Bonjour/Bonsoir à tous !
Comme toujours, merci beaucoup aux personnes qui prennent le temps de commenter cette histoire. Vous n'imaginez pas combien vos messages, même courts, me réchauffent le coeur. Merci beaucoup.
Niveau traduction, je commence le chapitre 8 aujourd'hui :)
Le lien pour la fiction originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil.
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre trois
Harry avait prévu de rentrer à la maison pour le déjeuner mais, à la place, il avait envoyé un hibou à Eddie pour annuler. Il rencontra Ron, Kinglsey, Cho, Liam et Kay-Kay dans la salle de conférence avec la gigantesque table. Des dossiers, des cartes et toute une collection de parchemins de textes légaux recouvraient la surface en bois. Une carte plus imposante avait été fixée sur le mur grâce à un maléfice de Glu. Ron plaça un point jaune brillant sur un petit village près d'Exeter.
« Voici l'endroit où Greyback a grandi, même s'il n'y a plus jamais remis les pieds depuis qu'il a quitté la maison familiale. Je dirais que la probabilité qu'il s'y trouve est faible. »
Harry ajouta un point orange.
« Ici, l'endroit où il a mordu Remus qui n'était qu'un enfant. Il a passé pas mal de temps dans cette région donc il la connaît probablement très bien. »
Cho s'avança et pointa une zone verte foncée de sa baguette.
« Nous avons eu beaucoup de plaintes depuis ce village, après la guerre, à cause d'une meute de loup-garous renégats. »
Harry y plaça un point rouge et fronça les sourcils. Il y avait déjà bien trop de points à couvrir en peu de temps et, même s'ils envoyaient des Aurors maintenant, ils ne sauraient même pas quoi chercher. Greyback pouvait être retrancher dans n'importe quelle maison, abri délabré ou cave.
Cho posa une main sur le bras d'Harry.
« Je suis désolée. » murmura-t-elle, « Je n'aurais jamais dû laisser Greta. Si j'étais restée avec elle, il n'aurait pas pu se servir d'elle comme d'une arme contre toi. »
Il lui offrit un sourire triste.
« Tu n'es pas une Auror entraînée. Tu as fait ce qui te semblait bien. »
Sur les Aurors envoyés en éclaireurs à la maison de Greta, deux d'entre eux avaient été immobilisés par Greyback, malgré le fait qu'ils portaient des capes d'invisibilité. Ron avait plus tard expliqué que l'odorat supérieur de Greyback avait sûrement réduit à néant l'utilité des capes. Un autre Auror était entré par la porte de la cuisine – ce qui avait attiré l'attention de Cho – et elle l'avait renvoyé dehors au même moment où elle avait entendu Harry criait à l'aide. En résumé, le timing avait été mauvais durant toute la mission.
« Quand même, je me sens horrible. Pauvre Liam. Il faut que je fasse tout ce que je peux pour lui ramener son fils. »
Elle jeta un coup d'œil à Nottingham, assis à la table. Il semblait complètement brisé et n'avait quasiment rien dit depuis leur arrivée.
Harry hocha la tête.
« On va le récupérer. »
Il ne prit pas la peine de lui préciser que son seul espoir d'y parvenir venait des mots de Draco Malfoy.
Des coups résonnèrent derrière la porte et Kay-Kay alla l'ouvrir pour faire entrer Seamus.
« Monsieur le Ministre ! Un message ! De la part de Greyback ! »
Chaque personne dans la pièce migra vers le même point, comme attirée par un aimant. Kingsley brisa le sceau de cire. Il lit le message et le passa à Harry.
« Merlin. »
Harry parcourut les mots. Certains lui sautèrent aux yeux.
50 000 Gallions.
Libération de prisonniers d'Azkaban.
24 heures.
« Il demande une rançon. »
« C'est une bonne nouvelle ! » explosa Ron.
Nottingham lui adressa un regard venimeux.
« Une bonne nouvelle ? En quoi c'est une bonne nouvelle ? »
« Parce qu'il ne fera pas de mal au garçon s'il veut une rançon. On ne marchande pas de la marchandise abîmée. »
« Marchandise abîmée ? »
Nottingham eut l'air horrifié.
Ron toussa et regarda Harry en levant les yeux au ciel, désespéré. Harry lâcha un soupir mental. Il était largement possible que le garçon ait été mordu mais tant qu'il était en vie, ils pourraient faire leur possible pour le ramener en sécurité.
Heureusement, Cho parla avant qu'Harry ne trouve une réponse suffisamment diplomatique.
« Liam, c'est une bonne nouvelle. Cela veut dire que Niall est en vie et, si on exécute les demandes de Greyback, tu pourras le récupérer. »
Le teint de Nottingham était gris cendre et presque transparent.
« On va faire ce qu'il demande, n'est-ce pas ? Je donnerais tout l'argent que j'ai. Tout. Je ferais n'importe quoi. Je veux juste retrouver mon garçon. »
Cho tapota son dos.
« Évidemment qu'on va le faire, Liam. Évidemment. »
« Je veux juste mon garçon. »
La voix de Nottingham se brisa et il enfouit son visage contre ses paumes. Harry détourna les yeux pour se concentrer sur la carte. Sa vision se troubla et il fit de son mieux pour se focaliser sur les points brillants que chacun avait placé.
« Les cinquante mille Gallions ne seront pas difficiles à se procurer. » dit Kingsley, « Mais il requiert la libération de plusieurs loup-garous d'Azkaban. Ce sera plus compliqué à arranger. »
« La vie de Niall est en danger, monsieur le Ministre ! » éructa Nottingham.
« Je n'ai pas dit que ce serait impossible, seulement compliqué. Harry, Ron, venez avec moi, je vous prie. Cho, si vous ne voyez aucun inconvénient, voulez-vous rester avec Liam pour l'instant ? Nous allons tenter de passer à l'action et de rencontrer les demandes de Greyback le plus rapidement possible. Auror Klein et Auror Finnigan, restez ici et essayez de localiser d'autres sites potentiels de recherche, s'il vous plaît. »
« Bien sûr, monsieur le Ministre. »
Dans le couloir, Kingsley dit :
« Je ne veux pas qu'un seul élément de cette affaire sorte d'ici et Liam Nottingham est à deux doigts de faire cavalier seul. Nous allons rassembler les Gallions – Nottingham a proposé de couvrir l'entièreté de la somme, même s'il ne l'a pas – mais ce qui me préoccupe réellement est de trouver le garçon avant que le paiement de la rançon ne soit nécessaire. »
« Nous sommes d'accord mais a-t-on des pistes ? »
« Une. Le hibou que Greyback a utilisé venait d'un service postal publique. Je suis certain qu'il pensait rester incognito de cette façon mais c'était une erreur. Ce pourrait être l'erreur dont nous avons besoin. »
Harry hocha la tête. Depuis la guerre, les hiboux publiques étaient marqués afin que leurs déplacements puissent être suivis, principalement à cause de l'augmentation des lettres de menaces de mort et de haine envoyées par des partisans de Voldemort. La plupart de la population connaissait cette nouvelle réglementation mais il était possible que Greyback ait raté la mise en place de cette loi à cause de son incarcération.
Greyback avait précisé où et quand déposer l'argent. Il arrangerait l'échange du garçon contre les prisonniers libérés après avoir reçu l'argent.
Le hibou fut tracé jusqu'à un petit village appelé Tallgarden. Il se trouvait près du parc national de Brecon Beacons et d'une large parcelle de forêt qu'ils avaient marquée d'un point rouge, indiquant la haute probabilité du lieu.
« Très bien. Nous ne voulons pas envahir la zone d'Aurors et attirer l'attention. Je vais donc seulement envoyer Ron, Kim, Seamus et toi en reconnaissance. » détailla Kingsley à voix basse.
Ils se séparèrent. Harry prit du Polynectar pour se transformer en un moldu italien méconnaissable et quelconque. Les moldus ne se souciaient pas beaucoup de leurs poils ou de leurs cheveux, ce qui rendait plus facile l'accès aux ingrédients nécessaires pour un travail sous couverture. Harry prit la Cheminette jusqu'au pub local près de la volière de Tallgarden. Sur place, il demanda au propriétaire quels étaient les lieux touristiques des alentours, prétendant prévoir une escapade surprise pour sa femme.
L'homme fut bavard et d'une aide précieuse, détaillant à Harry l'agencement global de la ville.
« Y-a-t-il des bâtiments abandonnés ou des ruines par ici ? » demanda Harry, « Ma femme est une passionnée d'histoire et elle adore dessiner. Elle est folle de toutes ces choses ravagées par le temps. »
Le barman rit d'un air sympathique.
« Les artistes sont bien étranges, hein ? Il y a une vieille cabane après la route au nord. Vous verrez un pont en pierres qui passent par-dessus le lit sec de la rivière – elle n'est haute qu'en hiver. Il y a un sentier près de la rivière qui monte jusqu'au sommet de la colline. La cabane est nichée contre l'affleurement de pierres. Elle appartenait à un vieux berger mais il est mort il y a quinze-seize ans et l'endroit est tombé en ruines. Coin pittoresque, on peut le dire. »
« C'est exactement ce que je recherche. Merci ! »
Harry lui laissa un gros pourboire et sortit. Quelques villageois étaient dehors et Harry scanna la zone à la recherche de Ron, Seamus ou Kay-Kay mais chacun était arrivé en ville d'une façon différente et chacun portait aussi un déguisement. Il se dirigea vers le nord et, après vingt minutes de marche, il aperçut la cabane au loin.
Ne voulant pas alerter Greyback possiblement à l'intérieur, Harry en fit le tour et approcha l'endroit par le côté. Une fenêtre était brisée et Harry y passa la tête pour regarder dedans. Le rapide coup d'œil ne lui apprit pas grand chose hormis que l'endroit était rempli de poussière et de meubles cassés. La zone avait visiblement été vidée et vandalisée par les gens du coin. Un examen bref des alentours ne révéla aucune trace menant ou sortant de la cabane. Harry lâcha un soupir déçu.
Il s'avança vers le bord de l'affleurement et profita du paysage devant lui. La vue était sublime. Des collines recouvertes de champs épais de fleurs sauvages s'étendaient à perte de vue. Il se demanda ce qui était arrivé aux chèvres après la mort du vieil homme puis il haussa les épaules à cette question futile. Il s'apprêtait à retourner au village quand il remarqua un ancien sentier longeant le flanc de la colline. Avec un élan d'inspiration, Harry réalisa que les chèvres avaient sûrement eu besoin d'un abri, une grange peut-être ou une autre structure de ce genre.
Avec un nouvel espoir, il trottina le long du sentier, à l'affût du moindre son ou mouvement suspect. Les oiseaux faisaient des cabrioles dans le ciel en chantant bruyamment. Rien ne semblait sortir de l'ordinaire pour un après-midi banal d'été. Le soleil brillait malgré les nuages se réunissant au Sud, promettant de la pluie pour la soirée. Le sol était humide d'une averse passée, ce qui pourrait jouer à l'avantage d'Harry et rendre toutes traces de pas plus visibles.
Il n'en vit aucune en suivant le chemin menant à une petite construction en bien meilleur état que la cabane qu'il venait de rencontrer. Il ralentit en s'en approchant et colla son dos au bois de la structure pour pouvoir vérifier les alentours discrètement. Il découvrit seulement que le bâtiment n'était rien de plus qu'une coquille vide. Deux flancs étaient ouverts aux éléments et une tôle inclinée servait de toit. Ce n'était qu'un abri et non une grange à proprement parlé.
Déçu de sa découverte, Harry soupira et réfléchit à retourner au village. Il était possible que Greyback ne soit pas du tout dans la zone et qu'il ait seulement transplané ici pour envoyer son hibou. Cela aurait été l'action la plus intelligente jamais vue de la part de Greyback mais il était possible que la personne qui l'avait libéré d'Azkaban lui ait donné quelques conseils.
Le sentier qu'Harry avait suivi continué plus loin, serpentant jusqu'à une clôture de bois et disparaissant dans le flanc boisé de la colline. Ne voulant pas abandonné maintenant, Harry suivit le chemin en courant doucement. Il supposa qu'il allait le mener près de la rivière et son intuition fut bonne. Même si la rivière était sèche, une large étendue d'eau apparut dans un virage sous la forme d'une mare cachée partiellement par un saule pleureur. C'était pittoresque et Harry prit un instant pour admirer cette vue. Il n'avait jamais passé de temps à la campagne avant leur course folle pour échapper à Voldemort quand il avait dix-sept ans et il n'avait jamais réellement pris le temps de profiter de la nature. Il était difficile de ralentir et d'apprécier le paysage quand la mort vous courrait littéralement après.
Ceci, par contre, était attirant. L'idée de posséder une petite maison dans un village reculé, sans aucune foule ni brouhaha constant... Ici, il n'y avait que le chuchotement du vent à travers les feuilles des arbres, les piaillements joyeux des oiseaux et, de temps en temps, le bourdonnement des insectes.
Et le son vif et clair d'un craquement de branches.
Harry se courba et se retourna, baguette en main. Il parcourut le flanc de colline des yeux et tenta de calmer le rythme brusque de son cœur. Ce n'était qu'une branche, Harry. C'est probablement une des chèvres du vieux berger. Ou un villageois à la recherche de bois pour sa cheminée.
Un autre craquement puis un autre donnèrent de la crédibilité à la théorie de la cueillette de bois. Quelqu'un était soit en train d'éclaircir le sentier, soit de collecter du bois. Harry tira sa cape d'invisibilité du sac sans fond d'Hermione qu'il portait. Elle scintilla quelques instants avant qu'il ne la passe au-dessus de sa tête. Se sentant plus à l'aise une fois invisible, il avança prudemment vers la colline en évitant les ronces et les branches dans lesquelles pourraient se prendre le revers de sa cape. Il posa chaque pied soigneusement, enjamba les brindilles et resta loin de tout élément pouvant frotter ou craquer à son contact et dévoiler sa position. Il était reconnaissant des pluies récentes. Même le brin le plus sec d'herbe était souple et s'écrasait dans un bruit étouffé plutôt que dans un craquement sonore.
Il suivit les bruits de branches brisées et se retint tout juste de lâcher un halètement puissant quand il aperçut Fenrir Greyback casser d'un sort une grosse branche. Un fagot de bois flottait à côté de lui et Harry vit que la branche tout juste détachée de l'arbre se divisa en trois morceaux et vint s'ajouter à la pile.
Le désir de lancer un maléfice était immense mais Harry se retint. Avec de la chance, Greyback allait le mener au garçon. Harry osa courageusement prendre une inspiration et s'autorisa une seconde pour remercier le vent soufflant contre lui et non dans la direction du loup. Si Greyback le reniflait, tout serait fini. Au même moment où la pensée effleura l'esprit d'Harry, Greyback marqua une pause et leva la tête. Ses yeux plissés jaugeaient l'espace de droite à gauche avec méfiance et il se tenait très droit et tendu. Un instant, Harry crut qu'il l'avait senti mais Greyback secoua la tête , arracha une branche supplémentaire d'un arbre mort à ses pieds, pivota et grimpa le flanc de colline, le fagot de bois flottant derrière lui.
Harry s'apprêtait à le suivre quand il chancela et sentit un changement en lui. Les effets du Polynectar qu'il avait pris venaient de prendre fin. Il avait toujours une flasque dans sa poche mais il risquait de perdre Greyback s'il s'arrêtait maintenant pour en avaler une autre dose. Harry ignora le problème pour l'instant et suivit le loup-garou.
Le rythme de Greyback était rapide, forçant Harry à presser le pas pour ne pas le perdre. Il se précipita de colline herbeuse à colline herbeuse en essayant de rester silencieux tout en gardant Greyback en visuel. Ils s'éloignaient de la cabane comme de la rivière et Greyback ne semblait suivre aucun sentier. La montée devint plus raide encore et Harry se tint un peu plus en arrière, effrayé que son souffle haletant attire l'attention. Il avait une bonne forme mais gravir une colline à cette allure n'avait rien d'aisé. Il avait été paresseux ces dernières semaines, il se l'avouait à lui-même, se contentant de rester à l'appartement ou de sortir avec Eddie au restaurant pour profiter de dîners riches et de vins somptueux.
Il repoussa Eddie de son esprit, non sans culpabilité. Il ne s'était pas attendu à être attiré dans cette situation avec Malfoy mais il ne pouvait plus l'empêcher maintenant. Il se ferait pardonner auprès d'Eddie plus tard.
Greyback disparut derrière un bosquet d'arbres et Harry accéléra, sacrifiant la discrétion pour ne pas perdre sa trace. Il ralentit en approchant des arbres avant de les traverser prudemment, jaugeant l'obscurité en espérant ne pas se recevoir un maléfice violent ou des griffes dans le corps.
À son plus grand soulagement, il aperçut le fagot de bois flottant juste avant qu'il ne disparaisse derrière un gigantesque assemblement de lierre hors de contrôle. Harry crut entendre quelqu'un parler alors il prit encore plus de précaution en s'avançant. Il jeta un coup d'œil derrière la haie sauvage de plante grimpante et retint son souffle en découvrant une faille sombre dans la colline – l'entrée d'une grotte. Merlin, ils n'avaient même pas envisagé l'existence de grottes en créant leur liste de zones de recherche.
Harry fit quelques pas dans l'obscurité, faisant attention que sa cape reste en place et qu'elle ne frotte pas contre la pierre. Greyback, en revanche, ne faisait aucun effort pour rester discret.
« … plus froid ce soir. Ne me regarde pas comme ça. Je suis ton ami. Ton cher papa ne te cherche même pas. Il est même sûrement content que tu ne sois plus là. »
Harry fonça presque dans le tas mais le fiasco chez la grand-mère du garçon était encore frais dans son esprit. Il pivota et rebroussa chemin pour sortir de la grotte à la place alors que le bruit sec du bois touchant le sol retentit derrière lui. Il n'alla pas loin, seulement quelques mètres après l'entrée dans la colline, et il lança un Patronus pour prévenir les autres. Ce n'était pas le moment de s'écarter de la procédure et de faire tuer le garçon.
Les tourbillons pâles du Patronus s'étaient à peine évaporés qu'un homme sortit de derrière un arbre, dans le coin de la vision d'Harry. Harry se courba mais un autre apparut et tous deux se dirigèrent dans sa direction. Ils semblaient détendus et il relâcha sa respiration en réalisant qu'ils n'avaient pas vu son Patronus, ni même lui.
« … crois que Fenrir a bouffé le gosse ? » interrogea l'un au second.
« Pas encore. Il crève trop d'envie d'avoir les Gallions. Il en a b'soin pour s'barrer du pays ou il s'ra renvoyé à Azkaban dès qu'il m'ttra l'nez dehors. »
Harry ne reconnut aucun des deux alors qu'ils s'approchaient. L'un ressemblait vaguement à une chouette avec ses yeux globuleux et sa coupe de cheveux étrange se résumant à deux touffes pointant de chaque côté de son crâne. L'autre ressemblait à un chien affamé avec ses longues mèches de cheveux donnant l'illusion de deux oreilles tombantes. Celui aux oreilles de chien portait un jean et une de ces robes-vestes qui étaient à la mode en ce moment. L'autre avait une robe plus traditionnelle et un pantalon noir. L'ourlet de sa robe était d'ailleurs usé.
Harry envisagea de les stupéfixer tous les deux mais décida que le moindre bruit pourrait alerter Greyback qui pourrait transplaner avec le garçon. La discrétion restait la meilleure option. Harry se servit du boucan qu'ils firent en entrant dans la grotte comme couverture et se glissa derrière eux.
Greyback avait allumé un feu et l'espace restreint était envahi par la fumée malgré le trou de ventilation dans le plafond. Les yeux d'Harry se posèrent sur Niall qui était recroquevillé près d'une courbe du mur. Le garçon toussa, n'ayant pas l'air au meilleur de sa forme.
« Vous l'avez ? » demanda Greyback, « Il ne faudrait pas que ce petit merdeux crève de faim. Pas encore du moins. »
L'homme aux vêtements moldus lâcha sa sacoche.
« J'ai des chips et d'la viande en conserve. Des conserves de haricots, aussi et une bouteille d'jus d'citrouille. Les gosses aiment ça, non ? »
Il secoua la bouteille vers Niall qui le fixa en retour sans aucune expression.
Greyback renifla et lança une nouvelle branche dans le feu. Les nuages avaient commencé à se rapprocher quand Harry avait appelé les autres et une bourrasque de vent s'infiltra dans la grotte, envoyant une gerbe d'étincelles vers le plafond. Harry utilisa cette distraction pour bouger plus rapidement. Il contourna les deux nouveaux venus pour se rapprocher du garçon.
Le plan d'Harry était de transplaner loin d'ici avec Niall et de revenir pour coffrer Greyback. L'idée fut démontée quand Harry vit une large menotte de fer autour de la cheville du garçon et une courte chaîne accrochée à même la pierre. Il jura intérieurement. Il n'y avait aucun sort qui pourrait découper silencieusement la chaîne. Il allait devoir employer la méthode forte.
« Ouvre une des boîtes de haricots. » grogna Greyback, « J'ai faim. »
L'homme se pencha et ouvrit la converse d'un coup de baguette. Harry retira sa cape et la jeta sur le garçon. En même temps, il lança un Stupéfix silencieux à l'homme au visage de chouette. Il savait que Greyback serait le plus difficile à gérer – un Stupéfix ne serait pas suffisant. Les deux autres regardèrent Face-de-Chouette s'écrouler le temps d'une seconde surprise avant de passer à l'action. La boîte de conserve tomba, renversant les haricots dans le feu alors que l'homme se mit debout mais l'Expelliarmus d'Harry expulsa sa baguette hors de sa main.
Greyback était rapide, comme il s'y attendait, tournoyant et lançant un sort de Découpe dans un grognement mauvais mais Harry était déjà en mouvement, éloignant le garçon du feu. Même s'il était invisible, Niall pouvait se prendre un sort. Harry devait les faire sortir d'ici.
« Potter ! » cracha Greyback.
« Putain, il est où l'gamin ? » hurla l'homme aux oreilles de chien en trébuchant pour récupérer sa baguette.
Harry lança un Protego pour contrer le sort de Greyback et invoqua la baguette d'Oreille-de-Chien en retournant à l'entrée de la grotte. Un autre Protego contra l'attaque de Greyback et il crut sentir des griffes effleurer son mollet, ce qui le fit aller encore plus vite. Il sourit grandement en voyant Ron et Kay-Kay lorsqu'il sortit de la grotte.
Harry esquiva instinctivement et roula sur lui-même et un rayon rouge creusa un trou dans le sol à l'endroit même où il se tenait. Deux éclairs de lumière passèrent au-dessus de lui et il entendit Greyback hurler avant de se remettre sur pied et de faire demi-tour.
« Expelliarmus ! » cria-t-il à nouveau.
Il ressentit une vague de fierté quand la baguette de Greyback fut arrachée de sa poigne et vola dans les airs. Harry l'attrapa au même moment où les sorts de Ron et de Kay-Kay mirent le loup-garou à terre.
Harry ne perdit pas de temps pour des félicitations. Il se précipita à nouveau dans la grotte qu'il trouva vide. Il tâtonna l'air avec désespoir et trouva finalement le rebord de sa cape d'invisibilité. Il lâcha un soupir de soulagement quand les traits effrayés de Niall furent révélés.
« Salut, Niall. Je pense que tu es en sécurité maintenant.
Le garçon ne sembla pas rassuré.
« Tu es le monsieur de la maison de mamie. »
Sa voix n'était qu'un faible murmure.
« Oui et je suis venu te sauver. Je vais te ramener auprès de ton père. On s'est occupé de tous les méchants »
Hormis un, pensa-t-il et il se demanda où l'homme aux oreilles de chien était passé.
« Laisse-moi t'enlever ces chaînes maintenant. »
La menotte tomba avec quelques sorts prudents et Niall jeta ses bras autour du cou d'Harry. Il tint le garçon fermement contre lui puis s'écarta pour sortir la figurine de Mercury de sa poche intérieure.
Il la tendit à Niall.
« Tiens, je l'ai gardée en sécurité pour toi. »
Ron arriva en courant et tapa l'épaule d'Harry.
« Bon boulot, mon pote. Kay-Kay a emmené Greyback pour le mettre en cellule. On a fini ici ? Je m'occupe de celui-là. »
Il bouscula Face-de-Chouette qui le regarda de travers, toujours saucissonné par le sort d'Harry.
« Ouais. Il y en avait un autre mais je préfère ramener Niall chez lui plutôt que de lui courir après. Allons-y. »
Niall tira sur la manche d'Harry.
« Monsieur Harry ? Tu peux garder Mercury. Elle t'a porté chance pour me retrouver, non ? »
Harry se pencha et prit la figurine de Quidditch avec une certaine vénération. Il sourit et serra gentiment l'épaule de Nial.
« Tu as raison et merci beaucoup. Je vais la garder pour toujours. Je vais te ramener chez toi, maintenant. »
Ron jeta un sort pour étouffer le feu et ils transplanèrent tous au quartier général des Aurors.
Draco ne laissa aucune expression apparaître sur son visage alors que Potter faisait tournoyer lentement sa tasse sur la table.
« On dirait qu'on te doit une fière chandelle. » termina maladroitement Potter.
« Ça a dû être douloureux de l'avouer. » observa Draco, « Tu as besoin d'un Episkey ? »
Potter lui offrit un faible sourire.
« Je suis juste heureux que le garçon soit sain et sauf. Il n'a pas été mordu. Par contre, j'aurais aimé attrapé le troisième homme. Je n'arrive pas à comprendre comment il s'est échappé, vu que j'avais sa baguette. Il n'a pas pu transplaner. »
« Je ne m'en inquiéterais pas trop à ta place. » dit Draco en souriant grandement à Potter.
En vérité, Blaise avait tout juste réussi à transplaner dans la grotte et à en sortir Desmond avant que les Aurors ne débarquent. Draco détestait perdre des ressources précieuses et Desmond était sa clé d'entrée dans quasiment toute la communauté des loup-garous. Encore mieux, il avait désormais une dette envers Draco.
« C'est facile à dire pour toi. On ne sait même pas qui est derrière tout ça. »
Le regard vert de Potter transperça Draco mais il haussa les épaules à la question silencieuse. Potter contourna la réponse par une approche plus directe.
« Tu le sais, toi ? »
Draco prit une gorgée de son thé et plaça sa tasse sur sa soucoupe.
« J'ai quelques idées mais je dois les explorer avant d'avancer mes hypothèses. Je suis sûr que tu peux le comprendre. »
« Ouais. Tu as probablement besoin de réfléchir à ce que tu pourrais demander en échange. »
Draco gloussa.
« Non, je n'ai aucun doute sur ce que je désire en échange. »
Potter rougit et se leva.
« Bref. Encore merci. Kingsley va venir te parler. Je dois rentrer à la maison. Merlin, ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu autant d'action. Je suis crevé. »
Avant que Potter ne puisse s'en aller, Draco l'arrêta en levant une main.
« Harry. »
Un sourcil arqué fut la réponse à son appel et les yeux de Potter s'écarquillèrent sous la surprise.
« Je suis sérieux au sujet d'Eddie. Ne lui fais pas confiance. »
Le regard de Potter se chargea d'incrédulité. Il secoua ensuite la tête et partit.
