Avertissement pour le chapitre : mention de rapports sexuels
Chapitre 17
Draco regarda le visage honnête d'Harry et se retrouva une fois de plus sans voix. Croire que cet homme était vierge était plutôt difficile. Il avait été sincère plus tôt : soit Carmichael était le plus gros imbécile de la planète, soit il n'avait absolument aucun intérêt pour les pénis. Draco n'aurait pas tenu une seule semaine en vivant dans la même maison qu'Harry. La situation présente en était une preuve plus que parlante.
« Harry, je ne crois pas que tu puisses être nul dans quoi que ce soit que tu entreprennes. Et oui, c'était un compliment et non, ne prends pas la grosse tête, je n'ai pas l'intention que cela devienne une habitude. »
Son regard quitta les yeux verts d'Harry pour tomber sur l'extrémité de son sexe, dépassant de l'étau des doigts lubrifiés d'Harry.
« J'apprécierais vraiment que tu poursuives ton apprentissage et que tu mettes ceci à l'endroit où est sa place. Viens, je vais t'aider. »
Draco n'avait pas besoin de beaucoup de préparation. Il aimait être pris et utilisait régulièrement une large sélection de jouets quand un corps adéquat n'était pas à sa disposition - et, honnêtement, les jouets recevaient bien plus d'attention que le rare corps parce que Draco était infiniment sélectif et trouvait des défauts à quasiment chaque personne. La discrétion était en plus nécessaire dans le domaine dans lequel il travaillait. Il plaça un oreiller sous ses fesses pour offrir un accès plus facile à Harry puis le guida pour insérer en lui un doigt puis deux, seulement pour appliquer correctement la bonne quantité de gel épais.
« Si nous échangeons un jour les rôles, nous te préparerons plus minutieusement mais moi, je veux simplement te sentir le plus vite possible donc c'est suffisant. »
Les mots de Draco parurent brusques et autoritaires mais l'expression d'Harry et la tendresse de ses mains étaient si adorables que Draco ne pouvait pas nier que la moindre caresse ne faisait qu'emprisonner son cœur dans une toile invisible tissée avec douceur par Harry.
« Je pense – on pourra essayer plus tard, ce soir ? »
Draco ferma les yeux et remercia tous les Dieux inimaginables puis haleta quand le gland d'Harry entra en lui.
« Oh Merlin, est-ce que c'est bien – putain, tu es tellement bon. Est-ce je peux - ? »
Harry s'enfonça un peu plus, apparemment incapable d'attendre l'approbation de Draco, même si celle-ci se manifesta sous un grognement de pur plaisir alors qu'Harry le remplissait. Salazar, cela faisait si longtemps. Il se demanda, pas pour la première fois, pourquoi un pénis était tellement meilleur que n'importe quel jouet, manuel ou magique.
Les murmures émerveillés d'Harry et les mains se serrant et se desserrant sur ses hanches donnèrent à Draco une partie de la réponse. L'acte réel était toujours meilleur qu'un jeu solitaire. Et le vrai Harry Potter était définitivement mieux que tous les hommes aux cheveux sombres que Draco avait choisis dans les clubs des quatre coins du monde. Il ne s'était jamais avoué sa préférence auparavant mais maintenant, il s'autorisa à admettre qu'il était amoureux depuis des années.
« Bouge, Harry. C'est ça. Juste comme ça. Merlin, tu es parfait. »
Draco mordit sa lèvre inférieure pour s'empêcher de dire des choses encore plus ridicules dont Harry pourrait se servir contre lui plus tard mais le sourire sur son visage à cet instant en valait vraiment la peine. Harry bougeait avec la même grâce que Draco avait admirée durant les matchs de Quidditch à Poudlard. Il instaura un rythme exquis et semblait en symbiose avec chaque courbe du corps de Draco. Chaque souffle appréciatif lui assura que le geste serait répété et chaque subtile expression d'inconfort mena à une caresse tendre et à un changement de mouvement. Harry était un amant aussi naturellement doué qu'il était un héro et Draco ne trouva rien à dire à sa performance. Il s'arrêtait même ici et là pour se pencher vers Draco pour l'embrasser, quelque chose qu'il aimait particulièrement mais qu'Harry n'aurait pas pu deviner.
Malgré la maîtrise d'Harry et le plaisir de Draco, son érection resta seulement à moitié dure quand Harry commença à accélérer le rythme. Draco pouvait dire qu'il était proche de l'orgasme en sentant le tremblement dans ses cuisses et la fine pellicule de sueur sur son torse. Draco aurait adoré jouir une nouvelle fois mais il n'était plus un adolescent et l'époque où il pouvait enchaîner deux érections était révolue. Cependant, la nuit ne faisait que débuter et il y avait des chances qu'Harry récupère plus vite que lui, grâce à son entraînement d'Auror et à son corps extrêmement athlétique.
Les mains d'Harry tenaient étroitement le bassin de Draco et sa respiration était un mélange de souffles erratiques et du prénom de Draco.
« Je ne peux pas arrêter. Draco. Est-ce - ? »
« Laisse-toi aller, Harry. Tu t'en sors très bien. »
Harry était magnifique au-dessus de lui, balançant sauvagement ses hanches vers les siennes, ses cheveux humides et fous comme toujours, ses yeux verts à peine ouverts et son corps une merveille de muscles tendus. Impulsivement, Draco tendit la main et saisit un des poignets d'Harry. Harry tortilla son bras en retour et entremêla ses doigts à ceux de Draco. C'était maladroit, vu leur position, mais c'était aussi étrangement intime et, quand Harry jouit, Draco crut que leurs os allaient se briser sous la soudaine pression mais tout allait bien. Largement mieux que bien, même.
Et quand Harry s'écroula sur lui, en sueur, vidé et murmurant le prénom de Draco avec une adoration infinie, tout était encore mieux que mieux.
21 Juillet 2005 – Jeudi
Harry fit la grasse matinée. Il savait qu'il n'aurait pas dû mais, quand il s'était réveillé avant l'aurore et qu'il avait senti Draco couché contre lui, un bras enroulé autour de sa taille et sa respiration chaude frappant sa nuque, il avait su qu'il n'aurait pas pu quitter son lit si sa vie en dépendait. À la place, il s'était lové contre la chaleur de Draco, avait emmêlé encore plus étroitement ses doigts aux siens et avait mentalement répertorié toutes les zones douloureuses de son corps. Ses jambes, ses hanches, ses fesses et, évidemment, son intimité lui faisaient mal d'une façon très agréable. Ils étaient restés debout jusqu'à très tôt et avaient exploré leurs préférences et les nuances du plaisir jusqu'à ce que la fatigue ait raison d'eux.
Malgré l'envie d'Harry de dormir toute la journée et de se réveiller quand son corps l'aurait décidé au creux des bras de Draco, un Patronus fut plus efficace que tous les réveils du monde. Il se força à s'asseoir et à attraper ses lunettes avant de se rappeler qu'elles étaient en bas et de les invoquer.
La loutre d'Hermione attendit patiemment qu'il puisse la voir correctement avant de délivrer son message.
« Harry, il faut que je te parle, c'est urgent. Viens à mon bureau au Ministère, s'il te plaît. »
Elle disparut quand Harry se redressa en fronçant les sourcils. Il se demanda ce qu'il devait porter, si un jean et un t-shirt serait approprié ou s'il avait besoin d'enfiler son costume d'Auror et de reprendre du service. Aucun des deux choix ne l'attirait vraiment. Il voulait rester au lit avec Draco.
« Ne t'en vas pas tout de suite. » dit Draco derrière lui.
Il entendit plus qu'il ne sentit Draco bouger puis un corps chaud se pressa contre son dos et l'enveloppa dans un câlin serré alors que des lèvres effleuraient son cou.
« Je suis obligé. Hermione ne me dérange jamais si ce n'est pas important. »
« C'est important mais tu as besoin de quelques informations avant. »
Harry se retourna jusqu'à pouvoir regarder Draco droit dans les yeux.
« Merlin, s'il te plaît dis-moi ce que tu sais et promets-moi que je ne - »
Il ravala ses mots dans un halètement paniqué. Il doutait que quoi que ce soit au monde puisse lui faire regretter la nuit passée. Draco aurait pu tuer le Ministère et Harry le lui aurait pardonné, même s'il se détesterait pour l'éternité d'être aussi niais.
« Je t'en prie, dis-moi que tu n'as pas tué Kingsley. »
Draco lui adressa un regard blasé.
« Qu'est-ce que tu racontes ? Il faut que je te parle de Liam Nottingham. »
« Tu as tué Liam Nottingham ? »
Draco le pinça, assez fort pour qu'Harry couine et se frotte la zone sur sa hanche.
« Aïe, hé ! »
« Arrête d'être un idiot et écoute-moi. Je suis allé voir Nottingham hier. Tu te souviens qu'il a envoyé ce message pour demander à me rencontrer, oui ? »
« Ouais mais ce n'était pas supposé être avant - »
« Franchement, Harry, crois-tu réellement que j'allais bêtement attendre ? N'importe qui aurait pu intercepter ce message et nous tendre une embuscade. Ou cela aurait pu être un piège. Naturellement, je suis directement allé le confronter. »
« Et ? »
« Et il m'a donné des informations très utiles en échange de sa sécurité et de la mise en sûreté immédiate de sa famille. Pansy et moi avons passé tout notre après-midi à le faire fuir le pays le plus rapidement possible et à faire disparaître toute trace de lui. J'oserais dire qu'elle ne le retrouvera jamais. »
« Pansy ne le retrouvera jamais ? »
Harry fronça les sourcils, confus.
« Non, imbécile. Chang ne le retrouvera jamais. »
Harry passa possiblement trop de temps à se demander qui il connaissait du nom de Chang parce que Draco le pinça à nouveau.
« Cho Chang, Harry. Merlin, suis un peu. Directrice du Département des Mystères Chang. Chang, cette femme terrifiante avec des cuisses d'acier et une certaine tendance à engager des ex-Mangemorts meurtriers et haineux pour se débarrasser de tous les petits tracas de sa vie. La personne à qui tu as proposé d'aller au Bal avec toi durant notre quatrième année. Cette Chang-là ? »
« Attends, qu'est-ce que – des cuisses d'acier ? Comment tu sais ça ? »
Draco soupira mais un sourire apparemment amusé taquina ses lèvres.
« Tu es vraiment très doué pour te concentrer sur l'information la plus inutile de toute cette phrase. Cho Chang a engagé Virgil Crabbe pour me tuer. »
« Quoi ? »
« Ne me regarde pas comme cela, Potter, je suis parfaitement sérieux et toutes les pièces se sont finalement alignées. Je l'ai suspectée après... eh bien, je la surveillais depuis un bon moment mais j'ai rencontré Liam Nottingham et il a tout confirmé. Sais-tu qu'elle a engagé Fenrir Greyback pour kidnapper le fils de Nottingham dans le seul but de lui faire la peur de sa vie ? Nottingham menaçait de laisser tomber toutes leurs opérations et d'aller tout raconter à Shacklebolt. Heureusement pour lui, elle a décidé de simplement enlever l'enfant plutôt que de l'éventrer ou d'offrir un Avada Kedavra à Nottingham. Elle pensait que cela l'intimiderait. Cela ne l'a seulement rendu que plus déterminé à fuir. »
« Opérations ? »
Draco acquiesça.
« Chang a des branches dans beaucoup de domaines illégaux. J'en connais quelques-un. Je n'ai simplement jamais eu assez de preuves pour en parler à Shacklebolt. Malgré tout, je suis absolument certain que Nottingham a dit la vérité. Il m'a donné une liste gigantesque de choses que Pansy est en train de vérifier pour moi en ce moment. Je devrais être avec elle plutôt que de succomber à tes charmes, non pas que je le regrette une seule seconde. »
Ses doigts caressèrent tendrement le bassin d'Harry.
Harry se serait penché vers lui pour un baiser si son esprit ne tournait pas à plein régime.
« Bordel de merde, tu es en train de me dire que Cho était derrière tout ça ? Le truc avec Fenrir et Crabbe – et Rosier alors ? »
« Je ne suis pas à cent pourcent sûr de son implication dans cette affaire-là mais cela ne me surprendrait pas d'apprendre qu'elle était en fait impliquée. Elle élimine les personnes qui se trouvent sur son chemin depuis des années et, si elle pensait que Granger était un obstacle, elle n'aurait pas hésité une seule seconde à la faire disparaître. »
« Mais qu'est-ce que Cho veut ? »
Harry s'écarta à contrecœur de la chaleur de Draco et hésita à aller prendre une douche. Il décida qu'il était plus sage de le faire – il était couvert de lubrifiant et d'autres substances plus ou moins agréables et il puait le sexe. C'était une odeur divine dans la chambre. Beaucoup moins au Ministère.
« Du pouvoir, évidemment. Comment crois-tu qu'elle est devenue directrice du Département des Mystères ? »
« Elle a travaillé dur ! »
« En effet et je ne suis pas en train de suggérer qu'elle n'est pas extraordinairement intelligente et compétente. Mais personne ne s'est jamais demandé ce qui était arrivé à Steadham ? Cet homme était dans la fleur de l'âge. »
« Causes naturelles. Crise cardiaque, je crois. »
Harry fouilla dans ses tiroirs à la recherche d'un sous-vêtement propre et d'une paire de chaussettes assortie. Il en trouva deux qui se ressemblaient et referma le tiroir.
« Crise cardiaque aidait avec une goutte ou deux de poison de Sarthan dans son thé du matin. »
Harry pivota pour le fixer.
« Tu peux le prouver ? »
« Bien sûr que non. Je t'ai déjà dit que je n'avais pas assez de preuves pour en parler à Shacklebolt. Cependant, un des ingrédients du poison de Sarthan est le venin de l'araignée Latrodectus Katipo. Impossible à se procurer, même illégalement, sans avis officiel d'un expert. Un expert qui vient directement du Ministère dans ce cas. J'ai remonté la trace des documents jusqu'à Nottingham. Je le suspectais au départ d'être le leader. Ce n'est qu'après l'incident avec Fenrir que j'ai réalisé que quelqu'un tenait sa laisse. Il ne fallait pas être un génie pour déterminer qui c'était mais Chang cache très bien ses traces. »
« Comment tu as découvert que c'était elle alors ? »
Draco repoussa les couvertures et quitta le lit pour récupérer ses habits sur le sol. Il observa son pantalon froissé avec un dédain évident.
« J'ai sorti tous les rapports que j'avais sur elle et j'ai envoyé Blaise et Pansy creuser un peu plus, tout en restant prudents. Pas assez, visiblement, puisqu'elle a envoyé Crabbe après moi sans aucune hésitation. Elle l'aurait aussi laissé me tuer si je ne lui avais pas dit que ma mort ne ferait que répandre tout ce que je savais dans la presse. »
« C'est le cas ? »
« Tout t'aurait été envoyé mais je ne pense que cela aurait été suffisant. Il y aurait peut-être eu un scandale sensationnel et quelques spéculations mais Chang aurait probablement tout encaissé, aurait tout nié en bloc et en serait sortie plus forte. »
« Tu es sûr qu'elle a envoyé Crabbe ? »
« Elle m'a rendu visite sous Polynectar. Elle était prudente – très prudente – mais je savais que c'était elle. »
« Comment ? Le Polynectar est plutôt convainquant. »
« Si tu portes le même parfum assez longtemps, tu deviens immuniser contre son odeur. Quand Chang s'est transformée en l'homme qu'elle avait choisi pour me rendre visite, elle s'est recouverte d'une eau de Cologne puissante – et même d'alcool – pour essayer de masquer l'odeur de son parfum mais cela n'a pas fonctionné entièrement. Le Polynectar change l'apparence, il ne changea pas le fond. J'ai senti une vague de son parfum sous toutes les autres odeurs. Il est très distinctif et luxueux. Si tu t'es déjà rendu dans son bureau au Ministère, tu sais de quoi je parle. »
Quand Harry y pensa, il réalisa que le bureau de Cho avait une odeur spécifique, tout comme Cho elle-même à chaque fois qu'il la croisait.
« Elle a été assez prudente pour berner la plupart des gens mais j'ai pris l'habitude de remarquer ce genre de choses. »
Harry s'approcha de Draco et l'attira dans un baiser.
« Tu es un homme plein de talents. »
Draco leva fièrement le menton.
« Je sais. »
« Et je suis en retard. Je vais prendre une douche. Qu'est-ce que tu vas faire ? »
Harry se dirigea vers la salle de bains en prenant sa baguette sur le chemin pour invoquer le reste de ses habits.
« Je viens avec toi, évidemment. Si Chang me suspecte d'être responsable de près ou de loin de la disparition de Nottingham, ce qui est plus que probable, nous devons nous attendre à tout. N'oublie pas d'emmener ta cape magique. Elle pourrait nous être utile. »
Harry lança un regard par-dessus son épaule avant de quitter la pièce.
« Tu devrais peut-être me rejoindre dans la douche alors ? Pour gagner du temps ? »
Le rire de Draco l'accompagna hors de la pièce. Au final, la douche partagée avait peut-être pris plus de temps que deux douches courtes consécutives mais elle avait aussi été bien plus satisfaisante.
Draco envoya la chouette de Potter à Pansy avant de rejoindre Harry dans la douche. Le fait qu'elle ne s'était pas encore montrée signifiait qu'Harry avait renforcé les protections. Même s'il ne regrettait pas la nuit précédente, il ne pouvait pas supprimer la pointe d'inquiétude pour Pansy. Christine et elle étaient tout ce qu'il restait à Draco.
Enfin, il dut admettre, après que Harry et lui aient joui ensemble sous la douche grâce à une masturbation mutuelle et des baisers enfiévrés, qu'il était possible qu'il ait aussi Harry désormais.
L'Atrium n'était pas particulièrement agité quand ils sortirent de la Cheminette au Ministère. C'était un jeudi matin et ils étaient arrivés durant la période calme entre le torrent de fonctionnaires du matin qui débutaient leurs journées et celui de midi, où tout le monde s'échappait pour aller déjeuner. Draco suivit Harry quand il passa devant la réception avec un signe de tête et mima un salut de son chapeau invisible à la femme assise derrière. Elle lui sourit avec indulgence et ignora complètement Draco.
Granger n'était pas dans son bureau et la secrétaire postée non loin de l'espace de Granger ne l'avait pas vue.
« J'étais un peu en retard et elle était déjà partie quand je suis arrivée. »
Draco tenta de ne pas s'inquiéter et offrit à Harry un sourire rassurant, bien que l'anxiété pesait au fond de son ventre lorsqu'ils se dirigèrent vers le Département des Aurors.
« Elle m'attend peut-être dans mon bureau. » suggéra Harry.
Sur le chemin pour atteindre l'ascenseur, une note volante les atteignit en rebondissant sur le front d'Harry. Il l'attrapa en fronçant les sourcils et l'ouvrit.
« Merlin, je suis convoqué dans le bureau de Kingsley. »
« Veux-tu que je continue à chercher Granger ? »
Harry secoua la tête.
« Je préfère te garder avec moi, si ça ne te dérange pas. »
Draco se rapprocha et murmura dans son oreille.
« Cela ne me dérange absolument pas. »
Harry rougit et se pencha vers lui une seconde, juste assez pour lui montrer qu'il appréciait l'avis de Draco puis il sembla s'enrouler dans son rôle d'Auror et marcha d'un pas déterminé. Draco copia son rythme et ils arrivèrent rapidement au bureau de Shacklebolt. Le bureau de Quartermain était, sans surprise, vide et Draco remarqua qu'Harry se mordit la lèvre en le détaillant. Il frappa ensuite à la porte du bureau de Shacklebolt avant de l'ouvrir, sans même avoir obtenu de réponse.
« Auror Potter – Oh bien. J'espérais que tu saurais où avait disparu Malfoy. Où étiez-vous passé, Malfoy ? »
Draco haussa les épaules.
« Avec Harry. »
Il se laissa tomba dans un des sièges du Ministère et croisa une cheville par-dessus son genou, feignant l'ennui.
« Que savez-vous des disparitions de Quentin Quartermain et de Liam Nottingham ? »
« Je sais que leurs noms possèdent bien trop de syllabes. Pensez-vous qu'ils sont amants ? Ils ont peut-être pris la fuite en amoureux. »
Harry et Shacklebolt lui offrirent le même regard incrédule et Draco leva les deux mains devant lui.
« Quoi ? Ce ne serait pas la première fois. Je vois déjà les gros titres : Romance Secrète au Ministère ! Des Placards Poussiéreux à la Fuite Fulgurante ! Ce serait quelque chose. »
« Draco - » commença Harry mais Shacklebolt l'interrompit.
« Nottingham est veuf et Quartermain est un homophobe confirmé ! Ils ne sont pas amants ! Êtes-vous en train de me dire que vous ne savez rien du tout au sujet de leurs deux disparitions ? »
Draco croisa les bras avec un soupir et permit à ses sourcils de se froncer dans une expression colérique.
« Franchement, pourquoi suis-je toujours le méchant de l'histoire ? Même si je voulais assumer la responsabilité des méfaits du monde entier, je crains qu'il existera toujours bien plus de criminels. Je maintiens la théorie qu'ils ont fui ensemble. Les homophobes cachent généralement une adoration terrible pour les queues, le saviez-vous ? »
Draco regarda Harry se tourner en toussant pour cacher, avec très peu de subtilité, son rire. Shacklebolt s'enfonça dans son fauteuil et se massa les tempes de ses deux mains en soupirant lourdement.
« Malfoy, je n'arrêterais jamais de maudire le jour où vous avez passé les portes de ce bâtiment. »
« Oh, arrêtez. Fenrir est à nouveau à Azkaban, Ralston Rosier est enfermé et Virgil Crabbe est mort. J'ai fait plus de faveurs à votre administration ce dernier mois que vous ne pourrez jamais me rembourser. »
Avant que Shacklebolt puisse rétorquer, quelqu'un toqua bruyamment à la porte.
« Entrez ! » cria Shacklebolt et la porte s'ouvrit pour dévoiler Weasley qui mâchait quelque chose qui envoya une odeur de bacon dans la pièce.
« Décholé, Minichtre. » marmonna Wesley la bouche pleine.
Il mâcha rapidement et avala sa bouchée.
« Désolé. Vous m'avez demandé ? »
« Oui, j'ai besoin que vous suiviez l'affaire Quartermain. J'ai envoyé un message à Quentin hier soir et il ne m'a pas répondu donc j'ai demandé à un Auror d'aller chez lui ce matin. Il est parti. Son lit n'était pas défait et aucune de ses affaires personnelles ne semblent manquer. Cela sent la mise en scène à plein nez. »
« Tu as vu Hermione ? » demanda Harry.
Weasley hocha la tête.
« Ouais, elle est allée au Département des Mystères pour les aider dans une recherche. Cho est venue lui demander personnellement ce matin. Hermione m'a envoyé une note. »
Il bomba fièrement le torse alors que Draco bondissait sur ses pieds et qu'Harry lui adressa un regard alarmé.
« Cho Chang l'a demandée personnellement ? »
Ron acquiesça, se rendant visiblement compte de la tension soudaine. Ses yeux passèrent de Draco à Harry, encore et encore.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Un homme se précipita par la porte que Weasley avait laissée ouverte.
« Monsieur le Ministre ! Il y a eu une explosion sur le Chemin de Traverse ! Gringotts est prise d'assaut ! »
Harry haleta et se tourna mais Draco s'empressa de venir poser une main sur son bras. Il secoua brièvement la tête et Harry se figea. Étonnamment, Weasley le remarqua aussi et ses yeux se plissèrent.
« Est-ce un fait prouvé ou une foutue rumeur ? » demanda Shacklebolt en se levant, « Andrew, combien de fois t'ai-je demandé de ne pas débarquer ici sans faits concrets ? »
« Je vais vérifier l'information, monsieur le Ministre. » promit Weasley.
« On va... aller aider. » dit Harry avec un geste de la tête vers la porte.
« Bien. Revenez ici quand vous aurez terminé. Surtout vous, Malfoy. Je n'en ai pas encore fini avec vous. »
Draco fit une sorte de révérence.
« Vos désirs sont des ordres, votre Honneur. »
Les trois quittèrent la pièce, laissant le malheureux Andrew faire face seul à la rage de Shacklebolt.
« Qu'est-ce qui se passe ? » interrogea Weasley quand ils furent assez éloignés du bureau, « Quel est le problème avec Hermione et Cho Chang ? »
« Nous devons nous rendre au Département des Mystères maintenant. »
« Maintenant ? Je ne peux pas ! Il faut que j'aille au Chemin de Traverse ! »
Draco leva les yeux au ciel.
« Es-tu l'Auror en chef ou non ? Envoie quelqu'un d'autre, Weasley. As-tu déjà entendu le terme déléguer des tâches ? »
« Oh. Ouais, je suppose que je peux le faire. Mais, et si Gringotts est vraiment prise d'assaut ? »
« Envoie quelqu'un de compétent dans ce cas. Je ne serais pas surpris si le drame sur le Chemin de Traverse n'était qu'une diversion pour nous y attirer. Nous devons trouver Chang. »
Harry opina.
« Je suis d'accord. Si ce que tu m'as dit est vrai, on doit l'affronter maintenant. Je suis inquiet pour Hermione. »
« D'accord, on fait un arrêt au Département des Aurors et vous me mettez à la page sur le chemin. Commencez à parler. »
Sur ces paroles, Weasley se mit à courir et les incita à presser le pas.
Weasley parut réellement compétent, pour une fois, quand ils atteignirent le Département des Aurors. Il rassembla un groupe d'Aurors fainéants, les informa de la situation sans hésiter et leur ordonna plusieurs missions. Alors qu'il criait à tout va, Seamus Finnigan se glissa près de Draco et lui indiqua d'un geste de la tête de s'écarter du groupe. Draco remarqua que l'attention d'Harry était concentrée sur Weasley et sur la scène qu'il avait créée donc il rejoignit Finnigan un peu plus loin.
« Tu m'as demandé de garder un œil sur Carmichael, donc je l'ai fait. Il est ici. »
« Ici ? »
Draco regarda autour de lui.
« Pas ici, dans le Département des Aurors mais quelque part dans le bâtiment. Je suis arrivé tôt ce matin et j'étais en train de discuter avec Edna de la réception quand j'ai vu Carmichael sortir d'une des Cheminettes. Je me suis dépêché de le rattraper, sans avoir l'air de lui courir après non plus, mais il m'a échappé. Je ne peux pas te dire où il est allé. Il a esquivé le bureau à l'accueil. Il n'y a donc aucune trace de son passage. J'ai pensé qu'il était peut-être venu chercher Harry mais personne ne l'a vu à cet étage. »
« Curieux. » dit Draco, même s'il se doutait un peu d'où s'était rendu Carmichael, « Merci Finnigan. Et n'oublie pas Ulyanovsk. »
Finnigan acquiesça.
« Ulyanovsk. Bien. »
Draco revint auprès d'Harry, qui s'inclina vers lui.
« Je ne t'ai jamais vu faire copain-copain avec Seamus auparavant. Qu'est-ce qui se passe ? »
Draco posa sa main dans le creux du dos d'Harry et rit.
« Harry, Finnigan et moi sommes les meilleurs amis du monde. N'es-tu pas au courant que j'ai pris la peine de me lier d'amitié avec toutes les personnes que tu apprécies ? »
Harry le regarda du coin de l'œil, plein de suspicion.
« Ouais, rien que pour accomplir ton plan tordu. »
Harry leva une main quand Draco se redressa, visiblement vexé.
« Ne te fatigue pas. Tu pourras inventer une histoire ridicule pour que je te crois plus tard. Je suis pressé de l'entendre mais, pour l'instant, il faut qu'on retrouve Hermione. »
Draco était déchiré entre de la consternation face au manque évident de confiance d'Harry et de la fierté qu'Harry puisse voir à travers presque toutes ses machinations. Il se fit la note mentale de concocter une histoire digne de Shéhérazade et de ses mille-et-une nuits. En fait, il allait peut-être même faire durer le plaisir aussi longtemps, juste pour être sûr d'avoir une place dans le lit d'Harry pour autant de nuits consécutives. Il offrit un regard pensif à Harry.
Un grand sourire étira les lèvres d'Harry.
« Merlin, tu ne devrais pas avoir le droit d'être aussi attirant en complotant. Arrête tout de suite. »
Draco lui répondit par un sourire narquois satisfait et fredonna. Weasley refit son apparition et stoppa leur dispute amicale avec un geste impatient.
« Je me suis occupé de la crise immédiate. Allons-y. »
Et ils se retrouvèrent, une nouvelle fois, dans l'ascenseur.
