Bonjour/Bonsoir à tous !

Merci à chaque nouvelle personne qui suit cette fic et, tout particulièrement, à ceux qui prennent le temps de commenter.

Je vais commencer la traduction du chapitre 11, je tiens le bon bout ! Lorsque j'aurais terminé la traduction, je posterais chaque mercredi en plus du samedi.

Le lien pour la fic originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil.

Bonne lecture !


Chapitre quatre

Partie deux

25 Juin 2005 – Samedi

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Malfoy leva la tête du menu et ses yeux pétillèrent de joie.

« Je profite d'un excellent repas, Potter, comme tu devrais le faire. Je recommande grandement le lapin braisé. Le fenouil ajoute la saveur parfaite pour élever le plat au rang de haute gastronomie et, pourtant, le bacon le ramène dans les eaux réconfortantes d'une cuisine que tout le monde connaît. Tu seras aussi ravi de voir qu'ils proposent de la tarte à la mélasse. Je crois que tu as un faible pour cette pâtisserie. »

« Tu es au courant de ça ? »

Malfoy sourit en coin et fit tourner le vin blanc dans son verre avant de répondre :

« Je suis au courant de beaucoup de choses, Harry. »

« Et tu as décidé quand que c'était correct de m'appeler Harry ? »

« Détends-toi et prends un verre de vin. »

Malfoy s'empara de la bouteille et remplit de moitié le verre de cristal d'Harry.

« Tu n'as pas répondu à ma première question. Ou à aucune de mes questions d'ailleurs. »

Harry savait qu'il avait l'air d'un enfant en plein caprice mais il prit le verre, avala une gorge et considéra le menu. Peu de restaurants proposaient de la tarte à la mélasse et le lapin paraissait appétissant.

« J'ai plus que parfaitement répondu à ta première question, qui était 'Qu'est-ce que tu fais ici ?' mais je vais supposer que tu voulais dire par cela 'Pourquoi t'ont-ils laissé partir ?' donc j'ai le plaisir de t'apprendre que Shacklebolt, dans un élan de sagesse, m'a permis de m'en aller. Avant cela, il voulait un homme à traduire en justice et j'étais le seul à pouvoir le lui offrir. »

« Pourquoi ? Et qui c'est ? »

Harry attrapa le menu. Il avait été surpris de recevoir le hibou de Malfoy lui demandant de le rencontrer dans un restaurant moldu et maintenant, il était encore plus surpris de voir que Malfoy le traitait comme s'ils étaient d'anciens amis.

Malfoy haussa les épaules.

« Personne en particulier. Seulement un connard sans scrupule qui vendait des potions illégales à des enfants. Chaque année, il place un intermédiaire à Pré-Au-Lard et se sert de lui pour que ses potions atteignent les enfants à chacune de leur sortie. Et chaque année, l'intermédiaire est arrêté – après avoir fait de très intéressants bénéfices – et est rapidement remplacé par un autre intermédiaire. Le Ministère n'a aucune idée de qui se cache derrière le trafic. »

« Mais toi, oui ? »

Harry arqua un sourcil dans sa direction et lâcha le menu. Harry avait décidé de commander le cabillaud, seulement pour prouver à Malfoy que ses suggestions n'avaient aucune importance.

« Bien sûr. »

« Pourquoi tu ne peux pas le dire directement à Kingsley alors ? Pourquoi m'attirer dans cette histoire ? »

Les quatre jours passés avaient été agréables et surtout sans Malfoy. Harry les aurait encore plus appréciés si Eddie n'avait pas été appelé au Pays de Galles pour étudier de nouvelles brindilles de balais expérimentales. Ils n'avaient quasiment eu aucun moment à deux depuis l'incident avec Greyback. Eddie avait lui-même annulé leur visite planifiée du jardin botanique, étant donné qu'il avait passé sa matinée à préparer ses bagages et ses notes.

« Avant tout parce que je ne compte pas remettre les pieds au Ministère de si tôt et je ne peux pas utiliser de hibou pour transmettre des informations confidentielles. Shacklebolt me déteste et la seule personne en qui j'ai confiance pour délivrer un fichu message, c'est toi. Ce qui explique pourquoi tu es là. »

« Donc, je suis un messager maintenant. »

« Un messager très bien nourri parce que je t'offre ce dîner. »

Il leva la main et fit claquer ses doigts. Le serveur apparut si vite que le transplanage était une hypothèses plus que probable.

« Oui, monsieur Malfoy. Avez-vous fait votre choix ? »

« Nous l'avons fait, en effet. Je suppose que vous reconnaissez monsieur Potter. Je m'attends à ce que vous le traitiez avec l'obséquiosité appropriée. Que préfères-tu, Potter ? »

« Le cabillaud. Je vais prendre le cabillaud. »

Le serveur s'inclina et lança un sort si rapide qu'Harry ne vit sa baguette qu'un court instant. Les menus disparurent.

« Très bien, monsieur. Un excellent choix. »

« Le lapin pour moi, Andrew. Et apportez une autre bouteille. Celle-ci ne sera pas suffisante pour nous deux. Pour ma part, je suis d'humeur festive. »

Andrew s'inclina à nouveau et s'éclipsa aussi prestement qu'il était apparu.

« Qu'est-ce que tu fêtes ? »

« Ma liberté, évidemment. Tu n'imagines pas combien je suis heureux d'être sorti de ce trou. Même cette pluie incessante était un doux spectacle après avoir fixé les quatre mêmes murs durant des jours entiers. Et je ne considérerais plus jamais un matelas confortable comme acquis désormais, je peux te l'assurer. Je vais dormir comme un bébé dans mon propre lit cette nuit. Ou dans le lit de quelqu'un d'autre. Je n'ai pas encore décidé. »

Harry prit une gorgée de vin et tenta d'éloigner la vision de Malfoy dans le lit d'une inconnue. Ce n'était pas une mauvaise vision du tout, surtout si elle impliquait des membres longs et pâles et des cheveux blonds tombant sur le sublime visage de Malfoy. Harry grogna presque et se rappela que beaucoup trop de temps s'était écoulé depuis sa dernière partie de jambes en l'air. Ses plans pour coucher avec Eddie étaient tombés à l'eau. Harry avait été bien trop fatigué et distrait pour poursuivre ses efforts et Eddie avait été trop absorbé par le potentiel des nouveaux matériaux pour balais.

« La vie est immensément satisfaisante, tu ne trouves pas ? » continua Malfoy, « Il m'a fallu des années pour l'apprendre et pour acquérir la capacité d'apprécier les choses simples, comme du lapin braisé ou l'exquis bouquet de ce Brunello di Montalcino. »

Il leva son verre et renifla le parfum.

« Et l'amitié, la plus inestimable de toutes. À notre tout nouveau partenariat, Harry, aussi réticent soit-il. Que notre collaboration nous apporte des fruits qui, au final, nous seront mutuellement bénéfiques. »

Harry ne comprit pas grand chose à ces paroles et se demanda quelle quantité de vin Malfoy avait déjà ingurgité – il semblait assez saoul – mais il finit par lever son verre à son tour, par le faire tinter doucement contre celui de Malfoy et par boire.

« Quel est ce message que tu veux que je transmette ? »

Malfoy remua un doigt devant lui.

« Le plaisir avant les affaires. C'est ma devise. Dis-moi comment tu as découvert que tu étais gay. »

L'expression d'Harry devait refléter son horreur interne, si le ricanement de Malfoy était une indication.

« Oublie. C'était partout dans les journaux. Un événement qui méritait de faire la une à cette époque, n'est-ce pas ? J'admets en avoir gardé une coupure ou deux. J'ai particulièrement aimé les photos de toi cachant ton visage derrière ta main, comme pour éviter d'être reconnu. J'aurais pu te prévenir que cela ne fonctionnerait pas. »

« Pourquoi ne pas plus tôt parler de ce que tu as fait au cours des huit dernières années ? »

« Trop personnel ? Je m'excuse. Peut-être que la discussion serait plus facile pour toi si j'avais commencé par avouer que j'ai découvert être bisexuel ? »

« Tu... Quoi ? »

« Mon premier béguin était pour une femme plus âgée. Elle s'appelait Violetta d'Amberleigh et elle gérait un salon de thé à Rome. On s'y arrêtait quotidiennement quand nous passions nos vacances là-bas et elle sentait toujours les biscuits au gingembre qu'elle me donnait discrètement quand mes parents ne regardaient pas. Elle était terriblement folle de moi et elle avait d'incroyables yeux verts. Ses cheveux étaient noirs et coupés dans un carré net – ce qui explique peut-être mon attirance future pour Pansy. J'ai toujours eu un faible pour les cheveux bruns... Mais je m'écarte du sujet. »

Harry était fasciné. Malgré sa réticence à dévoiler son propre parcours sexuel, il trouva celui de Malfoy très intéressant. Malfoy marqua une pause quand Andrew revint, faisant léviter leurs plats jusqu'à eux et les priant d'apprécier le repas avec une affabilité tellement forcée que Malfoy applaudit la performance.

Quand il s'éloigna, Malfoy testa son plat, émit un son d'approbation et continua son histoire :

« Comme je le disais, Violetta me gâtait terriblement. En y songeant maintenant, je ne suis pas certain si elle pensait seulement que j'étais un enfant adorable ou si elle avait de vraies tendances pédophiles. »

Il gloussa devant l'expression d'Harry.

« N'aie pas peur, elle n'a jamais eu de gestes déplacés. J'avais six ans et quand nous sommes rentrés à la maison, je passais mon temps à la dessiner et elle me manquait énormément. Jusqu'à ce que je rencontre Jacques. Comment est le cabillaud ? »

Harry avala la bouchée de poisson qu'il mâchait.

« Délicieux. Qui était Jacques ? »

« Un dératiseur. Après un printemps plutôt sec, la population de rats a grandement augmenté au Manoir. Je crois que j'avais huit ans cet été. Mon père a engagé Jacques pour nous en débarrasser après que les elfes de maisons aient exprimer leur terreur face aux nuisibles et qu'ils semblent incapables de tous les éliminer de la maison. C'était inexcusable mais que faire ? Jacques parcourait le Manoir et les jardins en posant des pièges magiques et en m'expliquant qu'il était nécessaire d'éradiquer les rats jusqu'au dernier. Je le suivais partout, évidemment. »

Harry se retint de faire le moindre commentaire sur le fait que Jacques avait sûrement ajouté matière à la future intolérance de Malfoy. Il voulait entendre le reste de l'histoire.

« Jacques était grand, viril, brun, musclé et très habile avec sa baguette. J'étais désespérément sous le charme et je m'imaginais m'enfuir avec lui, surtout quand mon père m'énervait. Bien sûr, c'est la seule et unique fois qu'il est venu au Manoir et j'aurais dû l'oublier mais je ne l'ai jamais fait. Plus tard, quand je suis allé à l'école et que j'ai appris qu'il était plus commun qu'un homme et une femme soient ensemble, je me suis rangé du côté hétérosexuel pour m'intégrer plus facilement. »

Malfoy commença à manger et Harry refréna son envie de lui poser d'autres questions. Il n'avait jamais envisagé que Malfoy puisse être autre chose qu'hétérosexuel alors son aveu était une surprise. Harry termina son poisson et attendit de voir si Malfoy continuerait son récit. Le vin était très bon, même s'il menaçait de lui monter à la tête. Eddie appréciait le vin mais Harry n'en buvait qu'un verre ou deux lors des occasions spéciales.

Malfoy s'enfonça finalement dans son siège après avoir empli à nouveau leurs deux verres.

« La guerre est ensuite arrivée et le temps n'était plus à l'exploration sexuelle. En fait, j'ai passé énormément de nuits dans la chambre de mes parents à esquiver les créatures dégoûtantes qui traînaient chez moi. Beaucoup d'entre elles me trouvaient bien trop à leur goût pour mon confort. Je n'avais absolument pas envie que ma première expérience sexuelle soit un viol. Ce n'est pas passé loin cependant, plus d'une fois. »

Malfoy prit une profonde gorgée et Harry ressentit un élan de sympathie pour lui. Il n'avait jamais envisagé combien cela avait dû être terrible de partager sa maison avec Voldemort et ses partisans. La simple idée qu'ils auraient pu se servir de lui pour leur plaisir... Harry leva son verre et étouffa son malaise dans le vin.

« De l'eau à couler sous les ponts, comme on dit. Grâce à toi. Après la guerre, les procès et toutes les atrocités qui ont suivies, j'ai eu plusieurs opportunités pour... explorer. Conclusion : définitivement bisexuel. Ai-je réussi à t'ennuyer ? »

« Pas du tout, même si je ne suis pas certain de comprendre pourquoi tu me racontes tout ça. »

« Pour faire la conversation, Harry. C'est ce que font les gens normaux. »

Andrew revint et les débarrassa de leurs assiettes vides avant de leur proposer tout un assortiment de desserts. La mousse au chocolat avait l'air délicieuse mais Harry était presque obligé d'essayer la tarte à la mélasse, peu importe son désir de contredire Malfoy. Malfoy commanda la tarte aux poires avec une boule de glace à la vanille.

« Je suis quasiment sûr d'être seulement gay. » dit Harry quand leurs desserts furent servis et qu'Andrew fut à nouveau parti.

« Seulement quasiment ? » demanda Malfoy après avoir pris une bouchée de glace.

« Ouais. J'étais de plus en plus mal à l'aise avec les marques d'affection avec... avec Ginny. L'embrasser ne me posait pas de problème mais la toucher... Merlin, je ne devrais pas te dire tout ça. »

Malfoy plongea délicatement sa cuillère dans sa glace.

« Je sais déjà plus de choses sur toi que tu ne l'imagines. Je savais que tu étais gay depuis un bon moment déjà. Avant même que cela ne sorte dans la presse, en fait. »

« Je... Comment ? »

« Ta première aventure s'est passée à une fête privée organisée par Quentin Quatermain. Il n'était pas encore Sous-Secrétaire et était probablement un peu moins pénible qu'aujourd'hui. J'ai remarqué que le nombre de ses soirées a baissé en même temps que son ambition a augmenté. »

« Ma première aventure. »

Harry savait que sa voix avait l'air étranglée. Personne n'était au courant de cela. Personne ne pouvait être au courant à moins que -

« Désolé. Johnathon avait une dette envers moi. Une très grosse dette. Il m'a fait jurer de ne rien dire et a ensuite échangé quelques informations sur votre petite rencontre pour éviter que je ne le transforme en une masse tremblante de douleur sous diverses sorts de ma création. »

« Tu as marchandé des informations sur moi ? À quoi ça t'a servi ? »

Harry était outré. La tentation de quitter la table était très forte.

« Le savoir c'est le pouvoir. Qui sait ce que j'aurais pu faire de cette information si tu n'avais pas fait ton coming-out quand tu l'as fait ? Pour être honnête, j'étais presque déçu quand l'histoire est sortie partout. J'ai eu l'impression qu'on me volait ma Plume en sucre. »

« Tu m'aurais fait chanter ? »

Le nez de Malfoy se plissa.

« On dirait une injure dans ta bouche. »

« C'est une injure ! C'est mal ! »

Malfoy lui adressa un sourire en coin et mangea sa part de tarte aux poires.

« On dirait bien que nous avons dévié du sujet initial. Comment était Johnathon côté fellation ? Je le suspecte d'être médiocre, cet homme n'a jamais eu une once d'ambition. Je l'admets, il est plutôt agréable à regarder, si tu aimes les squelettes blonds, mais il est incroyablement paresseux. Je n'ose imaginer à quoi tu pensais. »

« Je pensais que peu importe ce que nous avons fait resterait privé. » grogna Harry.

Il planta sa fourchette dans sa tarte à la mélasse et prit plus de temps qu'il ne le fallait pour mâcher. Elle était presque obscène, riche et brillamment collante.

Malfoy lui sourit.

« Je pensais que ton naïveté n'était, en fait, que de la stupidité. J'avais tort. »

Quand le sucre se décrocha enfin des dents d'Harry et qu'il put à nouveau parler, il demanda :

« C'était une insulte ou un compliment ? »

Le sourire de Malfoy s'agrandit un peu plus.

« Oui. »


Harry rentra chez lui et repensa à son dîner avec Malfoy. Il était toujours le même petit con énigmatique mais il était aussi foutrement intéressant. Et magnifique. Harry n'avait aucun problème à l'admettre en étant un peu éméché. Et bisexuel, ajouta très sagement sa libido. Bordel, pourquoi Malfoy avait jugé bon de partager cette information avec lui ?

« Sûrement pour m'embrouiller l'esprit. » marmonna Harry en sortant de la Cheminette dans l'appartement d'Eddie – non, leur appartement. Si cela avait été l'intention de Malfoy, c'était réussi. Harry s'écroula sur le canapé et s'autorisa à penser à Malfoy. Il se laissa aller à s'imaginer ce que ce serait de l'embrasser, de retirer ses habits de luxe, un vêtement à la fois, de -

« Harry, c'est toi ? »

Harry s'assit dans un sursaut et cilla en direction d'Eddie, qui apparut à l'entrée de la cuisine. Il avait dans la main ce qui semblait être un verre de jus. Il sourit en prenant une gorgée.

« Eddie ! Je ne t'attendais pas avant demain. »

Harry gigota sur le canapé, heureux que le dossier soit assez haut pour cacher à Eddie la vue de sa semi-érection dans son jean. Il rougit d'avoir été pris en train de fantasmer sur Malfoy alors qu'il avait un petit-ami plus que parfaitement respectable.

Eddie toussa doucement.

« Les brindilles étaient finalement inutiles. Elles étaient très belles esthétiquement parlant et aidaient l'aérodynamisme des balais difficiles à manier mais elles n'ont pas tenu les tests de vitesse. Après huit heures de vol, elles se détachaient. Huit heures ! Le coût pour les remplacer aurait été astronomique. C'est vraiment dommage, elles étaient disponibles en plusieurs coloris et elles auraient été particulièrement populaires chez les équipes de joueurs professionnels. »

« Mince, » dit Harry d'un air compatissant, « Enfin, au moins, tu es à la maison. »

La discussion avec Eddie avait réglé le petit problème d'Harry, assez pour qu'il puisse se lever et venir enlacer Eddie pour l'accueillir correctement chez eux, tout en faisant attention au verre qu'il tenait.

Eddie se pencha pour un baiser avant de se rétracter avec un froncement de sourcils.

« Merlin, tu as bu ? »

« Ah... un peu. Je suis sorti avec un... »

Harry s'interrompit, ne voulant pas révéler qu'il avait passé la soirée avec Malfoy dont la libération était top secrète, bien que Malfoy ne semblait pas soucier d'être vu avec lui dans un restaurant luxueux.

« … ami. »

« Un ami. Je dois être jaloux ? »

Harry rit. Même s'il s'était imaginé ce que ce serait d'être au lit avec Malfoy, Eddie n'avait aucune raison de s'inquiéter. Harry ne céderait jamais à la tentation, certainement pas avec Malfoy entre tous. Ce serait doublement compromettant, vu la position délicate dans laquelle se tenait Malfoy vis-à-vis du Ministère.

« Non. En fait, c'était plus un informateur qu'un ami. Je sers de messager entre cet homme et Kingsley. Il ne veut pas être vu au Ministère et il craint que ses messages soient interceptés. »

Eddie s'écarta. Il paraissait tendu. Il posa son verre sur le plan de travail et découpa une tranche de pain d'un sort.

« Je croyais que tu en avais fini avec tous ces trucs d'Auror. Tu n'es pas censé être en congés ? »

« Si. Totalement. Je ne sais pas. »

« Eh bien, je ne vais pas encore me disputer avec toi à ce sujet. Tu sais ce que j'en pense. Tu veux un sandwich ? »

« Non. J'ai déjà mangé. »

Harry s'assit à table et regarda Eddie assembler un sandwich. Il lui posa des questions sur le Pays de Galles et fut récompensé par de très brèves réponses jusqu'à ce qu'Eddie déclare être fatigué par son voyage. Il embrassa la joue d'Harry et disparut dans la chambre, fermant la porte comme pour clore la soirée.

Harry soupira et admit qu'il avait besoin de faire le tri dans sa vie. Il avait été sur le point de quitter le Département des Aurors pour de bon, jusqu'à ce que Malfoy débarque à nouveau dans sa vie. Désormais, tout semblait bien moins simple.