Disclaimer: Les personnages et les lieux d'Harry Potter ne m'appartiennent pas.
Désolée de poster ce chapitre aussi tard ! Mais je m'étais promis de finir le chapitre 3 d'HalloWeen avant de m'attaquer à celui-ci et...voilà. Toutes mes excuses.
Désolée aussi pour la qualité générale de ce chapitre que ce soit du point de vue du fond ou de la forme! Théoriquement c'est le dernier chapitre "remplissage" de cette fanfiction... Le bordel infernal commencera officiellement au prochain chapitre!
Je tiens évidemment à remercier toutes les personnes qui ont pris la peine de laisser un commentaire pour le chapitre précédent. C'est grâce à vous que ce chapitre existe! MERCI MERCI MERCI !
Les réponses aux reviews anonymes sont à la fin!
Sur ce, bonne lecture et j'espère vraiment que vous ne serez pas trop déçus!
Note de haut de page:
(1). Plagiat Alert: ça vient directement du site Pottermore! je n'ai rien inventé et rien rédigé, !
Harry devait bien se l'avouer : il s'était abonné à la Gazette du Sorcier plus par soutien moral que par envie. Le monde sorcier se reconstruisait petit à petit et la gazette essayait tant bien que mal de se remettre sur pied. Il ne pouvait donc pas envisager snober ce qui était une partie intégrante – et d'un côté une partie nécessaire – au monde sorcier britannique. Il y avait également le fait qu'Hermione lui ait fait la morale en lui disant que ça faisait partie de son métier d'Auror que d'être au courant des derniers faits. (Enfin, quand on voyait la majorité des articles, c'était plutôt d'être au courant des derniers potins. Il avait parfois l'impression que le journal ne couvrait que ça.) Quoiqu'il en soit, Harry n'était donc jamais particulièrement pressé de parcourir le contenu de la Gazette. Il se contentait d'ailleurs d'habitude de payer le hibou et de la poser sur la table de la cuisine avant de la jeter sans cérémonie le soir même.
Son comportement actuel était donc assez peu cohérent avec celui qu'il exhibait tous les autres jours de l'année. Levé à six heures quarante-cinq, il marchait de long en large devant la fenêtre, attendant avec une horreur grandissante que le hibou qui lui apportait le courrier chaque matin fasse son apparition. Il n'avait jamais fumé de cigarette de sa vie mais il avait la très nette impression que s'il avait eu un paquet sous la main, il s'y serait mis sans hésitation.
Harry ne doutait absolument pas que la photo de Tom et lui aux trois balais serait, si ce n'était en première page, au moins dans les cinq premières. Et il était particulièrement terrifié à l'idée que Tom – qui avait été face à l'objectif -, soit parfaitement reconnaissable. Apparemment McGonagall ne serait pas en mesure de le reconnaître mais les professeurs qui avaient survécus – Slughorn, Binns, et Dieu savait qui d'autre, pourraient le faire en un instant.
Il était sur le point de commencer à se ronger les ongles – ce qu'il n'avait encore jamais fait non plus jusqu'à ce matin -, lorsque Tom, en jogging, apparut dans le couloir et se laissa tomber sur leur canapé. De là, il contempla son petit-ami un air clairement moqueur sur le visage.
-Je crois que je ne t'ai jamais vu te lever aussi tôt. »
C'était complètement faux : Harry se levait régulièrement tôt. Il lui lançait juste une pique gratuite. Harry se contenta donc de lui lancer un regard agacé, la main toujours près de sa bouche, en même temps qu'il se retournait et entamait le huit-centième va-et-vient devant la fenêtre. « Te comporter comme un aliéné psychotique ne fera pas arriver la gazette plus vite, tu sais ! » ajouta Tom tranquillement en mettant ses pieds sur la table basse. Harry le fusilla du regard. Le plus âgé lui lança un sourire retors « Enfin tout ça pour te dire qu'il y a d'autres manières de faire passer le temps. » Harry s'arrête net et croisa les bras.
-J'arrive pas à croire que tu prennes ça à la légère. »
Tom haussa des épaules et répliqua :
-Que veux-tu qu'il se passe ? Si quelqu'un me reconnaît – ce dont je doute – cette personne te reconnaîtra aussi et à mon avis » il fit une pause alors que son sourire s'agrandissait « à mon avis, cette personne aura assez de bon sens pour ne pas essayer de s'attaquer non seulement à Harry Potter mais en plus à Voldemort en personne. »
Harry émit un bruit scandalisé :
-N'importe qui irait trouver Ron ou Hermione pour dire que je suis sous l'emprise de l'Imperium ! »
Tom lui lança un regard blasé :
-Je crois que tu as un peu vite oublié la peur qu'instille mon simple nom. »
-Et moi je crois que t'as oublié que sur la fin t'étais plus si impressionnant. »
Ce fut au tour de Tom d'émettre un bruit scandalisé :
-Plus si impressionnant ? Laisse-moi rire j'étais au sommet de mon - » son regard glissa du visage d'Harry à la fenêtre placée juste derrière lui, « Enfin peu importe : Fin du suspense. »
Harry se retourna vivement, vit avec horreur que le hibou était là (il n'avait soudainement plus du tout envie d'avoir le journal entre les mains) et ouvrit brusquement la fenêtre. Apparemment pas particulièrement atteint par la violence du geste, le hibou entra tranquillement, bien loin de savoir qu'il tenait le sort (et la santé mentale) de son client entre ses serres. Harry constata qu'il n'avait évidemment pas son porte-monnaie sur lui, jura, courra dans leur chambre le retrouver et, quelques secondes plus tard, il tenait le journal entre les mains et fermait la fenêtre, voyant avec horreur le hibou s'en aller, prêt à aller fournir le journal à d'autres foyers.
Il regarda Tom qui s'approchait avec curiosité et – une fois qu'il fut à côté de lui – déplia la première page.
Sa première constatation fut qu'il ne s'était pas trompé. La photo était en première page. Le titre : Harry Potter en goguette avec son petit-ami moldu était au-dessus du cliché. Le survivant déglutit et baissa les yeux. Toute la tension qu'il avait accumulée le matin même disparu d'un seul coup : Tom n'était pas visible. Il se détournait clairement de l'objectif et sa main droite, qui était la plus proche de Skeeter au moment de la photo, était levée verticalement et cachait complètement son visage. Harry expira de soulagement avant de faire la grimace en se voyant.
Contrairement à Tom qui avait l'air assez… digne voire même classe (ce qu'il n'admettrait jamais à haute voix, évidemment) Harry avait une expression s'avoisinant assez parfaitement avec celle d'un chevreuil sur le point de se faire écraser par une voiture.
L'air absolument horrifié, il regardait successivement Tom et l'objectif. Ses mains, crispées d'une manière presque comique, tenaient le bord de la table.
-Wow. Je tiens à ce qu'on encadre cette photo. » déclara platement Tom avant d'arracher la gazette des mains d'Harry. « Je suis presque vexé, je pense pas avoir réussi à te donner une expression pareille même dans le cimetière. »
Harry reprit la gazette de force et la chiffonna :
-Ne me parle plus jamais de cette photo. »
Tom éclata de rire :
-Je devrais me vexer, parce que tous les sorciers britanniques vont penser que tu fais cette tête parce que t'as honte d'avoir été surpris avec moi. »
-ça me va très bien comme version des faits » maugréa Harry alors que Tom passait une main dans son dos et l'attrapait au niveau des hanches. Harry appuya sa tête contre l'épaule du plus grand : sa journée allait être terriblement longue et il appréciait ces quelques secondes de réconfort sincère. Mais évidemment, il s'agissait de Tom et il n'attendit pas longtemps avec de descendre subrepticement sa main jusqu'à qu'elle soit au niveau de ses fesses. Harry tourna son visage vers lui et soupira :
-Faut que j'aille me préparer, je dois y aller bientôt. »
Tom hocha tranquillement de la tête et s'écarta. Ses yeux avaient quand même une lueur ravie et le survivant était persuadé que c'était parce qu'il se doutait que le monde entier allait se moquer de lui à cause du cliché. L'éventualité de devoir faire face à ses collègues après qu'une telle photo soit sortie était bien loin de l'enchanter.
Et effectivement, Harry eut la très nette impression que son passage était immanquablement marqué par des chuchotements. Les gens ne se donnaient même pas vraiment la peine de se cacher ou de prétendre parler d'autre chose. Harry Potter avait un petit-ami, un moldu qu'il avait amené aux trois balais ! ça avait quand même le don de le mettre en colère, parce qu'il se passait des choses clairement bien plus graves. Notamment, le fait que quelqu'un assassine des moldus et se fasse passer pour Voldemort. Enfin – reformulation : le fait que quelqu'un assassine des moldus et soit (à priori selon tous les autres sorciers) Voldemort. Mais non, sa vie sentimentale était bien plus intéressante.
Il entra dans le bureau qu'il partageait avec Ron et sentit sa mauvaise humeur s'aggraver nettement en voyant que le roux se retenait de rire.
-Pas un mot. Pitié. Tom s'en est déjà donné à cœur joie »
Ron pinça des lèvres. Expira difficilement et répondit d'une petite voix :
-Donc maintenant que t'es en couple j'ai même perdu le privilège de me moquer de toi ? »
-Oui. À cent-pour-cent. »
Harry vit très très distinctement le regard de Ron glisser sur l'exemplaire de la gazette du sorcier qui était sur son bureau avant qu'il n'éclate de rire. Malgré lui, Harry sourit aussi.
-Bordel, je sais que j'ai l'air complètement con ! Pas la peine d'en rajouter ! »
-Le survivant, le sauveur du monde sorcier ! terrifié à l'idée d'être pris en flagrant délit ! » hoqueta Ron qui était probablement à deux doigts de taper du poing sur son bureau. « T'as illuminé mon réveil, tu ne te rends pas compte à quel point. »
-Merci Ron, ça fait plaisir d'avoir un meilleur ami comme toi. »
Harry eut à peine le temps de finir sa phrase que la porte de son bureau s'ouvrait avec fracas :
-J'ai décidé de me remettre dans le commerce des pin's « anti-Potter » et crois-moi… C'est précisément cette tête qui sera dessus ! » s'exclama Malefoy, pointant d'une main la première page qu'il tenait de l'autre main.
-Très drôle. » marmonna Harry en s'asseyant. Il laissa tomer sa tête contre ses bras « Super. J'avais justement précisément besoin de ça. »
Ron lui lança un regarde faussement compatissant :
-Si tu veux te changer les idées, tu peux faire le tour introductif du Ministère avec les deux nouvelles recrues. »
Le visage du survivant se renfrogna :
-Je pense que je vais plutôt attendre quelques jours, que ma honte soit passée, avant de me présenter à de nouvelles personnes. »
-Sage décision » le nargua Drago avec un sourire. « Mais rassure-toi, Hermione s'est sacrifiée. Quoiqu'en fait, je crois qu'elle s'est surtout portée volontaire parce que ça lui donne l'occasion de donner un cours complet sur tous les départements. »
Les trois garçons échangèrent un regard amusé et complice : ils avaient tous fait les frais de la banque de donnée intellectuelle que possédait leur amie. Ils se connaissaient depuis bien plus de dix ans et pourtant elle ne cessait jamais de les surprendre.
Voyant que la conversation était définitivement passée à autre chose et que la photo ne serait vraisemblablement plus abordée (pour l'instant), Harry attrapa les dossiers qui étaient sur son bureau.
-Quelque chose d'intéressant s'est passé ? » Demanda-t-il en regardant ses deux amis.
-Rien… » soupira Ron. C'était vraiment désespérant. « Et McGonagall ne peut pas nous aider, elle n'arrive pas à se souvenir de ce à quoi il ressemblait. » Il eut un petit sourire amusé « à chaque fois, je marque mes mots : à chaque fois elle y réfléchit, semble se souvenir de quelque chose, et l'instant d'après – vide total. »
Harry fit un vague bruit. Il avait failli commenter cet état de fait en disant quelque chose du genre de « ah, c'est parce qu'elle a bu le jus de citrouille trafiqué » mais avait réussi à se retenir à temps. Il aurait eu bien du mal à justifier ce genre de connaissances.
-Et Slughorn ? » demanda-t-il d'un air qu'il espérait sincèrement être la quintessence du détachement.
-Aucune nouvelles. »
-Pas très étonnant » dit Drago d'un air songeur « il n'a jamais été réputé pour être quelqu'un de particulièrement courageux. »
Harry assenti et parcouru du regard le dossier qu'il avait ouvert au hasard. C'était un condensé des nouvelles moldues de la veille. Des corps avaient disparu dans la morgue d'un hôpital – ce qui était assez étrange. Les corps morts ne se marchandaient plus vraiment, ce n'était pas comme si les hôpitaux et les universités manquaient de cadavres à disséquer. Alors qui avait bien pu s'emparer des corps d'une famille ?
-Vous avez vu que des corps ont disparu d'une morgue ? »
-Ah, oui. » déclara Drago qui n'était pas encore parti. Il devait sincèrement s'ennuyer dans son bureau pour qu'il s'attarde comme ça. « Je voulais justement t'en parler, parce que les corps appartenaient à une des familles qui s'est fait assassiner par Voldemort. »
Harry grimaça. Il avait envie de leur dire « ce n'est pas lui ! » C'était infiniment frustrant de voir ses amis se tromper à cent-pour-cent alors qu'il savait pertinemment qu'ils faisaient fausse route. Mais sachant qu'il devait prétendre être d'accord avec eux, il reprit :
-Donc, cette famille qui s'est fait assassiner par un mage noir a disparue ? Alors qu'ils étaient déjà morts ? ça n'a aucun - » sens pensa-t-il. Mais Ron et Drago avaient l'un comme l'autre pris une expression horrifiée. Et il ne fallut qu'une seconde de plus à Harry pour réaliser ce que cela sous-entendait.
Ça paraissait terriblement évident maintenant qu'il y pensait – Des cadavres qui disparaissaient… Cela ne pouvait avoir qu'un seul but –
-Et voilà le bureau du chef des aurores, et par conséquent votre chef ! » Comme si Hermione avait senti qu'elle était sur le point de rater quelque chose de crucial, elle apparut soudainement dans le pas de la porte, faisant de grands gestes de ses mains.
À sa suite, deux jeunes adultes. Le premier était un jeune homme qui devait avoir environ vingt-cinq ans. Il était grand, blond avec des yeux bleus et la première réflexion que se fit Harry en le voyant fut de se dire : « Oh non. Un américain. » Il n'avait rien contre les américains en général, mais ceux-ci avaient un peu tendance – puisqu'ils les aidaient à reconstruire leur société – à être très, très paternalistes. Harry essayait donc de rester le plus loin possible des remarques amicales et vexantes, ce qui voulait dire qu'il essayait de rester loin des américains en général. La deuxième personne était une jeune fille, qui devait avoir plus ou moins le même âge que son camarade. Une chose était certaine, elle ne dégageait pas la même impression. Plutôt grande, les cheveux d'un brun quelconque elle était complètement éclipsée par le garçon qui se tenait à côté d'elle.
Garçon qui s'approcha de lui à grand pas :
-C'est un plaisir de rencontrer Harry Potter en personne ! » il lui lança un sourire joyeux « Je m'appelle Matthew Joseph, et voilà Ethel Owens. » Il fit un geste en direction de la jeune fille. « On est là pour vous prêter main forte ! »
Harry soupira intérieurement. Il ne s'était pas trompé, il était effectivement américain si l'accent pouvait être la moindre indication. Il serra néanmoins la main que lui tendait le garçon. Ils étaient en sous-effectif, c'était sûr, et ils ne pouvaient pas se permettre de tourner le dos à une aide « bienvenue ».
Les présentations faites, Harry leur lança aux deux un regard désolé :
-Vous arrivez au meilleur ou au pire des moments, selon votre point de vue. Des cadavres ont disparu d'une morgue cette nuit. Une famille qui a été assassinée par Voldemort. »
Hermione fronça des sourcils un quart de seconde avant qu'elle aussi n'arrive aux mêmes conclusions que les trois autres garçons.
-Merlin ! » s'exclama-t-elle. En voyant que les deux nouveaux arrivants ne semblaient pas avoir suivi elle explicita : « ça pourrait signifier que Voldemort créé des Inferis. »
Matthew et Ethel prirent immédiatement un air horrifié. Harry était déjà en train de fouiller la bibliothèque qu'il avait placée derrière son bureau :
-Nouvel objectif de la journée. On épluche tous les journaux moldus. Au moindre truc suspect en rapport avec des morts, on note l'endroit et la date. » Il pinça des lèvres « J'ai vu y'a quelques jours qu'il y avait eu des profanations de cimetière » Il se tapa le front de la paume « je suis tellement con ! à aucun moment je m'en suis douté ! »
-C'est normal » répondit Hermione. « Au moins maintenant on se rend compte de ce qu'il se passe. »
Harry hocha abruptement de la tête :
-Ethel, c'est bien ça ton prénom ? » la jeune fille hocha de la tête « tu t'occupes de l'Irlande du Nord. Matthew, Irlande du Sud. Drago, l'Écosse. » Il tourna le visage vers Hermione : « tu as du temps pour nous aider ? » Elle leva les sourcils et hocha vigoureusement de la tête : « évidemment, Harry ! Tu crois vraiment qu'il y a quelque chose de plus important que ça à faire ? »
Le survivant sourit et ajouta : « Ok, alors Ron, toi et moi, on s'occupe de l'Angleterre et du Pays de Galle. » il fit une nouvelle fois face aux nouveaux : « Les archives sont au sous-sol on va vous montrer où c'est. Il faut qu'on épluche chaque journal, chaque petit quotidien de chaque trou paumé en partant d'il y a six mois. À cinq heure moins le quart on se retrouve et on compare ce qu'on a trouvé. »
Les cinq autres occupants de la pièce hochèrent la tête d'un air grave. Et Harry, qui se sentait définitivement revigoré par l'idée qu'ils avaient enfin une piste à suivre, les escorta jusqu'aux archives.
Mais il devait bien s'avouer qu'il n'avait qu'une seule envie, profiter de l'expertise de son petit ami qui – il le savait malheureusement que trop bien – avait une connaissance personnelle des inferis.
À seize heure cinquante, ils étaient les six à nouveau dans le bureau d'Harry. Et, alors qu'ils énuméraient chacun leur tour toutes les occurrences de fait divers en rapport avec la profanation de caveaux, de tombes ou de morgue, ils ne purent arriver qu'à une seule conclusion : le mage noir qui s'était mis en tête de se faire passer pour Voldemort était en train de créer une armée d'Inferis. Et en voyant le nombre de cas correspondants, Harry était bien obligé de se rendre compte à quel point il avait de l'avance sur eux.
-On pourrait aller boire un verre pour apprendre à se connaître et se détendre un peu non ? » Matthew était clairement le membre le plus enthousiaste de leur équipe. Drago, Ron, Hermione et Harry lui-même étaient beaucoup trop affectés par l'idée que Voldemort puisse regagner en puissance pour faire preuve d'un quelconque entrain. Quant à Ethel, elle semblait être l'incarnation de McGonagall dans sa jeunesse. Ou du moins l'idée qu'Harry se faisait de McGonagall dans sa jeunesse. Elle parlait peu – et lorsqu'elle le faisait c'était avec une efficacité impressionnante –, travaillait avec ardeur et surtout était la seule à ne pas s'être plainte de la journée. Ce qui en soit était quelque chose d'extrêmement admirable.
Ron s'arrêta une demi-seconde, considéra l'autre garçon et finit par répondre :
-Tu sais quoi ? Volontiers. Ça ne nous fera pas de mal. »
Hermione et Drago se consultèrent du regard cinq secondes avant d'accepter également. Ethel inclina la tête en signe d'accord. Ils se tournèrent donc tous vers Harry qui fit instinctivement un pas en arrière :
-Désolé mais j'ai promis à Tom que je ne rentrerais pas trop tard. » il fit une pause. « Il est assez vexé à cause de la photo je crois. »
Les visages de ses amis prirent instantanément un air compréhensif. Ils n'avaient pas abordé le sujet de la journée mais ils avaient tous mentalement plaint Tom de se retrouver dans une situation pareille : Harry donnait vraiment l'impression d'avoir honte de lui. Ils ne s'expliquaient évidemment pas le comportement de leur ami, mais ils étaient tous persuadé qu'une raison valable existait.
Harry profita donc de leur empathie et les salua d'un vague geste de la main, un peu gêné. Il n'aimait vraiment pas leur mentir. Les voyant s'éloigner il se retourna et se dirigea vers l'un des ascenseurs à transplaner.
Il n'avait qu'une seule envie : parler du problème avec Tom. Il était absolument persuadé que celui-ci aurait une idée géniale.
Quelle ne fut pas sa surprise, donc, de trouver l'appartement absolument désert. Tom était toujours là. Et pour cause : il était pratiquement sans emploi. Harry fit la grimace en pensant au site internet. Il espérait sincèrement que son crétin de petit-ami ne se soit pas une nouvelle fois invité chez une petite fille. Sa grimace prit une teinte encore plus prononcée en voyant Voldemort apparaître. Le serpent avait élu domicile dans le « bureau » (en réalité une chambre vide dans laquelle ils entassaient divers choses inutiles) et il était suffisamment curieux pour s'approcher de toute personne entrant dans l'appartement
Harry avait beau se considérer comme étant ouvert d'esprit, il n'avait jamais été particulièrement … fan des serpents. (Peut-être parce qu'un serpent géant d'une dizaine de mètres avait essayé de le tuer alors qu'il n'avait que douze ans.) Et le fait que cette vipère soit albinos rajoutait un petit plus à l'impression déjà désagréable qu'ils lui procuraient.
-Ce n'est que moi » marmonna-t-il en voyant que le serpent s'était arrêté. Il n'avait évidemment aucun espoir quant à ce que « junior » le comprenne, mais il avait parfois l'impression que les serpents gagnaient en intelligence lorsqu'ils côtoyaient Tom et qu'ils devenaient presque aussi intelligent que … Non. Il n'allait pas finir cette pensée. Elle était beaucoup trop traumatisante.
Il soupira, enleva sa veste et sortit son téléphone de la poche de son pantalon. Aux cas désespérés, mesures désespérées. Il sélectionna le numéro de son petit-ami et lui envoya un message qu'il jugea parfaitement à propos :
17.30 : T'es où ?!
La réponse ne tarda pas :
17.31 : Il faut bien que l'un de nous travaille.
Harry lança un regard incroyablement blasé à son téléphone. Avant de réaliser ce que ce message sous-entendait clairement : Tom était à nouveau en train de faire il ne savait quoi avec il ne savait qui et des serpents.
-Putain » marmonna-t-il sans conviction. C'était difficile de se trouver au milieu de leur secret…surtout parce que l'autre ne faisait que des efforts parcimonieux. Et encore, il était plus que sympa en considérant que Tom faisait des efforts. Parce qu'entre tous les sous-entendus qu'il faisait et son attitude en général… Il secoua la tête et se laissa tomber sur leur canapé. Il était trop tôt pour lancer le repas, il n'avait qu'à regarder une quelconque émission moldue en attendant que l'autre ne daigne revenir.
C'était dingue, quand même. À l'instant où pour une fois il avait légitimement besoin de communiquer avec lui, Tom était évidemment il ne savait où dans Londres.
Heureusement pour ses nerfs, son attente fut relativement de courte durée. À dix-huit heures trente, Tom passait la porte d'entrée d'un pas qu'Harry n'aurait pu qualifier que d'une seule manière : fringuant.
-T'étais à l'autre bout de la ville ou quoi ? » s'exclama-t-il en croisant des bras
Tom lui lança un regard surpris quoiqu'un peu ravi et enleva tranquillement sa veste :
-Tu vois, tu me prends pour acquis vingt-quatre heures sur vingt-quatre, mais figure-toi que j'ai aussi une vie et –
-On est arrivé à une conclusion assez horrible aujourd'hui. »
Le ton et la qualité assez dramatique de sa phrase eurent au moins le mérite de faire taire Tom et de lui donner un air plus curieux que goguenard.
-Vous avez enfin réalisé que Drago est incompétent et indigne d'un poste à responsa -»
-La ferme, Tom ! » s'exclama Harry. Il soupira. Il surréagissait mais toute la tension de la journée refaisait surface. « Non, on s'est rendu compte que depuis trois mois, des cadavres disparaissent un peu partout en Grande-Bretagne. »
-Oh. » déclara platement Tom en avançant vers la cuisine. « C'est ennuyeux. »
-C'est le moins qu'on puisse dire. Donc je serais très reconnaissant si on pouvait aborder le sujet des inferis. »
Le plus grand lui lança un regard absolument ravi (quoiqu'aussi assez condescendant) et répondit :
-Mais certainement, Harry ! Je comprends que tu aies besoin de mes connaissances et de mon savoir-faire. Mais avant toute chose… » Il attrapa la bouilloire électrique et la remplit d'eau.
-Si seulement tu pouvais utiliser ta baguette, on perdrait moins de temps à cause de conneries comme ça. »
Tom leva les yeux au ciel :
-Pour la huit-cent-quarante-cinquième fois, Harry Potter, non. » il appuya sur le bouton, se tourna vers Harry et ajouta d'un air limite séditieux : « Par ailleurs, le thé à la moldue est objectivement meilleur. »
Le survivant se prépara à lui répondre quelque chose de bien senti mais en voyant que l'attention de son petit-ami était désormais complètement focalisée sur le serpent albinos qui s'était précipité sur lui, il déclara forfait.
Impossible de forcer Tom à faire quoique ce soit, surtout quand il avait décidé qu'il allait faire les choses selon ses envies. Et dans l'ordre qu'il avait lui-même décidé.
Cinq minutes plus tard, Tom posait sa tasse sur la table basse, son serpent autour du cou et se penchait vers Harry :
-Tu es tellement obnubilé par tes cadavres que tu ne m'as même pas salué convenablement ! »
Harry leva grossièrement les yeux au ciel. Mais laissa toutefois Tom l'attraper par la nuque et l'attirer contre lui. Jusqu'à ce qu'il s'exclame :
-Bon dieu, arrête ça ! » En repoussant vivement la main que Tom avait subrepticement faufilée sous son T-shirt. « Franchement, tu devrais être flatté que je te demande conseil au lieu de te comporter comme le dernier des cons ! »
Le plus grand soupira et se redressa, un air pouvant rivaliser avec les statues de martyr sur le visage :
-Très bien, je t'écoute. Qu'est-ce que tu veux savoir sur le noble et très ancien art de créer des Inferis ? »
Harry inspira profondément.
Cette révélation avait glacé le sang d'Harry c'était donc presque difficile d'en parler concrètement. Il avait eu une fois l'occasion de se frotter à des Inferis et c'était bien un souvenir qu'il avait essayé de supprimer de sa mémoire. Il voyait encore la peau bouffie des cadavres immergés dans le lac depuis trop longtemps, l'odeur insoutenable de l'air ambiant et – et l'apparence terrifiante de leurs visages. Imaginer que quelqu'un puisse être en ce moment même en train d'en créer était horrible en soit. Les implications de cette idée lui tordirent l'estomac :
-Premièrement : Concrètement, est-ce que c'est possible de faire une armée d'Inferis ? »
Tom posa sa tasse sur la table et le regarda d'un air blasé :
-Harry, tu penses qu'ils servent à quoi d'autre, tondre le gazon ? » il fit brusquement une pause : « quoiqu'ils pourraient effectivement servir à tondre le gazon. Où à faire la cuisine, d'ailleurs. C'est juste qu'étant donné leur apparence générale et leur tendance à avoir une odeur nauséabonde…Enfin ça les rend assez peu pratique pour être des esclaves, mais en théorie ils peuvent être utilisés pour n'importe quoi. » Il fit une nouvelle pause l'air de plus en plus pensif : « je ne m'étais jamais posé la question mais j'imagine qu'ils doivent être le fantasme ultime des nécrophiles puisqu'on peut leur donner une certaine marche à suivre - »
-Ok, Tom. J'ai compris le concept. » Harry attrapa machinalement la main de son vis-à-vis. « Et c'est difficile à créer ? Ou n'importe qui d'un tant soit peu compétent peut réussir ? »
Tom le considéra un instant :
-C'est…une question compliquée. Les compétences magiques sont conséquentes mais pas assez pour pouvoir avoir une liste de suspects réduite. Par contre, ça demande de… comment dire ça avec délicatesse… » il sourit et pencha légèrement la tête sur le côté avant de reprendre brusquement : « ça sous-entend surtout que la personne qui fait ça n'accorde absolument aucune – et je dis bien aucune – importance à ses congénères. En fait, c'est probablement l'un des actes les plus vils de magie noire. Ce qui explique qu'ils ne courent pas les rues, parce que très peu de monde seraient capables de faire abstraction de l'ignominie totale qu'ils sont en train de commettre.
Harry en resta muet quelques secondes :
-C'est cool ce que tu dis, au moins ça ne me fait pas me remettre en question, moi et mes choix en matière de mecs. »
Tom retira sa main de l'étreinte de celle d'Harry et en profita pour lui tapoter sur l'épaule :
-Rassure-toi, je ne suis pas sûr que j'y arriverais encore. Je dis bien que je ne suis pas sûr parce qu'honnêtement, il y a toujours une certaine possibilité, mais à priori, je n'en serais plus capable. »
-Merci infiniment, j'avoue que ça me rassure à cent-pour-cent. » soupira Harry. Il resta quelques secondes silencieux avant d'ajouter. « Cela dit, sur une échelle de un à dix, tu estimes que la situation est catastrophique à combien ? »
Tom le contempla avec circonspection :
-Franchement, ça dépend. Tu t'en sors comment avec les sorts incendiaires ? »
Harry lui répondit par un sourire crispé.
-Je n'y crois pas ! » S'exclama Tom en se redressant brusquement, l'air sincèrement scandalisé : « J'ai vraiment l'impression que ton répertoire c'est trois sorts ! » Voyant qu'Harry ne répondait toujours pas il ajouta d'une voix faussement complice : « Mais je dois forcément me tromper n'est-ce pas ? »
-Bien sûr que tu te trompes. » répliqua précipitamment le plus petit « Je suis Harry Potter. J'ai vaincu Voldemort alors que je n'étais qu'un bébé. » en voyant que Tom lui faisait un doigt d'honneur il ajouta : « et une deuxième fois alors que j'avais onze ans, et une troisième fois - » il évita le coussin que venait de lui envoyer Tom. Avant de s'exclamer d'un air outré : « Ok, alors quand c'est moi qui t'envoie un coussin dessus c'est la fin du monde parce que « monsieur tient à ce que tout soit parfaitement rangé en permanence » mais alors toi tu peux faire ce que tu veux ? »
-Depuis quand notre relation est censée être égalitaire ? »
Harry émit un petit rire en secouant la tête alors que Tom lui lançait un sourire affectueux. Il se reprit et résuma :
-Bref, Les inferis. Donc on peut les tuer par le feu. » Tom acquiesça. « Pourquoi tu n'en avais pas fait une armée ? à part celle qu'il y avait dans la grotte ? J'imagine que ça doit être très pratique ? »
-Oh, j'avais quelques armées la première fois. C'est pratique d'un point de vue du nombre, c'est vrai. Dans le sens qu'effectivement tu peux balancer sur des gens des centaines de cadavres qui n'ont qu'un seul but : celui que tu leur as insufflé. Mais tu ne peux pas être subtil, donc ça ne sert pas à grand-chose d'autre que de faire des massacres et ça n'a jamais été ce que je cherchais à faire, au final. » Harry hésita à un instant à l'accuser de mentir mais réalisa qu'effectivement, Tom n'avait jamais commis expressément de massacre à grande échelle. Il reprit : « Ensuite ils ne sont pas si difficiles à détruire si l'adversaire en face est compétent. Dans le sens qu'ils sont censés provoquer de la panique… et si effectivement leurs adversaires paniquent, ils ont déjà pratiquement gagné. Mais par exemple » il prit un air sincèrement dégoûté : « Dumbledore les aurait juste fait flamber parce qu'il n'aurait pas eu instinctivement peur. Et je dis Dumbledore mais j'aurais pu citer n'importe qui de l'ordre du Phénix. » il secoua la tête « et finalement, je… » il prit un air légèrement pensif « le concept même d'utiliser des morts me dégoutait profondément. Donc c'était de toute façon pas mon modus operandi préféré. »
-ça se tient. » déclara platement Harry
-N'est-ce pas ? J'y avais beaucoup réfléchi à l'époque. »
Harry secoua la tête avant de s'arrêter net. Il y avait d'autres choses que Tom avait faites qui étaient horribles et qui méritaient d'être mentionnées et adressées. Parce qu'il avait du mal à imaginer ce qu'ils pourraient faire si l'imposteur décidait de faire des horcruxes.
Soudainement horrifié, Harry déclara précipitamment :
-Tom, et s'il avait aussi fait des horcruxes, qu'est-ce qu'on pourrait faire ? »
Tom éclata d'un rire à la fois moqueur et à la fois parfaitement détendu.
-Harry, Harry. Tu ne te rends pas compte de la masse de calculs mathématiques et arithmantiques que j'ai dû faire, de la quantité de vieux parchemins obscurs que j'ai dû déchiffrer, parchemins que j'ai évidemment détruits ensuite – de l'ingéniosité dont j'ai dû faire preuve pour compléter les sorts inachevés et du temps que ça m'a pris pour faire tout ça ! Crois-moi, personne d'autre sur Terre ne pourra en refaire. Je m'en suis bien assuré.
-Moi qui croyait qu'il suffisait de tuer quelqu'un »
Tom parut sincèrement scandalisé. Il se pencha et attrapa Harry par les épaules :
-Harry. Tu vas m'en vouloir de dire ça, mais même maintenant, une partie de moi reste fière d'avoir réussi. Tu ne te rends pas compte à quel point j'ai souffert. Tu ne te rends pas compte à quel point j'ai souffert psychologiquement et physiquement à cause de cette expérience. À mon avis tu ne te rends même pas compte de ce que la création d'horcruxes implique vraiment.
-J'ai envie de savoir ? » demanda Harry d'un air profondément dubitatif en voyant l'air positivement fou de son petit ami.
Tom sembla hésiter un instant (sans doute parce qu'il avait envie d'étaler ses capacités en lui expliquant en long et en large toutes les étapes.) mais se reprit :
-Non… Non. Probablement pas. »
Harry haussa des épaules :
-En tout cas, merci pour les conseils. Je vais en parler à Hermione demain et je suis sûr que dans moins de vingt-quatre heures j'aurai toute la liste des sorts impliquant du feu.
Son petit ami rigola d'un air méprisant :
-Si tu veux vraiment être efficace, il suffit de lancer un feudeymon. Enfin… encore faudrait-il que tu sois capable de le maîtriser. »
-Si tu t'imagines même une seule seconde que je remarque pas que tu essayes de me manipuler dans le but que j'utilise de la magie noire, tu te fourres le doigt dans l'œil. » répondit platement Harry.
L'air méprisant fit place à un air désemparé :
-Au moins j'aurai essayé. »
Si Harry n'avait pas vu de ses propres yeux ce à quoi ressemblait un feudeymon, il aurait peut-être pu être tenté. Mais voir Crabbe se faire engloutir par les flammes qu'il avait lui-même invoquées l'avait complètement vacciné. Ça et aussi le fait qu'il se méfiait par principe de toutes les idées de Tom, surtout lorsqu'elles concernaient la magie. Il avait l'impression que lui apprendre des sorts complètement illégaux et amoraux était l'un de ses fantasmes.
Il savait d'expérience qu'il existait d'autres sorts pour vaincre les Inferis, la preuve : il avait vu Dumbledore en utiliser un. Et il avait complètement confiance en Hermione, elle saurait forcément de quoi il s'agissait.
Et pourtant ce n'est que quatre jours plus tard qu'Hermione, après être entrée dans le bureau d'une manière fracassante – les cheveux en pagaille, les habits en désordre et un air dément sur le visage -, posa triomphalement un très gros volume sur le bureau d'Harry.
-J'ai trouvé ! » s'exclama-t-elle avec une joie qui semblait presque malsaine tant elle oscillait vers le bestial. « Le sort parfait ! »
Tous les occupants de la pièce, c'est-à-dire Harry, Ron, Drago, Matthew et Ethel se penchèrent sur ce qui ne pouvait être qualifié que de « grimoire ». Harry grimaça en voyant la complexité du sort. Mais si Hermione l'avait validé, c'était qu'au moins il n'était ni illégal, ni « maléfique ».
-ça ne va pas être facile. » dit Malfoy avec inquiétude. « Je ne crois pas avoir déjà dû faire un sort aussi compliqué. »
Ron assenti d'un bruit alors que Matthew déclarait :
-Je pourrai vous aider, j'étais le meilleur de ma promotion à Ilvermorny ! »
Ils se tournèrent tous vers lui, sidérés.
-C'est pas pour te manquer de respect, mais je crois qu'on doit tous être plus ou moins au même niveau. »
Drago hocha vigoureusement de la tête : Ron avait parfaitement résumé la situation.
-Bon c'est pas en restant ici en discutant qu'on arrivera au bout de ce sort » trancha Harry. « Passons directement à la pratique. »
Ils étaient tous d'accord sur ce point là et suivirent silencieusement Harry vers les terrains d'entraînement.
-Est-ce que vous avez regardé les vidéos de surveillance ? » devant le manque de réaction des trois gardiens, Simon Angels, définitivement exaspéré, ajouta : « j'imagine que vous avez des caméras de surveillance parce que ça peut être utile dans un zoo, non ? »
Le gardien auquel il avait déjà eu affaire quelques jours plus tôt (pendant l'affaire-Naja) se tordit les mains et lança un regard hésitant vers l'un de ses collègues. Collègue qui baissa les yeux et donna un coup de coude au troisième qui déglutit et regarda furtivement Angels dans les yeux.
-ça fait environ deux semaines que… » Il inspira un grand coup et termina sa phrase : « qu'elles ne marchent plus dans le vivarium. On a pas arrêté d'appeler des électriciens mais ça change rien, elles sont vraiment foutues et arrêtent de fonctionner chaque jour. »
Simon plissa des yeux et sortit son calepin :
-Vous êtes en train de me dire que comme par hasard les caméras du vivarium ne marchent pas, et que – quelle coïncidence ! Des serpents se font voler et le reste a tout à coup un comportement bizarre ? »
Le naja n'avait été que le début d'une ribambelle d'emmerdes (excusez son langage). Les serpents avaient tous un comportement étrange. Ils semblaient tous être, pour reprendre l'expression du gardien numéro 1, dans l'attente. Angels n'était pas particulièrement ravi de donner raison à ces guignols mais il devait admettre qu'il y avait quelque chose de très raisonnablement inquiétant dans ces rangées de serpents qui semblaient attendre. Ensuite, un boa avait disparu. Il avait personnellement fouillé tous les recoins du vivarium mais le reptile était resté introuvable. Alors que la vitre était toujours là. Il s'était tout simplement évanoui dans la nature. Ce qui avait eu comme conséquence un rapport complètement insensé, dont la formulation avoisinait la suivante : « Serpent disparu, soupçon qu'il se soit échappé par les toilettes du vivarium via un passage secret ». Il n'y croyait pas une seconde, évidemment, mais il n'avait pas pu envisager une autre explication.
Avant, bien entendu, qu'une nouvelle disparition soit signalée, ce qui expliquait sa présence sur les lieux. Qu'un boa disparaisse – c'était grave-, qu'un python vert disparaisse c'était …extrêmement grave. En gros, ça voulait dire qu'il ne s'agissait pas d'un hasard. Un humain était forcément impliqué. Et au vu des deux animaux subtilisés, probablement quelqu'un qui avait l'intention de les revendre.
Il soupira et tapota la pointe de son stylo sur son calepin :
-Bon. Reprenons depuis le début : Avez-vous vu quelqu'un de suspect ? » Voyant que les trois gardiens étaient sur le point de se concerter, ce qui leur ferait perdre à tous les quatre une bonne dizaine de minutes puisqu'ils avaient la fâcheuse tendance de se contredire à tout bout de champ, Angels ajouta : « ce qui compte comme suspect, c'est surtout quelqu'un qui viendrait très régulièrement au vivarium. Parce que loin de moi l'intention de manquer de respect à vos protégés, mais je doute que quelqu'un de sain d'esprit ne se ramène là plus d'une fois tous les six mois. »
-Vous seriez étonné ! » s'exclama le gardien numéro 2. Angels le fixa du regard une seconde avant de secouer la tête.
-Bref, ça ne vous dit rien ? Cette personne sait de toute évidence comment s'introduire dans votre vivarium, attraper les serpents sans se faire remarquer et se tirer en douce avec. »
Maintenant qu'il le disait à haute voix, Angels était à peu près persuadé d'avoir le coupable sous les yeux. Il ne restait plus qu'à définir s'il s'agissait de l'abruti numéro 1, numéro 2 ou numéro 3. Ou des trois à la fois. Il n'avait pas oublié la chute du crime de l'Orient Express.
-Honnêtement… » l'un d'entre eux semblait réfléchir : « il y a surtout des gamins qui viennent régulièrement. Et l'un ou l'autre retraité. »
-Très bien. » marmonna Angels en prenant note de la déclaration du gardien. Il releva la tête pour poursuivre son « interrogatoire » mais fut interrompu par une voix féminine pleine d'entrain :
-On a terminé patron ! »
Il se tourna vers son adjointe, une gamine à peine sortie de l'école de police, et soupira :
-Ne m'appelle pas comme ça. »
-Toutes mes excuses, chef. On a terminé ! »
Simon Angels était – malheureusement – suffisamment lucide pour réaliser qu'il n'était qu'un flic de seconde zone. Il habitait Londres pour l'amour de Dieu ! Et la chose la plus excitante qui lui arrivait en ce moment c'était d'enquêter sur la disparition de serpents ! Il avait pourtant l'impression d'être compétent et plein de bonne volonté. Mais bon, les affaires intéressantes étaient toujours déléguées à ses collègues. Il plaignait sincèrement Olivia – son adjointe – d'être coincée avec lui. Il lui lança un regard et étudia attentivement le couple derrière elle.
Il n'avait pas vraiment eu le temps de les regarder quand il était arrivé, bien trop préoccupé par la version des faits (qui avait été un amas total d'inepties) des gardiens. Il savait que l'homme était vétérinaire et la femme était herpétologue. Il les avait mandatés pour jeter un œil sur les autres serpents. Ceux qui fixaient obstinément leur vitre. L'homme semblait avoir un peu moins de trente ans et paraissait tout aussi perplexe que la femme d'âge mûr à ses côtés.
-Bon. Résumez-moi la situation. Qu'est-ce qu'ils ont ? »
Ils échangèrent un regard et la femme déclara :
-Il est évident que quelque chose ne va pas, mais on est incapable de l'expliquer. Ils sont en bonne santé physiquement. Mais leur comportement n'a aucun sens – particulièrement pour des serpents. »
-Sans blague » marmonnèrent de concert Simon et Olivia. Simon lança un regard triste vers son adjointe, s'il commençait déjà à déteindre sur elle, elle n'irait probablement pas très loin dans sa carrière de police.
-Donc on est dans une impasse » ajouta-t-elle d'un air perplexe. « Vous avez regardé les vidéos de surveillance ? »
Simon Angels se tourna complètement vers elle :
-Les caméras ne marchent plus depuis deux semaines. »
-Ah, voilà qui est… » elle fit semblant de chercher ses mots : « étrange. »
-Un hasard digne d'un roman policier. » renchérit-il.
-J'ai… » le gardien numéro 3, le plus âgé d'entre eux, gigota de gêne. « j'ai peut-être une idée ? »
-Volontiers, Monsieur, ce ne serait pas de refus » répondit sarcastiquement Angels. Le gardien sortit son porte-monnaie de la poche de sa blouse de travail, l'ouvrit et saisit délicatement un bout de papier. « J'en ai parlé avec Ed et Al avant » (ses collègues vraisemblablement – pensa Angels) « et ils m'ont dit que c'était complètement idiot, mais si même un vétérinaire et un herpétologue ne comprennent pas… »
Il lui tendit le bout de papier. Simon le saisit en soupirant, le déplia et eut tout le loisir de contempler le flyer le plus immonde qu'il lui ait été donné de voir de sa vie. La personne qui l'avait imaginé n'avait probablement pas fait des études de design.
Le fond était vert foncé. Un titre, écrit en rose et jaune fluo vantait les mérites d'un « spécialiste des serpents ». En dessous du titre, un homme en costard les contemplait en ayant à la fois l'air fier et entendu. Angels retourna vivement le flyer pour y lire la description de cet auto-proclamé spécialiste des serpents qui promettait des prestations 100% gratuites et 100% efficaces.
-Oh bordel ! T'as vu ce mec, chef ? »
-J'ai vu, oui. » grogna Simon. Plutôt que de proposer des services douteux, ce type aurait mieux fait d'être mannequin. Même la photo de mauvaise qualité et peu flatteuse ne laissait aucun doute sur le physique de ce type. Branleur pensa-t-il avec amertume. Simon savait qu'il était loin d'être beau.
-ça vaut le coup qu'on essaye » trancha Olivia en saisissant l'affiche.
Angels leva les yeux au ciel. Il reconnaissait bien-là son adjointe qui ne perdait jamais une occasion d'harponner les hommes qu'elle jugeait séduisants. Il l'avait déjà vu questionner des gens n'ayant absolument aucun rapport avec la quelconque enquête sur laquelle ils travaillaient, dans le seul but de les draguer. Et il savait d'expérience que rien ne la ferait reculer.
-Je te préviens. S'il n'est pas disponible à la seconde on laisse tomber. »
Elle hocha de la tête. Son expression prit ensuite une teinte joviale :
-Oui bonjour, je suis le sergent Olivia Caritosie. Je vous appelle parce qu'on a un problème de serpent au vivarium du zoo. » elle lança un regard appuyé à Simon en faisant semblant de s'éventer alors que l'homme répondait. « En fait, on aurait besoin de vous maintenant. Vous êtes disponibles ? » elle sourit et ajouta : « Superbe. On vous attend à l'entrée dans quarante minutes. Merci infiniment Monsieur… » elle regarda le flyer « Jedusor. C'est très aimable à vous. » Olivia raccrocha et soupira. « je te jure, chef, il a la voix suave d'un grand séducteur. »
-Je te préviens que si c'est un taré je serai obligé d'écrire un rapport pour notifier la centrale de tes initiatives. »
Elle lui lança un sourire effronté qu'Angels accueilli par un soupir. Ils savaient tous les deux que la centrale se foutait royalement de ce qu'ils faisaient, du moment qu'ils ne finissaient pas sur youtube. Pour ce que ça leur faisait, ils pouvaient parfaitement appeler un sorcier-vaudou et lui demander de les accompagner sur chacune de leurs missions.
-Bon un café s'impose en attendant. » lança-t-il à la cantonade. Il n'avait pas spécialement envie de passer plus de temps que nécessaire avec les trois gardiens, mais vu que l'un d'entre eux était forcément le coupable, il ne pouvait pas non plus les laisser filer.
-ENFIN VENDREDI ! Tu viens boire un verre ? »
Harry laissa échapper – malgré lui – un petit cri et se retourna violemment :
-Pour l'amour de Dieu, Ron ! Arrête de venir me parler quand je suis sous la douche ! Ou je sais pas, fais un bruit que je sache que t'es là ! »
-Si tu penses vraiment que tu peux baisser ta garde dans les douches du Ministère, t'es encore plus crétin que je le pensais ! » S'exclama Ron avec humour.
Harry attrapa son linge et l'enroula autour de ses hanches. Ils avaient passé la journée à s'entraîner, littéralement, n'arrêtant que pour manger des sandwichs à midi. Le sort était réellement d'une complexité infernale. Harry avait réussi à faire jaillir quelques gerbes de flammes, mais rien d'impressionnant et encore moins de mortel. C'était frustrant, mais la seule autre personne qui avait réussi à produire quelque chose était Matthew. Il n'avait pas menti et était réellement bon, au grand dam de tous les britanniques. Ils auraient préféré qu'il ne soit que parfaitement quelconque, surtout par rapport à eux qui avaient quand même fait face (plus ou moins directement) au plus grand mage noir de tous les temps. Mais bon, la vie avait son lot d'injustice. Comme par exemple le fait qu'ils devraient probablement passer des semaines à s'entraîner avant de réussir à maîtriser le sort. Et qu'Harry devrait ensuite passer des semaines à l'enseigner aux quelques autres aurors du département (c'est-à-dire aux trois autres, ils étaient réellement en sous-effectif). Et tout ça alors que quelqu'un fabriquait des inferis dans toute la grande bretagne. C'était…terrifiant.
Il considéra l'offre de Ron une seconde. Il avait conscience qu'il devait vraiment faire plus d'effort auprès de ses amis, aller boire des verres avec eux, les voir en dehors de son travail…mais pour être franc, il se sentait complètement lessivé.
Et… Il avait eu une idée. Il était sûr que Tom n'arriverait pas à se retenir devant un sort pareil. Qu'en le voyant il aurait besoin de se prouver qu'il était capable de le réussir du premier coup. Et que, du coup, il réutiliserait une baguette.
C'était impossiblement frustrant de le voir s'en tenir à ses nouveaux principes. Il ne transplanait même pas, et Harry qui pourtant avait été un « moldu » pendant des années ne comprenait pas comment il pouvait se satisfaire des transports publics alors qu'il pouvait se téléporter. C'était absurde au possible.
-Je vais encore passer mon tour. Honnêtement, je suis crevé et j'aimerais encore lire la théorie en étant sobre. » C'était évidemment une excuse pour prendre le livre avec lui.
-Attends, t'es sérieux ? » s'exclama Ron en s'écartant pour le laisser passer « on a passé HUIT HEURES à lire et relire ce machin et tu veux encore continuer ? »
Harry haussa des épaules :
-C'est surtout pour me donner bonne conscience. »
Ron dû interpréter quelque chose dans son regard car il répondit :
-Ah. Je comprends. » il fit une pause « mais tu sais Harry, c'est pas un fardeau que tu dois porter seul. On est plus des enfants et toute cette connerie de « toi contre lui » … C'est bon. »
Harry lui lança un sourire complètement sincère. C'était bien Ron, ça. Il était bien plus perspicace et clairvoyant qu'il n'en avait l'air.
Enfin en l'occurrence il avait tout faux, parce qu'Harry ne s'inquiétait absolument pas de Voldemort, mais quand même, c'était touchant.
-Merci. »
Ron haussa des épaules :
-Enfin voilà. N'en… » il grimaça, probablement parce qu'il sentait le cliché monstrueux qu'il allait dire : « n'en fait pas trop, en tout cas. » Il laissa échapper un rire gêné auquel se joignit celui d'Harry.
-T'inquiète. J'ai un petit ami qui réclame un peu mon attention. »
Harry se rhabilla alors que Ron faisait de même à ses côtés. Les douches dans les vestiaires des terrains d'entraînement n'étaient vraiment pas un luxe. Essayer de maîtriser un sort était une activité juste un peu moins physique que faire du Quidditch.
-Bon, alors à demain Harry ! Tu vas à la fête de Luna ?»
-Bien sûr ! » Le jour où Harry n'irait pas à un repas chez Luna n'était pas levé. « A demain Ron ! » Répondit-il alors qu'ils se séparaient, Ron allant rejoindre Matthew qui -semblait-il – était la seule autre personne motivée à sortir et qu'Harry se dirigeait vers les plateformes de transplanation.
Il se réjouissait de montrer le sort à Tom.
Quelle ne fut pas sa surprise, donc, lorsqu'en entrant dans l'appartement, il ne trouva pas Tom seul. Ce qui était une première dans toute l'histoire de leur relation :Tom n'avait jamais eu d'ami à ramener chez eux.
Deux personnes étaient assises sur le canapé alors que Tom était nonchalamment assis sur le fauteuil en face d'eux. L'homme semblait avoir un peu moins de quarante ans. Il était grand, d'une carrure plutôt large. Ses cheveux noirs étaient coupés courts. À côté de lui était assise une jeune femme blonde qui sourit et se leva en voyant Harry entrer. L'homme ne tarda pas à faire de même et le cœur d'Harry s'arrêta net. Des flics. L'homme s'avança vers lui :
-Enchanté je m'appelle Simon Angels je suis inspecteur de police. Voilà Olivia Caritosie, mon adjointe. » sans voix, Harry lui serra la main et fit de même avec la policière.
-Dites-moi qu'il n'a rien fait d'illégal. » demanda-t-il, paniqué, en désignant de la tête son petit-ami qui était toujours assis sur le fauteuil et qui le regardait d'un air innocent. Il se rappela soudain avec horreur que Tom s'était introduit chez une petite fille pour l'aider avec son serpent. Bon dieu, l'abruti.
Angels semblait légèrement embarrassé :
-Pas du tout. En fait… Nous l'avons contacté pour une… expertise… » il semblait de plus en plus mal à l'aise « à cause d'un incident qui a eu lieu dans un vivarium. »
Voilà une chose sur laquelle Harry n'aurait jamais parié.
-Vous êtes en train de me dire que vous l'avez contacté à cause de son site ? »
Angels baissa la tête et passa une main dans ses cheveux : « à cause d'un flyer. » il lança un regard appuyé vers sa collègue « et parce qu'on a entendu que Monsieur Jedusor était quelqu'un de fiable. Pour ce qui concernait les serpents. »
-Et il vous a été utile ? » Harry était presque horrifié. C'était typiquement le genre de talents qui devaient rester cachés des moldus. C'était une infraction.
-Monsieur Jedusor (« appelle moi Tom, Simon ! » s'exclama Tom de son fauteuil) a certainement…été utile. »
-Et donc vous êtes ici pour… » il remarqua les tasses qui étaient posées sur la table basse « boire le thé ? »
Tom, qui était resté silencieux jusqu'à présent se redressa et déclara d'une voix parfaitement normale :
-Puisque tu as décidé d'avoir des « amis » en dehors moi, je vois pas pourquoi je ne pourrais pas en faire autant. Simon Angels est mon nouveau meilleur ami. »
Harry tourna très lentement de la tête en direction dudit Simon Angels qui paraissait très mal à l'aise.
-Monsieur Jedusor, je voulais simplement vous demander de l'aide. Maintenant que la situation est… éclaircie, je vous remercie pour votre obligeance mais nous devons y aller. » Il se tourna vers Tom et s'approcha de lui sans doute pour lui serrer la main mais celui-ci se releva d'un bond et s'exclama :
-Pas si vite Simon ! Allons boire des bières au pub et critiquer nos partenaires » il lança un regard appuyé à Harry qui remarqua que Simon lui lançait un regard à la limite de la supplication. « Je parlais de nos partenaires sexuels, pas professionnels. » il se tourna vers l'adjointe et lui lança un de ses fameux sourire charmeurs : « je n'ai rien contre toi, Olivia, évidemment. »
Elle gloussa et répondit :
-Moi je suis d'accord pour aller boire une pinte ! Et je suis sûre que Simon aussi ! » Tom lui lança un sourire ravi et Harry dût utiliser tout son self-control pour ne pas transplaner immédiatement et ne pas avoir à supporter une interaction aussi gênante.
-J'avais compris pour le ... partenaire » répondit Simon avec un sourire crispé « mais je suis désolé nous devons vraiment y aller. »
Harry soupira et déclara en s'écartant :
-Bien sûr. Allez-y Monsieur l'inspecteur. Madame la sergente. Désolé. »
Angels lui lança un regard reconnaissant et se dirigea vers la porte d'entrée de l'appartement alors que Tom s'exclamait avec un sourire proprement malveillant (exclamation qu'Olivia répéta) :
-Simon, non ! »
Mais à peine quelques secondes plus tard, ils étaient les deux loin de l'appartement.
La porte était à peine fermée qu'Harry se tournait vers Tom :
-LA POLICE, TOM ? LA POLICE ? MAIS T'ES COMPLÈTEMENT DINGUE ! »
-C'est eux qui m'ont contacté. Je n'y suis pour rien. »
-Tu réalises qu'en tant qu'aurore, je devrais t'arrêter ? Mais t'es complètement con ? »
Tom le jaugea une seconde avant de répondre très lentement :
-C'est maintenant que tu te rends compte qu'en tant qu'aurore tu devrais m'arrêter ? … Wow. »
-C'est bon. T'es vraiment lourd. T'as parlé fourchelangue devant eux ? »
Tom se leva et commença à faire les cent pas. Ce qui était d'assez mauvaise augure :
-Discrètement. » Harry lui lança un regard horrifié « On a un énorme, un gigantesque problème. Tellement énorme que je n'arrive pas à l'exprimer. » Il se planta devant Harry : « Quelqu'un parle à ces serpents. Quelqu'un leur a dit qu'il était le « roi» ou « l'empereur » des serpents, y'a qu'un seul mot en fourchelangue, et qu'il allait tous les « libérer. »
Harry eut une vague pensée pour le serpent qu'il avait libéré alors qu'il avait dix ans avant de répondre, horrifié :
-Attends… t'es pas censé être le dernier fourchelangue ? »
-Si. Précisément. J'y réfléchis depuis que je m'en suis rendu compte. La seule théorie que j'ai réussi à monter c'est que… » il se laissa tomber sur le canapé « que soit j'étais un horcruxe et que j'ai repris une forme humaine, et donc qu'un autre… moi valdingue dans le pays ou alors que je suis Voldemort mais qu'un de mes horcruxes valdingue dans le pays. »
Le survivant était devenu blême :
-Mais j'ai détruit tous tes horcruxes… »
Tom secoua la tête :
-Oui, mais en sachant que tu as été un horcruxe involontaire et que je ne m'en suis même pas rendu compte, qu'est-ce qui m'indique que ça n'est pas arrivé soixante fois ? »
Harry n'avait pas de contre-argument. Il s'assit à côté de son petit-ami.
-Tu ne vois pas d'autres explications ? »
-Non. À moins que mon grand-père ait eu un autre enfant planqué je ne sais où…Mon oncle n'a jamais eu d'enfants. » Il fit une pause. « Quoique. »
Il se releva :
-Harry. Demain, il faut absolument que tu ailles acheter tous les livres, je dis bien TOUS les livres que tu trouves sur Ilvermorny et sur les sorciers américains. »
-Pourquoi ? »
-On dit que l'école a été fondée par une descendante de Serpentard. Après, on dit aussi que c'est une branche éteinte de la famille…Mais c'est l'explication la plus rationnelle… et la plus rassurante. Et… » Il contempla Harry « si c'est une autre version de moi qui fait ça, le fait qu'on soit les deux en vie n'a strictement aucun sens. Ce n'est pas comme si t'étais difficile à trouver. J'ai toujours été dramatique et j'ai toujours aimé les mises en scène, mais là c'est contre-productif à l'extrême. »
-T'as raison ! » s'exclama Harry. « Tout le monde sait où je travaille, et… oui, c'est pas comme si ça faisait longtemps que j'avais mis le secret sur notre appartement. »
-Absolument. » renchérit Tom « Beaucoup plus probable qu'un bout de famille caché ait prospéré aux États-Unis. En plus, concrètement, cette personne ne fait rien de mal, elle libère juste des serpents les uns après les autres en proclamant être leur roi. C'est tout à fait normal. »
-T'as pu demander aux serpents qui c'était ? Une description ? »
-Ils ont refusé de me répondre. »
Un silence inconfortable s'installa. Ils savaient aussi bien l'un que l'autre que c'était très mauvais signe. Les serpents étaient censés vénérer Tom.
Harry déglutit et regarda le grimoire qu'il avait apporté avec lui. Ce n'était définitivement pas le moment de provoquer Tom. Nul doute que toutes ces révélations devaient être dures à encaisser pour lui. Quel que soit le cas de figure, il n'était plus si unique que ça, parce que quelqu'un d'autre sur Terre parlait fourchelangue.
Harry se réveilla dans sa position habituelle : sur le côté. Il sentait le bras droit de Tom sous sa nuque et son bras gauche l'enlaçait et était pressé contre son torse. Le plus grand était complètement collé contre lui et Harry sentait contre sa nuque l'air qui sortait de son nez à chacune de ses respirations. Paresseusement, il se redressa un peu (Tom souleva légèrement son bras pour qu'il puisse bouger sans effort) et constata qu'il était huit heures vingt du matin. Un samedi. Ce qui était vraiment trop tôt. Il se laissa donc complètement retomber contre son petit ami qui reprit sa position originelle avant de l'embrasser légèrement dans le haut du dos. Les pensées d'Harry s'arrêtèrent. Tom était affectueux en général, le geste ne sortait vraiment pas du quotidien. Mais… quand Harry s'était réveillé, Tom respirait par le nez. Or, il était bien placé pour le savoir, lorsque Tom dormait il respirait toujours par la bouche. Et il avait soulevé son bras.
Cela ne pouvait mener qu'à une seule conclusion : Tom ne dormait pas quand Harry s'était réveillé.
Et s'il prenait un malin plaisir à lui faire des remarques concernant ses heures de sommeil, ils savaient tous les deux que celui qui dormait le plus longtemps le matin était bien Tom. Inquiet, il se retourna et se trouva face au visage parfaitement réveillé de son petit ami. Le cœur d'Harry fit un bon – et pas le genre de bons qu'il faisait d'habitude en contemplant Tom. Parce que le serpentard avait proprement l'air préoccupé. Et Tom Riddle n'était pas quelque chose d'aussi ordinaire que préoccupé. Harry replaça une mèche de cheveux qui tombait devant les yeux bruns de son petit ami:
-Tom, est-ce que ça va ? »
L'autre lui répondit avec un faible sourire :
-Tu ferais mieux de te rendormir. Je réfléchis juste à ce dont on a discuté hier soir. »
Il avait dit ça d'un ton trop conversationnel. Harry le connaissait assez pour savoir que ça n'allait vraiment pas. Lorsque Tom ressentait quelque chose qu'il ne jugeait pas grave, il l'exprimait toujours.
-Et tu y vois un peu plus clair ? »
Il avait l'impression qu'en parler ne pourrait qu'améliorer la situation. Tom secoua légèrement la tête en guise de réponse. Décidant de choisir l'approche préférée de son petit ami, Harry se pencha vers lui et l'embrassa. Il en profita pour s'allonger plus pressement contre lui – ce qui était une manière assez claire de lui faire comprendre ses intentions. Tom lui rendit son baiser mais s'écarta quand Harry glissa une main entre leurs deux ventres.
-Je suis désolé, mais – mais j'ai vraiment pas la tête à ça. Ça ne va pas marcher. »
Tom ne refusait jamais la perspective d'un orgasme. Jamais. Il faisait parfois comprendre à Harry qu'il était pressé et qu'ils n'avaient pas 45 minutes, ce qui voulait simplement dire qu'ils ne pourraient pas faire la totale, mais il ne refusait jamais les préliminaires les plus simples.
-Ok. Ça ne va vraiment pas. Qu'est-ce que je peux faire ? »
Tom laissa retomber sa tête contre l'oreiller en soupirant. Il plaça un de ses bras devant ses yeux :
-Trouver le ou la coupable que je sache si j'ai – en fait – une famille ? Ou si je ne suis juste qu'un écho d'âme qui se croit doué d'une individualité mais qui n'est en fait que quelque chose de superflu ? »
Harry en resta bouche-bée. « Je devrais peut-être essayer de me tuer, voire si ça marche. Ça pourrait nous donner une indication. »
-Tom, ça ne peut pas être ça. Ça fait six ans qu'on a retrouvé la mémoire ! D'une manière ou d'une autre on le saurait si Voldemort n'était pas toi ! » Il attrapa le bras que Tom avait placé en travers de son visage et l'écarta gentiment. Pour être franc, il ne l'avait pas vu aussi mal depuis des mois.
-Allons au Chemin de Traverse. On peut aller regarder les livres sur Ilvermorny et… manger une glace ? »
Tom croisa son regard et sourit. Il se redressa, forçant Harry qui était penché sur lui à s'asseoir. Il s'assit aussi et prit le visage du survivant entre ses deux mains :
-Je ne sais pas comment je pourrais exister sans toi. En fait, je me demande comment j'ai pu vivre pendant soixante ans sans toi. »
-Si tu veux mon avis, t'as pas très bien réussi à te débrouiller tout seul. »
Tom eut un petit rire qui illumina son visage une seconde. C'était dingue – Tom avait la faculté perturbante de réussir à feindre toutes les émotions possibles, mais il suffisait de voir une seule fois son visage lorsqu'il en ressentait une réellement pour voir à quel point ses émotions artificielles étaient vides.
Le chemin de Traverse était évidemment noir de monde. C'était un samedi matin, ils auraient pu s'y attendre – mais la mine particulièrement sombre de Tom était assez révélatrice quant au fait qu'il n'y avait pas pensé. Ça déception était évidente : Harry imaginait qu'il s'était attendu à pouvoir profiter des magasins en paix. Mais la foule rendait impossible de s'arrêter ne serait-ce qu'un instant devant les diverses boutiques. Ils marchaient main dans la main, tous deux douloureusement conscients des chuchotements flagrants et des regards que leur passage suscitait.
-Réflexion faite » commença Tom alors qu'ils apercevaient enfin l'enseigne de Fleury et Bott « je crois que le fait de savoir que tu es célèbre à ce point à cause de moi, est passé numéro un dans la liste « raisons de regretter tous les choix de ma vie ». » Harry lui lança un regard blasé.
Il poussa la porte du magasin, et ils soupirèrent de contentement avec une coordination remarquable.
Tom inspira profondément : il appréciait évidemment l'odeur du magasin, odeur qui n'avait jamais changée depuis son enfance.
-Tu veux voir autre chose que les livres sur Ilvermorny ? » demanda Harry. Il était sûr que Tom aurait envie de jeter un œil aux autres sections, et plus particulièrement sur les sections qu'Harry n'approuverait pas.
-Pas particulièrement. » répondit Tom avec légèreté. « Il y a trop de monde, j'ai pas vraiment envie de flâner plus que nécessaire. »
Harry pouvait parfaitement comprendre son sentiment : il le partageait. Ils ne perdirent donc pas une minute avant de se diriger vers la section qui regroupait les ouvrages dédiés aux diverses écoles magiques.
Tom saisit immédiatement un volume consacré à l'école américaine et le parcourut un instant alors qu'Harry faisait de même avec un autre :
-Il dit ce que j'ai toujours entendu : « Rionach, la plus jeune des filles d'Isolt et de James, enseigna la Défense contre les Forces du Mal à Ilvermorny pendant de nombreuses années. Elle ne se maria jamais. La rumeur — démentie par sa famille — courut selon laquelle, à l'inverse de sa sœur Martha, Rionach était née avec la faculté de parler Fourchelang et qu'elle était bien décidée à ne léguer à personne l'héritage de Serpentard » (1)
-Celui-là dit la même chose » répondit Harry en reposant le livre qu'il avait pris : « Mais c'est très facile de cacher une grossesse… ça me paraît être la piste la plus sûre, surtout que c'est plus ou moins officiel que Rionach parlait fourchelangue. »
Tom assenti distraitement : il avait un autre livre dans les mains et la main qui ne tenait pas le livre était appuyée au niveau de sa tempe. Au bout de quelques instants il ajouta :
-Tu as raison. Ça paraît un peu bizarre comme argument…J'entends ne pas vouloir transmettre le sang de Serpentard…C'est bizarre comme raisonnement…Elle a sûrement eu des enfants qu'elle a caché. »
Harry soupira :
-Le problème c'est qu'avec le nombre d'américains qui traînent à Londres en ce moment pour aider… ça facilite pas les choses. »
Tom pinça des lèvres :
-Et si c'était la même personne ? Si la personne qui s'attaque aux moldus était la même que celle qui va libérer des serpents ? » il commença à marcher de long en large. « Il pourrait facilement se faire passer pour moi, j'entends, personne ne sait à quoi je ressemblais, et s'il peut parler aux serpents… Tout le monde partira du principe que c'est effectivement moi ! »
Harry l'attrapa par les épaules, le stoppant dans sa progression, et l'embrassa violemment :
-T'es un génie. »
Tom lui sourit fièrement. Son visage transpirait la satisfaction :
-Merci. T'as une idée du nombre d'américains sur le territoire ? »
-Une centaine. Minimum. » soupira Harry en emboîtant le pas du plus grand qui se dirigeait vers la sortie.
-Ah. Ça ne va pas être facile. »
Ils passèrent la fin de l'après-midi dans un parc moldu pas très fréquenté. Ils essayaient l'un comme l'autre de penser à une stratégie permettant de débusquer l'autre descendant de Serpentard. Problème : toutes leurs idées demandaient forcément la présence d'un serpent et la présence de Tom pour qu'il puisse juger la réaction du suspect. Autant dire qu'aucune de leurs idées n'était satisfaisante. C'est donc très préoccupés qu'ils se rendirent chez Luna le soir même. Ils étaient silencieux, n'ouvrant la bouche que pour proposer une idée. Idée qui était évidemment rejetée par l'autre. Celles d'Harry parce qu'elles étaient peu pratiques et peu réalistes et celles de Tom parce qu'elles étaient violentes et dans la majorité des cas, complètement illégales. Le visage de son petit ami s'était transformé d'enthousiaste à maussade. Au point où Harry se demanda s'ils ne feraient pas mieux de faire l'impasse sur la soirée de Luna.
-Tu sais, si tu n'as pas envie qu'on y aille, on peut annuler. » dit-il finalement alors qu'ils devinaient la maison de leur amie par la lumière émanant des fenêtres. Nostalgique, Harry laissa son regard glisser vers la maison (il faisait trop sombre pour qu'il la voie réellement) dans laquelle Tom avait habité... Et qu'il louait toujours, maintenant qu'il y pensait. Il faudrait qu'il aborde le sujet parce que c'était des frais complètement inutiles.
Tom avait considéré un instant sa proposition mais finit par répondre :
-Non, allons-y. Je vais être de mauvaise compagnie pendant encore un certain temps, c'est mieux si t'es avec tes amis. »
Harry leva les yeux au ciel :
-merci pour votre prévenance, messire.
-Je t'en prie. » répondit automatiquement Tom avant de s'avancer d'un pas résolu (et résigné) dans l'allée.
Au fond, Harry était soulagé que Tom soit d'accord de maintenir leur plan. Les soirées de Luna étaient toujours l'occasion de voir toute la bande au complet et il était toujours heureux de voir la fille de son amie (qui grandissait à une vitesse affolante). En plus elle lui avait dit dans une lettre qu'il y aurait un invité surprise et Harry avait l'intuition que ce serait Neville. Et il devait admettre être positivement ravi de revoir l'un de ses anciens amis. Il n'avait pas souvent l'occasion de le croiser.
Ils sonnèrent et quelques secondes plus tard une petite fille leur ouvrait la porte :
-Bonsoir ! » S'exclama Tom en s'agenouillant devant elle. La petite fille, qui avait exactement la même couleur de cheveux que sa mère, se jeta proprement dans ses bras.
Harry vit avec surprise l'air maussade de Tom faire place à un air absolument ravi. Il avait presque oublié à quel point Tom était doué avec les enfants. Et plus encore, à quel point il semblait les apprécier. Il se sentit inexplicablement triste en se rendant compte qu'ils ne pourraient jamais avoir leurs propres enfants.
Cela ne l'empêcha pas de sourire affectueusement en contemplant son petit-ami et Emily avant de les contourner et d'entrer dans le vestibule.
-On est là ! » s'exclama-t-il joyeusement en enlevant ses chaussures alors que Tom faisait de même derrière lui, la petite fille toujours dans les bras.
Il fit quelque pas dans le couloir où se tenait Luna qui visiblement était venue à leur rencontre. Harry aurait pu remarquer – dans d'autres circonstances – la robe fluo de son amie. Mais il s'arrêta net en voyant qui était derrière elle. Tom lui rentra dedans.
Il sentit son sang se glacer.
Derrière Luna, avec un air aussi horrifié que celui d'Harry, se tenait…
Horace Slughorn.
Rassssserasssgh attend. On lui a promis de la nourriture. On lui a promis qu'il pourrait chasser à sa guise. On lui a promis qu'il n'aurait plus jamais à vivre dans une cage.
Alors il attend.
Il sent le venin (mortel) s'accumuler dans ses crochets.
Pour être franc, il se réjouit du moment où il pourra enfin – enfin ! Les enfoncer dans un être vivant. Et pas dans les divers animaux déjà morts qu'on s'obstine à lui donner.
Alors quand finalement la figure apparaît devant lui et pose sa main sur la vitre qui le sépare de la liberté, il sait que c'est son tour. Enfin.
-Seigneur » dit-il dans la seule langue qu'il connaît.
La figure tend un bras et il s'enroule autour de celui-ci. La vitre a disparue.
Aujourd'hui, la liberté.
Demain, les massacres.
Alors que l'humain s'éloigne, il lance un dernier regard sur son ancien monde : la vitre a réapparue, son regard s'attarde sur la plaquette qu'il a vu tant d'humain déchiffrer avec des grands yeux terrifiés et admiratifs.
Il ne sait pas lire, évidemment, mais il sait à quoi ressemble le nom des siens dans la grossière langue humaine.
MAM-Ba Nou-AR pense-t-il avec fierté alors qu'il se presse contre le Seigneur qui vient de l'arracher à sa prison.
Réponses aux commentaires anonymes :
anonymes92: Merci infiniment pour le commentaire! Je suis contente si tu as aimé le chapitre 6 ! Du coup ce chapitre a répondu à ta supposition concernant les corps manquant! (mais est-ce qu'une personne en veut particulièrement à Tom? Telle est la question!)
Skaelds: Merci infiniment! Haha, oui plus léger, ça il l'était! Je suis contente si ça t'a fait rire, c'était le but ! Désolée du coup pour ce chapitre-là dont le ton est... ... nul. (j'essayais de trouver un meilleur adjectif mais peine perdue!) Olala, MERCI quel compliment! ça me flatte! J'espère du coup que tu n'es pas trop déçue! Merci pour la recommandation, je regarderai ça tout à l'heure :)! Bref, encore merci!
Leniewolf: Merci infiniment d'avoir pris le temps de me laisser un mot! Je suis très flattée si tu apprécies ma modeste fanfiction. Et que tu me dises que j'arrive à la rendre crédible, wow, MERCI! Désolée pour le retard et la qualité de cette suite!
Wladislawa: Merci! Je suis soulagée si t'as trouvé le chapitre drôle, j'avais assez peur que ça tombe à plat! J'espère que cette suite ne t'a pas déçue! :) à bientôt et encore merci!
Mamy83: MERCI! Honnêtement, tu pouvais pas me faire plus plaisir qu'en me disant que tu aimes de plus en plus cette histoire! je suis assez douée d'habitude pour faire de pire en pire! Du coup, merci mille fois d'avoir pris le temps de me laisser un mot ! J'espère que tu n'es pas déçue!
Lily: Merci! Je suis très touchée par ton commentaire, et je suis très contente si ma modeste fanfiction te plaît! Wow, je suis flattée en plus, merci de trouver ça bien construit! Olalalala. Il faut arrêter de me flatter comme ça, je ne vais plus réussir à passer les portes haha ;) bref, encore une fois, MERCI pour le commentaire!
Je remercie aussi - évidemment - toutes les personnes avec un compte qui ont pris la peine de me laisser un mot, vous vous rendez pas compte à quel point ça me fait plaisir!
Je ne sais pas si certains d'entre vous seront arrivés jusqu'ici mais je me posais la question...Est-ce que vous voyez où je veux en venir? J'arrive pas à savoir si j'arrive à être discrète ou pas hahaha! Je serais ravie d'entre vos suppositions en tout cas!
Encore une fois, désolée pour la qualité un peu étrange de ce chapitre, je sens qu'il est pas terrible mais j'arrive pas à en trouver la cause... et donc du coup j'arrive pas à rectifier le tir! Mais bref, merci à ceux qui auraient lu et MERCI à ceux qui me laisseraient un commentaire!
