Bonjour/Bonsoir !
J'ai officiellement terminé de traduire cette fic. Tous les chapitres sont terminés ! Plusieurs d'entre vous m'ont demandé combien de chapitres elle était constituée. Elle en a 19.
Comme les chapitres sont tous prêts, je vous annonce que je posterais désormais le mercredi et le samedi pour que vous puissiez avancer rapidement dans la lecture !
Encore merci pour les commentaires et tout particulièrement à Mello Malfoy pour le meilleur compliment possible. Ne gâche pas ton sommeil, aussi flatteur que ce soit pour moi !
Le lien de la fic originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil
Chapitre 8
Malgré le calme apparent de Draco, l'anticipation s'était transformée en une anxiété frémissante. Et s'il avait tort ? Et si Ralston l'avait leurré et avait un plan complètement différent en tête ? Et si quelque chose arrivait à Granger ou, pire encore, à Potter ? Non pas qu'il laisserait quoi que ce soit arriver à Potter, évidemment. Draco ne le lâchait pas des yeux. Enfin, façon de parler, étant donné qu'il était actuellement invisible.
Potter ne lui pardonnerait jamais si quelque chose arrivait à sa précieuse Granger. C'était pour cela qu'il avait chargé Blaise et Pansy de rester près d'elle et près de la Belette, pour pouvoir les évacuer au plus vite si la potion tournée à la bouse de dragon.
Draco sourit faussement à un vieux sorcier qu'il reconnut comme étant le possesseur de plus de Gallions dans son coffre à Gringotts que le légendaire Midas, principalement parce qu'il était presque professionnellement avare. La robe qu'il portait en était la preuve, elle avait dû être à la mode aux alentours de 1812. Granger serait chanceuse si elle parvenait à soutirer une seule Noise à ce vieux radin. Il allait sûrement avaler son poids en nourriture gratuite cependant. Le vieil homme prit le papier offert par Draco et ne se priva pas pour le reluquer à travers ses lunettes à double foyer.
« Merci, très chère. » dit-il en le déshabillant du regard.
Draco se retint de lui lancer un maléfice et se contenta à la place de l'orienter fermement vers le Manoir. Avec un peu chance, il allait croiser Pansy, qui n'aurait aucun scrupule avec les maléfices. Derrière Draco, Potter soupira, à peine audible.
« Patience, Potter. Cela ne fait que trente-cinq minutes. Il reste encore une douzaine d'invités à accueillir. »
« Si Rosier décide de se montrer. Merlin, pourquoi est-ce qu'elle a invité Wells-Barton ? Ce mec est une insupportable tête de nœuds. »
Draco regarda avec dédain le couple qui approchait. Potter avait raison. Wells-Barton était un homme grand avec la même allure que le père de Draco. Il portait sa supériorité comme une seconde peau. Il était élancé, avait le teint cireux et un bouc pointu. Ses sourcils gris argentés semblaient être une extension de ses cheveux rêches. Sa compagne était une femme timide et effacée, de trente ans sa cadette.
Draco renifla.
« Granger perd son temps avec celui-là. Il est inutile de tenter de convertir les inconvertibles. Anton n'abandonnera jamais ses elfes de maison. »
Wells-Barton approcha et posa sa baguette sur le dispositif. L'Auror Klein l'accueillit familièrement, avec toutefois un ton réservé. Il était évident qu'elle le connaissait bien et qu'elle le trouvait dégoûtant. Draco put ensuite détailler plus correctement sa baguette. Il recula d'un pas et marcha sur le pied de Potter, gagnant un minuscule halètement de protestation.
« Bienvenue au Gala de Libération des Elfes de maison, monsieur. Je vous prie de remonter l'allée jusqu'à la demeure où quelqu'un d'autre se chargera de vous accueillir. Passez une excellente soirée. »
Draco colla un faux sourire sur ses lèvres alors que Wells-Barton et la femme s'éloignèrent. Draco montra quelque chose en dehors de la propriété, se détournant de Wells-Barton avec efficacité.
« Oh, est-ce Olivier Dubois ? Attrapez-moi, Auror Klein, je risque de m'évanouir ! N'est-il pas sublime ? »
Quand Wells-Barton fut hors de portée de voix, Potter s'inclina si près de Draco qu'il put sentir sa chaleur corporelle. Merlin, il faisait vraiment froid, il ne l'avait même pas remarqué jusqu'à ce que le besoin de se lover contre Potter devienne presque irrésistible.
« Tu es sûr ? » chuchota Potter.
« Absolument certain. »
Les lèvres de Draco bougèrent à peine. Il dit plus fort :
« Oh Merlin, il faut que j'aille aux toilettes ! Pouvez-vous garder ceci pour moi, ma chérie ? Je reviens. Besoin pressant ! »
L'Auror Klein prit les programmes et lui offrit un regard dur, qu'il lui rendit avec la même intensité. Elle aussi avait remarqué la baguette et avait réagi presque aussi rapidement que lui. Draco pensa qu'elle pourrait la recruter dans son équipe. Elle était plutôt douée.
« Viens. Il faut que je jauge ses réactions. »
Les talons hauts de Draco claquaient bruyamment contre les pavés à chacun de ses pas. Il pouvait entendre Potter trottiner à côté de lui, ayant du mal à suivre son rythme.
« Ses réactions sur quoi ? »
« Certaines choses. »
« Tu vas me le dire ou est-ce que je dois te jeter un maléfice ? »
« Pas le temps, Potter. Il faut que je reste près de lui. Tu peux sûrement retirer ta cape et te mêler aux invités. Il veut peut-être attendre que tu sois là pour lancer son grand spectacle. »
Rosier avait disparu dans la maison mais, quand Draco y entra, il le remarqua dans le hall d'entrée avec sa compagne, probablement la femme du vrai Wells-Barton. Il se demanda vaguement ce qu'il était d'ailleurs arrivé au vrai Wells-Barton parce que ce type était un connard et ce ne serait pas nécessairement une mauvaise chose s'il ne faisait plus partie de la surface de la Terre. Draco ne prévoyait pas de répéter cette pensée à Potter.
Deux fonctionnaires du Ministère étaient en train de discuter avec Rosier et Draco se faufila assez près d'eux pour entendre leur conversation sur la pluie, un sujet sûr bien qu'ennuyeux. Il se rapprocha de la femme de Wells-Barton, qui semblait souhaiter être n'importe où plutôt qu'ici.
« Quelle broche splendide ! » s'exclama Draco en lorgnant la monstruosité hideuse faite de grenat et d'opale.
La femme parut très fière.
« Merci. Elle appartenait à mon arrière-grand-mère. »
Vous auriez dû l'enterrer avec elle, pensa Draco, mais il se contenta de rire comme une adolescente et chuchota avec exagération :
« Je suis supposée être dehors mais je commençais à geler et je veux un verre. Personnellement, je crois que l'idée de libérer les elfes de maison est une idiotie sans nom. Pensez-vous qu'ils ont commencé à servir les cocktails ? »
Les yeux de madame Wells-Barton s'illuminèrent et elle sourit à Draco.
« Allons le découvrir, voulez-vous ? Savez-vous de quel côté est la salle de bal ? Excuse-nous, Anton. »
Draco sentit un instant le regard acéré de Rosier mais il maintint son rôle et accompagna madame Wells-Barton jusqu'à la salle de bal, dans une apparente solidarité féminine. Rosier et les autres suivirent, comme prévu. Toute mention d'alcool garantissait de rallier tous les pique-assiettes du Ministère.
La salle de bal était remplie de petits groupes de personnes. Draco prit note des différentes interactions pour une utilisation future. Darrington rôdait bien trop près de la maîtresse du moment d'Appleby – cette information pourrait servir à le faire chanter plus tard – et Sampson était déjà saoul. Il était fort probable que cet idiot soit arrivé dans cet état. Si Draco avait eu le temps, il aurait tenté de lui soustraire des renseignements très précis sur le Quidditch. Savoir quel joueur était blessé ou quel joueur allait être transféré d'une équipe à une autre était un bon moyen de se faire énormément d'argent. Draco soupira. Cette affaire avant une autre.
Rosier avait pris une flûte de champagne et Draco le regarda faire semblant de boire. Rosier était abstinent mais Wells-Barton ne l'était absolument pas. Les yeux de Rosier balayaient la foule et s'arrêtaient sur quelques objets dans la pièce avant qu'il ne sourit. Draco se détendit légèrement.
Granger arriva dans la salle un moment plus tard – accompagné par un Weasley vigilant – et accepta les applaudissements avec une révérence maladroite et un discours de bienvenue. Draco écouta poliment alors que madame Wells-Barton murmurait des choses pleines de haine comme la honte que représenterait la libération des elfes de maison ou le fait que son époux et elle n'étaient présents que pour se tenir au courant de cette horrible situation. Draco lui répondit par des fredonnements appréciatifs et resta relativement proche de Rosier.
Harry Potter essaya de se faufiler sans se faire remarquer mais un groupe de fonctionnaires lécheurs de bottes se précipita vers lui et le noya sous une tonne de poignées de mains avides et de voix tonitruantes. Draco sourit en coin. Potter aurait dû rester sous sa cape. Il aurait été chanceux s'il avait pu se débarrasser de sa foule d'admirateurs en pleine situation de crise.
« Je ne suis pas d'accord avec son choix d'alliés politiques. » dit madame Wells-Barton dans un murmure amer, se penchant pour parler à l'oreille de Draco, « Mais monsieur Potter est plutôt beau garçon, vous ne trouvez pas ? »
« Oh, si. » ronronna pratiquement Draco, « S'il est aussi bon au lit qu'il l'est pour débarrasser le monde des mages noirs... Pouvez-vous l'imaginer ? »
Madame Wells-Barton fit mine de s'éventer avec sa main.
« Je peux très bien l'imaginer, oui. »
Les conversations continuèrent et un petit groupe d'âmes intolérantes s'attacha à Rosier et se remémora amèrement la bonne vieille époque. Ils discutèrent calmement cependant. Il était évident, pour quiconque ayant des ambitions politiques, qu'il ne serait pas très sage de s'opposer ouvertement à l'enjeu de ce gala, surtout avec le Ministre de la Magie et la plupart des Directeurs des Départements du Ministère pro-libération des elfes. Draco n'avait aucun doute que le Magenmagot plierait sous la pression du peuple et laisserait passer la loi. Toutes les personnes présentes le savaient et n'oseraient faire aucun scandale dans un événement social de ce type.
Ce casse-tête était la raison même pour laquelle les employeurs de Rosier l'avaient engagé. Seul un acte violent pourrait désormais faire trembler le vote et Draco doutait qu'une seule des personnes présentes ait l'audace de monter un plan pareil. Les responsables devaient sûrement être chez eux, attendant la nouvelle du désastre imminent.
Draco vit Potter devenir de plus en plus inquiet et il indiqua Rosier à Pansy d'un signe discret de la tête. Elle s'approcha et s'inséra près de Rosier et, vraiment, à moins d'être mort ou endormi, l'homme n'aurait pas pu faire autrement que d'admirer ses courbes. Draco en profita pour s'éclipser en utilisant l'excuse des toilettes.
Potter le suivit et traîna Draco dans la plus proche salle déverrouillée. Draco libéra son poignet de la prise de Potter et le frotta en fronçant les sourcils.
« Ma peau marque facilement, pauvre brute. »
« Il faut que tu nous donnes plus d'informations sur ce qui va arriver. Je suis à bout de nerfs, je risque de l'abattre d'un moment à l'autre. J'aurais dû insister pour qu'Hermione reste chez elle. J'aurais dû la pétrifier et prendre du Polynectar pour la- »
« C'est dégoûtant, Potter. Fais-moi confiance, te transformer en ta meilleure amie n'est pas quelque chose que tu veux faire. Jamais. Certaines choses sont inoubliables. »
« Malfoy. »
Le ton de Potter est implacable.
Draco s'approcha et fit courir un doigt sur le revers de sa robe avant de lever un regard séducteur vers lui, un geste qu'il avait vu Pansy faire des milliers de fois. Cela ne sembla avoir aucun effet sur Potter, sûrement à cause du problème momentané de genre.
« Écoute, je sais que tu n'as aucune raison de me faire confiance malgré tout ce que j'ai fait pour toi ou que je sois réellement digne de confiance, mais tout se passe comme prévu. Rosier est totalement détendu et content de lui-même. Franchement, il fait un meilleur Wells-Barton que Wells-Barton lui-même. As-tu remarqué ? »
« Malfoy. »
« Reste seulement près de Granger et de la Belette et si tu me vois ne serait-ce que cligner des yeux dans ta direction, tu les sors de là immédiatement. »
« Je ne peux pas laisser tous ces gens mourir ! »
Draco leva les bras et prit le visage de Potter entre ses mains.
« Tu es tellement adorable quand tu joues les justiciers ! Je pourrais t'embrasser une nouvelle fois. »
La force du regard noir de Potter n'avait d'égal que la profondeur du rougissement de ses joues, bien que Draco admit que le rougissement pourrait aussi bien être de colère que d'embarras.
« Écoute, tu sais que Granger a donné son accord pour ce plan. Fais-lui au moins confiance si tu refuses de me donner le bénéfice du doute. Je n'aurais jamais laissé Pansy et Blaise assister à ce gala si j'avais pensé qu'il y avait le moindre danger. J'ai tellement peu d'amis que je ne peux pas risquer de les perdre. En fait, ce sont mes deux seuls amis. Enfin, il y a Gryphon, mais – franchement, Potter, nous n'avons pas le temps pour ça. Je suis certain que tu vas jouer les héros à la première occasion que tu auras. Nous avons déjà passé en revue tous les scénario possibles et il faut que je retourne auprès de Rosier avant que Pansy ne fasse quoi que ce soit de stupide qui pourrait tout foutre en l'air. Qu'utilises-tu pour te raser, au fait ? Ton visage est délicieusement doux. »
Potter saisit les poignets de Draco et les repoussa fermement.
« Tu me rends dingue, tu le sais ? »
« Tu sais, on m'a déjà dit cela, mais je n'ai jamais compris pourquoi. À plus, Potter. »
Draco pivota et sortit en lui adressant un clin d'œil. Avec sa chance légendaire, Draco rentra presque dans le même serveur qui les avait surpris plus tôt.
« Le-Garçon-Qui-A-Survécu est insatiable. » chuchota-t-il bruyamment, « Mais si on vous le demande, ce n'est pas moi qui vous l'ai dit. »
Draco rit malicieusement, imaginant déjà les gros titres. Enfin, s'ils survivaient la prochaine heure.
Harry regarda Malfoy sortir de la pièce. L'homme était exaspérant, peu importe la forme qu'il portait. Et pourtant, malgré son anxiété grandissante et son besoin d'agir, Harry se surprit à réaliser qu'il faisait vraiment confiance à Malfoy. Ou peut-être qu'il était juste crédule et qu'il tombait droit dans le panneau que tendait le nouveau charme de Malfoy.
Harry secoua la tête et quitta le petit bureau, pour rencontrer les yeux écarquillés du serveur dans le couloir.
« Motus et bouche cousue, monsieur. »
Avec ces paroles énigmatiques, le garçon s'éclipsa en courant presque.
« Merlin. » marmonna Harry en rejoignant Ron, qui était toujours dans la salle de bal.
Hermione était plongée dans une conversation animée au sujet des elfes de maison de Poudlard et leur ajustement à leur nouvelle liberté, acquise l'année précédente. Harry se pencha vers Ron.
« Rien d'utile de la part de Malfoy. Je vais aller de l'autre côté de la pièce, au cas où. »
Ron acquiesça. Tous trois s'étaient accordés à rester sur le qui-vive toute la soirée, prêts à lancer des sorts de Protection ou des maléfices offensifs au moindre signe de danger. La première inquiétude d'Harry était ses amis mais il n'avait pas menti à Malfoy non plus. Il ne prévoyait en aucun cas de laisser Rosier blesser qui que ce soit, même pour mettre Ron ou Hermione en sécurité.
Malfoy était retourné auprès de Rosier. Harry le regarda donner un coup de coude discret à Parkinson. Une discussion houleuse suivit, que Rosier sembla trouver amusante, jusqu'à ce que Parkinson lance à Malfoy un regard venimeux et s'éloigne. Malfoy s'inclina vers madame Wells-Barton et lui parla. Les deux femmes rirent et les yeux contemplatifs de Rosier parcoururent le corps de Malfoy, qui lui tournait maintenant le dos.
Hermione tapota le bord de son verre de vin de sa baguette, attirant l'attention de tout le monde.
« Le dîner sera servi très bientôt. Si vous voulez bien me suivre jusqu'à la salle de réception. »
Ils se dirigèrent tous vers la salle et Harry s'agenouilla, faisant mine de refaire son lacet. Il se remit en mouvement tout de suite après Rosier et son petit groupe.
« Vous trouverez vos noms sur les cartes nominatives flottant au-dessus des assiettes. » dit Hermione, « Nous voulions donner à chacun une chance de s'intégrer et donc, nous avons placé chaque invité aléatoirement. »
Harry savait que c'était un mensonge éhonté. Hermione avait passé des jours à travailler sur les plans de table, s'assurant que chaque personne indécise – ou même ses opposants directs – soient assis à côté d'une personne possédant un pouvoir de persuasion assez fort pour les faire changer d'avis.
Quand la foule se sépara et que tout le monde s'avança vers la grande table pour trouver son propre nom, Harry remarqua que Rosier avait sorti sa baguette.
Immédiatement, il fit glisser l'ancienne baguette de Malfoy dans sa main et poussa un sorcier vêtu d'une robe orange poussiéreuse, cherchant un bon angle de visée. De son autre main, Rosier tenait un petit objet et ses lèvres remuaient. Harry arrêta son choix sur un Stupefix mais, avant qu'il ne puisse le lancer, Malfoy se plaça entre eux.
Un éclair jaune-vert jaillit de la baguette de Rosier et frappa un des plus gros vases noirs sur la table. Au même moment, la main de Malfoy se referma sur celle de Rosier, emprisonnant l'objet non-identifié. Un instant plus tard, Rosier et Malfoy disparurent. Un sifflement provint des débris du vase et Harry lança un Protego sur les personnes les plus proches, espérant les protéger des effets de la réaction en chaîne que Rosier venait de provoquer.
Un Portoloin, réalisa Harry. Il ressentit une panique profonde en se rendant compte que Malfoy avait bien pu travailler avec Rosier depuis le début. Un battement de cœur plus tard et des étincelles violettes se mirent à exploser de chaque bouquet de fleurs. Les invités les regardèrent avec admiration et les yeux d'Harry se tournèrent vers Ron, l'incitant silencieusement à emmener Hermione loin d'ici pendant qu'il s'occupait de la menace.
À sa plus grande surprise, Ron fut bouche bée devant la cascade d'étincelles puis un sourie étendit ses traits.
« Hey ! » appela-t-il, « Je sais ce que c'est ! »
Draco trébucha en sortant du tourbillon du Portoloin et ne put même pas profiter de l'expression choquée sur le visage de Wells-Barton/Rosier avant que la baguette tendue ne se retourne contre lui. Heureusement, Draco était bien préparé.
« Stupefix ! » siffla-t-il en enfonçant l'extrémité de sa baguette dans le rein de Rosier.
Il enchaîna avec un Expelliarmus et un véritable tourbillon de cordes magiques. Rosier s'effondra sans aucune élégance.
Draco tourna autour de lui lentement, en garde contre n'importe quoi. Il était possible que Rosier ait placé des pièges au cas où quelqu'un localise sa planque. Rien ne l'attaqua alors Draco commença à lancer des sortilèges de Détection, recherchant le moindre danger potentiel.
Draco ne trouva rien en dehors d'un maléfice de Gaz Étrangleur dissimulé dans une boîte scellée, d'une bombe moldue vicieuse reliée à une besace de cuir et d'un sortilège de Stupéfixion prêt à se déclencher devant la table de nuit. Il regarda la silhouette immobile de Rosier et secoua la tête d'un air déçu.
« C'est tout, Ralston ? Vraiment ? Soit tu deviens paresseux, soit ton ego a tellement grossi que ta confiance en toi est devenue disproportionnée. Vu le nombre de boîtes de nourriture vides de ce côté, je pencherais pour la première option. Je crains que tu aies rejoint les rangs des fainéants. »
Draco désarma les sortilèges mortels, plaça un sort de Stase sur les explosifs – il laisserait le Ministère s'en occuper, il détestait travailler sur des appareils moldus – puis parcourut lentement la pièce pour vérifier qu'il n'avait rien manqué. Durant son inspection, il récolta une petite pile de trésors et les posa sur le lit. La boîte scellée, une fois ouverte, refermait un tas de papiers, un journal et une collection d'objets qui nécessiterait une examen plus poussé. Un étui à baguette pour l'avant-bras, visiblement luxueux, accompagné d'une dague ancienne, un kit pour potions en marbre, une écharpe en cachemire et un livre usé s'ajoutèrent au contenu de la boîte. Draco sortit une pochette de l'intérieur de sa robe, qu'il avait placée là plus tôt. Un sort et un geste particulier la firent grandir de six fois sa taille et il y enfouit rapidement tous les objets, remerciant silencieusement l'inventeur des sorts d'Expansion.
Quand la pochette fut refermée et remise en sécurité dans sa poche intérieure, Draco se tourna pour s'assurer que Rosier était toujours inconscient. Il commençait à se réveiller donc Draco lui lança un Stupefix encore plus fort, juste parce qu'il en avait envie.
« Deux petites choses avant que je parte. Accio baguette d'Harry Potter ! »
La porte de l'armoire s'ouvrit et la baguette de Potter jaillit de la poche d'une cape noire. Rosier n'avait apparemment pas décidé de ce qu'il en ferait. Il n'avait même pas pris la peine de la boucler dans un coffre quelque part. C'était presque triste de voir où ce pauvre type était tombé. La dernière chose que Draco avait à faire fut de jeter un sort de Localisation et d'en étendre l'effet à une zone plus importante.
Il regarda par la fenêtre pour trouver un repère dans les alentours mais ne vit aucun élément familier à cause de la pluie torrentielle. Un bus à double étage passa non loin donc Draco présuma qu'il était à Londres. Avec un peu de chance, il ne mettrait pas trop longtemps à rejoindre la Shepherd's Farm.
Il transplana devant le portail de fer et aperçut l'Auror Finnigan seul et clairement ennuyé.
« Je vois que l'endroit est toujours debout. » commenta Draco en approchant et en pointant la maison de son menton.
« Comment tu es sorti ? » demanda Finnigan.
« Portoloin. » avoua Draco en lui montrant le paquet de cigarettes froissé qui avait servi de Portoloin à Rosier.
« Harry sait que tu es parti ? »
« Il se tenait à environ trois mètres de moi quand j'ai disparu donc je suis quasiment certain qu'il le sait. Vas-tu me laisser entrer ? »
« Ouais, bien sûr. »
Finnigan ouvrit le portail et Draco lui adressa un signe de main amical avant de remonter l'allée vers le manoir. Même s'il était sûr à cent pourcent que son plan avait fonctionnait, il existait toujours le risque minuscule qu'il avait tort. Il s'autorisa une ou deux secondes d'inquiétude et poussa la porte de la demeure. L'Auror en service leva la tête vers lui, visiblement à deux doigts de mourir d'ennui.
Blaise se tenait près de la composition florale, les bras massifs de son corps d'emprunt croisés sur son torse. L'expression de soulagement sur son visage était cependant familière. Il offrit un grand sourire à Draco et l'entraîna dans le petit bureau que Draco et Potter avaient occupé plus tôt.
À l'intérieur, Potter, Pansy et l'Auror Klein étaient debout près d'un canapé où était assise une madame Wells-Barton paniquée. L'expression de Potter s'adoucit quand il vit Draco, enfin il espéra que ce n'était pas le fruit de son imagination, tout comme le bref sourire qui étira ses lèvres.
« Perséphone ! Vous avez disparu avec mon... Eh bien, ils me disent que ce n'était pas Anton ! Que s'est-il passé ? »
« Non, ce n'était définitivement pas votre cher Anton. »
Draco donna à Potter la pochette ensorcelée.
« Tu pourras retrouver Ralston grâce à ceci. Il risque d'être difficile à réveiller. »
Potter la confia à l'Auror Klein avec des paroles chuchotées.
Madame Wells-Barton parut déçue.
« Vous êtes une Auror, alors ? »
« C'est top secret, j'en ai bien peur. Mais j'ai été ravi de faire votre connaissance. »
« Si vous voulez bien me suivre, madame, je vais vous accompagner au quartier général des Aurors où vous pourrez attendre des nouvelles de votre époux. Nous avons envoyé des Aurors à sa recherche et vous pourrez nous aider dans cette démarche. »
Madame Wells-Barton émit un halètement sanglotant que Draco suspecta être totalement faux. Il pouvait pratiquement voir les rouages tourner dans sa tête, même s'il doutait que Wells-Barton était mort. Soit il avait fait partie du plan de Rosier depuis le début, soit il était attaché et caché dans un placard quelque part. Bien sûr, il y avait le risque que personne ne le retrouve avant qu'il ne meure de faim ou d'étouffement. Elle pouvait au moins compter sur ces éventualités.
L'Auror Klein l'escorta hors de la pièce et Draco s'avança pour venir serrer avec enthousiasme la main de Pansy. La prendre dans ses bras dans son état actuel aurait été trop louche.
« Bien joué, Pansy, ma chérie. Excellent travail, comme toujours. Toi aussi, Blaise. Reposez-vous le reste de la nuit. En fait, reposez-vous le reste de la semaine. Je vous enverrais un hibou si j'ai besoin de vous. »
Pansy lui offrit un sourire tendre et un baiser sur la joue.
« Nous sommes tous en vie. Tu avais encore raison. J'imagine que ça va te monter à la tête. »
« Évidemment. »
Draco lui fit un clin d'œil et elle accrocha son bras à celui de Blaise. Elle sourit en coin et dit :
« Au revoir, Potter. Appelle-moi si tu veux faire un test dans... l'autre équipe. »
Draco fronça les sourcils alors qu'elle disparaissait. Flirter avec Potter ne faisait simplement pas partie de son contrat. Potter se tourna vers lui à l'instant où la porte se ferma après les amis de Draco.
« Comment tu as fait ? Comment tu as su ? Et tu n'aurais pas pu prévenir ? »
« Et gâcher la surprise ? Où aurait été l'amusement ? En réalité, j'ai eu de la chance, même Ralston n'aurait pas pu le prévoir. Quand je faisais des recherches sur la potion Tue-Loup durant l'épisode assez déplaisant avec Fenrir, j'ai découvert que quelqu'un avait vendu une quantité conséquente de manioc à un des alias de Rosier. S'il y a bien une chose que je sais, c'est que les gens sont plutôt sentimentaux quand il s'agit de leurs alias et qu'ils sont en général réticents à se séparer de leurs favoris. »
« La potion ? »
L'exaspération de Potter était évidente.
« Oui, Potter. Toujours à la traîne. Quand j'ai appris que Rosier avait acquis énormément de manioc, je l'ai tout de suite suspecté de préparer une potion de Suffocation Sanglante. »
Il acquiesça devant l'expression horrifiée de Potter.
« En effet, c'est une des choses les plus vicieuses de l'arsenal de Rosier. Il l'a utilisée à Bruxelles au cours de... Bref, peu importe. J'ai demandé à Blaise de surveiller le fleuriste, vu que Granger avait la situation avec le traiteur bien en mains. C'étaient les deux méthodes les plus probables que Rosier allait utiliser pour faire entrer assez de potions pour n'épargner personne. J'avais raison, bien sûr. »
« La potion était dans les vases. »
« La potion était dans les vases. »
Draco sourit à Potter.
« J'ai simplement attendu que Lovegood les apporte, elle ne se doutait de rien évidemment, puis j'ai remplacé cette horrible potion par cette ridicule Pluie d'Étincelles créée par ton ami Weasley. L'autre Weasley, je veux dire. »
« Et tu as fait quoi de la potion de Suffocation Sanglante ? »
« Les vases sont plutôt malins, en réalité. Ils sont constitués d'un espace central séparé d'un autre espace par une fine membrane. Un simple sort déchire la membrane afin que les deux substances se mélangent. Rosier avait l'intention de mélanger la potion de Suffocation Sanglante à de l'acide sulfurique pour produire un gaz mortel à effet immédiat. La potion des Weasley s'est en fait mélangée à de l'eau pure pour créer une brillante pluie d'étincelles. Je suppose que l'effet était fantastique ? »
« Fantastique. J'ai presque fait une crise cardiaque. Tu aurais pu me prévenir. Heureusement, Ron a reconnu l'effet immédiatement. »
« Comme je l'ai dit, je ne voulais pas gâcher la surprise. »
Draco sourit et poussa un petit cri surpris quand son corps se modifia et reprit une forme plus confortable.
« Splendide ! Le Polynectar s'est dissipé. J'aime beaucoup être Perséphone mais j'aime encore plus être moi-même. Et ces chaussures ne me vont plus du tout. »
Draco balança les hauts talons avec un soupir de soulagement puis prit un malin plaisir à regarder Potter l'observer lentement des pieds à la tête. Potter sourit en coin.
« La robe t'allait beaucoup mieux avant. »
Draco s'approcha tranquillement. Les yeux de Potter s'écarquillèrent avant qu'il ne fasse un pas en arrière.
« En effet. Aimerais-tu voir si les baisers ont également changé ? »
Avant que Potter ne puisse rejeter la suggestion, Draco s'avança rapidement et pressa ses lèvres contre celles de Potter, enroulant une main autour de son cou pour le tenir en place. Le baiser était encore meilleur en étant à la bonne hauteur et en possédant sa propre bouche.
Potter resta immobile le temps d'un battement de cœur puis de deux... permettant à Draco de le goûter. Draco s'émerveilla de ne pas se voir repousser et céda à la tentation. Il bougea légèrement sa langue, dans une caresse plus délicate qu'une aile de papillon. Le rejet arriva alors, suivi par un regard assassin teinté de vert et des sourcils bruns froncés, plissant la peau autour de la célèbre cicatrice.
« Très drôle. » dit Potter en sonnant quand même essoufflé aux oreilles de Draco, « C'est quoi ton excuse cette fois ? »
« Aucune excuse. » répondit Draco, « J'en avais juste envie. Merde, je ne peux pas partir maintenant que le Polynectar ne fait plus effet. Je préférerais ne pas être vu. »
Potter appuya ses index contre ses deux tempes et les frotta lentement, comme si la simple présence de Draco lui donnait la migraine. Il plongea ensuite la main dans sa besace et tendit à Draco un morceau de tissu étincelant – la fameuse cape d'invisibilité.
« Je m'attends à ce que tu ailles directement chez moi et que tu laisses ça sur le canapé dans mon salon, vu que tu sais apparemment comment pénétrer chez moi. Ne touche à rien et ne fais aucun détour avec ma cape. Compris ? »
Draco retint un sourire ainsi que six commentaires sarcastiques parce qu'il était sincèrement touché que Potter lui confie un objet aussi sacré. C'était une énorme déclaration, pour Draco en tout cas, et il le prit presque comme un remerciement pour avoir potentiellement sauvé la vie de Granger.
« Je t'en prie . » dit solennellement Draco en saisissant la cape et en la passant sur ses épaules, « Oh, au fait, je crois que tu as fait tomber ceci. »
Draco plongea la main dans son soutien-gorge désormais vide et en sortit la baguette de Potter.
« Je t'en prie, une nouvelle fois. »
Sur ce, Draco rabattit la cape sur sa tête, hésita et repoussa l'idée d'embrasser à nouveau Potter, juste pour la beauté du geste, et s'en alla.
