Valeur et vertu tout le monde,
Je suis de retour, pour vous jouer un mauvais tour !
Un énorme merci Jiwalumy, Fleur d'Ange & Lestrange-maria pour vos superbes reviews :3
Montage/Playlist du chapitre à retrouver sur mon profil !
Bonne lecture !
XXXIII. Au Pied du Mur
Parfois, lorsqu'elle se trouvait en présence de Georgina et Théodore, Hermione avait l'impression d'être la cinquième roue de la diligence. Elle détestait cette sensation. Malgré ses efforts, elle peinait à dissimuler sa méfiance. Elle n'avait jamais été le genre de personne à pouvoir cacher ses opinions. Son langage corporel la trahissait toujours. Lorsqu'elle n'appréciait pas quelqu'un, elle pouvait se montrer froide et cassante, même de manière inconsciente.
Elle avait pourtant fait de son mieux pour soutenir Théodore. Il semblait plus heureux que jamais, et la présence de Georgina l'avait aidé à surmonter la perte de sa mère.
Hermione voulait vraiment apprécier Georgina.
Elle ne pouvait toutefois pas se défaire de ce mauvais pressentiment à son sujet. Et même s'il était désagréable de l'admettre, peut-être existait-il un fond de jalousie dans son attitude ? Après tout, l'arrivée de Georgina avait accaparé toute l'attention de Théodore et elle se sentait presque de trop quand ils étaient ensemble. C'était immature et égoïste de sa part, elle en avait conscience.
Hermione s'efforça de sortir de ses pensées profondes, se concentrant sur la conversation. Georgina était arrivée au Manoir une heure plus tôt, affichant une mine grave et préoccupée, loin de l'attitude enjouée qu'elle paradait généralement.
Cela n'avait pas échappé à Théodore qui l'interrogea finalement sur l'origine de ses troubles.
« Ce n'est rien… Je ne voudrais pas t'importuner avec mes problèmes. » souffla-t-elle.
« Tu sais bien que tu ne m'importunes jamais, Gina. Dis-moi ce qui ne va pas. » insista Théodore.
« Mon propriétaire a menacé de m'expulser. Les derniers mois ont été difficiles, et je suis en retard sur quelques mois de loyer. » admit Georgina avec embarras, ses joues prenant une couleur rosée.
Elle lâcha un long soupir à fendre l'âme.
« J'avais prévu de faire davantage d'heures supplémentaires au travail, mais je voulais aussi passer du temps avec toi. » ajouta-t-elle, embêtée.
« Ne t'en fais pas pour ça. » la rassura immédiatement Théodore. « Si tu as besoin d'argent, ce n'est pas ce dont cette famille manque. »
Georgina secoua la tête.
« Non, non… Je ne veux pas te réclamer quoi que ce soit. » refusa-t-elle.
« Ne dis pas de bêtises. Tout ce qui est à moi est à toi, Georgina. » assura Théodore. « De combien as-tu besoin ? »
« Deux cent cinquante gallions. »
Hermione faillit s'étrangler en entendant la somme réclamée. Théodore, lui, ne tiqua pas.
« Très bien. On passera à Gringotts avant de te raccompagner. » promit-il.
« Merci. » s'extasia Georgina avec reconnaissance, sautant au cou de son frère.
Un sentiment de malaise traversa Hermione. Georgina allait probablement tirer profit de la gentillesse de Théodore. Ce n'était pas la première fois qu'elle lui faisait part de l'un de ses fameux 'tracas'. Il semblait régulièrement arriver des problèmes à la jeune femme qui ne se gênait pas pour réclamer de l'argent à Théodore. Ce dernier ne semblait voir aucun problème à cette situation. Après tout, elle était elle aussi l'héritière des Nott, avait-il indiqué à Hermione. Elle avait autant de droits sur la fortune familiale que lui.
Les demandes de Georgina avaient été relativement insignifiantes jusqu'à aujourd'hui. Le fait qu'elle demande une somme aussi importante à Théodore la mit mal à l'aise. Quelques instants plus tard, lorsque Georgina quitta brièvement la pièce, Hermione se tourna vers lui.
« Tu crois que c'est une bonne idée ? » demanda-t-elle doucement, après une brève hésitation.
Le sujet était sensible et enclin à causer de la discorde entre eux. Théodore n'avait pas très bien réagi devant ses précédentes remarques.
« Comment sais-tu qu'elle dit la vérité ? » interrogea Hermione devant le sourcil levé de Théodore.
« Pourquoi mentirait-elle ? » rétorqua Théodore. « Tu as vu dans quelles conditions elle vit. L'aider financièrement est la moindre des choses que je puisse faire. »
« Je comprends… » reprit prudemment Hermione. « Ce que je veux dire, c'est que je ne voudrais pas qu'elle abuse de… »
« Hermione. » coupa Théodore. « Georgina est ma sœur. Et si je peux l'aider, alors je vais le faire. »
Son ton était agacé et tranchant, n'admettant aucune réplique, chose rare chez lui. Ils ne s'étaient jamais autant disputés que depuis que Georgina était entrée dans leur vie. Elle avait l'impression qu'un mur se créait entre eux.
« Je pense simplement que tu lui accordes beaucoup trop de confiance. On sait encore peu de chose sur elle, Théo. Je ne suis pas en train de te dire de te méfier d'elle, simplement de te poser quelques questions et… » plaida Hermione avec frustration.
« Georgina avait raison. » souffla Théodore.
Sa phrase prit Hermione au dépourvu.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda-t-elle.
« Elle pense que tu ne l'apprécies pas et que tu ne lui fais pas confiance. Je lui ai répété à maintes reprises qu'elle se faisait des idées et que tu avais simplement besoin de t'habituer à sa présence mais je commence à comprendre ce qu'elle veut dire. Tu as visiblement quelque chose contre elle. » poursuivit Théodore, la déception visible dans ses yeux clairs.
« Je n'ai rien contre elle. Je suis prudente. Je veux simplement… » commença à se justifier Hermione.
« Je croyais que tu serais heureuse pour moi, Hermione… » déclara-t-il, une expression contrariée et heurtée sur le visage. « Je pensais que tu comprendrais ce que ça signifie pour moi. »
Ses mots blessèrent Hermione et elle garda le silence pendant un long moment, trop choquée pour répondre. Ce fut cet instant que choisit Georgina pour faire de nouveau irruption dans la pièce, arborant un sourire rayonnant. Elle se stoppa un instant, les observant tour à tour, sentant la tension dans l'air.
« J'arrive au mauvais moment ? » demanda-t-elle avec curiosité.
« Non. » répondit fermement Théodore, détournant son regard d'Hermione.
« Il y encore un peu de soleil. Je me disais que ce serait l'occasion parfaite de m'entraîner un peu. » dit Gina en désignant son balai.
« Absolument, allons-y. » décréta Théodore, tandis qu'il se relevait en direction du hall, sans un regard vers Hermione.
« Tu ne viens pas ? » demanda Georgina à l'attention d'Hermione, levant un sourcil.
« Non, allez-y. » répondit Hermione avec un sourire forcé. « Amusez-vous bien. »
Elle attendit qu'ils aient quitté la pièce pour effacer les larmes qui s'étaient glissées au coin de son visage. Les mots de Théodore l'avaient profondément affectée et elle avait envie de fondre en larmes de frustration et de contrariété. Ne voyait-il pas qu'elle ne désirait que le protéger ? Elle se releva, sentant une boule désagréable dans son estomac.
Elle se dirigea vers l'aile ouest du manoir, dans les appartements de Théodore. Cette fois, elle se sentait vraiment de trop et elle n'était pas certaine de pouvoir l'affronter de nouveau après ses paroles accusatrices. Elle ramassa hâtivement quelques affaires, qu'elle jeta pêle-mêle dans son sac, la gorge obstruée et les yeux brillants.
Elle réalisa qu'elle avait besoin de s'éloigner. Ces dernières semaines avaient été émotionnellement éprouvantes avec la mort de Gislena et le retour de Georgina. Trop occupée à soutenir Théodore dans ces changements intenses, Hermione avait fini par s'oublier elle-même. Elle ne voulait pas être une source de négativité pour lui. Prendre un peu de distance leur serait sans doute bénéfique à tous les deux.
Hermione chargea l'elfe de Théodore de l'informer de son départ. Elle n'était pas certaine de la manière dont il réagirait mais elle avait besoin d'air et n'était pas en état d'avoir une autre altercation. Elle eut un pincement au cœur lorsqu'elle quitta le Manoir, mais ignora ses incertitudes.
Une heure plus tard, Hermione pénétra dans le petit appartement qu'elle partageait avec Ginny, plongé dans l'obscurité. Elle posa ses affaires dans sa chambre avant de retrouver le living room et se laisser choir dans le sofa. Immédiatement, Pattenrond la rejoignit, ronronnant contre ses jambes, sa queue s'agitant d'un côté à l'autre.
« Je t'ai manquée ? » demanda Hermione avec un rire. « Tu m'as manqué aussi. »
Sa réaction mit du baume au cœur de la jeune femme et elle caressa l'arrière de son oreille, sentant son stress s'apaiser lentement. Deux heures plus tard, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant apparaître Ginny.
« Hermignonne ! » s'exclama celle-ci avec surprise. « Je ne m'attendais pas à te voir de retour au bercail. »
Elle posa ses affaires sur le comptoir de la cuisine avant de s'installer aux côtés de son amie. Elles ne s'étaient pas beaucoup vues depuis la mort de la mère de Théodore. Hermione s'était installée officieusement au Manoir pour lui tenir compagnie, ne rentrant que rarement chez elle pour consulter son courrier, prendre quelques affaires et s'assurer que Pattenrond avait tout ce dont il avait besoin.
« Il s'est passé quelque chose ? » demanda Ginny en l'observant attentivement. « Tu n'as pas l'air dans ton assiette. »
« Théodore et moi nous sommes disputés. » confessa Hermione, sentant ses larmes revenir de plein fouet.
« Je vais préparer du thé et tu pourras tout m'expliquer. » dit Ginny d'une voix douce.
Se confier à Ginny lui fit plus de bien qu'elle ne l'aurait cru. Probablement parce qu'elle pouvait se montrer totalement transparente, sans prendre de pincettes comme elle avait été forcée de le faire avec Théodore
« Je la trouve tellement suspecte, Ginny. Il y a quelque chose de louche chez elle. » déclara Hermione avec frustration.
« Tu devrais suivre ton instinct. » avança Ginny en haussant les épaules. « Mais arrête d'en parler à Théodore avant d'avoir quelque chose de concret. Si tu trouves quelque chose, tu pourras le faire. Et si tu ne trouves rien, il faudra accepter la situation et en rester là. »
« Merci. Je peux toujours compter sur toi pour être honnête. » dit-elle, ce qui fit rire Ginny.
« C'est bien pour cette raison que je suis ta colocataire préférée. » avança Ginny, avec un sourire espiègle. « En parlant de colocation, je vais devoir garder ton monstre poilu encore longtemps ? »
Elle jeta un regard blasé vers Pattenrond qui ronronnait toujours sur les genoux d'Hermione, visiblement heureux d'avoir retrouvé sa maîtresse.
« Je suis désolée. » dit Hermione avec embarras. « Je ne pensais pas m'absenter aussi longtemps. Merci de t'être occupée de lui. »
Ginny lui adressa un clin d'œil, avant de se relever et de s'approcher de son amie.
« Laisse-moi te détendre. Je peux voir à des kilomètres à quel point tu es tendue. » dit Ginny tandis qu'elle se plaçait derrière Hermione, posant ses mains au niveau de sa nuque.
Elle commença à masser fermement sa nuque, s'appliquant à dénouer les muscles au niveau de ses épaules.
« C'est pour ça que tu es ma colocataire préférée. » avança Hermione avec un soupir de contentement. « Tes massages m'avaient manqué. »
Ginny avait travaillé dans un salon de massages avant de reprendre l'ancien emploi d'Hermione, chez l'Apothicairerie de Burke. Elles passèrent le reste de la soirée à discuter, comme elles ne l'avaient pas fait depuis très longtemps. Cela fut suffisant pour distraire Hermione qui en oublia momentanément sa dispute avec Théodore. Ginny lui partagea les dernières nouvelles au sujet de Luna Lovegood et de sa petite-amie disparue.
« Luna garde encore espoir parce que son corps n'a pas été retrouvé. » indiqua Ginny avec peine.
Ginny et Neville, eux, étaient plus réalistes. La découverte du sang de Tracey et des morceaux de tissus en lambeaux recouvrés dans la ruelle étaient des éléments suffisants. Hermione avait été attristée mais pas choquée. C'était une piqûre de rappel sinistre du danger qu'ils couraient constamment à cause de leur statut. Hermione, elle, avait toujours été particulièrement paranoïaque. A cause de son secret, elle avait mis en place de nombreuses stratégies d'évitement pour passer inaperçue et pour assurer sa sécurité.
« Tu devrais vraiment faire attention. » exhorta Hermione avec sérieux.
Ginny, elle, n'était pas toujours un modèle de prudence. Elle était régulièrement dehors à des heures tardives, une habitude qui avait toujours rendu Hermione inquiète. Elle ignorait le nombre de nuits pendant lesquelles elle n'avait pas pu fermer l'œil car Ginny n'était pas rentrée. Les choses ne s'étaient pas arrangées avec le couvre-feu et le nouvel emploi de Ginny qui, en plus d'être très prenant, la forçait à être dehors tard le soir, grâce à une dérogation spéciale du Ministère. Hermione se demandait parfois comment son amie avait pu obtenir une autorisation aussi rare, mais Ginny s'était montrée très vague lorsqu'elle l'avait interrogée sur le sujet.
« J'ai quelque chose pour toi. » indiqua Hermione, après avoir fait un tour rapide dans sa chambre.
Elle fut de retour avec un petit objet noir et poli de forme ovale qu'elle tendit à Ginny.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Ginny avec curiosité.
« Un scarabée criard. Ça fonctionne comme une alarme. Si tu le lances sur quelqu'un, il lâchera un son bruyant et de la fumée. » expliqua Hermione.
« Espérons que je n'aurais jamais besoin de l'utiliser. » dit Ginny.
« Espérons-le, oui. »
Hermione avait acheté l'objet au Marché du Porc-Épique. La peur d'être agressée était une crainte constante chez elle. Dans une situation de danger, l'objet pourrait être utile pour surprendre un assaillant. Toutes les secondes étaient cruciales dans ce genre de situation. Ginny en aurait probablement davantage besoin à cause de son style de vie.
Le lendemain, Hermione se réveilla de meilleure humeur. Ginny lui proposa d'aller prendre un brunch sur le Chemin de Traverse, chose qu'elles n'avaient pas fait depuis des lustres. Elles commandèrent des pancakes dans leur café favori et Ginny lui détailla ses derniers déboires au travail.
« Je reviens dans une seconde. » indiqua soudainement Ginny, les yeux rivés sur son miroir à double sens. « C'est pour le travail. »
Elle se dirigea dans un coin plus silencieux du café bondé. A son retour, elle affichait une mine blasée.
« J'imagine que mon weekend est facultatif. » murmura-t-elle avec un soupir lassé.
« Que se passe-t-il ? » s'étonna Hermione.
« Il faut que je cherche en urgence des tenues pour ma patronne. Elle a une séance de photo lundi matin et nous avons un problème avec des robes qui ne seront pas prêtes à temps. Je vais devoir en trouver pour les remplacer. » expliqua Ginny. « Ça ne te dérange pas de m'accompagner ? Ça ne devrait pas prendre très longtemps. On pourra aller au Chaudron Baveur, ensuite. »
Hermione accepta sans grand enthousiasme et après avoir rapidement avalé leur latte à la citrouille, elles quittèrent le café, remontant la longue avenue du Chemin de Traverse. Hermione jeta un regard perplexe à Ginny lorsqu'elles se dirigèrent vers le Cours Écarlate, l'avenue marchande généralement réservée à une clientèle fortunée et de Sang-Pur.
Ginny, elle, ne sembla pas s'en soucier, marchant avec aise et observant les vitrines clinquantes avec intérêt. Elles s'arrêtèrent devant une boutique colorée, où une femme aux épaules carrées les accueillit.
« Miss Weasley ! Ravie de vous voir de retour. » lança la femme poliment. « J'ai bien reçu votre message et j'ai préparé quelques tenues. »
« Merci beaucoup d'avoir fait cela en urgence. » dit Ginny d'un ton ravi.
Hermione observa l'interaction avec incrédulité. Généralement, les personnes de leur statut n'étaient pas les bienvenues dans ce genre d'établissement. Ginny semblait pourtant s'en moquer, et Hermione fut impressionnée par la confiance ferme qu'elle affichait. Contrairement à Hermione qui observait les lieux avec nervosité, Ginny, elle semblait dans son élément.
« Tu peux essayer quelques robes pour moi ? Tu as la même morphologie que Pansy. Ça m'aidera à ne pas prendre n'importe quoi. » demanda Ginny, en battant des cils.
Hermione leva les yeux au ciel mais consentit à accepter.
« Tu es la meilleure, Hermignonne. »
Hermione n'avait pas fait de shopping depuis très longtemps, et elle dut admettre qu'il ne fut pas désagréable d'essayer des tenues plus belles les unes que les autres.
« Elle compte aller à un bal ? » demanda Hermione tandis qu'elle sortait de la cabine d'essayage vêtue d'une robe coralline imposante, suivie d'une longue traîne.
« Pansy est extravagante. » informa Ginny comme si cela expliquait tout, avec un rire. « Essayons plutôt celle-ci. »
Elle lui tendit une nouvelle tenue d'une teinte plus crème. Hermione s'observa dans le miroir avec plaisir, appréciant la douceur du tissu soyeux sur sa peau. Elle était plus simple que les robes précédentes mais gardait un raffinement évident.
« Elle te va comme un gant. » complimenta Ginny avec appréciation.
« Elle est magnifique. » confirma Hermione.
« Trop simple pour Pansy, probablement. » soupira Ginny.
A la fin de la séance de shopping urgente pour Pansy Parkinson, Ginny lui indiqua qu'elle devait apporter les tenues sélectionnées au domicile de cette dernière.
« Merci de ton aide. » lança Ginny avant de l'étreindre brièvement tandis qu'elles se séparaient.
Hermione jeta un regard à sa montre. Il lui restait deux heures avant le début du couvre-feu. Une idée se forma dans son esprit. Sa conversation de la veille avec Ginny l'avait convaincu de suivre son instinct. Elle prit donc la direction de Magipolis, le quartier des affaires de la ville. Bientôt, elle se retrouva devant la porte arrière d'un bâtiment blanc, à l'aspect sobre. Elle pressa la sonnerie, où les mots ''Sleezer et Associés'' étaient inscrits. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit, et Hermione pénétra à l'intérieur du bâtiment, montant les marches pour accéder au cabinet.
« Miss Granger. » s'exclama Oscar Sleezer d'un ton enjoué, bien trop exagéré pour paraître sincère. « Entrez, entrez. »
Elle s'installa au bureau, une expression déterminée sur le visage.
« Je suis navré, l'analyse dont je vous ai parlé n'est pas encore terminée. » expliqua Sleezer.
« A vrai dire, ce n'est pas pour cette raison que je suis là. » admit Hermione.
Il hocha la tête, un sourcil levé, visiblement curieux.
« Et j'imagine que c'est pour cette autre raison que vous êtes venue seule aujourd'hui ? » interrogea-t-il d'une voix entendue.
Hermione hocha gravement la tête, ses pensées se tournant vers Théodore. Il serait probablement mécontent d'apprendre ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle chassa sa culpabilité.
« J'aimerais que ma visite d'aujourd'hui reste entre nous, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. » sollicita Hermione.
« Absolument pas » assura-t-il. « Dites m'en plus. »
Elle voulait mettre un terme, une fois pour toute, à ce pressentiment qu'elle nourrissait envers Georgina. Si Sleezer ne trouvait aucune information compromettante, alors Hermione abandonnerait toute interrogation au sujet de la jeune femme.
« J'aimerais trouver des informations sur une personne. » dit-elle.
/
Avachie devant le lavabo, Tonks essuya sa bouche, grimaçant d'inconfort. Après un bref regard vers son reflet pâle et fatigué, elle rejoignit son lit, toujours éprise de ces haut-le-cœur qui lui rendaient désormais la vie impossible.
Elle avait passé les pires semaines de sa vie. Si apprendre la trahison de Maugrey, son ami et mentor de longue date n'avait pas été suffisant, elle avait également dû faire face aux conséquences de ses propres erreurs. En tant que chef des Goules Insoumises, elle avait laissé des extrémistes évoluer dans ses rangs et pire encore, avait été l'instigatrice involontaire de leur fuite précipitée.
Même si les membres de la faction savaient que la faute n'était pas totalement sienne, et que nombreux auraient pu tomber dans le panneau, son statut rendait les choses différentes. Tonks était supposée montrer l'exemple au sein de sa base. Elle avait pourtant laissé ses émotions avoir raison d'elle et gouverner tous ses actes.
L'Ordre du Phénix n'avait pas perdu de temps pour lui soumettre sa punition. Elle avait écopé de quatre semaines d'isolement total.
Vivre sous terre était déjà une épreuve difficile à gérer au quotidien. Être enfermée entre quatre murs lugubres, avec un contact social limité, était d'un autre degré. Tonks avait pourtant accepté sa punition sans broncher. C'était les règles et ils avaient tous accepté de s'y soumettre.
Malgré le fait qu'ils combattent un régime puissant et dictatorial, ils devaient établir leurs propres règles pour pouvoir vivre convenablement en communauté. Cela signifiait aussi mettre des sanctions après un manquement à ces règles.
Dans la lutte difficile qu'ils menaient contre le gouvernement et à la vue de la fragilité des alliances actuelles, cet attentat avait été un gigantesque pas en arrière. Il avait forcé la Résistance à faire profil bas, par crainte de représailles virulentes de la part du Coven sacré.
L'isolement avait eu un impact terrible sur elle. Son état mental, déjà fragilisé, s'était empiré dans la cellule obscure. Elle avait eu le temps de réfléchir à sa vie, à ses erreurs, à l'échec de sa relation avec Remus. Le constat n'avait pas été des plus heureux : elle avait l'impression que tout s'écroulait autour d'elle. Dans le moment où elle avait le plus besoin d'être épaulée, elle se retrouvait plus seule que jamais.
Son corps, lui aussi, avait eu du mal à supporter l'isolement. C'était comme si son mal de l'esprit avait affecté le reste. Elle était restée dans son lit, des heures durant, prise par une fatigue submergeante, observant le plafond sombre et humide de la pièce, traversée sans cesse par des pensées sinistres.
Lors de l'une des rares sorties autorisées qu'on lui avait accordées, Tonks avait fait un malaise. Elle s'était réveillée à l'infirmerie de fortune de la base et Pomfresh s'était ruée vers elle, les yeux emplis d'inquiétude. Après quelques tests, on avait décrété qu'elle n'était plus en état de continuer l'isolement et il s'était terminé plus tôt que prévu.
Cela fait déjà trois semaines qu'elle était sortie de la cellule et pourtant elle ne se sentait guère mieux. Elle était toujours aussi épuisée et ses nerfs étaient au bord de la dépression nerveuse.
Quelqu'un tapa à la porte de la chambre, la sortant de son inertie. Tonks se redressa sur son lit, s'efforçant de prendre une position plus accueillante.
« Je peux entrer ? » demanda une voix grave et familière.
« Oui. » répondit faiblement Tonks, tentant de reprendre sa contenance.
Un homme aux cheveux long noirs accrochés en un chignon haut entra dans la pièce. Avec sa démarche fière, son air noble, et cette expression qui frisait parfois l'arrogance, Sirius Black était l'une de ces personnes qui vous renversait par son charisme. On l'aimait ou on le détestait - mais une chose était certaine - il laissait peu de gens indifférents.
« Tu as une mine affreuse, Nymphadora. » commenta-t-il après l'avoir observé un bref instant.
« Va te faire voir, Sirius. Et ne m'appelle pas comme ça. » rétorqua Tonks, d'humeur acariâtre.
Sirius savait plus que quiconque à quel point elle abhorrait son prénom complet. Tout le monde l'appelait Tonks, à l'exception de Remus qui la surnommait affectueusement Dora. Sirius, cependant, prenait plaisir à l'irriter et à ignorer ses demandes.
« On est d'humeur joviale. » fit remarquer Sirius avec sarcasme.
Il observa la pièce d'un air critique.
« Depuis combien de temps tu n'es pas sortie d'ici ? Rassure-moi, tu as pris une douche, récemment ? » s'enquit-il, sardonique.
Il examina la pile de vêtements sales, près de la porte.
« Heureusement que c'est moi qui viens te rendre visite et non Remus. Tu oserais le laisser te voir dans cet état de laisser-aller ? On dirait une goule enfermée dans un grenier depuis des lustres. » poursuivit-il.
A la mention de Remus, Tonks sentit une douleur vive dans sa poitrine et un sentiment d'anxiété l'envahit. Sirius secoua la tête, faussement désapprobateur. Même si elle savait qu'il plaisantait, il subsistait une part de vérité dans ses critiques. Elle ressemblait à un Inferius, avec sa mine plus pâle que jamais et sa silhouette amaigrie. Elle avait perdu du poids récemment, ne trouvant pas l'appétit à cause de ses nausées incessantes. Elle avait d'ailleurs récolté plusieurs remarques de la part de Pomfresh à ce sujet.
« Tout le monde n'est pas aussi superficiel que toi, Sirius. » répliqua-t-elle. « Remus m'a vue dans des états bien pires que ça, tu sais. »
« C'est vrai que j'avais oublié à quoi tu ressemblais quand tu étais ivre. Les gentes dames de la Noble maison Black se retourneraient dans leurs tombes. » commenta Sirius en prenant un air solennel qui ne lui ressemblait guère.
Sa remarque réussit toutefois à extirper un faible sourire à Tonks. La sensation fut étrange. Elle n'avait pas ri ni même souri depuis des lustres. Sirius avait toujours eu cette facilité déconcertante à la faire rire. Le lien qu'ils partageaient étaient quelque peu spécial, et malgré sa disposition à la frustrer au plus haut point, Sirius était quelqu'un d'important dans sa vie.
Sirius était le cousin d'Andromeda, la mère de Tonks. Tous les deux avaient été reniés du clan sacré des Black à cause de leurs fréquentations. Andromeda était tombée amoureuse de Ted Tonks, un Né-Moldu rencontré dans une zone libre pendant une mission médicale. Lorsque sa famille avait eu vent de sa relation secrète, son père, un extrémiste de la plus haute heure, s'était mis dans une colère noire. La pureté était une valeur primordiale chez la dynastie Black, l'une des plus anciennes du régime. Il avait pris une décision drastique - commettre un crime d'honneur pour expier sa famille du déshonneur qu'Andromeda avait apporté sur les siens. Sirius, encore adolescent à l'époque, avait eu vent de l'information et avait prévenu Andromeda qui avait pris la fuite.
En compagnie de Ted, elle avait d'abord trouvé refuge dans une région libre, avant de rejoindre l'Armée de Dumbledore, le plus gros groupe de Résistants à l'époque. Ils avaient eu Tonks quelques années plus tard, toujours pendant leur cavale. Andromeda avait trouvé la mort dans une attaque de Mangemorts pendant l'adolescence de Tonks.
Sirius, lui, avait quitté le domicile familial peu après sa sortie de Poudlard, ne supportant plus les penchants extrémistes de ses parents, obsédés par la pureté. En compagnie de son groupe d'amis surnommé les Maraudeurs, ils avaient décidé de rejoindre l'Armée de Dumbledore. Il avait toujours été la bête noire de sa famille, à l'instar d'Andromeda - sans doute la chose qui les avait rapprochés.
A travers les histoires qu'elle avait entendues à propos de sa famille maternelle, Tonks les avait toujours imaginés comme des gens profondément infects. Même si grandir dans un contexte de cavale n'avait pas été simple pour elle, elle avait reçu tellement d'amour et de soutien, qu'elle était soulagée de ne pas avoir vu le jour dans le régime.
Sirius agita sa baguette en direction de la lampe, illuminant la pièce assombrie.
« Voilà qui est mieux. » déclara-t-il.
« On t'a envoyé pour me surveiller ? » demanda Tonks d'un ton acerbe.
« Oui. Enfin pas toi spécifiquement. Le reste de la base, également. » répondit Sirius avec un soupir, prenant place sur une chaise, face au lit.
« J'imagine que le Phénix craint l'insurrection. » commenta Tonks.
« Nous voulons simplement nous assurer qu'il y a de l'ordre malgré la situation. Et que certaines personnes ne profitent pas du climat instable. » déclara Sirius.
« Comment Dearborn prend les choses ? » interrogea Tonks.
Dearborn était le troisième chef des Goules Insoumises. Il avait toujours été le plus discret, préférant rester dans l'ombre de Maugrey et Tonks. Maugrey avait toujours été celui qui prenait les décisions tactiques tandis que Tonks gérait les relations interpersonnelles entre les membres. Dearborn, lui, était l'exécutant. Il était un excellent logisticien mais n'était pas un leader dans l'âme.
« Il est coopératif. C'est tout ce qui importe pour le moment. » assura Sirius, sans extrapoler.
Le Front de Libération de l'Ordre du Phénix était encore une jeune organisation. La coalition qu'ils tentaient de créer avec toutes les factions de la résistance était encore fragile et les membres étaient plus loyaux envers les chefs de leur propre faction qu'envers le FLOP, encore vue comme une organisation qui voulait les contrôler.
Contrairement à d'autres factions, celle des Goules Insoumises était sans problèmes. Depuis l'éclatement du secret de Maugrey, ils s'étaient montrés coopératifs lorsque des représentants du Phénix, dont Sirius, étaient venus prendre le contrôle de la base et gérer la transition avant que de nouveaux chefs soient appointés. Remus et Rogue étaient repartis après la fuite de Maugrey, à l'issue de leur mission pour traquer les extrémistes qui se dissimulaient dans les rangs des Goules.
Sirius était l'un des rares élus à connaître l'identité du fameux Phénix, le plus grand mystère de la Résistance. Comme Remus, il était toujours resté inflexible devant les tentatives de Tonks pour lui soutirer des informations à ce sujet et elle avait abandonné à la longue.
Parfois, Tonks réalisait que ne pas connaître son identité était un avantage. Cela forçait les gens à se focaliser sur les idées et les objectifs de la résistance. Une fois la vraie identité du Phénix révélée, on se concentrait davantage sur l'homme ou la femme derrière le titre plutôt qu'aux idées et aux valeurs que la personne véhiculait.
C'était la première fois depuis la mort de Dumbledore que la Résistance faisait preuve d'autant d'entente. Malheureusement, les derniers incidents en date avaient sérieusement menacé leurs chances.
« Arrête de te faire du mouron, petite-cousine. Tu ne peux plus revenir en arrière. » affirma Sirius, observant sa mine préoccupée. « Il faut qu'on continue d'avancer. Comme toujours. »
Il passa une main dans ses cheveux, défaisant légèrement son chignon déjà échevelé.
« On s'occupera de Maugrey plus tard. » assura-t-il, une lueur sombre passant dans son regard.
Tonks acquiesça, peu convaincue.
« Tu sais ce qu'il va se passer pour moi ? » questionna-t-elle avec hésitation.
« Maintenant que ton isolement est terminé, tu vas être rétrogradée officiellement. » expliqua Sirius d'une voix désolée.
Tonks hocha la tête. Contre toute attente, elle était heureuse d'entendre la décision. Elle ne voulait plus être chef de faction. Elle ne s'en sentait plus capable. Et elle avait peur d'avoir perdu toute crédibilité après les événements récents. D'autre part, des raisons plus personnelles, nécessiteraient qu'elle prenne une pause.
« Tu… Tu as demandé si je pouvais vous rejoindre ? » demanda Tonks timidement.
Quelques jours plus tôt, elle avait demandé à Sirius si elle pouvait quitter les Goules et rejoindre la base de l'Ordre du Phénix.
« Je suis toujours en train de négocier. Je ne sais pas si c'est la meilleure idée en ce moment. » admit-il.
« Sirius… » commença Tonks, la voix légèrement tremblante.
Elle fondit soudainement en larmes et dissimula son visage ruisselant dans ses mains, secouée de sanglots violents.
« Tonks ? » demanda Sirius, surpris par sa soudaine détresse.
En quelques secondes, il fut auprès d'elle, s'agenouillant près du lit.
« Je plaisantais, tout à l'heure. Quand je disais que tu ressemblais à une goule. Tu connais mon humour débile. » dit-il d'une voix plus douce.
Sa remarque arracha un rire étranglé à la jeune femme, entre deux sanglots. Elle essuya ses larmes avec le manche de son pull.
« Ce… Ce n'est pas ça. » murmura-t-elle.
Puis, après un soupir résigné, elle confessa dans un souffle :
« Je suis enceinte. »
Elle leva les yeux et croisa le regard abasourdi de Sirius. Un silence pesant envahit la pièce et Tonks retint son souffle, craignant sa réaction après cette révélation choquante.
« De Remus ? » demanda-t-il, finalement.
Tonks acquiesça.
« Comment ? Je croyais que vous étiez… »
« Lorsqu'il est revenu pendant sa mission pour démasquer Maugrey… » admit Tonks, sans extrapoler.
Sirius jura.
« Il n'est pas encore au courant, j'imagine ? » demanda-t-il.
« N…Non. C'est pour ça que je veux le rejoindre. J'ai besoin de lui dire, de vive voix. » murmura la jeune femme.
Elle craignait la réaction de Remus. Leur relation ne tenait qu'à un fil. Il avait été clair dans sa décision de rompre avec elle. Pourtant, leurs retrouvailles avaient changé la donne pour elle. Remus ne serait pas retombé aussi facilement dans ses bras s'il n'éprouvait pas toujours des sentiments à son égard. Elle savait qu'il voulait être avec elle en son for intérieur mais se l'interdisait à cause de sa condition. Il craignait de la faire souffrir. Il ne réalisait pas que c'était son attitude et son rejet après ce rapprochement qui la faisaient souffrir le plus.
« Que comptes-tu faire ? » demanda Sirius, la mine grave.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Avoir un enfant… Dans ces circonstances, Tonks… »
« Je vais le garder, si c'est ce que tu es en train de sous-entendre. » répliqua-t-elle d'une voix sèche.
Il fut surpris par son excès de colère.
« Ce que je veux dire, c'est que vous avez besoin d'en parler. Calmement. Faire le bon choix. » temporisa-t-il.
« Mon choix est déjà fait, Sirius. Et je sais que Remus voulait qu'on se sépare, mais dans ces conditions… »
Maintenant qu'elle portait son enfant, il reviendrait peut-être sur sa décision.
« Tonks, un enfant n'a jamais été un moyen de consolider un couple. Je ne veux pas que tu te fasses des mauvaises idées. » prévint-il.
« Pourquoi es-tu si certain qu'il ne voudra pas de cet enfant ? Et de moi ? Il t'a dit quelque chose que j'ignore ? » insista Tonks.
« Absolument pas. Mais je pense que tu parles avec tes émotions et je veux que tu réfléchisses à la situation avec ton cerveau. »
Sa réponse la blessa plus qu'elle ne le laissa paraître.
« Je suis fatiguée. J'ai besoin d'être seule. » dit Tonks d'un ton froid, se renfrognant immédiatement.
« Tonks… »
« Bonne soirée, Sirius. » dit-elle d'une voix cassante.
Il soupira et se dirigea vers la porte.
« Je vais prévenir la base de l'Ordre que tu reviendras avec nous. » dit-il, après une brève hésitation.
Tonks leva ses yeux brillants vers lui, traversée par une vague de soulagement. Elle lui adressa un regard empli de reconnaissance.
« Merci, Sirius. »
/
Les Lestrange étaient uniques en leur genre.
Noah Vaisey pouvait assurément clamer qu'il n'avait jamais rencontré des gens comme eux. Il avait en premier lieu croisé le chemin de Rabastan Lestrange, un homme de quinze ans son aîné, pendant une soirée d'automne tout à fait comme les autres. L'homme éludait un air de pouvoir et de virilité qui l'avait immédiatement attiré. Noah se souvenait encore des frissons qu'il avait éprouvé quand Rabastan était entré dans le bar où il travaillait à l'époque, un établissement hasardeux fréquenté par les hommes qui aimaient les hommes. Un mélange curieux - entre crainte et convoitise.
Ils avaient terminé la nuit dans l'appartement bancal que Noah peinait à payer, situé sur le croisement du Chemin de Traverse et du Quartier des Embrumes. Et lorsqu'il s'était retrouvé dans son lit avec cet homme mystérieux, Noah ne s'était pas formalisé longtemps de ses fantasmes curieux ni même de la violence dont Rabastan avait fait preuve pendant leurs ébats.
Noah avait l'habitude d'être traité avec brutalité. Parfois, lorsqu'il se trouvait complètement nu, à la merci totale de ces hommes corrosifs et agressifs, il réalisait même à quel point il trouvait cela excitant. Il s'était toujours demandé si c'était son besoin profond d'être accepté et protégé qui le poussait vers ce genre d'individus.
Après cette première nuit, ils étaient restés en contact et Rabastan avait même pris l'habitude de se rendre au bar où Noah dansait. En échange d'une jolie poignée de gallions, Noah acceptait de faire ces choses étranges et malpropres que Rabastan semblait priser. Après l'acte, il éprouvait toujours un léger sentiment de dégoût qu'il chassait rapidement tandis qu'il comptait les pièces dorées dans la petite bourse brune.
Noah ne jugeait jamais les fantasmes de ses partenaires. Il avait commencé à vendre son corps à peine sorti de l'adolescence. Très rapidement, il s'était habitué à la déviance sexuelle de certains hommes.
Sa famille l'avait renié en apprenant son homosexualité, une tare écœurante selon son père. Noah avait donc enchaîné des emplois précaires avant de rejoindre le monde de la nuit, avec toutes ses fastes et ses lumières mais également sa perversion et ses dangers. Mais tant qu'il était consentant et bien rémunéré, Noah était prêt à en assumer les risques.
Au fil des mois, Rabastan était devenu un amant régulier pour Noah. Une sorte de relation exclusive sans titre. Et même s'il ne le payait plus pour ses prestations, il lui offrit un style de vie bien plus opulent. Rabastan l'intégra à son cercle social, le présentant parfois comme son partenaire, au grand plaisir de Noah. Être aux côtés d'un membre des Treize sacrés lui procurait un sentiment de reconnaissance jamais éprouvé. Lui qui avait toujours été rejeté à cause de ce qu'il était. Ce n'était pas la vision idéale qu'on avait d'une relation amoureuse mais pour Noah, qui venait de loin, c'était plus que satisfaisant.
Ce fut ainsi que Noah Vaisey fut introduit aux soirées clandestines de la famille Lestrange. Des soirées grandiloquentes où l'hédonisme était poussé à son paroxysme et tous les fantasmes inavouables étaient accueillis.
Lorsqu'il rencontra Bellatrix et Rodolphus Lestrange pour la première fois, Noah fut traversé par un profond sentiment de malaise, mélangé à de la fascination. Ils dégageaient une aura de puissance et de malveillance saisissante. Et au fil des minutes, sa première impression ne fit que se confirmer.
Bellatrix était sans conteste la plus intimidante des deux. Derrière son attitude lascive et sa voix haut perchée, presque enfantine, se cachait une femme profondément dangereuse et pervertie.
Elle était une véritable fanatique, comme Noah en avait rarement vue. Ses discours intransigeants sur la pureté pouvaient facilement vous rendre mal à l'aise. Sa haine envers tout ce qui avait trait aux Moldus ne connaissait aucune limite. Elle était d'ailleurs une membre imminente du Clan des Derniers Jours, le culte mené par les Carrow qui prônait un discours fondamentaliste sur la pureté du sang.
Rodolphus, son mari, semblait calme et réservé aux côtés de son épouse. Il dégageait pourtant une froideur glaciale et ses silences étaient terrifiants. Noah en était persuadé – il était aussi dérangé que Bellatrix.
En commençant à fréquenter le couple, Noah réalisa que Rabastan n'était en réalité qu'un homme de main pour eux. Il était à leur service et réalisait toutes leurs demandes dans l'ombre. Au vu des postes importants qu'ils occupaient au sein du gouvernement, ils avaient une image à protéger.
Sous ce couvert des plus nobles, ils cachaient en réalité des secrets plus sombres que Rabastan relatait régulièrement à Noah, dans l'intimité de leur lit.
Dans leur vie personnelle, le couple Lestrange menait un train de vie épicurien. Ils organisaient régulièrement des réceptions privées, où d'autres figures importantes du pays - politiciens, mages de loi et autres personnes de l'élite venaient jouir d'une ambiance onirique en toute discrétion.
La première fois que Rabastan l'emmena à l'une de ces soirées, Noah fut surpris par la sécurité et la confidentialité autour de l'évènement. Elles se tenaient toujours dans le domaine des Lestrange, un Manoir isolé du Berkshire, et tous les invités étaient fermement fouillés à leur arrivée, puis privés de leurs baguettes magiques pour des raisons de sécurité.
En entrant dans le hall impressionnant de la demeure, Noah eut l'impression de se retrouver dans une autre dimension. Il n'avait jamais été exposé à un tel luxe. L'endroit était officieusement surnommé le ''Donjon'', un lieu où toutes les dépravations les plus inavouables étaient permises le temps d'une nuit.
Noah aperçut des hommes et des femmes dans des tenues affriolantes se balader dans la pièce pour divertir les invités. Certaines se trouvaient même dans des cages, des liens enserrant leur nuque ou leurs mains et Noah se demanda s'ils étaient vraiment tenus prisonniers ou s'il s'agissait d'une simple mise en scène pour ajouter de l'extravagance au thème de la soirée.
La première interaction qu'il eut avec Bellatrix Lestrange le laissa profondément secoué. Il était resté en retrait, près d'une large table garnie de mets en tout genre, se contentant d'observer ce qui se tramait autour de lui, n'osant pas prendre part aux festivités. Noah n'avait jamais vu un festin aussi grandiloquent de toute son existence.
Telle l'hôte parfaite qu'elle était, Bellatrix vint à sa rencontre. Elle portait une longue robe noire, dotée d'un corset en dentelle qui sculptait sa silhouette. Sa chevelure noire cascadait librement sur ses épaules nues. Elle dégageait une sensualité brute et extravagante devant laquelle Noah fut intimidé. Même son parfum – aux notes enivrantes et poudrées - mettait en exergue sa sensualité agressive.
« Savez-vous ce qu'est un parasite, monsieur Vaisey ? » demanda-t-elle d'une voix presque caressante.
Elle saisit une grappe de raisins sur la table, avant de la porter à sa bouche, un sourire pervers au coin de ses lèvres maquillées de rouge.
« C'est un être qui vit aux dépens d'un autre organisme – qu'on appelle l'hôte – et qui s'en nourrit. » expliqua-t-elle. « Il cause à l'hôte des dommages irréversibles, sans pourtant aller jusqu'à le tuer. Le parasite est d'ailleurs le seul qui trouve son avantage dans cette symbiose. »
Elle s'approcha de nouveau du buffet garni, semblant hésiter sur le plat qu'elle voulait prendre. Elle planta l'un de ses ongles pointus dans un met. Ce fut en regardant plus attentivement que Noah réalisa avec horreur que, sous la nourriture, on apercevait le corps d'une femme nue. Les fruits avaient été disposés de manière artistique sur elle, comme si elle était une table ou un objet de décoration. Pendant un instant, Noah se demanda s'il s'agissait d'une réplique particulièrement réaliste. Pourtant, lorsque ses yeux remontèrent le long de la chair visible, il aperçut un visage entre deux assiettes de petits fours. Il croisa alors des yeux terrifiés qui convulsaient dans tous les sens, suppliant silencieusement qu'on leur vienne à l'aide. Noah compris qu'il s'agissait d'une vraie personne, probablement paralysée par un sort.
L'ongle noir et brillant de Bellatrix transperça l'épiderme de sa victime et du sang épais se mit à couler lentement, se mêlant à une assiette de carpaccio.
« Les gens comme nous savons reconnaître ces parasites et reprendre l'ascendant sur eux. » poursuivit Bellatrix avant d'avaler un petit four, un sourire malveillant sur ses lèvres.
Noah eut des sueurs froides en la voyant lécher son doigt avec gourmandise, goûtant au sang frais de la jeune femme. Ce fut plus tard dans la nuit, en discutant avec Rabastan, que Noah apprit que la femme sur la table était une Sang-Impure.
Ce fut la première et la dernière fois qu'il vit cette femme, même après avoir assisté à des dizaines de soirées privées chez les Lestrange. Les mois suivants, il se demanda à plusieurs reprises ce qu'il était advenu de l'inconnue mais sa question demeura sans réponse. Et avec le temps, Noah préféra ne plus trop y penser.
Cette soirée fut le début d'un enchaînement de choses plus folles les unes que les autres. En errant dans les différentes pièces du manoir, Noah vit des individus déchaînés, presque en transe sous l'effet de substances en tout genre, s'adonner à des orgies dévergondées.
Il apprit par Rabastan que ces soirées privées étaient exclusives, et seuls les initiés de ces cercles très privés pouvaient y accéder. Il expliqua que les Lestrange détenaient des informations très compromettantes sur tous les participants.
Une garantie de silence, clamait-il.
Les hommes et les femmes qui faisaient office de ''présents'' pour les invités étaient généralement des travailleurs du sexe. Parfois, les soirées avaient des thèmes singuliers, tous particulièrement glauques, qui variaient selon les demandes des convives. Certains réclamaient des vierges, des Sans-Impurs, des étranges 'exotiques' ou encore des créatures humanoïdes comme des vampires. Rabastan prétendait que tous les 'présents' se rendaient aux réceptions de manière consentante. Noah, épris par la curiosité, interrogea l'une de ces personnes lors de sa seconde soirée.
« Ils nous payent bien. » avait expliqué une femme, avant d'engloutir deux shots de whisky-pur-feu.
Elle expliqua que l'alcool et les autres substances qu'on mettait à disposition pour les participants l'aidaient à tenir toute la soirée. Les liqueurs fortes et les drogues étaient consommées à foison, par les invités comme par les présents.
Noah lui aussi commença à participer à ces nuits de débauche, toujours plongé dans les griffes de Rabastan Lestrange, qui opérait sur lui une autorité qu'il n'avait pas à saisir. Il préférait ignorer le côté immoral des choses auxquelles ils s'adonnaient. Pour les Lestrange, la recherche du plaisir, sous toutes ses formes, et surtout les plus sombres, étaient le but ultime. Les Sang-Purs étaient au sommet de la pyramide des espèces et il était naturel qu'ils jouissent des avantages qu'apportait leur position dominante.
Noah entra finalement dans l'organisation, attiré par la tentation de l'argent facile et des belles promesses des Lestrange, surtout celles de Bellatrix, qui devint pour lui une figure admirable.
Grâce à sa loyauté et son travail de qualité, on lui accorda des responsabilités plus importantes au sein de l'organisation et on commença même à l'inclure dans des sujets plus importants.
On le chargea de recruter des nouveaux présents, une tâche qu'il faisait bien mieux que Rabastan grâce à son apparence avenante et à sa jeunesse, un atout non négligeable pour s'attirer la confiance de personnes jeunes et naïves. Noah visait des profils bien particuliers souvent dans les lieux mal famés du régime. Il approchait des jeunes en rupture familiale ou souffrant d'addiction, influençables et prêts à tout pour obtenir de l'argent. Il avait un talent certain pour gagner leur confiance, se lier d'amitié avec eux, et les attirer dans son piège avec la promesse d'argent facile et d'un style de vie euphorique.
En l'espace de cinq ans, Noah recruta des centaines de présents pour remplir les soirées des Lestrange. Pour les rendre plus dociles et surtout coopératifs, il les persuadait de consommer des substances en tout genre, destinées à baisser leurs inhibitions.
Noah savait que c'était illégal. Pourtant, protégé par les gens les plus puissants du régime, il avait l'impression d'être au-dessus des lois. Après tout, Les Lestrange étaient presque à la tête du pays. Avec leur pouvoir et leur influence évidents, il avait peu de raison de s'inquiéter. Et surtout, s'il persuadait d'autres personnes de vendre leurs corps, cela signifiait que lui-même n'était plus forcé à le faire.
Le couple Lestrange avait des passe-temps aussi décadents que leurs personnalités. Ils étaient de fervents amateurs de chasse et de taxidermie. Dans leur gigantesque demeure du Berkshire, on trouvait des créatures magiques rares empaillées à tous les étages. Certaines rumeurs disaient qu'ils gardaient même des corps de dissidents et de Sang-Impurs dans un endroit secret du manoir, vestiges de leurs longues sessions de chasse. On disait même que la Procureure utilisait des restes humains pour concocter ses produits cosmétiques. A force de les fréquenter, Noah ne doutait pas de la probabilité de ces rumeurs.
Les fêtes clandestines des Lestrange leur rapportaient des sommes rocambolesques. Ces entrées d'argent massives étaient toutefois dépensées tout aussi rapidement. Leur style de vie dispendieux était laborieux à sustenter. Leur soif d'argent les obligea à accroître leurs activités clandestines. Rabastan révéla à Noah que l'héritage des Lestrange n'avait pas été conséquent et qu'il avait été rapidement dilapidé après le mariage de son frère. Bellatrix, pourtant née dans la pourpre, n'avait pas été mieux lotie. La dynastie Black avait perdu sa fortune et hormis son nom sacré et exemplaire, elle n'avait rien hérité de ses parents à leurs morts.
Même leurs postes hauts gradés au Ministère et les salaires élevés qui les accompagnaient ne leur permettaient pas d'assurer leur style de vie onéreux. Ils décidèrent donc de se lancer dans des activités plus lucratives. Ils investirent dans du trafic de personnes et des activités de proxénétisme, une évolution logique après leurs fêtes clandestines.
Cela signifiait toutefois qu'ils touchaient le territoire déjà jalousement gardé de la famille Zabini, qui avait la mainmise sur toute l'activité illégale du pays.
Les Lestrange misèrent sur des régions plus reculées du pays, s'associant à quelques bordels indépendants, en échange de protection et d'immunité judiciaire. Grâce à leur influence au Ministère, ils avaient des arguments de taille à proposer à ces établissements, contrairement aux Zabini.
Il était fou, songeait régulièrement Noah, de penser que la femme supposée représenter la justice au sein du régime, soit en réalité la plus corrompue.
Toujours aveuglés par la cupidité et le besoin d'argent, les Lestrange décidèrent de frapper encore plus fort. Ce fut Bellatrix qui proposa l'idée de s'attaquer directement à Blaise Zabini, afin d'affaiblir le clan. Ils fomentèrent alors un plan, envoyant Scarlett, une escort de luxe de leur réseau pour l'attirer dans un piège.
La jeune femme ne revint pourtant jamais de cette mission-suicide, comme l'appelait intérieurement Noah. Sa disparition fit comprendre aux Lestrange qu'attaquer le clan Zabini ne serait pas chose facile. Noah, qui était régulièrement en contact avec les femmes qu'il recrutait, n'aurait pas été étonné d'apprendre que Scarlett ait tenté de les doubler. Elle avait toujours été le genre de femme à s'accoler au plus offrant. D'expérience, Noah savait qu'il existait deux sortes de prostituées. Celles qui étaient facilement manipulables et influençables. Et les autres, qui savaient mener leur barque et courir après leurs objectifs personnels, sans s'encombrer d'une quelconque loyauté. Un pari risqué qui pouvait parfois se révéler payant.
Scarlett avait toujours été l'une des favorites du catalogue des Lestrange. Sa beauté, sa féminité et sa sophistication étaient grandement appréciées par les clients de haute stature et elle rapportait des sommes importantes. Peu d'hommes pouvaient lui résister. Hormis la perte de son potentiel pécuniaire, les Lestrange ne se formalisèrent pas outre-mesure de la disparition de Scarlett. Elle avait été soumise au sortilège de Fidelitas et ne pourrait donc pas donner d'informations compromettantes aux Zabini à leur sujet.
Noah observait avec curiosité ce conflit haletant entre l'aristocratie faisandée du régime. L'avantage des Lestrange résidait dans le fait que personne ne savait qu'ils étaient liés à ces activités. Certaines personnes avaient vent de leurs fêtes douteuses - mais pas du trafic plus sophistiqué qui se tramait désormais en arrière-plan.
La disparition soudaine de Ludovic Verpey, un ami proche et associé décavé de Bellatrix, changea toutefois la donne. Une enquête privée révéla qu'il avait été aperçu à la même table que Zabini le soir de sa mort. Cette information provoqua une agitation latente chez les Lestrange, qui se demandaient s'il s'agissait d'une coïncidence ou si les Zabini avaient des doutes sur leur implication. Ce fut la première fois que Noah vit Bellatrix afficher de la nervosité. Elle reprit toutefois rapidement sa contenance, refusant d'être troublée par une famille qu'elle considérait comme inférieure et qui selon ses mots, souillait la grandeur du Coven sacré.
Après cet échec, Bellatrix sembla devenir plus désespérée - et elle demanda à Rabastan et Noah d'accélérer les activités afin de générer davantage d'argent.
Noah fut donc chargé d'approcher plusieurs établissements nocturnes afin de créer de nouvelles alliances. Avec les années, Noah s'était construit son propre réseau de recruteurs. Il était formé de prostituées qui, comme lui l'avait compris, savaient qu'elles gagnaient davantage en trouvant de nouvelles victimes plutôt qu'en exerçant elles-mêmes. Dans ce système pyramidal, tout le monde y trouvait son compte, sauf les personnes exploitées au plus bas de l'échelle.
Pendant une nuit d'hiver particulièrement froide, Noah se rendit donc à l'Ambrosia, l'un des bordels qui collaboraient étroitement avec les Lestrange.
« Pouvoir et pureté, monsieur Vaisey. » l'accueillit la gérante d'une voix modulée.
Vivienne van Detta était la propriétaire de l'établissement. C'était une femme d'une soixantaine d'années, qui ne faisait pourtant pas son âge. Avec son allure impeccable, son air suave et sa capacité à manipuler les gens, elle était une femme d'affaires redoutable. Ancienne prostituée, devenue gérante de Maison, elle s'était imposée comme une figure importante du milieu, forte de ses quarante ans d'expérience.
C'était par opportunisme qu'elle avait accepté de s'affilier aux Lestrange. L'accès et la protection qu'ils offraient étaient difficiles à obtenir ailleurs. Grâce à eux, elle avait accès à une clientèle de luxe pour son établissement, prête à débourser des sommes exorbitantes, qu'elle n'aurait jamais trouvé ailleurs. Elle évitait également les contrôles du Ministère.
« J'ai bien reçu votre message. » indiqua Vivienne tandis qu'elle l'accueillait dans un petit salon intime aux teintes voluptées, avec ses fauteuils en velours et ses tapis lanugineux.
Noah hocha la tête tandis qu'il prenait place sur un sofa. Rabastan avait été clair - il était primordial de doubler l'activité sur les prochains mois. Mais pour se faire, ils avaient besoin d'agrandir leur réseau de travailleurs. Plus important encore, ils devraient privilégier les activités aux tarifs les plus onéreux en raison de leur rareté.
« Comme convenu, je vais mettre à votre disposition l'une de mes meilleures recruteuses. Elle est jeune, mais croyez-moi, elle est extrêmement talentueuse. » assura Vivienne, avec satisfaction. « Et surtout, elle a un talent extraordinaire pour dénicher la marchandise exotique. »
Elle se tourna vers le côté opposé de la pièce où une silhouette féminine sortit de l'ombre.
« Approche donc, très chère. Je veux te présenter à l'un de mes amis. » ordonna Vivienne d'une voix suave.
Noah observa la nouvelle arrivante avec attention. Il s'agissait d'une jeune fille. Ses deux longues tresses blondes lui donnaient presque un air enfantin. Elle paraissait jeune - probablement à peine majeure, pensa-t-il. Qui aurait pu se méfier d'une jeune fille comme elle ? Avec sa peau de porcelaine et son visage d'ange, elle était le symbole de l'ingénue.
Pourtant, lorsque ses lèvres s'étirèrent en un sourire malicieux et qu'une lueur espiègle traversa son regard, Noah réalisa qu'elle n'était probablement pas si innocente qu'elle le laissait paraître au premier abord.
« Kitty Sharp. » se présenta-t-elle d'une voix confiante. « Pour vous servir. »
Vous vous rappelez de Kitty, la petite voleuse qui mentorait d'Ivo ? On dirait bien qu'elle traîne dans des histoires bien plus sombres.
Je vous laisse deviner ce que ça peut vouloir dire.
Mis à part ça, ce chapitre était plus 'calme' - ce qui fait du bien parfois, dans cette histoire mouvementée :p
Hermione s'est enfin décidée à enquêter plus sérieusement sur Georgina… Pas sûre que ça plaise à Théo…
Et ça faisait des lustres qu'on n'avait pas vu la Résistance !
Dites-moi ce que vous en avez pensé !
Bises,
Fearless
