Bonsoir !
Pardonnez-moi pour l'heure à laquelle ce chapitre arrive. J'avais totalement oublié.
Avertissements pour ce chapitre : mention de violence, de sang et de mort d'un personnage (aucun des protagonistes)
Le lien pour la fic originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil
Chapitre 10
Harry fit la conversation à Hermione en attendant que Ron se pointe. Il ne fallut pas longtemps avant qu'elle soupire et secoue la tête.
« Arrête de tourner autour du pot. Qu'est-ce qui te préoccupe ? »
Il fronça les sourcils face à sa perspicacité, même s'il aurait dû s'en douter.
« Ils ont emmené Malfoy quelque part et je ne sais ni où ni pourquoi. Ron et Seamus ont disparu avant que je puisse leur demander. Ron devait bien savoir que je ne serais pas ravi d'être laissé de côté. »
Il lui répéta les paroles de Seamus puis afficha une grimace colérique.
« Il a dit que 'le moins de monde possible devait être au courant' et pourquoi je ne devrais pas en faire partie, par Merlin ? Je suis une des seules personnes en qui Malfoy a confiance. C'est pour ça qu'il m'a fait revenir au Ministère avec cette histoire de Greyback. »
« Je croyais que tu en avais fini avec les Aurors. Tu avais l'air largement plus heureux avant que Malfoy ne débarque dans ta vie. »
« Je croyais en avoir fini. Mais maintenant... Je ne sais plus. »
Harry en avait marre de penser à sa vie. Il n'avait pas été capable de faire taire son esprit concernant Eddie. Il avait été à deux doigts de l'assaillir de questions à chaque moment passé avec lui pour savoir si Eddie avait eu des arrières-pensées avant leur premier rencard. Et puis, il y avait Malfoy. Malfoy et son cul nu et son humour facile et ses baisers et l'attirance grandissante qu'Harry ressentait pour lui.
« Dis-moi. »
Harry secoua la tête.
« Ça pourrait aussi bien être Malfoy qui me prend pour un imbécile. Je ne sais jamais ce qu'il peut faire d'une seconde à l'autre et tout ce qu'il fait est calculé. Sa vie est comme un échiquier et il a l'air d'avoir cinq coups d'avance sur tout le monde. Enfin, je ne crois pas qu'il ait vu venir cette situation. Il était aussi surpris que moi quand Ron l'a emmené. Il était en pleine... »
En pleine opération illégale de contrefaçon, d'après ce que savait Harry. Il envisagea retourner au manoir Beauvoir pour interroger Consuelo mais il doutait qu'elle aurait d'autres informations que celles que Malfoy lui avait données, et même celles-ci seraient sûrement difficiles à lui soutirer. Malfoy inspirait la loyauté chez ses associés.
Harry se souvint d'Agatha diluant joyeusement ses potions pour Malfoy, ainsi que ses mots presque tendres. C'est le moins que je puisse faire. Merde. Harry n'était pas supposé l'admirer, par dessus le marché.
« J'aurais dû être impliqué, s'il est en danger. Seamus a dit que quelqu'un en avait après lui. Je dois savoir qui. La dernière fois que quelqu'un en avait après Malfoy, Eddie a fini à Sainte-Mangouste. »
« Et comment va Eddie ? »
« Mieux. » dit Harry avant de marquer une pause puis de continuer, « Qu'est-ce que tu penses d'Eddie ? Tu crois qu'il est bon pour moi ? Est-ce que tu... sens quelque chose de louche chez lui ? Quoi que ce soit ? »
Il ne savait pas vraiment comment exprimer ce qu'il pensait.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? Il a l'air correct. Vous avez des problèmes ? »
Hermione fronça les sourcils et attendit mais Harry ne pouvait pas mettre de mots sur ses suspicions, surtout quand il n'avait pas d'autres preuves qu'une poignée de photos et de coupures de journaux.
« Enfin, on a pensé que tu allais un peu trop vite quand tu as emménagé avec lui mais tu as l'air assez heureux depuis. J'ai pensé que tout allait bien. Je n'ai jamais ressenti quelque chose de louche chez lui. Je ne sais pas ce que tu recherches réellement. »
Harry lui offrit un faible sourire. Eddie et lui n'étaient pas allés trop vite du tout, même si elle n'était pas au courant de cela. Ils n'avaient jamais couché ensemble, bien que cela était supposé changé durant leur week-end romantique à venir.
« Non, nous n'avons pas de problèmes. C'est l'exact opposé, même. »
Il secoua la tête.
« Je suis juste stupide. Et ça n'a aucun rapport avec la situation du moment. Je veux savoir où ils ont emmené Malfoy et pourquoi. J'ai prévu de rester ici jusqu'à ce que je tire les vers du nez de Ron. »
Elle sourit grandement.
« Eh bien, je crois que je vais nous préparer du thé, vu que tu vas apparemment rester ici un long moment. Je crois qu'ils nous restent des biscuits au chocolat qui ont échappés à Ron. »
Il la suivit dans la cuisine et l'aida à fouiller dans les placards.
Blaise Zabini se présenta avant Ron en tambourinant contre la porte d'Hermione et en entrant chez elle d'une façon qui rappelait étrangement Malfoy. Harry se demanda si c'était une habilité apprise à force de côtoyer Malfoy ou si c'était une qualité acquise au sein de la maison Serpentard. Aussi pénible qu'ait été Rogue durant l'adolescence d'Harry, il devait admettre que l'homme possédait un charisme indéniable.
« Granger, apparemment ton mari a embarqué Draco dans une planque mystérieuse et il a fortement suggéré que Pansy et moi-même restions cachés jusqu'à ce qu'il soit libéré. Et par ceci, il veut évidemment dire que nous devons le localiser aussi rapidement que possible car l'incompétence du Ministère ne connaît aucune limite et qu'il serait plus en sécurité en plein milieu du Chemin de Traverse avec nous à ses côtés qu'enfermer dans un lieu caché on-ne-sait-où. J'espérais que tu pourrais nous aider à le trouver avant que Crabbe ne le fasse. Il n'est pas à prendre à la légère. »
« Crabbe ? Le père de Vince ? »
« A moins qu'il y ait un autre Crabbe, menace internationale pour la société et qui voue à Draco une haine passionnée et sans fond ? »
« Pourquoi en aurait-il après Draco maintenant ? Il a eu des années pour prendre sa revanche. »
« Je ne prétends pas connaître l'état d'esprit des hommes instables, Potter. Tes patrons ont décidé que Crabbe recherchait Draco et c'est notre boulot de le protéger, quoi qu'il en coûte. Nous ne pouvons pas le faire sans savoir où il est. Il ne le sait pas non plus donc il ne peut pas nous le dire. »
« Ouais, eh bien, je ne sais pas où il est non plus. Comment tu as su que j'étais ici ? »
Blaise lui adressa un sourire éclatant.
« Draco ne sait peut-être pas où il est mais il sait toujours où toi, tu es. »
Hermione fit claquer sa langue et marmonna quelque chose à propos d'Harry qui était tellement prévisible que c'était un miracle qu'il ne soit pas déjà mort.
« J'ai entendu. » dit Harry avec un regard acéré.
« Je suppose qu'il nous faut plus de thé, alors. »
A la fin, après quatre théières et une conversation de plus en plus tendue, Ron envoya un message annonçant qu'il ne rentrait pas à la maison ce soir-là. Harry lut la note, la mit en boule, marcha dessus puis l'envoya dans le feu d'un coup de pied.
Hermione était bien plus calme.
« Bonne nuit, Harry. Je t'enverrais un message s'il rentre. »
Elle bailla et le poussa gentiment vers la cheminée. N'ayant plus aucune raison de rester, Harry lui dit au revoir et tendit la main vers la Poudre de Cheminette. Il réalisa que Zabini le suivait de près.
« Où est-ce que tu vas ? »
« Avec toi, Potter. Où tu vas, j'y vais. »
« Mais je vais - »
Il dit presque 'Chez Eddie' mais se rattrapa à temps.
« - chez moi. »
« Je suppose que tu as un canapé et je suis doué en sortilèges de Silence. Tu pourras baiser aussi bruyamment que tu voudras, je dormirais comme un bébé, à moins que quelqu'un ne traverse les protections. Si cette éventualité se présente, je te promets que je ferais de mon mieux pour ne pas lancer un maléfice à ton petit-copain dans le feu de l'action. »
« Tu ne viens définitivement pas chez moi avec moi. »
« Harry, je t'en prie, continuez cette dispute ailleurs. Je suis crevée et j'ai mille choses à faire demain. »
Hermione bailla à nouveau et tapa impatiemment du pied.
« Tu ne pourras pas me suivre de toute façon. La Cheminette est fermée pour quasiment tout le monde et les barrières magiques ne te laisseront pas entrer. »
« Oh, j'y arriverais, Potter. Tu ne vas pas apprécier et cela va me prendre un temps fou mais j'y arriverais. »
Zabini avait une lueur sauvage dans le regard et Harry put le visualiser sans mal derrière sa porte, à marteler les barrières à l'aide d'une succession de sorts. Au mieux, il l'empêcherait de dormir. Au pire, il réveillerait tout le monde dans un rayon de deux kilomètres.
« Bordel, Malfoy va en entendre parler. Attends ici et je vais modifier les protections pour que tu puisses les passer. Bonne nuit, Hermione. »
Zabini sembla si satisfait durant une seconde qu'il ressembla fortement à son chef au plus énervant de sa forme. Harry serra les dents et sauta dans la Cheminette.
Eddie ne fut pas compréhensif.
Harry essaya frénétiquement de trouver une excuse valable pour expliquer la présence de Zabini alors qu'Eddie les assassinait tous les deux du regard.
« C'est une longue histoire. » dit faiblement Harry, « Blaise a juste besoin d'un endroit où dormir ce soir. »
« Il n'a jamais entendu parler des hôtels ? »
« C'est à propos d'une affaire. »
C'était indirectement la vérité, rationalisa Harry. Il grimaça ensuite. Un seul de ces mots n'aiderait absolument pas à faire descendre le niveau de rage d'Eddie.
« Évidemment. »
« Où se trouvent les toilettes, Potter ? »
Harry montra le couloir à Zabini d'un geste de la main.
« Première porte à droite. »
Alors que Zabini se dirigeait dans cette direction, Harry se tourna et alla dans la cuisine. Eddie n'était pas loin derrière lui. Harry se prépara pour l'explosion.
« C'est juste ce soir. Il va dormir sur le canapé et je me débarrasserais de lui demain. Je suis trop fatigué pour me disputer à ce sujet maintenant. »
« On part toujours en week-end ou tu prévois de tout annuler à cause de cette affaire ? »
Harry pivota sur ses pieds et prit les deux mains d'Eddie.
« Bien sûr que je ne vais pas annuler. Je suis impatient d'y être. Tu as choisi l'endroit ? »
Eddie résista un instant à la prise d'Harry mais finit par se détendre.
« Oui. J'ai tout organisé mais c'est une surprise. Je ne te dis pas où on va. »
Harry sourit et repoussa une vague de doutes. Il se fit la note mentale de fouiller l'appartement pour trouver ce que prévoyait Eddie pour leur week-end. C'était une chose d'être surpris, c'en était une autre d'avancer à l'aveugle. Il voulait faire confiance à Eddie mais les avertissements de Malfoy mêlés aux documents dissimulés continuaient de le pousser à être prudent. Mieux valait prévenir que guérir.
« Je peux avoir des indices en posant des questions ? » demanda-t-il, joueur, « Est-ce que c'est proche de l'eau ? »
Eddie se pinça les lèvres et se pencha pour avoir un baiser.
« Hmm, j'imagine que tu peux mais je me garde le droit de ne pas te répondre si tu t'approches trop de la vérité. Et oui, c'est proche de l'eau. »
Harry l'embrassa et s'écarta quand Zabini apparut à l'entrée de la cuisine.
« Tu veux du thé ? » proposa Eddie à Zabini, ses mains glissant de celles d'Harry.
Son ton était poli, toute trace d'animosité disparue.
« Non. Merci. »
« Je vais chercher des couvertures. » dit Harry en s'échappant de la cuisine pour récupérer le linge.
Tout s'était passé bien mieux que prévu. Il soupira de soulagement.
Eddie se retira plus tard dans sa chambre et Harry regarda Zabini métamorphoser quelques coussins de canapé en édredons doux et moelleux, qui semblaient bien plus confortables que ceux dans le lit d'Harry.
« Potter. » dit Zabini à voix basse, en se penchant vers lui, « Draco a réussi à nous glisser un détail dans le message qu'il nous a envoyé. Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire, en privé, jusqu'à présent. J'espérais que Weasley nous apporterait quelque chose de plus solide. Draco a réussi à nous transmettre un mot. 'Ruines'. »
« Ruines. »
Harry s'assit et parcourut mentalement la liste de toutes les planques qu'il connaissait. Combien d'entre elles étaient dissimulées sous une apparence de ruines ou cachées sous des ruines ? Plusieurs, réalisa-t-il.
« Je vais faire une liste et on pourra les vérifier demain matin. »
« Génial. »
« Bonne nuit, Zabini. »
« Bonne nuit, Potter. Bonne baise. »
Harry lui offrit un rictus absent et ne chercha même pas à contredire ses paroles alors qu'il se dirigeait vers sa propre chambre. Il pensait déjà aux planques.
18 Juillet 2005 – Lundi
Harry essaya de rester le plus silencieux possible pour faire le thé. Zabini apparut sur le pas de la porte avant qu'il n'ait fini d'ajouter l'eau dans la bouilloire. Il avait l'air bien trop éveillé, vu l'heure qu'il était.
« J'ai pensé qu'on pourrait commencer tôt. » dit-il doucement en tendant une tasse à Zabini.
Zabini acquiesça. Un regard fut échangé et il était évident qu'ils voulaient tous les deux fuir l'appartement avant qu'Eddie ne se réveille. Harry avait envisagé emmener Zabini au Square Grimmaurd – cela aurait facilité les choses – mais, au final, il avait réalisé qu'Eddie aurait été encore plus blessé d'avoir été mis à l'écart.
Avant de partir, Harry fit un détour par sa chambre et prit la petite figurine de Mercury Horowitz sur sa table de nuit. Cela ne ferait pas de mal d'avoir un porte-bonheur. Juste au cas où. Il enfouit la figurine dans sa poche et la sentit gigoter pour trouver une position confortable.
Blaise et lui prirent la Cheminette jusqu'à un café du Chemin de Traverse. Ils y burent plus de thé et mangèrent un rapide petit-déjeuner avant de sortir dans la rue pavée.
« On va commencer avec les planques les plus proches de Londres et on s'en s'éloignera petit à petit. »
Harry suspecta qu'ils reconnaîtraient l'endroit dès qu'ils le trouveraient, par la simple force des barrières magiques. Ce serait évident dès l'instant où ils essayeraient d'y entrer.
Il n'y avait pas beaucoup de planques construites autour de ruines dans Londres même ou dans sa périphérie. Harry fut donc forcé de les emmener toujours plus loin. Il avait escorté Zabini par transplanage et, au bout de sa cinquième escorte, il envisagea sérieusement de le laisser derrière. Seule la lueur sérieuse et déterminée dans les yeux sombres de Zabini l'empêcha de suggérer l'idée. Quoi qu'Harry puisse dire de Malfoy, il avait réellement réussi à inspirer de la loyauté chez ses anciens camarades. Zabini semblait prêt à faire n'importe quoi pour retrouver Malfoy.
Il était tard dans l'après-midi quand ils trouvèrent l'endroit. Ils s'étaient arrêtés de chercher seulement le temps d'un rapide déjeuner et Harry était éreinté à cause des transplanages continus. Ce fut avec un immense soulagement qu'il contempla l'ancien château écroulé.
« La voilà. » dit-il en se frappant mentalement pour ne pas y avoir pensé plus tôt.
Le Coffre. Niveau planque, celle-ci était la plus sécurisée. Cet endroit était construit comme une réelle forteresse avec toute une flopée de passages souterrains et de pièces solides aux murs de pierres.
« Comment tu le sais ? » demanda Zabini.
Il avait l'air aussi fatigué qu'Harry l'était.
Aussitôt qu'il assimila ses mots, Harry resserra sa prise sur sa baguette alors qu'un frisson le parcourut quand la réalisation arriva.
« Parce que les barrières magiques sont tombées. Il y a quelque chose qui cloche. »
Il s'avança mais la main de Zabini saisit son bras, le stoppant dans son élan.
« Appelle Pansy. Je veux qu'elle soit là. »
Harry acquiesça et lança un Patronus. Le temps parut s'écouler avec une infinie lenteur alors qu'ils attendaient que Parkinson arrive. Harry utilisa ses longues minutes pour s'approcher pour essayer de déterminer ce qui s'était passé. Il freina son envie de foncer à l'intérieur, sachant que la prudence était l'option la plus sage. Le fait que les protections étaient totalement abaissées était alarmant. Toutes les planques de la Grande-Bretagne maintenaient en permanence des protections rudimentaires pour empêcher des sorciers nomades de s'y installer et d'y élire domicile ou simplement de voler quoi que ce soit.
Parkinson se montra finalement, ayant l'air étonnamment prête au combat dans sa robe épaisse et ses bottes plates. La broderie noire sur la robe bleue nuit indiquait son prix et sa qualité mais, au moins, elle n'était pas habillée comme prête à sortir dans un club branché.
« Quel est le plan, Potter ? Tu crois que Draco est là-dedans ? »
« Je ne sais pas. La situation n'a pas l'air bonne alors restez prudents et tenez-vous prêts pour n'importe quoi. Si Crabbe est à l'intérieur, on peut seulement espérer qu'il n'a pas atteint le centre. Il est possible que Kingsley et les autres l'aient déjà déplacé. Si c'est le cas, on va devoir se bouger et découvrir où ils l'ont emmené. »
Parkinson hocha seulement la tête et tira sa capuche sur ses cheveux noirs. Zabini lui lança un sourire tendu, sans aucune trace d'humour. Harry se prépara mentalement, leva sa baguette et s'avança vers les ruines.
Draco était une pleine partie d'échecs avec Weasley quand l'alarme sonna.
« Ah ! » fanfaronna Weasley, « J'ai eu ton fou. Tu vas perdre, Malfoy. »
Avant que Draco ne puisse songer à une réplique – Weasley était un excellent joueur d'échecs, même si sa technique avait quelque chose de très Gryffondor, droit au but sans aucune finesse - un éclair de lumière éclatant jaillit dans la pièce, suivi par un Patronus qui fit se précipiter Weasley vers la porte.
« Reste là ! »
Draco, bien sûr, n'avait aucune intention de lui obéir, surtout si Crabbe était en chemin pour s'occuper de lui. Il avait l'impression d'être un rat en cage, emprisonné par ce foutu Ministère dans cette 'planque sécurisée' quand il savait qu'il aurait été bien plus en sécurité en ayant la possibilité de mettre des milliers de kilomètres entre lui et Crabbe, au moins jusqu'à ce que sa motivation à mettre la main sur Draco soit déterminée. Draco jura intérieurement de leur avoir permis de l'attirer dans un piège aussi simple.
Une explosion retentit quelque part au-dessus de lui et Draco jura cette fois à voix haute. Il devait trouver une baguette et ficher le camp d'ici.
« Aurors de confiance. » se moqua Draco avec venin, « Les chances qu'il vous trouve sont minuscules. »
Il traversa la grande salle d'interrogation avec le cercle de runes en courant à toute allure. Il pouvait entendre Weasley crier après quelqu'un et capta le mot 'Shacklebolt'.
« Je ne sais pas ! »
Draco entra dans le passage pour tomber sur Weasley et un autre Auror que Draco ne connaissait pas. Ils semblaient dans tous leurs états.
« Ils ne passeront pas la barrière magique. » dit l'autre Auror mais cela sonna plus comme une question.
« On n'a plus qu'à l'espérer, putain. Malfoy, je t'ai dit de rester tranquille. »
« Rester dans ma cellule et attendre que Crabbe vienne me trouver ? Non, merci. Il faut qu'on sorte d'ici. Quel est le chemin le plus rapide ? »
Weasley secoua la tête et l'autre Auror parut indécis. Un autre grondement résonna au-dessus d'eux et des débris tombèrent, un mélange de graviers et de carcasses d'insectes morts. Draco passa une main dans ses cheveux, une tentative vaine pour déloger les araignées qui auraient pu lui tomber dessus. Weasley gesticula dans tous les sens en frottant ses cheveux roux, les yeux rivés au plafond.
« On doit rester ici. C'est l'endroit le plus sûr. »
« Tu n'entends pas ce qui se passe là-haut, bordel ? Maintenant, où est la sortie ? »
« Il n'y a pas de sortie ! »
La voix de Weasley était stridente. Il balaya violemment ses cheveux une autre fois et frissonna, ayant l'air plus inquiet à cause des araignées qui pourraient lui tomber dessus que la mort certaine qu'ils risquaient de rencontrer d'un moment à l'autre.
« Quel genre de planque n'a pas d'issue de secours ? »
« Je n'en sais rien ! Peut-être qu'il y en a une ! Personne ne m'a rien dit ! »
Draco le regarda de travers. Shacklebolt était encore plus idiot qu'il ne le pensait. Il n'avait même pas pris la peine de présenter le plan de la structure à son Auror en Chef. Les yeux assassins de Weasley lui répondirent avec la même intensité.
« On pensait avoir le temps. »
« Comme tu peux l'entendre, nous n'avons pas le temps donc je te suggère d'utiliser le peu de cellules cérébrales que tu trimballes dans ton crâne pour trouver une issue à ce piège mortel. »
L'autre Auror semblait nerveux, son regard passant de Weasley à Draco encore et encore.
« Ils ne peuvent pas entrer, n'est-ce pas, Ron ? »
Weasley émit un son moqueur.
« Bien sûr qu'ils ne peuvent- »
Ses paroles furent coupées par un BOUM tonitruant et Draco se jeta au sol. Il entendit un cri étouffé à travers l'éboulement de pierres s'écroulant sur le sol. Les oreilles de Draco sifflaient et sa vision était trouble mais il se força à se remettre debout. Respirer était difficile à cause de l'épais nuage de poussière et il haleta pour avaler le plus d'air possible, toussant douloureusement à chaque inspiration. Il entendit un grognement, suivi d'une toux. Il se fit un chemin vers le bruit. Son bras droit lui faisait mal et quelque chose dégoulinait sur sa joue. Du sang, probablement.
Draco atteignit Weasley, à moitié enterré sous les pierres. Draco l'attrapa par les aisselles et le redressa partiellement.
« Weasley. » grogna-t-il, « Es-tu vivant ? »
« Non. »
La voix de Weasley n'était rien de plus qu'un grincement faible. Draco chercha des yeux la baguette de Weasley et la repéra à une courte distance, sous un amas de pierres et de morceaux brisés d'une poutre en bois. Des voix et des bruits de pas résonnaient au-delà de la poussière dense. Draco saisit la baguette de Weasley et chercha du regard l'autre Auror.
« Il faut qu'on bouge. Prends sur toi et mets-toi debout. »
« Peux pas. Ma jambe est enfouie. Où est Wilson ? »
La poussière commençait à se dissiper et Draco vit que Weasley avait raison. Ces jambes étaient prises au piège sous les gravats. Avec un grognement, Draco se mit à faire léviter aussi vite que possible les pierres pour les dégager. La baguette de Weasley ne semblait pas l'aimer. La magie était lente et faiblarde. Une pierre particulièrement grosse roula au lieu de léviter et Weasley hurla avant que sa tête tombe mollement vers l'arrière. Il était soit inconscient, soit mort.
Les voix devenaient de plus en plus fortes et Draco ressentit une pointe de panique. Il avait besoin de Weasley pour trouver une issue. Il y avait des chances qu'il ait menti plus tôt au sujet de cette sortie inexistante, pensant qu'ils seraient en sécurité derrière l'immense porte en pierres et trop désespéré de garder Draco dans sa cellule.
« Ne meurs pas tout de suite, Weasley. »
Draco l'attrapa et le tira par le col pour retirer son corps des débris. Il trébucha presque durant sa tâche sur quelque chose de mou. Il baissa la tête pour voir un avant-bras. Il remonta ses yeux le long du membre jusqu'au coude puis l'épaule avant de sursauter à la vue de l'autre Auror – Wilson – dont le crâne avait été écrasé par un gros parpaing. Rien d'autre que sa tête éparpillée et son bras n'était visible.
Un cri détourna l'attention de Draco de l'Auror décédé et il lança un Protego juste à temps pour dévier un rayon rouge.
« Attrapez-les vivants ! » cria quelqu'un.
Draco jeta un sortilège, sans prendre la peine de contrôler sa force. L'Avada Kedavra envoya son assaillant voltiger contre les tas de pierres. En même temps, il souffla en tirant Weasley comme il le pouvait, maudissant l'adoration de l'homme pour la nourriture. Cela ne ferait pas de mal si Weasley perdait quelques kilos.
Draco lança un sortilège de Lévitation pour accélérer le processus puis jeta plusieurs autres éclairs verts mortels dans le couloir pour ralentir ceux qui les poursuivaient. Le premier qui s'avancerait serait le premier à tomber. Il était évident qu'aucun d'entre eux ne prendrait le risque.
« Rentre là-dedans ! »
Draco crut reconnaître la voix de Crabbe. Il était difficile d'en être certain vu l'écho. Il bougea plus rapidement, tirant Weasley derrière lui en trottinant, ne s'arrêtant pas avant d'avoir atteint la salle à l'estrade encerclée de runes. Draco le traîna jusqu'à l'intérieur d'un cercle runique et le lâcha. Un chemin discontinu de sang menait droit à eux. Weasley avait une sorte de pieu en bois enfoncé dans le haut de la cuisse.
« Weasley, réveille-toi. Ennervate ! »
Les yeux de Weasley s'ouvrir en grand grâce au sort puis Draco lança deux sortilèges de Mort supplémentaires en direction des malheureux idiots qui se précipitèrent vers le portail brisé et dans la salle.
« Quelle est l'incantation pour activer le cercle ? » demanda Draco.
Weasley couina mais il tendit la main et saisit sa baguette avant de marmonner quelque chose que Draco ne comprit pas. Un lueur bleue étincelante les entoura pendant un instant avant de s'estomper. Les symboles sur le sol brillaient d'un bleu vif et Draco soupira de soulagement quand un sort ricocha sur les barrières invisibles.
« Quelque chose peut traverser ces protections ? »
Weasley secoua la tête. Son visage était si pâle que ses tâches de rousseur ressortaient comme des éclaboussures de sang. Quelques-unes de ces tâches étaient en fait bien des éclaboussures de sang, réalisa Draco. Weasley était parsemé de coupures et de contusions. Draco jeta un coup d'œil au pieu en travers de la jambe de Weasley. Il fallait le lui retirer mais cela provoquerait un jaillissement de sang qui le tuerait facilement.
« Non. Elles bloquent même les Avada. Rien n'entre, rien ne sort. »
Draco acquiesça. Aucun sort défensif ne pouvait bloquer les sortilèges de Mort mais un nombre suffisant de barrières magiques le pouvait. La magie qui les constituait était complexe et tissée étroitement d'une multitude d'incantations.
« Et l'oxygène ? »
« On ne risque rien ici. Les bouches d'aération dans le sol font circuler l'air. »
« Nous n'avons plus qu'à attendre donc. »
Que Weasley se vide de son sang. Draco regarda vers l'entrée du tunnel où plusieurs silhouettes encapuchonnées étaient regroupées, jetant chacune leur tour des sorts contre le cercle de protection. Les yeux de Draco se plissèrent quand l'un d'entre eux poussa les autres, bougeant avec détermination. Draco leva presque les yeux au ciel quand il remarqua le masque étincelant de Mangemort briller sous les plis noirs de la capuche de l'homme. Accessoire sympathique, pensa-t-il sèchement.
Draco se mit debout et observa l'homme s'approcher. Quand il se tint de l'autre côté de la barrière brillante, il leva les mains et repoussa sa capuche avant de retirer son masque pour révéler le visage énervé et abîmé de Virgil Crabbe.
« Bonjour, Draco. »
Weasley s'était à nouveau évanoui. Draco en profita pour retirer la cravate de Weasley et pour la nouer fermement autour de sa jambe en tant que garrot. Avec un peu de chance, cela ralentirait l'hémorragie et empêcherait Weasley de mourir jusqu'à ce que quelqu'un daigne venir les sauver.
Pendant que Draco travaillait, Crabbe et ses sbires continuèrent de bombarder le cercle de protection de sorts, ce qui n'eut aucun autre effet que de faire briller encore plus vivement les runes. Draco suspecta qu'elles étaient alimentées par la magie et tout ce qui était lancé contre elles ne faisait que les renforcer.
Draco retira le pieu de bois de la jambe de Weasley et le jeta sur le côté. Du sang s'écoula de la plaie mais il ne jaillit pas, grâce à ses mesures préventives. Il lança un jet d'eau dans la plaie, ce qui tira un gémissement de Weasley et le fit gigoter malgré le fait qu'il soit inconscient. Un sort de Découpe déchira la robe d'Auror de Weasley et Draco tailla des petites lamelles dedans – très grossières, à cause de la baguette de Weasley qui lui résistait à chaque seconde. Draco lança autant de sorts de Soins qu'il se souvenait, ce qui aida à ralentir le saignement mais n'eut quasiment aucun effet sur la gravité de la blessure. Ils n'étaient pas aussi efficaces qu'ils auraient dû l'être. Utiliser la baguette de Weasley était un jeu de patience.
Alors qu'il nouait les lambeaux de tissus autour de la cuisse ensanglantée de Weasley, la voix de Crabbe résonna à l'intérieur du cercle, amplifiée par le globe de communication posée sur la petite table près du fauteuil. Weasley était couché par terre, au pied de l'estrade, mais Draco avait pris un des coussins du siège pour le placer sous la tête de Weasley. Il n'était pas totalement dépourvu de compassion, tout de même, même pour un Weasley.
Cela n'a rien à voir avec le fait qu'il soit le meilleur ami d'Harry, pointa sèchement la petite voix de sa conscience.
« Bien sûr que non. » marmonna-t-il pour lui-même.
« … pas rester là-dedans pour toujours, Draco. En fait, voici la personne qui va te faire sortir de ta petite cage. »
Draco lança un regard à Crabbe, qu'il avait pris soin d'ignorer jusqu'à présent, puis se tourna vers l'entrée du tunnel avec une appréhension non négligeable. Kingsley Shacklebolt apparut, escorté par deux sorciers à l'apparence sauvage. Draco jura dans sa barbe. Leur chance de s'échapper venait de prendre la pire direction possible.
« Eh bien, eh bien, eh bien. Ne serait-ce pas le Ministère de la Magie que nous avons là ? Et moi qui croyais que Draco ne méritait rien de plus qu'une poignée d'Aurors incompétents. Peut-être que le merdeux a plus de valeur que je ne l'avais imaginé. »
« Comment va Weasley, Malfoy ? » interrogea Shacklebolt.
« Il est vivant. »
Il voulait élaborer, lui faire savoir à quel point il était urgent que Weasley voit un Guérisseur mais cela n'aurait fait que tendre un peu plus d'armes directement dans les mains de Crabbe. Et Shacklebolt n'était pas exactement apte à leur apporter son aide à cet instant.
« Weasley ? »
Crabbe revint rôder près du cercle et lorgna Weasley.
« Ainsi soit-il. Le traître à son sang sera bien mieux mort mais tu sembles avoir un penchant pour les âmes corrompues, hein, Kingsley ? Si tu veux sauver ton Auror, tu ferais mieux d'ouvrir le cercle. »
« Draco Malfoy est sous ma protection. Je refuse de l'offrir à la première brute qui se fraie un chemin dans ce bâtiment. »
Crabbe pivota et Draco put dire, par la tension dans ses épaules, qu'il mourrait d'envie de laisser sortir sa colère. Crabbe était instable mais probablement pas assez stupide pour tuer le Ministre. Crabbe s'approcha de Shacklebolt et le fixa, peu importe que Shacklebolt soit plus grand que lui et que son expression reste impassible.
« Note bien ça. Je vais réussir à ouvrir ce cercle et je vais récolter ma récompense. »
Il se tourna vers ses hommes et fit un geste bref.
« Ramenez toute personne respirant encore. On va voir combien d'agents supplémentaires sa Grandeur est prête à perdre avant d'accepter de nous livrer Draco. »
