Et voici le dernier chapitre de cette traduction. Encore une fois, merci du fond du coeur pour chacun de vos commentaires. J'espère que j'aurais fait un travail acceptable pour vous faire aimer cette histoire géniale. Chose importante, sachez que chaque nouveau commentaire sera un coup de poing dans la face d'Eddie. Si vous avez des suggestions de fic à traduire, n'hésitez pas à m'envoyer un DM et je verrais ce que je pourrais faire. Prenez tous bien soin de vous surtout. A bientôt !


Chapitre 19

La porte s'ouvrit sur des miroirs. Des miroirs au sol, sur les murs et au plafond. Draco s'y était attendu mais la quantité était néanmoins choquante ou peut-être avait-il seulement du mal à réfléchir correctement après le baiser d'Harry et ses déclarations étrangement touchantes. La dernière fois où Draco avait ressenti une excitation semblable avait été lors de son septième Noël, quand il avait ouvert un paquet particulièrement long cachant son tout premier balai.

Reprends-toi, Draco, franchement, pensa-t-il en se secouant mentalement et en raffermissant sa prise sur sa baguette. Il devait se concentrer parce que Chang n'était pas à prendre à la légère. Elle les avait attirés ici pour une bonne raison.

« Granger ? » appela-t-il bruyamment, espérant un peu naïvement que l'ancienne Gryffondor avait réussi à s'occuper de Chang toute seule.

Cela n'aurait pas été si surprenant après tout, bien que Draco n'admettrait jamais qu'il pensait que Granger en était capable.

« Hermione ! » ajouta Harry en levant sa baguette et en lançant un Lumos pour éclairer la zone autour d'eux.

Les miroirs à proximité réfléchirent sa lumière et leur propre image en au moins sept exemplaires.

Il n'y eut aucune réponse. Ils avancèrent donc prudemment dans la pièce, navigant entre les miroirs. La plupart tenait debout tout seuls, d'autres avaient de gigantesques cadres qui lui rappelaient les miroirs anciens placardés sur les murs au Manoir Malfoy, d'autres étaient plus petits et étaient dotés de deux faces et pivotaient sur eux-mêmes de la même façon que les plate-formes de la salle précédente. Certains flottaient simplement sur place, plus grands que Weasley. Tous les plus grands étaient séparés par des plus petits, allant des modèles argentés de la taille d'un Souaffle lévitant sur place à de longs rideaux de morceaux de la taille d'un Gallion retenus ensemble par de fines chaînes.

La plupart renvoyaient parfaitement leurs images mais d'autres étaient distordus. L'un d'entre eux leur donna des visages démoniaques. Le visage de Draco, avec ses cornes et ses crocs, rugit quand il regarda dans ses yeux rouges et froids. Il frissonna et le dépassa rapidement. Un autre transforma son visage en une sorte de ballon caricatural, lui montrant à quoi il ressemblerait s'il se faisait piquer par une ruche entière d'abeilles. Weasley renifla devant ce reflet et Pansy marmonna 'Merlin, il faut le détruire.'.

Certains ne montraient aucun reflet mais plutôt des brumes sombres tournoyantes, une lueur cristalline brillante ou un néant si profond qu'ils s'arrêtèrent tous pour le fixer de très longues minutes. Harry tendit la main comme pour toucher la glace et Draco l'en empêcha en serrant doucement ses doigts. Il secoua la tête dans un avertissement.

« Cet endroit me fout les jetons. »

La voix de Weasley confirma ce que ressentait Draco, surtout en regardant dans l'infinie obscurité que présentait ce miroir.

« On devrait juste tout casser pour nous faire un chemin. »

Il leva sa baguette et Draco haleta en se jetant en avant pour forcer son bras à se baisser.

« Bordel de merde, Weasley, es-tu malade ? Nous ne savons absolument pas ce qui nous tombera dessus si tu fais cela. Ces choses ne sont pas toutes que des miroirs. Certains sont des passages. Les miroirs cachent la magie la plus simple possible mais la plus piégeuse aussi. Ils ne reflètent jamais la réalité. Jamais. »

« Ça ne veut rien dire. »

« Bien sûr que si. Regarde par ici, à ta propre image. »

Draco montra un miroir qui semblait offrir un reflet normal.

« Quand tu te regardes, l'image est inversée. L'opposé de ce que le monde entier voie. Donc, quelle image est réelle ? »

L'expression horrifiée de Weasley aurait pu l'amuser à un moment moins tendu.

« C'est très philosophique de ta part, Draco. Mais il est vrai que je ne t'ai jamais considéré comme étant stupide. »

La voix appartenait à Cho Chang et ils se figèrent tous et se tournèrent en direction du son. Draco longea quelques miroirs, se faufilant dans le labyrinthe avec les autres le suivant de près. Il s'arrêta quand il atteignit une zone dégagée et aperçut le reflet d'Hermione Granger. Elle avait été attachée à un miroir, étroitement retenue par des cordes magiques et moldues. Un bâillon serré recouvrait sa bouche.

Weasley tenta de se précipiter vers elle dans un cri mais Harry le retint.

« Ce n'est qu'un reflet, Ron, regarde. »

Harry avait raison. Granger apparaissait dans huit miroirs différents, certains proches, d'autres plus distants. La retrouver réellement ne serait pas aisé avec les reflets des reflets faussant leur avancée.

« Pourquoi nous avoir attirés ici ? » héla Draco.

Chang devait être quelque part dans la pièce mais elle n'apparaissait dans aucun miroir. Difficile à réaliser. Draco se pencha vers Harry.

« Sors ta cape. Mets-toi entre Weasley et moi et enfile-la. »

Harry ne discuta pas et, en un clin d'œil, il fut invisible. Draco espérait que cela leur donnerait un avantage.

« Je ne m'attendais pas à ce que vous réussissiez à traverser la salle des plate-formes. J'ai modifié le sol pour qu'il vous envoie dans un endroit spécial. Personne ne vous aurez jamais retrouvés et les choses auraient été bien plus simples. »

« Pourquoi tu fais tout ça ? » cria Weasley, « Qu'est-ce que tu espères en tirer ? »

« La même chose que j'en tire à chaque fois, Ronald. Le pouvoir. Crois-tu réellement que j'aurais pu atteindre la position que j'ai maintenant sans m'être battue bec et ongles jusqu'au sommet ? Crois-tu que n'importe quelle femme peut réussir sans aucune manipulation pour tourner la situation à son avantage ? »

« Hermione a réussi, elle. » marmonna Ron mais il eut heureusement la sagesse de ne pas le crier au visage de Chang.

Pas quand Granger était sous la baguette de Cho.

« Je vais la chercher. » murmura Harry puis il se pressa une seconde contre le dos de Draco avant de s'éclipser.

« Tu étais censé venir tout seul, Draco. Pourquoi a-t-il fallu que tu emmènes les autres ? Tu as compliqué les choses. Tu compliques toujours les choses. J'aurais dû te tuer plutôt que de te laisser avec Crabbe. »

Draco s'avança, marchant vers un des reflets de Granger. Il regarda prudemment au-delà des bords des miroirs suspendus, s'attendant à tout. Chang ne les aurait pas attirés ici sans avoir un plan en tête.

« Virgil n'était rien d'autre qu'un homme perdu, bête et dissipé. Je suis surpris que tu l'aies utilisé, pour être honnête. Tu aurais dû te douter que la haine qu'il me vouait le rendrait négligent. »

« En effet. J'avoue avoir eu tort de penser qu'il te tuerait. »

La voix s'élevait d'un coin différent de la pièce et la tête de Draco tourna dans cette direction. Soit elle se déplaçait, soit elle utilisait un sort pour projeter sa voix.

« Restez groupés. » ordonna Draco à voix basse, « Weasley, découvre ce qu'elle veut. Pourquoi nous a-t-elle amenés ici ? Elle veut nous voir tous morts ou, au moins, hors d'état de nuire alors découvre ce qu'elle mijote. »

Weasley bouscula Pansy, qui fit presque tomber Draco.

« Oh, bordel de merde. » dit Weasley au même moment où Draco comprit.

Il jura.

« Pansy, retourne à la porte et essaie de l'empêcher de partir. Depuis l'extérieur. »

« Elle prévoit de briser tous les miroirs. »

Weasley sonna paniqué.

Draco valida ses paroles.

« Elle proclamera que c'était un accident et elle inventera une raison ridicule pour expliquer notre présence ici. Pour l'instant, elle est dans la pièce avec nous alors elle doit sortir. Elle sait qu'on ne partira pas sans Granger. »

« Je m'en occupe. » dit Pansy en retournant déjà de là où ils venaient.

Draco la perdit de vue et ne put qu'espérer qu'elle retrouve la sortie. Pendant ce temps, Weasley se déplaça maladroitement dans la direction opposée.

« Hermione ! » hurla-t-il.

Draco se précipita à sa suite.

« Oh pour l'amour de Salazar, Weasley, arrête et réfléchis une seconde. »

« On ne dispose peut-être même pas d'une seconde. » grogna Weasley en poussant un rideau de miroirs suspendus qui cliqueta bruyamment.

Draco se figea quand il se rendit compte de quelque chose. Harry n'était pas au courant. Il déambulait dans la pièce, inconscient du danger. Et Draco n'avait aucun moyen de le retrouver tant qu'il portait la cape.

« Merde. Merde ! Il faut qu'on l'arrête avant qu'elle déclenche son plan. Weasley, trouve Granger. Je m'occupe de Chang. »

« D'accord. » rétorqua Weasley en continuant son avancée, fonçant vers un reflet puis vers un autre, encore et encore.

Draco pivota, utilisant les miroirs qui lui paraissaient familier comme repères afin de se déplacer le plus rapidement possible. Le son d'un miroir brisé le figea sur place et il attendit nerveusement qu'une réaction en chaîne débute mais il n'entendit rien de plus. Malgré tout, il tourna lentement sur lui-même, prêt à tout, osant à peine respirer. Harry avait-il cassé un miroir ou était-ce Chang ? Et si c'était Chang, qu'avait-elle déclenché ?

Il évita un miroir dont des mains aux griffes acérées sortirent du cadre pour essayer de l'attraper. Un autre lui offrit un aperçu de quelque chose de tellement magnifique qu'il se retourna pour le regarder puis ferma les yeux par la seule force de sa volonté. Il dut se mordre la lèvre jusqu'au sang pour repousser le désir, sinon il savait qu'il aurait passé le reste de sa vie à admirer cette vue mortelle.

Un autre miroir se fracassa. Il était proche – bien trop proche – et Draco se mit à courir alors qu'une sueur froide recouvrait sa peau. Il devait se rapprocher de l'entrée. Il se souvenait du miroir gigantesque au cadre argenté. Au même moment où il le repéra, une ombre bougea puis un visage pâle apparut.

« Profite de ton reflet, Malfoy ! » dit Chang avant d'ouvrir la porte.

Elle lança un sort quand Draco fonça vers elle puis la porte claqua. Elle était partie. Son sort frappa le miroir le plus proche et envoya une pluie de morceaux de verre contre le dos de Draco. Il grimaça quand un éclat entailla son cou.

« Harry ! » cria-t-il quand un deuxième puis un troisième miroir explosa.

« Draco ! Merlin, je l'avais presque ! Protego ! »

Et Harry fut là. Il le prit dans ses bras et jeta un incroyable bouclier protecteur autour d'eux. Malgré son soulagement, Draco savait qu'il ne les protégerait pas longtemps.

« Ron ! »

Il n'y eut aucune réponse au-delà du fracas du verre. Harry lança soudainement un Lumos puissant, assez éclatant que la salle entière fut éclairée quand la lumière fut réfléchie infiniment. Son timing était parfait car une silhouette sombre et ondulante essayait de les atteindre de ses griffes saillantes. La lumière la réduisit à un cri déchirant et la fit se rétracter puis fuir.

« Putain mais qu'est-ce que c'était que ça ? »

« Je ne sais pas, Potter, mais il y a probablement des choses bien pires là-dedans. Il faut qu'on se tire d'ici ! »

« Pas sans Ron et Hermione. Tu devrais partir, toi. »

Malgré ses paroles, la prise d'Harry sur les épaules de Draco ne faiblit pas et Draco se colla à lui, décidé. Si cet endroit devait être leur destination finale, ainsi soit-il.

« Ron ! Merde, où t'es passé ! »

« Ici ! »

C'était la voix de Granger et une lueur brillante répondit à celle d'Harry depuis de la zone centrale de la salle.

« Quelque chose bloque le passage ! Ça a des tentacules ! »

Plusieurs explosions suivirent, résonnant autour d'eux alors que plus de miroirs se brisèrent.

« Il faut qu'on aille les aider ! »

« Pourquoi je savais que tu dirais cela ? » grogna Draco mais il pivota avec Harry et ils se frayèrent un chemin au milieu des éclats de miroirs cassés, attaquant tout ce qui bougeait de sorts qui semblèrent fonctionner.

Il y avait de la brume et des cordes et, à un moment, un terrible crochet de métal s'éleva d'un éclat de verre pour empaler le pied de Draco.

« Je vais prendre un malin plaisir à tuer cette femme très lentement. » cracha Draco en titubant derrière Harry, saignant et grimaçant à chaque pas, « Un plaisir délicieux même. Je vais la couper en rondelles et je vais la déguster. »

« Draco, arrête. Tu n'as pas besoin de devenir cannibale – Ron ! Bordel, tu fais peur à voir. Hermione ! »

Granger se jeta contre Harry et délogea presque Draco, qui resserra sa prise, refusant de se détacher d'Harry. Granger et lui échangèrent un regard appuyé.

« Désolée, je n'avais aucune idée que je ne devais pas faire confiance à Cho. Protego ! Godric, il faut qu'on sorte d'ici ! »

Une grande silhouette armée de crocs rebondit contre le bouclier lancé à la va-vite par Granger.

« C'était un dragon ? » couina Weasley.

Sa peau avait une teinte orange vif et ses cheveux avaient – disparu.

« Une vouivre, je crois. » dit Granger d'une voix détachée.

Un autre miroir explosa et ils lancèrent tous des sorts protecteurs simultanément. Du verre tomba autour d'eux comme des paillettes.

« Retournons à la porte avant qu'on meurt tous. »

« Bonne idée ! »

La voix de Weasley était perchée dans les aigus et Draco se demanda si c'était permanent. Ce n'était absolument pas le bon moment pour se moquer du malheur d'un autre, surtout si la brume verdâtre se faufilant lentement vers eux était une indication.

« Il faut qu'on court. Maintenant ! »

Draco jeta le sortilège de vent le plus fort qu'il connaissait mais il ralentit à peine la brume qui rampait trop rapidement. Il avait l'intuition qu'un Protego n'aurait aucun effet.

Les autres n'eurent besoin d'aucun autre encouragement. Ils sprintèrent, évitant les éclats de verre au sol et slalomant entre les cadres partiellement détruits. Un miroir gigantesque s'érigea devant Granger, semblant doté d'une conscience propre, et le sort qu'elle lui lança le réduisit à un amas de poussière, quel qu'il fut.

« Note à Weasley. » dit agréablement Draco en utilisant un sort pour créer un chemin, ne voulant pas risquer qu'un autre pic de métal s'enfonce dans son pied – il pulsait déjà de douleur à chaque pas - « Ne l'attache jamais. J'ai l'impression que cela l'énerve. »

« Haha, Malfoy ! » grinça Weasley.

Harry se tourna et jura avant de jeter plusieurs sortilèges à la brume qui gagnait du terrain. Un sembla la dissiper légèrement mais elle se reforma et continua sa progression.

Granger atteignit la porte et tira sur la poignée.

« Alohomora ! » hurla-t-elle.

La serrure vola en éclats et le passage s'ouvrit. Ils s'y jetèrent tous puis Harry le referma de toutes ses forces. Quatre baguettes lancèrent quatre sorts différents pour sceller la porte. Elle se transforma en pierres et ses bords se solidifièrent en une sorte de goudron. Deux auras magiques brillèrent tout autour.

« Oh, hé. Qu'est-ce qui vous a pris tout ce temps ? »

Draco pivota pour voir Pansy assis en tailleur au bord de la plate-forme. Elle avait l'air de se faire les ongles. Cho Chang était étalée à ses pieds, évanouie ou morte.

Weasley se laissa tomber contre le mur et atterrit sur ses fesses. Harry gloussa, un son presque hystérique. Il attira Draco dans une étreinte et le tint fermement contre lui. Il était solide, chaud et incroyable dans ses bras. Granger s'agenouilla près de Weasley et tapota sa jambe.

« Pansy, tu te souviens cette virée shopping à Paris que je te dois ? »

« Oui, mon chéri ? »

« Le budget vient de doubler. »

Le sourire de Pansy était énorme.

« De rien. »


Au final, ils durent traverser les plate-formes flottantes pour atteindre la porte. Cela fut plus facile avec Hermione. Parkinson et Cho restèrent sur place. Dès que Draco ouvrit la porte, ils métamorphosèrent une torche murale en un pont et le firent léviter dans la pièce pour que Parkinson puisse les rejoindre. Elle tira sans ménagement Cho par le col puis la lâcha aux pieds d'Harry.

« Je peux partir maintenant ? »

« Il faudra que tu fasses ta déposition. »

La voix de Ron était redevenue normale grâce à Hermione mais sa peau était toujours orange et il restait chauve comme un œuf.

« Merlin, combien de temps ça va prendre ? J'ai une virée shopping à organiser ! »

Quelques instants plus tard, les Aurors arrivèrent, appelés par les patronus d'Harry et de Ron. Harry laissa Kay-Kay et Seamus se charger de Cho puis les observa avec satisfaction l'enfermer dans la même pièce dans laquelle Draco avait été retenu quand il s'était présenté au Ministère. Leurs yeux se croisèrent et un sourire s'étendit sur les lèvres de Draco.

Il envoya Seamus s'occuper d'Eddie et le fit mettre en garde-à-vue. Harry regarda Eddie tituber devant de lui, éveillé mais encore dans le brouillard, fermement ligoté par des liens magiques. Il ressentit une douleur dans sa poitrine quand son regard rencontra le sien. Eddie essaya de parler mais Harry se détourna, tentant de se rattacher au précédentes paroles de Draco. Harry n'avait pas été amoureux d'Eddie mais ce n'était pas passé loin. Il aurait pu être complètement détruit sans Draco.

Comme s'il lisait ses pensées, Draco serra doucement sa main. Harry la tint étroitement un instant puis se força à se concentrer à nouveau sur les événements en cours.

Après avoir ordonné à un groupe d'Aurors de ne strictement laisser sortir ni entrer personne au Département des Mystères, Harry et ses amis reprirent l'ascenseur jusqu'au Niveau Un et se rendirent dans le bureau de Kingsley.

Le Ministre arqua à peine un sourcil en entendant ce qu'il s'était passé. Il envoya ensuite une salve de notes et ordonna à Draco de s'asseoir et de lui donner la liste de tout ce qu'il savait, ainsi que tout ce qu'il suspectait.

« Harry, tu devrais rentrer chez toi. »

« Monsieur le Ministre, je voudrais faire annuler officiellement mes congés et reprendre le travail à plein temps. »

Pour une fois, Kingsley parut surpris puis un gigantesque sourire étira son visage d'ordinaire si stoïque.

« Alors dépêche-toi d'aller au Niveau Deux et de remplir les foutus documents. Ravi de vous retrouver, Auror Potter. »

« Ravi d'être de retour, monsieur le Ministre. »

Harry regarda Draco et sentit un rire enfler dans sa poitrine. Il savait qu'il prenait la bonne décision et c'était génial. Les yeux de Draco brillèrent de joie.

« Auror Weasley, rendez-vous à l'infirmerie et voyez s'ils peuvent faire quelque chose pour la couleur de votre peau. J'ai peu d'espoir pour vos cheveux. Granger, je vais avoir besoin de votre déposition. »

Avec un dernier regard pour Draco, Harry sortit. La voix grondante de Kingsley délivrant ses ordres le suivit dans le couloir.


Les journaux devinrent fous quand ils eurent vent de la nouvelle, allant même jusqu'à publier une édition du soir spéciale. Cho Chang était suspectée d'avoir été impliquée dans tous les événements à partir de l'explosion récente sur le Chemin de Traverse – qui s'était avérée être bien réelle – jusqu'à la dernière épidémie de Dragoncelle – certainement fausse. Harry parcourut l'article, heureux que quelqu'un d'autre que lui soit sous le projecteur empoisonné des journalistes, puis il monta à l'étage pour prendre un bain bien chaud. Il était épuisé. Ses muscles étaient douloureux de la traversée de la salle aux plate-formes et de la bataille pour échapper aux miroirs. Il avait planifié une séance dans la salle d'entraînement des Aurors pour la première heure du lundi pour se débarrasser des kilos superflus qu'il avait gagnés en paressant à l'appartement avec Eddie. Il s'était bien trop ramolli.

Il soupira et ajouta une dose de bain moussant à la pomme dans l'eau. Au moins, il avait rompu avec Eddie avant de découvrir la profondeur de la supercherie. Il considérait cela comme une petite victoire au milieu de cette tempête. Il y avait très peu de chance pour qu'Eddie soit enfermé longtemps. Ils pourraient peut-être le condamner pour complicité mais son implication dans le plan de Cho paraissait minimale et se limitait à la surveillance d'Harry. Il se demanda si la tentative d'Eddie de le faire quitter les Aurors avait fait parti du plan de Cho ou si ce n'était qu'une opportunité situationnelle pour eux, soutenue par les doutes d'Harry.

Il attrapa sa baguette sur le bord de la baignoire en entendant des bruits de pas dans le couloir mais la reposa quand Draco s'appuya contre le chambranle de la porte et lui sourit.

« Que dirais-tu d'un peu de compagnie ? »

« J'avais une bonne raison d'acheter cette baignoire immense. »

Draco s'éloigna de la porte et s'approcha. Harry fut ravi de ne pas avoir quitté ses lunettes. Il s'était contenté de lancer un sortilège Anti-Buée dessus car il avait été tenté de lire en faisant couler son bain. Il était bien plus agréable d'admirer Draco en voyant clairement.

« Vraiment ? Vous en servez-vous fréquemment, monsieur Potter ? »

« Seulement que je le juge nécessaire avec un certain type de criminels. Avez-vous quelque chose à m'avouer, monsieur Malfoy ? »

Draco se pencha au-dessus du rebord de la baignoire et parla d'une voix rauque.

« J'avoue avoir envie de grimper là-dedans et d'abuser de vous, monsieur Potter. »

« Pourquoi tu n'es pas déjà dans l'eau alors ? »

Un bruit sourd les fit tous les deux sursauter puis la voix de Parkinson résonna de quelque part dans la maison.

« Je prends la chambre verte ! »

« Voilà pourquoi. »

Un sourire étirait les coins des lèvres de Draco.

« Elle emménage maintenant ? »

« J'en ai bien peur. »

Harry leva à nouveau sa baguette et jeta un Collaporta. La porte claqua.

« Heureusement que je connais plusieurs sorts de verrouillage alors, hein , »

« En effet. » admit Draco en commençant à se déshabiller.

Harry le regarda avec contentement alors qu'il retirait et pliait soigneusement chaque vêtement avant de les poser plus loin.

« Tu sais, le petit tour que tu m'as joué avec le short de bain au manoir Beauvoir était assez cruel. »

« As-tu aimé ? Ce jour-là, j'ai finalement compris que tu avais autant envie de moi que j'avais envie de toi. Tu étais tellement troublé, c'était adorable. J'allais t'embrasser sous le kiosque et j'allais t'emmener à l'intérieur pour te faire l'amour dans la chambre d'Anton Beauvoir. »

Harry déglutit puis se souvint des événements qui avaient suivis. Si seulement les choses s'étaient déroulées ainsi, Blaise Zabini serait encore en vie.

Draco grimpa dans la baignoire, lâchant un grognement satisfait quand l'eau chaude l'enveloppa. Harry admira chacun des centimètres de sa peau s'enfoncer dans les bulles puis Draco se pressa contre lui et lui vola un baiser. Harry fit courir ses mains dans le dos de Draco et l'attira encore plus près.

Ils arrêtèrent de parler et laissèrent leurs doigts et leurs bouches prendre le relais de la communication par les caresses, les touchers, les baisers et les suçotements, jusqu'à ce qu'ils se libèrent tous les deux dans l'eau et que leur semence disparaisse grâce aux sorts de filtrations liés à la baignoire.

Draco posa sa tête sur l'épaule d'Harry et laissa échapper un profond soupir.

« Merlin, j'en avais besoin. »

Harry passa ses doigts dans les cheveux doux comme de la soie sur la nuque de Draco, juste sous le niveau de l'eau.

« Ouais, je crois que ça devrait être une étape vitale des bains à partir de maintenant. Si Pansy emménage, est-ce que ça veut dire que toi aussi tu vas rester ? »

Harry tenta de faire sonner sa question décontractée mais son cœur se figea dans l'attente de la réponse. Il avait été sérieux dans la salle aux miroirs quand il avait dit à Draco qu'il ne voulait pas qu'il disparaisse mais il n'était pas certain que Draco l'était à cet instant.

Draco leva la tête.

« Me demandes-tu d'emménager ? »

« Eh bien, seulement si – je veux dire, tu veux - »

Harry pinça ses lèvres avec agacement face à ses bafouillages.

« Oui. Oui, je te le demande. Draco Malfoy, j'aimerais vraiment beaucoup que tu emménages avec moi. »


Le cœur de Draco se gonfla de bonheur et il se demanda quand exactement son admiration pour Harry s'était transformée en un amour fait de papillons dans le ventre et d'étoiles dans les yeux. Probablement à l'instant même où Harry lui avait offert un sourire sincère.

« Es-tu certain que tu veux me supporter ? »

« Eh bien, j'espère que tu ne prévois pas de continuer tes activités illégales. Plus de recel de documents et plus de dilutions de potions et tout le reste, peu importe ce que c'est. Je suis officiellement redevenu Auror, tu sais. Et tu m'as dit que tu voulais arrêter tout ça. Disparaître, tu as dit. »

Draco l'embrassa longuement, regrettant une nouvelle fois ses paroles impulsives. Après les mensonges d'Eddie, Harry aurait du mal à faire à nouveau confiance. Draco prévoyait de travailler dur pour effacer ses doutes, peu importe le temps qu'il faudrait.

« Je ne prévois pas de disparaître. Pas sans t'emmener avec moi. Helsinki est superbe à cette époque de l'année. La flore est incroyable. On devrait y aller. Et même si je ne peux pas détruire tout mon réseau immédiatement, je peux le transférer à d'autres collègues en vue de mon éventuelle retraite. »

« D'autres collègues ? »

« Je crois que Pansy et Gryphon accepteraient de reprendre mes affaires en cours. »

Harry grogna.

« Merlin, j'espère que je n'aurais pas à arrêter l'une d'entre elles à un moment. »

Draco gloussa.

« Je suis certain que tu tireras toutes les ficelles à ta disposition pour éviter cela. En plus, il y a toujours le problème de ma liste. Crabbe et Rosier étaient peut-être les pires et les plans de Chang ont été exposés mais il y en a encore bien d'autres en liberté sur lesquels Shacklebolt aimerait mettre la main. »

« Et j'ai pensé que tu pourrais aussi commencer à travailler sur le Manoir Malfoy. Le ramener à ce qu'il était. Avant la guerre. Je peux t'aider. »

Draco se figea durant de longues minutes. L'idée lui effleurait l'esprit depuis un bon moment et, avec Harry à ses côtés pour l'aider à exorciser ses démons, la tâche ne lui paraissait plus aussi effrayante. Au lieu de lui répondre, il serra Harry encore plus fort.

« J'ai une autre confession à te faire. J'avais une motivation particulière pour te pousser à reprendre ton poste au Département des Aurors. »

Harry se tendit dans ses bras et Draco continua :

« Cet uniforme d'Auror. À chaque fois que je te vois dedans, je veux te coller à un mur et te baiser. Tu es tellement magnifique dedans, putain. »

Harry se détendit si complètement que sa tête tomba contre le bord de la baignoire et qu'un rire faible sortit de sa bouche.

« Tu n'es pas croyable. »

« Je suis parfaitement croyable. Et Harry, sois certain que je ne te laisserais pas. Sauf si tu me le demandes. Je ne suis pas Eddie Carmichael. »

Harry sourit.

« J'ai confiance en toi. »


FIN