Bonjour/Bonsoir à tous.

Merci du fond du coeur à toutes les personnes qui prennent le temps de laisser un commentaire et de s'abonner à cette histoire. Je vous en suis infiniment reconnaissante.

Je tiens à vous dire aussi que j'ai entamé la traduction du dernier chapitre de cette fic. Il devrait être terminé durant la semaine. Avez-vous des suggestions pour la publication accélérée à partir du moment où je l'aurais terminé ? Un chapitre par semaine ? Deux ? Dîtes-moi ce qui vous plairait le plus.

Le lien pour la fic originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil.


Chapitre 7

30 Juin 2005 – Jeudi

« J'ai peut-être une piste sur les personnes qui financent Rosier. »

Malfoy avait l'air en décalage dans le canapé à motif floral d'Hermione, malgré sa posture décontractée. La pièce semblait trop petite pour lui, comme si sa seule présence était trop imposante pour être contenue. Ou peut-être qu'Harry manquait affreusement de sommeil. Il avait passé la nuit à tourner et tourner encore et était finalement sorti du lit un peu après quatre heures du matin pour se faire une tasse de thé et pour examiner l'agencement de la propriété où se tiendrait le Gala de Libération des Elfes de maison.

Ils n'avaient toujours aucune idée de la manière dont Rosier allait infiltrer l'endroit, qui était lourdement protégé et qui était maintenant surveillé par une patrouille de gardes de sécurité – employés par Harry – et d'Aurors sous couverture – assignés par Kinglsey.

« Les personnes ? Au pluriel ? »

Hermione buvait son thé. Elle paraissait plus mal à l'aise que Malfoy, bien qu'elle soit assise dans son fauteuil préféré face à lui.

« C'est évident. J'ai remonté plusieurs paiements récents jusqu'à une entreprise connue sous le nom de A.L.A – j'ignore ce que ces lettres signifient – mais, pour l'instant, je n'ai pas réussi à découvrir qui est derrière ou même le domaine. Le coffre d'A.L.A de Gringotts reçoit des paiements en compte goutte depuis plusieurs sources, ce qui me fait penser que les finances de Rosier ne viennent pas d'une seule entité mais de tout un groupe. Cela dit, ce serait assez simple pour Kingsley d'envoyer des hommes en repérage puis en infiltration dans ce groupe. Malheureusement pour toi, Granger, nous n'avons pas le temps. »

« Parce qu'il va frapper dans deux jours. »

« Correct. »

« Attends, tu ne l'as pas arrêté avant parce que tu voulais qu'il nous mène aux gens qui l'emploient. Maintenant que tu as déniché cette piste, pourquoi ne pas arranger une nouvelle rencontre avec lui pour qu'on puisse l'interpeller ? »

Malfoy secoua la tête.

« Il n'accepterait jamais un rendez-vous dans un délai aussi proche de l'événement et j'aurais du mal à concocter une excuse valable pour justifier vouloir le voir. Si Rosier venait à disparaître, ses employés renverseraient simplement le chaudron et s'enfuiraient. Nous pourrions réussir à en traquer quelques-uns mais bien plus parviendraient à nous filer entre les doigts. Pour attraper le plus de poissons possible, nous devons laisser le filet se refermer autour d'eux comme prévu. »

« C'est facile à dire pour toi ! Tu ne seras même pas là ! »

« Bien sûr que je le serais. Quelqu'un devra être présent pour identifier Rosier. »

Harry le regarda de travers.

« Je peux l'identifier. Crois-moi, je n'oublierais jamais son visage après ce qu'il a fait à Eddie. »

« Vraiment ? Et à quoi ressemble-t-il ? »

Harry décrivit Rosier en détail et Malfoy secoua la tête.

« Polynectar, Potter. Rosier a des cheveux noirs qui tirent sur le gris, coupés à ras. Il a une barbe courte à laquelle il voue une fière obsession et une grande cicatrice près de son oreille gauche, vestige d'un sort de Découpe presque manqué. »

Harry était horrifié.

« Alors il pourrait encore utiliser du Polynectar cette fois, non ? Aucun d'entre nous ne va pouvoir l'identifier ! »

« Heureusement pour nous, Ralston est malin mais pas particulièrement inventif. C'est pour cela que j'ai transmis à Granger tout ce que je sais sur ses précédentes attaques – il va très certainement utiliser une méthode dont il s'est déjà servi par le passé. Vous remarquerez une façon de faire répétitive. J'ai déjà vu beaucoup de ses déguisements sous Polynectar et je peux l'identifier en un coup d'œil s'il en utilise un qu'il a déjà porté avant. Il est aussi possible qu'il choisisse un déguisement que je n'ai jamais vu. Dans ce cas, nous devrons l'identifier grâce à sa baguette. As-tu placé des dispositifs pour accomplir des vérifications de baguettes ? »

Harry acquiesça.

« Tous les invités devront entrer par la porte principale et présenter leurs baguettes pour être identifiés. »

« Avec les protections et les sorts anti-transplanage en place, il n'aura pas d'autres choix que d'entrer avec tous les autres. Tu pourrais reconnaître sa baguette si tu la voyais ? »

Harry y réfléchit et tenta de se rappeler à quoi la baguette avait ressemblé contre la gorge d'Eddie.

« Je ne... Je ne suis pas sûr. Elle était en bois sombre, un peu noueuse, je crois. »

« Oui. Elle est en noisetier. Je la reconnaîtrais entre toutes. »

« Il ne pourrait pas se servir d'une baguette différente ? »

Harry essaya de penser au fait que Rosier avait sa baguette. Il doutait qu'il était assez bête pour l'utiliser cependant.

« C'est possible mais peu probable. Il va vouloir disposer de ses meilleurs atouts à portée de main et il a été à l'étranger assez longtemps pour que la probabilité que quelqu'un reconnaisse sa baguette soit faible. La plupart des snobs qui vont assister au gala ne font pas exactement partis du cercle social de Rosier. »

« Hey ! »

Hermione sembla vexée.

« Ne sois pas hypocrite, Granger. Tu sais que la liste d'invités comprend toute une multitude de personnes capables de jeter une quantité obscène de Gallions pour ta cause. Même si je suis certain que tu as disséminé assez de gens du peuple dans l'événement pour cacher ce fait. »

Les yeux d'Hermione se plissèrent pour ne laisser apparaître qu'une lueur assassine. Même si Malfoy essayait d'apporter son aide, la volonté d'Hermione de ne pas le jeter dehors semblait s'effriter. Enfin, c'était peut-être le but de Malfoy. Harry intervint avant qu'elle n'explose.

« En parlant de la liste des invités, il est peu probable qu'un seul des employeurs de Rosier se montre, n'est-ce pas ? S'ils connaissent ses façons de faire, ils vont se tenir aussi loin que possible. »

Il offrit un regard à Hermione pour la prier de se contenir.

« C'est vrai. Je suppose que Granger a déjà créé une liste de tous les suspects potentiels. »

Malfoy haussa un sourcil et Hermione lui répondit par un acquiescement bref.

« Si l'un d'entre eux est aussi sur la liste des invités, vous feriez bien de les remarquer. Tout comme tous ceux qui ne viendront pas. En supposant, évidemment, que Rosier laisse le temps à tous les invités d'arriver. Comme tu es sa cible principale, tu seras sur place toute la journée, donc théoriquement , il pourrait frapper n'importe quand. »

« Mais tu penses qu'il ne le fera pas. » devina Harry.

Malfoy secoua la tête. Le mouvement fit tomber une mèche de cheveux platine sur son front, qu'il remit en place d'un geste absent.

« Non. Il aime les carnages. Ils aident à dissimuler le réel but de ses attaques. N'importe qui en dehors de notre cercle immédiat pensera qu'il s'agit soit d'un accident étrange, soit d'un acte terroriste, soit d'un acte politique particulièrement dramatique. »

« Un accident. » répéta Hermione, « J'ai parcouru ton dossier – merci d'ailleurs – et il est vrai qu'il utilise beaucoup la méthode de l'accident. Des explosions de gaz naturelles, des camions moldus pleins de pétrole, de simples sorts devenant fous, des intoxications alimentaires... La liste est longue. »

« Oui mais il n'a pas peur de se répéter et on peut se débarrasser de certaines méthodes dès maintenant. L'explosion de gaz, par exemple, n'est pas une option vu qu'il n'y a aucune source naturelle dans la zone. L'endroit est assez loin de toutes routes moldues, ce qui n'est pas pratique s'il veut tenter de faire exploser une voiture. Il serait aussi quasiment impossible d'en faire pénétrer une dans la propriété puis dans le Manoir. La Shepherd's Farm est solidement construite.

« Intoxication alimentaire ? »

Hermione sourit en coin.

« Nous avons aussi éliminé cette possibilité. Le traiteur a été réservé il y a des mois et, plutôt que de risquer que Rosier ne se rende compte que son plan a été découvert, nous allons laisser le traiteur emmener la nourriture puis nous l'enverrons immédiatement au Ministère grâce à une Armoire à Disparaître. Ils l'analyseront puis nous la renverront. On saura ainsi en quelques minutes si quelque chose n'est pas sûr. »

« Il ne nous reste que le sort. »

« Oui et, d'après son historique personnel, soit il va déclencher une explosion, soit il va lancer un sortilège létal. Il faut qu'on découvre lequel il va choisir et comment il prévoit de le faire. »

Repoussant tous différends passés, Hermione et Draco se penchèrent l'un vers l'autre et commencèrent à énoncer toutes les attaques potentielles et à trouver des solutions pour les contrer. Harry se renfonça dans son siège et les regarda, se sentant étrangement heureux de les voir tous les deux.

1er Juillet 2005 – Vendredi

Draco marcha dans la rue pavée, faisant attention aux rebords anguleux qui pourraient se prendre dans la semelle de ses chaussures. Parcourir une surface plane pouvait déjà être une entreprise ardue mais les pavés semblaient avoir été conçus seulement pour renforcer cette difficulté. Encore plus quand il s'agissait d'éviter les flaques d'eau entre chaque pavé.

Blaise se pencha vers lui.

« Tu te débrouilles bien avec ces talons, Draco. Tu t'es entraîné ? »

« Chaque nuit. C'est excellent pour muscler les fesses. Tu devrais essayer. »

Blaise renifla mais Draco suspecta qu'il était en train d'envisager cette option. Draco l'ignora et avança d'un air décontracté jusqu'au portail en fer.

« Perséphone Johnston, je viens livrer l'organza. » annonça-t-il.

Auror Klein – celle que Potter appelait Kay-Kay – parcourut un épais feuillet de documents sur son clipboard. Derrière elle se tenait Seamus Finnigan, les bras croisés et sa baguette en main. Il semblait réellement intimidant et prêt à l'action, ce qui était une réelle surprise. Draco n'aurait jamais pensé que cet ancien Gryffondor doux comme un agneau avait cela en lui. Les deux Aurors étaient au sec, la pluie cascadait sur un sort d'Imperméabilité qui couvrait la zone sur un rayon de quatre mètres. Draco se demanda lequel des deux l'avait lancé.

« Johnston, Johnston... c'est quoi de l'organza bordel ? »

Draco poussa un soupir dramatique.

« Merlin sauve-moi de l'ignorance des barbares de ce monde. De l'organza ! C'est un tissu très fin, utilisé ici pour décorer tous les sièges. Les quarante-deux sièges. J'ai tout réduit pour faciliter le transport, évidemment. »

Draco indiqua la boîte que tenait Blaise. Blaise ressemblait actuellement à une caricature d'Odin, tout en muscle, avec une barbe ridicule et un cache œil.

Auror Klein les regarda tous les deux durement.

« Vous avez réellement besoin de lui pour transporter cette petite boîte ? »

« Bien sûr que non. Mais je vais avoir besoin de lui pour tout installer. Vous ne croyez pas que je vais décorer quarante-deux sièges toute seule, n'est-ce pas ? »

« Ouvrez la boîte. »

La méfiance de Finnign sembla grimper quand l'Auror Klein sortit sa baguette et fouilla dans la boîte contenant les rouleaux de tissu lavande réduits. Ne trouvant rien de suspect à l'intérieur, elle haussa les épaules et leur demanda leurs baguettes. Ses yeux s'écarquillèrent comiquement quand Draco plaça la sienne à l'emplacement prévu. Elle sourit d'un air malicieux.

« Supers nichons, Malfoy. » murmura-t-elle, à peine audible.

« Je n'avais pas réalisé où se situaient tes préférences, Klein. C'est noté. »

Klein renifla mais ne nia pas ses paroles. Elle vérifia rapidement la baguette de Blaise et la lui rendit.

« Aucun signe de Rosier ? »

Klein secoua la tête. Draco leur avait donné une description détaillée de la baguette de Rosier, bien qu'elle fut assez quelconque pour passer à travers les mailles des Aurors. Les baguettes étaient résistantes aux déguisements magiques mais il était possible d'y ajouter une poignée décorative ou de l'emboîter dans un autre objet, comme le père de Draco l'avait fait avec sa cane.

Peu de personnes se présentaient à l'entrée pour l'instant et Draco ne pensait pas que Rosier tenterait une arrivée quand les gardes étaient encore frais et sur le qui-vive. Il préférerait sûrement se montrer plus tard pour se mêler à la foule.

« Vous pouvez passer. »

« Je reviendrais dans trente minutes, avant l'heure où les invités sont censés arriver. »

« D'accord. Bonne chance. »

Draco passa le portail que Finnigan tenait ouvert et Blaise et lui continuèrent leur avancée vers la maison. Les yeux de Draco balayaient les alentours pour repérer le moindre signe d'une menace. Ils avaient réussi à réduire la liste des attaques potentielles auxquelles ils devraient faire face mais ils n'avaient toujours aucune idée de la façon dont la menace s'abattrait sur eux.

Un autre Auror que Draco reconnut à peine leur ouvrit la porte du Manoir avec une révérence maladroite. Ses yeux parcoururent le corps de Draco avec une lueur appréciatrice et Draco lui répondit par un regard noir lourd de reproches. L'Auror avait une tenue de portier.

Draco s'avança à l'intérieur et remarqua que, malgré le nom rustique de Shepherd's Farm, l'endroit rivalisé presque avec le Manoir Malfoy par sa taille et son élégance. Les extérieurs comprenaient des étables et des granges ainsi que des plantations d'ingrédients de potions et d'un gazon entretenu mais l'intérieur était une merveille composée de meubles raffinés, d'épais tapis et d'une quantité impressionnante de marbre et de cristal. Draco marqua une pause et laissa une vague de nostalgie l'envahir. Depuis combien de temps n'était-il pas rentré à la maison ?

Il ignora le coup d'œil inquiet de Blaise et sortit sa baguette pour lancer plusieurs sorts pour détecter la présence d'un quelconque appareil moldu. Il savait que Granger et Shacklebolt avaient déjà procédé à cette vérification mais Draco n'aimait jamais laisser sa sécurité personnelle entre les mains de quelqu'un d'autre.

Il se dirigea vers la salle de réception et répéta le processus puis s'arrêta et fit claquer sa langue devant le grand tableau accroché en évidence au mur.

« Un Van Gogh dans une salle de réception ? Franchement, moi qui pensais que ces gens avaient du goût. Je me rends désormais compte qu'ils ne sont rien de plus que des charlatans prétendant faire partie d'une élite cultivée. Quelle honte. »

« Qu'est-ce qui ne va pas avec ce tableau ? » questionna Granger depuis l'entrée de la pièce.

Draco arqua un sourcil.

« Le tableau en lui-même n'est pas le problème. Seulement si tu décides de regarder un mélange abstrait de couleur, je pense qu'un Monet serait un meilleur choix. De telles couleurs criardes me dégoûteraient de n'importe quel repas. Je pense que La Plage de Pourville de Monet serait bien plus douce pour les yeux et elle aurait l'avantage d'attirer l'attention durant les conversations ennuyantes. Les invités s'imagineraient dans la scène loin, très loin de ce qui serait inévitablement un dîner typique du Ministère, plein d'auto-glorification et de discussions sur la quantité de Gallions qu'il faudrait pour résoudre tous les problèmes du monde. »

« Malfoy ? » demanda-t-elle à voix basse en rangeant sa baguette.

Draco lâcha un court soupir.

« Qu'est-ce qui m'a trahi ? »

« Harry m'a prévenu à propos de tes monologues cyniques. Il est avec toi ? »

« Je ne suis pas cynique. Je suis réaliste. Et oui, Blaise, installe l'organza, je te prie. Salazar, cet endroit a vraiment besoin de couleurs plus douces, même si le lavande va horriblement détonner avec ce vert. Pourrait-on peut-être totalement retirer ce tableau ? Ou bien le recouvrir ? Une bannière pour annoncer le but de ce gala ferait l'affaire. »

« Organza ? Tu as vraiment apporté de l'organza ? Tu as vu Harry ? »

« Potter est atteint d'un retard chronique et j'ai chargé à Pansy de rester avec lui, ce qui était peut-être une erreur de ma part, considérant que le retard chronique est quasiment une façon de vivre pour elle. Elle est très sérieuse à ce sujet. Je ne m'attends pas à les voir avant encore vingt ou trente bonnes minutes. »

Hermione secoua la tête, visiblement exaspérée.

« Je vais aller superviser le transfert de nourriture. La traiteur devrait l'apporter dans peu de temps. Luna s'occupe des fleurs. Je lui ai demandé d'aller les récupérer chez le fleuriste plutôt qu'un livreur inconnu de plus ne s'en charge. On a essayé de réduire la liste au minimum, au moins. J'ai vérifié qu'il n'y avait pas d'appareils moldus dans toutes les pièces de la maison – deux fois – donc je pense que nous sommes tranquilles de ce côté. Merlin, je suis stressée. J'aurais peut-être dû annuler. C'est juste tellement important et c'est notre dernière opportunité avant le vote. »

Granger se tordit nerveusement les doigts et Draco cilla en la regardant faire, n'ayant plus vu cette femme d'ordinaire inébranlable dans cet état depuis leurs jours à Poudlard. Impulsivement, il s'avança vers elle et saisit ses mains apprêtées pour l'occasion entre les siennes. Il sourit devant son expression surprise.

« Granger. Tu vas t'en sortir. Avec moi et le héros du monde sorcier de ton côté, qu'est-ce qui pourrait mal se passer ? »

Elle renifla mais un sourire étirait le coin de ses lèvres.

« Tu es encore moins convainquant sous les traits d'une femme. »

« Je n'en suis pas sûr. Je suis convaincu, moi. » dit une voix familière depuis l'autre entrée de la pièce.

Ils regardèrent tous les deux dans cette direction et virent Weasley. Draco serra les doigts de Granger et fit un clin d'œil à Weasley avant de pivoter sur lui-même pour aider Blaise avec la décoration. Il était en train de tout gâcher, sans surprise.

« Pas comme cela, Brutus, n'as-tu jamais vu de chintz auparavant ? »

Il lança plusieurs sorts pour tendre le tissu et pour nouer les nœuds correctement.

« Brutus. » se moqua Weasley avant de demander, « La nourriture arrive quand ? »

« Tu as déjà faim, Ron ? »

« Toujours. Tu as le Portoloin à portée de main ? »

« Il est dans ma poche mais tu sais que je ne m'en servirais pas tant qu'il y aura ne serait-ce qu'une personne en danger, toi y compris. »

« Ouais, ouais. Ce qui veut dire qu'il faut qu'on l'arrête avant que l'Enfer ne se déchaîne. Quelles sont nos chances ? Et où est Harry ? »

« En retard, selon Malfoy. »

« Perséphone ! » corrigea Draco d'une voix chantante.

« Bien. Viens m'aider avec la nourriture, Ron. Et ne mange rien tant que nous ne sommes pas certains que tout est sûr ! Perséphone, fais... peu importe ce que tu as prévu de faire avant qu'Harry n'arrive. »

Elle sortit en traînant pratiquement Weasley derrière elle.

« La première chose que je prévois de faire est me débarrasser de ces abominables bouquets de fleurs. » marmonna Draco alors que Lovegood faisait son entrée par la porte opposée.

Une véritable forêt de chrysanthèmes en pot flottait derrière elle. Lovegood se figea.

« Oh mais vous ne pouvez pas. Ce sont les centres de table. Quatre ici, deux dans le hall, un dans chaque salle de bains et ce gros bouquet sur l'estrade centrale près des escaliers. »

« Je sais parfaitement ce qu'ils sont et je sais aussi qu'ils jurent horriblement avec le lavande, surtout avec ce terrible tableau en contraste. Et des vases opaques ? Vraiment ? »

« Techniquement, c'est une collecte de fonds pour que les gens prennent connaissance de – qui êtes-vous au juste ? »

Lovegood fit léviter les fleurs sur les tables et jaugea Draco. Il crut un instant qu'elle l'avait reconnu d'une manière ou d'une autre, malgré son déguisement.

« Perséphone Johnston, architecte d'intérieur. »

Lovegood fronça les sourcils.

« Eh bien, je suppose que vous savez ce que vous faîtes mais Hermione a choisi les bouquets elle-même. » dit-elle en haussant les épaules, « Elle m'a demandé de m'occuper des fleurs donc me voilà. Vous savez où est Hermione ? Je veux voir si elle a besoin de moi ailleurs. »

Draco indiqua la cuisine à Lovegood d'un geste de la main. Elle coinça sa baguette dans ses cheveux et se dirigea dans cette direction, sa jupe multicolore virevoltant autour d'elle. Draco secoua la tête. Elle avait toujours été excentrique.

« Les chrysanthèmes rose vont devoir disparaître. On va garder les vertes pour adoucir l'effet qu'a ce malheureux tableau mais celles-ci... »

Il lança plusieurs sortilèges qui transformèrent les chrysanthèmes rose en de longues gueules-de-loup violettes et lavande.

« Je préférerais les mettre sous cloche pour qu'elles ne mordent aucun des précieux invités mais c'est la vie. Apparemment Granger a choisi elle-même ces vases. »

Il regarda les vases bleus foncés d'un air critique et ajouta quelques Pieds-d'alouette.

« Blaise, tu veux bien m'aider avec les fleurs ? »

Les prochaines minutes furent silencieuses alors qu'ils ajustaient les bouquets selon les exigences de Draco.

« C'était réellement nécessaire ? » demanda Blaise.

Draco balaya les tables du regard et sourit avec un hochement de tête satisfait.

« Absolument. »


Harry était en pleine panique. Il avait passé sa matinée avec Eddie, qui se sentait mieux et qui devait être libéré le soir-même, puis il avait transplané au Ministère pour faire un compte rendu à Kingsley et pour passer en revue tous les imprévus qu'il pourrait y avoir dans le plan. Il était passé par l'appartement d'Eddie pour se faire un sandwich puis avait pris la Cheminette pour le Square Grimmaurd où il avait presque lancé un maléfice à Parkinson, surpris de la découvrir tranquillement étendue dans sa baignoire.

« Qu'est-ce que tu fous là ? Et comment tu es entrée ? »

Sa voix avait été plusieurs octaves plus haute que d'habitude.

Parkinson avait levé ses bras pleins de mousse et lui avait offert un sourire narquois. Le mouvement avait révélé plus de seins qu'il n'aurait jamais voulu voir, même à Poudlard durant sa période bi-curieuse ou celle où il était sexuellement affamé.

« Je prends un bain et par la porte. »

« Mais cet endroit est sous Fidelitas. »

« Draco m'a donnée l'adresse. Il m'a dit de garder un œil sur toi puis de t'escorter au truc de Granger. Tu as mis un temps interminable à arriver alors j'ai décidé de prendre un bain. Baignoire géniale, d'ailleurs. Tu devrais t'habiller. On est en retard. »

Une de ses mains s'était posée sur le rebord de la baignoire et Harry avait craint qu'elle ne se lève et qu'elle n'expose le reste de son corps mousseux. Il s'était enfui dans sa chambre.

Un ensemble de vêtements avait été posé sur son lit. Trop embarrassé pour poser des questions, Harry s'était changé. Un Tempus lui avait prouvé qu'ils étaient, en fait, réellement en retard. Hermione – et Malfoy – allaient être mécontents. Si seulement il réussissait à nouer correctement cette foutue cravate.

Parkinson débarqua dans sa chambre sans toquer. Elle portait une robe rouge si serrée qu'elle aurait aussi bien pu être directement collée à sa peau avec un maléfice de Glu. Harry se demanda comment elle réussissait même à bouger les jambes et, pire encore, à porter les immenses escarpins noirs qu'elle avait aux pieds.

« Bouge-toi, Potter. »

Elle leva sa baguette dans sa direction et son réflexe d'attraper la sienne fut inutile quand la cravate autour de son cou se serra dans un nœud parfait.

« Tu es prêt ? »

« Je... euh... Oui. »

Elle acquiesça et sortit une fiole de nulle de part.

« Génial. Cul sec. »

Elle la renversa dans sa bouche et attendit impatiemment. Un instant plus tard, ses traits commencèrent à bouger et à changer. Ils se réarrangèrent d'une façon qui ressemblait étrangement à la Parkinson originale. Ses cheveux étaient devenus marron à la place du noir habituel et ses yeux s'étaient éclaircis dans un bleu pâle. Ses lèvres étaient plus pulpeuses et son nez était fin et droit, plutôt que retroussé. Un tatouage de rose décorait un de ses seins.

« Je suis ta cavalière. Je suppose que le prénom Rose fera l'affaire. Tu n'auras pas trop de mal à t'en souvenir. »

Harry hocha la tête.

« Rose. D'accord. »

Il s'efforça de garder ses yeux sur son visage. Il était gay mais il n'était pas certain qu'elle avait reçu le mémo.

Elle noua son bras au sein.

« Allons-y, Harry. »

Harry prit une profonde inspiration et les fit tous les deux transplaner.


Ils se présentèrent auprès de Kay-Kay et de Seamus à l'entrée de la propriété. Kay-Kay haussa un sourcil devant « Rose » mais ne fit aucun commentaire.

« Harry Potter et son invitée. »

« Quelqu'un d'autre est déjà arrivé ? » demanda Harry.

« Pas d'invités. Nous les attendons dans quarante minutes environ. »

« Restez vigilants. »

Ces paroles étaient inutiles. Il lui offrit un sourire désolé. Seamus ouvrit le portail et Harry remonta l'allée, Pansy accrochée à son bras. À sa plus grande surprise, elle sortit sa baguette et jeta quelques sorts, qu'il reconnut comme des barrières de protection.

« Pourquoi ces protections ? »

« Je n'aime pas les surprises. Ralston a l'habitude de travailler tout seul mais il y a une première à tout. Il aurait pu installé des gens ici, métamorphosés en arbres ou en bancs il y a des jours. Cela ne va pas les faire se révéler mais je saurais quand ils traverseront mes barrières, à la seconde près. »

Harry hocha la tête. Hermione avait déjà pensé à ça et Ron et elle avaient passé du temps à prendre des précautions contre cette éventualité. Il était cependant agréable de voir que Pansy était réellement compétente. Malfoy avait peut-être bien fait de la charger de « protéger » Harry, même s'il avait levé les yeux au ciel quand la suggestion lui avait été faite.

Dans le hall d'entrée, Harry regarda autour de lui pendant que Parkinson se recoiffait à l'aide d'un sort en se plaignant de l'humidité. Un bruit étouffé attira son attention et il resserra sa prise sur sa baguette alors qu'une femme descendait les marches de marbre. Le son de ses talons était absorbé par le tapis mais sa robe ondulait autour de ses mollets à chacun de ses pas. Elle était magnifique. Harry ne l'avait jamais vue auparavant.

« Tu la connais ? » murmura Harry.

« Plutôt bien, oui. »

Pansy n'avait donné rien de plus qu'un coup d'œil bref à la femme. Elle était bien trop occupée à ajuster sa robe rouge sur sa poitrine.

« Salazar, pourquoi ces trucs ne tombent jamais correctement, peu importe le temps que je passe chez le tailleur avant de les acheter ? »

La nouvelle venue atteignit la dernière marche et pencha la tête sur le côté pour les jauger d'un air critique. Quelque chose dans sa façon de bouger fut immédiatement familière et Harry sentit sa bouche s'ouvrir en grand, sans qu'il ne puisse la retenir. La femme glissa pratiquement jusqu'à eux et elle s'arrêta devant lui. Elle lui referma la bouche en plaçant un doigt fin sous son menton.

« Eh bien, eh bien, Potter, ferme cette bouche avant que tu ne gobes des mouches. Ce n'est pas très bon pour la santé. Es-tu absolument certain d'être gay ? »

« J'en suis sûre, moi. » dit Parkinson avec un reniflement hautain, « Il m'a vue nue dans sa baignoire et il s'est enfui comme s'il avait une meute de loup-garous au cul. »

Malfoy tourna un regard glacial vers elle.

« Tu as pris un bain chez Potter ? »

« Détends ton string, Draco. Il a une baignoire géniale et je m'ennuyais. »

Harry toussa.

« Ce n'est rien, vraiment. Même si ce n'était pas vraiment nécessaire de l'envoyer pour jouer les gardes du corps. Et bref, comment tu as réussi à contourner le Fidelitas ? C'est très dérangeant. »

« C'est ça, ce n'était pas nécessaire. Il serait toujours en train d'essayer de nouer sa foutue cravate à l'heure qu'il est. Où une femme peut boire un verre dans cet endroit ? »

« Tu es en service. »

Malfoy continuait de la regarder de travers. Parkinson le fixa à son tour et finit par exploser de rire.

« Bordel, Draco, tu es tellement sérieux parfois, surtout quand on parle de Potter. Il va bien et va continuer d'aller bien alors détends-toi. Où est Blaise ? »

« A l'étage. Il verrouille toutes les pièces qui n'ont aucunement besoin d'être ouvertes. Ce serait bien si tu pouvais aller l'aider. »

« Comme tu veux, patron. »

Elle lui adressa un sourire narquois et se dirigea vers les escaliers. Malfoy soupira lourdement.

« Si elle n'était pas ma meilleure amie, je l'aurais tuée il y a de cela des années. »

Harry ne sut pas trop quoi lui répondre.

« Tu es... hmm... »

Malfoy sourit grandement.

« Magnifique, je sais. Merci. »

Il tournoya sur lui-même et sa jupe virevolta autour de ses jambes. Harry tenta de ne pas songer que c'était en réalité Malfoy sous cet assortiment de soie. Il échoua.

« Des pistes sur ce que Rosier prévoit de faire ? »

« Oui. Je suppose que tu aimerais une visite pour pouvoir vérifier une seconde fois toutes les précautions en place. »

Malfoy pivota et attrapa le bras d'Harry avant de montrer exagérément l'espace devant eux de sa main libre.

« Voici le hall d'entrée. Au fait, ne fais confiance à aucun serveur et assure-toi de parler de moi sous le nom de Perséphone ou de mademoiselle Johnston. Nous n'avons aucun moyen de savoir combien de personnes Rosier a payé ou a menacé pour être à sa botte. »

Harry acquiesça et laissa Malfoy l'escorter dans toute la maison. Il pointa bruyamment les éléments de décoration comme si l'endroit lui appartenait et lui expliqua à voix basse toutes les mesures de sécurité déjà mises en place. Il était évident que Malfoy était au courant de quelque chose. Il agissait avec beaucoup trop de suffisance pour une personne qui risquait de finir explosée en mille morceaux.

La salle de bal était vide. Des chaises délicates y étaient alignées et un mur entier était occupé par un immense orgue magique. Ses tuyaux métalliques brillants s'étendaient presque jusqu'au haut plafond. Harry passa plus de temps que nécessaire dans la salle de bal à lancer des sorts de Détection. Il s'attendait à ce que le danger vienne de cet endroit. La pièce allait être le point de rassemblement initial de tous les invités. Ils profiteraient du champagne et des cocktails en attendant que le dîner soit annoncé et ils seraient conviés à rejoindre la salle de réception.

Malfoy fit claquer impatiemment le talon de son escarpin et Harry se tourna vers lui.

« Très bien, dis-moi ce que tu sais. Je suis de plus en plus nerveux à l'idée de placer la vie de ma meilleure amie entre tes mains, quand je ne te ferais même pas confiance avec ma propre sécurité. Donne-moi quelque chose de concret ou je l'emmène loin d'ici et j'annule cet événement. »

Malfoy haussa les épaules.

« Je crois que je sais ce qu'il prévoit. De toute façon, tu veux le capturer, n'est-ce pas ? On peut neutraliser la menace qu'il a posée maintenant mais cela pourrait l'alerter et il pourrait s'échapper, pour seulement frapper plus tard avec un plan plus préparé et plus élaboré. Il serait plus sage de le laisser faire encore un peu et de le prendre la main dans le chaudron. »

« Un chaudron garni de tentative de meurtre. »

« Eh bien, oui. Si nous intervenons avant, tu n'auras rien d'autres que des preuves de circonstance. Il sortira libre après son premier face-à-face avec la justice. »

Harry grimaça, sachant qu'il avait raison sans pour autant avoir envie de jouer avec la sécurité d'Hermione. Ils avaient essayé de la convaincre de laisser un Auror prendre ses traits grâce au Polynectar mais elle avait refusé mettre quelqu'un d'autre en danger à sa place.

Malfoy s'approcha un peu plus jusqu'à ce que ses seins effleurèrent le revers de la robe de soirée d'Harry. Il était légèrement plus petit qu'Harry dans ce déguisement et ses yeux bleus s'accrochèrent à ceux d'Harry.

« Je ne vais rien laisser arriver à Granger. Je sais qu'elle est importante pour toi et donc, elle l'est aussi pour moi. »

« Je ne comprends toujours pas cette obsession bizarre que tu as pour moi en ce moment. Ça n'a aucun sens. »

Malfoy pencha la tête sur le côté et ses lèvres rouges formèrent un sourire.

« Peut-être que je t'aime bien, tout simplement, Harry. Serveur. »

Sur ce, Malfoy enroula ses bras autour du cou d'Harry et l'attira dans un baiser. Harry était trop surpris pour réagir. Les lèvres contre les siennes étaient douces et chaudes, glissantes à cause du rouge à lèvres et avait un goût de menthe.

Un raclement de gorge se fit entendre derrière eux et Harry s'écarta en relâchant d'un coup sa respiration. Il se tourna pour voir un homme à l'entrée de la pièce les fixant, les yeux écarquillés.

« Je suis désolé, monsieur Potter – Je veux dire, Auror Potter, monsieur. Je suis là pour remplir les flûtes de champagne. Je peux revenir. »

Harry toussa.

« Non, c'est bon. Nous étions seulement... Hmm. »

Il rougit parce qu'il était évident que cet homme avait vu ce qu'ils étaient en train de faire. Il se demanda combien de temps il faudrait pour que la nouvelle d'Harry embrassant une femme blonde atteigne les journaux. Une tempête dramatique allait en résulter, surtout après avoir annoncé sa préférence pour les hommes et – Merlin ! Qu'allait dire Eddie ?

Harry attrapa rudement le coude de Malfoy.

« Viens, Perséphone. Il faut qu'on parle à Hermione maintenant. »

Ils passèrent devant l'homme, qui ne les lâcha pas des yeux, essayant sûrement d'identifier Malfoy ou de mémoriser ses traits féminins passagers pour les décrire au mieux aux reporters.

« Bordel, c'était quoi ça ? » demanda Harry dès qu'ils furent loin de toutes oreilles indiscrètes.

« Dois-je réellement expliquer le fonctionnement d'un - ? »

« Je sais ce que c'était. » siffla Harry, « Je veux savoir pourquoi. »

Un sourire lumineux lui fut offert et Harry réalisa qu'il n'était pas du tout comme il fallait. Les dents de Malfoy étaient différentes.

« Simplement une diversion, Potter. Pas de quoi t'inquiéter. »

Une diversion pour qui ? voulut-il grogner mais il réalisa que Malfoy deviendrait seulement encore plus cryptique s'il insistait. Il ne voulait juste pas... qu'on se moque de lui. Hermione leur rentra presque dedans quand ils s'approchèrent de la porte de la cuisine. Ron était derrière elle avec un air anxieux.

« Vous voilà. Enfin. Les invités ne vont pas tarder à arriver. Vous sortez ? »

Harry hocha la tête et Hermione tendit une pile de papiers à Malfoy.

« Voilà les programmes que tu as demandés. Vous êtes prêts ? »

« Détends-toi, Granger, et n'oublie pas de respirer. Reste auprès de Blaise. Avec le physique qu'il a en ce moment, il est assez formidable. »

« Moi aussi, je le suis. » intervint Ron.

Malfoy gloussa, un peu comme une jeune fille. Il était plutôt séduisant en femme.

« Bien sûr que tu l'es, Weasley. Viens, Potter. Je suppose que tu as ta cape ? »

Harry portait une sacoche avec sa cape d'Invisibilité à l'intérieur. Il acquiesça et ils se dirigèrent vers les toilettes les plus proches pour qu'Harry puisse l'enfiler. Il avança sans bruit et bouscula doucement l'épaule de Malfoy.

« Allons-y. »

« Je vais accueillir les invités alors. »

Malfoy fit un signe de main à Ron et Hermione et alla tranquillement dehors. L'Auror à la porte d'entrée le laissa sortir et Harry le suivit de près.

« Fais attention à ne pas marcher sur mes chaussures, Potter. J'ai assez de mal comme cela à marcher avec. »

Harry décida que le silence était la plus grande preuve de bravoure et il resta silencieux jusqu'à ce qu'ils atteignent le portail. Malfoy annula son sort d'Imperméabilité quand ils furent sous le toit invisible conjuré par Kay-Kay.

Harry ne fit aucun bruit et tenta de ne pas s'ennuyer à mourir alors que Malfoy se lança dans une discussion passionnée avec Kay-Kay et Seamus au sujet de la cire pour balai de Furnunco. Trois quart des commentaires de Malfoy sonnaient comme des allusions sexuelles et, rapidement, Seamus riait comme un fou et Harry peinait à rester silencieux. Heureusement, les premiers invités ne tardèrent pas à se présenter juste devant le portail.

Harry reconnut le trio. Ils étaient des fonctionnaires du Département de la Coopération Magique Internationale. Kay-Kay leur indiqua de s'avancer.

« Bonsoir, monsieur Blakesley, monsieur Zirkle et madame Hemingway. Par ici et veuillez présenter vos baguettes, je vous prie. »

Trois baguettes furent disposés à l'emplacement requis et Harry les détailla rapidement. Aucune ne ressemblait à la baguette que Malfoy avait décrit.

Malfoy leur donna à chacun un programme et les accueillit avec un sourire hypocrite.

« Merci de participer au Gala de Libération des Elfes de maison. Voici une brochure expliquant le vote à venir devant le Magenmagot ainsi que toutes les actions que vous pouvez entreprendre pour venir en aide à la cause. Je vous prie de vous avancer jusqu'à l'entrée principale et le portier vous guidera à l'intérieur. Merci et passez une charmante soirée. »

Une main manucurée indiqua le Manoir et Harry se demanda si Malfoy s'était fait les ongles lui-même ou si la femme à laquelle il avait pris le cheveu était naturellement coquette. L'idée de Malfoy vernissant ses ongles était... étrangement attirante.

Harry fronça les sourcils et repoussa Malfoy de son esprit. Il était là pour attraper un assassin, pas pour rêvasser sur Malfoy. L'homme portait cette forme féminine avec brio, c'était assez énervant, et pourtant Harry ne pouvait pas s'empêcher de voir Malfoy en dessous.

Quand les trois invités s'éloignèrent dans l'allée menant au Manoir, Malfoy se pencha vers Harry.

« Que le spectacle commence. » chuchota-t-il.

« Et de trois. Plus que... cinquante-sept ! » dit joyeusement Kay-Kay.

Seamus grogna.

« J'espère que tu sais ce que tu fais. » murmura Harry à l'oreille de Malfoy.

Malfoy se contenta de sourire.