Je ne suis pas très contente de ce chapitre. Mais j'espère qu'il vous plaira quand même.

3 - Premiers Pas

Une silhouette drapée d'une longue cape, marchait sur la route. On l'avait appelé, alors elle marchait. Elle marcha jusqu'à atteindre un tas de chair, de tissu et de sang encombrant le sol. La silhouette se pencha mais le tas, qui était en réalité un être humain, ne bougeait pas. L'enfant ne respirait pas.

_ Tu es bien loin de là où tu devrais être, petit humain. Et bien loin de qui tu devrais être.

La silhouette se releva, un sourire à glacer le sang dissimulé sous sa capuche. La cape devînt brumeuse et cette brume recouvrit le corps de l'enfant. Quand elle se dissipa, les deux avaient disparût.

Harry ouvrit les yeux, l'esprit encore dans le brouillard. Sa tête lui faisait mal. Ses jambes lui faisaient mal, comme si elles avaient été brisées de nombreuses fois et jamais soignées. En fait, l'ensemble de son corps le brûlait. Il s'assit difficilement sur le sol. Comment c'était-il retrouver dans un parc ? La dernière chose dont il se souvenait était les coups de son oncle. Après il était sortie dans la rue. Il baissa précipitamment les yeux sur son corps. Il était blessé. Il saignait. Il aurait dû saigner. Il y avait bien du rouge sur ses vêtements, mais en regardant de plus près, aucune blessure. Avait-il rêvé ? Des cauchemars à propos de son oncle, il en avait eu de nombreux au fil des années, mais ce n'était jamais comme ça. Des cris se firent entendre. Des cris d'enfants, d'adultes aussi. Merde, où est-ce qu'il avait atterrit ?

Harry secoua la tête. Réfléchis. Première étape : vérifier où l'on est.

Il se leva et tituba vers la lumière rougeoyante visible entre les arbres. Il s'appuya sur le tronc le plus proche. Devant lui, des personnes courraient. Certains entièrement vêtus de noir riaient. Des rires fous, hystériques. Il voyait des tentes en feu, des lumières flash apparaissait à droite, à gauche. Son corps le brûlait de plus en plus, ça devenait insoutenable. Sa gorge semblait comme percer d'une centaine d'aiguilles. Il avait l'impression de se tenir debout sur des jambes brisées. Même respirer devenait difficile. Un poids pesait sur sa poitrine et alourdissait son corps. Les cris et les rires s'estompèrent dans un flou sonore, sa vue se brouilla en une masse de couleurs indistinctes. La chaleur augmentait encore et encore. Ses respirations ne sortaient plus qu'en halètements. Sa vision devint monochrome. Du noir et du blanc l'entourait, plus aucun son, même les bruits pathétiques qu'il produisait, il ne les entendait plus. Il gémit quand un tas d'odeur agressa son nez. L'odeur âcre de la fumée, celle de la sueur et d'autres inconnues. La plupart étaient désagréables. Mais l'une d'entre elles était unique. Plus qu'agréable, elle était entêtante, addictive. Sans s'en rendre compte, il commença à marcher. Il suivait cette odeur, ce parfum. Il enjambait les débris et les blessés, ne pensant à rien d'autre qu'à trouver la source qui l'attirait.

Rhéane était complètement perdu. La final de la coupe du monde de Quidditch se passait très bien. L'Irlande l'avait emporté après un match palpitant. Le jeune Gryffondor n'avait jamais rien vu d'aussi extraordinaire. Il adorait définitivement le Quidditch. Le seul point noir de cette journée avait été qu'ils ont dû assister au match à côté des Malfoy. Une chose est sûr Malfoy junior ressemblait bien à ses parents. Les cheveux blonds, le teint pâle, une copie conforme. Après le match, Rhéane avait suivi la famille Weasley jusqu'à la tente qui leur était réservée. Elle n'était pas immense mais suffisamment grande pour accueillir tout le monde. Toute la famille avait célébré la fin de la coupe du monde, avec joie et enthousiasme. Ils refirent le match plusieurs fois, jusqu'à que Ginny Weasley s'endorme sur sa chaise. Ils allèrent alors se coucher, essayant de dormir malgré les bruits de fêtes encore entendable à l'extérieur. Tout allait bien jusqu'à ce que M. Weasley les réveillât avec de grands cris.

_ Debout ! Rhéane ! Ron ! Vite ! C'est urgent !

_ Qu'est-ce qu'il se passe, Papa ? Demanda l'un des jumeaux.

Mais le père Weasley ne prêta aucune attention à la question. Il leur tendit leur veste et les poussa dehors.

_ Dépêchez-vous ! Tout le monde dehors !

Donc, comme dit plus tôt, Rhéane était perdu. Dehors, une masse de gens courait vers la forêt, fuyant quelque chose. A l'opposé, un groupe de sorcier avançait vers eux en riant et criant. Suspendu au-dessus de leur tête, quatre silhouettes ressemblant à des pantins désarticulés se balançaient.

_ C'est répugnant, dit Ron.

Le rouquin avait raison, c'était ignoble. M. Weasley sortit de la tente, accompagné de ses trois enfants plus âgés.

_ Nous allons aider les gens du ministère. Courez jusqu'au bois et restez ensemble, je viendrai vous chercher quand ce sera fini.

Fred prit la main de Ginny et l'entraina à sa suite. Ron, Hermione, Rhéane et George les suivaient de près. Ils slalomèrent entre les tentes, les feux de camps éteins, les objets et vêtements laissés derrière dans la fuite précipitée de leur propriétaire. Au loin, Rhéane entendait les rires de plus en fort. Arrivé à la lisière des arbres, le brun se retourna. La foule de sorciers, vêtu de noir, était plus nombreuse qu'il y a quelques minutes. Les aurors essayaient de se frayer un passage mais ils ne voulaient pas risquer de blesser d'avantage les moldus suspendus en l'air.

_ Viens Rhéane, dit Hermione en lui prenant la main.

Elle l'entraina avec lui. Au moment où ils furent au couvert des arbres, Rhéane aperçut une forme à la périphérie de sa vision. Il se retourna mais ne put voir que la silhouette d'un jeune garçon avant que les arbres ne lui bloquent la vue. Il continua de courir, tiré par la brune qui serait toujours sa main dans la sienne.

_ Hermione attend ! Il y a un garçon blessé qui va dans le mauvais sens !

Il força son amie à s'arrêter mais quand il chercha le garçon, son regard ne le trouva pas.

_ Je ne le vois pas. On doit se mettre à l'abri Rhéane. Je suis sûr qu'il ira bien, ne t'inquiète pas.

Le brun soupira et finit par suivre Hermione.

Plus Harry marchait, plus l'odeur s'intensifiait. Plus il accélérait. Son corps le faisait souffrir énormément mais il finit par courir. Oubliant la douleur, la fièvre, l'illogisme de son comportement. Il avait tout oublié. Tout. Sauf cette odeur. Il crut entendre une voix l'interpeller à un moment mais ne s'y attarda pas. Il discerna une masse sombre et s'y enfonça sans hésitation. L'odeur venait de là. Il en était certain. Sa proie était là. Il serpenta entre les corps en mouvement. Il entendait vaguement des cris et des rires à côté de lui. Rapproche-toi. Un peu plus. Encore un peu. Là. Juste là.

Il s'arrêta juste au moment où un homme vêtu d'une cagoule noir passa devant lui. Lui. C'était Lui.

Toute pensée cohérente ayant déjà quitter son système cérébral depuis longtemps, il attrapa l'homme par derrière, le tira vers lui et mordit son cou le plus fort possible. Il entendit un cri lointain mais il s'en fichait. Le liquide qui coula dans sa gorge était divin. Chaud, sucré, riche, ni trop gras ni trop fade. Un liquide limpide et exquis. Un vin des dieux. Plus il buvait plus son environnement devenait distinct. Il entendit d'abords les cris, les rires, le bruissement des vêtements. Il sentit l'odeur métallique du sang. Celle de la fumée, du feu. L'odeur des arbres et de l'herbe. Le parfum piquant et artificiel qui émanait de l'être qu'il tenait dans ses bras.

A un moment, ils étaient tombés à genoux sur le sol. Il resserra ses bras sur sa proie et écarta sa bouche de son cou. La première chose qu'il vit fût une peau pâle marquée d'une morsure. Deux trous plus sombres indiquaient l'emplacement des canines. Il releva les yeux et regarda le chahut autour de lui. Des gens courraient et criaient. Personne ne semblait faire attention à eux. Ils étaient pourtant en plein milieu de la clairière. Sa victime gémis faiblement, attirant son attention. Le sang coulait encore de la blessure. Harry regarda le liquide carmin imprégner le tissu noir du manteau. Attiré, il se pencha et lécha la trace sanglante. Il remonta sa langue le long de la coulée, puis suça un peu à l'emplacement de la morsure. L'homme gémis à nouveau alors le brun s'éloigna doucement. Le corps dans ses bras tremblait légèrement. Harry remonta l'une de ses mains jusqu'à la tête dissimulait par la cagoule. Il la souleva et admira une chevelure blond platine retombée sur lui.

_ Eh toi ?!

L'appel le fit relever la tête. Un homme venait vers lui. Le brun déposa sa proie sur le sol et se sauva aussi vite que possible. Il se faufilait, repoussait les corps qui ralentissait sa fuite. Après une éternité, il sortit enfin de la masse mouvante et s'élança le plus vite possible vers le couvert des bois. Même après avoir dépassé les premiers arbres, il continua de courir. Ses jambes chauffaient, sa respiration était saccadée. La fatigue le frappa d'un coup, mais il continua de courir. Finalement, il s'effondra sur le sol à bout de force. Il se traina sur le sol et s'adossa à un tronc. Son poursuiveur ne devrait pas tarder à le rattraper.

Mais personne ne vînt. Harry se releva, chancelant et regarda à travers les arbres, mais il ne vit personne. L'homme avait dû abandonner. Le brun soupira et laissa échapper un rire hystérique. Mais qu'est-ce qu'il s'était passé bordel ?!

Il s'effondra sur le sol et perdit connaissance.

Quelqu'un tambourinait à la porte. Harry gémit et se leva de son lit. La rue, la clairière, ce n'était qu'un rêve ? Le jeune garçon regarda ses vêtements. Ils étaient toujours tachés de sang. Le tambourinement recommença.

_ Dépêche-toi garçon ! Le petit déjeuné devrait déjà être prêt ! Dit sèchement la voix de sa tante.

Le brun soupira. Première chose à faire : changer de vêtement. Hors de question de subir une crise de sa tante, et un nouveau tabassage de son oncle à cause de ça. Il jeta donc ses habits sales en boule sous son bureau branlant et enfila rapidement un pantalon informe et un t-shirt deux fois trop grand. Une fois fait, il descendit en courant, se faufila dans la cuisine et se hâta de préparer les œufs, le bacon, le thé, le café. Sérieusement, sa famille ne pouvait-elle pas faire ne serait-ce qu'un truc ? Non. Pourquoi faire à manger ou le ménage quand on avait un neveu étrange pour tout faire à sa place. Famille ingrate. Il était un esclave, rien de plus. Il soupira. Sa vie ne valait rien, mais c'était sa vie.

_ Garçon ! Dépêches-toi !

_ Oui, Oncle Vernon.

Harry amena les assiettes sur la table, et regarda, avec un dégout réprimé, deux porcs s'empiffrer. Parce que oui, son oncle et son cousin ressemblait d'avantage à des porcs qu'à des humains. Quoi que, ça insultait peut-être ces pauvres porcs. Il grimaça et reparti chercher les boissons.

_ Déguerpis ! Ordonna sa tante. Va t'occuper du jardin.

_ Oui, tante Pétunia.

Le jeune adolescent chétif se hâta donc jusqu'au jardin. Le soleil était levé. Au vu du ciel, et de la température, il ferait assez chaud plus tard dans la journée. S'il n'avait pas fini avant midi, il cuirait sans doute. Quand faut il y aller. Il commença par tondre la pelouse avant de s'occuper des fleurs. D'abords les arroser puis tailler la haie. Et enfin, le meilleur pour la fin, les rosiers ! Il hait ses rosiers. Harry ne comptait plus le nombre de fois, où il était retourné dans sa chambre avec les mains en sang à cause de ces foutu roses.

_ Aïe...

Et aller, encore une marque sur ses mains. Mais quand il regarda ses doigts, il n'y avait aucune goutte de sang, ni même aucune entaille. Peut-être qu'il n'avait pas appuyé assez fort sur l'épine pour se blesser. Bon, tant mieux. Finalement, il n'avait pas réussi à finir avant midi. Il avait enlevé son t-shirt, et le soleil tapait fort sur son dos. Quand il eût enfin fini, il était couvert de sueur, et son dos le démangeait. Au moins, une chose est sûre, il était loin d'être pâle. Au fil des années, sa peau avait tant dorée sous le soleil, qu'elle gardait cette couleur même en hiver. Histoire de rajouter encore une différence entre sa famille et lui.

_ Garçon ! Viens préparer le déjeuner.

_ J'arrive tant Pétunia.

Il déposa les outils dans la cabane du jardin, ramassa son haut, et se précipita jusqu'à la cuisine. Encore un repas qu'il n'aurait pas, évidemment. Pendant que sa famille mangeait, il entama le ménage à l'étage. Nettoyer la chambre de son cousin était toujours un défi. Sérieusement, cet idiot ne pouvait-il donc pas garder son espace RANGER !

Harry soupira. Quand il entendit sa famille sortir de table, il se faufila dans la salle à manger pour débarrasser avant de faire le ménage au rez-de-chaussée.