Bonjour/Bonsoir !

Joyeux Noël à tous ceux qui le fêtent et joyeux non-Noël à tous ceux qui ne le fêtent pas. En tant que cadeau pour vous remercier de tous les commentaires adorables et de tous les encouragements qui ont suivis cette traduction, je vous poste les quatre derniers chapitres de cette fic.

Avertissement pour le chapitre : mention de rapports sexuels

Le lien pour la fic originale de Cheryl Dyson est mentionné sur mon profil.


Chapitre 16

Harry sourit à la réponse de Draco. Il se sentait déjà pompette, bien qu'il n'ait bu que trois gorgées d'alcool. Ce n'était probablement rien de plus que l'euphorie qu'il ressentait d'avoir enfin pris une décision. Une décision qui faisait énormément de bien.

Il avait aussi la ferme intention de mettre Draco Malfoy dans son lit. Sa plus grosse révélation avait peut-être été de réaliser que, bien qu'il avait fait traîner sa décision de coucher avec Eddie des mois et des mois, il n'avait pas la même hésitation concernant Draco. En réalité, il trouvait extrêmement difficile de garder ses mains pour lui et dut serrer fermement son verre entre ses doigts pour s'empêcher de le toucher.

« Tu étais un vrai merdeux à l'école. »

Il grimaça aussitôt que ses mots quittèrent sa bouche. L'antagonisme n'était pas le meilleur chemin à prendre s'il voulait atteindre la chambre à coucher.

À sa surprise, Draco gloussa seulement.

« N'est-ce pas ? Merlin, les choses que j'ai faites. Il n'est pas étonnant que tu me détestais. Enfin, je suis toujours plutôt fier des badges « Potter pue ». Je m'étais cassé le cul pour perfectionner ce sort. »

« Tu étais définitivement doué, magiquement parlant. »

Même à l'époque, Harry avait été impressionné que Draco ait réussi à réparer l'Armoire à Disparaître. S'il avait été forcé de faire la même chose au même âge, il doutait qu'il y serait parvenu. Pas sans l'aide d'Hermione. Et Draco n'avait pas eu le soutien dont disposait Harry. Crabbe et Goyle avaient été assez inutiles.

« J'ai appris la magie très jeune. Le statut de magie avant l'âge légal est rarement respecté au sein des foyers magiques. Mon père leur aurait donné sa façon de penser s'ils avaient même tenté de mettre fin à mes leçons. »

Le nez de Draco se plissa.

« Il est plutôt drôle de se rappeler combien je l'idolâtrais quand j'étais plus jeune. J'étais tellement impressionné par son arrogance et je pensais que la meilleure des choses à faire était de copier son sens de la supériorité. Je croyais vraiment que c'était la seule façon d'agir, de traiter les autres avec dédain et impolitesse, comme s'ils n'étaient rien de plus que des fourmis sous ma chaussure, à moins qu'ils aient une utilité particulière pour moi. »

« Je m'en souviens. » dit ironiquement Harry, « Mais tu ne penses plus comme ça maintenant. »

Il pensa à la manière dont Draco s'était comporté avec Agatha, la femme qui diluait de la Pimentine dans sa cuisine après avoir perdu son fils unique à la guerre, et Consuelo, la faussaire qui faisait des tapas à tomber par terre. L'ancien Draco n'aurait jamais daigné s'adresser à elle et les aurait encore moins traitées avec tendresse.

« Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? »

Draco le regarda du coin de l'œil puis prit une gorgée de son whisky. Le liquide laissa ses lèvres humides et sa langue sortit pour attraper une goutte perdue. Harry déglutit difficilement.

« J'imagine que c'est toi, d'une manière indirecte. »

« Moi ? »

« Oui. Je sais que tu t'es demandé pourquoi je t'ai fait appeler toi particulièrement au Ministère, pourquoi j'ai refusé de travailler avec une autre personne que toi. J'étais réticent à admettre que tu étais la principale raison de mon... amélioration, je pense qu'on pourrait dire cela. »

Harry sourit à ces mots, se demandant à quel point Draco avait changé. Jusqu'à présent, ses activités criminelles semblaient avoir diminué légèrement, bien qu'aucune ne paraissait être réellement dangereuses. Enfin, il l'espérait.

« Je t'ai détesté après la guerre, tu sais. Encore plus qu'avant et que pendant la guerre, aussi incroyable que cela paraisse. Je te considérais responsable de quasiment toutes les choses terribles de ma vie, me convainquant stupidement que si tu n'avais jamais existé, tout ce bordel avec le Seigneur des ténèbres ne serait jamais arrivé. Voldemort - » cracha-t-il le nom en frissonnant malgré tout, « - n'aurait jamais été battu la première fois et il n'aurait jamais été assoiffé de pouvoir, n'aurait jamais voulu se débarrasser des Moldus et n'aurait jamais fait croire à mon père qu'il avait une position spéciale dans ses rangs. Cela aurait été fabuleux. Enfin, c'est ce que je me disais durant mes moments les plus sombres. J'étais idiot. »

Draco but la fin de son whisky et grimaça.

« La guerre aurait dû m'apporter de la sagesse. En réalité, il a fallu une destruction complète pour que je commence à voir les choses telles qu'elles sont réellement. »

Harry prit son verre et se leva pour aller le remplir de trois doigts de whisky Pur-feu. Il n'était pas sûr qu'il voulait que Draco soit saoul mais il semblait avoir besoin du pouvoir relaxant de l'alcool ce soir. Il y avait une certaine obscurité en lui et Harry ignorait comment la combattre. Quelque chose s'était produit et s'il fallait utiliser le whisky Pur-feu pour défaire ses restrictions habituelles, ainsi soit-il. Harry espérait que Draco se confierait à lui, même un petit peu. Ce serait déjà un début.

Il revint avec le verre et retrouva sa position alors que Draco prenait une nouvelle gorgée.

« Raconte-moi. » proposa-t-il.

Draco soupira et étendit ses jambes avant d'appuyer sa tête contre le dossier du canapé. Il ferma les yeux.

« Nous sommes retournés au Manoir après la guerre, bien sûr, et nous avons essayé de reprendre nos vies comme nous le pouvions. Le Manoir était en ruines et Mère s'est jetée dans sa restauration. En y repensant, c'était plus une purge qu'une restauration. Elle espérait éliminer tous les souvenirs pourris de ceux qui avaient déambulés dans les couloirs qu'elle aimait tant. Mon père n'a pas levé la baguette. Il s'est enfermé et a passé des heures le nez dans ses documents. Et à boire aussi. »

Draco leva son verre, comme un hommage ironique et silencieux, puis prit une autre gorgée.

« Il y a eu des menaces, évidemment, de tous les coins possibles. Les anciens Mangemorts nous détestaient d'avoir échappé à Azkaban avec seulement une tape sur les doigts – merci pour cela, d'ailleurs, je ne peux pas te le dire assez – et les gens qui ont combattu du côté de la lumière pensaient la même chose. Les plus cléments n'étaient pas nombreux et surtout silencieux, alors ceux qui entretenaient une haine infinie contre nous semblaient se multiplier. Mes parents ont renforcé les barrières magiques et se sont cachés du monde. J'étais en colère et cette colère ne faisait que grandir, tout comme mon ressentiment contre cette quarantaine forcée. J'étais jeune. Je voulais voir le monde. Je voulais danser, boire et rester debout toute la nuit au milieu de fêtes élaborées. »

« Compréhensible. » murmura Harry, même s'il se rendit compte qu'il ne pouvait pas vraiment comprendre.

Il aurait pu donner quasiment n'importe quoi pour pouvoir se cacher après la guerre. Au lieu de cela, il avait été jeté sous les projecteurs encore et encore, chacun de ses faits et gestes scrutés et décortiqués. Il n'avait rien voulu de plus que son intimité et Draco avait voulu l'exact opposé. Il était étrange de voir comment les choses se déroulaient.

« Qui sait ce qui aurait pu se produire ? J'aurais pu alimenter mon ressentiment jusqu'à devenir quelqu'un comme Crabbe, plein d'une haine suppurée et d'un désir de tout détruire, ayant l'impression que le monde entier m'était redevable pour tout ce que j'avais perdu. Mon égocentrisme était tellement énorme que je ne voyais quasiment pas ce que traversaient mes parents. »

La main de Draco se resserra sur le verre et il marqua une pause. Harry le toucha et lui demanda presque de ne pas continuer, qu'il était inutile de rouvrir d'anciennes blessures pour sa simple curiosité. Mais Draco reprit.

« Mon père s'est enfermé et ne voulait plus sortir, ne requérant rien de plus qu'un apport constant en gin et une oreille occasionnelle pour se plaindre. Ma mère a arrêté de se soucier de la maison et restait à la place dans ses quartiers pour écrire. Elle écrivait tout le temps. Je regrette d'avoir été tellement égoïste que je ne me souviens pas lui avoir demandé une seule fois ce qu'elle écrivait. J'ignore si c'était l'histoire de sa vie, des feuillets entiers de poésie ou les récits fous d'une femme de plus en plus démente. Je m'en fichais. Je voulais seulement qu'elle arrête et je voulais que Père sorte de son putain de bureau et qu'il nous redonne nos vies, telles qu'elles étaient avant. Je n'arrivais à ressentir que de la colère. Pour éviter d'exploser, j'allais fréquemment me balader et courir à travers le domaine jusqu'à ce que mes jambes me brûlent et que mes poumons me fassent mal. J'imagine que c'était une forme légère d'auto-flagellation, ce qui est risible en sachant que j'ai toujours été pourri gâté. J'avais l'impression que ces sorties étaient une punition sévère. »

Les lèvres de Draco tressautèrent, pleines d'auto-dérision et Harry réalisa avec surprise qu'il ne pouvait plus décerner une seule once de cet enfant gâté dans l'homme qu'il était devenu.

« Un après-midi, j'ai marché durant des heures. J'étais déterminé, au départ, à marcher jusqu'au bout du monde et à ne jamais revenir mais, après un moment, j'ai été distrait. Je me souviens que c'était une journée magnifique, à la fin du printemps, et la température était absolument parfaite. Ma mère aurait été dans le jardin par un tel jour pour tailler ses rosiers et ses glaïeuls. Elle portait toujours... un chapeau. »

Sa voix se brisa et Harry posa une main sur son bras. Draco ne sembla pas s'en rendre compte.

« Je me rappelle avoir pensé qu'il aurait été agréable de la voir porter un chapeau à nouveau et aller dans le jardin. Peut-être que je n'ai pas réellement pensé cela et que c'est seulement la maturité qui essaie de rendre l'ancienne version de moi-même moins égoïste. Peu importe. Quand j'ai fait demi-tour pour retourner à la maison cet après-midi, j'ai vu une étrange spirale de fumée noire dans le ciel. Je n'avais jamais rien vu de tel et je savais que ce n'étaient pas des cultures de fermiers moldus qui prenaient feu. Au début, j'étais agacé et j'ai pensé que mon père était sorti pour faire quelque chose de stupide mais presque aussitôt que cette idée m'a traversé l'esprit, j'ai commencé à paniquer. Il y avait... beaucoup de fumée. Beaucoup trop. Je me suis mis à courir. »

La main d'Harry se resserra et il se rapprocha. Il savait déjà ce que Draco avait trouvé chez lui. Il avait lu les rapports mais les entendre de vive voix, connaître la souffrance que le jeune Draco s'apprêtait à affronter lui retournait le ventre. Il se souvenait sa première réaction quand il avait appris la nouvelle.

« Évidemment, il était déjà trop tard quand je suis arrivé. Le Manoir était en flammes. J'ai essayé d'entrer mais la chaleur était trop intense. J'ai couru pour faire le tour de la maison en criant et en essayant vainement d'éteindre le feu avec ma baguette. Mes meilleurs efforts n'ont produit rien de plus que de la vapeur. J'ai trouvé Mère dans le jardin. D'une manière ou d'une autre, elle était parvenue à sortir de la maison, horriblement brûlée. La moitié de son visage était - »

Draco se tut en prenant une inspiration prudente et lente.

« Elle était vivante. À peine. Je me souviens l'avoir tenue et le soleil... Il faisait briller ses cheveux si joliment. »

Harry pouvait difficilement respirer. Sa gorge était douloureuse et ses yeux le picotaient. Il déglutit durement.

« Draco - »

« Elle est morte dans mes bras. Durant cette journée parfaite, entourée par le jardin qu'elle avait tant aimé. »

Son ton était doux, ne laissant rien transparaître de la douleur que ces mots et que ces plaies rouvertes devaient lui apporter. Harry ne trouva rien à dire. Rien du tout ne pouvait apaiser la souffrance d'une telle épreuve, aucune parole ne pouvait arranger ce qu'il s'était passé. Draco prit une nouvelle gorgée, utilisant sa seconde main pour éviter de défaire la prise d'Harry sur son bras.

« Je suis désolé. » chuchota Harry, retrouvant finalement les mots que les gens disaient habituellement quand ils savaient que ces mêmes mots n'avaient aucun poids.

Draco expira, un son léger qui aurait pu être une tentative de rire.

« Dans l'ordre des choses, ma colère aurait dû grandir encore plus. Ma rage puérile d'adolescent de devoir rester cloîtré était un caprice d'enfant en comparaison de la furie brûlante que j'ai ressentie ce jour. Je savais qu'ils étaient venus. Ils avaient assassiné ma famille et avaient incendié ma demeure ancestrale. Ils m'auraient tué aussi si j'avais été à la maison. J'ignorais qui était ce ils mais je me suis juré de le découvrir. J'ai promis sur les restes de tout ce que j'avais un jour aimé que je les chasserais et que je les ferais payer. »

« Et tu l'as fait ? »

La voix d'Harry était à peine intelligible. Il était presque effrayé de connaître la réponse à sa question et espérait un peu que Draco l'ignorerait.

« Pas avant un long moment. Je ne faisais pas le poids face à eux. Je ne savais rien du tout à l'époque, même pas qui ils étaient ou comment les trouver. J'ai grandi en étant protégé, gâté, en ayant tout ce que je désirais et tout à coup, je n'avais plus de famille, plus de maison et même pas un seul elfe de maison. Ils ont tous disparu avec la maison.

Je suis allé chez Pansy, évidemment, et chez Blaise. Une fois que je me suis remis sur pied, j'ai appris. Je me suis plongé dans les informations comme un homme assoiffé l'aurait fait dans une piscine. J'ai découvert tout ce que je pouvais sur toutes les personnes que j'estimais vaguement coupables d'avoir détruit ma vie. J'ai découvert leurs habitudes, leurs routines, leurs préférences et leurs faiblesses. Je connaissais leurs amis, leurs amours, leurs maîtresses et leurs ennemis. J'ai appris à me souvenir de tout. Les noms, les visages, les connexions, les habitudes. Je pouvais rencontrer un homme et instantanément me rappeler de sa femme, de sa famille, de ses cousins, de ses oncles, cousins par alliances et tantes au second degré. J'étais au courant de ses affaires, de sa situation financière et de toutes les petites manies qu'il essayait de cacher de la vue du monde entier. Je suis devenu un courtier en informations, en quelque sorte, j'échangeais ce que je savais contre du pouvoir. Puis, je me suis mis en chasse. »

Harry retira sa main du bras de Draco avec un sursaut, se souvenant soudainement qu'il était un Auror, en congé peut-être, et que Draco était toujours un criminel avec un passé que personne n'avait jamais réussi à retracer.

« Je ne veux pas - »

Harry prit une profonde inspiration et réessaya en regardant Draco droit dans les yeux.

« Je ne veux pas que tu me dises quoi que ce soit qui pourrait t'incriminer. »

Le regard de Draco était si intense qu'Harry crut se noyer dans l'argent.

« Harry Potter. Sais-tu que tu as un jour été sur ma liste ? Assez haut placé, en réalité. J'envisageais l'idée que tu aurais pu succomber à l'appel du pouvoir. Il m'a fallu énormément de temps pour accepter que je n'étais pas le centre de l'univers, vois-tu, et encore plus de temps pour surpasser l'idée que je n'étais pas le centre de ton univers. »

Draco sourit et, avant qu'Harry ne puisse répondre, il continua :

« Par conséquent, j'ai commencé à t'étudier. »

Harry cilla.

« Tu m'as étudié - »

« J'imagine que tu appellerais plutôt cela de l'espionnage. Granger utiliserait ce terme, surtout si elle avait la moindre idée de la profondeur que j'ai atteinte – mais je m'écarte du sujet. Je t'ai étudié durant des années pour tenter d'accumuler le plus de matériel possible pour te détruire. »

Harry était bizarrement déchiré entre se sentir offensé et ravi.

« Et tu as trouvé ce matériel ? »

Draco soupira et détourna le regard. Il vida à nouveau son verre puis se pencha pour le poser sur la table basse avant de reprendre sa position détendue.

« Malheureusement, non. Tu manques pathétiquement de vices, Potter. Tu ne bois pas excessivement, tu ne fumes pas, tu n'as pas d'addiction cachée pour les potions ou d'étranges fétiches sexuels. Tu fais du sport régulièrement et tu te réveilles ridiculement tôt. Tu as une légère préférence pour la nourriture sucrée et grasse mais tu équilibres cela en oubliant fréquemment de te nourrir. Tu es vraiment le Garçon Modèle. »

« Je ne le suis pas ! »

L'affront prit le dessus sur la satisfaction et Harry souffla pour protester contre son manque de défauts.

« Je t'en prie, Harry, tu ne ronfles même pas. »

« Je – Comment tu sais ça ? »

« Franchement, j'avais de grands espoirs quand j'ai découvert que tu préférais la partie de population armée de pénis mais, peu de temps après, tu as annoncé ton homosexualité, ce qui n'a déclenché que quelques chuchotements de protestation, et tu as emménagé avec quelqu'un, en apparence, aussi pur que toi. J'étais désespéré. »

« En apparence ? »

Harry choisit de se concentrer sur l'insulte à peine voilée d'Eddie plutôt que sur l'idée erronée que son coming-out avait été facile. La presse l'avait presque détruit avec leurs attaques et leurs spéculations.

« J'ai finalement du admettre que tu étais pratiquement parfait. »

Harry cligna des yeux.

« Pratiquement. »

« En effet. Tu as une faiblesse assez alarmante. Ton besoin ridicule de te jeter dans des situations dangereuses. J'ai dû moi-même entrer en action une fois ou deux pour stopper tes envies de sacrifice. »

« Tu es en train de me dire que tu m'as protégé ? »

« A l'occasion. Au début, je n'étais même pas certain de ce qui me poussait à le faire. Blaise pensait que j'étais dingue. Pansy m'a dit que j'étais obsédé. »

Harry ne savait pas quoi penser. Il tenta de se souvenir d'une fois où une affaire s'était déroulée sans encombre ou quand les preuves s'alignaient trop facilement ou apparaissaient de nulle part.

« Depuis combien de temps ? »

Draco haussa les épaules.

« Pourquoi tu as décidé de venir au Ministère ? Si tu m'aidais depuis tout ce temps, pourquoi te mettre en danger ? Tu as presque été tué ! »

« Parce que je suis fatigué. Je ne veux plus faire tout cela. Je suis éreinté d'être traqué, éreinté d'être utilisé. Je déteste être obligé de chercher des arrières-pensées derrière chaque salutation et de me demander si la prochaine main que je serrerais sera celle qui me plantera un poignard dans le dos. Je veux supprimer les quelques derniers criminels crétins qui m'empêchent d'atteindre mon but et ensuite, je veux disparaître. »

« Disparaître ? »

Il acquiesça.

« Rassuré de savoir que je serais relativement en sécurité et que personne ne cherchera plus à assouvir une quelconque vengeance. J'ai découvert que la vie criminelle était... peu satisfaisante, ces derniers temps. Ou peut-être que je veux plus que cela désormais. »

« Et qu'est-ce que tu veux ? » demanda Harry, essayant de masquer la pique de panique qu'il ressentit à l'idée que Draco pourrait disparaître.

« La paix. J'ai eu assez de sang, de mort et de torture. Je veux m'asseoir sur une plage quelque part avec un verre de vin et un bon roman, sans avoir à regarder par-dessus mon épaule dans la crainte de voir apparaître un connard décidé à prendre sa revanche. »

« Une plage. »

Quelque chose dans sa voix fit se tourner Draco avec un sourire tendre.

« Harry - »

Harry l'embrassa. Toute pensée rationnelle le déserta et l'histoire à briser le cœur de Draco, combinée à son anxiété à l'idée de voir Draco partir, avait déclenché les instincts impulsifs d'Harry. Les lèvres de Draco étaient douces et chaudes et, après une inspiration, il se tendit. Harry pressa plus fort, ne se sentant pas du tout encouragé, mais au moins Draco ne l'avait pas repoussé. Et il ne pensait pas avoir imaginé les mots de Draco la nuit dernière, quand il était revenu avec leurs plats à emporter. Il était certain d'avoir entendu Draco mentionner quelque chose qui ressemblait à 'séduire le Sauveur'.

Il plaça une main sur le torse de Draco et laissa ses doigts s'écarter. Merlin, il n'avait jamais eu envie de quelqu'un aussi fort. À son plus grand soulagement, Draco réagit finalement. De longs doigts s'entremêlèrent dans ses cheveux et le tirèrent plus près. Harry découvrit que les baisers précédents de Draco n'avaient été rien de plus qu'un avant-goût taquin comparé à celui qu'il vivait à cet instant. Sa langue caressa les lèvres d'Harry et Harry la laissa entrer sans se faire prier. Ses sens frissonnèrent au goût et au toucher de Draco. C'était tellement meilleur que tout ce qu'il avait imaginé, surtout qu'Harry était à moitié enroulé autour de lui pour essayer de se rapprocher encore plus, comme pour se faufiler sous la peau de Draco et ne plus en bouger.

Draco s'écarta et Harry émit un son de protestation. Ses doigts s'agrippèrent à la chemise de Draco.

« Harry. Es-tu certain que tu as envie de cela ? »

Harry posa des baisers sur sa bouche, encore et encore, et mordilla finalement tendrement la lèvre inférieure de Draco avant de la sucer. Draco grogna en retour et il changea de position, collant encore plus fermement Harry contre lui dans l'action.

« Tellement certain. » grogna-t-il avant de replonger sur ses lèvres, goûtant Draco encore plus profondément et explorant sa bouche jusqu'à ce qu'ils halètent tous les deux.

Ils s'embrassèrent si longtemps que la mâchoire d'Harry commença à être douloureuse et que sa bouche était hypersensible et gonflée. Malgré tout, il n'avait pas envie d'arrêter. Draco embrassait incroyablement bien. Les lunettes d'Harry étaient pleines de buée et de travers jusqu'à ce qu'il les retire pour les balancer quelque part au bout du canapé.

« Étage. » suggéra-t-il en marquant une pause pour reprendre une respiration plus que nécessaire.

« Salazar, oui. Je ne crois pas que je pourrais supporter une nouvelle interruption de Pansy ou d'un de tes amis. »

Harry ne prit pas la peine de mentionner qu'une telle éventualité était impossible, étant donné qu'il avait bloqué la Cheminette et qu'il avait renforcé toutes les protections pour éviter une quelconque intrusion. Sauf celle permettant à un Patronus d'urgence de l'atteindre. Harry espérait cependant de tout son cœur que cette précaution ne servirait à rien ce soir. Il voulait ceci. Il voulait Draco.

Il l'aida à se lever du canapé et le dirigea vers les escaliers. Il ne lui forçait absolument pas la main, Draco suivait chacun de ses pas à l'identique, jusqu'à ce qu'ils courent tous les deux pratiquement dans les escaliers. Quand ils atteignirent le haut des marches, ils riaient. Harry ne s'était pas attendu à ce que le rire riche et profond de Draco soit si excitant mais, à ce point, il supposait que tout ce qui impliquait Draco ne ferait qu'augmenter la tension presque douloureuse de sa libido.

Draco l'arrêta sur le pas de la porte et le fit tourner sur lui-même pour l'embrasser une nouvelle fois. Le cadre de la porte s'enfonça entre les épaules et les fesses d'Harry mais il était tellement bon d'avoir Draco contre lui qu'Harry ne put rien faire d'autre que l'attirer encore plus près.

« Comment es-tu arrivé à cette décision monumentale, Harry ? » demanda Draco après un moment.

« Ce n'est pas monumental. Ce n'est que du sexe. »

Il tenta de paraître nonchalant mais, à sa plus grande surprise, Draco s'écarta, semblant blessé.

Avant qu'Harry ne puisse déterminer ce qu'il avait dit de mal, l'expression de Draco s'adoucit et il sourit.

« J'imagine que tu as raison. »

Malgré le fait que ses paroles confirmaient les siennes, Harry ressentit une pointe de déception. Il essaya de l'ignorer et se força à lui rendre son sourire.

« Tu vas un jour nous emmener dans la chambre, tu penses ? »

Le sourire de Draco s'agrandit et il s'éloigna avant d'attraper fermement le devant du haut d'Harry pour l'attirer dans la pièce.

« La chambre à coucher. Je crois qu'il est temps qu'on la baptise. »

Il tira sur le t-shirt puis le lâcha mais Harry le poussa fermement contre le montant du lit.

« Je crois qu'on peut commencer par ça. »

Il caressa le cou de Draco de son nez alors que ses doigts jouaient avec les boutons de la chemise stricte de Draco.

« Comment tu fais pour porter des habits aussi ajustés ? On dirait qu'ils sont doublés avec du carton. »

« Certains préfèrent ne pas avoir l'air d'avoir récupéré leurs habits dans une poubelle puante de l'Allée des Embrumes, même si cela signifie sacrifier leur confort. »

« Mon Dieu, tu es tellement sexy quand tu utilises ta voix snob. Pourquoi ça m'excite autant quand tu agis comme un connard ? »

Il mordilla la mâchoire de Draco et posa ses mains sur son torse désormais dévoilé pour sentir ses côtes. L'inspiration brève de Draco était une petite victoire.

« Peut-être parce que - »

Les mots de Draco furent étouffer par le baiser d'Harry. Il gloussa, fier d'avoir trouvé un moyen efficace de le faire taire. Cela se transforma en une sorte de jeu quand Draco continua à essayer de parler. Harry ne put contenir son rire. Ils finirent par rire comme deux idiots au milieu des sons incompréhensibles marmonnés entre leurs deux bouches.

Harry s'écarta pour pouvoir l'admirer. Les yeux de Draco étaient sombres et pétillaient de joie. Ses lèvres étaient entrouvertes et humides. Il était tellement magnifique avec sa chemise ouverte qu'Harry oublia comment respirer en songeant que cet homme sublime, drôle et énigmatique avait autant envie de lui. C'était grisant. Avant qu'il ne puisse faire quelque chose de stupidement sentimental, Draco tira le t-shirt du jean d'Harry et le lui enleva dans un geste précipité.

« Qui aurait pensé que l'état de tes cheveux pourrait encore empirer ? »

Ses paroles tirèrent Harry de sa transe momentanée et il grogna et poussa Draco sur le lit avant de lui grimper dessus.

« Oh vraiment ? Eh bien, qu'est-ce que tu penses de ça, Monsieur Coupe-Parfaite ? »

Il frotta les mèches douces de la tête de Draco entre elles, les emmêlant grossièrement tout en repoussant les mains de Draco et en ignorant ses protestations outrées.

« Oh, Merlin, n'est-ce pas choquant ? Tu es capable de paraître moins bien que parfait ! »

« Potter ! Arrête tout de suite ! Et écarte-toi de moi, espèce de brute épaisse ! »

Harry arrêta de le décoiffer et changea légèrement sa position.

« Tu veux vraiment que je m'écarte ? »

Il aligna son érection à celle de Draco et balança ses hanches vers les siennes. Ils n'étaient tous les deux que partiellement durs mais la sensation était, malgré tout, délicieuse et son grognement répondit à celui de Draco.

« Peut-être que non mais seulement si quelques couches de vêtements disparaissent. »

« Bonne idée. » dit Harry en l'embrassant à nouveau.

Cela les occupa bien plus de temps qu'ils ne le croyaient. Harry ne semblait pas se lasser de l'embrasser et Draco ne semblait avoir aucun problème avec cela. Finalement, cependant, Harry prit conscience que son érection était devenue douloureuse et que la friction à travers leurs deux pantalons étaient loin d'être assez satisfaisante.

« Moins d'habits. » murmura-t-il.

« Je t'en prie, oui. »

Harry s'écarta à contrecœur et prit un instant pour apprécier la vue de Draco parfaitement ébouriffé – ses cheveux étaient dans tous les sens, ses lèvres étaient rouges, ses yeux à moitié clos, sa chemise ouverte... et son pantalon merveilleusement gonflé qui ne demandait qu'à être détaché. Harry tendit la main vers les liens luxueux, vintage en soie sur le pantalon que portait Draco.

« Tu portes intentionnellement ce genre de choses pour que les gens veuillent te déballer comme un cadeau, n'est-ce pas ? »

Draco renifla.

« Absolument pas. Je préfère ne pas me lancer sur le sujet de ta garde-robe hideuse. Tu ferais bien de m'accompagner dans une séance d'ess- oh Salazar. »

Le discours snob de Draco fut abruptement coupé quand Harry plongea sa main dans son pantalon et l'enroula autour de son sexe. Comme l'avait suspecté Harry, Draco ne portait aucun sous-vêtement. Il avait examiné les fesses de Draco assez de fois pour en être certain.

« Génial. J'ai trouvé deux façons de te faire taire. »

Harry lui offrit un sourire moqueur.

Draco grimaça puis sourit.

« Je ne vais pas réfuter tes méthodes. Maintenant tu l'as en main, qu'est-ce que tu prévois de faire ? »

Harry fredonna et le lâcha seulement pour retirer complètement le pantalon de Draco. Draco n'avait pas pris la peine de mettre des chaussettes ou des chaussures, ce qui rendit sa tâche bien plus aisée. Il lui laissa sa chemise. Il en profita aussi pour enlever son propre jean et son boxer. Sans la barrière des vêtements, Harry s'installa entre les jambes de Draco, rencontra son regard un instant, lui sourit narquoisement et prit le sexe de Draco dans sa bouche, autant qu'il le put. La sensation était merveilleuse et la réaction de Draco – la tête jetée en arrière avec un cri rauque s'échappant de ses lèvres – le rendit particulièrement fier de lui. Repoussant toute prudence, il le prit encore plus profondément, se forçant mentalement à repousser le réflexe de haut-de-cœur.

Cela ne fonctionna pas. Il libéra le sexe de Draco avec un son étouffé peu élégant et une toux sèche. Draco mit une main dans ses cheveux et fit relever son visage vers le sien pour lui offrir un sourire rassurant.

« Harry, tu n'as rien à me prouver. Je suis déjà impressionné, tu te souviens ? »

Harry rougit et nia presque tout en bloc mais les mots de Draco l'enveloppèrent d'une chaleur tendre donc il ne dit rien et suça à nouveau le pénis de Draco, bougeant plus lentement cette fois tout en caressant tout la longueur de sa langue.

Draco laissa échapper un souffle presque torturé.

« Merlin, oublie ce que j'ai dit. Si tu veux gagner le titre du Garçon-Qui-Suce-Le-Mieux, fais-toi plaisir – bordel de merde, c'est tellement bon. »

Harry avait déjà pratiqué quelques fellations par le passé et s'était toujours senti horriblement amateur et mal à l'aise. Il ne s'en était pas réellement soucié. Mais réduire Draco, qui avait un goût et une odeur incroyables et qui était d'ordinaire si froid et impassible, à un mélange de tremblements et de souffles erratiques qui ne pouvait pas s'empêcher de tirer les cheveux d'Harry, le faisait se sentir tellement fort qu'il tenta toute sorte de nouvelles techniques. Il saisit la base de son sexe d'une main et fit passer rapidement sa langue dans la fente du gland de Draco tout en empêchant, de sa main libre, les hanches de Draco de s'arquer sur le matelas.

Des doigts tirèrent soudainement violemment ses cheveux.

« Attends ! Harry, stop, je vais - »

Harry le prit profondément, creusa ses joues et suça doucement. Les cuisses de Draco tremblèrent et il poussa un cri profond alors que ses mains s'enfouissaient à nouveau dans les cheveux d'Harry. Des jets longs et chauds se déversèrent dans la gorge d'Harry.

« Putain, Potter. Je ne voulais pas jouir maintenant. »

Harry se retira, ne se souciant pas du filet constitué de salive et de sperme qui s'étirait de l'extrémité du sexe de Draco jusqu'à sa bouche jusqu'à ce qu'il l'essuie du dos de sa main et qu'il se lèche les lèvres.

« Cette conversation est maintenant stérile. Il faudra seulement qu'on te fasse jouir à nouveau. Ouch ! »

Il grimaça quand Draco tira durement ses cheveux, le forçant à se redresser pour l'embrasser profondément. Quand Harry put se libérer, il se plaignit.

« Tu sais, moins de cheveux tirés ne me dérangerait pas du tout. »

Draco ronronna comme un chat satisfait.

« Vas-tu me baiser maintenant ? »

Harry sourit.

« C'est la plus merveilleuse proposition que j'ai jamais entendue. »

« Eh bien, je suis merveilleux, je l'avoue. Où est ton lubrifiant ? »

« … lubrifiant. »

« Oui, Harry, du lubrifiant, une huile, quelque chose pour faciliter le passage, si je puis dire ? »

« Merde, je l'ai laissé chez Eddie. »

Draco se redressa sur ses coudes si rapidement qu'il fissura presque le front d'Harry. Un regard assassin et noir obscurcit ses yeux gris. Harry s'écarta, surpris.

« Si cela ne te dérange pas, je préférerais ne rien toucher que Carmichael ait approché. »

« Mais... Carmichael m'a approché. »

Draco grimaça.

« Ne me le rappelle pas. Tu es, de toute évidence, la seule exception. J'essaie encore d'oublier que toi... et lui... »

« Eh bien, on n'a jamais fait ça. »

« Jamais fait quoi ? »

Harry fit un geste vague de la main entre eux.

« Ça. Hmm. Le sexe. »

Draco se figea et tomba en arrière pour observer Harry. Il le fixa si longtemps qu'Harry enfonça son doigt dans son torse pour s'assurer qu'il n'était pas dans un état second. Le geste sembla ramener Draco à la réalité.

« Tu n'as jamais couché. Avec Carmichael. »

Harry secoua la tête, rougissant légèrement parce que ses mots sonnaient incroyables, dans la bouche de Draco. Penserait-il que quelque chose clochait chez lui ?

« Potter, tu as vécu avec lui des mois. »

Harry s'écarta et sortit presque du lit mais une main pâle s'enroula autour de son poignet, le retenant où il était.

« Je le sais ! Je n'étais juste pas prêt. Et Eddie n'a jamais insisté. »

« Es-tu sûr qu'il est gay ? »

Harry fronça les sourcils.

« Bien sûr qu'il est gay ! On... s'est embrassé. »

« J'ai embrassé des femmes, Harry. Cela ne me rend pas hétérosexuel pour autant.

« Mais - »

« Fais-moi confiance, tout homme gay qui peut vivre avec toi durant des mois sans supplier de te baiser ou d'être baisé est soit un putain de saint – et Carmichael n'en est pas un – soit il n'a aucun penchant pour les pénis. »

Harry réfléchit à ce que venait de dire Draco et il fut bouche bée.

« N'a aucun penchant – Attends ! C'était un compliment ? »

Il y songea un moment.

« Oui. C'était définitivement un compliment. Tu as même dit suppliermph ! »

Son exaltation surprise fut rudement réduite au silence par le baiser dans lequel le plongea Draco mais un rire enfla malgré tout dans le torse d'Harry. Il fut soudainement très heureux de ne jamais avoir couché avec Eddie, qu'il ait été gay ou non, parce qu'entendre ces paroles de la part de Draco valait largement chaque moment d'indécision et de confusion passé.

« Supplier. » lui répéta Harry quand il put respirer à nouveau.

« Tais-toi, Potter. Maintenant as-tu du lubrifiant ou dois-je t'envoyer en chercher dans la nuit noire, froide et humide ? »

Il ne faisait pas particulièrement noir, froid ou humide mais Harry ne voulait définitivement pas quitter la chaleur du magnifique corps nu de Draco, encore moins changer d'avis à propos de coucher avec lui.

« Accio lubrifiant ! »

Pour son plus grand soulagement, quelque chose atterrit dans sa main. Il y découvrit un pot couvert de poussière, qui avait l'air de ne plus avoir été utilisé depuis l'époque où Sirius Black vivait dans la maison. En espérant que la poussière n'était pas entrée dedans ou que le produit n'était pas sec ou moisi, il ouvrit le capot.

Un parfum floral et délicat atteignit son nez et il plongea un doigt dans le gel clair et visqueux. Il frotta son index et son pouce ensemble alors que Draco saisissait le pot pour effacer la poussière qui cachait une étiquette sur le côté.

« Violette Vermillon ? Il est assez évident que tu ne t'es pas servi de ceci depuis un long moment mais, au moins, tu as eu bon goût à une époque. C'est la meilleure qualité. Très bien, Harry. J'approuve. »

Draco lui rendit le pot puis se laissa retomber en arrière. Ses cheveux s'étalèrent sur l'oreiller d'une façon attirante, ce dont il était probablement conscient.

« Tu peux continuer. »

Harry sourit et replongea ses doigts pour récupérer plus de lubrifiant. S'il avait l'approbation Malfoy, il n'avait aucune crainte à l'utiliser. Il en recouvrit son sexe légèrement ramolli et siffla à la sensation de froideur.

« Un sortilège de Réchauffement aide en général. Depuis quand tu ne t'es pas masturbé ? »

« Je me branle souvent ! » protesta Harry et réalisa que ce n'était peut-être pas la chose la prudente à avouer, « Peu importe ! Dis-moi juste comment je dois faire. Je veux dire... »

Draco s'appuya à nouveau rapidement sur ses coudes.

« Es-tu en train de me dire que tu n'as jamais baisé personne avant ? »

Harry grimaça.

« C'est mal ? Je vais être nul, n'est-ce pas ? »