire arrêter si on apprend que tu t'introduis chez des gamines ?

-Merci Harry ! Au lieu de me féliciter d'avoir sauvé un serpent d'une mort certaine lié à l'hypothermie tu t'arrêtes sur des détails ? »

-Des détails, Tom ? DES DÉTAILS ? » Harry était catastrophé : « Mais attends t'as pris de l'argent à une gamine ? Tu as parlé fourchelangue devant elle ? J'aurais dû savoir que tu t'étais grillé le cerveau à force de ne pas manger, putain mais - »

-J'ai fait ça gratuitement banane ! (Harry répéta « banane » en chuchotant d'un air horrifié) je ne suis pas un monstre ! et j'ai dit que ce que je faisais était scientifique ! Et si elle raconte à ses parents ils ne la croiront jamais !

-Tu rigoles ? Tu as un site internet, Tom. Un site internet avec ton numéro de téléphone. Il y a des affiches de toi dans tout le quartier. »

-Je comprends pourquoi tu es un auror maintenant, détective Potter. Ta perspicacité me laisse sans voix. » le ton ironique n'échappa pas à Harry.

-T'es vraiment trop con. J'en reviens pas. » Il soupira et appuya sa tête contre le dossier du canapé. Voyant son air défait Tom demanda :

-Je constate que tu n'as pas passé une aussi bonne journée que la mienne. »

-Non » soupira Harry « j'ai « aidé » les autres à essayer de localiser Slughorn. C'est une catastrophe, j'essaye de saboter le projet mais c'est difficile puisqu'ils me regardent tous comme si j'étais devenu taré. Du coup ils surveillent de loin ce que je fais. »

Tom se releva, fit le tour du canapé et posa ses mains sur les épaules du survivant :

-En exclusivité pour toi, Harry, je vais laisser tomber ma robe de spécialiste des serpents pour revêtir ma tenue de masseur. »

Harry sourit en fermant paresseusement les yeux :

-C'est trop aimable, mon cher. »

-Bien entendu j'attends un massage le jour où j'aurai aussi eu une mauvaise journée. Par exemple, lorsqu'un serpent sera tragiquement mort entre mes mains impuissantes. »

-Tu peux arrêter de parler de serpents une seconde ? »

-Je n'y peux rien c'est ma passsssssssion. »

Harry rit malgré lui :

-T'es tellement grave, tu me tends encore plus abruti. »


L'homme se pencha devant la vitrine du terrarium. Il était loin d'être un expert mais il était indéniable que le serpent à l'intérieur avait un comportement pour le moins étrange.

-Vous n'auriez pas mieux fait d'appeler un spécialiste ? Un herpétologue ? » Demanda-t-il en se tournant vers le gardien qui se tordait les mains debout à côté de lui.

Simon Angels était un policier, et c'est vrai qu'on avait tendance à lui refourguer les cas peu urgents. Par exemple, lorsqu'un vivarium de Londres constatait que quelques serpents étaient – pour reprendre les mots du pauvre gardien – devenus fous.

-On ne peut pas les appeler à toute heure, et enfin – ils ne font rien de mal – mais… » il laissa ses mots en suspens. Simon se tourna une nouvelle fois vers le serpent qui le regardait dans les yeux.

Il ne craignait pas particulièrement les reptiles mais il devait admettre que celui-là le mettait très mal à l'aise. Il avait l'impression que le mamba noir (selon la plaquette explicative) l'étudiait avec attention.

-Vous avez dit que ce n'était pas le seul ? »

-Suivez-moi » le pressa le gardien.

Ils entrèrent dans une autre pièce et le gardien s'arrêta net en poussant un cri. Simon Angels resta figé sur place.

La salle semblait parfaitement normale si ce n'était un léger détail : un naja, la coiffe agressivement déployée, était par terre.

-Comment a-t-il pu sortir ? » s'exclama le gardien en attrapant le bras du policier qui recula d'un pas : « c'est impossible ! »

Simon le poussa hors de la salle, ferma abruptement la porte et sortit son talkie-walkie : il était compétent pour un certain nombre de choses, mais ramasser un serpent extrêmement venimeux qui trainait par terre dépassait clairement ses compétences. Dire qu'il s'était plaint auprès de sa femme le matin même qu'il n'avait jamais affaire aux cas intéressants…


-J'aimerais quand même te dire quelque chose. »

Harry se redressa légèrement. Il avait le souffle court et était presqu'agacé de voir que Tom qui avait littéralement quelques secondes plus tôt la tête entre ses jambes, avait décidé de s'interrompre pour lui parler. Typique.

-ça peut pas attendre ? » demanda Harry la voix légèrement rauque en regardant ostensiblement son entrejambe.

-Tu es vexant. »

-Ah donc t'es vraiment sérieux » grogna Harry alors que Tom se redressait complètement.

-Je voulais juste te dire que j'ai remarqué que tu ne m'avais jamais redit… » il fit une longue pause « tu sais quoi depuis qu'on est de nouveau ensemble. » il ponctua sa phrase d'un croisement de bras assez peu caractéristique.

-Je t'ai jamais redit quoi ? » Demanda Harry en se redressant complètement.

-Tu sais quoi. »

Le survivant leva les yeux au ciel.

-Je te fais aimablement remarquer que toi non plus. »

-C'est plus facile pour toi que pour moi. » Tom était toujours dans une position défensive, apparemment pas prêt à recommencer leurs activités précédentes.

-En quoi, Tom ? aux dernières nouvelles je ne suis pas en train de te demander de faire une déclaration d'amour à l'assassin de tes parents, moi. »

Tom pinça des lèvres, le fusilla du regard et sortit du lit avant de sortir de la pièce en claquant la porte.

-Les sorties majestueuses quand on est à poil ça fait aucun effet ! » s'exclama Harry en direction de la porte avant de grogner de frustration.

Il comprenait la vexation de Tom – et c'est vrai que… que ses sentiments n'avaient au final jamais changé. Mais si c'était facile de se l'admettre c'était plus difficile de le dire à haute voix. Comme si dire à Tom qu'il l'aimait – en toute connaissance de cause – rendrait l'énormité de la situation encore plus palpable. C'était vrai que c'était injuste pour le serpentard, et Harry n'avait pas de doute qu'à la seconde où il dirait « je t'aime » à Tom, celui-ci lui répondrait immédiatement. Le problème n'était pas là. Mais…Il se souvenait de ce que sa mère lui avait dit dans la forêt interdite, juste avant que Voldemort n'essaye de le tuer une nouvelle fois. « on ne t'a jamais quitté ». C'était horrible de penser que ses parents, où qu'ils fussent – sachent ce que leur fils faisait. Et il n'avait pas envie d'imaginer ce qu'ils pourraient ressentir s'ils l'entendaient professer son amour à leur meurtrier.

Il soupira et décida de prendre son courage à deux mains. Il était un gryffondor, surmonter ses peurs c'était sa qualité numéro 1. Qui plus est c'était cruel pour Tom. Il avait sans-doute besoin de se savoir aimé et – merde. Il avait eu cette idée il y a quelques temps déjà, mais il ne pouvait plus repousser son exécution : il allait retrouver cette putain de pierre de résurrection, expliquer à ses parents et tout irait mieux.

Il se releva, attrapa son caleçon l'enfila à la va-vite et sortit de la chambre. Il ouvrit la porte de la pièce qu'ils considéraient comme un bureau mais qui dans les faits ne servait strictement à rien, constata que Tom n'y était pas et en déduisit qu'il était dans le salon.

Effectivement, le plus grand était assis sur le canapé et il mit un point d'honneur à ne pas faire attention à Harry lorsque celui-ci se plaça devant lui.

-Rhabille-toi, on part pour Poudlard. »

Tom se leva et se dressa de toute sa taille. Il se planta devant Harry, toujours complètement nu et déclara d'un ton dédaigneux :

-Si tu penses qu'il suffit de me proposer un rendez-vous romantique à Poudlard pour que je ne sois plus fâché… tu as parfaitement raison. »

Il poussa Harry en faisant exprès de lui heurter une épaule au passage alors que le plus petit ajoutait :

-C'est pas pour un rendez-vous romantique. On va chercher la pierre de résurrection. »

Tom, qui avait fait un autre pas s'arrêta net et se retourna, il fronça des sourcils, considéra un instant l'expression du visage d'Harry et finit par sourire d'un air doux.

-C'est d'accord. Allons chercher cette fameuse pierre. »

Harry fronça des sourcils un peu confus. Tom avait dit ça d'une manière…C'était difficile à expliquer. Comme s'il avait été un parent devant un caprice d'enfant et que par générosité il décidait de faire semblant de marcher. Mais après tout, Tom ne devait pas comprendre l'intérêt de cette pierre à la base donc c'était peut-être ça. Peut-être qu'il le trouvait mignon de vouloir aller s'adresser à ses parents et à qui que ce soit que la pierre appellerait vers lui.

Deux minutes plus tard Tom était de retour et cinq minutes plus tard ils étaient à Pré-au-lard.

En voyant l'air positivement ravi de son petit-ami, Harry se maudit de n'avoir jamais pensé à traîner Tom sur le chemin de traverse ou dans un autre endroit sorcier. Il était évident qu'il avait du plaisir à être là et honnêtement il savait que découvrir tous ces endroits avait été parmi les souvenirs heureux de l'enfance et de l'adolescence de son petit-ami.

-On peut faire un tour en revenant si tu veux » décida-t-il de proposer avec un sourire. Tom le gratifia d'un de ses sourires rayonnants et répondit :

-Je pense honnêtement que je tuerais pour une bièraubeurre maintenant que je suis ici. »

-On va plutôt dire que je t'en offre une si tu arrives à contenir tes pulsions meurtrières jusqu'à tout à l'heure. » trancha Harry en levant les yeux au ciel.

D'un pas rapide ils se dirigèrent vers le château de Poudlard qu'ils pouvaient apercevoir au loin. Harry n'y était pas revenu depuis qu'il s'était trouvé face au miroir du Riséd. Et il éprouva un énorme élan de nostalgie en reconnaissant les murs qui pourtant lui étaient très familier. Ils avaient plutôt bien réussi à reconstruire le château. Et quand il pensait « ils » il pensait à McGonagall et aux divers sorciers étrangers qui s'étaient mobilisés pour leur venir en aide. Difficile d'imaginer qu'une bataille sanglante s'était déroulée dans ce même château à peine huit ans plus tôt.

Bientôt la forêt interdite apparu également. Ils s'arrêtèrent et Harry contempla avec tristesse la cabane d'Hagrid. Il n'avait jamais revu son ami et espérait sincèrement qu'où qu'il soit il soit vivant et en sécurité. Il secoua la tête, ce n'était pas moment de penser à tout ce (ceux) qu'ils avaient perdus, et déclara :

-Tom, est-ce que par chance tu connais exactement l'endroit où il y avait le foyer des acromentules ? Parce que sinon on risque de passer un moment à marcher au hasard. »

-Pourquoi tu n'utilises pas « accio » ? » Demanda le plus grand en levant un sourcil narquois.

Harry pinça des lèvres, sortit sa baguette et déclara :

-Accio pierre de résurrection. »

Mais comme il s'y était plus ou moins attendu, rien ne se passa :

-C'est un objet magique très puissant, c'est pas étonnant qu'on puisse pas simplement le trouver comme ça. » il jeta un regard en biais à Tom qui émit un ricanement moqueur avant de tourner son regard vers le château. Qu'il commença à fixer intensément. Harry lui enfonça légèrement sa baguette au niveau de ses côtés et lui dit en voyant que l'autre n'avait eu absolument aucune réaction : « tu veux pas essayer ? J'ai l'impression que ça a déjà plus de chance de marcher si c'est toi qui essaye. »

-Tu me flattes » répondit Tom avec un sourire dont la fierté était pratiquement palpable : « mais hors de question. »

-Oh bordel, t'es vraiment lourd. »

Tom regardait à nouveau le château en plissant des yeux. Harry reprit en constatant qu'il ne faisait pas mine de se mettre en route :

-Je sais que c'est un bâtiment remarquable mais faut qu'on s'y mette si on veut essayer de la trouver aujourd'hui. »

D'un air très énigmatique Tom répondit lentement :

-Elle est toujours là. »

-Qui ça ? » demanda Harry avec curiosité

-Ma malédiction. »

Harry comprit immédiatement ce à quoi il faisait allusion. La fameuse malédiction qui empêchait un professeur de défense contre les forces du mal d'enseigner plus d'un an à Poudlard.

-ça pourrait être une idée de l'enlever » répondit Harry en fronçant des sourcils. Il ne s'était jamais vraiment arrêté sur la question mais comment Tom avait-il pu réussir à maudire un « poste » ? C'était insensé ! C'était maudire un concept ! Harry savait qu'on pouvait ensorceler une quantité extravagante d'objets, ou une maison mais tous ces trucs-là étaient palpables. Or, le poste de professeur contre les forces du mal était … quelque chose de complètement abstrait. Il sentit une certaine dose d'abasourdissement le gagner. Il n'y avait vraiment jamais réfléchi mais c'était en fait plus qu'impressionnant.

Tom qui regardait toujours le château émit un bruit indistinct qui en soit n'indiquait pas s'il était d'accord qu'enlever la malédiction était une bonne idée ou s'il avait l'intention de la laisser. Finalement, il se tourna complètement vers Harry, tournant de ce fait le dos au château et déclara avec assurance :

-Il m'est apparu que détruire ce chef d'œuvre serait aussi grave que de brûler la Joconde. Donc je la laisse. Ça permet aux élèves de voir beaucoup d'approches concernant les défenses contre les forces du mal, ce qui, tu l'admettras, est un point positif. »

Harry connaissait cet air supérieur, cette façon de s'exprimer rapidement et d'un ton parfaitement hautain. C'était la spécialité de Tom lorsqu'il se sentait acculé.

-Tu ne sais pas comment l'enlever. » déclara-il finalement alors qu'il voyait les épaules de Tom se tendre presque imperceptiblement.

-Premièrement, créer cette malédiction m'a littéralement pris deux mois. Deux mois durant lesquels je n'ai rien fait d'autre que créer la formule parfaite. Donc je n'avais pas très envie, une fois que j'étais enfin parvenu à mon but, d'immédiatement créer une manière de la supprimer. Deuxièmement, elle s'enlèvera d'elle-même à l'instant où un professeur plus talentueux que je ne l'aurais été aura le poste. Donc bon, j'irais presque jusqu'à dire que je rends service à l'école puisque chaque personne moins compétente que moi est foutue à la porte après une année. »

-Laisse-moi juste te poser une simple question. » déclara Harry avec un sourire faussement amical « sur quoi ce base la malédiction pour déterminer qui est « plus compétent » que toi ? »

Tom lui sourit également :

-Sur… ce que je lui ai dit ? »

-Donc on est d'accord, qu'étant donné l'estime que tu as de toi même (Tom émit un petit rire) la malédiction considérera automatiquement n'importe quel candidat comme étant inférieur à toi, n'est-ce pas ? »

-Mince alors, je n'avais pas vu les choses sous cet angle ! » il arborait clairement un air faussement désolé. « Quelle tragique étourderie de ma part ! »

Harry jeta un regard à l'école. Il n'y avait plus assez de sorciers compétents en Grande-Bretagne actuellement pour qu'ils puissent se permettre de changer de professeur de défense contre les forces du mal tous les ans.

-Théoriquement. » reprit Harry en fronçant les sourcils « admettons que chaque année un prof disons de…de métamorphose et celui de défense s'échangent leurs positions, il se passe quoi ? »

-Je ne sais pas. » répondit Riddle avec un air pensif : « mais à priori je dirais que c'est une très mauvaise idée puisque ce n'est pas comme ça que ça se passait quand tu étais à l'école. Et comme… » il fit la grimace « Dumbledore a tout essayé pour la contourner, je pense qu'il serait sage d'admettre qu'elle sera là à jamais. »

Il soupira d'un air parfaitement heureux et Harry dû se retenir de ne pas lui expliquer que s'il fallait qu'il l'enferme dans une cave pour qu'il fasse en sorte de l'enlever, qu'il le ferait sans hésitation parce qu'ils ne pouvaient pas se permettre – en tant que société devant se remettre debout – d'avoir un tel fardeau sur les épaules. Mais bon, ils étaient sur le point de passer l'après-midi à regarder par terre pour trouver une minuscule pierre pyramidale ce n'était vraiment pas le moment de le contrarier.

Harry décida donc de remettre ce conflit à plus tard et l'attrapa par le bras avant de passer les premiers arbres de la forêt.

Il n'était pas spécialement inquiet vis-à-vis des occupants de la forêt. Si sa mémoire était exacte beaucoup d'acromentules étaient mortes pendant la bataille et elles devaient se terrer au fin-fond de la forêt. Enfin, Harry espérait sincèrement qu'elles n'avaient pas repris possession de la clairière dans laquelle elles vivaient avec Aragog parce que sinon cela voulait dire qu'ils devraient se confronter à elles. Mais ils y réfléchiraient une fois devant le fait accompli. Harry soupira en pensant que s'ils devaient se battre contre elles alors qu'ils n'avaient qu'une baguette pour deux, cela risquait d'être compliqué. Peut-être qu'il ferait mieux de repousser leur expédition, tout compte fait. Quoique peut-être que les centaures les secourraient s'ils devaient être poursuivis par une horde d'araignées géantes.

-Tu n'as pas répondu à ma question, tu connais l'endroit exact où étaient les acromentules ? J'y étais arrivé un peu par hasard. »

Tom leva la tête vers la cime des arbres. Pour un œil non-entraîné il aurait pu paraître parfaitement indifférent à ce que venait de lui demander Harry mais le plus petit remarqua parfaitement le très léger froncement de ses sourcils, signe qu'il considérait sa question avec attention.

-Je crois » finit-il par dire « que c'est par là-bas. » il fit un geste vague de la main en indiquant un sentier qui partait vers la gauche et Harry se sentit soulagé. Tom confirmait son impression, il avait aussi le souvenir que c'était dans cette direction qu'il s'était rendu et c'était très encourageant. Ils étaient forcément sur la bonne direction.

Et effectivement, vingt-cinq minutes plus tard ils arrivaient dans la fameuse clairière.

-Ah ! Je me souviens parfaitement ! » S'exclama joyeusement Tom en s'y avançant. Maudissant de ne pas avoir pensé à expliciter que l'endroit était potentiellement infesté d'acromentules, Harry le retint par le bras. Tom se retourna et le regarda avec surprise :

-Tu penses à la même chose que moi ? »

-Je ne sais pas à quoi tu penses, Tom. » Harry avait depuis très longtemps abandonné l'espoir de pouvoir répondre à cette question.

Tom lui sourit et desserra sa cravate :

-J'avais l'intention de te proposer de baiser dans la chambre des secrets, mais en fait c'est plutôt pas mal ici aussi. Et je ne vois pas pourquoi –

-Tom, la ferme ! » chuchota Harry avec effroi. « Je me suis déjà fait poursuivre une fois par des acromentules et j'ai pas très envie de m'y remettre »

-Harry, elles ne vont pas nous agresser si je suis avec toi. »

-Parce que tu penses qu'elles vont te reconnaitre ? » elles avaient manifestement fait partie de l'armée de Voldemort pendant la bataille de Poudlard mais il y avait un monde entre le jeune homme qu'Harry avait devant les yeux et le monstre qui existait sept ans plus tôt.

-Je ne pense pas, mais je sais comment m'adresser à elle. »

-Ah oui, bien sûr. Il suffit d'être poli et elles deviennent aussi sympathique que n'importe quel autre animal de compagnie, c'est ça ? » répliqua Harry agressivement. Ils avaient été parfaitement polis avec Ron dans sa deuxième année, ce qui n'avait pas empêché Aragog de décider de les offrir en pâture à ses enfants.

-Je suis scandalisé que tu puisses référer à des créatures dotées d'une « conscience » par le terme d'animaux de compagnie. » répondit-il d'un air écœuré. « Ce n'est pas parce qu'elles ne te ressemblent pas qu'elles ne méritent pas ton respect. » il ponctua sa remarque d'un croisement de bras appuyé.

-Attends, t'es en train de me faire la morale sur la tolérance ? T'es quand même pas sérieux ? »

-Tu sauras que si les détraqueurs, les géants et d'autres espèces étaient de mon côté c'est parce que je reconnaissais leur droit à la parole et la société civile. »

Harry était bouche-bée :

-Mais t'es complètement malade. »

-Je suis vraiment déçu si – »

Harry l'interrompit :

-Non mais ça n'a rien à voir avec si je suis d'accord avec le fond de ce que tu dis, parce que c'est le cas ! Je comprends juste pas comment tu pouvais promouvoir une sorte « d'égalité pour tous » alors que tu avais l'intention d'asservir les moldus ! »

Tom soupira, leva les yeux au ciel et déclara :

-Si j'avais un tableau je te ferais une démonstration mathématique. Tu ne peux pas arriver au pouvoir sans être soutenu par ceux qui ont le pouvoir. Je te ferais aimablement remarquer que je ne serais pas allé loin si j'avais essayé de rallier les serpentards des années 40 à une autre cause que la suprématie du sang. Si j'avais été réparti dans une autre maison j'aurais adapté mon discours, ce qui est logique»

-Ok, donc tu aurais très bien pu être un dictateur communiste ? » Tom haussa des épaules. Harry reprit : « Ok. Trouvons la pierre. Je ne veux pas en entendre plus. » Il soupira en secouant la tête. Tom s'était entre temps baissé et avait ramassé une quelconque branche de bois. Il la cassa sur son genou, et se tourna vers Harry, un sourire proprement malveillant sur le visage. D'un geste lent il leva sa baguette et murmura :

-Harry Potter… Le survivant… »

Harry se contenta de le regarder d'un air blasé avant de baisser la tête et de scruter le sol.

-Avada…T'es vraiment en train de m'ignorer ? »

-On est pas là pour faire une reconstitution de la bataille, on est là pour chercher cette putain de pierre ! »

C'était pratiquement une mission impossible, il s'en rendait compte maintenant qu'il se trouvait plus ou moins à l'endroit où il l'avait abandonnée. Il se souvenait l'avoir lâchée dans ces environs-là mais il ne pouvait pas établir un certain périmètre précis. Il s'accroupit et d'un geste désinvolte poussa quelques feuilles mortes du revers de la main.

Tom était dans les parages regardant par terre avec indifférence :

-Elle a une forme pyramidale si jamais. Et est vraiment petite. » déclara Harry après quelques minutes en espérant que Tom lui viendrait en aide. Celui-ci haussa des sourcils et lui lança un sourire pincé :

-D'accord, Harry. » répondit-il avec un air entendu.

Excédé devant le manque évident de bonne volonté de son petit-ami, Harry se remit à étudier le sol. Cinq minutes plus tard il essayait à nouveau de lancer un accio. Qui échoua. Six minutes plus tard il essayait une nouvelle fois de convaincre Tom d'essayer aussi. Dix minutes plus tard il était prêt à s'arracher les cheveux.

Elle était forcément là. Il se souvenait parfaitement de ne l'avoir lâchée qu'après avoir atteint l'endroit où Voldemort se trouvait.

Harry était vraiment sur le point d'abandonner et de laisser cette idée qui – maintenant qu'ils avaient passé une heure au même endroit - ne lui paraissait même plus si bonne. Franchement, qu'avait-il l'intention de dire à ses parents ? Oui. Maintenant qu'il y pensait c'était complètement stupide. Mais, comme souvent dans le cours de sa vie, c'était précisément alors qu'il était sur le point d'abandonner et de retourner à Pré-au-Lard que son regard s'attarda – sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi – sur un petit amas de caillou qui était pratiquement collé contre les racines d'un arbre. Il ne l'avait pas remarqué jusqu'à ce moment-là. Il s'en approcha et, délicatement, souleva la pierre qui se trouvait au-dessus. Il s'agissait bien d'une construction volontaire et non pas un aléa de la nature car au centre des cailloux qui étaient disposés pour l'entourer se trouvait la pierre de résurrection. Harry se demanda qui avait bien pu ressentir le besoin de la dissimuler comme ça. Probablement des créatures de la forêt interdite qui auraient senti son pouvoir.

C'était bizarre, il était face à ce qu'il était venu chercher et, pourtant, n'avait plus du tout envie de la toucher. Une montée d'angoisse le saisit violemment et il déglutit avec difficulté. Il sentait que ses mains étaient prises de tremblements. Est-ce qu'il avait vraiment l'intention de le faire ? De prendre cette pierre entre ses mains et d'être confronté à ses parents ?

Une ombre obscurcit sa vision et il releva la tête. Tom s'était approché et regardait en fronçant des sourcils l'objet qui obnubilait Harry.

-Je l'ai trouvée. » déclara Harry d'une voix tremblante.

-Ok. » répondit platement Tom avec le même air pincé.

Harry prit sa baguette et, toujours avec les mains tremblantes, découpa d'un geste une partie de son pull. Il n'était pas prêt à la prendre comme ça il allait devoir se préparer psychologiquement. Et surtout, il n'était pas question que Tom soit juste à côté de lui quand ses parents se matérialiseraient devant lui.

Délicatement, il ramassa la pierre en la gardant dans le tissu et se releva complètement.

-Tu peux me laisser dix minutes s'il te plaît ? »

-Bien sûr » Répondit Tom en le regardant une nouvelle fois comme s'il était profondément perturbé. « Je vais traîner dans le coin, appelle-moi quand tu as fini. »

Harry hocha lentement la tête et se sentit infiniment soulagé en voyant que Tom s'éloignait bel et bien. Maintenant, il lui suffisait d'avoir le courage de tenir effectivement la pierre dans sa main nue et il pourrait accomplir ce pourquoi il était venu. Mais qu'avait-il l'intention de faire, s'excuser ?

Il était en paix avec lui-même et, étrangement, ne ressentait même plus réellement le besoin de demander pardon. Il avait peut-être envie de connaître l'avis de ses parents – savoir s'il les avait déçus où s'ils arrivaient à comprendre ce qu'il avait fait…. Ce qu'il faisait.

Il inspira et expira en essayant de calmer son cœur qui battait la chamade. Il ressentait le même genre de stress qu'avant d'ouvrir les résultats d'un examen… Sauf en mille fois pire. Il ne s'était jamais senti aussi terrifié de sa vie et pourtant il avait fait face un nombre de fois non négligeable à Voldemort. C'était quand même très ironique.

Prenant son courage à deux mains il déplia les doigts, contempla un quart de seconde la pierre posée au centre de l'étoffe et, de sa main libre, la saisit.

Il avait fermé les yeux instinctivement, effrayé à l'idée que personne n'apparaisse à côté de lui. Cette crainte s'était soudainement imposée à lui et il se rendait compte qu'il ne saurait pas comment réagir s'il se faisait... Rejeter par ses parents.

Il expira bruyamment et ouvrit les yeux d'un coup.

Il s'avéra qu'en fait, il ne s'était absolument pas préparé à l'idée de revoir ses parents. Il l'avait imaginé rapidement évidemment, mais il ne s'était pas rendu compte, pas complètement, qu'il serait une nouvelle fois devant Lily et James Potter.

Ils se tenaient les deux face à lui et lui souriaient d'un air triste. Harry sentit immédiatement des larmes monter dans ses yeux. Il n'avait jamais réalisé à quel point ses parents étaient morts jeunes. Il était plus vieux que ses parents ne l'avaient jamais été.

-Maman…Papa… » commença-t-il d'une voix étranglée. Est-ce que ses parents savaient ? Ou allait-il devoir leur dire ?

Lily fit un geste dans sa direction mais sembla se raviser. C'était terrible, en voyant la main de sa mère se lever Harry avait instinctivement bougé dans sa direction, dans l'acte le plus naturel du monde pour un enfant de vouloir rejoindre ses parents. Mais c'était impossible. Ils n'auraient pas réussi et Harry comprit que sa mère voulait leur éviter à l'un comme l'autre la triste réalisation qu'ils ne pourraient plus jamais se toucher. Et dire qu'ils étaient dans cette situation – qu'il étaient les deux morts de la main d'un type qui traînait à quelques centaines de mètres de leur location.

-Je suis tellement désolé » dit Harry. Il n'avait pas eu l'intention de s'excuser mais – c'était terriblement injuste. Il s'en rendait pleinement compte. Ils n'avaient eu droit qu'à un bonheur éphémère avant d'être brutalement assassiné et leur assassin vivait tranquillement en ne se souciant que d'un foutu site internet dedié aux serpents.

Lily lui sourit avec douceur :

-Ne t'en veux pas Harry. Tu n'as trahi personne. » à ses côtés James hocha la tête avec le même genre de sourire. « Tu as tellement grandi mon chéri et on est si fiers de toi » ils semblaient émus et à des années lumières de se préoccuper de l'identité de son petit-ami.

Soudain ils semblèrent réagir à un appel qu'eux seuls pouvaient entendre et de concert reculèrent un peu. Et Albus Dumbledore apparut devant Harry.

Harry ne s'était réellement pas attendu à ça. D'une part parce qu'il jugeait – avec le recul – que l'ancien directeur n'avait pas été l'apanage de l'innocence. Il n'était qu'un être humain qui avait commis des erreurs et qui – il avait du mal à ne pas l'oublier – l'avait condamné à mourir (même temporairement), et il avait eu l'impression que la pierre ne faisait venir que les personnes désirées par celui qui la tenait. Or, il n'avait jamais pensé à Dumbledore. La pierre était donc une porte qui s'ouvrait des deux côtés.

Harry allait le saluer – ne sachant pas vraiment ce qu'il avait l'intention de lui dire quand, très distinctement, le silence qui régnait fut interrompu par un : « HARRY ! » retentissant.

Harry grimaça. Ça n'augurait rien de bon parce qu'il connaissait cette intonation par cœur et il était sûr que – que Tom allait faire n'importe quoi.

Et effectivement, il vit son petit-ami s'approcher à grand pas de la clairière dans laquelle il se trouvait. Il eut terriblement envie de lâcher la pierre histoire d'avoir les deux mains libres pour étrangler le plus grand, mais la panique le cloua sur place. Dumbledore avait un air indescriptible figé entre l'horreur et la surprise.

Semblant ne pas se rendre compte de la situation – et après trente secondes mortifiantes pendant lesquelles Harry eu tout le loisir de voir Tom approcher – le plus grand se planta devant lui et, avec un air parfaitement détendu voire même plutôt extatique , il souleva son bras. Autour duquel était enroulé un serpent blanc. Albinos pensa Harry.

-Regarde ce que j'ai trouvé ! » s'exclama Tom en lui montrant distinctement le serpent qui se redressa immédiatement « il ne te fait pas penser à quelqu'un ? » Harry vit avec horreur Tom lever le bras au niveau de son propre visage de sorte que la minuscule tête du serpent soit plus ou moins à la même hauteur que son propre visage. Serpent qui avait les écailles complètement blanches et des yeux rouges dont la pupille était en fente.

-Tom. La ferme. » grinça précipitamment Harry en lui lançant un regard très évocateur. Un regard que le monde entier aurait compris – mais Tom n'était pas le monde entier, apparemment. Il reprit donc comme si le plus petit n'était pas en train de le fusiller du regard :

-Je vais le garder, l'appeler Voldemort et le surnommer Junior ! »

-Tom, non. » s'exclama Harry en serrant convulsivement la pierre entre ses doigts. Il n'arrivait tout simplement pas à croire qu'une situation pareille soit en train de se passer et en même temps – et c'était peut-être le plus inquiétant, il était tout sauf étonné de la tournure des événements.

Tom émit un bruit scandalisé avant de répondre :

-Tom, oui. » avec un air particulièrement suffisant.

Harry se tourna, affolé, vers les apparitions qui l'entouraient. Ses parents n'avaient pas spécialement changé d'expression, ils avaient toujours un air oscillant entre le bonheur de voir leur fils et la tristesse de n'avoir jamais pu faire partie de sa vie. (Enfin c'est comme ça qu'Harry l'interprétait parce qu'il ne voulait pas penser au fait que ses parents soient tristes de le voir avec un type pareil.)

-Enfin bon, je ne voulais pas interrompre ta cérémonie. Je comprends que ça soit important pour toi. Je retourne… » il fit un vague geste du bras « par là-bas. »

-Ma cérémonie ? » s'exclama Harry – il remarqua que sa voix tendait très largement vers l'hystérie : « Tu réalises que mes parents et Dumble- Professeur Dumbledore peuvent te voir ? » Si Harry avait été un petit peu moins affligé il aurait sans doute tenté de l'étrangler. Mais il était cloué sur place de honte.

Tom se tourna complètement vers lui l'air confus. Le serpent qui était passé de son bras à ses épaules le fixa du regard :

-Pardon ? » Répondit-il avec le même ton compatissant. Qu'il avait déjà employé plusieurs fois dans la journée. Et Harry réalisa soudain avec une certaine dose d'horreur que Tom n'avait à aucun moment pris au sérieux cette histoire de pierre. Qu'il avait dû s'imaginer qu'Harry parlait métaphoriquement. Ce qui était complètement con puisqu'il avait explicité son fonctionnement… –….- il n'avait, en fait, pas du tout expliqué son fonctionnement, parce que ça lui avait paru logique que la pierre de résurrection permettait d'entrer littéralement en contact avec les morts.

-Tom. La pierre de résurrection, une des reliques de la mort au même titre que la baguette de sureau, permet d'entrer en contact avec les morts. » déclara-t-il dans un sourire crispé. « Je pensais que tu avais compris. »

-Harry » Tom s'approcha de lui, il émanait l'inquiétude cet abruti. « Les reliques de la mort sont une légende. »

-Tu dis ça alors que tu as passé des mois à chercher cette foutue baguette ? » s'exclama Harry en serrant involontairement du poing.

-Ah. La baguette existait vraiment. Ils ont juste brodé une légende autour d'elle. Ce n'est pas un phénomène particulièrement rare. »

-Tom. Les reliques sont réelles. J'ai la cape d'invisibilité chez moi, la pierre dans la main et on sait aussi bien l'un que l'autre où se trouve la baguette. T'es vraiment complètement con. »

Tom se raidit et ses sourcils se soulevèrent d'une manière presque comique. Et – ce qui par ailleurs calma un peu Harry qui vraiment devait se contenir pour ne pas en venir aux mains – il vit distinctement une rougeur manifeste naître au niveau de ses joues qui se propagea rapidement sur l'ensemble de son visage. Harry ne l'avait jamais vu rougir à ce point. Les rares fois où c'était arrivé c'était un léger rougissement au niveau des pommettes et ça s'arrêtait là.

Après quelques secondes très inconfortables Tom finit par dire très lentement :

-Donc si je comprends bien, tu es en train de me dire qu'il y a littéralement Dumbledore devant toi ?

Harry hocha de la tête. « Il est où exactement ? » reprit Tom avant de désigner successivement trois endroits. Voyant que Tom avait plus ou moins pointé dans la direction de son ancien professeur, Harry hocha de la tête. Peut-être avait-il l'intention pour une fois de faire quelque chose de raisonnable, comme par exemple, s'excuser. Mais son état de mortification extrême ne fit que s'aggraver lorsqu'il vit qu'au lieu de présenter des excuses, ou admettre qu'il avait eu tort, Tom avait levé son majeur et faisait un geste répétitif de haut en bas en direction de l'ancien directeur.

-Gros con ! » s'exclama-t-il pour la bonne forme.

-La ferme, Tom ! » s'exclama Harry. Il se tourna ensuite vers Dumbledore et lui dit d'un ton suppliant : « je suis vraiment désolé ! » C'est en s'excusant du comportement de son petit-ami que l'idée lui vint. Changeant une nouvelle fois d'interlocuteur il tendit la main tenant la pierre en direction de Tom et lui dit :

-Prends cette pierre et excuse-toi. »

Tom fit un pas dans sa direction l'air irrité d'une façon qui suggéra à Harry qu'il n'avait pas du tout envie de s'excuser avant de s'arrêter net.

-Non. » Son visage était devenu blanc. Il regardait la pierre avec horreur. Il recula d'un pas « J'ai changé d'avis. Je ne toucherai pas à ce truc. »

-Tom. » déclara Harry froidement « Prends cette pierre et assume tes actes pour une fois dans ta vie. Excuse-toi. » Il avait soudain réalisé qu'au fond, c'était pour ça qu'ils étaient venus, pour ça qu'il avait cherché la pierre. Ça n'avait jamais été pour lui, mais pour que Tom fasse quelque chose.

-Non. » Tom avait nettement reculé. Harry n'avait pas besoin d'être particulièrement intelligent pour se rendre compte que Tom était terrifié à l'idée de se retrouver face à une horde d'esprit – assassiné par ses soins – en colère. En vrai Serpentard, il lui manquait une certaine dose de courage.

-Fais-le et tu auras de moi ce que tu attends. » il lui lança un regard appuyé.

Le regard de Tom se balança entre la pierre dans sa main tendue et son propre regard. Avec un air arrogant qui était clairement feint, il répondit :

-Tu parles de quoi exactement ? Parce qu'il y a un certain nombre de choses que je pourrais attendre de toi. »

Harry ne bougea pas. Il ne faisait jamais de reproche à Tom, ne lui faisait jamais remarquer que c'était un sociopathe meurtrier complètement malade, il jugeait donc que lui demander cette simple chose n'était pas de trop. Demander pardon, c'était théoriquement à la portée de n'importe qui.

Tom était toujours figé dans une représentation assez fidèle d'un chevreuil pris dans les phares d'une voiture.

-Harry. Je ne peux pas. » Sa voix était beaucoup moins assurée. C'était peut-être cruel de confronter quelqu'un qui avait une telle hantise de la mort à une expérience telle que celle-là. Être placé face au destin commun de l'humanité dont il avait tant cherché à s'échapper.

-Je la tiens avec toi si ça peut te convaincre » répondit Harry implacablement. Il n'esquissa même pas un sourire encourageant. Parce qu'au final, tout reposait sur Tom. Et s'il était capable de s'infliger ça – de faire devant témoins quelque chose qui l'apeurait à ce point alors Harry pour être fier de lui et oublier qu'il s'était ramené devant ses parents, radieux, un serpent dans les mains en proclamant l'appeler Voldemort.

Tom inspira et expira bruyamment. C'était presque comique de voir une personne d'ordinaire si calme et dont le comportement était si méticuleusement étudié se comporter avec un tel peu d'assurance. Soudain il fronça des sourcils, s'avança avec détermination et pris la main d'Harry dans laquelle reposait la pierre.

Harry sourit, soulagé malgré lui.

Il avait eu peur, un court instant, que Tom décide que ses envies aient plus d'importance que les besoins d'Harry. Parce que le survivant le réalisait maintenant – il n'avait pas tant eu envie de s'excuser auprès de ses parents que de voir Tom le faire.

La respiration de Tom resta coincée dans sa bouche en voyant les trois morts. Harry vit avec exaspération le plus grand grimacer en voyant Dumbledore. Mais sa moue fut de courte durée une fois qu'il eut pleinement réalisé face à qui il se trouvait. James et Lily Potter. Sa main commença à trembler et Harry la pressa affectueusement pour lui donner du courage. S'il avait pu communiquer télépathiquement avec Tom il lui aurait dit abruti, c'est l'occasion rêvée pour montrer à Dumbledore qu'il se trompait complètement à ton sujet. Il espérait sincèrement qu'il serait capable de voir ce point de vue.

-Je » commença-t-il, et Harry remarqua que sa voix tremblait aussi « je suis vraiment désolé. » et il paraissait sincère et ça lui suffisait amplement. Il ne pouvait pas vraiment forcer Tom faire preuve de plus d'empathie qu'il en était physiologiquement capable, mais avoir su laisser un instant son égo de côté pour être – même dix secondes – humble, c'était déjà quelque chose.

Lily se contenta de répondre :

-Prenez soin de mon fils, s'il vous plaît. » avant de sourire une dernière fois à Harry d'un air presque radieux et de disparaître suivie par James.

-Dumbledore » cracha ensuite Tom. Pour la première fois depuis que Tom avait enterré la baguette dans son jardin, Harry en était pleinement reconnaissant. Il préférait ne pas savoir si Tom aurait essayé de maudire son ancien professeur dans l'au-delà et c'était une question qu'il était particulièrement content de laisser sans réponse.

Tom sembla se préparer à lâcher un flot d'insulte : il se redressa complètement et son visage n'exprimait rien d'autre qu'une haine tenace. Mais soudainement, une autre personne apparût.

Une jeune femme aux cheveux noirs se tenait devant eux. Harry eut instinctivement un mouvement de recul en voyant les traits de son visage. Ils étaient laids – mais plus ce que ça, ils dégageaient une corruption qui lui glaça le sang. Un strabisme – aussi démesuré soit-il – ou un bec de lièvre n'étaient pas en soi forcément gage de laideur. Le problème c'était qu'il n'y avait rien de symétrique dans le visage – le côté droit semblait être disposé plus bas que le côté gauche, que ce soit l'œil, l'oreille ou la courbure de la bouche. Il n'y avait rien d'agréable dans ce visage, rien qui puisse rattraper l'horreur qu'il inspirait.

Merope Gaunt. Harry n'avait jamais vu créature plus pitoyable.

Harry lança un regard paniqué en direction de Tom. Il s'attendait à le voir horrifié et … à ce qu'il rejette la femme. Mais l'expression de Tom était parfaitement neutre. Il contempla sa mère quelques secondes avant de dire d'une voix sincère :

-Je comprends maintenant. »

Lentement, la jeune femme leva les bras dans sa direction et, à la grande surprise d'Harry, Tom leva également sa main libre dans sa direction. Contrairement à Lily Potter, Merope n'avait jamais pu toucher son fils. Elle était sans doute morte avant de le tenir dans ses bras. Et elle paraissait si triste et – cette créature pathétique – qui avait sans doute du vivre dans l'ostracisation la plus totale, brisa le cœur d'Harry. La main fantomatique de Merope traversa la main tendue de Tom qui, n'ayant jamais interrompu leur contact visuel, la regardait avec circonspection.

Mère et fils restèrent un instant face à face avant que Tom ne dégage sa main de celle d'Harry et s'éloigne de quelques pas. Merope disparut instantanément. Harry lança un regard désolé à Dumbledore – qui avait assisté à la scène – lui fit un signe de tête impuissant et fourra la pierre dans sa poche.

Il s'approcha de Tom, qui s'était assis par terre et s'agenouilla à ses côtés :

-Je ne savais pas. Je m'en doutais, mais je n'avais jamais réellement pris conscience. » Harry lui caressa le dos maladroitement. « J'étais tellement en colère contre elle d'être stupidement morte mais… » il fit une pause et renifla avant d'émettre un rire sans joie « mais maintenant je suis juste triste. Elle devait sans doute penser qu'elle me rendait service en ne m'infligeant pas sa présence. »

Harry resta muet. Tom avait probablement raison, Merope avait dû souffrir à un point tel qu'effectivement elle avait dû imaginer que de donner la possibilité à son fils de naître au centre d'une page vierge était bien mieux que de le faire naître dans la difforme et consanguine famille des Gaunt. Les préjudices à l'encontre de Tom auraient sans doute été pire s'il avait été associé aux Gaunt plutôt que d'être ceux concernant un né-moldu. « J'en viens presque à comprendre mon père. » il ricana une nouvelle fois d'une manière sinistre « Je ne lui ai jamais laissé le temps de s'expliquer mais j'imagine qu'il n'avait, en fait, pas séduit ma mère pour l'abandonner. »

Harry se figea. Tom ne savait pas qu'il était le fruit d'une potion d'amour. Ça ne lui était jamais venu à l'esprit qu'il puisse ne pas avoir compris la réalité. Mais en même temps, ça paraissait logique qu'il se soit voilé la face et ce d'autant plus après avoir rencontré son oncle Morfin. Ils restèrent silencieux pendant un temps qu'Harry n'aurait pas réussi à estimer. Jusqu'à ce que Tom se redresse légèrement et lui dise avec un sourire qui paraissait sincère : « Heureusement qu'on ne risque pas d'avoir enfants avec mon bagage génétique. »

Harry éclata de rire malgré lui et, quelques secondes plus tard, ils avaient les deux un fou rire difficile à maîtriser. Harry s'essuya les yeux – il avait pleuré de rire probablement parce que la tension qu'il avait ressentie depuis la matinée s'était évaporée d'un coup et attrapa Tom par la nuque avant de l'embrasser. Tom attrapa son visage entre ses mains et lui rendit son baiser : ça paraissait bizarrement très naturel pour eux de s'embrasser à l'endroit même où quelques années plus tôt, Voldemort avait lancé à Harry le sort de la mort.

Harry finit par s'écarter et contempla quelques instants le visage de l'autre garçon qui le regardait avec contentement.

-T'es vraiment grave. » Harry pouvait voir le corps du serpent glissé juste sous le col de sa chemise « mais… Je t'aime, Tom. Et je crois que je n'ai jamais arrêté une seconde depuis qu'on s'est rencontrés…la deuxième fois. »

Tom lui lança le sourire éclatant que le survivant aimait par-dessus tout. Ça devait être les fossettes ou les lignes au coin de ses yeux. Il y avait vraiment quelque chose de sincère et d'heureux dans ce sourire qui le rendait définitivement irrésistible.

-Je t'aime aussi » répondit-il avec une légère hésitation. « Tu te rends pas compte ce que ça me coûte de dire ça. »

-Je crois que j'ai une idée. » répliqua Harry avec un sourire en coin.

Tom ricana avant de reprendre :

-Désolé pour ce matin j'étais vexé. » Son bras s'avança d'un coup et il attrapa l'entrejambe d'Harry « je pourrais me rattraper maintenant si tu veux. »

-Tout à l'heure, là j'ai vraiment besoin d'une bièraubeurre »

L'expression de Tom passa de la déception à l'enthousiasme :

-Très bonne idée ! » Harry se redressa et lui tendit la main. Tom la saisit et s'appuya dessus pour se relever. « Ça fait des années que je n'en ai pas bu »

Harry noua ses doigts avec ceux de son petit ami :

-Trois balais ou tête de sanglier ? »

Tom sembla réfléchir :

-J'imagine que ça dépend de si tu as envie que tout le monde sorcier sache que tu as un mec « moldu ».

-Alors trois balais. Mais une seule, d'accord ? Je dois me lever tôt demain matin. »

-Tu me prends pour qui, je n'ai jamais abusé d'alcool de ma vie. »

Harry leva clairement les yeux au ciel (il avait un très grand nombre de souvenirs concernant Tom et un taux d'alcool avancé) avant de se mettre en route.

Trois heures plus tard ils étaient toujours assis à une table, un peu en retrait, à discuter de tout et n'importe quoi (en l'occurrence d'une stratégie de recrutement pour de nouveaux aurors) quand un flash les figea sur place.

Harry tourna la tête, catastrophé, et le fut encore plus lorsqu'il vit qui était la propriétaire de l'appareil photo qui venait de les immortaliser.

-Eh bien eh bien » roucoula Rita Skeeter d'un air parfaitement ravi. Son bloc note et sa plume à papote étaient déjà sortis et flottaient à ses côtés. « Si j'avais su que j'aurais le privilège de rencontrer Harry Potter en personne et son… » elle regarda intensément les mains des deux garçons qui étaient l'une dans l'autre au milieu de la table – Harry retira précipitamment la sienne alors que Tom lui lançait un regard blasé – « petit-ami, je me serais mieux habillée. »

Harry lança un regard appuyé à Tom qui haussa subrepticement des épaules. Il attrapa sa veste alors que Rita continuait : « Harry, tu n'as jamais répondu à mes hiboux concernant le livre sur tu-sais-qui, j'en conclus que tu ne t'es pas encore remis de ce terrible traumatisme ? »

Le survivant se figea sur place. Il voyait la plume s'agiter frénétiquement sur la feuille. Elle était probablement en train d'inventer des détails tragiques et poignants sur des larmes inexistantes et une panique imaginaire.

-Vous allez écrire un livre sur Voldemort ? » demanda Tom d'un air particulièrement enchanté. Rita eu un sursaut en entendant le nom et Harry se dépêcha d'expliquer :

-Il est moldu, ce nom ne veut rien dire pour lui. »

La frénésie de la plume à papote sembla s'accroire à une vitesse vertigineuse. Enchantée par ce nouveau scoop Rita s'approcha de Tom :

-Qu'est-ce que ça fait de fréquenter le sorcier qui est responsable de la plus grande catastrophe britannique ? »

Tom se redressa et la contempla agressivement. Skeeter recula instinctivement d'un pas – et Harry ne pouvait décemment pas la blâmer, même en étant pas le destinataire de ce regard il sentait qu'il était proprement terrifiant.

-C'est…amusant. » finit-il par dire avec mépris « j'aurais plutôt imaginé que Voldemort lui-même soit considéré comme « la plus grande catastrophe britannique ». Mais j'imagine que c'est plus facile pour vous de vous en prendre à quelqu'un dont vous savez qu'il ne vous fera pas de mal. »

Rita recula d'un autre pas. Alors qu'Harry se rendait compte qu'il n'était pas fâché qu'on l'ai insulté, il était fâché de ne pas être considéré comme la plus grande catastrophe. Ce qui était presque drôle.

-Allons-nous en. »

Tom le regarda et Harry eut tout le loisir de voir qu'il était en train de se retenir. Il épela « danger » sans faire de bruit et, avec réticence, Tom attrapa sa veste aussi et le suivit.

Ils transplanèrent une minute plus tard.

-Tom, elle a pris une photo de nous. »

Tom se laissa tomber sur le canapé et enleva rageusement ses chaussures :

-Merci pour ce brillant aperçu de ta perspicacité, Harry. »

-On va être en couverture de la gazette demain c'est sûr à cent pour cent. »

Tom leva les yeux vers lui :

-Je pense que tu vas devoir anticiper les choses et devoir trouver Slughorn avant tes amis. »

Harry grogna et s'assis également à côté de Tom :

-Bordel. On ferait mieux de s'expatrier définitivement. »

Son petit-ami assentit d'un vague bruit et déclara :

-j'espère au moins que la photo est flatteuse.


Docteur Hint était inquiet. Trouver une famille de quatre personnes mortes et ce sans violence apparente était un assez mauvais présage. La police avait été claire, le témoignage des voisins était univoque : les deux parents comme les deux enfants avaient eu un comportement parfaitement normal durant la journée. En somme, ils n'avaient pas présenté les symptômes d'une maladie. Un empoisonnement aurait pu être envisageable si les cadavres avaient été retrouvés différemment. S'ils avaient été retrouvés dans leur chambre ou à la limite à table. Maisils avaient été les quatre devant la télévision, assis. Le policier qui lui avait fait son rapport avait été terriblement effrayé. Les quatre occupants auraient très bien pu n'être qu'endormis. Ils étaient morts les quatre plus ou moins en même temps, sans s'en rendre compte. Il ne pouvait pas envisager une maladie foudroyante à ce point : une maladie qu'ils n'auraient même pas ressentie. Et cela était particulièrement inquiétant.

S'assurant que son masque était bien positionné, Hint mit ses gants, tira sur sa blouse et entra dans la morgue. L'autopsie lui permettrait d'y voir plus clair et qui sait, peut-être de trouver une explication rationnelle.

Il s'approcha du premier tiroir de la morgue dans lequel reposait le père de famille. D'un geste habitué il mis sa clé dans la serrure, ouvrit le tiroir et tira sur la poignée.

Le plateau n'offrit aucune résistance et apparut soudainement devant lui. Hint resta figé sur place. Là où il aurait dû voir un homme de quarante-six ans ne se trouvait que du vide.

D'autant plus effrayé il ouvrit le tiroir suivant dans lequel l'enfant le plus jeune – huit ans – attendait. Il était vide aussi.

Frénétiquement et horrifié d'une manière croissante, il ouvrit un à un tous les tiroirs de la morgue. Des huit cadavres qui auraient dû s'y trouver, il n'en restait aucun.


Réponses aux reviews anonymes:

skaelds: Merci INFINIMENT d'avoir pris le temps de me laisser un mot, tu n'as pas idée à quel point ça me fait plaisir! MERCI! Désolée pour les... ... euh... trois mois d'attentes. Je vais essayer de faire des chapitres plus courts et d'être plus rapide haha! En tout cas encore merci, j'espère que t'es pas trop déçue!

Alexia17: hahahahahahahah tu verras mais en même temps... C'est une si petite communauté la communauté sorcière britannique (rire maléfique) difficile de rester anonyme! Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me laisser un mot, tu te rends pas à compte à quel point ça me fait plaisir! Pour le lemon... Je ne sais pas quoi dire, l'expérience a montré que je suis extrêmement mauvaise pour écrire ces trucs là.

anonymes92: hehehe bien évidemment je ne peux pas répondre à tes questions! Tu verras! ;) Merci beaucoup de m'avoir laissé un mot je t'en suis très reconnaissante!

mamy83: Merci mille fois de m'avoir laissé un mot! J'espère que ce chapitre t'a plu! Merci vraiment de m'avoir donné ton avis!

Wladislawa: Merci d'avoir laissé un mot! I! J'espère que tu n'es pas déçue !

Guest: Merci beaucoup d'avoir pris la peine de me laisser un commentaire! J'espère que tu n'es pas trop déçue!


TINTINTIN! Je me demande vraiment si vous voyez où je vais avec cette chose hahahahah (rire crispé) J'espère vraiment que ce chapitre vous a plu et que vous n'êtes pas dégoutés de cette histoire!

Encore une fois, chaque commentaire est un PLAISIR qui m'encourage vraiment à me mettre devant mon écran, donc n'hésitez surtout pas même si c'est pour me dire que vous êtes déçus ou pour me faire des critiques, je prends tout! hahahah

MERCI D'ÊTRE ARRIVES JUSQUE LA (si y'en a parmi vous) ET A BIENTOT!