Note de l'auteure: Bonjour/Bonsoir tout le monde! Il m'a fallut quelques heures pour écrire ce nouveau chapitre! Chronologiquement, je dirais qu'il se déroule avant la rencontre officielle de Siegfried et de ses frères d'armes à leur Reine! J'espère qu'il vous plaira! Sur ce, bonne lecture!

Chapitre 3: Hilda et Siegfried

La nuit a recouvert de son sombre manteau les terres d'Asgard, mais Siegfried n'arrive pas à dormir.

Incapable de fermer l'œil, le jeune garçon prend mille précautions pour sortir du lit tout en essayant de ne pas réveiller la douleur à ses côtes, mais surtout son cœur.

Et surtout Sigmund. Qui s'était auto-proclamé son gardien.

Ça ne fait pas très longtemps que Syd, les autres et lui-même sont revenus à la vie, mais une question refuse de quitter son esprit depuis son réveil.

-Hilda...murmure-t-il.

Pourquoi son Altesse, pardon Sa Majesté !, n'est-elle pas venue les voir? Siegfried n'ignore rien du difficile travail de monarque, mais il aurait apprécié voir Hilda. Voir la femme qu'elle est devenue.

Le Guerrier Divin de Dubhe sait, par son frère, que Hilda ne s'est jamais mariée et qu'elle a adopté Andreas bébé afin que la monarchie constitutionnelle d'Asgard ne tombe pas dans l'oubli.

Après avoir revêtu une tunique appartenant à son aîné (ayant l'avantage de lui tomber au niveau des genoux), l'adolescent quitte la chambre en tentant de faire le moins de bruits que possible.

Une fois dans le couloir, Siegfried se cale contre la porte en soupirant de soulagement.

Pour ensuite posé une main sur son cœur, serrant les dents pour s'empêcher de crier. Aussi bien de surprise que de douleur.

-''Vous devez vous ménager, jeune homme !'' se souvient-il des paroles de l'homme de science à son chevet.

Il venait à peine de se réveiller qu'il avait voulu quitter son lit précipitamment afin d'aller voir sa Princesse. La douleur, foudroyante et inattendue, l'avait plié en deux. Il aurait sûrement perdu l'équilibre si son frère ne l'avait pas rattrapé in-extremis !

Sigmund l'avait aidé à se rallonger pendant que le médecin lui administrait le contenu d'une seringue dans le creux de son bras droit.

Le produit avait agi si rapidement que l'adolescent avait retrouvé son souffle, la douleur se faisant moins forte. Quoique toujours là.

-''Votre cœur n'est plus ce qu'il était. Il va falloir vous amener dans un autre pays afin que vous receviez un autre. Cependant en ces temps incertains il faudra attendre que la Terre ne soit plus menacée. Alors, en attendant, ménagez-vous.''

L'idée de quitter Asgard pour se faire greffer un nouveau cœur ailleurs n'avait pas plu à Siegfried, mais il n'avait pas le choix. S'il voulait profiter de cette nouvelle vie il devait accepter. Ce qu'il avait fait après une longue conversation avec son aîné et plus tard avec ses frères d'armes.

Reprenant pieds avec la réalité, Siegfried bat des paupières pour mieux se rendre compte qu'il se trouve devant la porte des appartements de sa souveraine. Plus exactement ceux qu'elle occupait (et occupe toujours) lorsqu'elle était Princesse.

Avançant sa main vers la poignée, le jeune garçon stoppe son mouvement, indécis. Ai-je le droit de la réveiller en pleine nuit?

Tournant la tête vers la fenêtre derrière lui, Siegfried arrive à apercevoir un morceau de la pleine lune. Après un rapide calcul mentale il en déduit que le jour ne se lèvera que dans plusieurs heures. Plus exactement quatre heures.

Reportant toute son attention à la porte en bois qui le sépare de la Reine, Siegfried inspire un grand coup et ouvre la porte. À peine entre-t-il dans la pièce qu'il referme tout aussi vite, mais sans bruit le battant.

S'adossant contre la porte, yeux clos, le leader du Premier Ordre des Guerriers Divins n'en croit pas. Non seulement il a quitté les appartements de son frère, mais en plus le voilà dans ceux de sa souveraine!

Qu'Odin tout puissant me pardonne, mais je veux savoir!

Rouvrant les yeux, Siegfried n'est pas surpris de constater qu'il fait sombre.

Patiemment, il attend que sa vue s'habitue à l'obscurité. Une fois cela fait après quelques minutes de patience, l'adolescent s'avance vers le lit en évitant soigneusement les meubles. Inutiles de me rajouter des bosses ou des bleus sinon Sigmund va encore me tirer les oreilles!

Cette image mentale fait naître une grimace sur les lèvres de Siegfried en imaginant la scène tout en se massant l'oreille gauche, la cible préférée de son aîné.

Arrivé devant la porte de la chambre à coucher de sa Reine, Siegfried hésite une nouvelle, mais contrairement à tout à l'heure c'est la peur qui a stoppé sa main.

Sigmund m'a bien dis que 27 ans se sont écoulés depuis notre mort à mes frères d'armes et moi. Dame Hilda a dû beaucoup changé, mais se souviendra-t-elle de moi?

~En...tre...Sieg...fried.~

Surpris d'entendre la voix de Dame Hilda l'inviter à entrer par télépathie, Siegfried sent son cœur se serrer en entendant la faiblesse avec laquelle sa souveraine l'a appelé.

Décidant d'obéir, le jeune garçon entre...et se retrouve paralysé par ce qu'il voit.

La chambre est éclairée par les rayons de l'astre lunaire donnant une atmosphère étrange à la pièce, mais ce qui tétanise Siegfried est la pâleur de sa Reine!

C'est d'une démarche incertaine, son regard refusant de quitter le visage émincé de sa Reine, que le jeune garçon s'approche du lit. C'est à peine s'il sent son cœur se serrer dans sa poitrine.

Il est facile de voir les effets du Temps sur Hilda. Le leader des Guerriers Divins du Premier Ordre remarque du premier coup d'œil que Hilda a le visage marqué de quelques rides par endroits, qu'autrefois longs les cheveux de sa souveraine sont courts, mais surtout qu'elle est horriblement maigre.

Pas au point de ressembler à un squelette, mais assez pour montrer qu'elle est au plus mal. Que quelque soit le mal qui ronge Hilda, cette dernière n'en sortira pas gagnante.

Une fois proche du lit son souffle se bloque dans ses poumons une nouvelle fois lorsque Hilda ouvre les yeux, plongeant son regard améthyste pâle dans celui cristallin de son serviteur le plus courageux. Un regard doux, heureux, mais aussi triste. Comme...résigné.

-Siegfried...murmure-t-elle d'une voix douce.

-Dame Hilda...répond-il, en baisant humblement et brusquement la tête.

Quelques minutes s'écoulent entre les deux pendant lesquelles ni l'un ni l'autre ne prononcent un mot. Hilda détaillant avec tendresse le petit frère de Sigmund. Ce jeune garçon qu'elle a aimé et aime toujours malgré les années.

-Pas de formalités entre nous, veux-tu? demande-t-elle avec un petit sourire dérisoire. Autant profiter de cette nuit car qui peut me dire quand Dame Hell viendra me chercher?

Levant la tête, les yeux brûlant de larmes qu'il refuse de faire couler, Siegfried tente de dire quelque chose, mais aucun son ne se fait entendre. Semblant comprendre le tourment qui habite l'adolescent Hilda lui adresse un sourire résigné, les yeux luisant de ceux qui n'ont pas peur de la mort.

-Oui, Siegfried. La fin est proche pour moi.

Un autre silence vient s'installer entre eux, mais contrairement au précédent le jeune garçon parvient à s'exprimer.

-Je…arrive-t-il à difficilement prononcer. Pourquoi?

En voyant les larmes devenir plus fortes que la volonté de Siegfried, Hilda accepte de lui répondre.

Elle lui explique qu'elle a un cancer que l'un des médecins du Sanctuaire lui avait diagnostiqué un an auparavant, que normalement elle aurait du y succomber depuis longtemps, mais malgré un lourd traitement le verdict était tombé: Elle allait prochainement mourir.

Vacillant, Siegfried tombe à genoux, ne sentant même pas la douleur à ces derniers tellement la nouvelle lui fait l'effet d'un poignard en plein cœur.

En parlant de cœur, la douleur tira un gémissement de souffrance à Siegfried sous le regard inquiet de Hilda qui ne sait quoi faire pour apaiser son Guerrier Divin. C'est impuissante qu'elle patiente, souffrant de voir ainsi Siegfried avoir si mal.

Lorsque la douleur refoule, Siegfried redresse la tête, adressant une grimace qui se veut un sourire rassurant à sa souveraine, le souffle court.

Bougeant difficilement la main vers le visage de Siegfried, Hilda caresse avec douceur la mâchoire du bout des doigts, incapable de lever la main davantage tellement ce simple geste lui est pénible.

-Toutes ces années je n'ai de cesse de penser à toi, mon cher Siegfried. murmure-t-elle en plongeant à nouveau son regard dans celui de son vis-à-vis.

Le sentiment qui fait luire les yeux améthystes de Hilda agit comme un paume sur le cœur encore un peu douloureux de Siegfried.

-Ma Dame...murmure-t-il, la voix tremblante, attrapant doucement la main de Hilda entre les siennes. Je n'ai jamais osé vous dire ce que mon cœur me hurlait de vous dire lors de ma première vie. J'avais trop peur de perdre votre confiance et votre estime car bien que né dans une famille noble il aurait été prétentieux de ma part de vous faire part de ce que mon cœur ressent pour vous. Même en étant au Valhalla mes sentiments à votre égard n'ont pas disparu.

En entendant le discours de Siegfried, Hilda se sent heureuse. C'est le cœur en fête qu'elle répond, des larmes de joie roulant doucement le long de ses joues creuses.

-Oh, Siegfried! Moi aussi, je t'aime!

Devant la réponse affirmative de sa Reine, le jeune garçon se redresse légèrement pour ensuite rapprocher son visage de celle qu'il a toujours aimé en secret des années auparavant.

Lorsque leurs lèvres se touchent c'est un véritable incendie qui consume le cœur des deux amoureux.

Note de l'auteure: Alors? qu'en pensez-vous? Pour celles et ceux qui se poseraient la question du pourquoi Siegfried a besoin d'un nouveau cœur, sachez que les attaques de Shiryū et Sorrente ont fragilisé son cœur! Il a besoin d'urgent d'un nouveau cœur s'il veut profiter de cette nouvelle vie, mais comme j'avais oublié d'écrire cet handicap dans "Le Chevalier amnésique (Version Corrigée)" je me suis dis que ce chapitre serait parfait pour rajouter cet oubli! Sur ce, j'ai hâte de découvrir vos reviews!

PS: Si j'avais eu l'idée saugrenue d'en faire une song-fic j'aurai choisi sans la moindre hésitation "Demande au soleil" de Garou tellement elle aurait été parfaite!