Bonjour/Bonsoir à tous !

Me voilà avec le deuxième chapitre de cette fic, comme promis. Merci infiniment pour tous les retours positifs que j'ai eu et merci aussi à tous ceux qui ont ajouté cette histoire dans leurs alertes. C'est extrêmement encourageant pour moi. Je suis en train de traduire le sixième chapitre actuellement.

Le lien pour la fic originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil.

Sur ce, je voulais sur les paroles de Milanoas : Que les bonnes ondes potteriennes vous accompagnent ;)


Chapitre deux

14 Juin 2005 – Mardi

Le regard d'Harry était perdu dans les lentes volutes de fumée s'échappant de sa tasse de thé. Il était bien trop chaud pour le boire mais il considéra malgré tout l'idée. Il avait passé une heure supplémentaire au Ministère la nuit dernière pour parler de l'affaire et des différentes théories avec Kingsley et pour essayer de le convaincre qu'il n'avait aucune idée de pourquoi Malfoy l'avait spécifiquement demandé.

Eddie fut étonnamment compréhensif, malgré le fait que Harry ne lui ait quasiment rien expliqué.

« Ils avaient besoin de mon aide pour quelque chose. Je n'ai pas repris du service. » avait insisté Harry en arrivant à la maison.

Il s'était arrêté sur le chemin dans un restaurant indien.

« C'est normal qu'ils veulent ton expertise. » avait dit Eddie, « Je suis certain qu'ils continueront de te demander ton avis dans les années à venir. Ce sera ton choix de te détourner d'eux en douceur ou de rompre tout contact d'un seul coup. »

Harry avait cherché toute trace de critique dans ce commentaire mais Eddie avait semblé sincère. Il avait réellement pensé que la décision de quitter les Aurors pour de bon ou non était entre les mains d'Harry. Malgré les paroles énigmatiques de Malfoy, Harry ne voyait aucune raison de mettre en doute sa confiance en Eddie. Malfoy était juste... Malfoy finalement.

Il secoua la tête pour revenir au présent et regarda Eddie faire glisser une tranche de bacon et une portion d'œufs onctueux dans une assiette.

« Combien de temps tu penses que tout ça va durer ? » demanda Eddie en poussant l'assiette devant Harry et en embrassant le haut de sa tête.

Harry prit une gorgée de son thé trop chaud et siffla de douleur quand le liquide lui brûla la langue et le palais.

« Aucune idée. Tout dépend si c'est réellement une affaire ou non. Pour le moment, les preuves semblent engageantes mais ça pourrait aussi être un coup monté. »

« Avec un peu de chance, tu seras libre ce week-end. J'ai prévu qu'on déjeune à Scotia puis qu'on aille se balader dans les jardins. Les roses sont en fleur et c'est tellement magnifique. Il faut que tu vois ça. »

Harry lui sourit.

« Ça a l'air génial. Je ne voudrais pas rater ça. »

Le sourire d'Eddie était adorable. Harry se le répéta, il était un homme chanceux.


Malfoy était assis dans la même chaise qu'il occupait la veille, bien qu'elle fut drapée cette fois d'une sorte de nappe blanche qui dénotait du reste de la pièce plutôt austère. Il était en train de dévorer une grosse assiette de nourriture. Un service à thé complet posé sur un plateau flottait au-dessus de la table. Le regard gris de Malfoy effleura Harry avant qu'il ne retourne à son petit-déjeuner. Il lui adressa tout de même un signe bref de la tête pour lui indiquer de s'asseoir.

« Ils ont préparé un petit-déjeuner passable. Je suis surpris, étant donné que le dîner d'hier était tout simplement immangeable. Je recommande l'équipe responsable du petit-déjeuner. Tu pourrais suggérer une augmentation de salaire. Et une immolation pour les idiots de l'horaire de nuit. »

« Je ne suis pas là pour parler de tes repas. Kingsley a dit que tu avais eu un message la nuit dernière mais qu'ils ne peuvent pas le lire et que tu refuses d'en parler. »

« Correction : je ne veux pas en parler avec eux mais je suis disposé à le faire avec toi. »

Malfoy prit un morceau de parchemin plié posé à côté de son assiette et le tendit à Harry.

Harry le prit et inclina le papier pour l'examiner sous plusieurs angles.

« On dirait du charabia. »

« C'est une langue plutôt obscure. Ma taupe chez les loups a entendu quelque chose qui pourrait être important. Il croit que le mot était 'Langue-de-Plomb' ce qui me pousse à penser que la cible pourrait être l'enfant d'un membre du Département des Mystères. Évidemment, cela pourrait se référer à Greyback de façon générale mais, à cet instant, c'est la seule piste que j'ai. »

« Pourquoi tu ne l'as pas tout simplement dit à Kingsley ? Pourquoi m'attirer dans cette histoire ? »

« Parce que je m'inquiète pour toi, Harry, et que j'essaie de te protéger. »

Harry ne put empêcher sa mâchoire de tomber brusquement, pas seulement à cause de ses mots, mais aussi de son ton sincère et presque amical. Les yeux de Malfoy pétillèrent, révélant le mensonge. Harry sauta debout et lança un regard noir à Malfoy.

« Très drôle. Je vais aller leur dire de réduire le champ de recherche. Oh et tu es un connard. »

Plutôt que de retourner auprès de l'homme énervant, Harry rejoignit Ron, Seamus et une Auror qui lui sourit lorsqu'il la salua de la main. Elle avait de longs cheveux blonds noués dans un chignon serré. Harry l'aimait bien, malgré son apparence bourrue. Elle s'appelait Kimmy Klein mais tout le monde l'appelait Kay-Kay. Les quatre encerclèrent une immense table dans la salle de conférence, recouverte de piles infinies de parchemins et de rapports.

« Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de gosses. » dit Ron en passant en revue la liste grandissante au centre de la table.

Dès qu'ils trouvaient un enfant à l'âge correspondant au profil recherché, ils l'ajoutaient à la liste déjà monstrueuse.

« Après la guerre, tout le monde a passé les années suivantes à baiser, pour se rappeler ce pour quoi ils étaient en vie. » intervint très philosophiquement Seamus.

« Pas moi. » renifla Ron.

« Je parie que ce n'était pas faute d'essayer. » rit bruyamment Harry.

Ron sourit fièrement.

« J'essaie toujours, mon pote. Tu le sais. Heureusement, elle est très ouverte aux tentatives en ce moment. On dit que la libido des femmes est- »

« Trop d'informations, Weasley. »

La voix de Kay-Kay était stridente et Seamus explosa de rire.

« Merlin, si j'avais un Gallion à chaque fois que je m'étais fin à une de vos conversations sur le sexe, je pourrais prendre ma retraite aux Bahamas. Attendez une minute, regardez ça. Je crois que j'ai trouvé quelque chose. »

Kay-Kay pointa de son index un rapport ouvert.

« Liam Nottingham. Son fils a neuf ans. »

« Et ? Ajoute-le à la liste. » balaya Ron d'un haussement d'épaules.

« Pendant que vous notiez des noms sans plus de réflexion, je croisais le nom de parents avec les dossiers concernant Greyback. Il est dit ici que Nottingham a fourni un témoignage accablant pour la condamnation à Azkaban de Greyback. Il a été témoin d'un des carnages les plus sanglants de Greyback en 1997. Vous pensez que le loup-garou veut une revanche ? »

« Merlin, ça peut être ça. Tu es maligne ! »

Seamus donna un coup de poing amical sur le bras de Kay-Kay. Elle ne broncha pas mais lui adressa un regard en coin noir et insistant en guise d'avertissement. Il sourit grandement.

« Ron, va chercher Nottingham. Seamus, va chercher Kingsley. Je vais parler à Malfoy. Kay-Kay, essaie de dénicher le dossier original de l'affaire et on verra si on peut établir une connexion ou trouver le volontaire qui aurait pu libérer Greyback en vue d'une vengeance. Il doit y avoir autre chose derrière tout ça mais notre priorité est de protéger le garçon. »

Ce ne fut que quand Harry atteignit le Niveau Dix qu'il réalisa qu'il avait distribué des ordres sans même y penser.


Draco tapota son ventre plein et s'étira sur le lit. Le matelas était horriblement inconfortable mais il avait déjà dormi sur bien pire. Il n'avait pas menti à propos du petit-déjeuner cependant. Les crumpets avaient été délicieux et le thé, fort et chaud. Draco se demandait si la qualité aurait été la même si le cuisinier avait su que le repas était destiné à un Malfoy. Son nez se plissa. Ils auraient probablement glissé du poison dedans ou, au minimum, un laxatif puissant.

La porte se déverrouilla et s'ouvrit sur Harry Potter. Il avait l'air encore plus sérieux que plus tôt et Draco s'assit.

« Vous avez trouvé quelque chose. »

Potter acquiesça.

« Kay- L'Auror Klein pense qu'il pourrait y avoir un lien entre Nottingham et Greyback. Et Nottingham a un fils de neuf ans. »

Draco hocha la tête.

« Bon point. Bien sûr, une bonne vingtaine de personnes ont témoigné contre Greyback et chaque membre du Magenmagot a voté pour son incarcération à Azkaban mais c'est un point de départ aussi bon qu'un autre. Et Nottingham est un Langue-de-Plomb. Qu'est-ce que vous prévoyez de faire ? »

« Informer Liam et aller chercher le garçon, évidemment. »

« Je vous suggère de vous dépêcher. »

« Ouais. On y va maintenant. Je pensais juste que tu aimerais être au courant. »

Draco offrit à Potter un sourire franc et se rallongea sur le matelas raide alors que Potter partait.

Liam Nottingham.

Intéressant.


Nottingham était un homme grand et fin, aux cheveux prématurément grisonnants et aux yeux bleus très pâles. Son visage était enflammé par la rage quand il frappa son poing contre la table.

« C'est inadmissible ! Je devrais y aller ! »

« On ne sait pas si ce n'est pas un plan élaboré pour vous capturer, monsieur Nottingham. Ni même si la menace est réelle. »

« C'est mon fils ! Je me fiche que la menace soit réelle ou non ! Je veux le protéger ! »

« Nous avons déjà envoyé des Aurors en éclaireurs chez votre mère. Je les rejoindrais dès que vous nous renseignerez sur l'agencement des lieux. »

« Fais le, Liam. Le plus rapidement tu les aideras, le plus rapidement Niall sera en sécurité. »

La voix de Cho Chang était douce et Liam la transperça d'un regard tranchant, qu'elle attrapa et tint un long moment. Harry se vit retenir sa respiration. Nottingham finit par hocher la tête et par se laisser tomber lourdement dans son siège. Il tira un morceau de parchemin à proximité ainsi qu'une plume à réserve d'encre. Alors qu'il dessinait, Harry en profita pour détailler Cho. Elle avait beaucoup changé depuis leurs années à l'école. Elle possédait maintenant une confiance qu'elle n'avait pas à Poudlard.

« Où avez-vous obtenu cette information ? » demanda-t-elle à Kingsley.

« Nous avons une source dont la véracité est encore en doute. Je préfère ne pas révéler son identité, au cas où tout ceci ne soit rien d'autre qu'un écran de fumée. Nous devons, malgré tout, prendre l'information avec le plus grand sérieux. »

« Vous avez plutôt intérêt. » marmonna Nottingham.

Cho serra doucement son épaule.

« Je suis sûre que les Aurors vont faire tout leur possible. »

Elle sourit à Harry et il acquiesça. Les cheveux de Cho étaient coupés courts et elle portait des lunettes à monture métallique qui devaient ne lui servir que pour lire vu sa manière de regarder par-dessus régulièrement. Elle avait rejoint le Département des Mystères directement à la sortie de Poudlard et avait gravi les échelons à une vitesse impressionnante.

« Tu vois un inconvénient à ce que je t'accompagne, Harry ? Liam doit rester en sécurité ici mais je me débrouille avec une baguette. En plus, je suis déjà allée chez sa mère donc je pourrais t'y escorter par transplanage. »

« Je me souviens de tes capacités avec ta baguette. Ça me va, si Kingsley donne son accord. »

La main de Nottingham trembla lorsqu'il tendit le croquis brouillon du plan de la demeure.

« La maison est protégée, bien sûr. Si quelqu'un tente d'y entrer, ils essaieront la porte de derrière ou celle sur le côté, ici, s'ils savent qu'elle existe. »

Son long doigt tapota un rectangle symbolisant une porte.

« La chambre de Niall est à l'étage, ici. »

« On le ramènera. » promit Harry.

Il prit la carte grossière et s'approcha de Cho.

Après deux escales de transplanage, ils se trouvèrent entre une haute haie de laurier et un cabanon qui fut un temps rouge mais qui, désormais, était d'une teinte rose effacée et dont la peinture écaillée laissait apparaître le bois gris en dessous. Harry se demanda si Nottingham avait libéré ses elfes de maison ou s'ils étaient tout simplement vieux et négligents. Nottingham était un Sang-Pur et sa propriété était très vaste. Une goutte d'eau frappa le haut de la tête d'Harry. La pluie n'était pour l'instant qu'une fine bruine, heureusement pas un torrent.

Cho avait déjà sorti sa baguette. Elle jeta un coup d'œil au-delà de l'abri de jardin.

« Tout semble calme. Où sont ces Aurors que vous avez envoyés ? »

« Aucune idée. On les a envoyés avec des capes d'invisibilité et ils ne devaient pas passer les barrières magiques. Nous leur avons ordonnés de rester en arrière et de surveiller tout mouvement suspect. »

« Très bien. Je passe devant, couvre-moi. On va passer par devant et tout simplement toquer à la porte. Ce sera plus rapide et moins alarmant si tout ceci s'avère n'être rien du tout. Et Greta me connaît. »

Harry acquiesça. Ils quittèrent la sûreté de l'abri et traversèrent la pelouse tondue de près – au moins, elle était bien entretenue – et Harry scanna chaque élément à sa portée jusqu'à la porte principale. De hauts murs en briques et des haies entouraient toute la propriété, offrant de nombreuses cachettes à tout ennemis en repérage. Aucun sort ne leur fut jeté et aucun hurlement d'alerte ne résonna. Harry se tint dos au mur pendant que Cho frappait la porte grâce au heurtoir en cuivre. Son sang pulsait dans ses veines et le mur éraflait son dos. Il réalisa que tout ceci lui avait manqué : le frisson de la traque et l'excitation du danger.

La porte s'ouvrit avec, ce qui sembla, une infinie lenteur. Harry risqua un coup d'œil et vit une grande sorcière aux cheveux argentés dans l'entrebâillement.

« Mademoiselle Chang, ma chère ! Que faîtes-vous ici ? Liam va bien ? »

« Oui. Tout va bien. Puis-je entrer ? »

Cho lui sourit mais Harry remarqua qu'elle n'abaissa pas sa baguette.

La vieille femme fit un pas en arrière et ouvrit la porte en grand. Cho entra et Harry lui emboîta le pas, ce qui provoqua un halètement chez la sorcière. Cho ferma la porte derrière eux et lança un Collaporta pendant que Harry faisait un tour rapide de la pièce en surveillant chaque issue, un sort au bout des lèvres.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« Je suis désolée, Greta, mais il est possible qu'il y ait un problème. Où est Niall ? »

« Dans sa chambre, à l'étage. Vous aviez dit que tout allait bien ! »

« Tout va bien et nous essayons que tout reste ainsi. Pouvons-nous monter et récupérer Niall ? »

« J'y vais. » dit Harry en se dirigeant déjà vers le couloir menant à l'étage en suivant le plan de Nottingham.

« Qui est-ce ? »

La question stridente de Greta le suivit pendant qu'il montait les marches deux par deux. Il était heureux de ne pas être dans les parages quand son identité serait révélée. Les gens réagissaient encore bizarrement, malgré toutes les années passées.

La porte de la chambre de Niall était ouverte et Harry se tendit quand il entendit le garçon parler. Il se pressa avec force contre le mur et s'approcha lentement en tendant l'oreille. Après un moment, il réalisa que le garçon jouait avec ses jouets. Il sourit quand il entendit clairement : « Olivier Dubois descend en piqué, frôle Mercury Horowitz à toute allure et éjecte le Souaffle dans les anneaux de l'autre côté du terrain et BUT ! Dartmouth passe devant ! La foule est en délire ! ».

Harry pencha la tête dans l'embrasure et vit un garçon aux cheveux blonds sable assis par terre au centre d'une grande chambre. Il tenait une figurine de joueur de Quidditch dans chaque main. Celle représentant Olivier Dubois était agitée dans tous les sens devant un mélange de peluches et d'autres personnages en tout genre – le public – rassemblé autour du terrain imaginaire.

« Niall ? » appela doucement Harry.

Le garçon haleta et sauta maladroitement sur ses pieds. La figurine d'Olivier tomba au sol et se tortilla pour se remettre debout et pour agiter son poing de plastique avec colère en direction de Niall.

« Vous êtes qui ? »

Le garçon recula et grimpa sur son lit. Ses yeux étaient écarquillés et emplis de peur.

« Je m'appelle Harry. N'aie pas peur. Je suis un Auror. Je suis ici pour te ramener à ton père. »

Le garçon secoua la tête et une expression méfiante s'afficha sur son visage.

« Pourquoi il n'est pas venu me chercher lui-même ? »

« Le Ministre de la Magie lui a demandé de ne pas bouger. Tu sais qui c'est ? »

« Je crois, oui. »

Harry fit prudemment le tour du lit, espérant pouvoir s'asseoir à côté du garçon pour le calmer. Il ne voulait pas effrayer un enfant en l'enlevant brutalement et il ne semblait y avoir aucun danger immédiat.

« Tu aimes bien Mercury Horowitz ? C'est ma préférée, après Olivier Dubois. »

Niall lui tendit la figurine.

Harry la prit en souriant et admira les détails de l'uniforme miniature de Quidditch. La fille rousse lui fit coucou de la main en tenant fermement son balai contre elle pour éviter d'en abîmer les brindilles.

« Mamie ! » hurla soudainement Niall en sautant hors de son lit.

Il traversa la chambre en un rien de temps et se jeta contre sa grand-mère, debout sur le pas de la porte de la chambre, une expression inquiète sur les traits. Harry se leva du lit et se demanda pourquoi Cho n'avait pas empêché Greta de monter.

Une forme gigantesque grandit derrière Greta et une main munie de griffes s'enroula autour de sa gorge. La tête de Niall s'arqua en arrière pour regarder Fenrir Greyback et un halètement apeuré lui échappa. Avant qu'il ne puisse bouger, l'autre main de Greyback s'accrocha à l'épaule du garçon et le tira hors de la chambre, jusqu'aux mains tendues d'un autre homme.

Harry sauta par-dessus le lit et leva sa baguette mais Greback grogna :

« Si tu fais un seul geste, Potter, j'arrache la gorge de la vieille. »

Harry se figea, sachant que Greyback n'hésiterait pas. Il se demanda où étaient passés les autres Aurors et comment Greyback avait réussi à s'introduire dans la maison sans déclencher aucune alarme. Il ne put cependant pas se pencher sur ces questions plus que quelques secondes. Le deuxième homme et Niall étaient déjà partis. Harry pouvait entendre les cris étouffés du garçon alors qu'ils s'éloignaient. Les yeux de Greta roulèrent violemment à l'intérieur de leurs orbites.

« Je vous en prie... » sanglota-t-elle, à bout de souffle.

Les griffes de Greyback se resserrèrent.

« Maintenant, je vais prendre le gosse. Tu as le choix : soit tu sauves ce vieux sac d'os, soit tu me poursuis. Dans tous les cas, un des deux crève. Peut-être bien les deux. »

Sur ce, Greyback lança un sort, poussa fortement Greta et déguerpit. Harry lança deux sorts à la suite, l'un d'eux fit exploser un bout de bois du montant de la porte et rata le loup-garou. Ce connard était foutrement rapide.

« Cho ! » hurla Harry en se précipitant vers Greta pour l'attraper avant qu'elle ne touche le sol.

Son visage commençait déjà à devenir rouge – Greyback lui avait jeté un sort de Strangulation et le Finite Incantatem d'Harry n'eut aucun effet.

Il lança un Patronus en espérant que Cho n'avait pas été prise – ou pire – puis s'efforça de défaire le sort de Strangulation. Greta convulsait dans tous les sens, ses mains battant partout autour d'elle dans sa bataille pour avaler de l'oxygène. Son poignet cogna sa baguette, la lui arrachant presque des doigts. Poussant toutes pensées parasites de son esprit, Harry resserra sa prise sur sa baguette et se concentra pour trouver la moindre faille dans le sort de Greyback pour les agrandir d'un Finite modifié. C'était un travail délicat, utilisé normalement par les briseurs de maléfices quand la situation devenait plus que désespérée.

Cho apparut sur le pas de la porte au même moment où Harry parvint à détruire le dernier lambeau du sort de Strangulation. Greta engloutit l'air dans un bruit torturé et ses doigts agrippèrent la manche d'Harry. La teinte rouge-violette commençait à s'estomper de son visage.

« Ils ont pris le garçon ! » cria Harry à Cho, « Tu ne les as pas vus ?! »

« Non ! J'ai entendu quelque chose dans la cuisine donc je suis allée vérifier puis je suis directement montée ici – Ils ont dû s'échapper par une autre pièce ! »

Cho disparut et Harry offrit à Greta un faible sourire et lui serra la main avant de se lever et de suivre Cho, qui ouvrit la porte la plus proche puis la fenêtre au fond de la pièce.

« Là ! » hurla-t-elle en pointant quelque chose du doigt.

Harry la rejoignit et ils jetèrent leurs sorts en même temps. Greyback et l'autre homme s'enfuyaient par le jardin. Le garçon avait été jeté par-dessus l'épaule de Greyback comme un sac à patates. Il ne bougeait pas. Le Stupéfix d'Harry frappa un sort de protection et rebondit. Le sort de Cho fit la même chose. Harry jura copieusement et lança deux autres sorts mais la distance était bien trop importante. Greyback et son acolyte passèrent par-dessus la clôture en pierres et disparurent. Harry crut entendre le Crack d'un transplanage.

Il sauta par la fenêtre, sachant qu'ils étaient déjà loin mais ayant tout de même besoin d'être sûr. Son estomac était noué.

« Va chercher Greta et je vous retrouve au Ministère. » ordonna-t-il en glissant sur le petit toit.

Il atterrit dans l'herbe humide et roula sur lui-même pour amortir l'impact. Il ne prit pas la peine de regarder si Cho s'était opposée ou non à son ordre mais courut à la place à travers le jardin jusqu'au portillon. Des collines recouvertes de hautes herbes s'étendaient à perte de vue et, à moins que Greyback, son acolyte et Niall soient cachés au milieu de l'herbe – ce qui était hautement improbable – ils étaient déjà loin. Harry lâcha un hurlement de rage déchirant et retourna dans la maison.

Dans sa main gauche, il tenait toujours la petite figurine de Quidditch de Mercury Horowitz.


Draco ne fut pas particulièrement surpris quand Potter revint en ayant l'air prêt à faire du mal à quiconque le regardera de travers. Cette allure lui allait bien et Draco ressentit une onde en lui qu'il n'avait plus senti depuis très longtemps. Une part de cette onde était de la luxure, une émotion simple, facilement excitée mais aussi facilement ignorée. Il y avait quelque chose de plus profond, un désir flottant au-dessus d'un sombre amas de choses que Draco avait enfouies et rejetées depuis si longtemps qu'il avait presque oublié qu'elles existaient. Des sensations idiotes, comme l'anticipation ou l'espoir et une minuscule dose d'admiration. Des émotions que Draco préférait ne pas voir remonter à la surface mais il n'avait jamais réussi à ignorer Potter.

« Où est-il ? »

La voix de Potter était telle une épée : menaçante et tranchante.

« De qui parles-tu ? »

Draco repoussa le livre qu'il était en train de lire et ne prit pas la peine d'abandonner sa position assise, les jambes croisées sur le matelas dur. Aussi terrible soit-il, il était largement plus confortable que les chaises de la pièce.

« Greyback. Il s'est enfui avec le garçon. Je me fous de la façon dont tu vas le retrouver mais fais-le. »

« Je ne peux pas vraiment utiliser toutes mes ressources depuis cet endroit, Potter. »

Draco balaya nonchalamment l'air de sa main pour indiquer l'environ autour d'eux.

Potter secoua la tête.

« Kingsley ne te laissera pas sortir. Tu pourrais avoir organisé toute cette histoire. »

« Quel serait mon but ? »

Potter se passa la main dans les cheveux, geste que Draco n'avait pas vu depuis des années. Cela fit naître une vague de nostalgie inattendue qui ramena Draco droit à Poudlard. Il la repoussa, ce n'était définitivement pas le moment.

« Je n'en sais rien ! Mais ça ne change pas les faits. Tu as dit avoir un contact dans l'ancienne meute de Greyback. Comment peut-on le joindre ? Il nous faut des pistes. »

« Tu ne peux pas le joindre. Il est à moi et je ne veux absolument pas voir votre joyeux groupes d'incapables transplaner aux quatre coins de l'Angleterre pour détruire mon réseau d'informateurs. Vous avez déjà fait assez de dommages en laissant Fenrir s'échapper. »

« Je ne l'ai pas laisser s'échapper ! »

Draco se leva et adressa un regard noir à Potter.

« Si vous m'aviez pris au sérieux immédiatement au lieu de débattre des heures durant au sujet de mes motivations, vous seriez allés directement auprès du garçon et il serait en sécurité à l'heure qu'il est. »

« Rejeter la faute sur les autres n'aide personne. »

Les yeux de Potter étaient comme un incendie vert.

« Dit celui sur lequel la faute repose en premier. »

Les doigts de Potter formèrent deux poings et il fit un pas en avant. Draco ressentit à nouveau cette onde, lui faisant presque tourner la tête. Il voulait que Potter le touche, même si c'était pour le pousser si violemment contre le mur que son crâne pourrait se fissurer. Draco ferma les yeux pour bloquer cette vision et pour reprendre le contrôle de ses émotions.

« Peu importe, Potter. Pas besoin de t'énerver comme cela pour l'instant. Il est évident qu'ils veulent quelque chose. »

Il marcha vers la table où attendait le service de thé argenté et deux tasses en porcelaine délicate.

« Ils ? »

« Réfléchis. Pourquoi Liam Nottingham ? Quelqu'un s'est évertué à se procurer du Polynectar, à l'introduire à Azkaban via des gardes naïfs, à libérer Fenrir ni vu ni connu, dans le seul but de kidnapper un gamin en vue d'une transformation en loup-garou ? » énuméra Draco en secouant la tête, « Non. C'est trop complexe. Ils veulent autre chose qu'une vengeance mesquine. »

Potter le fixait comme s'il s'était transformé en fantôme de Voldemort.

« Comme quoi ? »

Draco sourit.

« Il faut seulement attendre et voir. Assieds-toi et prends une tasse de thé. »

« Je ne vais pas rester assis à boire le thé alors que la vie d'un enfant est en danger ! »

Draco leva la théière argentée et se versa une tasse du liquide brûlant.

« La vie d'un garçon est toujours en danger, Potter. Tu ne peux pas tous les sauver. Dans ce cas, soit le garçon a été mordu, soit il ne l'a pas été. Faire les cent pas dans cette cellule et t'inquiéter sur l'une ou l'autre option ne changera rien alors tu ferais peut-être mieux de t'asseoir et de te concentrer sur un moyen qui te permettra de le localiser. »

Potter offrit à Draco un autre regard noir mais il vint près de la table et s'assit. Draco lui servit une tasse.

« Où tu as tout ça ? » demanda Potter en indiquant le service de thé.

« Kingsley m'a autorisé à l'avoir. Nous avons eu une conversation charmante pendant que tu étais parti. Quel homme sympathique, bien qu'un peu têtu et déterminé, ainsi que coincé et guindé. Je me demande comment est sa femme au lit. Je parie qu'elle n'est pas très aventureuse. As-tu réussi à tracer le Polynectar ? »

Potter cligna bêtement des yeux et versa une cuillère de sucre dans son thé.

« Oui. La potion a été fournie par une petite boutique de l'Allée des Embrumes. Quand on s'est pointé là-bas, l'endroit avait été nettoyé. Le propriétaire ne sait pas grand chose sur l'homme qui lui loue la boutique. Il s'avère qu'il a donné un faux nom et qu'il le paie toujours en Gallions, en main propre, jamais par transfert bancaire. On essaie toujours de le traquer mais on dirait bien qu'on a peu de chance de le retrouver. C'est marrant que la boutique ait été vidée. Comme si quelqu'un l'avait prévenu. »

« Oh, épargne-moi ton discours. Les criminels paniquent fréquemment et plient bagage dans la foulée. Même si dans le cas présent, il a sûrement été alerté dès l'instant où les Aurors ont débarqué à Azkaban en posant des questions sur Fenrir. Comment trouves-tu le thé ? »

Draco sourit innocemment. Draco n'avait pas prévenu l'homme, il l'avait acheté pour qu'il déguerpisse dans une autre ville. Les trafiquants de potions avaient souvent de brillants et très utiles réseaux d'informateurs. Il avait en plus réussi à arracher bon nombre d'informations intéressantes à l'homme, qui pourraient aider la cause de Draco.

Potter reposa la tasse et lécha le restant de liquide sur sa lèvre supérieure.

« Il est bon. Est-ce que tu as quelque chose qui pourrait m'être un minimum utile ? »

« Quelle impatience. Très bien. Parlons de Fenrir. La plupart des gens aiment leurs petites habitudes et n'apprécient pas les changements. Souvent, le meilleur moyen de localiser un criminel est d'essayer de penser comme lui. Je suppose que tu l'as appris à l'Académie des Aurors mais, vu que tu as pris un congé pour emménager avec Eddie Carmichael, peut-être que tu as oublié. »

Potter fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour parler mais Draco l'interrompit en levant son index.

« Maintenant, dans le cas de Fenrir, imagine que tu viens d'être libéré de prison et qu'on t'a donné une seule mission à accomplir avant de pouvoir être libre et faire ce que bon te semble. Évidemment, chaque seconde compte, donc que ferais-tu ? »

« Je... Eh bien , on sait qu'il est retourné à New Forest et qu'il a réuni plusieurs membres de son ancienne meute. »

« Oui. Fenrir est peut-être malin mais il n'est pas nécessairement intelligent. Il est retourné dans un endroit familier et s'est entouré de personnes familières. Qu'en tires-tu ? »

Les yeux de Potter s'écarquillèrent.

« Qu'il a peut-être emmené le garçon dans un de ces anciens repaires ! »

Potter sauta sur ses pieds et courut vers la porte.

« Tu vois, Potter ? Il faut toujours prendre le temps pour une tasse de thé. »

Le claquement de la porte fut le seul remerciement qu'obtint Draco.