Valeur et vertu ! Tout d'abord, j'espère que vous passez de très belles fêtes. Que vous avez bien bu et bien mangé. Moi j'ai des restes pour encore quatre jours, je pense. Je voulais vous remercier pour vos reviews, notamment drou, pcam, DI5M et Fleur d'Ange. Elles sont super motivantes pour moi ! Plein de cœurs sur vous.
Ce chapitre est mon cadeau pour vous - bonne lecture !
IX. A Couteaux Tirés
Ginny pressa le pas tandis qu'elle marchait dans le hall principal du Ministère de la Magie, se frayant un chemin parmi les employés occupés. A son arrivée au cinquième étage, elle fut approchée par deux gardes à l'air peu commodes.
« Identification. » réclama l'un d'eux d'un ton bourru.
Elle tendit sa baguette, réprimant une grimace. C'était la première fois qu'elle se rendait dans le cabinet de Cressida Warrington sans être escortée par un Auror ou l'un des employés de la Gouverneure. Elle savait que sa venue seule serait problématique.
« Vous ne pouvez pas entrer ici. » décréta le garde, après avoir réalisé les vérifications nécessaires sur sa baguette magique.
« Je suis venue voir la Gouverneure Warrington. » répondit Ginny d'une voix qu'elle tenta de rendre affirmée.
Les deux gardes s'échangèrent des regards ouvertement moqueurs.
« Qu'est-ce qu'il ne faut pas encore entendre. Ils deviennent de plus en plus créatifs. » commenta l'un des gardes à son collègue, une ironie manifeste dans la voix.
« En voilà encore une qui essaie de mendier quelques gallions. » répondit l'autre, en la dévisageant avec hauteur.
Ginny s'apprêtait à répliquer lorsque l'ascenseur s'ouvrit à nouveau - faisant apparaître Cormac McLaggen, le secrétaire adjoint de Mrs Warrington. Il s'arrêta devant la scène, levant un sourcil curieux vers les gardes, comme s'il attendait une explication de leur part.
« Valeur et vigueur, monsieur McLaggen. » salua le premier garde d'un ton pompeux.
Ils avaient tous les deux perdu leurs sourires goguenards et s'étaient redressés en position droite et formelle.
« Un problème ? » interrogea Cormac en les dévisageant avec ennui.
« Juste une personne non identifiée qui essaie d'entrer sans autorisation, monsieur. » répondit le second garde.
« Avez-vous consulté la liste des admissions ? » interrogea Cormac.
Les deux gardes échangèrent à nouveau un regard incertain.
« Dans ce cas, vous avez sans doute remarqué que le nom de Miss Weasley ici présente a été ajouté à la liste ? » poursuivit Cormac en observant les deux gardes comme s'ils étaient obtus.
« Toutes nos excuses. Nous ignorions que… »
« J'ai entendu dire que le service de décrassage du Département des accidents et des catastrophes magiques recrute activement. Je pourrais me charger d'accélérer votre transfert si vous continuez à ignorer les instructions qui vous sont données. » répliqua Cormac d'une voix pleine de menaces.
Les gardes hochèrent la tête, gênés. Parmi les Sang-Purs, la hiérarchie était également bien présente. Un Sang-Pur de premier rang comme McLaggen avait les pleins pouvoirs sur ceux de second rang.
« Allons-y. » ordonna Cormac à l'attention de Ginny qui s'empressa de le suivre, soulagée de son intervention.
La jeune femme se sentait terriblement mal à l'aise dans cet endroit. Elle savait qu'elle n'y avait pas sa place. Elle avait pourtant fait des efforts pour avoir la tête de l'emploi. Elle avait revêtu l'une des meilleures tenues qu'elle possédait. Un tailleur bleu marine qui avait appartenu à Fleur et dont elle lui avait fait cadeau après sa première grossesse. Ginny paraissait plus mature dans cette tenue formelle. Malgré tout, elle savait que son attitude la trahissait. Elle était intimidée et cela pouvait se sentir à plusieurs kilomètres à la ronde.
« Gouverneure Warrington ne devrait pas tarder à arriver. Sa réunion précédente s'est prolongée. » indiqua Cormac tandis qu'il menait Ginny dans le cabinet réservé à Mrs Warrington et à son personnel.
Ils pénètrent dans une salle de réunion occupée par trois personnes. Ils l'observèrent comme si elle venait d'une planète différente. Immédiatement, Ginny se tendit, son malaise grandissant au fil des secondes.
« Je vous présente Ginevra Weasley. » informa Cormac avant de prendre place à la table. « Comme je vous l'ai indiqué lors de notre dernière session, Gouverneure Warrington a engagé Miss Weasley comme Consultante sur ce projet de loi. »
« Valeur et vigueur. » salua Ginny d'une voix hésitante.
Elle prit place sur le siège que lui avait désigné Cormac, adressant un sourire nerveux à l'attention des autres qui la dévisageaient toujours avec circonspection. La femme assise sur la chaise près de Ginny attrapa son sac à main et le plaça de l'autre côté de la table. Ginny perdit son sourire face à son geste.
« Je vous présente Katrina Street-Porter, l'attachée de presse de Mrs. Warrington. » informa Cormac en désignant la femme assise près de lui.
Une femme d'une trentaine d'années lui fit un signe de la main. Ses ongles, d'un rouge brillant, étaient si longs qu'ils pouvaient probablement constituer une arme blanche.
« Agbert Ruthdower, notre contrôleur de gestion. » continua Cormac en montrant un homme roux avec des lunettes rectangulaires et des dents avancées.
« Et Mandy Brocklehurst. » termina-t-il en montrant la femme assise près de Ginny qui se contenta de lui adresser un regard empli de mépris. « Spécialiste en droit du travail. »
La porte de la salle de réunion s'ouvrit brusquement et Cressida Warrington entra dans la pièce, escortée par deux Aurors. Elle portait un chapeau grandiloquent, d'une couleur mauve, assorti à son sac à main. Elle semblait apprécier les couvre-chefs dramatiques. A son entrée, les employés se levèrent immédiatement. Tous les regards de la pièce se tournèrent vers Ginny qui n'avait pas bougé. Elle s'empressa de les imiter, le feu aux joues, se cognant le poignet contre la table au passage. Elle se frotta douloureusement la main, gênée. Ils semblaient avoir des codes qui lui étaient totalement inconnus. Plus les minutes passaient, plus cette situation devenait embarrassante.
« Prenez place. » lança Cressida d'une voix autoritaire. « Merci à tous pour votre présence. Maintenant que nous sommes au complet, nous pouvons commencer. »
Cormac pointa sa baguette vers une plume à papote qui se redressa et se plaça devant un parchemin vierge, prête à l'emploi.
« Comme vous le savez, notre législation du travail est un peu désuète et j'aimerais la faire évoluer. Nous avons trois mois pour présenter un projet de loi au Magenmagot à ce sujet. » expliqua Cressida. « Le timing est serré, et j'aurais besoin de votre engagement total. »
Son œil magique tourna frénétiquement dans son orbite, observant tour à tour les occupants de la pièce.
« Comme vous l'imaginez, un changement de ce genre va entraîner des critiques et de la résistance. » poursuivit Cressida.
Son air calculateur prouva pourtant qu'elle ne semblait pas craindre les critiques dont elle faisait mention.
« Nous allons demander au Magenmagot de ratifier l'annulation des restrictions de 239 professions normalement réservées au Sang-Purs. » annonça Cressida avec satisfaction, une lueur résolue dans son œil valide.
Ginny vit les autres s'échanger des regards incertains et effarés.
« Madame la Gouverneure... Peut-être serait-il plus judicieux de commencer par un changement progressif. » suggéra la dénommée Mandy. « Débuter par les emplois de premier échelon, par exemple. Pour ne pas être trop disruptifs. »
« Je veux être disruptive. Avez-vous la moindre idée du nombre de milliards de gallions que nous perdons chaque année car nous limitons nos ressources ? » demanda Cressida, tandis que son œil magique se posait sur Mandy, visiblement ennuyée.
« Vingt-sept milliards et six cent millions pour être exact. » fit remarquer Agbert, son doigt pointé vers un registre sorti de nulle part. « Un manque à gagner conséquent. »
« Je souhaite simplement m'assurer que nous approchions les choses de manière réaliste, madame la Gouverneure. Même si certains postes leur étaient ouverts, je crains que ces… personnes n'aient pas les compétences et les capacités de les occuper. » ajouta Mandy d'un ton faussement complaisant.
Elle avait marqué une pause évidente avant de lancer le mot personnes, jetant un regard appuyé en direction de Ginny. Cette dernière sentit ses joues se réchauffer à nouveau. Cette fois, il ne s'agissait pas d'embarras mais de contrariété. Cette femme lui courrait sur la citrouille. Depuis son arrivée, elle avait senti une hostilité évidente de sa part et avait préféré l'ignorer. Pourtant, ses piques passives agressives devenaient agaçantes.
« C'est un pari à long terme que nous faisons-là, Mandy. Je suis bien consciente du fait que ce ne sera pas une transition qui se fera du jour au lendemain. » indiqua Cressida.
Ginny tenta de suivre tandis qu'ils débattaient sur des sujets complexes. Elle ne se sentait pas à sa place dans ce cadre et le sentiment n'en était que plus exacerbé à cause des regards que les employés de Cressida lui jetaient de temps à autre.
Hermione aurait probablement été plus à l'aise. Ginny, elle, se sentait terriblement inadéquate. Comment une simple vendeuse originaire d'un quartier minable dans son genre avait-elle pu atterrir à la même table qu'une Gouverneure pour discuter de sujets qui la dépassaient totalement ? La réponse lui parvint immédiatement à l'esprit.
Draco Malfoy.
Sa vie, imparfaite mais sans histoires, aurait pu suivre normalement son cours si son chemin n'avait pas croisé celui de cet homme.
Ginny grimaça en se rappelant qu'elle devait lui fournir un compte rendu de cette réunion. Elle avait à peine suivi les paroles de Cressida et de ses employés. Leur charabia sonnait à ses oreilles comme du gobelin. Devait-elle prendre des notes pour s'assurer de s'en souvenir lorsque Malfoy lui quémanderait des informations ? Ou paraîtrait-elle suspicieuse si elle se mettait à documenter le contenu de leurs discussions ? Elle grimaça, incertaine de la manière dont elle devait procéder.
Les paroles prononcées par cette peste de Mandy lui revinrent à l'esprit. Elle avait mentionné le manque de compétences des gens comme elle. Peut-être qu'elle n'avait pas totalement tort, réalisa Ginny avec dépit. Immédiatement, elle se sentit coupable d'avoir de telles pensées autodénigrantes. Pourquoi doutait-elle tant ? Elle avait toujours été une jeune femme sûre d'elle. Du moins c'est ce qu'elle avait cru jusqu'à présent.
Confrontée à un monde si éloigné du sien, elle se sentait atrocement incapable. Ginny était tellement absorbée par ses réflexions qu'elle ne remarqua pas immédiatement que tous les regards de la pièce étaient rivés dans sa direction.
« Miss Weasley ? Vous êtes toujours avec nous ? » demanda la voix insistante de Cressida Warrington.
Ginny sortit sa torpeur, ouvrant la bouche de manière un peu bête. Son visage avait sans doute pris la même couleur que ses cheveux.
« Je… Oui. Excusez-moi. Vous m'avez posé une question ? » demanda Ginny, tentant de se concentrer à nouveau sur la discussion.
A la fin de la journée, Ginny se rua vers la porte, soulagée. Elle n'avait qu'une hâte - quitter cet endroit au plus vite et retrouver ses repères. A son passage, elle remercia brièvement Cressida qui était en grande discussion avec le dénommé Agbert.
« A la semaine prochaine, Miss Weasley. » lança Cressida, lui faisant un clin d'œil.
Ginny quitta le cabinet et traversa le couloir, en direction de l'ascenseur. Lorsqu'elle passa devant les deux gardes qui l'avaient arrêtée plus tôt dans la journée, ils ne lui firent aucune remarque. L'un d'eux lui adressa un regard particulièrement inamical mais la jeune femme l'ignora. Elle fit appel à l'ascenseur, son pied droit tapant impatiemment sur le sol.
Les portes s'ouvrirent brusquement, et une horde de parchemins aériens jaillirent de l'ascenseur, volant à toute allure dans le couloir. Ginny entra à l'intérieur et appuya sur le niveau zéro. Avant que les portes épaisses de l'ascenseur ne se referment, une main s'introduisit dans l'espace, pour empêcher la fermeture. Mandy Brocklehurst pénétra à son tour dans l'ascenseur, dévisageant Ginny d'un air particulièrement hostile.
« C'est bien ma veine. » pensa Ginny tandis que l'ascenseur entamait sa descente.
A sa grande surprise, Mandy pressa soudainement le bouton d'arrêt d'urgence. L'ascenseur se stoppa d'un coup sec.
« Vous connaissez le conte de Raki le rongeur ? » demanda Mandy d'une voix mielleuse, jetant un regard en biais à Ginny.
« Je vous demande pardon ? » demanda Ginny, mal à l'aise.
« Raki était un rat particulièrement futé qui décida un jour de se déguiser pour entrer dans la cité de Rina, remplie de chats. La cité détenait les meilleurs mets du royaume et Raki voulait sa part du butin, voyez-vous. Un jour, il se fit prendre en affection par l'un des chats les plus puissants de la cité qui décida de lui faire visiter le palais royal - où se trouvait une multitude de vivres, dont les meilleurs fromages. »
Mandy extirpa un petit miroir à clapet de son sac à main. Elle commença à appliquer un rouge à lèvres d'un rose foncé sur sa bouche, les yeux rivés sur le miroir.
« Raki était persuadé que son déguisement était convaincant et qu'il pourrait passer pour un chat s'il apprenait à les imiter. La vérité, pourtant, c'est que son déguisement était grotesque. Mais les chats de la cité se plaisaient à le laisser déambuler comme s'il avait sa place parmi eux. C'était amusant, voyez-vous. » continua-t-elle en remuant ses lèvres, pour s'assurer que le rouge à lèvres était correctement appliqué.
Ginny resta silencieuse, observant la femme avec un mélange de confusion et de contrariété.
« Finalement, arriva le jour où le chat puissant finit par se lasser de Raki. Il le laissa au pied du palais, à la merci des autres chats de la cité, sans sa protection. A ce moment-là, les chats firent ce qu'ils font de mieux quand ils voient un rat grossier et dégoûtant qui ne connaît pas sa place et qui s'est aventuré un peu trop près de leur territoire. » poursuivit Mandy avec dédain.
Elle observa son reflet sous tous les angles, visiblement satisfaite.
« La morale de l'histoire, c'est que… » commença Mandy.
Elle s'interrompit, faisant mine de réfléchir.
« En réalité, il n'y a pas de morale dans cette histoire. Raki s'est fait déchiqueter avant la fin de l'histoire. » annonça vicieusement Mandy, en replaçant le miroir dans son sac à main.
Elle se tourna vers Ginny, dardant sur elle un regard impérieux.
« Si j'étais vous, j'apprendrais à rester à ma place. Je resterais aux abords de la cité, à consommer le fromage pourri qui est plus que suffisant pour subvenir à mes besoins. » ajouta-t-elle avec malveillance.
Elle appuya de nouveau sur le bouton d'urgence de l'ascenseur. Ce dernier reprit sa descente rapide.
« Les gens comme vous ne sont pas les bienvenus ici. Et si vous n'êtes pas complètement stupide, vous prendrez l'initiative de partir seule avant qu'il ne soit trop tard. » susurra-t-elle d'une voix désobligeante.
L'ascenseur s'arrêta brusquement et les portes s'ouvrirent de nouveau. Le bruit de l'agitation extérieure parvint aux oreilles de Ginny, qui n'avait pas dit un mot depuis le début de la conversation. Mandy lui lança un dernier regard hautain avant de sortir.
Ginny se précipita à son tour vers la sortie, se frayant un chemin parmi les personnes qui entraient dans l'ascenseur. La démarche incertaine et les bras ballants, elle se dirigea vers la sortie du Ministère sans porter attention à ses alentours.
Une boule lui obstruait désormais la gorge et un malaise désagréable l'avait envahi. Elle se retenait de fondre en larmes devant tous ces gens. De colère, de frustration, d'humiliation.
Son instinct ne désirait que se défendre face à ces attaques manifestes. Sa raison la persuadait toutefois de garder le silence et ne pas s'attirer des problèmes. Jamais elle ne serait traitée à la même enseigne que cette Mandy Brocklehurst. Cette injustice était une réalité qu'elle avait dû se résoudre à accepter depuis longtemps.
A sa sortie du Ministère, Ginny sursauta lorsqu'une femme masquée se posta devant elle. Une Mangemort. Cette dernière tendit la main, désignant un point par-dessus l'épaule Ginny. Elle se tourna lentement et ses yeux tombèrent sur une diligence à l'aspect familier. Elle jura intérieurement. Elle n'aurait décidément pas de répit.
Non sans lâcher un soupir de résignation, Ginny se dirigea vers la diligence en traînant des pieds. Elle était garée au milieu d'autres carrosses qui semblaient bien fades face à son luxe décadent. Le véhicule était à l'image de son propriétaire. Intimidant, prétentieux, m'as-tu-vu.
Lorsque ses doigts se posèrent sur la poignée de la diligence, Ginny eut un court moment d'hésitation. Pendant une fraction de secondes, elle fut tentée de faire marche arrière. Elle inspira profondément, tentant de se défaire du sentiment de découragement qu'elle paradait depuis sa sortie du Ministère.
Elle actionna la poignée et grimpa dans la diligence, refermant soigneusement la porte derrière elle. Les vitres étaient recouvertes par d'épais rideaux d'une teinte rouge sombre, bloquant la vue de l'extérieur.
Draco Malfoy lui faisait face, installé au centre de la banquette. Comme à son habitude, son visage fin arborait une expression hautaine. Ginny détourna le regard, ne supportant pas le jugement dans ses yeux. En temps normal, elle aurait été plus que ravie de lui tenir tête mais elle n'était pas certaine de vouloir écouter Malfoy la rabaisser après la journée qu'elle venait de passer. Les doigts de la jeune femme s'enfoncèrent nerveusement dans le siège molletonné.
« Je ne peux pas continuer. » déclara-t-elle, la mine défaite.
« Continuer quoi, exactement ? » interrogea Draco d'une voix traînante.
« Tout ça. Je ne suis pas capable d'être au milieu de ces gens. Je ne suis pas à ma place. » admit-elle, le teint livide.
Devoir l'admettre devant Malfoy n'était pas agréable mais elle était incapable de dissimuler ses sentiments. A sa grande surprise, il éclata de rire. Ginny leva des yeux interloqués dans sa direction, désemparée devant cette réaction. Elle savait qu'il était désagréable mais le voir se moquer d'elle de la sorte lui prouvait à quel point il était infect. Il devait se réjouir de la voir publiquement humiliée devant ces gens du Ministère. Son hilarité sembla finalement faiblir, et il reprit son masque de sérieux.
« Es-tu vraiment si naïve, Ginevra ? » demanda-t-il avec un dédain évident.
Ginny lui lança un regard étonné. Elle n'était pas habituée à ce qu'on utilise son prénom complet pour s'adresser à elle.
« Que pensais-tu ? Que tu serais accueillie à bras ouverts avec des petits fours et de l'hydromel ? » interrogea Draco avec sévérité. « Ce monde est impardonnable. Même pour les gens de bon statut. »
« Facile à dire pour vous ! » s'emporta Ginny. « Vous ne savez pas ce que c'est. Tout le monde est à vos pieds et vous adule. Vous n'avez aucune idée de la manière dont on me traite. »
Elle dû lutter pour réprimer les larmes de frustration qui menaçaient de couler. Draco fut sans doute pris de court par son emportement inattendu car il garda le silence pendant un instant. Il semblait réfléchir aux prochains mots qu'il prononcerait.
« Que s'est-il passé ? » demanda-t-il finalement.
Elle lui jeta un regard confus.
« Vous allez prétendre que vous voulez vraiment connaître la réponse à cette question ? » répliqua-t-elle d'une voix sèche. « Pourquoi ? »
« Parce que mes intérêts sont aussi en jeu. » dit Draco sur le ton de l'évidence. « Alors, que s'est-il passé ? »
Ginny ne répondit pas.
« Est-ce qu'ils t'ont enfermée dans une cellule ? Est-ce qu'ils t'ont torturée ? Est-ce qu'ils t'ont forcée à regarder pendant que des membres de ta famille se faisaient écarteler ? » interrogea-t-il, une ironie certaine dans sa voix. « Ou peut-être qu'on t'a attachée à un bûcher pour te brûler vivante ? »
Il resta impassible devant les yeux horrifiés de Ginny face à ses paroles.
« Alors ? » insista-t-il avec un calme olympien, comme s'il était vraiment intéressé par sa réponse.
La jeune femme secoua la tête, parcourue par une vague d'embarras. La source de sa contrariété lui semblait désormais bien stupide face à ce qui pouvait réellement lui arriver.
« Rien de tout cela, je présume ? C'est bien ce qu'il me semblait. » rétorqua-t-il d'un ton glacial. « Tu n'as pas l'impression d'agir de manière dramatique ? »
Il l'observait désormais avec raillerie et Ginny sentit son poing se serrer. Elle serra les dents. C'en était trop pour elle. Elle n'allait pas rester ainsi à se laisser constamment rabaisser par cet homme. Pas après la journée horrible qu'elle venait de vivre. Il la pensait dramatique ? Il n'avait encore rien vu.
Sans un mot, Ginny se dirigea vers la porte de la diligence et poussa la poignée d'un geste furibond. Elle s'ouvrit dans un battement et Ginny fut surprise lorsqu'une violente bourrasque la frappa au visage. Elle ouvrit de grands yeux apeurés en réalisant qu'ils se trouvaient dans les airs, à une centaine de mètres du sol. Elle s'était toutefois trop approchée du bord et, s'attendant à trouver la terre ferme, avait déjà esquissé un geste pour sortir.
Elle poussa un cri de terreur, tentant désespérément de se retenir contre les parois de la diligence pour ne pas tomber dans le vide. Du coin de l'œil, elle vit les larges ailes décharnées d'une créature squelettique se déplier avec grâce.
Ginny sentit soudainement un bras saisir sa taille et la tirer en arrière, l'éloignant de l'ouverture. Draco l'avait attiré à lui et la tenait fermement pour l'empêcher de chuter. Les mouvements de la diligence se firent plus brusques, tandis qu'elle prenait un virage serré. Draco referma la porte vacillante d'un geste ferme, coupant court à la bourrasque puissante qui s'était introduite à l'intérieur de la calèche. Terrorisée et encore sous le choc, Ginny s'était agrippée à son bras comme si sa vie en dépendait. Il lui fallut plusieurs secondes pour reprendre une respiration normale.
« Par la grâce de Voldemort, comment peut-on être aussi stupide ? » commenta Draco.
Il n'avait pas desserré son emprise de la taille de Ginny tandis qu'il prononçait ces mots, comme s'il s'attendait à ce qu'elle tombe dans le vide s'il la lâchait trop vite.
« C'est une maladie chez toi. » ajouta-t-il avec ennui.
Il était si proche d'elle qu'il avait presque parlé dans son oreille. Trop apeurée, Ginny l'écouta à peine. Il lui fallut quelques instants pour réaliser que Draco la tenait toujours par la taille, et elle se dégagea, se sentant stupide et honteuse.
« C'est exactement ça ton problème. » poursuivit Draco en levant les yeux au ciel tandis qu'il remettait de l'ordre à sa chemise légèrement froissée. « Tu agis et tu réfléchis ensuite. Tu aurais pu te tuer. Enfin, c'est peut-être ce que tu essayais de faire. »
Il avait ajouté le dernier commentaire avec un rictus méprisant. Ginny ne répondit pas, embarrassée. Comme n'avait-elle pas pu réaliser que la diligence s'était mise en route et qu'ils volaient désormais au-dessus de Londres, à plus d'une centaine de mètres du sol ? Draco arrangea son col, dardant un regard irrité vers Ginny.
« Ton caprice est terminé ? » interrogea-t-il.
Elle hocha la tête à contrecœur, gênée.
« Donc si je comprends bien, tu veux mettre un terme à notre petit marché ? » interrogea-t-il d'une voix doucereuse.
Leur marché n'avait rien de petit, songea Ginny. Elle se garda toutefois d'en faire la remarque à haute voix.
« Tu ne dois pas réellement vouloir cette Grâce ministérielle pour ton frère et sa famille. » poursuivit Draco, faisant mine d'être déçu.
Ginny garda le silence à nouveau. Elle avait beaucoup misé sur cet accord avec Draco Malfoy. Si elle se débrouillait pour remplir sa part du marché, il pourrait obtenir le retrait de la mention Traîtrise sur le dossier administratif de Bill. La vie de son frère et celle de sa famille serait améliorée de manière drastique. Victoire pourrait intégrer une école correcte. La mine fatiguée et stressée de Bill lui revint en mémoire et Ginny fut traversée par un élan de culpabilité. Il n'aspirait qu'au meilleur pour Fleur, Victoire et leur futur enfant.
« Ce serait dommage de te retrouver face à une opportunité de cette taille et de la laisser passer pour quelques désagréments avec tes nouveaux collègues de travail. » ajouta Draco.
Il savait exactement sur quelles cordes sensibles tirer pour la faire capituler. Ginny avait fait la terrible erreur de lui communiquer une information privée et elle le regretterait désormais amèrement. Il avait compris ce qu'elle convoitait secrètement et il n'aurait aucun scrupule à la faire chanter pour obtenir ce qu'il désirait.
« Je vais le faire. » murmura-t-elle finalement, à demi voix.
« Je ne t'ai pas bien entendue. » prétendit Draco, son rictus satisfait ne quittant pas ses lèvres minces.
Ginny leva de nouveau le regard vers lui, les plantant dans ses yeux gris.
« Je vais le faire. Je vais continuer. » dit-elle d'une voix plus assurée.
« C'est ce que j'aime entendre, Ginevra. » assura-t-il, en posant son bras sur le dos de la banquette, s'enfonçant plus confortablement dans le siège. « Commençons donc avec un compte rendu de ta première journée. »
Une heure plus tard, Draco tira le rideau couvrant la vitre et jeta un regard à l'extérieur. Un rapide coup d'œil fit réaliser à Ginny que la nuit était déjà tombée.
« On dirait que nous sommes arrivés à destination. » annonça-t-il.
Il frappa à deux reprises sur la vitre de la diligence. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit à la volée et Ginny reconnut la Mangemort qui l'avait accostée devant le Ministère.
« A la prochaine, Ginevra. » commenta Draco en l'observant attentivement avant de détourner le regard.
Ginny n'eut pas besoin de se faire prier. Elle s'empressa de quitter la diligence sans demander son reste. Elle fut soulagée de retrouver la terre ferme. La Mangemort referma la porte derrière elle avant de se diriger à l'avant de la diligence, grimpant sur un banc entre la calèche et le sombral imposant. La créature trotta paresseusement sur plusieurs mètres avant de disparaître au détour d'un bâtiment, devant le regard hagard de Ginny.
Elle jeta un regard à ses alentours. Ils l'avaient déposée dans une zone peu fréquentée, non loin du Quartier des Embrumes. Les pas de Ginny la traînèrent dans l'avenue principale. Une fois arrivée dans son appartement, elle s'autorisa à souffler, relâchant toute la pression accumulée pendant la journée. Elle lança un vague bonsoir à Hermione qui l'observait avec inquiétude, probablement alertée par son teint blafard. Ginny se dirigea vers sa chambre et s'empressa de s'y enfermer. Elle n'avait pas la tête à faire la conversation.
Cette fois, elle ne put retenir les larmes qui apparurent au coin de ses yeux. Elle les effaça d'un geste rageur, en se laissant tomber sur son lit. Quelques instants plus tard, un bruit la fit sursauter. Ginny leva la tête vers la fenêtre qu'elle avait laissé ouverte avant de se rendre au Ministère, le matin même.
Leur appartement était situé au dernier étage d'un immeuble bancal et une fenêtre enfoncée dans le plafond inclinée donnait directement accès à une partie du toit. Un chat au pelage sombre s'était glissé sur la toiture, au bord de la fenêtre, l'observant fixement. Même si l'ouverture vers le toit était trop étroite pour qu'un humain puisse s'y glisser, il était fréquent que des créatures s'y faufilent.
« Il manquerait plus que toi aussi tu commences à me juger. » grommela Ginny à haute voix à l'attention de l'animal qui l'observait d'un air impassible.
Elle tendit la main pour le chasser et fermer la fenêtre mais à sa grande surprise, l'animal sniffa ses doigts avec méfiance et n'esquissa aucun geste pour s'enfuir. Après une courte hésitation, Ginny posa sa main sur sa tête, grattant doucement derrière son oreille. Le chat sembla apprécier la caresse.
« Non, tu es gentil, toi. Pas vrai ? » dit-elle avec un sourire.
Lorsqu'elle tendit la main vers le chat, elle fut surprise de le voir se laisser faire et accepter d'être pris dans ses bras. Il ne portait pas de collier. Elle resta plusieurs minutes à le caresser, sentant son anxiété disparaître au fil des secondes.
« Je le hais. » commenta Ginny à l'attention du chat. « C'est à cause de lui que je me retrouve dans cette position. Et il a l'air de s'en délecter. »
Raconter ses frustrations à l'animal lui fit plus de bien qu'elle ne l'aurait cru. Avoir une oreille attentive qui ne la jugeait pas était agréable. Quelques minutes plus tard, le chat s'agita un peu dans ses bras, probablement lassé d'entendre ses tracas. Il sauta d'un geste gracieux sur la commode qui se trouvait sous la fenêtre avant de se faufiler vers la sortie et disparaître à nouveau dans la nuit noire.
Ginny soupira, une once de réconfort retrouvée, et s'assit sur son lit, observant le mur face à elle. L'une des photos accrochées attira son regard. Sur l'image, on pouvait voir Bill, Fleur et Victoire. Elle avait été prise lors du troisième anniversaire de la fillette. Ginny observa son frère jeter sa fille dans les airs et la rattraper, pendant qu'elle riait aux éclats. Fleur les observait d'un air attendri.
Ce jeu dans lequel on l'avait entraîné à son insu était des plus dangereux. Ginny n'était pas certaine de pouvoir tenir sur la longueur. Elle était pourtant certaine d'une chose. Elle serait prête à tout pour sa famille.
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Hannah Abbott n'avait jamais cru aux miracles. Et pour cause - son existence ne lui avait jamais donné de raison de le faire. Elle vivait une existence simple, modeste et sans fioritures.
Ses parents lui avaient enseigné à rester discrète et courtoise, à ne jamais élever la voix, et à garder ses opinions pour elle-même. Le parfait guide pour qu'une sorcière de Sang-mêlé puisse naviguer dans un régime hostile.
Elle s'était mariée jeune - à ses dix-sept-ans exactement, ce qui avait étonné son entourage. Elle n'avait jamais été particulièrement jolie, instruite, ni même intéressante et Hannah était la première à l'admettre. Elle était toutefois loyale, serviable et savait se servir de ses mains.
Elle avait rencontré Terry, son mari, dans la boutique de créatures magiques dans laquelle elle travaillait. Au comptoir, il avait complimenté ses yeux, les comparant à ceux d'une salamandre. Assez pour faire rougir une jeune fille de seize ans qui n'avait jamais reçu d'attention de la part de la gent masculine. Pendant des semaines, il l'avait retrouvée chaque jour à sa pause déjeuner. Après un mois, Terry avait finalement trouvé le courage de l'inviter à sortir.
Tout était allé très vite entre eux. Ils s'étaient mariés six mois plus tard, lors d'une cérémonie modeste et discrète. Hannah avait toujours rêvé d'une grande famille. Elle aspirait à voir une ribambelle d'enfants adorables gambader joyeusement dans le jardin d'un cottage en pleine campagne. Une vision rêvée que Terry partageait également, à son plus grand bonheur. Elle avait quitté son emploi à la boutique, préférant endosser son rôle de ménagère à plein temps, pendant que Terry travaillait honnêtement pour subvenir à leurs besoins.
Rapidement, ils s'étaient retrouvés confrontés à un obstacle de taille. La conception d'un enfant s'était révélée compliquée. C'était parfaitement normal, avait-on assuré à Hannah. Tomber enceinte pouvait prendre du temps. Ils n'avaient pas de quoi s'inquiéter. La première année était passée et toutes leurs tentatives avaient été infructueuses. Une seconde année passa, puis une troisième, et enfin une quatrième. Sans succès.
A chaque nouvelle déception, Hannah sentait son monde s'écrouler et peu à peu, elle s'enfonça dans une dépression latente. De la ménagère attentive envers son mari, elle devint une femme triste et démoralisée, certaine d'être la fautive de ces échecs à répétition. Terry réussit finalement à économiser suffisamment d'argent pour une consultation avec un spécialiste.
La Médicomage, une femme froide et austère, les accueillit sans même prendre la peine de dissimuler son air empli de dégoût à la lecture du statut de sang sur leur dossier. Elle se montra particulièrement brutale lorsqu'elle commença à ausculter Hannah pour faire ses analyses, la touchant comme si elle était un morceau de viande. Hannah resta silencieuse et immobile sur la table d'examen, malgré l'expérience traumatisante. Seul le résultat comptait à ses yeux.
« Nous n'avons rien pu identifier. » annonça finalement la Médicomage au couple, avec froideur. « Parfois, l'infertilité n'a pas de cause particulière. »
Hannah sentit son propre visage se décomposer. Sous la table, Terry posa une main rassurante sur son genou.
« Mais il doit bien avoir une solution, non ? » insista-t-il auprès de la Médicomage. « Des traitements pour nous aider à concevoir. »
« Il existe certaines solutions, effectivement, mais les critères sont très stricts. J'ai bien peur que vous ne remplissiez pas les conditions. » répondit la Médicomage d'un ton sec, coupant court à sa demande.
Elle avait terrassé tous leurs espoirs d'une simple phrase. Hannah avait senti une boule se former dans sa gorge.
Vous ne remplissez pas les conditions. En d'autres termes, le régime ne voulait pas faire d'efforts pour aider des Sang-Impurs à procréer. Avant leur départ de Sainte Mangouste, Hannah s'excusa auprès de Terry, prétendant une envie pressante. Une fois enfermée dans les toilettes, elle fondit en larmes, incapable de se retenir plus longtemps. Elle ignorait combien de temps elle resta enfermée dans la cabine, assise sur la cuvette, le regard vide et le visage ruisselant de larmes. Elle entendit du bruit à travers la cabine et les voix de deux femmes retentirent.
« Et qu'ils aient eu l'audace de demander si un traitement pouvait leur être donné. » indiqua l'une d'elles, visiblement sidérée.
Hannah reconnut la voix de la Médicomage.
« Les lois deviennent trop laxistes en ce qui les concerne, si tu veux mon avis. Ils ne savent plus rester à leur place. » répondit une autre voix avec mépris.
« Parfois, l'univers fait bien les choses. » lança la voix de la Médicomage. « Puisse Voldemort continuer à empêcher ces gens de mettre au monde leur progéniture infâme. »
Hannah sentit son cœur se briser dans sa poitrine.
Pourtant, un mois plus tard et contre toute attente, Hannah tomba enceinte. Un miracle, se réjouit Terry. Un signe de l'univers, pensa Hannah, ivre de joie. Lorsqu'ils retournèrent à Sainte Mangouste pour leur premier rendez-vous prénatal, la Médicomage ouvrit la bouche de stupeur à la nouvelle de la grossesse d'Hannah. La vie de cette dernière sembla retrouver un sens. Elle recouvra sa bonne humeur et les mois suivants furent les plus beaux mois de sa vie.
« Terry. » glapit Hannah en s'arrêtant brusquement, le souffle coupé. « Je… Je crois que j'ai perdu les eaux. »
Terry l'observa avec un effarement qui se transforma bien vite en panique totale. Ils avaient pourtant préparé ce moment des demi-douzaines de fois. Hannah, elle, n'était pas aussi affolée, malgré la douleur qui lui tordait le bas ventre. Elle était prête à accueillir son fils, à le serrer dans ses bras, et lui murmurer à quel point il était attendu et aimé.
Lorsqu'ils arrivèrent à Sainte Mangouste en pleine nuit, Hannah fut installée dans une chambre modeste, dans l'aile réservée aux sorciers de rang inférieur. La douleur était insupportable. Elle tenta de souffler, suivant les instructions de son mari.
« J'ai mal. » se lamenta Hannah, les larmes aux yeux tandis que deux guérisseurs s'affairaient autour d'elle.
« Vous êtes en train d'accoucher, ma petite dame. Que pensez-vous ? Que ça allait être une partie de plaisir ? » demanda l'un d'eux d'un ton irrité.
« Est-ce qu'on peut lui donner quelque chose pour la douleur ? » plaida Terry, serrant la main d'Hannah.
« Est-ce que je peux avoir une augmentation ? » ironisa l'autre Guérisseuse en imitant Terry. « Nous faisons ça tous les jours, laissez-nous travailler, voulez-vous ? »
Les heures suivantes furent atroces. La dilatation n'était pas suffisante pour commencer le processus mais les contractions se faisaient plus violentes à chaque fois. Lorsqu'un Guérisseur leur annonça que le bébé montrait des signes de faiblesse, Hannah jeta un regard épouvanté à Terry.
« Poussez. » lui ordonna la Médicomage.
Hannah s'exécuta et malgré ses efforts, son col ne s'ouvrit pas davantage. Autour d'elle, elle entendait une agitation bruyante. Elle avait du mal à garder les yeux ouverts à cause de la douleur poignante. Finalement, la Médicomage consentit à lui appliquer le sort pour calmer ses douleurs extrêmes, estimant qu'il était temps. Hannah poussa un soupir de soulagement tandis que la douleur commençait à s'estomper et devenir plus supportable.
A travers ses yeux à demi ouverts, Hannah vit quelqu'un entrer dans la pièce et murmurer des paroles à l'attention de la Médicomage. Elle fut incapable d'entendre ce qu'ils disaient. Elle sentit un malaise la parcourir en voyant la Médicomage s'interrompre.
« Qu'est-ce que vous faites ? Pourquoi vous arrêtez-vous ? » demanda Terry, sans comprendre.
« Un autre accouchement a commencé et je dois aller aider la patiente. Elle est prioritaire. » répondit la Médicomage, sans la moindre empathie.
Elle ignora les protestations d'Hannah qui s'était redressée sur son lit, tourmentée. Terry l'attrapa par les épaules, comme pour la calmer, lançant un regard suppliant au Guérisseur qui était resté sur place.
Hannah n'était pas certaine du temps passé à attendre, pendant que le Guérisseur faisait des vérifications régulières pour voir si le col se dilatait suffisamment. Après ce qui lui sembla une éternité, la Médicomage fut de retour.
« Nous n'avons pas le choix, il va falloir ouvrir en urgence. Le bébé est en détresse fœtale. » dit-elle après avoir examiné Hannah. « Le sort d'extension serait trop dangereux à ce stade. »
Hannah resta dans état second pendant qu'ils réalisaient la césarienne. Malgré le voile qu'ils avaient conjuré face à elle, elle pouvait tout voir à travers le tissu fin. Les instruments ensanglantés que la Médicomage posait sur la table, les éclaboussures rougeâtres qui partaient dans tous les sens. Finalement, Hannah vit qu'ils sortaient le bébé de son ventre.
Puis plus rien.
« Où est mon bébé ? » demanda Hannah avec difficulté. « Pourquoi je ne l'entends pas ? Pourquoi je ne le vois pas ? Terry ! Où est notre bébé ? »
Elle continua d'hurler le nom de Terry qui paraissait partager son état de panique et de confusion tandis que les Guérisseurs s'affairaient autour du nouveau-né.
« Il s'étouffe avec le liquide amniotique et ne respire plus. Nous devons l'emmener. » annonça le Guérisseur d'une voix empressée.
« Terry, Terry… » gémissait Hannah, en larmes.
L'attente fut insupportable. Elle resta immobile, la peur au ventre, pendant que la Guérisseuse s'affairait autour d'elle, pour refermer l'ouverture.
Ce ne fut que plusieurs heures plus tard qu'on vint à nouveau les trouver. Le cœur d'Hannah tomba dans sa poitrine en réalisant que la Médicomage était seule. Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, Hannah comprit à l'expression de son visage.
« Nous n'avons pas pu le sauver. » annonça-t-elle d'une voix désolée, semblant montrer une once de sympathie pour la première fois depuis des heures.
Hannah lâcha un hurlement déchirant. Terry se pencha sur elle pour la prendre dans ses bras, pleurant également à chaudes larmes. Ils avaient perdu leur bébé. Leur petit miracle.
Alfie.
C'était ainsi qu'ils auraient dû l'appeler.
Ils furent autorisés à le voir une dernière fois et Hannah sanglota longuement, tandis qu'elle tenait la figure sans vie de son fils, emmitouflé dans une couverture, son teint grisâtre.
Elle fut gardée à l'hôpital pendant trois jours. Terry, quant à lui, n'avait pas été autorisé à rester. La veille de son départ, la nuit tombée, Hannah erra dans les couloirs de la maternité, sans voir où ses jambes la menaient vraiment.
Après quelques instants, elle passa devant un garde endormi qui ne sembla pas la remarquer. Elle passa devant une chambre où la porte était entrouverte et d'où émanait de la lumière. Hannah vit une femme installée sur son lit, tout sourire, portant un bébé dans ses bras, lui murmurant une berceuse.
Hannah fixa la scène avec fascination. La femme leva soudain son regard et croisa les yeux d'Hannah. Cette dernière se tendit.
« Vous venez d'accoucher, aussi ? » demanda la femme avec un sourire.
Hannah hocha la tête, incapable de prononcer le moindre mot. La femme continua à susurrer des mots au bébé.
« Comment s'appelle-t-il ? » demanda Hannah d'une petite voix, observant la chevelure du bébé qui sortait de la couverture en laine délicate.
« Jacob. » répondit la femme avec fierté. « Jacob Thorfinn Rowle. »
« Vous ! Vous n'êtes pas autorisée à être ici. » s'exclama soudainement la voix du garde qui venait de se réveiller.
Hannah sursauta et s'empressa de suivre l'homme, extirpant son regard de la femme et de Jacob à contrecœur, pour regagner sa chambre froide et austère.
Rentrer dans leur cottage sans leur fils fut l'une des choses les plus difficiles qu'elle dû faire dans sa vie. Hannah s'enferma dans la nurserie qu'ils avaient finalisée quelques semaines avant la date prévue de l'accouchement. Ils avaient été tellement heureux, à l'époque. Prêts à accueillir leur petit rayon de soleil.
Hannah ignora les appels de Terry derrière la porte. Elle savait qu'il souffrait autant qu'elle mais elle ne se sentait pas capable d'endosser sa peine. La sienne était bien trop insupportable. Elle lui semblait si insurmontable. Pouvait-on se remettre un jour d'une perte aussi tragique ? La réponse ne lui paraissait pas évidente.
Après la perte de leur enfant, Hannah ne fut que l'ombre d'elle-même. Elle retomba dans cet état dépressif qui l'avait suivi pendant des années. Terry semblait impuissant devant sa détresse. Une partie d'elle commença même à éprouver de la rancune envers son mari. Il recommença à vivre, tentant d'outrepasser son deuil. Comment pouvait-il agir ainsi ? Comme s'il avait déjà oublié ? Jamais Hannah ne pourrait s'autoriser à revivre comme avant. C'était une insulte envers son petit garçon.
« Vous n'êtes pas prioritaire. »
Les mots des Médicomages lui revenaient sans cesse en mémoire, tel un leitmotiv insupportable. Ce régime avait coûté la vie à son bébé. Il l'avait traité comme une sous-personne, lui interdisant son droit à la vie. Il avait décidé que son bébé n'aurait pas le droit de survivre. Pas le droit de grandir.
Sa colère contre ce régime qu'elle avait pourtant accepté de manière résignée pendant toute son existence s'intensifia alors, jusqu'à lui donner une raison de se lever chaque matin. Après tout ce temps passé dans une léthargie béate, à se laisser subsister sans réellement vivre, une nouvelle émotion l'anima – la haine. Ce sentiment n'était ni positif, ni agréable, mais c'était quelque chose.
Les jours - insupportables – passèrent lentement puis devinrent des semaines. Les semaines se transformèrent en mois. La douleur ne s'estompa toutefois pas. Elle lui semblait même plus lancinante que jamais, la suivant partout où elle allait. Rien ne semblait lui redonner le goût à la vie. Rien sauf une chose.
« Tu dois arrêter, Hannah. » s'exclama Terry en retenant son bras, lorsqu'il surprit sa femme se faufiler vers la porte de leur cottage, portant sa longue cape brune, une épaisse capuche revêtue sur sa tête. « Tu sais que ce n'est pas sain. »
Elle dégagea son bras, sans répondre. A maintes reprises, il avait tenté de l'arrêter mais ça n'avait jamais fonctionné jusqu'à maintenant. Pourquoi pensait-il qu'elle l'écouterait, cette fois ?
« C'est dangereux, Hannah. Si jamais ils te surprennent… » prévint-il d'une voix grave.
Elle l'ignora. Elle n'avait que trop entendu ses avertissements et n'en avait que faire. Ne comprenait-il pas qu'elle en avait besoin ?
« Je m'en fiche, Terry. » répliqua-t-elle d'un ton venimeux avant de quitter le cottage. « Laisse-moi partir. »
Ce ne fut qu'une heure plus tard qu'elle se retrouva devant une imposante bâtisse dans le comté de Somerset. Hannah s'avança dans l'obscurité, empruntant une ouverture dans la palissade, dénichée quelques mois auparavant. Depuis, elle l'utilisait pour s'introduire dans la propriété privée.
Elle s'avança discrètement sous la fenêtre de la maison qui donnait vue sur le séjour principal. Elle s'aida du rebord pour grimper, de façon à avoir la pièce dans son champ de vision. Comme à l'accoutumée, elle retrouva la petite famille installée dans le living-room. Un homme à la trentaine avancée était penché devant la cheminée, faisant de grands gestes tandis qu'il parlait. Une femme l'écoutait attentivement, assise sur un fauteuil confortable. Dans ses bras, elle tenait un bambin qu'elle berçait lentement. L'enfant sembla s'agiter et sa mère le posa sur le sol.
Hannah ouvrit de grands yeux surpris lorsqu'elle réalisa que Jacob esquissait quelques pas maladroits pour rejoindre son père. Il marchait déjà, pensa-t-elle. Il avait à peine dix mois et vingt-deux jours. Elle sentit des larmes d'émotion dans ses yeux. Le temps passait tellement vite ! Elle l'avait observé grandir et voilà qu'il marchait déjà. Lors de sa dernière visite, elle l'avait observé ramper sous l'œil émerveillé de ses parents. Jacob était un petit garçon si adorable et éveillé.
Hannah observa la femme avec avidité tandis qu'elle prenait le bambin dans ses bras, posant un baiser sur sa toison dorée avant de lancer des mots en direction de son mari. Elle quitta ensuite la pièce, se dirigeant vers les escaliers, sous l'œil déçu d'Hannah. Elle aurait aimé observer Jacob plus longtemps. Hannah sauta du rebord et s'empressa de faire le tour de la maison pour retrouver le passage par lequel elle s'était faufilée.
Quelque chose attira toutefois son regard. Une fenêtre entrouverte. Elle resta immobile pendant de longues secondes, des idées folles lui défilant rapidement à l'esprit.
« C'est dangereux. » entendait-elle déjà la voix de Terry marteler.
Comme d'habitude, elle ignora cette petite voix, la rangeant dans une boîte de son esprit et la fermant à double tour. D'un geste résolu, Hannah sauta sous la fenêtre et attrapa le rebord. De toutes ses forces, elle se hissa à l'aide de ses bras, s'accrochant avec ses jambes sur les branches qui avaient poussé le long du mur, extensions du chêne massif planté dans l'arrière-cour.
Hannah sentit quelque chose râper violemment son tibia mais elle ignora la douleur. Elle poussa la fenêtre puis se glissa à travers l'ouverture. Ses pieds se posèrent dans une pièce sombre. Lorsque ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, elle reconnut immédiatement une cuisine aux meubles délicats et raffinés.
Elle entendit un bruit de pas et elle s'empressa de se cacher dans un débarras. Il s'agissait d'une réserve de nourriture dans laquelle des dizaines de provisions s'entassaient parfaitement sur des étagères. Elle s'installa à même le sol, repliant ses jambes contre sa poitrine, pleine d'appréhension. Le bruit des pas sembla s'éloigner et elle resta silencieuse.
Hannah attendit patiemment que la maison s'endorme. Une fois qu'elle n'entendit plus aucun bruit, elle ouvrit lentement la porte du cagibi et quitta la cuisine, sur la pointe des pieds, jetant des regards apeurés autour d'elle. Elle grimpa lentement les escaliers et se retrouva dans un large couloir où se dressaient plusieurs portes identiques. Elle traversa le corridor et s'arrêta devant une porte sur laquelle on avait accroché une plaque bleue, avec des lettres embellies formant le nom Jacob.
Hannah ouvrit lentement la porte et pénétra à l'intérieur en silence. Elle jeta des regards autour d'elle. Elle s'était toujours demandée à quoi ressemblait la nurserie de Jacob. La pièce était bien différente de ce qu'ils avaient préparé pour Alfie. Des meubles faits sur mesure, de qualité supérieure avec les matériaux les plus sophistiqués. Des draperies en soie raffinées. Elle aperçut des jouets et des livres parfaitement entreposés sur une étagère imitant la forme d'un dragon bleu. Hannah s'approcha du berceau où se trouvait la figure endormie de Jacob.
Après une courte hésitation, elle esquissa un geste vers lui. Elle caressa sa joue du bout de ses doigts. Combien de temps avait-elle rêvé de toucher sa douce peau de bébé et laisser ses doigts parcourir ses parfaites boucles blondes ? Elle ferma les yeux, se sentant parcourue d'une émotion indescriptible. Elle se mit à chanter d'une voix à peine audible, brouillée par ses larmes :
Déjà tombe la nuit
Dors, mon doux petit,
Bonne nuit, mon doux trésor,
Ferme tes yeux et dors
Laisse ta tête s'envoler,
Au creux de ton oreiller
Hannah saisit ensuite la couverture en laine posée près de lui, sans quitter Jacob des yeux, le cœur battant.
Tous les anges du ciel
Veilleront sur son sommeil
Rêve, bel enfant
Pars, bel enfant
Elle resserra la couverture dans son poing tremblant, prenant une grande inspiration, les yeux toujours rivés sur la silhouette endormie de l'enfant.
« Qui êtes-vous ? » demanda une voix alarmée derrière elle.
Hannah se retourna vivement, relâchant la couverture, le corps tremblant, prise sur le fait. Elle croisa le regard de la femme - la mère de Jacob. Cette dernière arborait une expression horrifiée sur son visage. Elle observait Hannah comme si elle était une personne folle et dangereuse.
« Je voulais juste le voir dormir. Je n'ai rien fait. » commença à se justifier Hannah avec affolement.
« Ne vous approchez pas de mon bébé ! » s'écria la femme, épouvantée.
« Je ne lui ferais jamais de mal. Je vous le jure… »
« THORFINN ! » hurla la femme en se ruant vers le berceau pour prendre Jacob dans ses bras.
Jacob s'était réveillé et il se mit à pleurer. Saisie de panique, Hannah se jeta en direction de la porte et courut à toute allure vers les escaliers. Du coin de l'œil, elle vit une lumière jaune éclairer le corridor et le père de Jacob fit irruption dans le couloir, sa baguette brandie. Hannah descendit les escaliers quatre à quatre, et se baissa pour éviter le sort qu'il venait de lui lancer. Les cris du bébé retentissaient dans toute la maison.
« APPELLE LES AURORS ! » entendit-elle une voix hurler.
Lorsqu'elle arriva à la cuisine et qu'elle se jeta à nouveau par la fenêtre ouverte, Hannah tomba brutalement sur sa cheville. Elle gémit de douleur mais s'efforça de se relever, titubant difficilement jusqu'au trou de la palissade où elle se faufilait à chaque fois.
Hannah s'élança dans la nuit noire, sans s'arrêter. Trop effrayée, elle ne regarda pas derrière elle avant d'arriver dans les bois qui bordaient le domaine. Elle s'enfonça dans la forêt, la peur lui torsadant l'estomac.
La femme l'avait-elle reconnue ? Elles s'étaient rencontrées à l'hôpital, presqu'un an auparavant. Si cette femme se souvenait d'elle, c'en était terminé pour Hannah. Ils parviendraient à retrouver son identité, et se rendraient chez elle pour l'arrêter. Elle savait qu'elle recevrait une punition conséquente.
Non, elle ne pouvait pas rentrer, songea-t-elle. Pas avant de savoir si on l'avait reconnue. Finalement, Hannah ralentit sa course, le cœur battant et le souffle coupé. Elle tenta un regard par-dessus son épaule. Personne ne semblait l'avoir suivi. Pourtant, si les Rowle avaient appelé les Aurors, cela signifiait qu'ils étaient peut-être à ses trousses dans les alentours. Elle ne pouvait pas s'arrêter.
Hannah ignora la douleur latente de sa cheville et continua à marcher. Elle ne s'arrêta pas avant des heures, lorsque ses jambes finirent par la lâcher complètement. Elle se laissa tomber contre un arbre, gémissant de douleur et de fatigue. Elle était perdue dans ces bois, exténuée et terrorisée. Elle ferma les yeux et plongea dans un sommeil profond.
Ce furent des voix qui la réveillèrent, quelques heures plus tard. Hannah sursauta et se tendit immédiatement, aux aguets. Elle écarquilla les yeux en réalisant que trois silhouettes encapuchonnées lui faisaient face.
« Regardez ce qu'on a là. Une Sang-Pure précieuse. » dit l'un des individus d'une voix moqueuse.
« Elle a l'air un peu crade pour être une Sang-Pure précieuse, tu ne trouves pas ? » commenta une seconde personne avec amusement.
La voix d'une femme.
« Il faut de tout pour faire un monde. Personnellement, je ne fais pas le difficile. » fit remarquer le premier individu.
Hannah écoutait à peine leurs paroles. Ces gens étaient-ils des Aurors ? Allaient-ils l'arrêter ? Ou même pire ? Elle était épuisée. Sa jambe la lançait terriblement. Ce n'était pourtant rien face à l'autre douleur qu'elle ressentait. Ce mal quotidien au cœur et à l'âme. Elle n'en pouvait plus.
« Tuez-moi. Je n'en ai plus rien à faire. » dit-elle, au bout des lèvres.
« Alors, ça. Si je m'y attendais. » fit remarquer un troisième individu avec surprise.
« Ce n'est pas une Sang-Pure. Probablement encore une fuyarde. » dit la voix de la femme.
« Merlin, on dirait bien que c'est ton jour de chance. » dit l'un d'eux à l'attention d'Hannah.
Merlin ? pensa Hannah, interloquée. Mentionner Merlin était un blasphème, passible de sanction sévère. Ces gens n'étaient pas des Aurors.
« Qui êtes-vous ? » murmura Hannah à bout de souffle.
« La Résistance. » furent les seuls mots qu'elle entendit avant d'être assommée brutalement.
C'est tout pour aujourd'hui ! Les choses sérieuses arrivent, on dirait bien. Je vous laisse digérer tout ça avant le prochain chapitre. Comme Ivo, on retrouvera Hannah de temps en temps dans l'histoire, ce qui vous permettra de découvrir les dessous du FLOP (Front de Libération de l'Ordre du Phénix) Vous y découvrirez des personnages bien connus !
Vous avez aussi enfin la réponse de la demande de Ginny à Draco. Certains d'entre vous étaient plutôt proches :)
C'est toujours la folle amitié entre ces deux-là, comme vous le constatez. Mais vous savez ce que dit le cliché - entre l'amour et la haine, il n'y a qu'un pas. Ou plutôt un chemin sinueux rempli de passion, de rivalité et de sentiments inavoués mais je ne vous spoilerai pas trop.
On se voit en 2021 pour le prochain chapitre et prenez soin de vous en attendant ! J'attends vos avis (et vous aussi, lecteurs fantômes, n'hésitez pas à laisser un retour - c'est important pour l'auteure !)
(Im)pur sur le sang,
Fearless
