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Le lien pour la fic originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil.
Chapitre 13
Christine Gryphon hurla et s'arqua si violemment sur le lit qu'Harry sauta sur ses pieds, un sort au bout des lèvres. Parkinson secoua la main et lui lança un regard noir, un avertissement évident.
« Non. »
Harry se rassit en tremblant mais sa prise sur sa baguette ne se détendit pas. Gryphon souffrait énormément, cela ne faisait aucun doute. La Marque des ténèbres sur son bras se mit soudainement à briller d'une lueur orange criarde puis la carte se mit à frémir sur le lit.
Parkinson attrapa le parchemin.
« Ici. » murmura-t-elle en posant son doigt sur un point.
Harry et Parkinson se précipitèrent dans un entrepôt abandonné, leurs baguettes tendues prêtes à exploser. Harry cria les phrases habituelles comme « Plus un geste ! Lâchez vos baguettes ! » et « Division des Aurors ! » mais il n'y avait plus personne pour l'entendre.
Accompagné d'une Parkinson silencieuse, Harry s'avança dans la pièce vide et examina le cadavre de Virgil Crabbe. Plusieurs chaînes en métal pendaient de la charpente au-dessus de leurs têtes mais Draco Malfoy n'était plus là.
Harry regarda Parkinson avec étonnement et découvrit ses yeux sombres emplis de la même incrédulité qu'il ressentait.
Comment Draco était parvenu à s'échapper ? Et où était-il passé ?
Quand Harry rentra enfin chez lui, il était presque minuit. Les hommes de Crabbe avaient accouru à l'étage alertés par le bruit mais, après que les maléfices enragés de Parkinson en aient anéantis un bon nombre, les autres avaient fui. Parkinson était partie à leur poursuite, abandonnant Harry sans un regard, et il était retourné au Ministère pour faire un rapport de la situation à Kingsley dans l'espoir de pouvoir localiser Draco et pour aussi déposer le corps de Crabbe à la morgue. Il avait récupéré toute la paperasse nécessaire, bien qu'il n'avait absolument pas l'intention d'écrire des rapports avant, au mieux, l'après-midi suivant.
Il était mort de faim alors, après s'être débarrassé de toutes les matières non-identifiées qu'il avait sur lui, ainsi que sa baguette d'emprunt, il alla dans la cuisine et coupa plusieurs tranches de pain épaisses. Après les avoir recouvertes de cheddar, il les fit griller (en en brûlant qu'une seule à cause de la baguette étrangère) et les engloutit à l'aide de jus de citrouille bu directement à la bouteille. Il espérait qu'Eddie ne se réveillerait pas. Il détestait quand Harry oubliait l'existence de verres.
Harry observa la baguette et se demanda ce qu'était devenue la sienne. Elle n'était pas sur le corps de Crabbe et nulle part ailleurs, celles de Parkinson et de tous les autres non plus. Il pouvait seulement espérer que Draco les ait prises avec lui quand il s'était échappé. La baguette empruntée était grossière et courte, taillé dans un chêne banal.
Après avoir rangé la cuisine, Harry se rendit dans le salon et tomba sur le canapé, s'autorisant un instant de tristesse en songeant que Blaise Zabini avait dormi à ce même endroit. Il était terriblement dommage de ne plus jamais revoir son sourire étincelant prendre un air moqueur ou de ne plus jamais l'entendre rire doucement après une remarque sarcastique.
Harry déboutonna sa chemise avec un soupir déprimé. La mort semblait le suivre partout où il allait. Il balança sa chemise par terre, qui fut vite rejointe par ses chaussures et ses chaussettes. Il ne s'embêta pas à faire plus que déboutonner son jean, s'étala sur le canapé et se recouvrit d'une couverture. Avant que le sommeil ne le gagne complètement, il crut entendre quelqu'un marchait dans le couloir. Il se força à sortir de son état de semi-conscience mais le bruit de pas s'éloigna. Il s'estima chanceux qu'Eddie ne se lance pas dans une dispute et laissa le sommeil l'envelopper.
Après avoir échappé à Crabbe, Draco pensa qu'il était mieux de rester le plus discret possible. Alors, après quelques escales de transplanages aléatoires et d'autres stratégiquement choisies, il arriva dans l'allée sombre d'un quartier sordide et miteux d'Écosse, majoritairement désert la nuit sauf par quelques membres de gang rebelles et autres assassins. Un simple sortilège de Désillusion fut suffisant pour passer inaperçu aux yeux des moldus, jusqu'à ce qu'il atteigne une cabane abandonnée dans laquelle il avait caché plusieurs Portoloins.
Après un trajet tourbillonnant qui le rendit presque malade, il atterrit dans la banlieue londonienne dans le terrain envahi de mauvaises herbes derrière un entrepôt rongé par la rouille. Il y vomit plusieurs fois, heureux qu'il fasse trop noir pour remarquer si ce qu'il avait régurgité contenait du sang ou non. Il suspecta qu'il y en avait, vu comment il se sentait. Il avait besoin de potions médicinales, et vite.
Deux transplanages supplémentaires l'emmenèrent dans un endroit sûr, heureusement désert. Il tituba dans la planque et la retourna quasiment pour trouver des potions pour se soigner. Il en trouva finalement un bon paquet dans le placard de la salle de bains. L'éventail de choix était impressionnant et il remercia son ange gardien de lui avoir permis de mettre la main sur une potion de Réparation Osseuse ainsi que des anti-douleurs puissants et même, une potion de Régénération Sanguine. Il les avala toutes en envisageant les effets secondaires possibles en les mélangeant puis décida que le risque était une alternative acceptable par rapport à la douleur qu'il avait déjà connue.
Après cela, il se fit couler un bain bien chaud et s'immergea un très long moment dans l'eau. Aussitôt que la douleur de son corps se dissipa lentement, il se concentra sur l'avenir. Il faudrait qu'il envoie un hibou à Pansy aussi rapidement que possible, sinon elle retournait le monde de fond en combles pour le retrouver. Et puis, il y avait Gryphon. Draco devrait lui envoyait un cadeau vraiment spécial pour avoir accepté de subir l'agonie par la Marque pour le localiser.
Draco avait voulu rester dans la salle de torture pour attendre Pansy mais il avait craint qu'Harry ne soit avec elle et Draco avait des choses à faire auxquelles Harry n'avait pas nécessairement besoin d'assister. Plusieurs choses. Il ferma les yeux en grognant et commença à faire une liste mentalement.
19 Juillet 2005 – Mardi
Eddie ne fut pas aussi aimable le matin suivant. En fait, il semblait de mauvaise humeur, vu le bruit des casseroles entrechoquées et des portes de placard claquées provenant de la cuisine. Le vacarme tira Harry de son profond sommeil.
Harry enfouit sa tête sous un oreiller pour essayer de bloquer les sons mais il grogna, sachant qu'Eddie n'avait aucune intention de le laisser dormir plus longtemps. Il fallait mieux qu'il se lève et qu'il affronte la dispute.
« Tu dors sur le canapé maintenant ? Vraiment ? »
Eddie cassa trois œufs avec un sort et les jeta dans la poêle frémissante.
« Je ne voulais pas te réveiller. »
Il se sentait en quelque sorte lâche maintenant mais la porte de sa chambre grinçait et il n'avait pas voulu réveiller Eddie. Il avait aussi été bien trop fatigué pour réfléchir rationnellement et le canapé avait semblé tellement accueillant et confortable.
« Et j'étais épuisé. »
Il l'était toujours et ne désirait rien de plus que se faufiler dans son lit – ou même s'écrouler sur le canapé – et retourner dormir.
« Évidemment, vu que - »
« Ron est à l'hôpital. »
Eddie lâcha la spatule avec laquelle il s'occupait des œufs. Il fixa Harry, bouche bée avec une expression horrifiée.
« Quoi ? Merlin, il va bien ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Rowena, regarde-moi agir comme un gosse pourri gâté alors que ton meilleur ami est - »
« Il va bien. Enfin, il va aller bien. Il a été blessé au cours d'une intervention. »
Harry tenta de ne pas avoir l'air soulagé mais il était reconnaissant d'avoir réussi à éteindre la colère d'Eddie.
« Et toi ? Tu faisais partie de cette intervention ? »
Harry secoua la tête, pour la première fois heureux d'être arrivé au Coffre trop tard. Cela lui épargna de mentir.
« Non. »
Il n'élabora pas plus.
« Non ? »
Eddie arqua un sourcil puis se remit à cuisiner.
Harry fronça les sourcils.
« Non. Je suis arrivé après que Ron ait été blessé. Je suis allé le voir à Sainte-Mangouste, évidemment. »
Eddie soupira lourdement.
« Naturellement. Je veux dire, c'est bon. C'est normal, c'est évident. Mais cela aurait été bien si j'avais reçu un hibou ou quelque chose. Ce n'est pas comme si j'avais passé la moitié de la nuit assis, à m'inquiéter pour ta sécurité et à me demander si tu allais rentrer à la maison. Oh attends, c'est exactement ce que j'ai fait. »
Harry serra les dents.
« Désolé. Tu as raison. J'aurais dû t'envoyer un hibou. »
« Non, j'imagine que c'est quelque chose à laquelle je dois me faire, vu qu'il est évident que tu as repris ta place au sein des Aurors. Les heures interminables et les nuits sans fermer l'œil sont de retour, à craindre le pire pendant que tu poursuis sans relâche les criminels sans te soucier une seule seconde des personnes qui t'aiment et qui t'attendent à la maison en s'inquiétant pour toi. »
Harry se rétracta presque physiquement quand il parla d'amour. Il n'était pas prêt à entendre cela, surtout pas au milieu d'une tirade pleine de colère, et définitivement pas durant une conversation qu'ils avaient déjà eue des dizaines et des dizaines de fois. Harry en avait marre d'avoir toujours le rôle du méchant pendant qu'Eddie n'était rien d'autre que l'exemple parfait du modèle de vertu.
« Tu sais, je ne passe pas mon temps à traîner dans les clubs ou à draguer des mecs ou à m'amuser sans toi. Je suis là, dehors à essayer d'éviter le plus de morts insensées possibles et d'empêcher des personnes de commettre des crimes abominables et de blesser d'autres gens. Tu crois vraiment que rester ici avec toi à jouer à la Bataille Explosive ou de sortir faire des balades romantiques est plus important ? »
Eddie gratta le fond de la poêle si fort qu'un morceau d'œuf en sauta et vint brûler directement sur le feu sortant de la gazinière.
« Non, bien sûr que non. Je suis quasiment certain que je ne suis même pas mentionné dans l'Échelle d'Importance Vitale de Harry Potter. Je commence à croire que je suis juste en dessous de 'sortir les poubelles' ou 'nettoyer la cheminée'. »
Harry le fusilla du regard. Le mal de tête qu'il avait découvert en se réveillant avait grandi en une migraine à pleine puissance et il savait que des mots horribles passeraient ses filtres habituels s'il ne faisait rien pour les retenir.
« Je suis bien trop fatigué pour me lancer dans ça avec toi maintenant. Je rentre à la maison pour dormir. On continuera plus tard. »
« C'est ça, fuis et évite le problème. Comme tu le fais toujours. »
Eddie saisit la poêle et la renversa avec force dans une assiette, les œufs tombant dans une cascade jaune. La plupart atteignit l'assiette mais d'autres rebondirent et atterrirent sur le plan de travail. Durant un instant, Harry pensa que l'assiette s'était fissurée.
« Très bien. C'est exactement ce que je vais faire. »
Harry pivota et traversa le salon. Il marcha rapidement, ayant presque peur qu'Eddie le poursuive et le retienne avec des baisers et des supplications. Cela était déjà arrivé mais cette fois, il n'en avait pas envie. Il récupéra sa sacoche et ses vêtements, prit une grosse poignée de poudre de Cheminette et cria les mots qui l'emmèneraient au Square Grimmaurd. Une fois là-bas, il mit en place les barrières protections pour empêcher quiconque d'entrer, laissa tomber ses habits au milieu du couloir et se rendit dans la cuisine. Il avait besoin d'une tasse de thé bien fort, peut-être aromatisé au whisky.
Il irait ensuite se coucher.
Pendant qu'il attendait que son thé infuse, il réalisa qu'il avait faim. Son ventre s'était mis à gronder à l'odeur des œufs qu'Eddie préparait. Le sandwich qu'il avait avalé la veille l'avait à peine rassasié et il pensa que quelques saucisses pourraient soulager sa faim. Il retourna dans le hall d'entrée et abandonna la baguette d'emprunt qu'il avait utilisée jusqu'à maintenant pour fouiller dans sa sacoche à la recherche d'une autre baguette. Il l'avait cachée pour éviter les questions.
Quand il fut mieux équipé, il trouva une grosse saucisse de Cumberland dans le frigo et la découpa en trois morceaux pour qu'elle passe dans la poêle. Elle chantonna agréablement en cuisant. Il était à la moitié de son thé quand il entendit un son derrière lui et il pivota, sa baguette jaillissant dans sa main et sa tasse tombant au sol.
Draco Malfoy vacilla contre le cadre de la porte et abaissa la baguette qu'il pointait vers Harry.
« Oh, merci Merlin. Je ne crois pas être en état pour un combat. »
Harry traversa l'espace les séparant en quelques secondes et glissa un bras sous ceux de Draco pour le tenir debout. Il avait l'air dans un état affreux. Il semblait à moitié mort et prêt à s'évanouir d'un moment à l'autre. Sa lèvre était éclatée et du sang coagulé y formait une croûte. Il avait un œil au beurre noir, presque totalement clos et ses cheveux étaient un bordel effrayant, comme s'il les avait mouillés et ne les avait plus touchés après cela.
« Draco ! Bordel de merde, on s'inquiétait comme des malades pour toi ! Pourquoi tu ne nous as pas dit où tu allais?J'étais terrifié que quelqu'un d'autre ait tué Crabbe et qu'il t'ait enlevé. Enfin Parkinson était sûre que tu t'en étais sorti tout seul. »
« Tu étais malade d'inquiétude ? Vraiment ? »
Draco semblait ravi et Harry rougit.
« Ce n'est pas le moment de flatter ton ego. Comment tu as échappé à Crabbe ? Et pourquoi je m'embête à placer des protections si toi et Parkinson pouvaient les passer sans demander la permission ? Peu importe. Tu as une tête horrible. Viens à l'étage, j'ai des potions. »
« J'en ai déjà pris. Tu fais des saucisses ? »
Harry regarda à nouveau la poêle, d'où commençait à s'échapper de la vapeur inquiétante qui menaçait de se transformer en fumée.
« Attends ici. »
Il cala Draco dans l'entrée de la pièce puis se dépêcha de couper le feu de la gazinière. Il remua la poêle pour détacher les saucisses puis la mit de côté pour accompagner Draco à l'étage. Draco se déplaçait comme s'il avait vieilli de quarante ans en une nuit. Harry grimaça, se souvenant de la douleur sourde que laissait le Doloris. Et il ignorait combien Draco en avait reçus.
Harry sursauta presque de surprise en découvrant le dessus de lit froissé dans sa chambre. Il était évident que Draco avait dormi ici.
« Allez, retourne au lit. Je vais t'apporter du thé et un petit-déjeuner. On se débrouillera pour te remettre sur pieds après. »
« Tu es vraiment un saint, Harry. »
Harry rougit au compliment qui semblait vraiment sincère mais il renifla, défit les couvertures et aida Draco à se glisser dessous. Pour la première fois, il remarqua que Draco ne portait rien d'autre qu'un boxer noir et une chemise froissée qui paraissait vaguement familière. Elle venait probablement de son propre placard. Il se réprimanda pour penser que Draco avait l'air vraiment attirant à moitié nu et portant ses vêtements. L'homme était sévèrement blessé, par la barbe de Merlin !
Quand Draco fut installé, Harry retourna dans la cuisine et se chargea de faire plus de thé, d'ajouter des saucisses dans la poêle, ainsi que des œufs brouillés et une grosse quantité de haricots.
Draco s'était endormi le temps qu'il termine le petit-déjeuner mais il se réveilla facilement et commença à manger pendant qu'Harry alla dans la salle de bains à la recherche de potions adéquates. Il n'en restait pas beaucoup d'utile. Draco avait vraiment besoin de voir un médicomage à Sainte-Mangouste.
Il le lui en fit part.
« Non. Je n'ai aucune idée d'à qui je peux faire confiance. Quelqu'un a engagé Crabbe et il pourrait tout aussi bien avoir la moitié de Sainte-Mangouste à son service. »
Harry pensa qu'il y avait peu de chance que ce soit le cas mais il fronça les sourcils aux paroles de Draco.
« Attends. Quelqu'un a engagé Crabbe ? Je croyais qu'il travaillait tout seul ! »
Draco mordit dans une saucisse de ses dents blanches parfaitement alignées et secoua la tête en mâchant.
« Non. Cela va bien plus loin qu'une simple vengeance. Quelqu'un veut que je disparaisse, de façon permanente, et ce quelqu'un a énormément de pouvoir. »
« Tu as une idée de qui c'est ? »
« Oui. » acquiesça Draco.
Harry attendit mais Draco continua de vider son assiette sans élaborer. Harry leva les yeux au ciel.
« Eh bien ? Tu vas me le dire ? »
« Pas encore. Pas avant que j'en ai la certitude. Maintenant, je doute que tu me crois quand je te le dirais. »
Harry se renfrogna mais détourna le regard. Il pensa à Eddie et aux paroles précédentes de Draco. Un jour, tu me feras confiance et tu me croiras quand je te dirais des choses que tu ne veux pas entendre. Il voulait les entendre et il pensa qu'il pourrait faire confiance à Draco maintenant, après tout ce qu'ils avaient traversé, mais quand Draco grimaça et pressa une main contre sa mâchoire, Harry décida que ce n'était pas le bon moment. Draco était blessé et avait besoin de se reposer et de guérir.
« Tiens. » dit Harry en lui tendant un pot qu'il avait trouvé dans la pharmacie, « J'ai de l'Hémato-Baume, tu devrais en prendre pour soigner les pires bleus que tu as. Je peux transplaner à Sainte-Mangouste pour aller te chercher d'autres potions, si tu me dis de quoi tu as besoin. J'ai vu que tu avais déjà pris quelque chose pour réparer tes os. Je ne veux même pas savoir combien d'entre eux étaient cassés. »
« Surtout mes côtes. Je crois qu'elles sont guéries maintenant, vu que j'arrive à respirer plus facilement. Merci pour le petit-déjeuner. C'est délicieux. »
Il repoussa ensuite l'assiette à moitie pleine et ferma les yeux un instant.
Harry admira ses cils pâles puis prit le plateau et le mit de côté.
« Dors maintenant. Je vais me reposer dans l'autre chambre puis j'irais te chercher plus de potions et de nourriture. Et tiens, applique ça sur tes hématomes avant de t'endormir. »
Harry lui tendit le pot. Il aurait pu lui proposer de l'aider à appliquer la crème mais, à ce point, il ne se faisait pas assez confiance pour toucher Draco. Il était fatigué, stressé et irritable. Il avait besoin de dormir.
« Hey, Potter. »
« Ouais ? »
« Tu veux bien qu'on échange de baguette ? »
Draco lui tendit la baguette qu'il avait tenue étroitement plus tôt. Harry n'avait pas pu l'observer correctement durant leur ascension maladroite dans les escaliers. Il sourit grandement maintenant qu'il avait une meilleure vue de l'objet.
« Tu as volé ma baguette à Crabbe. »
« Et tu as volé la mienne à Shacklebolt. »
Harry hocha la tête.
« Je l'ai récupérée au Ministère. »
Draco posa sa baguette au-dessus des couvertures puis bâilla bruyamment.
« Tu sais, c'est de plus en plus difficile de faire la différence. La tienne fonctionne très bien pour moi. »
Harry sourit et se rendit compte que c'était vrai.
« Ouais, la tienne aussi. Pour moi. »
« C'est un signe. Hé, Potter, envoie un message à Pans pour qu'elle sache que je suis vivant. Je ne veux pas qu'elle tente de me tuer la prochaine fois qu'elle me verra. »
Il ferma les yeux avant qu'Harry ne puisse lui demander 'un signe de quoi ?' et, vu que la potentielle réponse le rendait assez nerveux, il se contenta d'accepter et de quitter la chambre.
Quinze minutes plus tard, il était allongé dans un lit au bout du couloir, profondément endormi.
Harry se réveilla quelques heures plus tard et sortit du lit pour aller jeter un œil sur Draco, qui était toujours endormi, ses cheveux pâles étalés sur l'oreiller et la plupart des couvertures repoussées au bout du lit. La chambre s'était réchauffée grâce au soleil d'après-midi qui rayonnait sur le parquet. Harry cligna des yeux devant ce spectacle et se demanda quand la pluie avait cessé. La météo avait été désastreuse durant le mois passé. Il ferma les rideaux d'un sort et s'approcha du lit pour lancer un rapide sortilège de diagnostic sur Draco. Il l'avait appris à Sainte-Mangouste après que les guérisseurs l'aient utilisé une bonne trentaine de fois sur lui. Une lumière multicolore plana au-dessus de Draco, pulsant d'une façon rassurante. Bleu pour la respiration, rouge pour les battements de cœur et vert pour l'activité cérébrale. Tout semblait normal.
Draco ne se réveilla pas et Harry annula le sort et permit à son regard de glisser sur Draco. La chemise était encore plus froissée et un côté était relevé pour laisser apparaître une hanche et l'aperçu de son flanc. Sa peau était pâle, telle la porcelaine la plus délicate, et Harry voulait se pencher et la toucher et ensuite, possiblement suivre le même chemin avec sa langue. La force de son désir était alarmante.
Harry recula puis se tourna et s'empressa de sortir de la chambre. Son cœur battait la chamade et il s'appuya contre la balustrade un instant avant de se diriger en bas. Qu'avait donc de si spécial Draco Malfoy ? Harry n'avait jamais été attiré par Eddie. Pas une seule fois. Par personne d'ailleurs, s'il se souvenait bien.
Il se fit une autre tasse de thé pour se calmer puis vérifia l'heure. Il était à peine un peu plus que quinze heures. Il devait probablement aller s'assurer que Ron allait mieux. Il imagina qu'il devait aussi se rendre au Ministère pour commencer toute la paperasse mais il décida que le Département des Aurors pouvait totalement attendre un jour de plus. Son congé n'était techniquement même pas fini, peu importe ce que pensait tout le monde.
Il écrivit une note rapidement pour Draco et la colla sur le miroir des toilettes – l'endroit le plus logique dans lequel irait Draco après qu'il se soit réveillé. Il s'habilla ensuite et prit la Cheminette pour rendre visite à Ron.
