Disclaimer: les personnages & les lieux d'Harry Potter ne m'appartiennent pas.

Bonjour à tous, désolée pour le temps d'attente (je suis incorrigible même si à chaque fois je me promets que c'est la dernière!) voilà un chapitre de... révélations haha !

Je n'en suis pas tout à fait satisfaite mais bon, au bout d'un moment, faut y aller haha. Du coup désolée si vous le trouvez décevant ou s'il ne correspond pas à vos attentes. Je serais très curieuse de savoir ce que vous pensez du premier gros TWIST hahaha de cette fanfiction. Donc n'hésitez vraiment pas à me laisser un mot cela me fera extraordinairement plaisir !

D'ailleurs merci à tous ceux qui l'ont fait pour le chapitre précédent... Vous êtes une source de motivation intarissable je VOUS AIME !


Le silence devint proprement inconfortable. Slughorn était blanc comme un linge, Harry se savait blanc comme un linge (son cœur battait à un rythme inquiétant) et Luna semblait ressentir une forme assez considérable de perplexité.

-Bonsoir ! une voix joyeuse résonna juste derrière Harry : Je me présente, je suis Tom Jedusor, le petit-ami d'Harry. Quoique vous pouvez tout simplement m'appeler Monseigneur ou Milord si le cœur vous en dit. Après tout je -

Harry avait lancé un coup de coude bien senti dans les côtes de son petit-ami alors que celui-ci s'avançait avec énergie vers leur ancien professeur. Il ne savait pas ce qu'il lui passait par la tête, mais il n'était certainement pas en train de rendre la situation moins dramatique.

- Professeur Slughorn ! s'exclama Harry en réduisant la distance qui le séparait du vieil homme qui semblait – il fallait bien l'avouer – au bord de la crise cardiaque. Veuillez pardonner mon… Harry grimaça : petit-ami, il se sent mal à l'aise dès qu'il rencontre de nouvelles personnes… et il dit n'importe quoi.

Il lui tendit une main que Slughorn saisit faiblement. Le regard du vieux professeur était très clairement terrifié. C'était une bonne chose, nota Harry. Il risquait moins d'attaquer aveuglément.

Tom émit un bruit scandalisé :

- Je suis à l'aise en toutes circonstances…Même lorsque le jugement dernier semble avoir reçu une date précise !

Il se plaça à côté d'Harry et tendit sa main en direction du vieil homme.

Slughorn la contempla quelques secondes. Étant juste devant lui, Harry pouvait constater avec aise qu'il respirait par saccade. La bonne nouvelle c'était que, de toute évidence, Slughorn était au moins aussi effrayé qu'eux. La mauvaise… C'était qu'il avait leur destin entre ses mains. Il suffisait qu'il rassemble son courage et qu'il alerte les autres invités pour que … Pour que…

Harry préférait ne pas y penser.

Finalement, après un laps de temps qui parût interminable, il saisit lentement la main de Tom et murmura un « enchanté », sans oser le regarder dans les yeux. Harry dû se retenir de ne pas soupirer de soulagement : clairement, Slughorn préférait sauver sa peau plutôt que de donner l'alerte.

Ils s'avancèrent ensuite vers Luna pour la saluer à son tour. Elle arborait toujours l'expression d'une intense curiosité. Pressé d'échapper à cette situation, Harry se dirigea vers le salon où il eut le loisir de constater que tous ses amis étaient déjà arrivés. Sa respiration se bloqua dans sa gorge. Il fallait absolument qu'ils trouvent un moyen d'échapper à cette soirée, et le plus vite possible. Et il était évident qu'ils devraient réussir à emmener Slughorn avec eux pour … lui intimer clairement qu'il devait se taire à jamais.

Harry salua tous ses amis. Ils avaient tous l'air parfaitement détendus et heureux et il avait l'impression de détonner complètement. Nul doute qu'il devait ressembler à un chevreuil devant les phares d'une voiture.

Il attrapa maladroitement une chips, innocemment posée parmi ses pairs dans un saladier, et la fit tomber sur le parquet.

-Mince ! s'exclama-t-il.

Sa voix tremblait. Il devait être évident pour tout le monde qu'il était au bord de la crise de panique. Et Tom n'avait pas sa baguette. S'il devait se battre seul contre Hermione, Ron, Luna et Drago, il ne donnait vraiment pas cher de leurs peaux respectives. Tom serait sans doute envoyé à Azkaban et lui serait envoyé à Sainte Mangouste pour traiter son cas évident de folie furieuse. Il ramassa la chips encore plus maladroitement qu'il ne l'avait prise et la glissa distraitement dans sa bouche. Le tout en essayant de regarder discrètement dans sa périphérie ce qu'était en train de faire son maudit mec.

-Tout va bien Harry ? demanda Hermione d'un air inquisiteur. Son attitude n'avait pas échappé à sa meilleure amie. Superbe.

-Tu viens de manger une chips qui était tombée par terre ? déclara une voix horrifiée : Bon Dieu quel répugnant personnage tu fais !

Harry était à cours de répartie et Tom sembla irradier de plaisir en le constatant.

-Mon sol est parfaitement propre, glissa Luna avec légèreté.

-Loin de moi l'intention de sous-entendre le contraire, répondit Tom avec un sourire charmeur. Il se tourna une nouvelle fois vers le plus jeune : Harry je peux te parler deux minutes ?

Harry hocha la tête.

-On peut aller dans le bureau dix secondes ? demanda Harry à Luna qui hocha distraitement de la tête en resservant à Hermione un verre de vin.

Harry avait à peine posé la question qu'il sentit la main de son petit-ami lui broyer le bras et le traîner avec force jusqu'au dit bureau.

Il était plutôt petit – et pas très bien rangé. Luna avait de toute évidence fait de l'ordre les pièces communes de sa maison en entassant toutes les affaires superflues dans cette pièce. Luna et son mari ne s'étaient sûrement pas attendu à ce que leurs invités décident d'y tenir un conciliabule. Tom ferma la porte aussi nonchalamment que possible avant de prendre de son autre main celle d'Harry et de la poser au niveau de sa jugulaire.

-Touche mon cou ! chuchota-t-il avec force.

-Mais mon Dieu mais t'es barjo, répondit Harry en obtempérant. Chose étrange, le rythme cardiaque de son petit ami était largement au-dessus de son rythme cardiaque habituel.

-Mon cœur bat la chamade, j'étais pas préparé !

-Je peux voir ça, effectivement.

Tom prit des inspirations consécutives, la main qui tenait auparavant le bras d'Harry plaquée contre son cœur.

-Est-ce cela que l'on appelle…le stress ? demanda-t-il dramatiquement

-T'es vraiment trop con, répondit Harry qui n'était pas en mesure d'apprécier l'humour de l'autre garçon. Et on vient de laisser Slughorn tout seul avec les autres.

Tom fit volte-face à une vitesse réellement impressionnante. Il ouvrit précipitamment la porte du bureau et revint d'une manière trompeusement détendue auprès des invités.

-Merci Luna, je voulais juste m'assurer qu'Harry avait bien pris ses médicaments contre les hémorroïdes. Étant donné qu'il s'agit d'un sujet délicat, j'ai préféré le faire en privé.

Ron s'esclaffa. Une personne, au moins, semblait apprécier l'esprit du Serpentard. Harry n'y fit pas attention. Celle-ci était en effet focalisée sur Slughorn. Il était assis sur le canapé, entre Drago et Hermione, l'air affreusement emprunté. Tout indiquait qu'il n'avait pas craché le morceau. Harry intima à son cœur de se calmer : il lui suffisait de se convaincre que tout allait bien se passer et tout irait tout de suite mieux. Après tout, Slughorn était terrorisé et sa peur semblait le paralyser.

C'était amusant, songea Harry, de penser que tout le monde était détendu, heureux et contents sauf trois invités qui étaient tous absolument tétanisés. C'était encore plus amusant (enfin, il n'était pas sûr que le mot amusant soit approprié… à moins d'y insuffler une certaine dose de morbidité) de voir Tom, le confiant – sûr de lui, arrogant Tom se comporter comme un jeune étudiant sur le point de faire une présentation orale. Bien entendu, Harry – s'il ne le connaissait pas si bien – n'aurait sans doute pas remarqué la raideur de ses gestes, le ton de sa voix juste un peu trop aigu ou l'imperceptible tremblement de ses mains. Il y avait quelque chose d'horrifiant dans cet état de fait. Si Tom était lui-même terrifié… C'était une preuve accablante que cette situation ne devait pas être prise à la légère.

-Dites-moi Monsieur, quelle est votre spécialité ?

Comment était-ce possible d'être aussi inconscient ? Harry regarda Tom s'asseoir « nonchalamment » à côté de son ancien professeur, tout en forçant Drago à se décaler. Il ne savait pas ce que l'autre garçon avait l'intention de faire – peut-être l'intimider ? Ou lui faire croire qu'il n'était pas celui qu'il était ? Voyant l'air proprement affolé du vieux professeur, Harry décida d'intervenir.

-Professeur Slughorn était professeur de potion dans mon école ! s'exclama-t-il. Et il eut tout le loisir de constater que sa voix était loin d'être naturelle.

Slughorn parla pour la première fois de la soirée :

-Oui c'est bien ça. Sa voix tremblait et il s'obstinait à fixer son verre du regard.

-Des potions ! s'exclama Tom d'un ton railleur. Et en quoi ça consiste, en fait ? Créer des filtres d'amour ?

Harry n'eut pas le temps d'intervenir :

-Oui, par exemple. Slughorn semblait prêt à éviter le conflit quoi qu'il arrive ce qui, du point de vue d'Harry, paraissait tout à fait raisonnable.

-Donc, en fait... reprit Tom - et Harry reconnu parfaitement l'expression sur son visage. Il était sciemment en train de provoquer Horace: votre spécialité c'est quelque chose que même les…il se tourna vers Harry, prétendant chercher le terme correct: les… moldus sont capables de faire, n'est-ce pas ?

Toutes les conversations s'étaient rompues. Harry constata avec horreur que tous étaient concentrés sur l'échange qui avait lieu sur le canapé. Le fait que Tom soit en train de provoquer le vieux professeur n'échappait à personne. En revanche, ce qui échappait à tout le monde (sauf à Harry), c'était la raison pour laquelle Slughorn, qui restait quand même un homme fier, se laissait offenser de cette manière. La résignation de ce dernier était indéniable. Slughorn, le visage obstinément baissé vers le sol haussa tristement des épaules et répondit :

-Je n'irais pas jusque – enfin.. c'est-à-dire que – la magie est quand même nécessaire – pas que vous… pas je sois en train de vous contredire…

Tom, toujours à côté de lui, le fixait du regard. Il semblait se pencher un peu plus sur lui à chacun de ses mots. Il donna la désagréable impression à Harry d'être un serpent s'approchant subrepticement de sa proie.

C'était quand même dingue – il découvrait tous les jours de nouvelles facettes de son petit ami : apparemment, s'il était effrayé, son mécanisme de défense était d'attaquer. Parce qu'il ne pouvait pas qualifier autrement le comportement de Tom envers Slughorn. C'était peut-être une technique d'intimidation pour faire comprendre au vieil homme que c'était Tom qui tenait les cartes et qu'il maîtrisait complètement la situation. Mais, et Harry en avait parfaitement conscience, c'était tout sauf le cas.

-L'art de créer des potions demande d'utiliser la magie-

-Un moldu ne serait pas capable d'en fabriquer et je trouve vraiment scandaleux d'insinuer le contraire.

Le couple Malfoy s'était redressé et avait décidé d'intercéder en faveur de leur ancien professeur. Ce n'était pas totalement inattendu de la part d'Hermione : elle détestait que des informations incorrectes puissent circuler. En revanche – de la part de Drago, c'était déjà plus surprenant. Quoique, pensa Harry. Le blond avait toujours été doué en potion, bien meilleur que lui en tout cas, et il prenait peut-être personnellement les attaques à peines voilées de Tom.

Slughorn leva des yeux terrifiés vers le couple. Harry se demanda un quart de seconde ce qui pouvait l'horrifier à ce point dans la déclaration de Drago (qui s'avérait être parfaitement correcte d'un point de vue académique) avant qu'il ne réalise le problème.

De la perspective d'Horace, Drago et Hermione venaient de défier Lord Voldemort en personne. Le sourire de Tom avait changé de faussement amical à carrément pincé. Harry décida une nouvelle fois d'intervenir avant que la situation ne dégénère :

-C'est ma faute Tom a vu mes résultats en potion et je lui ai menti en disant que ça ne servait à rien et qu'il ne fallait même pas utiliser de magie.

Le salon en entier sembla soupirer de soulagement. Harry se demanda depuis quand les rapports entre Tom et ses amis étaient à ce point tendu. Il fit un rapide survol de toutes les interactions dont il avait été témoin. Ok, force était de constater que Tom ne faisait pas réellement d'effort pour s'intégrer voire même qu'il éprouvait un malin plaisir à se mettre tout le monde à dos.

Luna tapa joyeusement dans ses mains :

-Et si on se mettait à table ? Tout doit être prêt maintenant !

Ils se levèrent tous, exhibant divers niveaux d'enthousiasme et s'engouffrèrent les uns après les autres dans la salle à manger. Alors qu'Harry allait passer à la suite de Ron, une main attrapa vicieusement son bras.

-Il faut que l'on se tire d'ici, avec Slughorn, le plus vite possible.

Harry se tourna complètement vers son petit-ami et répondit en chuchotant :

-Beaucoup trop suspect. On partira en même temps que lui.

Tom se pencha encore plus sur lui le dominant de toute sa hauteur :

-Je vais faire une crise cardiaque dans l'heure. Tu es prévenu. Je me suis déjà composé une épitaphe, elle est dans le tiroir de mon bureau.

La décoration de la table de Luna était pour ainsi dire hétéroclite. Les assiettes étaient dépareillées, de même que les verres et les couverts. Harry trouvait que ça donnait un certain charme à la table... à vrai dire, ça lui évoquait les repas au terrier. Les Weasley n'avaient pas non plus possédé une vaisselle uniforme…contrairement aux Dursley pour qui cela était manifestement une preuve de bon goût absolument essentielle à l'existence. Pas très étonnant qu'Harry préfère ce qui était l'exact opposé des goûts de son oncle et de sa tante. Tom, en revanche, semblait être horrifié par la tablée. Harry l'entendit prendre une inspiration très audible. Mais, comme Luna était sans doute la seule à trouver grâce aux yeux de Tom, il ne fit aucun commentaire.

-Où est-ce qu'on s'assied ? demanda laconiquement Drago qui semblait aussi avoir pali devant les couverts de la table.

Luna leur indiqua leur place et Harry désespéra de constater que Slughorn était placé à l'extrémité d'une table, que Tom était à sa droite et que lui-même était à sa gauche. Le professeur était donc cerné par ses deux anciens élèves. Tom le fusilla du regard, probablement pour lui indiquer qu'il était en train d'éprouver un stresse intense.

Emily choisit ce moment pour entrer dans la pièce. Sans saluer personne, elle se précipita auprès de sa mère et s'accrocha à ses jambes. Luna se pencha sur sa fille qui lui chuchota quelque chose dans l'oreille. Luna sourit et leva les yeux vers Harry :

-Harry, Emily a quelque chose à te demander.

La petite fille devint rouge comme une pivoine et Harry constata avec amusement qu'elle n'osait pas le regarder.

Voyant qu'elle était décidemment trop timide pour oser lui présenter sa requête elle-même, Luna reprit : Je lui ai montré mon patronus il y a quelques temps et je lui ai raconté que c'était grâce à toi que j'étais capable d'en faire un. Et depuis elle meurt d'envie de voir ton cerf.

Harry sourit. En face de lui, Tom avait pris une expression très intéressée.

-Avec plaisir Emily ! déclara-t-il joyeusement en sortant sa baguette. Il se concentra une demi seconde et invoqua les souvenirs qui lui permettaient de matérialiser son patronus. Son regard croisa celui de Tom et il s'exclama :

-Spero Patronum !

Une nouvelle fois, un silence des plus inhabituel s'étira dans la pièce. Harry sentit ses entrailles se glacer. Depuis ses treize ans, à chaque fois qu'il avait fait appel à son patronus, un cerf majestueux était sorti de sa baguette. Mais l'animal qui lui faisait désormais office de protecteur ne ressemblait en rien à un cervidé. Voire à un mammifère tout court. Harry ne pouvait que le constater avec le même étonnement que tous ses autres amis : il s'agissait d'un serpent. Et pas de n'importe quel serpent, non ! Il ressemblait en tout point à un anaconda dont la taille serait contre-nature. En fait, maintenant qu'Harry y faisait un tout petit peu plus attention, il réalisait qu'il ne s'agissait pas d'un anaconda mais de Nagini. Il ne savait pas si c'était une espèce particulière de serpent où s'il s'agissait littéralement du putain de serpent qui avait aussi abrité une partie de l'âme de son petit ami. Il inspira violemment, remarqua que Slughorn semblait une nouvelle fois sur le point de s'évanouir et déclara précipitamment :

-Finite Incantatem !

La gigantesque (et menaçante) apparition disparut. Il osa lancer un regard de biais à Tom qui, comme il s'y était attendu, arborait un sourire absolument ravi.

Il regarda ensuite ses amis qui avaient tous un air qui allait de la surprise à l'horreur. Finalement, Hermione déclara d'une petite voix :

-Ton patronus est passé d'un cerf…à…un énorme serpent ?

Tous les regards convergèrent vers Tom qui haussa les épaules l'air encore plus ravi :

-J'ai quelque chose à confesser devant vous. Tout est de ma faute. C'est à cause de moi qu'Harry a découvert qu'il adore les énormes serpents.

-Nice, déclara Harry par réflexe avant de se corriger en se sentant rougir : la ferme, Tom !

-Bon au moins ça répond à la question de ta maison à Poudlard, marmonna Ron en regardant Tom d'un air curieux.

-Merlin. Je sors avec un Serpentard, gémit Harry avec hypocrisie. Pas besoin de faire comprendre à ses amis que c'était encore pire, qu'il sortait avec la descendance directe de Salazard Serpentard.

-C'est maintenant que tu t'en rends compte ? demanda Hermione avec un sourire en coin.

Harry lui retourna son sourire :

-Ah, mon incertitude me donnait de l'espoir mais maintenant… plus de doute n'est permis.

Il se tourna ensuite vers Emily qui le regardait avec des yeux ronds :

-Désolé Emily, il semblerait que mon cerf ait pris sa retraite pour se faire remplacer par un serpent.

La petite fille semblait être la personne la moins perturbée de la pièce par cette révélation. Constatant que le malaise ne semblait pas se dissiper malgré les diverses tentatives pour désamorcer la tension (qui au contraire semblait croître à chaque instant), Luna apporta les plats plus tôt que prévu. Harry était un peu désolé pour elle. En plus, il voyait parfaitement Tom, en face de lui, étudier la scène avec attention. Franchement il sentait que son petit-ami tentait désespérément de relancer les hostilités avec quelqu'un. Il ne comprenait pas trop quel était son plan, détourner l'attention de l'air perpétuellement horrifié de Slughorn ? Mettre tout le monde dans un état de tension extrême pour que si leur ancien professeur décide de vendre la mèche il puisse le faire passer pour un vieillard hystérique ? Harry se fit remarquer qu'il n'avait pas vraiment besoin d'aller chercher si loin Tom était sans doute tout à fait heureux de pouvoir semer le chaos.

Il décida donc de saisir la première occasion pour envoyer un léger coup de pied au niveau de la cheville de son vis-à-vis. Tom fronça les sourcils dans sa direction, probablement pour lui demander ce qu'il voulait. Harry fit un geste discret de la tête pour montrer qu'il faisait référence aux autres invités, puis fronça des sourcils à son tour. Tout cela pour faire comprendre à Tom qu'il ferait mieux d'arrêter de tourmenter tout le monde. Harry savait que viendrait le jour où ses excuses ne seraient plus assez convaincantes pour que ses amis pardonnent à Tom le fait de les insulter plus ou moins directement. Tom se contenta d'hausser des sourcils comme s'il ne comprenait absolument pas ce à quoi Harry faisait référence, alors qu'Harry savait pertinemment que c'était le cas. Il leva les yeux au ciel alors que Tom faisait de même en face de lui.

-Vous êtes un peu flippant, trancha Hermione qui, apparemment, n'avait rien manqué de leur manège. Un bout de pomme de terre était empalé sur sa fourchette qui, elle, était à mi-chemin entre son assiette et sa bouche. Apparemment, Hermione avait été sur le point de prendre une bouchée quand elle avait remarqué la conversation non-verbale entre son meilleur ami et son petit-ami.

-C'est dingue, déclara soudainement Luna, elle aussi avait remarqué l'échange : quand on vous voit on dirait vraiment que… que vous vous connaissez depuis toujours. Comme s'il y a une sorte de connexion entre vous

Tom éclata d'un rire qui beaucoup trop forcé pour être joyeux. Il tapa même de la main sur la table. Harry avait failli recracher le contenu de son verre. À chaque fois que quelque chose arrivait il se disait que rien ne pouvait être pire, jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose d'effectivement cent fois pire. Il était sincèrement au bord de la crise de nerf, et Tom était dans le même état, si on pouvait en juger par son rire hystérique.

-Je suis bien de ton avis, Luna ! s'exclama Tom après quelques secondes. Il avait repris son sérieux et semblait réellement joyeux : C'est très étrange ! Parfois j'ai l'impression de le connaître depuis que c'est un bébé.

Il jeta un regard en biais à Slughorn, regard qui n'échappa pas à Harry qui lui écrasa discrètement le pied sous la table. Hermione qui était penchée dans leur direction fronça subitement des sourcils. Hermione qui avait déduit qu'il s'agissait d'un basilique en deuxième année. Hermione qui parvenait toujours aux bonnes conclusions, Hermione à qui Tom était en train de distribuer des indices à la pelle.

Il fallait absolument qu'ils rentrent chez eux... et le plus vite possible.

L'opportunité arriva environ une heure plus tard. Par miracle, pas d'autres événements gênants n'avaient eu lieu et ils étaient tous tombés dans des conversations banales que ça soit vis-à-vis du travail ou des familles des uns ou des autres.

Slughorn s'était levé – probablement pour aller aux toilettes – et Harry avait vu avec une certaine dose d'angoisse Tom faire de même et le suivre quinze secondes plus tard. Il savait que c'était la meilleure chose à faire. Ils ne pouvaient pas risquer le fait que Slughorn transplane et rentre chez lui. Il lui serait ensuite trop facile de contacter le Ministère. Non, Slughorn devrait rentrer avec eux pour qu'ils puissent lui expliquer la situation. Ou, plutôt, le menacer. Harry n'était vraiment pas enthousiaste à cette idée, mais il ne se faisait pas d'illusion. Le seul moyen de garantir le silence de leur professeur, c'était de lui faire peur.

C'est pour ça que, quelques minutes plus tard, lorsque Slughorn réapparut, blanc comme un linge, et qu'il déclara être sur le point de rentrer chez lui, Harry se leva et sourit avec gêne.

-Je pense que je vais partir aussi. Je suis vraiment désolé mais je ne me sens pas très bien et c'est probablement mieux si je vais au lit tôt.

Les regards dubitatifs de ses amis ne lui échappèrent pas. Harry se promit de consacrer la semaine suivante à essayer de faire oublier à ses amis cette désastreuse soirée. Il savait que Tom et lui allaient être au centre des conversations à la seconde où ils auraient passés la porte. Cette perspective ne l'enchantait pas et, plus encore, il savait qu'un espèce de compte à rebours avait commencé pour ce qui était d'Hermione. Telles les aiguilles d'une boussole, trop événement pointaient dans la direction générale de : « Le petit ami d'Harry Potter est en fait Voldemort ! » L'équilibre de leur vie ne tenait qu'à un fil – un fil très ténu et qui commençait à s'amincir à cause sous-entendus continuels de Tom. Harry savait qu'il allait devoir lui faire la morale – il les compromettait beaucoup beaucoup trop.

Son petit-ami réapparaissait justement dans la pièce, l'air assez satisfait de lui.

-Tom, je ne me sens pas très bien, ça te va si on s'en va ?

-Oh. Je regrette un peu, je passais une excellente soirée mais s'il le faut…

Harry se fit la réflexion qu'il pourrait l'étrangler. Quoiqu'en fait, il était peut-être en train d'essayer de rendre moins évident le fait qu'ils partaient sciemment en même temps que Slughorn. Ce qui n'était pas une si mauvaise idée… L'exécution était quand même carrément à revoir parce la déclaration de Tom donnait surtout l'impression qu'il n'avait pas passé une excellente soirée du tout.

Il salua donc ses amis et se précipita à la suite de leur ancien professeur qui avait essayé de s'échapper subrepticement pendant les diverses civilités.

-Pas si vite, professeur, j'aimerais juste encore vous poser une question ! s'exclama Tom en lui attrapant vivement l'épaule.

Horace se tourna et Harry fut désolé de voir l'expression de son visage. Apparemment, le vieil homme semblait persuadé que sa vie arrivait à son terme. Harry lui sourit d'un air qu'il espérait compatissant et rassurant mais, puisqu'il était lui-même dans un état de tension extrême, il avait bien peur de ne pas être convainquant du tout. Peut-être dégageait-il même l'inverse. Bon sang, si ça se trouvait son sourire entrait plutôt dans la catégorie des expressions psychopathique.

Il ferma maladroitement son manteau et, tous trois, en saluant et remerciant une dernière fois Luna, sortirent de la maison.

Une fois dehors, Harry empoigna sans ménagement Tom et Slughorn et transplana.

Une seconde plus tard, ils étaient dans le salon de la maison de Tom, la maison dans laquelle ils n'allaient pratiquement plus. Avec un peu de chance, le vieil homme ne serait pas capable d'identifier le lieu où ils se trouvaient. Le vieil homme fit immédiatement un pas un arrière, l'air suppliant :

-Je vous en prie, je… je ne sais rien du tout !

-Professeur, je suis vraiment désolé, s'exclama Harry. Il avait l'intention de lui expliquer la situation mais il se sentit très brusquement poussé sur le côté.

-La ferme, Potter.

La voix de Tom était presque méconnaissable. Là où elle était d'habitude chaude et engageante elle était froide et dure. Il passa devant lui sans lui adresser le moindre regard avant de se placer juste devant son ancien professeur.

-Horace… dit-il d'un ton pensif – avant de sortir de sa poche une baguette qu'il plaça négligemment au niveau du cou du vieil homme. Le salopard avait une baguette ? Harry était tout simplement outré que son idiot de petit-ami ait pu lui cacher qu'il était revenu sur sa décision – avant qu'il ne remarque que ce n'était absolument pas une baguette mais … une espèce de tige. Il reconnût immédiatement de quoi il s'agissait – c'était une décoration intérieure de la maison de Luna, des espèces de tiges qu'elle avait placées dans un vase. C'était, par ailleurs, la décoration la moins étrange de son salon. Et Tom en avait volé une. Quel hôte reconnaissant.

Je dois avouer qu'il me répugne de me débarrasser d'un si vieil ami…reprit son petit ami.

Slughorn semblait hypnotisé par son regard et n'avait pas osé baisser les yeux sur l'objet qu'il brandissait. C'était un coup de bluff complètement inconscient. Il suffisait d'un seul regard et il se rendrait compte que « Lord Voldemort » était en train de le menacer avec une vulgaire brindille.

-Après tout, c'est en grande partie grâce à toi que je suis devenu le plus grand sorcier de tous les temps.

Harry eut presque le réflexe de s'exclamer que c'était Dumbledore le plus grand sorcier de tous les temps ! comme quoi, les habitudes étaient dures à perdre, surtout lorsque son petit-ami se comportait comme il était en train de le faire. Il se retint d'intervenir. Ce que Tom était en train de faire, même si ça lui déplaisait de faire usage de la terreur, était nécessaire. Et contester l'autorité que son petit-ami prétendait avoir en faisant une blague nuirait à leur intérêt commun.

-Je ne dira rien ! de grosses larmes s'étaient mises à couler le long des joues du vieil homme.

Il était réellement pathétique et Harry sentit une bouffée de compassion le saisir. Ils feraient clairement mieux d'effacer la soirée de la mémoire de leur ancien professeur. Ce serait carrément moins cruel. Problème, Harry n'était vraiment pas un expert pour ce genre de sort et il avait franchement peur de faire plus de mal que de bien.

-Je vous promets que je ne dirai rien ! Pitié, je vous en supplie, il s'était mis à sangloter.

Ce fut précisément à ce moment-là qu'Harry se fit la réflexion qu'il ne pourrait jamais entreprendre une carrière de mage noir. Se retenir de venir à la rescousse de Slughorn était réellement plus difficile qu'il ne l'aurait imaginé.

Tom rangea sa baguette aussi vite qu'il l'avait sortie :

-Le moindre mot, la moindre rumeur, Horace, et je te ferai subir des tourments qui, une fois que j'en aurai fini avec toi, te suivront dans l'au-delà. Reconnais là la clémence de Lord Voldemort pour ses amis.

Horace hocha plusieurs fois de la tête, ses yeux globuleux débordants de larme et – lorsqu'il réalisa pleinement qu'il était hors de danger – transplana sans demander son reste.

Tom se tourna lentement vers Harry avant d'hocher la tête d'un air particulièrement appréciatif :

-C'est fou, je suis vraiment doué, ça me vient tout à fait naturellement !

-Tom je ne comprends pas comment tu as pu gagner ta réputation quand on voit à quel point tu es complètement à la MASSE ! Je n'arrive pas à croire que tu l'aies menacé avec une putain de brindille ! Il aurait très bien pu s'en rendre compte !

-Harry, si tu avais lu ne serait-ce que quatre chapitres de l'Histoire de Poudlard, tu saurais que l'une des caractéristiques de la maison de Serpentard c'est de de ne pas gérer les situations imprévues. Ergo je ne gère pas les situations imprévues. il lui tapota l'épaule avec un sourire : pourquoi tu crois que j'ai été placé chez Serpentard hein ?

Harry le regarda comme s'il était face à une espèce de demeuré proprement impressionnante :

-Parce que tu as le sang de Salazard Serpentard dans les veines ?

Tom lui lança un sourire crispé.

-Ah. il réfléchit un instant : ça ne change rien ! J'ai été… conditionné depuis mes onze ans pour réfléchir d'abord et agir ensuite ! Contrairement aux idiots de…

-Je te déconseille de finir ta phrase.

-idiots de Gry –

Harry se planta devant lui.

-ngotts.

Le survivant leva les yeux au ciel et déclara d'un air blasé – même s'il était évident pour le plus âgé qu'il réprimait un sourire :

-Tu rends le concept de ne pas te frapper au minimum une fois par jour très difficile à mettre en œuvre, tu sais ?

-Et maintenant tu me blesses alors que je m'en suis plutôt bien sorti pour dire que j'étais dans une situation totalement hors de contrôle. C'est fou, tu ne m'apprécies pas à ma juste valeur. Je fais tout le travail, je terrorise une personne âgée, je fais en sorte qu'elle oublie à jamais l'idée de cracher le morceau et tout ça pour quoi ? Pour que tu puisses conserver ton petit confort et ton petit train-train quotidien.

Harry secoua de la tête :

-J'aimerais bien pouvoir qualifier ma vie de « train-train quotidien ». C'est un peu compliqué d'avoir une routine quand même mon patronus me trahit.

Tom éclata de rire et passa un bras autour de ses épaules :

- C'était le plus beau moment de ma vie, j'espère que tu es fier d'y avoir contribué. Avant ça, c'était le jour où j'ai caché six serpents dans mon pantalon et que le prêtre de l'orphelinat – pédophile notoire par ailleurs – s'est fait mordre alors qu'il essayait de me toucher.

En voyant l'air horrifié d'Harry il rectifia : Ok c'était quatre serpents, les deux derniers n'ont pas voulu entrer.

-C'était….. pas vraiment ça qui me choquait, répliqua le plus jeune.

Tom l'étudia un instant :

-C'était…juste comme ça. Je pense que c'est le pire, en fait. Cette acceptation de la part des enfants de l'orphelinat que c'était comme ça. Que le prêtre allait te toucher, qu'on allait rien avoir à manger et que de toute façon, on allait vraisemblablement mourir d'une maladie quelconque. Mais enfin bref – Heureusement les choses sont différentes maintenant.

Harry sourit avec peine. Il n'existait plus d'orphelinats depuis des années – heureusement – et il commençait lentement mais sûrement à questionner les choix de son ancien directeur. Qui voyait un gamin de onze ans dans un orphelinat et se disait que c'était une bonne idée de l'y laisser ?

Tom attrapa les épaules d'Harry et l'embrassa. Il appuya son front contre celui de son petit-ami.

-Désolé, parfois je ne réfléchis pas à ce que je dis et je réalise pas à quel point… ce que je dis est perturbant.

-Oh Merlin mais ne t'excuse surtout pas, Tom, je suis juste triste que ce genre de trucs horribles te soient arrivés !

Tom lui sourit l'air plutôt heureux :

-Je m'en suis plutôt bien sorti, je crois. J'ai fait ma crise d'adolescence et regarde ! Maintenant j'ai le meilleur partenaire du monde et tout va bien !

-Sacrée crise d'adolescence si tu veux mon avis, répliqua Harry en rigolant. D'ailleurs, reprit-il, dire que tout va bien... c'est peut-être parler trop vite. Tu penses que Slughorn va tenir parole ?

Tom pinça des lèvres un instant. Il expira lentement et répondit :

-Oui. Je pense que si Dumbledore était encore en vie il y aurait un risque marginalement plus élevé. En plus, il a vu que tu étais avec moi. Je pense qu'il réalise que personne n'a de chance de se dresser sur mon chemin...notre chemin, se corriga-t-il en voyant l'expression du gryffondor.

-Espérons que tu auras raison, marmonna Harry.

Tom hocha de la tête avant de laisser s'écouler un regard dépréciatif sur l'ensemble de la pièce :

-On rentre ? Cette maison est déprimante.

Harry hocha de la tête, soucieux. Il attrapa ensuite le bras de son petit-ami et ils disparurent de la pièce.


Harry, Ron, Hermione, Matthew et Ethel étaient tous en train d'éplucher des journaux moldus différents dans l'espoir de ne pas trouver d'événements étranges concernant des pillages de cimetière. La pièce était donc baignée d'un silence fébrile et l'on ne pouvait entendre que le bruit de pages tournées avec avidité.

-Vous avez vu ça ? s'exclama soudainement Matthews en tournant le journal qu'il tenait entre les mains en direction de ses collègues : Apparemment, Tony Stark s'est enfui dans un truc qu'il a fabriqué tout seul ! Et il vole avec !

Hermione semblait très interpellée et elle s'approcha du blond pour jeter un œil à l'article qui faisait la une du journal. L'édition devait avoir été publiée plus tard que les autres car c'était la seule qui faisait mention de l'événement.

-Ces moldus… déclara platement Ethel : ils inventeraient n'importe quoi.

Le visage d'Hermione devint rouge :

-N'importe quoi ? Je te rappelle que les moldus ont réussi à atterrir – enfin alunir – sur la Lune ! à ma connaissance, aucun sorcier n'est jamais sorti de l'atmosphère.

La jeune femme sembla se recroqueviller sur elle-même devant l'air enflammé de l'autre fille :

-Je ne voulais pas être insultante, désolée.

Hermione sembla se dégonfler d'un coup :

-C'est moi qui suis désolée, c'est un sujet un peu sensible.

Harry constata qu'elle frottait inconsciemment son avant-bras, la partie de son corps sur laquelle le mot sang de bourbe avait été gravé à jamais. Son estomac se contracta douloureusement – toute la souffrance de ses amis semblait être cristallisée dans cette cicatrice, dans cette insulte qu'Hermione devait voir chaque jour. Et lui, lui il coulait des jours heureux en couchant avec le type qui avait rendu ce genre d'insultes tolérables.

Harry en étant à se fustiger mentalement pour ses choix de vie lorsque le téléphone se mit à sonner. Quelques années plus tôt, l'idée que la sonnerie d'un tel appareil puisse retentir dans les locaux du Ministère de la Magie aurait été inconcevable. Et pourtant, les quatre sorciers britanniques présents dans la pièce en avaient tous un à portée de main. Mais chose plus étrange encore, la ligne que l'on essayait de joindre n'était pas privée – mais celle du bureau.

Harry se redressa d'un bond. Ça avait été son idée : faire passer le mot dans les commissariats locaux que ce téléphone reliait à une « équipe spéciale » de policiers spécialisés qui devaient tout de suite être mis au courant s'il se passait quelque chose au niveau des cimetières. Il attrapa le combiné, appuya sur le bouton pour décrocher et porta le téléphone à son oreille en faisant signe aux autres de se taire.

-Agent Potter

-Bonjour, Agent Barrett à l'appareil. On m'a dit qu'on devait vous contacter s'il y avait un problème avec les cimetières. Harry lui intima de continuer en émettant un bruit d'assentiment. Le policier reprit : Eh bien ce matin, des tombes ont été profanées dans le cimetière du village.

-Pouvez-vous m'indiquer de quel village il s'agit ?

-Oui, on est à Edenhall. Vous voyez où c'est ?

-Absolument pas, répondit Harry.

Le policier lui proposa de lui envoyer la localisation par e-mail. Harry approuva l'idée, lui promit qu'ils arriveraient aussi vite que possible et raccrocha.

-Cimetière ? demanda Matthew avec empressement.

-Oui, dans un petit village. Je devrais savoir où il se trouve dans quelques minutes. Je pense que ça ne sert à rien qu'on y aille tous les cinq. Qui préfère rester ici et continuer à lire les journaux ?

Ethel fit timidement un geste de la main :

-Je ne suis pas sûre que je serais vraiment utile si je venais.

Ron déclara ensuite :

-Je vais aussi rester, je dois passer au département des accidents et catastrophes magiques.

Harry lui lança un regard interrogateur mais Ron, d'un geste de la main, lui indiqua qu'il ne s'agissait de rien d'intéressant.

-Très bien. Du coup, Hermione, Matthews, soyez prêts dans cinq minutes, je vais aller demander un portoloin.

Hermione hocha de la tête pendant qu'elle fouillait frénétiquement son bureau – sans doute pour trouver de quoi écrire.

Edenhall était un petit village dans le centre du Royaume-Uni. Harry constata qu'il était plutôt petit – les personnes âgées assises devant leurs portes les avaient regardés d'un air curieux – et qu'ils n'étaient pas passés inaperçu. C'était une mauvaise chose. Il regretta immédiatement d'avoir emmené Matthew avec lui. S'il n'avait été qu'avec Hermione, ils auraient pu passer pour un couple tout ce qu'il y avait de plus banal.

Le cimetière avait été érigé– comme c'est coutume en Angleterre – en dehors du village. Ils marchaient donc d'un bon pas en direction de celui-ci lorsqu'une voiture de police les rattrapa et ralentit en passant à côté d'eux.

-Vous êtes les agents spéciaux ?

Les deux policiers à l'intérieur semblaient surpris de voir trois personnes marcher le long de la route.

-Exactement, répondit Harry. Discrètement, il lança un sort de confusion aux deux policiers. Il reprit ensuite : notre hélicoptère nous a laissé dans la forêt là-bas, du coup on marche pour rejoindre le cimetière.

Les deux hommes hochèrent de la tête comme si c'était, effectivement, parfaitement logique.

-On vous y retrouve !

Et, sans plus de cérémonie, ils repartirent. Harry constata avec une certaine dose d'inquiétude que la voiture ne roulait plus tout à fait droit. Il les avait peut-être rendus un peu trop confus.

-Excellent travail ! Le félicita Matthew avec une pointe d'admiration qui semblait sincère.

-On va dire que mon sort pourra être qualifié de « pas mal » s'ils arrivent vivant au cimetière.

Hermione pouffa et ils reprient leur route en essayant de marcher le plus rapidement possible.

Quelques minutes plus tard, ils pénétraient le cimetière dans lequel les profanations avaient eu lieu. Un agent de police, celui qui avait été au volant de la voiture, s'approcha d'eux et leur tendit la main.

-Merci d'être là. On ne sait pas trop quoi faire.

Il les conduisit ensuite vers les tombes en question.

-Les… morts…l'étaient depuis peu, non ? demanda Hermione.

Harry constata qu'effectivement il n'y avait pas encore de tombe en granit mais qu'elles étaient en bois.

-C'est exact. L'une d'entre elle est décédée de mort naturelle, l'autre d'une maladie.

Harry en prit note. Cela voulait dire que le coupable ne tuait pas forcément les morts dont il allait se servir. C'était un détail important parce que c'était caractéristique d'un certain modus operandi. Il faudrait qu'il demande à Tom si lui avait sélectionné ses inferis avec soin ou s'il avait procédé de la même manière.

Malheureusement, il n'y avait pas grand-chose d'autre à voir. Les cercueils étaient vides, la terre était nettement posée à côté ce qui dénotait soit d'un moldu précis à l'extrême soit d'une baguette magique. Harry soupira. Il ne savait pas ce qu'il avait espéré – un indice quelconque, la trace d'une botte qui lui permettrait d'établir, tel Sherlock Holmes, le sexe, le poids, la taille et la vie sexuelle du coupable peut-être ?

Tout ce qu'il arrivait à déduire, en regardant la tombe, c'est juste qu'ils étaient sur la bonne piste. Malheureusement, c'était quelque chose dont il était déjà persuadé.

-M. Potter ?

Harry se retourna, ne reconnaissant pas la voix. La propriétaire de la voix était une jeune femme, également habillée en policière. Il était sûr de l'avoir déjà vue mais il avait du mal à replacer son visage.

-Je suis Olivia Joseph,on s'est rencontrés chez vous…mon chef, Simon Angels était venu demander une expertise à votre partenaire.

-Ah ! Oui ! s'exclama Harry, embarrassé de ne pas avoir ni reconnu ni retenu le nom de la jeune femme: Et vous êtes aussi loin de Londres pour enquêter sur la disparition de ces cadavres ?

Harry était un peu surpris, après tout il y avait suffisamment d'événements, de crimes et de délits à Londres pour ne pas avoir besoin de faire quoi… trois heures de route pour voir un cimetière profané.

-Oui, on a remarqué avec agent Angels qu'il se passait quelque chose d'étrange. Du coup il m'a demandé de venir jeter un œil. Ce qui n'explique pas ce que vous faites là, vous !

Harry se trouva embarrassé jusqu'à ce qu'Hermione réponde à sa place :

-On faisait juste une balade !

À voir l'expression qui passa brièvement sur le visage d'Olivia, Harry comprit que son amie venait de lui lancer un sort de confusion.

-Bien sûr, il fait beau après tout, c'est un temps parfait pour une promenade.

La jeune agente de police regarda une dernière fois autour d'elle avant de leur faire un petit signe de la tête : Bon, je retourne à mes obligations. À bientôt !

Et, en leur adressant un dernier signe de la main, elle s'éloigna nonchalamment.

-En tout cas, à New-York, les NYPD n'ont pas le temps d'aller enquêter sur des crimes de campagne ! s'exclama Matthew avec une pointe d'incrédulité.

Harry se sentit étrangement obligé de défendre les policiers moldus de son pays :

-C'est clair qu'avec un taux de criminalité comme aux États-Unis… Pas le temps de s'intéresser à beaucoup d'autre chose.

Matthew leva les mains en signe d'apaisement :

-Touché, touché !

Hermione, qui s'était agenouillée devant l'une des tombes se redressa et croisa les bras :

-je ne savais pas que Tom était en mesure de faire des expertises pour la police.

Harry sentit son sang se glacer. Il ne pouvait pas dire à Hermione que les expertises de Tom concernaient des putains de serpent. Et d'ailleurs, toute cette situation n'avait strictement aucun sens. Pourquoi des policiers moldus, des professionnels avaient contacté Tom ?

-C'est parce qu'il travaillait aux urgences, avant. Et il est devenu un vrai spécialiste des blessures aux armes blanches. Du coup... Il donne parfois un coup de main pour les autopsies.

C'était des mensonges qui en plus n'étaient pas très logiques. "Spécialiste des blessures à l'armée blanche", ça n'existait pas ! C'était même le boulot de base d'un médecin légiste ! Hermione le fixa du regard pendant quelques secondes avant de soupirer:

-Il recèle de secrets, ton petit-ami.

Harry pinça des lèvres. Matthew, qui n'avait aucune conscience de la tension qui s'était mise à croître entre ses deux collègues, déclara platement:

-Je crois qu'on n'apprendra rien de plus de cet endroit.

-Je suis de ton avis ! S'exclama Harry en se remettant en route. Rester tout l'après-midi à contempler les deux trous ne leur serait d'aucune utilité. Et c'était une excellente façon de se sortir de cette conversation.

Quelques minutes plus tard, après s'être un peu éloignés du cimetière et avoir discrètement transplané, ils étaient de retour au ministère de la magie. Drago n'était toujours pas là – il avait eu un rendez-vous quelconque avec l'un des responsables du département des affaires magiques et Ron n'était pas réapparu non plus.

Ethel, quant à elle, étudiait toujours les journaux qu'Harry lui avait confié.

-Quelque chose de nouveau ? demanda-t-il en enlevant distraitement son manteau.

-Rien, marmonna-t-elle, semblant terriblement lasse. Harry l'étudia du regard un instant :

-Tu sais, tu peux faire une pause si tu n'en peux plus.

Ethel leva lentement les yeux vers lui et le contempla d'un air particulièrement morne. Une chose était sûre, cette jeune femme ne transpirait ni l'enthousiasme ni le dynamisme.

-Personnellement, je pense que c'est exactement ce que je vais faire ! s'exclama Hermione en s'étirant : Un bon thé ne me fera que du bien.

-Je viens avec toi ! s'exclama précipitemment Harry.

Depuis le fiasco total de la soirée chez Luna, il s'était mis en tête d'inviter Drago et Hermione à manger, histoire de faire un double date et leur prouver que Tom était loin d'être aussi horrible qu'il n'y paraissait au premier abord. D'accord au deuxième abord aussi.

Réflexion faite, Tom avait beaucoup de choses à rattraper.

Il s'engouffra donc dans la porte à la suite d'Hermione et se mit à réfléchir à la manière dont il pourrait aborder le sujet en paraissant naturel. Une fois devant la petite kitchenette placée aléatoirement dans la salle de pause, il se tourna vers sa meilleure amie :

-Hermione, ça te dirait de venir manger chez moi ce soir ? Avec Drago, bien sûr. On pourrait se voir les quatre avec Tom, ça pourrait être sympa.

La main d'Hermione qui était occupée à lever la théière s'arrêta en plein milieu de son geste. Elle se tourna vers Harry, l'air un peu perplexe.

-Je ne suis pas sûre que … elle s'arrêta, sembla chercher ses mots puis répondit : On ne peut pas ce soir, on a promis à Narcissa qu'on allait commencer à trier les affaires de Lucius. Je crois qu'elle ne parvient pas à le faire elle-même pour l'instant.

Harry hocha de la tête. C'était une bonne excuse, il n'avait pas grand-chose à rétorquer.

-Et demain ou après-demain ?

Hermione fit une petite grimace :

-Je ne suis pas sûre que ce repas se passerait bien si on était que les quatre… Je ne sais pas comment te dire ça, je n'ai pas envie de te blesser mais Tom n'est parfois pas très agréable avec Drago. Et il est parfois très étrange avec moi.

Harry se raidit involontairement. Évidemment, Hermione avait remarqué l'attitude de son partenaire. Bon DIEU. Il était parfaitement capable de jouer la comédie h24, il l'avait bien prouvé lorsqu'il avait été étudiant à Poudlard– tout le monde avait cru à son personnage de pauvre petit étudiant brillant, charmant et bienveillant. Alors pourquoi ne pouvait-il pas faire la même chose avec ses amis ?

-Je sais comment il peut être, mais je te promets qu'il ne pense pas à mal. Il est juste très maladroit.

Il venait de mentir à Hermione pour la deuxième fois de la journée. Harry n'était vraiment pas fier de son comportement...Surtout qu'au vu de l'expression de la jeune femme, elle ne croyait pas un mot de ce qu'il venait de lui dire.

-Harry…Est-ce que tu es sûr que c'est ce genre de partenaire qui peut te rendre heureux ? Il a l'air d'être très … cavalier… Et pas très empathique.

Harry était choqué qu'elle ose lui dire aussi ouvertement qu'elle trouvait son copain à ce point détestable. La connaissant, ça voulait dire qu'elle le pensait depuis un certain temps déjà mais que, par respect, elle n'avait rien dit. Harry se sentit un peu triste. Quand il était plus jeune, lors de sa sixième année, par exemple, il fantasmait d'un monde où ses amis s'entendraient parfaitement avec sa moitié (moitié qui, à l'époque, prenait plutôt la forme de Ginny).

Évidemment, il n'avait jamais imaginé qu'il présenterait Voldemort comme son petit-ami à Ron et Hermione. Mais, quand même, c'était infiniment frustrant de constater sans aucun doute possible que Tom n'avait fait strictement aucun effort.

-Il faut lui donner une chance, Hermione, dit-il d'un ton un peu trop suppliant à son goût. Je te promets qu'il n'est vraiment pas si horrible.

-ça je suis prête à le croire, lui répondit la brune en souriant. Mais ça n'empêche que… J'ai l'impression que…que c'est comme s'il cachait quelque chose.

Harry se glaça en l'entendant. Elle visait beaucoup trop juste et la conversation commençait à devenir, en plus d'inconfortable, carrément dangereuse.

C'est donc inquiet et embarrassé qu'Harry prit congé de son amie pour retourner auprès des deux américains. Hermione les rejoignit une minute plus tard et c'est ainsi, tous les quatre à lire des journaux, qu'ils terminèrent leur journée.

Avoir épluché une telle quantité de papier…et tout ça pour finir avec l'impression d'avoir perdu toute sa journée était réellement déprimant. Harry se planta pour la dernière fois de la journée devant l'affiche qu'ils avaient accroché au mur. Elle contenait les noms de tous les mangemorts dont ils ne savaient pas avec certitude s'ils étaient en vie ou décédés et dont ils n'avaient jamais eu de nouvelles. Les noms de la liste lui étaient partiellement familiers : Rosier, par exemple, il était sûr d'avoir été face à lui à un moment ou à un autre. Même chose pour Avery. Est-ce que l'un d'entre eux pouvait être à l'origine de cette machination ? Au fond de lui, Harry en doutait. Il y avait plusieurs raisons à cela : premièrement, parce que les mangemorts (à une ou deux exceptions près) ne l'avaient jamais frappé comme étant particulièrement brillants. Deuxièmement parce que Tom avait éclaté de rire à cette idée. Troisièmement parce qu'il avait l'intuition que ce n'était pas le cas. Il était bien possible que le « Faux Voldemort » ait réussi à réunir quelques anciens mangemorts. C'était une hypothèse bien loin d'être ridicule mais de là à ce que ce soit l'un de ces idiots consanguins qui tire les ficelles…Non c'était bien trop improbable.

Découragé de ne pas avoir une idée brillante, il attrapa la veste qu'il avait lâchement abandonnée sur le porte-manteau du bureau en rentrant de leur escapade.

-Je rentre.

-Déjà ? s'exclama Matthew. Il était quand même plus de seize heures, Harry avait tout de même l'impression qu'il n'était pas si tôt.

Et il était assez bon pour réaliser à quel moment son esprit arrêtait tout simplement d'être productif. Il n'avait plus qu'une seule envie, retrouver Tom et passer la soirée avec lui. Il n'avait pas son pareil pour réussir à lui faire oublier les lentes journées qu'il passait au Ministère de la Magie.

Matthew dû se rendre compte que sa remarque n'avait pas plu au survivant. Il essaya de rattraper :

-Je rigolais ! Je pense que je vais y aller aussi – j'ai promis à mon frère que j'allais l'appeler.

-Tu as un frère ? demanda Harry avec curiosité. Il réalisa qu'il ne savait absolument pas qui étaient ses deux nouveaux collègues.

C'était apparemment la question à poser pour lancer Matthew dans une tirade enthousiasmée : il sortit son porte-monnaie de sa poche et colla une photo sous le nez d'Harry.

D'accord, il devait bien reconnaître que le petit frère de l'américain était tout ce qu'il y avait de plus attendrissant. Ils devaient avoir une énorme différence d'âge parce que le garçon qui souriait d'un air malicieux sur la photo ne devait pas avoir plus de treize ans.

-Il est en deuxième année à Ilvermorny et il n'arrive pas à me pardonner d'être parti en Angleterre ! rigola Matthew en regardant la photo d'un air attendri. Il reprit : Ce qui est pas très logique puisque de toute façon je ne peux pas le voir quand il est à l'école.

-Tu as de la chance, sourit Harry. J'aurais vraiment adoré avoir un petit frère ou une petite sœur.

Matthew se tourna vers lui, prêt à lui en demander plus avant que – et Harry le constata presque avec amusement – il ne se rappelle à qui il était en train de parler et ce qui était arrivé à sa famille.

-Je suis désolé ! s'exclama-t-il, confus.

Harry rigola de bon cœur :

-C'est pas grave !

il ouvrit la porte du bureau et laissa passer le blond. Ils firent quelques pas côtes à côtes dans le couloir avant de se saluer et de partir chacun de leur côté.

Harry le trouvait plutôt sympathique finalement – il réalisait parfaitement qu'il ne lui en fallait pas beaucoup. Mais c'était plutôt une qualité dans ces cironconstances car ils ne pouvaient pas cracher sur des alliés en ce moment.

Arrivé dans l'atrium, il lança un regard nostalgique à la statue – ou plutôt à l'espace où s'était dressé la fontaine – qui avait été brisée lors du duel entre Dumbledore et Voldemort. C'était bête quand même, une partie de lui avait vraiment envie d'affronter Tom en duel. Pas en duel à mort, évidemment, mais quand il se souvenait de la manière dont l'autre était capable de manier la magie… Il avait une certaine envie de s'y mesurer. Bien entendu, cela n'arriverait probablement jamais puisque l'autre ne voulait plus toucher à une baguette.

À la place de la fontaine, il n'y avait plus rien. L'espace était vide – faute d'artiste magique compétent. Ils avaient immédiatement enlevé la statue érigée par Voldemort, celle qui représentait un sorcier et une sorcière en train d'écraser des moldus, mais ne savaient pas exactement par quoi la remplacer. Harry était d'avis que celle qu'il avait connu, avec le centaure, le goblin et l'elfe de maison était terriblement raciste. Il fallait faire mieux – mais quoi ?

Il transplana dès qu'il le put et arriva chez lui silencieusement.

-Quelle vue, déclara-t-il platement en jaugeant son petit-ami. Il l'avait dit sans émotion mais n'en pensait pas moins.

Tom était allongé sur le canapé, en pyjama (alors qu'il était bientôt la fin de l'après-midi) une jambe nonchalamment croisée sur l'autre.

Si Harry n'avait pas été persuadé que son petit-ami le lui répéterait constamment, il lui aurait demandé de lui donner un cours pour réussir à … être aussi séduisant et sans aucun effort ! Harry n'arrivait pas à détacher ses yeux de sa silhouette. Il s'approcha et, alors que Tom bougeait ses jambes pour lui faire de la place, se laissa tomber sans ménagement à côté de lui. Il commença machinalement à caresser la jambe de l'autre garçon qui émit un bruit de satisfaction.

-Tu as l'air d'être tendu, déclara Tom après l'avoir étudié un instant. Il s'était un peu redressé et se tenait sur ses coudes. Bon sang, il avait vraiment l'air d'être un aristo de la fin du dix-neuvième, complètement oisif.

-On avance pas. On ne trouve rien de concluant, soupira Harry, défait. Il se rendait bien compte qu'ils risquaient de devoir attendre que le « Faux Voldemort » décide de faire surface. Le problème, c'était que cela sous-entendait que des gens allaient mourir. Tom se contorsionna pour s'approcher de lui, et tira ses épaules dans sa direction. Dans un bruit surpris, Harry s'affala sur le plus grand. Il se tourna légèrement pour le regarder dans les yeux. Tom lui sourit, attrapa son visage entre ses mains et l'embrassa légèrement.

C'était exactement ce dont Harry avait besoin et dont il avait eu envie toute la journée. Il glissa paresseusement ses mains le long du corps de son petit ami avant de les passer sous sa chemise.

Il sentit le corps de Tom se raidir sous ses doigts alors que son petit-ami approfondissait leur baiser et qu'il appuyait sur le crâne d'Harry avec empressement, comme s'il essayait désespérément de rapprocher le plus petit de lui.

Brusquement, Tom se retourna, inversant leur position. Harry le laissa l'allonger sur le dos, participant au mouvement.

-Je sais exactement ce dont tu as besoin, déclara platement le plus grand alors qu'il se laissait glisser du canapé pour s'agenouiller par terre. Harry déglutit et se rassit complètement. Il se pencha vers le plus grand pour l'embrasser. Tom recula de quelques centimètres et reprit : d'abord, je vais te sucer. Ensuite, on va manger ton plat préféré que j'ai été chercher dans le restaurant indien du coin » Harry l'embrassa brusquement. Il sentit Tom sourire contre ses lèvres : ensuite, on regardera cette série débile que tu apprécies tant (elle n'est pas débile ! s'insurgea Harry alors que Tom défaisait habilement le bouton de son pantalon) et finalement je te ferai un massage digne d'un prostitué spécialisé.

Harry pouffa et leva légèrement les hanches pour aider Tom à lui retirer son pantalon. Il était sur le point de faire subir le même sort à son caleçon lorsque le téléphone de ce dernier retentit.

Tom leva les yeux au ciel, tout à fait prêt à ignorer l'appel mais Harry plissa de yeux, l'air méfiant :

-Attends… il y a d'autres personnes que moi qui t'appellent ?

Tom prit un air faussement choqué :

-évidemment, je suis extraordinairement populaire : j'ai beaucoup d'amis.

Harry ricana d'un air désobligeant :

-C'est sûrement quelqu'un qui a besoin d'aide avec son « serpent ».

Piqué au vif, Tom se redressa en fusillant Harry du regard, et alla chercher son téléphone qui était resté là où il l'avait abandonné plus tôt dans la journée : sur la table à manger.

Il revint et plaça l'écran devant les yeux du plus petit :

-C'est Simon. Mon nouveau meilleur ami. Je suppose que tu te sens réellement bête maintenant. Et que tu vas me présenter des excuses.

-Pourquoi il t'appelle ? répondit Harry, dont la curiosité avait été attisée. Il n'avait pas eu l'impression que le policier était du genre à avoir des amis… tout court.

-Sûrement pour me proposer d'aller au pub du coin, répondit Tom avec légèreté. Il laissa tomber son téléphone au sol sans cérémonie (Harry eut vaguement envie de le sermonner) et se replaça devant le plus jeune :

-Bon, où en étions-nous ?

Le téléphone se remit à sonner et, une nouvelle fois, le nom de l'inspecteur de police Simon Angel apparut sur l'écran.

-Peut-être que tu devrais répondre… » déclara lentement Harry, le regard fixé sur le combiné. Il avait un assez mauvais pressentiment. Il arrivait presque à imaginer l'inspecteur, pourtant d'habitude réservé à l'extrême, en train de faire les cent pas.

-Sûrement encore un vol de serpent au vivarium, répondit son petit-ami qui contemplait également son téléphone d'un air circonspect. Il finit par se décider, l'attrapa, appuya sur le bouton pour accepter l'appel et le porta à son oreille.

Harry ne comprit pas tout à fait de quoi il était question. Il vit juste très distinctement l'expression de son petit-ami passer de la surprise, à la confusion, à l'horreur.

Tom ne dit pas grand-chose durant la conversation si ce n'est : « un enfant, tu as dit ? » « où ? » « un quoi ? » et « on arrive ». Harry n'avait pas réussi à comprendre ce que Simon avait dit.

Tom raccrocha, blanc comme un linge. Harry se releva immédiatement et posa ses mains sur ses bras.

-Tout va bien ?

-Apparemment…

Tom détourna les yeux. Il semblait inquiet, préoccupé le genre d'adjectif qu'Harry n'avait que très rarement associé à son petit-ami. Il reprit :

-Apparemment, Simon a reçu un appel venant d'un foyer qui s'occupe d'enfants. Sa respiration tremblait : le responsable lui a dit qu'un des gosses s'était enfermé dans sa chambre avec un serpent et qu'ils n'arrivaient pas à le faire sortir.

-Comment ça ils n'arrivent pas à le faire sortir ?

-Ils n'arrivent pas à ouvrir la porte.

L'esprit d'Harry sauta d'une information à l'autre. Ils n'arrivaient pas à ouvrir la porte de la chambre d'un enfant. Est-ce que c'était un cas de magie infantile ? Il se doutait bien que dans ce genre d'institutions, les responsables avaient les clés des chambres et que les enfants ne pouvaient pas s'enfermer aussi facilement. Et il s'était enfermé avec un serpent ?

-Ils ont dit ce que c'était comme serpent ?

Tom tourna les yeux vers lui :

-Simon me dit que le type affirme que c'est un Mamba Noir.

Qui était précisément un des serpents dérobés au vivarium.

-Il t'a dit l'âge de l'enfant ?

- 6 ans.

-On y va ?

Tom hocha de la tête. Il mit fébrilement son manteau et ses chaussures et tendit la main à Harry pour qu'il puisse les transplaner.


Le manoir, solitaire dans la plaine, semblait avoir été monté pour les besoins d'un film d'épouvante. Les arbres, nus, qui bordaient son allée prenaient des airs menaçants de monstres aux doigts crochus, prêts à intercepter les pauvres fous osant s'aventurer près d'eux. Il fallait, pourtant, passer leurs sinistres branches pour atteindre l'énorme portail qui gardait l'accès au parc du manoir. Hermione supposait qu'il avait dû être agréable, à un moment de l'histoire du bâtiment, de remonter cette allée, de s'enfoncer dans les jardins et d'arriver devant la lourde porte de chêne. Mais en cette triste fin d'après-midi, alors que le froid l'étreignait, le manoir était bien loin de son faste d'autrefois. Il ressemblait à l'endroit dans lequel dépairissait une veuve fortunée. Et c'était précisément le cas. Narcissa y habitait seule, sans l'aide des elfes de maison. Les sorciers d'Angleterre avaient, semblait-il, perdus leurs fidèles employés (ou plutôt esclave, de l'avis d'Hermione). Et il fallait bien admettre quelque chose : Narcissa n'avait pas été éduquée pour tenir un foyer. La qualité de ses sorts de nettoyage aurait horrifié Molly. Bien entendu, elle était propre et rangeait ce qu'elle utilisait, mais la maison était tellement vaste qu'elle n'arrivait tout simplement pas à devancer la poussière et les diverses saletés qui s'installaient partout. Elle ne vivait plus que dans l'aile droite, celle qu'elle avait toujours préférée parce que la lumière du soleil semblait toucher avec plus de facilité les teintures des pièces. Accablée en plus par la perte de son mari, qu'elle avait sincèrement aimé malgré leur mariage dysfonctionnel, elle avait du mal à se débarrasser de ses affaires. Au moment où elle avait repris demeure dans l'antique maison des Malfoy, elle avait d'ailleurs demandé à son fils de tout fourrer pêlemêle, dans le grenier.

Et c'était exactement ce qu'ils devaient trier. Certains souvenirs seraient chéris pour toujours, d'autres seraient destinés à rester au grenier et finalement, le bric-à-brac de Lucius serait jeté sans cérémonie.

Toujours intimidé par la taille démesurée de tout ce qui se trouvait dans la demeure – comme si la maison elle-même tentait de rappeler aux visiteurs leur insignifiance, Hermione franchit le pas de la porte et serra la petite main de de Narcissa Malfoy. C'était une petite femme frêle mais l'éclat de ses yeux aurait soumis un colosse. Narcissa avait pris – contre toute attente de cette dernière – Hermione en affection. La jeune femme était bien loin des idéaux qui avaient façonnés sa vie – Née-moldue, indépendante, prête à exprimer son opinion en n'importe quelles circonstances… Et Narcissa se prenait parfois à envier la liberté de la jeune femme tout en étant reconnaissante que son fils ait eu le choix de sa compagne. Ça n'avait pas été son cas. Elle les invita à entrer et leur proposa un thé avant qu'ils ne montent dans l'auguste grenier qui abritait les affaires des aïeux Malfoy.

Une fois le thé bu et les diverses politesses échangées, Drago fit signe à Hermione de le suivre et ils empruntèrent ensemble les escaliers qui menaient au grenier. Les premiers étaient énormes, des escaliers clairement conçus pour être empruntés quotidiennement par la famille et divers invités (Drago expliquant à Hermione où se trouvaient les divers salons de thé. À chacun était associé un privilège particulier de sorte que les invités pouvaient connaître leur position sociale suivant s'ils étaient reçu dans le salon vert ou le salon rouge.) Mais, alors qu'ils montaient dans le manoir, les escaliers devenait de plus en plus étroit jusqu'à devenir complètement vétuste. Personne, à part les elfes de maison, ne venaient dans ces parties-là. Jusqu'à, évidemment, ce que les elfes de maison disparaissent complètement.

Ils furent bientôt devant la porte du grenier, porte qui n'avait rien d'impressionnant. À vrai dire, elle aurait pu se trouver dans n'importe quelle maison de n'importe quelle famille.

Drago se tourna vers Hermione et lui sourit :

-Bon, allons-y.

Hermione opina. Fouiller dans les affaires de Lucius Malfoy ne l'enchantait guère, mais c'était le genre de choses qu'elle était prête à faire par amour. Bon Dieu, si on lui avait dit qu'elle finirait par se marier avec Drago, elle aurait sûrement préféré s'exiler en Hongrie.

Et pourtant. La vie était quand même complètement dingue. Ils entrèrent dans le grenier côtes à côtes et Drago lança un sort afin d'éclairer la pièce dans laquelle aucune lumière ne parvenait. C'était une énorme pièce, elle n'en voyait d'ailleurs pas le bout, jonchée de meubles, cartons et autre bric-à-brac. Certains meubles étaient recouverts par des draps ce qui conférait à la pièce une allure éthérée. Hermione fit une nouvelle frappée par le goût de la mise en scène et le côté dramatique de la famille Malfoy.

Drago lui montra un carton du doigt :

-Tu peux commencer par ça. Je pense qu'on a l'intention de ne garder que les choses vraiment intéressantes… je te laisse interpréter ça comme tu veux.

-Très bien.

Il lui embrassa légèrement la joue et il s'enfonça plus loin dans le grenier.

Hermione s'agenouilla et saisit le carton : il ne contenait que des lettres. Vraiment, elle avait l'impression de faire quelque chose de terriblement tabou – C'étaient des effets éminemment personnels - et pourtant elle allait s'y plonger comme s'il était légitime pour elle de lire la correspondance du père de son mari. Elle aurait préféré devoir trier des objets magiques.

Drago, lui, semblait absorbé par un dossier qu'il avait ramassé sur un bibelot quelconque.

-C'est dingue, c'est les affaires de mon grand-père ! Je pensais que père avait tout jeté au moment où… »

Il fit une grimace. Hermione comprit tout à fait ce à quoi il faisait référence. Trop heureux d'avoir réussi à se disculper des accusations qui pesaient sur lui, Lucius avait détruit toute preuve que son père avait eu des liens avec Voldemort.

-C'est intéressant ? demanda-t-elle, curieuse. Elle se demandait quelle avait été sa vie, à ce mangemort de la première heure, qui avait personnellement côtoyé Voldemort lorsqu'il avait été étudiant.

-Je ne pense pas, répondit Drago en retournant la feuille qu'il lisait : Pour l'instant c'est juste des notes de son cours de potion. Tu te rends compte qu'il a aussi eu Slughorn comme professeur ?

Elle sourit et saisit à son tour une lettre.

Le contenu du carton se révéla être un peu plus intéressant. Il contenait des lettres personnelles de Lucius à ses parents ainsi que des lettres que Lucius avait reçues. Hermione se rendit compte qu'il avait eu beaucoup d'humour ce qui paraissait fou en comparant l'individu qui se détachait des lettres par rapport à l'homme qu'elle n'avait qu'entraperçu dans son enfance.

Elle en était justement à sourire en lisant un Lucius de 15 ans raconter à ses parents à quel point les cours étaient ennuyeux lorsque la voix de Drago retentit dans la pièce silencieuse.

-Her…Hermione ?

Elle n'avait jamais entendu Drago prendre un ton pareil. Même lorsqu'ils avaient été étudiants à Poudlard et qu'il se faisait malmener par Voldemort lui-même. Jamais il ne lui avait paru apeuré à ce point. Elle se tourna vers lui, affolée.

Il était toujours agenouillé devant le carton des affaires scolaires de son grand-père. Et tenait entre ses mains un morceau de papier rectangulaire qui semblait le captiver. Il leva les yeux vers elle et elle constata avec une peur grandissante qu'il semblait absolument terrorisé.

Elle se précipita vers lui et regarda ce qu'il avait entre les mains.

C'était une photographie. Le cadre était sans aucun doute la salle commune de Serpentard, à l'époque ou Abraxas Malfoy était étudiant. Il était d'ailleurs facile à repérer parmi les trois garçons qui figuraient sur le cliché. Tout à droite il lançait un regard fier à l'objectif, l'uniforme brillamment porté sur lequel scintillait l'écusson des préfets. Il était aussi blond que son petit-fils et son air dédaigneux le faisait ressembler d'une manière troublante à Drago lorsqu'il était – lui aussi – un adolescent. Mais la figure qui gela les entrailles d'Hermione se tenait au centre de la photo. Grand, l'uniforme étrangement rapiécé – comme s'il s'agissait d'habits de seconde main, et d'une beauté affolante, il était – à en croire l'écusson épinglé au niveau de son cœur – un préfet en chef.

Les cheveux bruns coiffés élégamment, l'air tout ce qu'il y avait de plus affable, son apparence générale contrastait avec le regard absolument froid qu'il lui rendait.

Hermione était pétrifiée. Il n'y avait absolument aucun doute possible - et toutes les choses étranges qui concernaient le petit-ami d'Harry lui revenait brusquement en mémoire.

Elle comprenait mieux, maintenant, pourquoi son meilleur ami avait refusé de partager ses souvenirs avec elle.

Parce que Voldemort… Voldemort avait été juste à côté de lui.

Elle appuya une main tremblante sur sa bouche alors que le garçon sur la photo, Tom Riddle d'il y avait soixante ans, lui souriait avec méchanceté et lui faisait un clin d'œil.


Le foyer était situé dans une banlieue de Londres assez défavorisée. Harry ne s'y était jamais rendu et ils durent ainsi utiliser les transports publics pour le dernier bout du chemin. Les immeubles étaient assez déplaisants, tous auraient largement mérité d'être repeints. Certains d'entre eux avaient des fenêtres cassées, maigrement réparées à l'aide de bouts de carton. Harry sentit, en marchant silencieusement, le poids d'une misère silencieuse. Ce n'était vraiment pas le genre de quartier dans lequel il devait être agréable de grandir. Tom, à ses côtés, ne disait rien mais son visage avait gardé le même air préoccupé.

Trouver le foyer fut une chose remarquablement aisée. En effet, une voiture de police était garée dans l'allée. Il n'y avait aucun badaud trainant dans les environs, curieux de voir ce que la police faisait là. Harry se fit la réflexion que c'était peut-être parce que les voitures de police étaient monnaie courante dans ce genre d'endroits.

-C'est peut-être une fausse alerte, déclara Harry en essayant de rassurer Tom dont le visage s'était encore assombri. L'autre ne répondit rien. De plus en plus inquiet, Harry monta les quelques marches du perron et sonna.

Simon Angels leur ouvrit immédiatement la porte, l'air soulagé de les voir là.

-Votre rapidité m'impressionnera toujours, maugréa-t-il en s'effaçant.

-On était dans le coin, répondit Harry. Il y a un magasin d'antiquité super à trois arrêts de bus.

Simon lui lança un regard dubitatif mais n'ajouta rien.

Harry et Tom s'avancèrent dans l'entrée. Le malaise de Tom semblait émaner de son corps et s'intensifier toutes les secondes. Peut-être que c'était de se trouver dans un établissement pour enfant ? Peut-être que ça lui rappelait de mauvais souvenirs ?

Ils arrivèrent dans une salle qui devait faire office de salle commune et de salle à manger. Il y avait deux adultes, un homme d'une quarantaine d'année qui s'entretenait vivement avec l'adjointe de Simon. L'autre, une femme qui semblait ne pas avoir plus de vingt-cinq ans, essayait de distraire deux enfants qui, malgré tous ses efforts, fixaient la policière du regard.

Harry aurait presque pu soupirer de soulagement. Même si le quartier était bien loin d'être un lieu agréable, le foyer semblait plutôt correct. Tout était triste, évidemment, la moquette, le papier peint, mais c'était propre. Et les enfants portaient des habits à leur taille qui semblaient bien entretenus.

-Bonjour, déclara poliment Harry en regardant successivement la femme, l'homme et les deux enfants.

-Oh bonjour monsieur Potter ! s'exclama joyeusement Olivia. On dirait qu'on arrête pas de se croiser aujourd'hui !

Harry lui sourit alors que Tom restait très distinctivement silencieux. La femme et l'homme fixaient Tom du regard comme s'il s'agissait d'un revenant.

-Bonjour, finit-il par articuler avec reluctance, comme si ouvrir la bouche était un effort en tant que tel. Pouvez-vous nous en dire plus sur la situation ?

-Je m'en charge, déclara platement Simon. En gros, un des enfants du foyer est enfermé à l'étage avec un serpent. ici présent, Simon fit un signe en direction de l'homme, affirme qu'il s'agit d'un mamba noir.

-Si c'est le cas, déclara froidement Tom, je vous suggère d'appeler une ambulance.

Les deux animateurs échangèrent un regard. Green fit un pas dans leur direction l'air impossiblement mal à l'aise :

-C'est que… Ce n'est pas le premier incident.

Voyant que personne ne prenait la parole, la jeune femme reprit :

-Il s'est déjà passé des choses bizarres...avec des serpents.

-C'est-à-dire ? Tom s'était brusquement avancé au centre de la pièce, comme mû par un instinct complètement indépendant de sa volonté.

La jeune femme rougit :

-Il est passionné par les serpents… On en a retrouvé plusieurs dans sa chambre.

Tom semblait être prêt à se jeter à l'étage supérieur pour ouvrir manu militari la chambre où se terrait le garçon.

-Merci pour ces informations, déclara Harry dans un sourire. On peut en savoir plus sur cet enfant ? Est-ce qu'il serait américain par hasard ?

Green reprit la parole :

-On ne sait pas. Sa mère est morte d'une overdose il y a trois ans et on ne sait rien du père. Et elle était anglaise.

Green le fixait des yeux comme s'il essayait de lui faire passer un message.

-Sinon, il est plutôt discret et introverti, interjeta la jeune femme dont Harry ignorait toujours le nom. Il a été placé dans deux familles d'accueil mais… ça n'a pas très bien marché. Elle lui cachait clairement quelque chose. Harry imaginait que le garçon était forcément un sorcier et qu'il avait dû, sans le faire exprès, effrayer les familles d'accueil avec ses talents.

- Ah, et il s'appelle Tom.

Harry eut presque envie d'éclater de rire, mais Tom venait de quitter brusquement la pièce. Harry l'entendit gravir les marches à une vitesse proprement affolante. Et il réalisa que c'était bien la première fois qu'il voyait Tom Riddle / Voldemort courir quelque part.

-On revient tout de suite ! ajouta Harry. Il se rendait bien compte qu'il allait sans doute devoir leur lancer des sorts de confusion. Après tout, ils n'étaient pas censés agir de cette manière devant des moldus. Mais, puisque de toute évidence un sorcier mineur était la cause des problèmes, ça tombait parfaitement dans son cahier des charges d'Auror. Il avait donc parfaitement le droit de s'immiscer et d'intervenir.

Tom était devant la seule porte fermée de l'étage. Les trois autres étaient ouvertes et étaient toutes des chambres. Deux pour les deux autres enfants et probablement une pour le surveillant de garde, imagina Harry.

-Est-ce que ça va ? demanda-t-il calmement à Tom qui attendait devant la porte comme s'il était terrifié à l'idée de l'ouvrir.

-Juste, ouvre cette porte, s'il te plaît.

Harry tendit la main sur la poignée et tenta de l'ouvrir. Elle resta obstinément fermée. Il se pencha légèrement en avant, pour regarder par le trou de la serrure : il n'y avait pas de clé dans la porte. Il sortit ensuite sa baguette et, une seconde plus tard, le verrou sautait et la porte s'entrouvrait. Sans attendre que Tom se décide à entrer, il pénétra dans la chambre et fut immédiatement accueilli par deux visions plus inquiétantes l'une que l'autre : la première, un énorme serpent noir et très menaçant se dressait entre lui et le lit.

La deuxième était précisément assise sur le lit. L'air à mi-chemin entre la peur de voir que des gens étaient parvenus à entrer dans sa chambre et un outrage presque comique que des gens aient réussis à entrer se tenait… Une copie presque conforme de son petit-ami.

Évidemment, je lui ai dit que je n'étais pas intéressé, et sur le moment elle m'a dit qu'évidemment elle comprenait, et elle m'a proposé à boire et j'entends… c'est tellement absurde mais… Et j'étais tellement ivre que je n'ai pas fait attention à mon verre ou je ne sais quoi et…

Et

Pour être concis : je me suis réveillé nu chez elle le lendemain.


TA TA TAAAA. Voilà, c'était le chapitre où tout part en c... cacahuète haha. J'espère que ce RETOURNEMENT DE FOU (je fais ironie haha) vous aura surpris, je le prépare depuis si longtemps hahaha... j'arrive pas à croire y être ENFIN arrivée !

Je remercie la ou les personnes qui seront arrivés jusqu'ici et je remercie ENCORE PLUS les gens qui auront la gentillesse extrême de laisser un commentaire. J'adore lire vos impressions et théories et si vous avez des choses à me repprocher, j'adore le savoir aussi ! :)

MERCI et à tout bientôt héhéhéhé


Réponses aux commentaires anonymes:

anonymes92: merci beaucoup d'avoir pris le temps me laisser un mot ! J'espère que la suite t'a plu.

Mamy 83: Merci beaucoup de m'avoir laissé un commentaire ! J'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçu !

Eden: Haha, effectivement, la fête de Luna a été mouvementée ! J'espère que c'était à la hauteur de tes attentes. Merci de m'avoir laissé tes impressions !

Guest (1): Merci infiniment de m'avoir laissé un mot ! J'espère que tu n'es pas trop déçue que la grande révélation n'ait, en fait, pas eu lieu pendant la fête mais dans des circonstances totalement inattendues hahah ! Pour l'identité... ... je ne dis rien hahahah !

Tif: Merci beaucoup pour le commentaire ! Et désolée que l'attente ait duré si longtemps.

Lilia: wow, merci beaucoup pour ton commentaire ! Tu me fais vraiment plaisir et je suis très contente que cette modeste fanfiction te plaise ! MERCI MERCI MERCI j'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçue... Surtout que pour le coup, des rebondissements... y'en a hahaha ! Encore merci MILLE FOIS et désolée pour l'attente.

Évidemment, je remercie aussi INFINIMENT toutes les personnes qui ont laissé des commentaires via leur compte. Je crois vous avoir tous répondu :)