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Un énorme merci à Jiwalumy, Carlita, Fleur d'Ange, Phyladelphia, Cocofraise et Lestrange-maria pour vos reviews :333
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Bonne lecture !
XXVII. Tête-à-tête
Ginny posa son front contre la fenêtre, sa respiration lente formant de la buée sur la vitre glacée de la diligence. Elle avait fermé les yeux, dans une vaine tentative pour recouvrer sa contenance. La diligence tanguait plus véhément que jamais et ses mouvements brusques aggravaient son mal de l'air. Un gémissement plaintif émergea de sa gorge.
« Tout va bien, Ginny ? » demanda une voix, la sortant de sa léthargie.
Non, pensa-t-elle immédiatement. Une nausée terrible lui tordait le ventre et elle luttait fermement contre l'envie pressante de rendre le contenu de son estomac. Son état n'avait rien de surprenant à la vue de la quantité d'alcool ingurgitée pendant la soirée.
Ses paupières s'ouvrirent difficilement, et ses yeux se posèrent sur le visage de Théodore Nott, assis sur la banquette opposée. A la fin des festivités chez Pansy, il avait gentiment proposé de la raccompagner chez elle, probablement préoccupé par son état d'ébriété avancé.
Ginny avait accueilli la proposition avec reconnaissance. Elle tenait à peine debout sur ses chaussures, qui lui faisaient désormais un mal de diablotin. Lorsque Théodore lui avait tendu son bras pour l'aider, elle avait croisé le regard de Draco. L'irritation profonde qu'elle y avait distinguée l'avait déroutée.
Malgré sa contrariété évidente, Draco s'était gardé de faire une quelconque remarque en public, se contentant de pincer les lèvres tandis que Théodore et Ginny quittaient les lieux. Après son sermon au sujet de Blaise Zabini, elle savait que la voir partir en compagnie d'un autre homme ne ferait que le contrarier davantage.
Une chose était certaine - Draco Malfoy était un homme possessif.
« Nous sommes bientôt arrivés. » annonça Théodore, jetant un regard soucieux dans sa direction.
Cinq minutes plus tard, Ginny fut soulagée de sentir la diligence atterrir au sol. Elle poussa complètement le rideau qui dissimulait la vitre et reconnut la rue de son domicile.
« Tu veux monter ? » demanda Ginny. « Je ne sais pas si Hermione est encore debout. »
Elle ignorait l'heure qu'il était. Théodore secoua la tête.
« Non. Il se fait tard, ce ne serait pas correct. » refusa-t-il. « Je la verrai demain. »
Merlin, ce garçon était tellement poli, songea-t-elle, soufflée. Ce n'était pas normal. Olivier, son ex, n'avait jamais hésité à venir la voir à l'improviste même en plein milieu de la nuit.
« Merci de m'avoir raccompagnée. » dit Ginny avant de pousser la porte de la diligence.
« Je t'en prie. Bonne nuit, Ginny. »
La diligence resta immobile tandis qu'elle parcourait les derniers mètres la menant à son immeuble. Ce ne fut que lorsqu'elle s'engouffra à l'intérieur du bâtiment que le véhicule commença à s'éloigner.
Quelques instants plus tard, Ginny se glissait dans ses draps, reposant sa tête contre l'oreiller. Elle ne parvint pas à trouver le sommeil immédiatement, se tournant et se retournant dans son lit pendant ce qui lui sembla une éternité.
On tapa brusquement à la porte, et elle se redressa, décontenancée. Que voulait Hermione à une heure aussi avancée de la nuit ?
« Tu peux entrer, Hermione. » marmonna—t-elle.
La porte resta toutefois close, et quelques secondes plus tard, les coups retentirent à nouveau. Ginny repoussa vivement ses draps et se dirigea vers la porte, s'apprêtant à gentiment rabrouer son amie. Elle était épuisée et n'était pas en état de discuter.
Elle tomba des nues lorsqu'elle ouvrit la porte. Ce n'était pas Hermione qu'elle trouva dans l'encadrement de la porte.
« Draco ? » dit-elle d'une voix à peine audible, interloquée.
Elle l'observa dans un silence stupéfait, prise au dépourvu par sa présence inopinée. Immédiatement, un malaise la traversa. Draco Malfoy, dans sa chambre, au beau milieu de la nuit, sans aucune autre personne dans les alentours.
Un mélange dangereux qui ne prédisait rien de bon.
Tandis qu'elle l'observait, toujours silencieuse et ahurie, les mots de Pansy s'imposèrent dans son esprit.
Évite de te retrouver seule avec lui dans des endroits isolés, lui avait-elle conseillé.
Leur baiser ardent plus tôt dans la soirée en avait été la preuve concrète. Elle sentait ses défenses se fragiliser en sa présence. Elle ne parvenait pas à réfléchir avec son cerveau. Son corps semblait prendre le contrôle.
Ressaisis-toi Ginny, songea-t-elle.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils, une fois ses esprits retrouvés.
« Ta colocataire m'a laissée entrer. » déclara-t-il d'une voix lente, ne répondant pas directement à sa question.
« Qu'est-ce que tu fais ici, Draco ? » répéta-t-elle d'une voix plus insistante.
Cette fois, il ne prit même pas la peine de répondre, jetant un regard à l'intérieur de la pièce par-dessus l'épaule de Ginny, arborant son éternel air de suffisance. Puis, son regard perçant se posa à nouveau sur la jeune femme.
« Tu vas me laisser entrer ? » demanda-t-il avec impatience.
Si cette phrase était supposée être une question, le ton sonnait davantage comme une requête à laquelle elle n'était pas habilitée à refuser. Machinalement, Ginny passa une main à l'arrière de sa nuque, dans un geste nerveux.
« Pas avant que tu aies répondu à ma question. » dit-elle, incertaine.
Les lèvres minces de Draco s'étirèrent en un sourire imperceptible.
« Je crois que tu sais pourquoi je suis ici, Ginevra. » déclara Draco.
Et sans indication supplémentaire, il entra dans la pièce, passant devant elle, refermant la porte derrière lui. Ginny resta immobile, la bouche ouverte, médusée par son aplomb.
Non seulement il se présentait chez elle en pleine nuit sans y être convié, mais il avait le culot de faire des réclamations. Elle s'apprêtait à l'injurier, mais lorsque Draco se tourna vers elle, et que leurs regards se croisèrent, elle se tut, troublée par la lueur intense dans l'acier de ses yeux.
Elle ignorait si c'était l'alcool qui coulait toujours à flot dans son organisme, ou bien cette proximité entre eux, mais elle se sentait chancelante. Ainsi retranchée dans l'intimité de sa chambre, il ne semblait y avoir aucune échappatoire face à la situation.
« Je n'arrête pas de penser à toi. » confessa-t-il, passant une main frustrée dans ses cheveux, comme si cette vérité l'agaçait au plus haut point.
Les yeux de Ginny s'agrandirent devant cet aveu et sa seule réaction fut de le fixer en silence, interloquée. Ses yeux gris semblaient plus brillants qu'à leur accoutumée et elle devina qu'il n'était pas dans son état normal. L'alcool avait coulé à flot pendant la soirée et elle savait pertinemment que cela expliquait sa venue spontanée. Contrairement à elle, Draco Malfoy avait habituellement toujours le contrôle sur ses actes et ses paroles.
« Tu…Tu es saoul. » bredouilla Ginny.
« Sans doute. Mais cela a-t-il vraiment de l'importance ? » interrogea Draco, sa voix plus basse, ses yeux ne quittant pas ceux de la jeune femme.
Il s'était approché d'elle et elle sentit son odeur caractéristique lui emplir les narines. Cet effluve boisé qu'elle trouvait irrésistible.
Il était irrésistible. Et cela l'effrayait.
« Tu…Tu devrais partir. » murmura Ginny, sans conviction. « Tu ne devrais pas être ici. »
Comme par réflexe, elle avait reculé et ses jambes rencontrèrent une surface dure - le bord de son lit. Elle faillit trébucher, mais elle sentit les bras de Draco la rattraper fermement, l'empêchant de chuter. Ses mains se resserrent autour de sa taille, ne laissant qu'une faible distance entre eux. Elle resta stupéfiée, incapable de détacher son regard du sien.
La sensation de ses mains sur le tissu fin de son débardeur la fit frissonner. Ses yeux gris la détaillèrent lentement, semblant brûler de convoitise et elle se sentit traversée par une chaleur insoutenable.
« Je te l'ai déjà dit Ginevra, je n'ai pas l'intention de cesser de te voir. » assura-t-il, sa voix suave.
Elle garda le silence, ne faisant pas confiance à son cerveau pour former une phrase sensée.
« Et si cette soirée a prouvé quelque chose, c'est que tu penses la même chose. » murmura-t-il près de son oreille, son souffle chaud provoquant une caresse délicieuse sur sa peau.
Elle jura intérieurement.
« Combien de temps vas-tu encore essayer de me résister, Ginevra ? » interrogea-t-il.
« Je… » fut le seul mot qu'elle parvint à articuler, la gorge étrangement sèche.
« Tu sais pertinemment que c'est peine perdue. » poursuivit Draco tandis que ses doigts effleuraient son dos, descendant dangereusement au milieu de ses reins.
Ils étaient désormais si proches qu'elle pouvait deviner sa musculature à travers le tissu délicat de sa chemise.
« Alors, pourquoi ne pas tout simplement… céder ? » demanda Draco d'une voix tellement basse qu'elle ne fut pas certaine de l'avoir entendue.
Il s'empara alors de ses lèvres avec avidité, ses mains l'enserrant avec fermeté, la rapprochant de lui. Ginny se laissa aller contre lui, se fondant dans son étreinte, et lui rendit son baiser avec la même ardeur, laissant libre à cette envie trop longtemps réprimée.
Draco la fit reculer sur le lit, l'allongeant lentement, sans quitter ses lèvres, ses mains parcourant fébrilement son corps. Sa respiration se fit plus rapide alors qu'il embrassait sa nuque. D'un geste empressé, Ginny commença à déboutonner les boutons de sa chemise.
Son entendement l'avait complètement abandonné, ne laissant place qu'à son désir inavoué. Elle ne voulait pas lui résister. Et désormais, plus rien ne lui importait à part assouvir cette envie incontrôlable.
Elle gémit sous ses caresses fiévreuses, frémissant tandis que ses mains chaudes parcouraient son corps, intoxiquée par ses baisers enflammés. Elle entendit des coups retentir contre la porte et elle ouvrit les yeux, pétrifiée. Elle laissa échapper un juron particulièrement vulgaire.
« Ma colocataire. » dit-elle d'une voix paniquée à Draco.
Avant qu'elle ne puisse esquisser le moindre geste, la porte s'ouvrit à la volée et Ginny laissa échapper un hoquet de stupeur en reconnaissant la personne qui venait d'entrer.
Astoria Greengrass les observait avec une curiosité déconcertante, visiblement peu choquée devant la scène à laquelle elle assistait.
« Qu'est-ce que… » commença Ginny, déroutée.
Elle tenta de repousser Draco qui ne semblait guère déphasé par cette entrée inattendue. Il embrassait sa nuque avec application et ses mains caressaient le haut de sa cuisse.
« Draco, arrête. » plaida Ginny d'une voix implorante qui se transforma en gémissement lorsque sa main se glissa entre ses cuisses.
Un autre visiteur traversa l'encadrement de la porte et Ginny émit un hurlement horrifié en reconnaissant Olivier Dubois, son ex-petit-ami. Il se planta aux côtés d'Astoria, les observant avec cette même curiosité malsaine.
« On peut se joindre à vous ? » demanda Olivier, un sourire au coin des lèvres.
« Qu'en dis-tu ? » demanda alors Draco, se redressant pour regarder Ginny, une lueur interrogatrice dans les yeux.
Elle ne répondit pas, interloquée par la tournure des évènements. Puis, sans crier gare, ils se mirent tous à rire devant sa réaction choquée. Ginny était tellement abasourdie qu'elle resta figée, se demandant dans quelle dimension alternative elle avait atterri.
Puis leurs rires se transformèrent en un autre son - désagréable et effrayant - semblable au hurlement guttural d'un animal.
Ginny se réveilla en sursaut, ses yeux éblouis par la lumière projetée à travers sa fenêtre. Elle était dans sa chambre, dans son lit, complètement seule.
Cela n'avait été qu'un rêve. Draco Malfoy ne s'était jamais présenté à sa porte pour lui confesser son désir brûlant ni pour l'embrasser sauvagement.
« Merlin, murmura-t-elle, estomaquée.
Elle grimaça d'horreur en se remémorant l'arrivée d'Astoria et d'Olivier ainsi que leur proposition indécente.
« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » grommela Ginny à voix haute, secouant la tête, mortifiée.
Il lui fallut plusieurs secondes pour se rendre compte que ce son désagréable - celui semblable au cri d'un animal - retentissait toujours. Son réveil, réalisa-t-elle. Elle avait oublié de le désactiver avant de s'endormir. Des coups contre le mur adjacent retentirent soudainement, la faisant sursauter. Probablement Hermione, réveillée par le bruit assourdissant du réveil qui imitait le cri d'un troll des cavernes.
Ginny s'empressa de l'éteindre, manquant de trébucher sur son sac à main au passage, ses gestes rendus maladroits à cause de son réveil brutal.
Sa nausée lui tordait toujours l'estomac et elle sentit sa tête tourner violemment. Elle retrouva son lit, gémissant d'inconfort. Pourquoi avait-elle autant bu, la veille ? Elle se maudit avant de rabattre la couverture sur sa tête.
Elle s'endormit presque immédiatement et cette fois, son sommeil ne fut pas peuplé de songes étranges et inappropriés. Elle se réveilla deux heures plus tard et, après une toilette rapide, se dirigea vers le séjour. Elle y trouva Hermione, occupée aux fourneaux.
« Hey, Ginny. » la salua cette dernière, avec un petit sourire. « Soirée trop arrosée ? »
Pour seule réponse, Ginny se contenta d'acquiescer. Sa langue était pâteuse, et même si sa nausée s'était dissipée, son mal de tête, lui, était toujours bien présent.
« Comment était la soirée ? »
« Pas trop mal. » grommela évasivement Ginny. « Ce sont des œufs que tu es en train de préparer ? »
D'un geste de la tête, elle avait désigné la poêle devant laquelle Hermione était postée et qui dégageait une odeur de brûlé.
« Je me suis dit que tu allais être affamée, ce matin. » répondit Hermione avec enthousiasme. « Alors j'ai décidé de te préparer quelque chose. »
« Je crois que c'est en train de brûler. » fit remarquer Ginny en désignant la poêle fumante.
« Oh, par la barbe de Merlin, non… » s'exclama Hermione avant d'agiter sa baguette sur le plat, l'air désespéré.
Quelques instants plus tard, elle posa une assiette tragique devant Ginny, composée de bacon et d'œufs trop cuits, accompagné de toasts et de marmelade.
« Je sais, ce n'est pas du niveau de ta cuisine. » commenta Hermione avec un sourire auto dénigrant.
« Merci Hermione, c'est gentil. » la rassura Ginny.
Les talents culinaires d'Hermione étaient inexistants. Elle parvenait même à rater les choses les plus basiques. Ginny se demanda comment il était possible de brûler des œufs mais ne s'en formalisa pas davantage. Hermione était douée dans bien des domaines - elle ne pouvait pas tout avoir.
Elle était de toute façon trop affamée pour faire la fine bouche et elle piqua activement dans l'assiette avec sa fourchette. La nourriture lui fit un grand bien et elle retrouva un peu d'énergie pour répondre aux questions d'Hermione sur la soirée de la veille. Pendant l'espace d'un instant, Ginny hésita à raconter la vérité à son amie sur les évènements de la veille, notamment sur son dérapage avec Draco Malfoy. Elle se rétracta toutefois. Elle n'était pas prête à lui dire la vérité.
Une culpabilité monstrueuse l'envahit lorsqu'elle se rappela de sa bévue de la veille. Elle avait révélé à Draco la vérité sur la relation d'Hermione et Théodore. Elle n'avait pas réfléchi à ce moment-là, déstabilisée par l'interruption de Théodore. Elle avait agi par pure panique.
Elle n'aurait jamais dû révéler cette information sans leur consentement, elle le savait. Cette décision leur revenait complètement. Encore une fois, elle n'osa pas confesser son erreur à son amie, malgré cette petite voix dans un recoin de sa tête qui lui criait d'admettre sa faute. Elle devrait faire en sorte que Draco garde cette information secrète.
« Tu n'as pas raté grand-chose. » dit-elle finalement, en haussant les épaules, s'efforçant de sourire.
Hermione hocha lentement de la tête.
« Qu'as-tu prévu, aujourd'hui ? » demanda Ginny pour changer le sujet. « Théodore m'a dit qu'il comptait te voir. »
« Nous avons prévu de passer l'après-midi avec sa mère. » indiqua Hermione, avalant une gorgée de thé.
Ginny esquissa un sourire goguenard.
« Regarde-toi, Hermione. La parfaite belle-fille. » se moqua gentiment Ginny. « Enfin… Sauf en ce qui concerne les bons petits plats. »
Hermione lança un torchon dans sa direction et Ginny éclata de rire.
« Qu'est-ce que tu comptes faire de ton weekend ? » demanda Hermione.
« Je dois travailler demain. » annonça Ginny avec un soupir à fendre l'âme. « Sorcière-Hebdo organise une conférence et ma patronne sera l'une des têtes d'affiches. »
Elle repoussa son assiette, et s'étira longuement.
« Et je vais déjeuner avec Neville, tout à l'heure. » indiqua—t-elle.
Après le service gigantesque que son ami lui avait rendu, elle avait insisté pour l'inviter à déjeuner pour le remercier.
Lorsqu'elle fut de retour dans sa chambre pour se préparer, Ginny observa son reflet dans le miroir. Elle grimaça en apercevant une marque au niveau de sa nuque, Elle passa une main sur sa peau, effleurant la trace rougeâtre. Elle réalisa que c'était probablement une empreinte des baisers de Draco, la veille. Sa peau marquait facilement.
Un frisson lui parcourut l'échine tandis qu'elle se remémorait la sensation. Jamais elle n'aurait cru possible d'être autant attirée par quelqu'un. La manière dont il occupait ses pensées était effrayante.
« Désolée Pansy. » murmura-t-elle, tandis qu'elle enfilait un pull fin à col roulé et laissait ses cheveux tomber sur ses épaules. « Je ne sais pas encore combien de temps je vais parvenir à serrer les cuisses. »
Et c'était pour cette raison exacte qu'elle devait se presser d'obtenir ce dont elle avait besoin de la part de Draco. Plus elle le fréquentait, plus elle prenait le risque de tomber dans ses griffes dangereusement attirantes. Et elle craignait les conséquences que cela pourrait engendrer.
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« Avez-vous d'autres questions, monsieur le Ministre ? » demanda la voix rugueuse de Walden Macnair, son regard sombre et impassible rivé devant l'audience face à lui.
« Pas de questions supplémentaires. » avisa Kingsley Shacklebolt. « Merci. »
Macnair hocha la tête avant de s'incliner brièvement devant lui et quitter la pièce discrètement. Macnair n'était pas le genre d'hommes à s'encombrer de banalités. Il parlait peu mais utilement. C'était un homme discret et pondéré, qui ne dévoilait guère d'émotions devant ses pairs. Il était difficile à cerner et dégageait une aura furtive et insaisissable. Cela expliquait sans doute pourquoi il était à la tête du Département des Mystères.
Kingsley observa le croquis devant lui - une esquisse fournie par Macnair pendant l'entrevue. En comité restreint, ce dernier avait présenté le statut actuel de l'investigation surnommée Code Phénix, une opération ultra secrète dont l'objectif était de recouvrer l'identité du Phénix, l'individu le plus recherché du territoire.
En utilisant les indices amassés durant les mois précédents, ainsi que les rares témoignages de dissidents qui avaient parlé avant de succomber aux effets d'un sort inconnu, Macnair avait dressé un profil initial du Phénix.
Selon lui, il s'agissait probablement d'un homme d'un âge avancé, à l'intellect bien plus élevée que la moyenne. Sa connaissance du régime était poussée, ce qui signifiait qu'il y avait sans doute vécu et avait peut-être tenu une fonction haut placée. Macnair avait également insisté sur ses aptitudes en stratégie militaire, les qualifiant de ''dangereuses et audacieuses''. Le Phénix était un excellent tacticien, doublé d'un leader charismatique, capable de rassembler des foules hétéroclites autour d'un but commun.
A ce stade, les probabilités étaient toutefois trop nombreuses et pas suffisamment précises pour l'identifier. Le compte à rebours était pourtant lancé et chaque seconde comptait dans cette traque. Pour la première fois depuis des décennies, les dissidents semblaient plus organisés que jamais. Et le fait qu'ils aient réussi à organiser un attentat de cette ampleur ne faisait que prouver leur menace.
Lorsque Kingsley retrouva son bureau, son regard tomba immédiatement sur le buste imposant placé près de l'entrée, à l'effigie de Lord Voldemort. La statue avait vu défiler des dizaines de Ministres de la Magie avant lui et était le seul objet de la pièce qui avait résisté au passage inexorable du temps. Sa présence rappelait chaque jour à Kingsley la mission qui lui incombait - celle de faire prospérer la grandeur du nom de Voldemort et ses principes.
Kingsley n'avait jamais été le genre d'homme à afficher ses troubles. Le fruit de son éducation, sans aucun doute. Dans son travail ou dans son foyer, il était l'homme de la situation. Celui qui avait les choses sous contrôle, en toute occasion.
En vérité, il était exténué par les événements récents. Il n'était pas étranger à l'agitation qui s'insinuait progressivement dans le régime. Même au sein du Ministère, elle était palpable. Un mélange de frustration, de crainte, et de colère. Il savait que certaines personnes n'adhéraient pas à sa manière de gérer la situation. Y compris certains membres du Coven sacré formé par les gouverneurs. Personne n'osait pourtant verbaliser ouvertement ce sentiment et les messes basses étaient privilégiées.
Kingsley avait entamé sa dernière année au poste de Ministre de la Magie. Cette année était sans doute la plus compliquée. Ils traversaient une période de crise - la plus difficile de son mandat - et il lui semblait que ses alliés se faisaient plus rares. Il ignorait s'il s'agissait de paranoïa de sa part, ou d'un véritable pressentiment, mais Kingsley savait qu'il devait garder les yeux grands ouverts, et même des yeux à l'arrière de sa tête, pour se préparer aux attaques de détracteurs qui prétendaient être ses alliés.
Son regard sombre tomba sur une photo disposée au bord du large bureau en bois d'acajou qui dominait la pièce. Elle renvoyait sa propre image ainsi que celle de sa femme, Cedrella, et de leur fils, Joshua. Sous l'image, la devise familiale avait été soigneusement gravée :
- Pure est notre soif de justice -
Il observa le visage rieur de son épouse. Cedrella était la personne la plus positive qu'il connaissait. Un seul de ses sourires suffisait à l'apaiser. Et lorsqu'il rentrait chez lui, après une journée éreintante, elle était toujours celle qui parvenait à le tranquilliser. Une aptitude opportune et peu singulière après vingt-huit années de mariage.
Des tapotements fermes résonnèrent à la porte du bureau, l'extirpant de ses pensées profondes. Kingsley fronça les sourcils. Sa prochaine réunion ne devait débuter qu'une demi-heure plus tard. Il devait rencontrer l'un des représentants du Conseil des Gobelins, avec qui les relations s'étaient faites plus tendues ces dernières années, dues à des désaccords monétaires.
« Entrez. » lança Kingsley.
La porte s'ouvrit et le visage d'un adjoint apparut dans l'encadrement.
« Monsieur le Ministre, la Procureure Lestrange souhaite une entrevue. » dit-il.
« Je n'ai pas prévu de la recevoir, il me semble. » répondit calmement Kingsley.
« Je sais, monsieur le Ministre, mais elle était vraiment très…insistante. » ajouta l'homme, l'air navré.
« Très bien. Faites-la entrer. » concéda Kingsley.
La porte se referma et Kingsley lâcha un soupir résigné. Les visites inopinées de Bellatrix Lestrange n'annonçaient jamais rien de bon. Il n'était toutefois pas étonné de sa visite subite. Comme lui, elle avait assisté au compte rendu de Walden Macnair sur le projet Code Phénix. Elle avait semblé vouloir lui adresser la parole à la fin de la réunion mais Kingsley avait fait mine de ne pas la remarquer et s'était empressé de prendre congé. Il n'était pas d'humeur pour l'un de ses discours prédicants.
Il avait toujours peiné à travailler avec cette femme. Il avait cependant fait l'effort de mettre ses opinions personnelles de côté pour le bien du gouvernement. Leurs tensions s'étaient toutefois attisées après l'attentat au Palais de la Chimère.
L'insistance agaçante de Bellatrix Lestrange s'était transformée en harcèlement incessant, et, malgré les stratégies d'évitement de Kingsley, elle semblait toujours trouver un moyen de se retrouver en sa présence.
« Madame la Procureure. » lança Kingsley d'un ton posé lorsque la porte s'ouvrit.
Bellatrix entra dans la pièce, sa longue cape noire ajustée au niveau de la taille virevoltant gracieusement derrière elle. Son regard sombre et calculateur se posa sur Kingsley.
« Monsieur le Ministre. » répondit-elle d'une voix fluette - celle qu'elle prenait généralement lorsqu'elle prétendait se montrer diplomatique.
Elle désirait réclamer quelque chose, sans aucun doute. Une seconde silhouette se présenta derrière elle et Kingsley reconnut Rodolphus Lestrange, son époux. Il réprima un soupir de résignation. Leur présence en duo n'annonçait définitivement rien de bon.
« Comment puis-je vous aider, madame la Procureure ? » demanda Kingsley.
Bellatrix paradait constamment cette attitude suffisante et hautaine face au commun des mortels. On aurait pu penser qu'elle montrerait davantage de considération au Ministre de la Magie lui-même, mais ce n'était guère le cas. Du fait de ses origines et de la grandeur de sa famille de naissance, elle avait grandi avec un sens exacerbé de supériorité envers ses pairs, y compris la plupart des Treize.
Parfois, Kingsley surprenait ce regard qu'elle lui adressait. Méprisant et rempli de dédain. Il le savait, elle bouillonnait intérieurement devant le fait que quelqu'un comme lui, membre d'une famille sacrée depuis seulement trois générations, ait pu accéder aux plus hautes sphères du pouvoir. Elle tentait toutefois de dissimuler sa déconsidération, arborant une politesse outrancière et indubitablement hypocrite.
Kingsley, lui, jouait le jeu par pure diplomatie. La position de Bellatrix dans le régime pouvait également rendre les choses très difficiles pour lui. Il comprenait donc le besoin vital de se montrer stratège dans la manière dont il traitait avec cette femme. Un échange de bons procédés, en somme.
« Suite aux investigations de Macnair, j'ai pensé qu'une réunion d'urgence serait de rigueur. » annonça-elle, tandis qu'elle avançait dans le bureau avec aise, comme si elle était la propriétaire des lieux, ses talons résonnant sur le parquet lustré.
Elle s'installa sur le siège face à lui, balayant des grains de poussière inexistants sur la photo posée sur le bureau de Kingsley.
« J'ai demandé au Gouverneur Lestrange de se joindre à nous, au vu de la gravité de la situation. » ajouta-t-elle.
Derrière elle, Rodolphus Lestrange était resté en retrait devant la porte fermée. Il garda le silence.
« Je vous écoute. » répondit Kingsley d'une voix égale.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de rester une minute de plus passifs devant les provocations des dissidents. Ils sont plus organisés que jamais et cet attentat l'a prouvé. »
« Et que me conseillez-vous de faire, madame la Procureure ? » demanda Kingsley, levant un sourcil, même s'il connaissait déjà la réponse.
Les stratégies de Bellatrix Lestrange se résumaient généralement à un mélange de tortures et punitions publiques d'une brutalité rare, amenant à se questionner sur les choses qui se passaient dans son esprit dérangé. La lueur sauvage qui apparut dans les yeux de Bellatrix lorsqu'il posa la question lui fit comprendre qu'elle avait une idée folle derrière la tête.
« Je vous ai déjà parlé des prototypes sur lesquels travaille Magicore depuis quelques années. Les récents essais se sont montrés concluants et ils sont en passe de pouvoir mettre leur invention sur le marché. Vous savez que cette découverte pourra changer les choses à jamais. » dit-elle avec satisfaction.
Ce n'était pas la première fois qu'il entendait parler des travaux de Magicore, l'entreprise dirigée par Gideon Cunningham, spécialisée dans les avancées magiques. Ils organisaient des essais techniques pour une découverte qui permettrait au gouvernement de remplir le rêve ultime de Voldemort. Le but pour lequel il s'était battu toute son existence:
L'épuration ethnique.
« Vous savez que ça prendra peut-être des années si nous passons par la voie réglementaire. Sauf si vous décidez de le ratifier exceptionnellement. » répondit Bellatrix, une lueur excitée animant désormais son regard sombre. « Saisissez l'article onze. »
L'article onze de la Promulgation Universelle des Règles Édifiantes, communément abrégée par la mention P.U.R.E, autorisait le Ministre de la Magie à prendre des mesures extrêmes en cas de menace grave et imminente à la sécurité de la nation et aux règles garantissant la pureté et l'intégrité du territoire. Ce décret retirait la nécessité de faire voter de nouveaux décrets devant le Coven sacré ou le Magenmagot. Ce pouvoir extraordinaire pouvait être saisi temporairement avec l'accord des deux positions les plus hautes du gouvernement – le Ministre de la Magie et le Procureur.
« Ce décret a été établi pour des situations extraordinaires. Il n'est pas prudent de l'invoquer maintenant. » rappela Kingsley d'une voix mesurée.
« Dois-je vous rappeler, monsieur le Ministre, que nous vivons actuellement des circonstances extraordinaires ? Jamais notre gouvernement n'a été aussi menacé. » s'exclama Bellatrix d'une voix furibonde, ses yeux se rapetissant, sa mâchoire serrée sous la contrariété.
Elle sembla toutefois rapidement se rendre compte, devant l'air de Kingsley, qu'elle s'était emportée. Elle retrouva son sourire forcé et sa voix excessivement fluette.
« Vous savez que je n'ai que la sécurité de nos concitoyens à l'esprit. » reprit-elle, plus calmement. « Je le répète, je pense qu'il faut frapper fort pour décourager des prises de libertés supplémentaires. »
« Nous avons déjà mis en place des actions. J'ai d'ailleurs accepté votre compétition. » rappela-t-il avec aversion.
Sous la pression, il avait accepté le jeu pervers qu'elle avait organisé pour les prisonniers d'Azkaban. Une mesure nécessaire, selon elle, pour calmer la soif de sang de la population après l'attentat des Dissidents. Kingsley avait ensuite instauré un couvre-feu national pour les rangs inférieurs et renforcé la présence des forces de l'ordre dans les rues. Ces mesures étaient plus que nécessaires pour le moment. Il ne voulait pas se jeter à l'aveuglette face à un ennemi dont il ignorait encore tout.
« Ce n'est pas suffisant. Il y a des rumeurs, monsieur le Ministre. De plus en plus parlantes. Les actes de rebellions se multiplient à travers le territoire. » dit-elle entre ses dents. « Et pas seulement chez les Sang-Impurs. »
Kingsley savait que le clivage dans la société était plus présent que jamais. Les rangs inférieurs commençaient à se rebeller depuis les mesures restrictives. Il savait toutefois qu'afficher de la retenue était plus primordial que jamais. Il devait faire preuve de pouvoir et fermeté mais ne devait pas en abuser par risque d'empirer les choses. Il était important que la population comprenne qu'en suivant les lois et en se soumettant à l'ordre établi, il n'y aurait pas de retombées. C'était pour cette raison qu'il avait insisté pour libérer le prisonnier Xenophilius Lovegood à l'issue du carnage. Une décision restée en travers de la gorge de Bellatrix Lestrange. Kingsley savait que cet équilibre précaire reposait sur du donnant-donnant. S'il montrait de la fermeté d'un côté, il devrait faire preuve de lâcher-prise sur d'autres aspects pour ne pas provoquer une levée de boucliers.
« Votre lâcheté va nous mener à notre perte. » cracha-t-elle d'une voix venimeuse, l'observant avec un dédain profond.
Derrière elle, son mari sembla se tendre à l'entente des paroles de Bellatrix. Il jeta un regard agité vers Kingsley. Ce dernier avait froncé les sourcils et s'était levé d'un bond de sa chaise, posant ses poings fermés sur le bureau. Ainsi, il dépassait physiquement Bellatrix. Cette dernière resta de marbre, ses yeux noirs et fiers plantés dans les siens, dans une attitude de défi. Puis, à l'issue d'un combat silencieux pour la domination, elle sembla céder. Elle avait sans doute réalisé qu'elle était allée trop loin. Même en cas de désaccords, elle savait quand placer des limites à ses écarts.
« Je ne ferais pas appel à l'article onze. C'est ma position finale sur le sujet, madame la Procureure. Vous voulez déclarer la guerre à un ennemi que vous ne connaissez pas. C'est cela qui nous mènera à notre perte, croyez-le ou non. » décréta-t-il d'une voix grave.
Bellatrix sembla se renfrogner, acceptant à contrecœur sa défaite devant son autorité. Kingsley savait toutefois que c'était temporaire. S'il avait appris une chose au sujet de cette femme - c'est qu'elle n'abandonnait jamais avant d'obtenir ce qu'elle voulait. Même si elle devait mettre en place des subterfuges détournés pour y parvenir. Elle était habituée à manipuler facilement le monde autour d'elle pour les faire adhérer à ses opinions. Toutefois, cela ne fonctionnait pas avec Kingsley et elle semblait ulcérée par ce fait.
Lorsqu'ils quittèrent finalement son bureau, le laissant seul face à ses pensées et à sa frustration, Kingsley Shacklebolt se laissa tomber sur son siège, éreinté.
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Hermione observait d'un air distrait l'imposant portrait dressé dans le grand hall principal. Le tableau, peint à l'huile, représentait la génération actuelle des Nott. Theodius et Gislena étaient installés sur un fauteuil récamier, arborant un air sérieux mais serein. Théodore était placé derrière eux, l'air rêveur, portant à peine attention au spectateur.
« Théodore avait six ans le jour où nous avons posé pour ce portrait. Il ne voulait pas rester en place. L'artiste, ma belle-sœur, était tellement frustrée. Elle a juré ce jour-là qu'elle n'aurait jamais d'enfants. » annonça une voix légère, la faisant sursauter. « Une promesse qu'elle a tenue, depuis. »
Hermione se retourna et aperçut Gislena Nott à ses côtés, assise sur son fauteuil volant.
« Il avait six ans ? » répéta Hermione avec confusion, reportant son attention sur la peinture. « Comment est-ce possible ? »
Ce n'était pas Théodore enfant qu'elle voyait sur ce portrait mais sa version jeune adulte.
« Elle a utilisé une technique picturale spéciale. Un mélange dans lequel on intègre quelques gouttes de sang du modèle. La représentation du portrait vieillit en même temps que la personne. Enfin, à quelques années près. » expliqua Gislena.
«Fascinant. » commenta Hermione.
« Un procédé un peu vieilli et peu connu. » dit-elle distraitement. « Vous m'accompagnerez bien pour une tasse de thé, Hermione ? »
La jeune femme hocha la tête avec un sourire, avant de suivre Gislena dans le séjour principal du Manoir. Elle avait passé les weekends précédents chez les Nott et n'éprouvait plus cette gêne à l'idée d'être en leur compagnie. Sans la connaître, Gislena l'avait accueillie comme une fille adoptive. Elle ne l'avait pas traitée différemment en apprenant son statut officiel. Hermione trouvait en elle une figure maternelle. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre pourquoi Théodore était tant attaché à sa mère. Leur relation était fusionnelle et parfois, lorsqu'elle les observait ensemble, Hermione ressentait une douleur vive à l'estomac en songeant à la tragédie imminente qui pesait sur leur famille.
D'un commun accord, Hermione et Théodore avaient décidé de ne rien révéler sur son vrai statut de sang. Il s'agissait d'un secret dangereux qui mettait toutes les personnes au courant dans une position délicate.
« Pardonnez ma curiosité, mais comment les choses se passent-elles entre vous et Théodore ? » interrogea Gislena.
Hermione fut un peu prise de court par sa question directe.
« Je ne veux pas vous paraître intrusive. » assura Gislena. « Je sais que vous êtes une personne discrète et je le respecte. Je suis juste une mère curieuse. »
« Tout est…parfait. » répondit Hermione avec sincérité, ne trouvant pas d'autres mots pour qualifier leur relation.
Un sourire heureux anima le visage fatigué de Gislena.
« Si vous saviez comme je suis heureuse de l'entendre. Mon fils est tellement différent depuis que vous êtes entrée dans sa vie. Vous avez une excellente influence sur lui, même si vous ne réalisez pas à quel point. » assura Gislena, un voile de chagrin passant dans ses yeux.
Elle attrapa sa tasse de thé et la porta à sa bouche. Ses mains étaient tremblantes.
« Et je suis rassurée de savoir que quand je serai partie, Théodore aura quelqu'un comme vous dans sa vie. » poursuivit-elle.
« Quelqu'un comme moi ? » répéta Hermione.
« Une femme forte, qui a la tête sur les épaules. Je peux sentir que vous n'avez pas eu une vie facile, je le vois dans votre attitude, votre maturité. Vous avez vécu des choses compliquées. » devina Gislena.
Hermione la dévisagea, interloquée.
« Pendant des années, j'ai fait l'erreur de surprotéger Théodore, d'essayer de le préserver de certaines…vérités. Et je me rends compte désormais, bien trop tard, que ça l'a desservi. » admit Gislena, sans vraiment la regarder, semblant plongée dans des pensées lointaines.
Après un long silence, elle reporta finalement son attention sur Hermione, lui adressant un sourire attristé.
« Il est trop tard pour les regrets. Pour le peu de temps qu'il me reste, je veux m'assurer de me rattraper. » décréta-t-elle d'une voix plus ferme.
Ses paroles lui parurent énigmatiques et laissèrent Hermione confuse. Elle semblait faire référence à quelque chose.
« Prenez-soin de mon Théodore. » pria-t-elle.
Hermione hocha la tête avec véhémence. Elle était surprise mais touchée par la confiance que lui accordait cette femme.
« Je ferai de mon mieux. » assura-t-elle.
Gislena lui jeta un regard empli de reconnaissance. Son expression se transforma toutefois en une grimace de douleur tandis qu'elle était saisie d'une violente toux.
« Voulez-vous que j'appelle quelqu'un ? » demanda Hermione, inquiète.
« Non, ça ira. Juste ces traitements qui sont tellement lourds. » répondit Gislena, posant un mouchoir en soie sur sa bouche. « Ça va aller. »
Elle lui adressa un regard rassurant avant de changer de sujet. Pendant le reste de la soirée, Gislena sembla bien plus tranquille, comme si elle était en paix après la discussion à cœur ouvert qu'elles avaient partagée.
Theodius les rejoignit pour le dîner. Depuis, il s'était montré bien plus agréable avec Hermione et même s'il lui adressait rarement la parole, il ne la traitait pas avec cette hostilité qu'il avait affichée lors de leur première rencontre. Hermione soupçonnait Gislena d'avoir réprimandé son mari. Malgré son attitude agréable et avenante, Hermione la suspectait de savoir se montrer ferme avec les membres de sa famille lorsqu'elle estimait qu'ils dépassaient les bornes. L'hospitalité était une valeur importante pour Gislena et elle ne supportait pas qu'un invité ne reçoive pas un accueil irréprochable chez elle.
Après le dîner, Théodore entraîna Hermione dans son aile privée du manoir, arborant un air surexcité. Depuis son arrivée, quelques heures plus tôt, il avait paru impatient de lui dire quelque chose.
« Il faut que je te montre quelque chose. » dit-il, ne tenant pas en place.
Tandis qu'Hermione prenait place sur le sofa, face à la cheminée, Théodore farfouilla activement dans un tiroir. Il la rejoignit sur le divan et lui tendit un parchemin délicatement relié. Elle le déroula, parcourant les mots inscrits des yeux. Elle fronça les sourcils, sans comprendre.
« Ça vient du Grand Opéra des Harpes, en Irlande. » indiqua-t-il, sans attendre qu'elle termine sa lecture.
« Hm, d'accord ? » dit-elle, confuse.
« Ils m'invitent à jouer. »
Grâce à son métier, Théodore avait voyagé dans plusieurs pays pour jouer ses compositions. Il était l'une des rares personnes qu'elle connaissait à avoir eu l'autorisation de quitter le territoire.
« Je pense pouvoir obtenir la permission d'y aller quelques jours. » poursuivit-il en observant Hermione. « Et je pourrais peut-être essayer d'en profiter pour contacter tes proches. »
Hermione ouvrit la bouche de stupeur, tandis que son cerveau percutait la signification de ses paroles. Il aurait la possibilité d'entrer en contact avec sa famille. Les prévenir qu'elle était encore vivante.
« Théodore… » murmura-t-elle du bout des lèvres, sentant les larmes lui monter aux yeux. « Tu penses vraiment que c'est possible ? »
« Ce n'est pas gagné mais si mon père m'aide à obtenir les autorisations nécessaires pour voyager, alors je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas. Ils m'ont déjà laissé partir pendant des années. En quoi ce serait différent, cette fois ? » dit-il en haussant les épaules.
Traversée d'une explosion de joie soudaine, Hermione lui sauta au cou. Théodore l'attrapa au vol, manquant presque de tomber devant l'enthousiasme de son geste.
« Quand ? » demanda-t-elle, les yeux brillants.
« Dans trois mois. » répondit-il. « Ça nous donne le temps de nous préparer. »
Hermione hocha la tête frénétiquement, son cœur battant à toute allure dans sa poitrine, empli d'une émotion qu'elle n'avait pas ressenti depuis bien longtemps - de l'espoir.
« Je voulais voir s'il était possible de négocier pour que tu viennes également mais… Pour nous accorder ces autorisations, ils vont fouiller et je ne veux pas prendre le risque qu'ils trouvent… des choses » dit-il d'un ton sérieux.
Hermione hocha la tête, même si elle ne put s'empêcher d'éprouver une once de déception. Les voyages à l'étranger étaient interdits pour la majorité de la population. Seuls des gens très hauts placés, comme des politiques et plus rarement des artistes et des sportifs étaient autorisés à quitter le régime pour des raisons diplomatiques ou pour des évènements spécifiques.
Il était évident que le gouvernement ne laisserait jamais une personne de rang inférieur quitter le régime par peur des conséquences. Théodore lui expliqua que ces voyages étaient strictement encadrés et les voyageurs étaient toujours accompagnés d'une escorte qui ne les laissait pas hors de vue. Même pour Théodore, il ne serait pas facile d'entrer en contact avec sa famille une fois sur place car il serait étroitement surveillé.
Cependant, la perspective de pouvoir rassurer ses parents transporta Hermione dans un état de pure euphorie pendant les heures qui suivirent. Et pour une fois, elle délaissa son angoisse perpétuelle.
« Je ne sais pas comment te remercier, Théo. » dit-elle, parvenant difficilement à contenir son émotion, son visage enfoui dans sa nuque.
« Tu n'as pas besoin de me remercier, Hermione. » dit-il en posant un baiser sur ses cheveux. « Je t'aime. »
Elle sourit. Elle ne se lasserait probablement jamais de l'entendre prononcer ces mots.
« Je t'aime aussi. » murmura-t-elle avant de se pencher dans sa direction pour un baiser fervent qui les laissa tous les deux hors d'haleine.
Elle s'écarta ensuite, planta son regard dans le sien.
« Allons dans ta chambre. » murmura-t-elle d'un ton timide.
Théodore hocha la tête et se releva, tendant une main dans sa direction pour l'aider à faire de même. Il l'entraîna dans sa chambre. Elle était toujours étonnée par le contraste saisissant avec celle qu'elle occupait dans son appartement modeste. Le décor de la pièce, à l'instar du reste du manoir, était somptueux. Il était très ornementé, parfois même à outrance, avec ses meubles en bois opulent, son velours et ses tissus en textures riches. Un large lit à baldaquins dominait la pièce. Théodore érigea sa baguette, murmurant un sort, et des dizaines de bougies disposées partout dans la pièce s'embrasèrent, donnant une ambiance tamisée et intime à la pièce.
« On essaie d'être romantique ? » demanda Hermione avec amusement, tandis qu'elle observait les bougies.
« A vrai dire, je voulais aussi ajouter des pétales un peu partout, mais j'ai pensé que c'était peut-être un peu trop. » dit-il avec un sourire en coin.
« Tu veux dire que je n'aurais pas droit à mes pétales ? » demanda Hermione, faisant mine d'être déçue.
« Je peux toujours appeler Zéphyr si tu les veux absolument, mon amour. »
Hermione secoua la tête avec véhémence.
« Non, pas la peine. Et ce serait gênant de lui demander de faire ça maintenant. J'imagine qu'elle devinera ce qu'on s'apprête à faire. » dit-elle avec une once d'embarras.
« Oh tu sais, avec son ouïe surdéveloppée, je suis quasiment sûr qu'elle entend tout. » dit-il en haussant les épaules, l'air détaché.
Théodore lâcha un rire devant l'air horrifié d'Hermione. Elle se détendit en réalisant qu'il plaisantait.
« Dans ce cas, j'imagine que je vais devoir être silencieuse. » déclara-t-elle innocemment.
Elle esquissa un sourire victorieux devant l'air scandalisé qu'afficha Théodore.
« Non, non, non. » plaida-t-il.
Pendant tous les moments intimes qu'ils avaient partagés, Théodore l'avait toujours encouragée à s'exprimer de manière verbale, comme si cela avait comme effet de décupler son excitation.
« Je vais devoir faire en sorte qu'il soit impossible que tu restes silencieuse. » décréta-t-il avec détermination, comme s'il se donnait une mission des plus sérieuses.
Il captura ses lèvres, enroulant ses bras autour d'elle pour la rapprocher de lui. Immédiatement, Hermione se colla contre lui, savourant la sensation de son corps contre le sien et de ses lèvres qui l'embrassaient avec ferveur.
« Tu es sûre ? » demanda Théodore dans un chuchotement, comme pour s'assurer qu'elle était toujours partante.
Hermione hocha la tête fermement. Elle se sentait plus prête que jamais. Théodore n'avait jamais insisté pour qu'ils passent à l'acte. Il s'était toujours montré patient, s'assurant qu'Hermione soit à l'aise et en confiance totale avec lui. Elle n'avait désormais plus d'incertitude et ne désirait qu'écouter son corps.
Un voile de désir traversa le regard de Théodore, et il prit possession des lèvres d'Hermione, l'embrassant passionnément tandis qu'il la conduisait vers le lit.
Le lendemain, à son réveil, Hermione fut surprise de l'intensité de la lumière du jour contre son visage. Elle avait dormi sans aucune interruption, probablement happée par la fatigue de la veille. Elle était toujours lovée dans les bras de Théodore, et elle sentait sa respiration lente et régulière contre sa nuque, signe qu'il était toujours profondément endormi.
Elle resta immobile, profitant de ce moment de plénitude, chose qu'elle faisait rarement. Depuis son entrée dans le régime, elle avait toujours été sur ses gardes, craignant qu'on ne découvre la vérité sur son statut. Elle vivait chaque jour dans l'angoisse, se demandant combien de temps il lui restait avant d'être démasquée. Cette anxiété perpétuelle était difficile à gérer au quotidien.
Pourtant, depuis sa rencontre avec Théodore, elle avait commencé à entrevoir les choses autrement. La perspective de pouvoir simplement vivre au lieu de survivre était exaltante.
Hermione n'avait jamais été de celles qui plaçaient beaucoup d'espoir en l'amour ou qui en avaient une vision idéalisée. Pourtant, avec Théodore, les choses semblaient si évidentes. Comme si elle avait trouvé la réponse à ses questions. Et sa discussion de la veille avec Gislena lui était apparu comme un sceau d'acceptation ultime.
Elle espérait pouvoir un jour se défaire définitivement de ce sentiment oppressant. Cette assurance qu'une épée de Damoclès lui pendait sur la tête et s'abattrait sur elle au moment le moins propice.
Elle sentit le bras de Théodore bouger autour de sa taille et elle se retourna lentement pour lui faire face, contemplant son visage encore endormi. Quelques secondes plus tard, il ouvrit ses yeux fatigués, sortant visiblement d'un sommeil profond.
Ce n'était pas la première fois qu'ils se réveillaient ensemble. Pourtant, ce réveil fut spécial pour Hermione. Sans doute parce que leur relation avait passé une étape supplémentaire, la veille. Elle avait partagé une expérience nouvelle avec lui et, inexplicablement, elle les sentait plus proches que jamais.
« Bien dormi ? » murmura-t-elle.
« Comme un bébé. » répondit-il avec un sourire.
« Il faudrait qu'on m'explique pourquoi on emploie cette expression alors que les bébés ont un sommeil sporadique. » fit remarquer Hermione.
Ginny s'était plainte continuellement de son manque de sommeil lorsqu'elle était restée chez son frère pour les aider après la naissance de ses nièces. Hermione s'était sentie secrètement reconnaissante de ne pas devoir supporter ce calvaire. Son hygiène de vie stricte et son besoin de tranquillité rendaient la perspective d'entendre un enfant brailler à toute heure du jour et de la nuit insupportable.
Elle n'avait rien contre les enfants mais ils représentaient un sacrifice conséquent qu'elle ne s'imaginait pas faire. Elle se promit de se mettre un sort de rappel pour ne pas oublier d'avaler sa potion de contraception, qui serait désormais une habitude nécessaire pour elle.
Elle sortit de ses pensées lorsque Théodore enfouit son visage dans sa nuque, semblant respirer l'odeur de ses cheveux. Il murmura quelque chose qu'elle n'entendit pas mais dont elle pût imaginer la teneur lorsqu'elle sentit quelque chose grossir près de sa cuisse.
Il était onze passées lorsqu'ils quittèrent les appartements de Théodore et la jeune femme sentit son ventre lui rappeler qu'elle avait sauté son petit déjeuner. Elle fut heureuse de voir Zéphyr, l'elfe de maison, les accueillir avec un brunch garni. La petite créature leur adressa un sourire et la lueur excitée dans son regard sembla plus appuyée que jamais tandis qu'elle les saluait avec enthousiasme. Si bien qu'Hermione se demanda si les paroles de Théodore la veille sur l'ouïe très développée de Zéphyr n'étaient pas une réalité.
Théodore lui proposa de monter à nouveau la licorne qui gambadait paresseusement dans les bois bordant le domaine, proposition que Hermione accepta avec enthousiasme.
A leur retour au manoir, quelques heures plus tard, Zéphyr les interpella en panique dans le hall principal. Un air horrifié était visible sur son visage décharné.
« C'est votre mère, Maître. Son état s'est empiré. » glapit Zéphyr.
Apeurée, Hermione se tourna vers Théodore. Il avait cessé de rire, et son visage avait subitement pâli. Ils se précipitèrent dans les escaliers derrière Zéphyr, dans un silence pesant. Hermione sentit son estomac se resserrer sous l'appréhension.
Quelques instants plus tard, ils pénétraient dans une section du manoir qu'elle n'avait jamais vue - les appartements privés des parents de Théodore. Ils entrèrent dans une chambre gigantesque, où les rideaux étaient totalement tirés, et seulement éclairée à la lumière chétive de quelques lampes accrochées aux murs. Plusieurs personnes se trouvaient dans la pièce. Theodius, le père de Théodore, et Tamsin, la doula de fin de vie de Gislena. Un homme âgé était également au chevet du lit. Hermione reconnut le Médicomage de Gislena, qu'elle avait vu à deux reprises pendant les semaines passées.
Elle tourna son regard vers le lit où Gislena était allongée, sa tête surélevée par une pile de coussins. Son cœur se serra lorsqu'elle la vit. Elle ne reconnaissait pas la personne avec laquelle elle avait eu une conversation la veille.
Le visage de Gislena était plus émacié que jamais et avait pris une couleur grisâtre et sans vie. Elle semblait peiner à respirer et ses inspirations discontinues résonnaient dans le lourd silence de la pièce. Gislena leva des doigts tremblants devant elle et ses lèvres remuèrent imperceptiblement, comme si elle tentait de prononcer des paroles, sans succès. Il fallut quelques instants à Hermione pour réaliser qu'elle tentait de lever le bras vers Théodore pour lui demander d'approcher.
En quelques secondes, Théodore fut au chevet de sa mère. Hermione resta immobile, son regard rivé sur cette scène tragique, s'efforçant de ne pas penser à son issue probable.
Lorsqu'elle vit le visage défait de Théodore, elle sentit de nouveau cette boule désagréable lui obstruer la gorge. Elle se sentait plus impuissante que jamais.
Gislena murmurait des paroles à Théodore qui s'était penché dans sa direction. Hermione crut voir une lueur de choc dans les yeux de Théodore pendant qu'il écoutait sa mère. Un silence de mort régnait dans la pièce et tous les autres occupants les observèrent pendant qu'ils échangeaient des paroles inaudibles. Le visage de Theodius était bouleversé et il regardait son épouse avec un mélange d'affliction et de résignation.
Tamsin, la doula, avait posé une main sur son épaule, dans un geste réconfortant, la mine grave mais sereine. Elle était probablement habituée à ce genre de scènes, auxquelles elle assistait régulièrement avec les familles qu'elle accompagnait dans ce processus difficile.
Les heures suivantes passèrent dans une atmosphère funeste. Plusieurs Médicomages défilèrent auprès de Gislena.
Hermione, elle, avait quitté la pièce pour laisser de l'intimité à la famille. Assise dans la bibliothèque, son regard resta rivé sur un livre, sans vraiment le voir. Il lui fallut une heure pour réaliser qu'elle était fixée sur la même page et qu'elle avait lu la même phrase près d'une cinquantaine de fois.
Ce fut seulement en début de soirée qu'elle vit de nouveau Théodore. Il n'avait pas quitté le chevet de sa mère depuis leur retour. Lorsqu'il entra dans la pièce, Hermione s'empressa d'aller à sa rencontre pour demander des nouvelles.
Et lorsqu'elle fut assez proche pour voir l'expression dévastée sur son visage, elle comprit immédiatement. Elle sentit son cœur chuter dans sa poitrine.
« Elle est partie. »
J'espère que ce chapitre vous a plu, malgré cette fin triste mais prévisible :'(
D'autre part, j'ai écrit en bonus un lemon/smut d'environ 2000 mots dans ce chapitre. Et non, désolée de vous décevoir, ce n'est pas l'orgie entre Ginny, Draco, Astoria et Olivier :D
Donc, si vous voulez lire la première nuit d'amour entre Hermione et Théodore :
- Envoyez-moi un message privé (c'est le plus simple) sur le site OU un email à itsfearlessuntamed AROBASE gmail . com en précisant votre pseudo.
Condition : Vous êtes un reviewer régulier sur cette histoire et/ou vous avez laissé une review du 3 septembre au 12 octobre 2021 inclus.
Avec ce chapitre, j'ai enfin donné toutes les informations principales sur les Treize familles sacrées. Je vous fais donc un récap car ça va devenir important pour les prochains arcs et ça vous empêchera d'aller farfouiller dans 250 000 mots pour retrouver ces détails.
Famille – Gouverneur(e) – Devise
Malfoy - Lucius (CEO de l'entreprise Machinations Malforescentes) – ''Conquérante sera la pureté''
Shacklebolt - Kingsley (Ministre de la Magie) – ''Pure est notre soif de justice''
Zabini - Amara (La Vipère, patronne de la pègre) - ''Pas de victoire sans risques''
Macmillan - Ernie – ''Unis par la connaissance''
Black - Walburga – ''Toujours Pur''
Parkinson - Pius (Magnat des médias) – ''La vertu dans l'orgueil''
Warrington - Cressida (Sponsor du projet pour le droit au travail des Sang-Impurs) - ''La Sagesse est Pouvoir''
Nott - Theodius – ''Bellement et hardiment''
Cunningham – Gideon (CEO de l'entreprise Magicore) – ''Par le travail, la consolation''
Greengrass - Georgius (Magnat de l'immobilier/Marchand de sommeil) - ''Sans peur et sans reproche''
Lestrange - Rodolphus (Chef des Aurors) Bellatrix (Procureure) – ''Par la crainte, inspirons le respect''
Rosier - Evan (Chef de la Section Sécuritaire/des Mangemorts) – ''La loyauté sans tache''
Carrow – Adamus (Prophète du Clan des Derniers Jours) – ''Le contentement avant la richesse''
Les Malfoy, Nott, Macmillan et Black sont des familles 'originelles' – ce qui signifie qu'elles font partie des Treize depuis l'instauration du Coven sacré (après la mort de Voldemort.)
Voilà pour l'antisèche. Je ferai quelque chose de similaire pour la Résistance à la fin du prochain arc.
Je vous dis à très vite,
Fearless
