Valeur et vertu le beau monde,
Je poste deux jours en avance parce que je vous apprécie beaucouuup (je ne suis pas QUE sadique - je peux être gentille, parfois) et parce que vos commentaires sont toujours tellement motivants ! On a dépassé les 300 reviews, wooow ! Je suis trop contente ! :)
Donc un énorme merci à Jiwalumy, Brouette, Fatia Obisesan, Ginny Danae Malfoy, Lestrange-maria, plinchy, DI5M, coeerinnee et Gerhardt !
Playlist/montage à retrouver sur mon profil !
Bonne lecture !
XLV. Manœuvres Florentines
Plongée dans un amas de parchemins, Ginny s'efforçait de déchiffrer la phrase sur laquelle elle était bloquée depuis près de cinq minutes. Elle savait pourtant que c'était peine perdue. Son niveau d'attention était au plus bas à cause de la fatigue. La nuit dernière avait été courte et la journée suivante, chargée.
Elle se frotta les tempes, avant d'avaler une autre gorgée de thé. Elle grimaça en réalisant qu'il était devenu froid. Trop occupée par son travail, elle l'avait oublié sur le bureau. Il fallait vraiment qu'elle reprenne un rythme de sommeil sain, songea-t-elle avec un long bâillement. Sa fatigue commençait à se faire ressentir sur son corps et elle ne pouvait pas se permettre de faire des erreurs.
Elle avait officiellement signé son contrat avec le cabinet de la gouverneure Warrington et avait repris son rôle de Consultante sur son projet de loi. Depuis, Ginny travaillait d'arrache-pied, sans aucune interruption, et peinait à concilier les deux activités. Avec son éternel pragmatisme, Draco lui avait demandé pourquoi elle n'abandonnait tout simplement pas son poste auprès de Pansy pour se concentrer pleinement à sa mission au cabinet.
La perspective n'avait pas enchanté Ginny. Elle devait admettre qu'elle appréciait son travail pour Pansy. Les tâches étaient variées, elle apprenait énormément, rencontrait du monde et bougeait beaucoup, ce qui correspondait davantage à sa personnalité. Elle n'était pas du genre à rester toute la journée derrière un bureau, occupée à analyser des documents et à faire des tâches qui demandaient des capacités cérébrales supérieures.
De plus, l'expérience lui avait prouvé que sa place au cabinet n'était pas aussi stable qu'elle le pensait. Après l'attentat, ils avaient suspendu sa mission du jour en lendemain. Si elle n'avait pas pu se rabattre sur son emploi à l'apothicairerie de Burke et plus tard avec Pansy, Ginny se serait retrouvée dans une situation financière problématique.
Son contrat était temporaire et soumis à des conditions strictes, contrairement aux autres membres du cabinet qui étaient officiellement employés par le Ministère de la Magie, indépendamment du projet de loi de la Gouverneure.
Le contexte au Ministère était trop instable et Ginny ne voulait pas prendre le risque de se retrouver sans emploi du jour au lendemain. Si la Commission avait suspendu le projet subitement, ils pourraient le refaire tout aussi facilement.
Une partie d'elle ressentait de la culpabilité à l'idée de laisser tomber Pansy qui avait besoin d'elle. Leur trio avec Romilda Vane fonctionnait étrangement bien et elles avaient instauré une routine efficace durant ces derniers mois. Pansy faisait évidemment de son mieux pour nourrir sa culpabilité.
« Elle peut très bien se trouver une autre assistante. » avait dit Draco, qui ne semblait pas s'émouvoir de la situation. « Elle a vu beaucoup de gens passer à ce poste, je suis certain qu'elle peut trouver quelqu'un de correct si elle fait un effort. »
Ginny avait toutefois refusé, assurant qu'elle serait capable de gérer les deux. Elle commençait toutefois à avoir de sérieux regrets. Elle ne travaillait jamais moins de soixante-heures par semaine, sans compter les heures en dehors du travail, pendant lesquelles elle devait remplir les demandes farfelues de Pansy. Cette dernière avait besoin de son aide et elle ne voulait pas lui faire faux bond. Elle attendrait la fin de la saison mondaine pour démissionner ou pour réduire considérablement ses heures.
Ginny laissa échapper un énième bâillement avant de se relever pour préparer une nouvelle tasse de thé avant de se remettre au travail. Ils travaillaient sur le premier jet de la proposition de loi, incluant une liste de professions à rendre accessibles aux Sang-Impurs. Ils savaient qu'il serait trop difficile d'obtenir une autorisation pour tous les emplois proposés. Ils avaient donc décidé de suggérer des changements par vague, en se concentrant d'abord sur les professions qui auraient rapidement un impact positif.
La Gouverneure avait réclamé à Ginny de classer les professions par ordre d'importance en ajoutant un raisonnement bref mais impactant pour chacune d'elles. La tâche était ardue mais incroyablement stimulante pour Ginny qui avait le sentiment d'apprendre énormément. L'argument principal était quasiment toujours l'argument financier. En ouvrant l'accès aux Sang-Impurs, certaines industries verraient leur productivité multipliée de manière exponentielle tout en gardant un coût relativement minime, ce qui aurait un impact sur les profits.
Aux alentours de dix heures du soir, Ginny décida de s'arrêter. Elle était de toute façon trop fatiguée pour continuer et elle ne voulait pas bâcler son travail. La gouverneure était extrêmement exigeante. Quant à certains membres du cabinet, ils l'attendaient au tournant, pressés qu'elle fasse la moindre erreur pour la fustiger auprès de Cressida Warrington. Les relations de Ginny et Mandy Brocklehurst étaient toujours mouvementées. Heureusement pour Ginny, Mandy avait depuis décidé de l'ignorer, ce qui l'arrangeait grandement. Cette attitude était bien plus facile à gérer que les remarques désobligeantes qu'elle avait lancées à Ginny à sa première arrivée au cabinet.
Ginny se préparait à se mettre au lit lorsque la sonnerie de son appartement retentit soudainement. Elle esquissa une grimace. S'agissait-il de Pansy qui voulait lui réclamer quelque chose ? Elle la contactait d'habitude par le biais de son miroir à double sens mais Ginny l'avait laissé dans son sac pour ne pas être distraite pendant qu'elle avançait sur ses tâches.
Elle se dirigea vers la porte, se préparant mentalement à refuser poliment - mais fermement - sa requête, une tâche généralement ardue. Ce n'était toutefois pas Pansy Parkinson qui se trouvait dans l'encadrement de la porte. Les yeux de Ginny s'écarquillèrent en voyant Draco. Il venait rarement à l'improviste. Il était très à cheval sur ses rendez-vous et son agenda et il la prévenait toujours quand il comptait venir la voir.
« Draco ? » dit-elle, un peu surprise, s'effaçant de la porte pour le laisser entrer. « Je ne t'attendais pas, ce soir. Tout va bien ? »
« Oui. Je ne voulais pas rentrer au Manoir immédiatement. » confessa-t-il avec un soupir.
Elle ne put s'empêcher de voir à son visage qu'il était harassé. Si Ginny travaillait beaucoup, ce n'était rien comparé au temps que Draco passait dans la gestion de l'Augurey Magistral. Contrairement à elle, pourtant, il n'affichait jamais de signes de fatigue et semblait toujours très éveillé. C'était loin d'être le cas de Ginny qui devenait très étourdie ou de mauvaise humeur lorsqu'elle n'était pas suffisamment reposée.
La mine décontenancée de Ginny s'adoucit, au profit d'une expression plus douce. Elle s'approcha de lui, et glissa ses bras autour de sa nuque. Le voir préoccupé la fit immédiatement oublier sa fatigue et elle n'eut qu'une envie - l'aider à se détendre.
Elle était heureuse d'être une épaule pour lui quand il n'était pas au sommet de sa forme. Draco donnait toujours cette impression de pouvoir tout gérer, affichant rarement de la faiblesse. Au fil de leur relation, elle avait toutefois réalisé qu'il portait une pression démesurée sur les épaules. Il se montrait de plus en plus vulnérable à ce sujet avec elle - chose qu'elle appréciait grandement.
Être présente pour l'autre dans les moments difficiles était un aspect important d'une relation. Elle aimait savoir que c'était sa présence qu'il recherchait dans ces moments.
« Je suis contente de te voir. » souffla Ginny avant de l'embrasser.
Lorsqu'ils s'écartèrent, il sembla plus détendu et Ginny lui adressa un sourire éclatant.
« Je vais préparer du thé. » dit-elle avant de se diriger vers la cuisine.
Quelques instants plus tard, elle rejoignit Draco sur le sofa, faisant léviter une tasse de thé qu'il attrapa prudemment au vol. Il lui indiqua que ses parents – et son père en particulier - agissaient de manière suspicieuse ces derniers temps.
« Il est encore plus infect qu'habituellement - si c'est même possible. » ajouta Draco, avec une amertume manifeste.
Le père de Draco avait toujours fait preuve de désamour envers lui. L'estomac de Ginny se serra lorsqu'elle repensa au souvenir qu'elle avait vu à travers la pensine. La scène entre Draco et son père l'avait profondément ébranlée. Même si Draco ne l'avait jamais dit de manière claire, Ginny avait rapidement compris à quel point cela l'affectait. Les choses avaient semblé s'empirer récemment. Draco était persuadé que ses parents lui cachaient quelque chose - et cela le frustrait au plus haut point.
« Je ne supporte plus d'être dans les parages quand il est là. » révéla Draco d'un ton contrarié, à l'issue d'une longue complainte.
Draco n'était habituellement pas du genre à s'épancher sur ses problèmes et sur ses états d'âme, surtout quand ils touchaient des sujets sensibles comme sa relation tendue avec son père. Le voir s'exprimer ainsi lui prouva qu'il avait probablement atteint le summum de sa frustration.
Ginny caressa lentement le bras qu'il avait glissé autour de sa taille. Elle était assise entre ses jambes et l'arrière de sa tête reposait contre son torse. Même si elle ne pouvait pas voir son visage dans cette position, elle devinait son expression.
« Tu ne penses jamais à partir ? » demanda Ginny dans un souffle.
La solution lui paraissait des plus faciles. C'était ce qu'elle avait fait quand le côté surprotecteur de Bill était devenu trop pesant pour elle. Même si les premiers mois d'indépendance avaient été difficiles, elle avait apprécié de ne plus se retrouver devant le jugement constant de son frère aîné. Draco, lui, pouvait largement se permettre de quitter le domicile familial pour s'installer ailleurs. L'aspect financier était loin d'être un obstacle dans son cas.
« Si tu vivais ailleurs, ça t'éviterait de le croiser autant. Peut-être que ça arrangerait un peu les choses. » poursuivit-elle en haussant les épaules.
On disait souvent que l'absence renforçait l'affection. Après tout, cela avait fonctionné avec sa propre famille. Le fait de ne plus être au domicile de son frère lui faisait apprécier davantage les moments qu'elle passait avec lui et sa famille.
« De toute façon, tu passes la majorité de ton temps à l'hôtel ou ici. Tu n'es pas beaucoup chez toi. Alors ça ne ferait pas énormément de différence, non ? » interrogea-t-elle en levant un sourcil.
Elle ne put s'empêcher de se demander comment se passeraient les choses si Draco venait la rejoindre dans cet appartement. Après tout, ils passaient déjà énormément de temps ensemble dans cet endroit, et cela lui avait donné un aperçu de ce que pourrait être un quotidien entre eux.
Elle savait pourtant que les circonstances autour de leur relation ne leur permettaient pas une telle folie. Leur relation était supposée être un secret. Comment pourrait-il justifier d'emménager avec elle, une Sang-Impure dont son entourage ne connaissait même pas l'existence ? Elle secoua la tête, se forçant à abandonner cette idée rêveuse et stupide.
« Crois-moi, ce serait un plaisir pour moi de partir. Mais ma mère ne me laissera jamais faire. » soutint-il.
Cette réponse déconcerta Ginny. Draco était quelqu'un d'indépendant. Elle savait que l'avis de sa mère comptait beaucoup pour lui mais elle était surprise que ce soit un prétexte suffisant pour qu'il reste sous le toit de ses parents.
« Elle insiste pour que j'y reste. En grande partie pour des raisons de sécurité. » ajouta-t-il.
« Comment ça ? » demanda Ginny, confuse.
« Tu as déjà entendu parler de la magie protectrice ? » interrogea Draco.
Ginny eut un instant de réflexion.
« Tu veux parler des protections que le Ministère place sur le domicile des gens ? »
Draco secoua la tête.
« Non. C'est autre chose. » rectifia-t-il en se redressant. « Chaque demeure a la possibilité de développer par elle-même des protections. C'est de la magie ancestrale. Si une maison a été habitée par des générations d'une même famille, et qu'ils ont appliqué des sortilèges de protection à travers les années, ces sorts deviennent extrêmement puissants et se cumulent pour protéger leur descendance. Au bout d'un certain temps, la magie protectrice s'intègre directement dans les fondations. C'est comme si la maison se réveillait, en quelque sorte. Les murs, les sols et même les statues s'activent pour protéger les habitants des dangers et des infractions. »
Ginny l'écoutait avec fascination. Jamais elle n'avait entendu parler d'un tel phénomène.
« Notre Manoir est si vieux que les protections qui se sont développées à travers les siècles sont massives. Il est quasiment impossible d'y pénétrer par effraction ou de nous attaquer sur place. » lui expliqua Draco. « C'est une protection importante, que possède la majeure partie des Treize. Le Manoir des Nott, par exemple, a aussi des protections très puissantes. Pareil pour celui des Macmillan. C'est parce qu'ils ont gardé le même domaine pendant des siècles, en le passant de génération en génération. »
« Je ne savais pas que ce genre de choses existait. » murmura Ginny, avec surprise.
« Ce n'est pas commun. Évidemment, il est possible pour une famille ou juste un membre de déménager ailleurs, mais ils ne bénéficieront pas de la magie protectrice dans leur nouveau domicile. Ils devront se rabattre sur les sorts de protection standards. » souligna Draco.
« Comme Pansy ? » devina Ginny.
« Oui. C'est pour ça qu'il y a autant de gardes autour de son appartement. Et elle fait aussi usage des protections du Ministère. Mais elles ne seront jamais aussi puissantes que celles de la propriété des Parkinson, où vivent ses parents. » expliqua Draco.
Entrer chez Pansy était toujours un parcours du combattant avec les vérifications faites par le personnel de sécurité. Ginny avait toujours pensé que Galileo seul se chargeait de la sécurité de Pansy par rapport à son statut sacré. Elle avait toujours pensé que le reste des gardes étaient présents parce qu'elle était une célébrité.
« Dans ma famille, il est rare qu'on quitte le Manoir. Ça ne se fait quasiment jamais, en réalité. On y reste la majorité de nos vies. Mon grand-père est parti après avoir laissé le flambeau à mon père mais il est allé dans une résidence secondaire qui a également développé la même magie car nous la possédons depuis très longtemps. Ce n'est pas au même niveau que le Manoir principal, mais c'est présent. » poursuivit Draco. « Il est probable que je reste au Manoir même lorsque je serai marié et que mon père me lèguera le rôle de Gouverneur. »
Ginny resta silencieuse devant ses paroles. A cause de leur proximité, Draco dû sentir qu'elle s'était soudainement tendue car il l'interrogea :
« Tout va bien ? »
Ginny hocha lentement la tête.
« Oui. » murmura-t-elle d'une voix plate.
Elle se dégagea de l'étreinte de Draco.
« Je… Je suis épuisée. » prétendit-elle.
Ce n'était pas entièrement un mensonge. Elle était réellement exténuée même si ce n'était pas la raison de son soudain mal-être.
« Il faut vraiment que j'aille me reposer. Je dois me lever de bonne heure demain, pour finir mon dossier avant le travail. Tu devrais rentrer. » murmura-t-elle.
Elle s'était écartée de lui, reprenant une position normale sur le sofa et croisant les bras, évitant son regard. Draco leva un sourcil, un peu surpris devant son empressement soudain. Il se rapprocha à nouveau d'elle, réduisant la distance qu'elle avait instauré.
« Tu es sûre que tu ne veux pas que je reste ? » demanda-t-il d'un ton entendu, en posant une main sur sa cuisse, la caressant lentement.
« Je ne veux pas de distractions, Draco. » dit-elle en détournant les yeux.
« Je te promets de bien me comporter. » murmura-t-il avant de se pencher dans sa direction et d'embrasser sa nuque.
Ginny tressaillit au geste, sentant la sensation agréable de ses lèvres sur cette zone si sensible chez elle. La main de Draco quitta sa cuisse et remonta au niveau de sa taille pour la rapprocher de lui. Pendant un bref instant, Ginny le laissa faire, ses yeux à demi-clos, perdue dans la sensation agréable de son toucher. Pourtant, comme traversée par un éclair de lucidité, elle le repoussa fermement.
« Draco, je dois vraiment finir ça avant demain matin sinon Pansy va me tuer. Tu veux recevoir son courroux si elle apprend que je n'ai pas pu le faire car tu m'as distrait ? » dit-il en levant d'une voix ferme avant de se relever, remettant de la distance entre eux.
« Non. » céda-t-il avec une grimace.
Il se releva.
« Bonne nuit, Ginevra. » dit-il en se penchant dans sa direction pour un bref baiser avant de prendre congés.
Elle attendit que la porte soit fermée et qu'elle ne puisse plus entendre les pas de Draco dans le couloir pour inspirer profondément, le dos rivé contre la porte. Et soudainement, elle se mit à pleurer, laissant échapper les larmes qu'elle avait retenues depuis la fin de leur conversation. Elle s'était empressée de lui demander de partir, ne voulant pas pleurer ainsi devant lui. Ses paroles l'avaient blessée et confrontée à une vérité rude.
L'entendre ainsi parler du futur qui l'attendait - marital et social - avait fait naître une angoisse profonde chez elle. Ce qu'ils vivaient actuellement, aussi intense que cela puisse être, était compté. Bien qu'invisible, un compte à rebours pesait sur eux et elle ignorait combien de temps il leur restait. Draco était l'héritier d'une dynastie sacrée du régime. On attendait beaucoup de sa part. Il avait le devoir d'épouser une femme de bonne lignée pour renforcer ses alliances.
Ginny n'était qu'une femme de passage pour lui, une aventure éphémère qu'il s'autorisait avant de prendre ses vraies responsabilités. Elle ne serait jamais plus pour lui. Il ne pourrait jamais épouser quelqu'un comme elle à cause de ses origines. Il était destiné à épouser une femme bien née, comme Astoria Greengrass ou quelqu'un du genre. Et le pire dans cette situation était qu'elle l'avait toujours su. Même Pansy l'avait prévenue.
« Ne tombe pas dans le piège des sentiments. Tu vas te faire du mal inutilement. » lui avait dit Pansy, quelques mois plus tôt.
C'était déjà trop tard. Après ces derniers mois passés à vivre cette relation intensément, elle était tombée amoureuse. Se rendre compte qu'elle était vouée à l'échec était tellement douloureux. Ses larmes s'intensifièrent et Ginny enfouit son visage dans ses mains, ne pouvant pas interrompre ce torrent soutenu de larmes, son cœur serré et endolori.
En continuant cette relation, elle ne faisait que retarder l'inévitable. Et même si elle se mentait, et décidait de profiter du moment présent, il arriverait ce jour fatidique où elle devrait faire face à la réalité. La douleur n'en serait que pire.
Ce qui s'était passé pour Théodore et Hermione était un acte isolé. Une folie que ni elle, ni Draco, ne pouvait se permettre. Ce n'était pas ainsi que les choses se passaient, dans la réalité. La souillon ne finissait pas avec le prince.
Ils ignoraient encore tout des retombées qui attendaient Théodore et Hermione pour leur mariage controversé. Et Draco était différent de Théodore qui ne semblait pas s'embarrasser des considérations liées à son statut. Ce dernier se fichait des traditions et de son titre. Tout le contraire de Draco qui avait des convictions profondes et des aspirations depuis toujours. Draco avait un sens du devoir exacerbé. Il était loyal envers son clan. Il était droit dans ses bottes et aspirait à hériter du rôle et du futur qui lui étaient destinés depuis sa naissance. Tous ses actes étaient réalisés pour remplir cet objectif savamment préparé. C'était également pour cette raison qu'il cherchait l'approbation de ses parents en travaillant aussi dur.
Draco lui avait déjà parlé d'Astoria Greengrass et des tentatives de sa sœur Daphné pour sceller une union entre eux. Il avait même caressé l'idée pendant un instant avant de se rétracter. S'il était prêt à épouser une femme qu'il n'aimait pas dans les liens sacrés, cela prouvait son attachement et sa détermination à suivre le chemin tracé qui l'attendait. A reprendre le flambeau qui lui revenait.
Les sanglots de Ginny redoublèrent. Elle n'aurait jamais pensé pouvoir ressentir autant de choses pour quelqu'un comme lui. Sans doute était-ce parce qu'elle avait cru qu'il ne pourrait jamais rien se passer entre eux qu'elle avait ainsi baissé sa garde. En voulant se l'interdire à tout prix, elle était justement tombée dans le piège des sentiments, sans pouvoir le contrôler.
Être un secret pour lui et ne pas pouvoir vivre sa relation au grand jour lui pesait déjà, alors qu'ils ne se fréquentaient que depuis quelques mois. Comment parviendrait-elle à accepter cela plus longtemps sans être profondément frustrée et malheureuse ?
Elle voyait les gens autour d'elle exprimer leur amour comme ils l'entendaient. Bill et Fleur étaient heureux. Théodore et Hermione s'étaient mariés, malgré les embûches. Quelques jours plus tôt, elle avait même reçu une invitation pour assister au mariage de Cédric Diggory, le fils du couple qui les avait recueillis, Bill et elle, après l'incendie du Terrier. Il allait épouser sa fiancée après deux années de relation. Ginny, elle aussi, avait toujours rêvé de pouvoir vivre un amour fort et intense avec l'homme qui passerait le restant de sa vie à ses côtés.
Elle était pourtant tombée amoureuse de la seule personne qui ne serait pas en mesure de lui offrir ce futur.
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« Le Conseil d'Administration préconise donc une enquête plus approfondie pendant les prochaines semaines. » récita l'inspecteur d'une voix formelle avant de rouler le parchemin.
Un silence chargé suivit cette annonce. Narcissa jeta un regard en biais vers Lucius dont le visage était resté impassible. Il observait l'homme avec flegme tandis que ce dernier relatait le compte-rendu de l'enquête préliminaire menée par le conseil d'administration de Machinations Malforescentes. Narcissa savait toutefois que Lucius était loin d'être aussi impassible qu'il le laissait paraître.
Quelques semaines plus tôt, ils avaient été convoqués par le conseil d'administration, pour apporter des éclaircissements sur des dérèglements financiers importants dans les comptes de l'entreprise. Lucius s'était justifié en prétendant qu'il s'agissait d'erreurs de comptabilité mais sa réponse n'avait pas été jugée satisfaisante. Une réunion d'urgence avait donc été organisée.
« Nous aimerions vous croire, monsieur Malfoy. Mais des dysfonctionnements très alarmants ont été identifiés pendant cette enquête préliminaire. Des dysfonctionnements qui inquiètent une grande majorité du conseil d'administration. Il est impératif de faire un audit dans les comptes afin de comprendre l'ampleur de la situation. »
« Êtes-vous en train de nous accuser ? » demanda Lucius d'une voix glaciale.
« Non. Nous ne vous accusons de rien, monsieur le Gouverneur. Nous réclamons simplement une enquête approfondie afin de régler la situation au plus vite. » indiqua l'homme d'un ton imperturbable.
Il ne sembla pas se laisser intimider par le regard austère de Lucius.
« Pour votre information, nous avons sollicité le détail de toutes les opérations financières sur les dix dernières années. » indiqua l'inspecteur.
Narcissa risqua un nouveau regard vers Lucius. Même si son visage semblait garder sa contenance, elle aperçut une veine sur sa nuque tressaillir, signe évident de sa nervosité. La réunion prit fin, et les membres du conseil quittèrent la pièce. Narcissa se tourna vers Lucius, s'apprêtant à émettre un commentaire.
« Pas ici, Narcissa. » coupa-t-il d'une voix autoritaire.
Il observa autour de lui, soudainement nerveux, comme s'il craignait qu'on les écoute. Narcissa hocha la tête, lui signifiant qu'elle avait compris sa préoccupation. Ce fut seulement lorsqu'ils furent de retour dans l'intimité du manoir familial, qu'ils purent s'exprimer en toute liberté.
« Je ne serais pas étonné qu'ils écoutent nos conversations au bureau. » indiqua Lucius en serrant les dents.
Il faisait les cent pas dans son bureau sous le regard calme de Narcissa, assise sur un siège. Elle l'avait rarement vu aussi agité. Lorsque le conseil les avait convoqués, il était venu la trouver en panique pour lui révéler qu'il avait falsifié des documents et menti sur certains chiffres afin de rassurer les investisseurs et d'attirer davantage de financements. A l'époque, l'entreprise traversait une période compliquée. Cela avait été la première crise à gérer pour Lucius qui avait récemment été nommé à la tête de l'entreprise, après le départ à la retraite d'Abraxas.
Les révélations soudaines de Lucius lui avaient confirmé la gravité de la situation et les retombées potentielles. Malgré leur mariage bancal et sans amour, ils avaient un arrangement solide sur l'aspect financier et professionnel et veillaient à l'épanouissement de leurs affaires et de leur clan.
Dobby entra dans la pièce, apportant le thé que Narcissa avait réclamé à leur arrivée. Elle observa distraitement l'elfe tandis qu'il s'approchait de Lucius pour le servir. Ce dernier s'empara de sa tasse de thé d'un air contrarié. Narcissa fit un mouvement de la tête quand l'elfe posa une tasse près d'elle.
« Devrait-on en parler à ton père ? » risqua Narcissa, observant attentivement son mari faire le tour de la pièce, en proie à une véritable transe.
« Surtout pas. » refusa immédiatement Lucius. « Je vais contacter Sleezer. Essayer de comprendre quelles sont nos options. »
Narcissa hocha la tête.
« Ça me semble être la meilleure solution. » indiqua-t-elle d'une voix douce avant de se relever.
Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la pièce, elle sentit une main saisir son poignet. Elle se tourna vers son mari, observant sa main, interdite.
« Nous allons devoir tout faire pour surmonter cette crise. » affirma-t-il. « Ensemble. »
Elle l'observa avec surprise, prise de court devant la lueur implorante dans les yeux gris de son mari. Un mélange de supplication et de vulnérabilité, qu'elle n'avait jamais vu chez lui. Elle posa une main sur la sienne, la serrant fermement.
« Évidemment, Lucius. Tu sais que le bien-être et le futur de notre famille sont toujours ma priorité. » répondit-elle d'une voix assurée.
Il hocha la tête, une lueur rassurée passant dans son regard, avant de relâcher son poignet. Narcissa quitta la pièce d'un air pensif, serrant toujours dans ses mains la tasse de thé qu'elle n'avait pas touchée, encore déroutée par la nervosité qu'elle avait décelée chez son mari.
Comme d'habitude, c'était elle qu'il sollicitait pour régler la situation. Elle devait toujours passer derrière lui pour corriger ses erreurs. Malgré le mépris dont il faisait parfois preuve à son égard, et l'image qu'il voulait montrer en public, son attitude prouvait qu'il savait ce qu'il en était réellement. Narcissa était la plus capable des deux et c'était son aide qu'il venait chercher lorsque la situation devenait trop difficile pour lui.
Le lendemain, tandis qu'elle entrait dans son bureau après une réunion mouvementée avec un représentant gobelin de Gringotts, on frappa à la porte. Encore contrariée par l'échange houleux qui avait duré près de deux heures, et qui, comme ces derniers mois, n'avait abouti à rien de concret, Narcissa leva la tête, prête à congédier la personne. Son visage s'adoucit lorsqu'elle vit Allegra McGrath entrer dans le bureau, refermant soigneusement la porte derrière elle.
« Valeur et vigueur, Mrs Malfoy. Miss Daphné Greengrass souhaite s'entretenir avec vous. Elle dit venir de la part de son père - monsieur le Gouverneur. » annonça Allegra d'une voix claire.
Narcissa leva un sourcil, un peu déroutée par cette demande. Elle connaissait vaguement cette jeune femme, qui était dans le cercle de Draco. Elle savait aussi que son fils et cette dernière avait partagé une relation intime, même si ce dernier ignorait qu'elle était au courant.
Narcissa l'avait croisée au détour de quelques évènements mondains, pendant lesquelles elles avaient partagé des discussions brèves et polies, comme le commandaient les convenances. Elles n'avaient toutefois aucune raison de s'entretenir en privé sur un quelconque sujet.
Narcissa avait été en contact avec le gouverneur Georgius Greengrass pour quelques sujets immobiliers à travers les années mais ce dernier s'adressait généralement à Lucius. Elle trouva étrange la requête soudaine de Daphné mais sa curiosité n'en fit que grandir.
« Très bien. Donnez-lui un rendez-vous. » sollicita Narcissa.
« Vous avez un créneau jeudi après-midi. » indiqua Allegra, après avoir vérifié son agenda.
Narcissa hocha la tête en guise de confirmation. Allegra s'approcha de son bureau, et y posa une feuille de rendez-vous qu'elle annexa à l'agenda de Narcissa à l'aide d'un sort.
« Merci, Miss McGrath. » répondit poliment Narcissa.
Elles échangèrent un long regard et les joues d'Allegra rosirent légèrement.
« J'ai réservé une suite à l'Augurey Magistral, pour ce soir. » annonça Allegra d'une voix plus basse.
« Parfait. » répondit Narcissa, ses lèvres s'étirant en un sourire à peine visible.
Elle tendit la main pour prendre l'agenda et caressa au passage celle de son amante. Allegra lui adressa un regard appuyé avant de quitter la pièce.
Avec les problèmes qui menaçaient l'entreprise, leurs entrevues s'étaient faites plus rares. Lucius semblait plus présent que jamais et la sollicitait davantage. Narcissa ne voulait pas prendre le moindre risque. Elle était toutefois heureuse et impatiente de retrouver son amante le soir même, sous le couvert du travail. Elle avait besoin de relâcher la pression.
Plus que jamais, les prochains mois risqueraient d'être cruciaux et il était nécessaire qu'elle garde la tête froide et qu'elle gère la situation avec attention et prudence. Le moment qu'elle préparait depuis des années approchait et elle ne devait faire aucune erreur.
Le jeudi suivant, elle reçut Daphné Greengrass au Grand Café de Linder, un lieu prestigieux où Narcissa organisait parfois des rendez-vous d'affaires. Une loge privée était réservée à la direction de Machinations Malforescentes pour ces occasions. C'était parfois dans le cadre informel d'un déjeuner que les accords les plus importants étaient décidés.
« Mrs. Malfoy. Merci de me recevoir. » dit Daphné d'une voix courtoise tandis qu'elle prenait également place à la table. « Je sais que vous êtes extrêmement occupée et j'apprécie grandement votre disponibilité. »
Narcissa se contenta d'un sourire affable.
« Vous savez Mrs Malfoy, je vous ai toujours beaucoup admirée. Vous êtes un modèle à suivre pour les jeunes femmes de notre génération. Beaucoup d'entre nous aspirent à un parcours comme le vôtre. »
« Et je suis certaine que suivrez un parcours tout aussi fructueux, Miss Greengrass. Je crois me souvenir que vous êtes impliquée dans la gestion de l'entreprise de votre père. Je n'ai absolument aucune inquiétude vous concernant. » indiqua Narcissa tandis qu'elle dépliait sa serviette pour la poser sur ses genoux, d'un geste gracile.
Daphné esquissa un petit sourire satisfait, visiblement flattée par sa remarque. La conversation se déplaça vers des banalités polies, telles que les récentes activités immobilières des Greengrass et les évènements à venir dans le cadre de la Saison mondaine.
« Justement… En parlant du GAGE, j'y ai croisé Draco. » commenta Daphné après avoir avalé une gorgée de sa tasse de thé. « Il me semble que ni vous, ni votre mari n'étaient présents, ce jour-là. »
Narcissa ne répondit pas immédiatement, prenant le temps de mâcher le morceau de scone qu'elle venait de placer dans sa bouche.
« Nous avions d'autres impératifs, de dernière minute. Draco s'est chargé de nous représenter. » répondit-elle finalement.
Daphné hocha la tête et Narcissa suspecta que cela avait un lien avec la raison de cette entrevue inattendue.
« A vrai dire… C'est justement à ce sujet que je voulais m'entretenir avec vous, Mrs Malfoy. Nous savons tous à quel point les apparences sont importantes, surtout par les temps qui courent. J'imagine que vous voulez vous assurer que votre fils représente les intérêts de votre clan comme il se doit. » dit-elle.
« Pourquoi ne pas partager vos inquiétudes, Miss Greengrass ? » demanda Narcissa.
Elle commençait à s'impatienter devant les simagrées de cette jeune femme. Comme toujours, toutefois, elle garda son sang-froid et s'adressa à elle avec un calme olympien.
« Draco et moi avons toujours été des amis proches, malgré quelques querelles récentes. C'est pour cette raison que je me sens obligée de vous parler de ce que j'ai vu. Je ne voudrais pas que ça lui fasse du tort, ni au reste de votre famille. » poursuivit Daphné d'un ton faussement préoccupé. « Il m'a paru particulièrement proche d'une jeune femme, ce jour-là. »
Narcissa s'empêcha de lever les yeux au ciel, lassée de l'entendre bavasser sans en venir aux faits.
« Miss Greengrass, ne le prenez pas mal mais je ne suis pas activement les intrigues amoureuses de mon fils. C'est un sujet sur lequel nous n'échangeons pas, comme vous pouvez l'imaginer. Mais vous semblez particulièrement intéressée par le sujet. Est-ce réellement à cause de votre amitié avec Draco ? » interrogea Narcissa d'un ton appuyé.
Devant sa question, elle vit une once de désarroi passer dans les yeux verts de Daphné. Elle avait compris les sous-entendus derrière les paroles de Narcissa. Était-ce vraiment pour cette raison qu'elle avait réclamé une entrevue ? Pour lui faire part des amourettes de son fils, probablement poussée par une jalousie ridicule ? Je la pensais plus intelligente, songea Narcissa avec dédain.
« Soyez certaine que cela n'a rien à voir avec mon amitié avec Draco. Ni de ses intrigues amoureuses en tant que telles. Ce qui me préoccupe, c'est la personne avec qui je l'ai croisée, Mrs Malfoy. » insista Daphné. « Une femme de rang inférieur. »
Narcissa resta silencieuse, un peu prise au dépourvue par cette révélation soudaine. Elle se garda toutefois d'afficher son décontenancement.
« Et veuillez me croire, je suis la première personne à être déconcertée d'une telle indignité de la part de Draco. Je l'ai toujours connu très... attaché à nos valeurs. C'est pour cette raison que je me sens obligée de vous en faire part. Il s'agit peut-être d'une simple peccadille de sa part, ou peut-être n'est-il pas conscient du statut de cette jeune femme ? Dans tous les cas, c'est très disconvenant et il serait très fâcheux pour la réputation des Malfoy si cela venait à s'ébruiter. Et à la vue du scandale actuel qui pèse sur la famille Nott, je serais très affligée qu'on commence à jaser sur votre clan de la même manière. » indiqua Daphné, faussement complaisante.
« Votre inquiétude est très honorable, Miss Greengrass. Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ? » demanda Narcissa, s'efforçant de garder une voix égale, même si elle était agacée.
Elle avait toujours enseigné à Draco de ne pas prêter le flanc à la critique en se retrouvant dans ses situations qui pourraient être mal interprétées. L'image et la réputation étaient cruciales.
« Pourquoi ne pas demander directement à votre fils ? » suggéra Daphné d'un ton un peu pompeux. « Je suis certaine qu'il sera davantage en mesure de vous répondre. Je ne fais que rapporter une impression que j'ai eue. Et si je l'ai vu, cela signifie que d'autres personnes ont pu le voir, également. »
« Je vous remercie, Miss Greengrass. Je suis certaine qu'il ne s'agit que d'un malheureux malentendu. » indiqua Narcissa, avec un sourire ferme, en prenant une gorgée de thé.
Elle pouvait toutefois sentir que Daphné n'en avait pas terminé. Elle semblait sur le point de réclamer autre chose.
« Avez-vous d'autres préoccupations en tête, Miss Greengrass ? » demanda poliment Narcissa.
« Comme je vous l'ai dit, Mrs Malfoy, nos familles ont toujours partagé un grand respect et des valeurs communes. J'ai mentionné à Draco à plusieurs reprises l'intérêt que ma sœur cadette Astoria, lui porte. Ils ont beaucoup de choses en commun. »
Venait finalement la vraie demande, songea Narcissa. Elle comprit immédiatement ce que Daphné Greengrass avait derrière la tête.
« Draco est en âge de se marier et ne semble pas avoir de choix approprié pour le moment. Du moins, pas à ma connaissance. Et lors de nos précédentes discussions, il m'avait indiqué réfléchir à l'éventualité d'apprendre à connaître Astoria. »
Elle reposa sa tasse de thé désormais terminée sur sa coupelle.
« Comme vous vous apprêtez à parler à votre fils de ses fréquentations actuelles, j'imagine que vous pourrez aussi lui glisser un mot au sujet d'Astoria. Lui faire comprendre qu'elle est une candidate idéale, dans l'éventualité d'une union prochaine. » lança Daphné.
Elle esquissa un sourire.
« Évidemment, ce que j'ai vu au GAGE est une information que je vais garder pour moi. En échange, j'apprécierais grandement que vous insistiez auprès de Draco pour lui faire comprendre qu'Astoria est une candidate idéale et qu'il serait approprié pour lui de la courtiser. » acheva Daphné.
« Il s'agit de la décision de mon fils. Je n'ai guère qu'un rôle de conseillère dans cette situation. » répliqua Narcissa.
« Absolument. Quand bien même, j'apprécierais que vous lui fassiez comprendre que nos familles respectives gagneraient énormément à être unies. Je suis certaine que vous parviendrez à le convaincre de réfléchir sérieusement à l'idée. » insista Daphné.
Narcissa jaugea la jeune femme avec insistance et celle-ci soutint son regard. Elle s'était trompée, pensa-t-elle en la fixant d'un nouveau regard. Daphné Greengrass était loin d'être stupide. Elle admirait même l'audace et l'impertinence de sa requête.
S'il y avait pourtant une chose que Narcissa Malfoy abhorrait, c'était qu'on tente de lui forcer la main. Et encore plus lorsqu'il s'agissait de la chose qui comptait le plus dans sa vie - son fils unique. Elle esquissa un sourire en repliant soigneusement sa serviette avant de la placer sur la table, à côté de son assiette inachevée.
« Votre discrétion est très appréciée, soyez-en sûre, Miss Greengrass. J'en parlerai à mon fils et peut-être parviendrons-nous à trouver un intérêt commun. » indiqua-t-elle.
Daphné hocha la tête, visiblement ravie et Narcissa se promit de la remettre en place lorsque l'occasion se présenterait.
Mais avant cela, il était impératif qu'elle ait le fin mot de l'histoire. Si ce que Greengrass prétendait était vrai, ce dont elle doutait fortement, Draco les mettait dans une situation inacceptable.
Même si elle connaissait son fils, Narcissa ne put chasser ce mauvais pressentiment qui lui disait qu'elle ne pouvait pas être certaine. Elle était bien placée pour savoir que si quelqu'un était capable de détourner un homme du droit chemin, c'était bien une femme. Draco s'était montré particulièrement secret et absent ces derniers temps. Trop obnubilée par ses problèmes actuels, Narcissa ne s'était pas interrogée davantage sur les développements récents dans la vie de son fils. Elle lui avait donné la responsabilité de l'hôtel et tout se passait tellement bien qu'elle avait décidé d'enfin lui laisser du lest. Elle espérait qu'il ne s'agissait pas d'un mauvais calcul de sa part.
Il était donc impératif qu'elle s'implique davantage dans la vie de Draco - que cela lui plaise ou non.
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Felicity Goodman aimait l'argent.
Et plus que tout, elle aimait ce que l'argent pouvait lui offrir.
Dès son plus jeune âge, elle avait vu les adultes trimer du matin au soir, dans une activité pénible qui les tuait à petits feux pour pouvoir vivre - ou plutôt survivre. Ses parents n'avaient jamais vraiment récolté le fruit de leur travail acharné. Ils n'étaient tout simplement pas nés dans la bonne famille, avait réalisé Felicity, lors de son entrée à l'école. La manière dont naissait un individu conditionnait tout le reste de sa vie. Son destin était même tout tracé, mis à part quelques exceptions qui ne faisaient que confirmer la règle.
Heureusement, Felicity était née avec le bon statut et n'avait pas eu à concilier deux handicaps. Elle n'avait pas eu autant de chance à la loterie du statut financier. Sa famille était très modeste, ce qui limitait inéluctablement les opportunités qu'elle aurait dans sa vie. Elle avait pourtant très tôt refusé ce destin accablant et misérabiliste et s'était jurée de tout faire pour mener une meilleure vie que celle de ses parents.
Sa débrouillardise et sa volonté de prendre des risques lui avaient permis d'acquérir de l'argent rapidement. Cela avait commencé pendant sa scolarité à Poudlard, pendant laquelle elle avait commencé à revendre illégalement des élixirs d'euphorie à ses camarades mieux lotis. Elle subtilisait le surplus qu'elle gagnait grâce à son travail à mi-temps dans une boutique de Pré-au-Lard avant de les revendre à un prix trois fois plus élevé à ses clients - des enfants de riches en recherche de sensations fortes - qui détournaient l'usage originel de la potion pour des raisons récréatives. En sortant de Poudlard, Felicity avait déjà amassé à son actif de belles économies.
Pour elle, tout était une question de marchandage. Elle cherchait constamment à tirer son avantage dans tout ce qu'elle entreprenait. Elle suivit ce même schéma dans sa vie professionnelle. Elle commença à travailler dans l'administration, au Ministère. Elle en profita pour vendre des permis illégaux et des autorisations en tout genre.
Felicity travaillait toujours seule. Cela limitait l'ampleur de ses opérations mais c'était également plus sûr. Avoir un complice était la meilleure façon d'être attrapée.
Après quelques années, elle réussit à obtenir le Saint-Graal - un poste au sein du Département de l'Uniformisation de la Pureté Exemplaire. Le département était connu pour son laxisme et sa désorganisation, ce qui était un terrain de jeu parfait pour quelqu'un comme elle, qui profitait du chaos environnant à son avantage.
Le DUPE, sous la direction de Tiberius Ogden, avait été un véritable eldorado. Le manque de contrôle sur la productivité et la liberté importante accordée aux employés permirent à Felicity de passer entre les mailles du filet pendant plus d'une décennie.
Elle occupait un poste au Service des Entrées Étrangères, qui gérait l'immigration contrôlée et limitée du territoire. Pendant des années, les invasions avaient été monnaie courante tandis que le régime affirmait sa domination sur toutes les zones limitrophes jugées comme rebelles. Felicity était chargée d'administrer une dose de Veritaserum aux nouveaux entrants et de les préparer à un entretien plus poussé afin de corroborer leur statut de sang. Elle profitait de leur désespoir pour obtenir des objets de valeur et de l'argent en échange de la possibilité de contrefaire leur statut de sang.
Des Nés-Moldus avaient ainsi échappé à l'exécution. D'autres étaient des Sang-Mêlés qui avaient réussi à entrer en tant que Sang-Purs, ce qui facilitait grandement leur quotidien dans le régime. Aux plus offrants, Felicity offrait donc une dose de potion altérée, qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à du Veritaserum mais qui ne provoquait en vérité qu'un chatouillement dans la gorge lorsqu'on l'ingérait.
Felicity pensait toujours sur le long terme. Elle était consciente que cette opportunité ne serait pas éternelle. En effet, il n'y avait pas un nombre illimité de territoires à envahir. Elle avait même su que l'invasion de l'île du Man serait la dernière expansion avant probablement très longtemps.
Après les invasions, Felicity se rabattit sur le secteur de l'immigration volontaire. Régulièrement, le régime acceptait un flux limité d'étrangers, venant principalement d'autres nations purifiées. L'objectif était d'agrandir le bassin de Sang-Purs. Cela permettait d'accroître la population active et de diversifier les mariages.
De l'or en barre pour Felicity. Ces immigrants étaient placés dans diverses professions selon leurs qualifications et leurs origines. Encore une fois, en échange de quelques gallions ou d'autres ressources, Felicity leur permettait d'être placés à des meilleurs emplois ou bien dans des meilleurs logements. Sa petite affaire illégale lui permit de multiplier son salaire annuel par cinq. Et Felicity vivait la vie de château, dépensant des fortunes dans un train de vie coûteux.
Ses magouilles prirent brusquement fin lorsque Dolorès Ombrage fut nommée à la tête du DUPE. Le département, auparavant laxiste sous le joug de l'ancien ministre, devint un cauchemar de micro gestion, où tous les faits et gestes des employés furent scrutés, et où la productivité se plaça au centre de toutes les discussions.
Un jour, Felicity proposa à un immigré à l'apparence aisée un meilleur placement en échange d'une somme de gallions conséquente. Une semaine plus tard, elle fut convoquée par son superviseur, Ursul Griffiths. Elle tomba des nues lorsqu'elle reconnut le fameux ''immigré'', à ses côtés. On lui expliqua qu'il s'agissait en réalité d'un ''enquêteur mystère'' mandaté par le département pour vérifier la qualité du travail des employés.
Elle fut immédiatement suspendue de ses fonctions. Un mois plus tard, elle paniqua en réalisant que ses actes avaient été reportés par le ministère devant la justice pour ''fraude et corruption.''
Elle écopa d'une peine de deux années à Azkaban. Son monde s'écroula. Pendant toutes ces années, elle avait cru pouvoir échapper à la justice et mener ses activités en toute impunité. Après tout, depuis sa jeunesse, toutes ses activités illégales avaient toujours fonctionné, sans aucune conséquence.
Une partie d'elle tenta de voir le bon côté des choses. Après tout, elle aurait pu écoper d'une peine bien plus grave. Heureusement pour elle, on ne l'avait pas surprise à faire entrer des Nés-Moldus dans le régime et à contrefaire le statut des personnes capturées lors d'invasions. Cela aurait été considéré comme une atteinte à la sécurité et la pureté de la nation et aurait entraîné une peine bien plus grave. Selon la Promulgation Universelle des Règles Édifiantes, communément abrégée par la mention P.U.R.E, toute affiliation avec un individu indésirable était formellement prohibée, sous risque de sanction sévère. Tout citoyen pris en flagrant délit d'aide, d'assistance, de dissimulation ou d'autre type d'association avec un Sang-de-Bourbe ou un Dissident courrait le risque de recevoir la peine capitale.
Heureusement pour Felicity, ils ne semblèrent pas creuser davantage. S'ils avaient la moindre idée de l'ampleur de son opération, elle aurait sans doute été directement exécutée, sans passer par la case Azkaban. Elle se demandait si le département craignait un contrecoup si on apprenait qu'autant de personnes avaient bénéficié de cette corruption. Cela engendrait la responsabilité du département entier et provoquerait un scandale certain.
La suspension et la condamnation de Felicity furent donc une affaire rapide et discrète. Elle dut signer un contrat de confidentialité stipulant qu'elle ne devait révéler à personne les détails de ses méfaits. Elle accepta cette condition afin de pouvoir réduire le montant des dommages et intérêts qu'on lui ordonna de payer au Ministère après sa condamnation.
Ça aurait pu être pire, se disait tous les matins Felicity, lorsqu'elle se réveillait dans sa cellule insalubre et obscure d'Azkaban. Et grâce à sa débrouillardise, elle continua même à faire ses petits trafics en prison, vendant toutes sortes de substances et d'objets interdits aux autres détenues, s'alliant même avec certains gardes pour aider son affaire montante, en échange d'un pourcentage conséquent sur ses profits.
Alors qu'elle entamait la deuxième année de sa peine, elle reçut une visite des plus surprenantes. Elle fut décontenancée lorsqu'un gardien-en-chef de la prison la mena dans un couloir normalement interdit aux détenus. Les yeux de Felicity s'agrandirent lorsqu'elle vit le nom sur la porte devant laquelle ils s'arrêtèrent :
Corban Yaxley
Direction Pénitentiaire
Immédiatement, la nervosité s'empara d'elle. Avait-on eu vent de ses petits trafics dans la prison ? Allait-on la punir et étendre sa peine ?
« Détenue 689810. » héla Yaxley de sa voix grave, faisant ressortir une rangée de dents jaunies, semblables à celles d'un vampire. « Asseyez-vous. »
Felicity s'exécuta en déglutissant. Dans sa tête, elle commença à chercher tous les moyens pour nier son implication. L'idée de voir sa peine prolongée était angoissante.
« Combien de temps vous reste-t-il, parmi nous ? » demanda Yaxley, son regard intimidant rivé sur elle.
« Onze mois. » répondit aussitôt Felicity.
Elle comptait les jours jusqu'à sa sortie.
« Que diriez-vous de voir votre sentence réduite ? » lança Yaxley, en levant la tête vers elle.
« Ce… Ce serait très apprécié, monsieur. » répondit Felicity, avec surprise. « Mais qu'est-ce que ça impliquerait ? »
Elle n'était pas stupide. Jamais on ne lui permettrait d'écourter sa sentence sans contrepartie.
« Certaines informations que vous avez à votre disposition intéressent grandement le Ministère. Ils sont disposés à vous faire une offre en échange. » expliqua Yaxley avec un long bâillement ennuyé.
Cette fois, Felicity l'observa avec choc, complètement prise au dépourvu.
« Je compte sur vous pour vous montrer coopérative. Il s'agit de personnes importantes. Je n'aimerais pas que vous donniez une mauvaise réputation à notre établissement. » la prévint le Directeur, posant un regard menaçant sur elle.
A notre établissement, songea Felicity. Pensait-il qu'il était en charge d'une école privée et qu'il devait bien se faire voir lors de la visite d'un inspecteur du Ministère ? De ce qu'elle avait constaté, Yaxley était un homme perverti et profondément malveillant. Des rumeurs disaient qu'il profitait de ses privilèges pour malmener certains détenus. Heureusement pour Felicity, il semblait majoritairement s'en prendre aux détenus indésirables - les Sang-Impurs et les dissidents présumés.
Quelques jours après cette entrevue inattendue, Felicity fut de nouveau convoquée. On appliqua un sort de cécité sur elle, et sa vue devint trouble. Puis, quelques instants plus tard, elle sentit qu'on la forçait à s'asseoir sur une chaise. Elle recouvra soudainement la vue, mais fut presque aveuglée par la lumière intense qu'elle reçut dans les yeux. Il lui fallut quelques secondes pour s'y habituer et elle réalisa que deux personnes se trouvaient dans la pièce, derrière un champ translucide. C'était celui qu'on plaçait pour les visites. Si une personne tentait de le traverser, elle était brûlée sauvagement. Felicity avait constaté les dégâts du dispositif sur l'une de ses camarades de cellule, dont la moitié du visage était brûlée au troisième degré.
Devant elle, elle reconnut le visage de son ancien superviseur, un sorcier répondant au nom de Ursul Griffiths ainsi que celui d'une autre personne dont la présence la laissa complètement médusée.
Dolorès Ombrage - la Ministre du DUPE en personne.
Avec son tailleur rose élégant, assorti à son rouge à lèvre rose cerise, et sa petite coiffure bouclée et nette, elle aurait pu paraître inoffensive. Felicity savait toutefois à quel point elle était dangereuse. Les quelques mois passés sous sa direction au Ministère le lui avaient prouvé. Elle n'en fut que plus intimidée. Elle commença à paniquer intérieurement. La présence de cette femme ne pouvait rien signifier de bon.
« Pur soit le sang, Miss Goodman » salua Griffiths d'un ton faussement agréable.
Felicity ne l'avait jamais apprécié. Il avait toujours été particulièrement sournois et faisait tout pour bien se faire voir. Il avait été l'un des premiers à lécher les bottes d'Ombrage après sa nomination.
« Victorieuse soit sa venue. » répondit Felicity avec hésitation.
Elle coula un regard rapide vers Ombrage qui n'avait pas parlé. Ses petits yeux noirs perçants étaient rivés sur elle.
« Nous aimerions vous offrir une réduction de peine. J'imagine que vous avez réfléchi à vos actes durant cette année. » devina Griffiths.
Felicity se contenta de hocher la tête, attendant la suite.
« Pour se faire, nous avons toutefois besoin de certaines informations de votre part. »
« Des informations sur ? »
« Sur certains dossiers que vous avez gérés par le passé. »
Felicity jura intérieurement.
« Certains éléments de notre enquête interne indiquent que vous n'avez pas effectué la procédure réglementaire lors de la documentation de certaines entrées sur le territoire, après les invasions. » continua l'homme.
Le ventre de Felicity se tordit. Elle avait cru pouvoir échapper à ce crime, mais ce n'était finalement pas le cas. Ils se doutaient donc bien de l'ampleur de ses méfaits. Pourquoi n'avaient-ils rien mentionné, jusqu'ici ? songea-t-elle.
« Je ne suis pas certaine de comprendre ce que vous me demandez. » dit Felicity, jouant un peu l'idiote.
Elle ne voulait pas confirmer quoi que ce soit sans obtenir de garantie. La vérité était qu'elle avait gardé un carnet avec les identités de toutes les personnes qu'elle avait ''aidées''. Le but pour elle était d'utiliser l'information, afin de pouvoir se faire de l'argent. Une fois sortie de prison, ce serait sa nouvelle activité. Elle traquerait ces personnes pour les faire chanter et obtenir de l'argent de leur part.
Le département se doutait sûrement qu'elle avait gardé une trace de ces individus. Pourtant, leur présence signifiait qu'ils n'avaient pas trouvé son carnet, qu'elle avait pris le soin de dissimuler avant son audience, avec un sort de perte temporaire, pour éviter qu'on extirpe cette information de force de son esprit.
« Si j'avais une liste de ce genre - ce que je n'admets absolument pas - qu'est-ce qui me garantit que vous n'allez pas l'utiliser pour prolonger ma condamnation ou me faire exécuter ? » demanda Felicity, sans langue de bois.
« Nous sommes disposés à établir un contrat de sang. Si vous nous donnez l'information dont nous avons besoin, votre sentence sera totalement réduite et vous obtiendrez une immunité. Toutes les informations que vous nous partagerez ne pourront pas être utilisées contre vous. » indiqua Griffiths.
Cela devenait plus intéressant, songea Felicity avec réflexion. Immédiatement, son instinct marchandeur reprit le dessus.
« Combien d'argent seriez-vous prêts à me donner ? » demanda-t-elle avec intérêt.
« Vous allez trop loin, Miss Goodman. » gronda Griffiths, visiblement indigné par son culot. « Les termes de notre offre sont déjà très avantageux. »
S'ils s'étaient déplacés en personne, c'était sans doute parce qu'ils avaient besoin de cette information. Felicity ne voulait toutefois pas tout leur donner. Premièrement, ils n'imaginaient probablement pas le nombre de personnes qu'elle avait laissées entrer illégalement. Possiblement plus d'une centaine. C'était trop risqué pour elle. Elle ne leur faisait pas confiance malgré le contrat du sang. Ils trouveraient peut-être un moyen de le contourner d'une quelconque manière. Elle connaissait ces gens. Elle ne croyait absolument pas à ce qu'ils soient honnêtes avec elle. Elle devait se protéger.
« Très bien. Pas d'argent. Mais dans ce cas, je vous donnerai uniquement l'information que vous cherchez en échange de la réduction de ma peine. » suggéra-t-elle.
Elle avait le sentiment qu'ils cherchaient des informations spécifiques. Connaître l'ampleur de ses falsifications ne serait pas avantageux pour eux. Ils voulaient probablement enterrer cette histoire définitivement car elle avait le potentiel de provoquer un scandale. Après tout, le Ministère avait laissé passer des personnes indésirables dans le régime. Ce n'était pas seulement la tête de Felicity qui sauterait si cela devenait public.
Ursul Griffiths lança un sort en direction du champ magique qui devint soudainement opaque, empêchant Felicity de voir ce qui se passait à travers. Ils étaient sans doute en train de discuter de l'offre. Quelques instants plus tard, le champ retrouva son apparence translucide.
« En échange des informations spécifiques sur un dossier, le restant de votre peine ferme sera réduit. Le reste de votre peine sera réalisée en liberté conditionnelle. Pour l'immunité totale, une compensation financière, et la réduction totale sans sursis, il faudra nous donner l'intégralité des dossiers. » indiqua Griffiths.
« Puis-je réfléchir ? » demanda Felicity.
Cette fois, Ombrage sortit de l'ombre, s'approchant de la table, ses yeux fixés sur Felicity. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire faux qui lui donna un air de ressemblance troublant avec un crapaud.
« Miss Goodman, vous êtes l'une des premières personnes à l'apprendre mais nous organisons actuellement une nouvelle compétition à l'occasion du prochain Jour de la Victoire. Il suffirait que je contacte quelques personnes pour vous obtenir une place de participante. » dit-elle de sa voix fluette, avec un sourire condescendant.
Déstabilisée, Felicity l'observa avec effroi. La compétition tenue lors du dernier Jour de la Victoire avait ébranlé toute la prison d'Azkaban. La brutalité et la violence de ces 'jeux' avaient provoqué une peur profonde auprès du restant des prisonniers, qui se demandaient si cela deviendrait un événement régulier.
« Je… Je ne suis ni une Sang-Impure, ni une Dissidente. » bredouilla Felicity, dont la voix avait perdu toute son assurance et qui transmettait désormais toute sa panique.
« Rappelez-vous à qui vous parlez, Miss Goodman. Vous pourriez devenir une Traîtresse à son sang, d'ici demain. Ce n'est qu'une question de formalité. » répondit Ombrage d'un ton venimeux. « Évidemment, ce ne sera pas le cas si vous signez ce contrat de sang et que vous nous donnez l'information que nous demandons. »
Les menaces étaient évidentes et Felicity sentit une vague de frayeur la parcourir de la tête aux pieds.
« Notre offre est valable une heure. » indiqua Ombrage d'une petite voix joyeuse en plissant soigneusement son tailleur sophistiqué.
« Ça ne sera pas nécessaire. » avança Felicity dont le visage avait pâli. « J'accepte. »
Le visage de Dolores s'étira alors en un très grand sourire.
Et tandis qu'elle signait le contrat de sang, Felicity Goodman se demanda qui était cette Hermione Granger et pourquoi elle était si intéressante aux yeux d'une Ministre. Elle décida de ne pas s'en formaliser davantage et la remercia intérieurement de l'avoir aidée à obtenir sa liberté accélérée.
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Dissimulé derrière une large colonne du manoir des Lestrange, Noah Vaisey observait d'un air curieux la scène mystérieuse qui se déroulait sous ses yeux. De sa position, en hauteur sur le balcon intérieur qui surplombait un salon fastueux, il disposait d'une vue imprenable sur l'étage inférieur, où un feu de cheminée crépitait dans l'âtre, éclairant faiblement la pièce.
Deux hommes inconnus vêtus de longues capes dissimulant leurs visages conversaient avec les Lestrange. Noah ne parvenait pas à distinguer leurs paroles et il n'osait pas se rapprocher, craignant d'être surpris en train d'écouter aux portes.
Lorsqu'il avait vu les hommes pénétrer dans la demeure, il avait immédiatement été poussé par sa curiosité. Il régnait une atmosphère pesante dans le manoir depuis quelques jours. A commencer par Bellatrix Lestrange qui semblait plus déchaînée que jamais. Elle avait délaissé la fausse prodigalité qu'elle affichait généralement en public, au profit d'une contrariété si prononcée que son entourage évitait désormais de l'approcher, de peur de recevoir ses foudres.
Hormis son époux Rodolphus, peu de personnes semblaient échapper à son courroux actuel. Même Rabastan, le frère de ce dernier et l'homme de main principal du couple, chargé d'exécuter leurs basses besognes dans le plus grand secret, semblait marcher sur des morceaux de verre lorsqu'il était près de sa belle-sœur. Rabastan était lui aussi présent dans la pièce, mais semblait en retrait du couple, ne se faisant pas remarquer. Ses yeux sombres étaient rivés sur les deux voyageurs.
« Votre requête a été exécutée, Mrs Lestrange. » dit l'un des voyageurs d'un ton ferme.
« Excellent. » répondit Bellatrix en claquant ses mains. « Votre travail rapide et discret est grandement apprécié, messieurs. »
Dans sa voix, Noah put déceler un plaisir certain et une autre émotion – semblable à du soulagement.
« Quand recevrons-nous notre paiement ? » demanda le second voyageur d'un ton hésitant.
« Rabastan, occupe-toi de ces deux messieurs. » ordonna Bellatrix, sans même jeter un regard dans sa direction.
« Merci, madame la procureure. » dit le voyageur d'un ton heureux. « Que Voldemort vous préserve. Puisse sa vigueur continuer à vous guider. »
« La Pureté sera la clef. » répondit Bellatrix d'une voix désintéressée avant de les congédier d'un geste nonchalant de la main.
Noah quitta sa cachette silencieusement et se dirigea vers les escaliers, l'esprit rempli de questions. Quelle était cette requête que ces deux inconnus avaient exécutée pour le compte des Lestrange ? Cela avait-il un rapport avec la discussion qu'il avait également interceptée, quelques jours plus tôt ? Ce jour-là, Bellatrix avait paru hors d'elle.
« C'est inadmissible. Ils ne s'en sortiront pas ainsi ! » avait-elle hurlé, en proie à une véritable crise de fureur qui avait fait trembler tout le manoir.
Cela avait-il un lien avec les Zabini, leurs ennemis principaux dans la lutte pour la domination sur les activités illégales du pays ? Depuis la mort mystérieuse de Ludo Verpey, un associé des Lestrange, aucun des deux camps n'avait rien tenté. Les Lestrange ignoraient si les Zabini étaient conscients de leur implication dans la tentative d'assaut sur Blaise Zabini et avaient préféré rester discrets depuis, attendant que les choses se tassent. Quant à Scarlett, l'escort haut de gamme qu'ils avaient envoyé en éclaireuse auprès de Zabini pour mener la mission, elle était toujours introuvable. Noah savait qu'il était peu probable qu'elle soit encore en vie.
Depuis quelques jours, Noah avait le sentiment désagréable que quelque chose se tramait mais il ignorait de quoi il s'agissait. Rabastan était resté muet comme une carpe des marécages et Noah n'avait pas pu obtenir davantage d'informations de sa part. Il avait préféré ne pas insister, sentant que le sujet était sensible.
Malgré sa relation intime avec Rabastan, il avait appris à ne pas dépasser les limites lorsqu'il s'agissait des Lestrange. Leur réputation dangereuse était méritée. A travers les années, il avait assisté à leurs méthodes morbides.
D'un pas prudent et silencieux, Noah poursuivit son avancée dans l'escalier. Il ralentit le pas lorsque des voix lui parvinrent aux oreilles. Au loin, près de l'imposante porte d'entrée, il aperçut Rabastan tendre ce qui ressemblait à une bourse garnie de gallions à l'un des voyageurs.
« Bon travail. » dit-il avant de les conduire hors du Manoir.
A son retour, quelques instants plus tard, Noah sortit de l'ombre et vint à sa rencontre. Rabastan sursauta lorsqu'il se présenta devant lui. Comme par réflexe, il glissa sa main sous sa cape pour ériger sa baguette magique mais stoppa le geste en reconnaissant Noah.
« Où étais-tu passé ? » lui demanda Rabastan d'un ton un peu bourru.
« J'étais en mission pour ce que tu m'as demandé. Tu ne te souviens pas ? » demanda Noah en levant un sourcil, un peu surpris par sa soudaine hostilité.
Lui aussi semblait sur les nerfs. L'agitation planait dans les airs de la maison et il était évident qu'ils étaient tous contrariés pour une raison obscure. Noah suivit Rabastan dans ses appartements privés et lorsque ce dernier le saisit par les épaules d'un geste brutal et qu'il pressa ses lèvres contre les siennes, il se laissa faire.
Leurs ébats furent particulièrement emportés et agressifs, comme si Rabastan essayait de se décharger de ses émotions négatives. Lorsqu'ils terminèrent, il parut toutefois plus détendu et retrouva l'agréabilité qu'il montrait généralement envers Noah dans leurs moments d'intimité.
D'expérience, Noah savait que le sexe était un moyen efficace pour dompter un homme. Après la jouissance, Rabastan semblait toujours disposé à parler davantage et Noah en profitait toujours pour lui soutirer des informations.
Même s'il les craignait profondément, il aimait travailler avec les Lestrange. Cela lui procurait un sentiment d'appartenance qu'il n'avait connu nulle part ailleurs. L'idée qu'un homme comme lui puisse faire partie de l'entourage de la famille la plus puissante du régime lui provoquait une satisfaction certaine.
« Comment se passe le recrutement ? » s'enquérit Rabastan, tandis qu'il extirpait une pipe du tiroir de la table de chevet.
Il plaça de la poudre de Billywig à l'intérieur, une substance décontractante qu'ils consommaient parfois ensemble.
« Ça avance. » assura Noah d'une voix plate.
Sa mission principale avait toujours été de recruter des 'présents' pour les fêtes privées des Lestrange. Quelques mois plus tôt, Rabastan lui avait demandé de travailler sur un recrutement différent - pour une autre cause qu'il avait qualifié de ''très importante et secrète.''
« Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi c'est aussi important. Ce serait plus simple pour moi, si je comprenais ce que nous essayons de faire en recrutant ces gens. » tenta Noah.
« Ne te préoccupe pas de ça. Tu le sauras au moment voulu. » rétorqua Rabastan d'un ton énigmatique. « Continue de faire ton travail, c'est plus crucial que jamais. Surtout en ce moment. »
Noah garda le silence, un peu décontenancé par cette phrase cryptique. Il recrutait ces personnes pour des tests mystérieux. On les envoyait dans les locaux d'une entreprise surnommée Magicore, en échange de quelques gallions pour leur participation. Noah optait toujours pour un type de profil spécifique - des personnes en marge du système ou souffrant d'addictions diverses et variées. La promesse de l'argent facile leur faisait accepter tout et n'importe quoi. Ils ressortaient après plusieurs heures du bâtiment ultra sécurisé. Pour certains, cela durait même quelques jours.
N'ayant aucune information de la part de Rabastan, Noah avait décidé de mener sa propre enquête. Lorsqu'il croisait l'une des personnes, il essayait de lui soutirer des informations. La plupart ne semblaient garder aucun souvenir de leur passage à Magicore. D'autres gardaient quelques bribes de souvenirs, très flous. Ils prétendaient qu'on leur avait extrait des quantités significatives de sang pour une raison inconnue. Certains souffraient d'effets secondaires particulièrement inconfortables. A la demande insistante de Rabastan, Noah avait même réussi à recruter deux femmes enceintes. L'une d'elle lui avoua qu'elle avait fait une fausse couche peu après ces mystérieux tests. Noah savait également qu'elle était déjà dépendante à des substances illégales. Il était donc fortement probable que les tests de Magicore n'aient pas été responsables de cette perte.
Après de longues minutes de silence, pendant lesquelles ils s'échangèrent la pipe, Noah décida de se lancer. La poudre de Billywig lui était probablement déjà montée à la tête, lui procurant un courage soudain.
« J'ai… J'ai entendu une conversation tout à l'heure. Avec ces gens que tu as payés. » révéla-t-il.
« Tu es trop curieux pour ton propre bien. Ça va te rapporter des malheurs, un jour. » rétorqua Rabastan, visiblement irrité.
Noah eut un petit sourire désolé face à ces paroles.
« Est-ce que ça concerne les Zabini ? » demanda-t-il.
Rabastan lâcha un long soupir à fendre l'âme.
« Non. » répondit-il. « Ça concerne les Nott. »
« Les Nott… » répéta lentement Noah.
Il avait effectivement entendu des rumeurs scandaleuses sur l'union d'un héritier des Treize avec une sorcière de Sang-Impur. Noah avait entendu deux employés d'un pub voisin commérer sur un événement mondain qui avait eu lieu récemment. Apparemment, la présence de la nouvelle épouse parmi les convives avait causé un tollé. Maintenant qu'il y réfléchissait, cela concordait avec la soudaine fureur de Bellatrix. Trop occupé par sa mission de recrutement, Noah n'avait pas fait le rapprochement.
Il savait aussi que Bellatrix avait participé à cet événement. Elle était connue pour son extrémisme implacable lorsqu'il s'agissait de la suprématie du sang. Voir une sorcière de rang inférieure entrer ainsi dans son milieu serait évidemment perçue comme une insulte de la plus haute importance. Un affront inadmissible.
Aussi étrange que cela paraisse à cause de sa proximité avec les Lestrange, Noah n'avait jamais vraiment porté d'importance aux considérations du sang. Il avait toujours eu d'autres problèmes à devoir gérer. Notamment son homosexualité, considérée comme inacceptable parmi ses proches, et qui lui avait valu d'être rejeté par sa famille. Il avait également dû gérer les regards pleins de jugements sur le style de vie dégradant qu'il avait mené à l'époque où il vendait encore son corps dans les bas-fonds de Londres. Il était heureux de ne pas devoir ajouter un statut de sang douteux à sa longue liste d'opprobres.
« Les Nott ont commis un grand sacrilège. » gronda Rabastan, ses yeux se rétrécissant soudainement.
« Ils vont être punis, j'imagine ? » interrogea Noah sur le ton de l'évidence.
Après tout, Bellatrix était la procureure, la seconde position la plus puissante du gouvernement, après celle de ministre de la Magie. Noah n'était pas très versé en politique et ne connaissait rien des lois, mais il savait qu'elle avait énormément de pouvoir, à l'instar de son mari, qui était Gouverneur et chef des Aurors. Si quelqu'un pouvait punir les Nott pour un tel sacrilège, il s'agissait bien des Lestrange.
« C'est plus compliqué que ça. » répondit Rabastan en se frottant la tempe, manifestement contrarié. « Nous ne pouvons rien faire publiquement. »
« Pourquoi pas ? » s'étonna Noah, confus.
« Pour la même raison pour laquelle nous ne pouvons pas attaquer les Zabini directement. Le Pacte des Treize Sacrés. Nos familles sont soumises à un accord magique ancestral. Aucun membre ne peut causer la mort ou conspirer directement ou indirectement pour tuer un autre membre des Treize. »
Noah l'écouta avec surprise, pris de court par ce qui l'entendait. Les familles originelles du Coven sacré avaient donc signé un pacte pour garantir une protection à tous leurs membres. Ils avaient probablement prédit les désaccords qui surviendraient entre les familles à travers les générations et avaient voulu empêcher toute tentative de coup d'État et de trahison, pouvant affaiblir le collectif. La force du Coven était dans sa cohésion, même si elle était artificielle.
« Et si personne ne sait que c'est vous ? » interrogea Noah.
Après tout, une attaque surprise était rapidement arrivée. Pourquoi ne pouvaient-ils pas envoyer quelqu'un d'autre pour s'en charger pour eux ?
« Ça n'a pas d'importance. Tu connais le fonctionnement du sortilège de Fidelitas, n'est-ce pas ? Ce pacte fonctionne sur le même système. C'est un pacte magique, pas social. Si l'un de nous venait à provoquer la mort d'un autre membre, même indirectement, il mourrait automatiquement lui aussi et la famille serait destituée de son statut. C'est inscrit dans le texte fondateur du Coven sacré et toute entorse à cette règle apparaîtra sur le texte. » expliqua Rabastan avec une grimace.
Cela expliquait pourquoi ils étaient si prudents avec les Zabini. Noah s'était toujours demandé pourquoi ils n'allaient pas à l'offensive de manière frontale. Il comprenait désormais qu'ils en étaient tout simplement incapables sans se sacrifier eux-mêmes.
« Probablement la même raison pour laquelle Nott a épousé cette parvenue dans les liens sacrés. Ils savaient qu'on ne pourrait rien faire directement. »
Cette Sang-Impure allait passer entre les mailles du filet, songea Noah avec un mélange de choc et d'admiration. Les Lestrange agissaient comme s'ils étaient les plus intelligents du pays et comme s'ils dominaient toutes les autres familles sacrées, sans exception. Ils venaient toutefois d'être doublés par un autre clan. Noah comprenait désormais la fureur récente de Bellatrix devant cet affront.
« N'y a-t-il pas d'autres moyens d'annuler cette union ? » demanda Noah.
Cela lui paraissait tellement irréaliste. Comment n'avaient-ils pas pu anticiper quelque chose de ce genre ?
« Non. Pense-tu que nous n'ayons pas déjà réfléchi aux solutions ? Les textes sont clairs. Nous ne pouvons rien faire légalement. Il n'existe qu'une seule exception à ce pacte mais les conditions ne sont pas remplies. » ajouta Rabastan.
« Ces voyageurs que tu as payés… » murmura soudainement Noah d'une voix lente. « Que leur avez-vous ordonné de faire ? »
Un sourire cruel apparut sur le visage de Rabastan.
« Comme je l'ai dit, nous ne pouvons rien faire ni légalement, ni publiquement. Dans l'ombre, en revanche… Nous savons nous montrer créatifs. » ajouta Rabastan, une expression perverse apparaissant dans ses yeux sombres.
Noah sentit les poils de ses bras se hérisser tant il était mal à l'aise devant la malveillance soudaine que dégageait Rabastan.
« Certes, nous ne pouvons pas exécuter cette putain impure… » admit Rabastan. « Mais il existe bien d'autres choses qu'on peut infliger à quelqu'un comme elle, Noah. Des choses bien pires que la mort. »
Il s'en passe encore, des choses, dans ce chapitre…
Ginny qui commence à sérieusement réaliser les implications de sa relation avec Draco et qui comprend qu'elle n'est pas dans la position qu'elle aimerait avoir avec lui. Et Daphné qui arrive pour réclamer son 'dû' et qui va directement voir Narcissa, sans même passer par Draco. Le respect est mort lol. Comment Narcissa réagira si elle arrive à confirmer que Draco a une liaison avec notre Ginny nationale ?
Et évidemment, ce n'est jamais bon quand Dolorès Ombrage fait son entrée. Quant aux Lestrange, sans surprise ils sont impliqués dans l'enlèvement d'Hermione… On ne peut que s'attendre au pire avec eux...
Si vous avez besoin de vous remémorer quelques détails, la première apparition d'Ombrage était dans le chapitre 40 et le chapitre actuel fait directement suite à cela. Et nous avons vu Noah Vaisey pour la première fois dans le chapitre 33 !
N'hésitez pas à me demander si vous ne savez plus dans quel chapitre se passent certaines choses, je me ferai un plaisir de vous rafraîchir la mémoire ! La fic est longue, il y a beaucoup de chapitres, donc je comprends facilement qu'on puisse oublier les détails.
En attendant, j'espère que ce chapitre vous a plu et j'attends vos avis !
A très vite,
Fearless
