Nda:Lectrices, lecteurs assidus, voici enfin le chapitre 4. Espérons que ma muse soit plus clémente pour le prochain chapitre.

Bonne lecture à vous.


Chapitre 4 : Mises au points et répétitions

J'ai croisé le vieux Tommy ce matin. Il m'a raconté qu'il s'était fait offert un verre par un jeunot. Je l'ai traité de veinard, mais sans plus tu vois.

À tout hasard, saurais-tu où je peux le trouver ? Demanda Ryô.

Au même endroit que d'habitude… Ça va chez toi ? Tu m'as l'air un peu plus tendu qu'à l'usuel.

Un sniper s'est amusé à prendre Kaori pour cible.

Kaori ? Mais pourquoi elle ? Elle n'est pas blessée j'espère.

Non elle va bien, merci de t'en inquiéter. Quant au pourquoi, c'est aussi la raison de ma présence. Si tu entends une quelconque rumeur, le moindre sujet qui paraisse suspect…

Je te le ferais savoir, l'interrompit Ken. Personne n'a le droit de porter le moindre petit doigt sur notre ange, précisa-t-il ensuite en faisant sourire Ryô.

Soit prudent, Ken. Qui que ce soit il n'est pas un amateur.

T'inquiètes, vieux frère, j'ai l'habitude.

À plus, salua Ryô sans relever l'appellation.

Après avoir discuté un peu avec le vieux Tommy, Ryô ne fut pas plus avancé. Le portrait robot du « jeunot » n'avait rien de distinctif. Il était un monsieur tout le monde excepté que tout le monde ne mentionne pas City Hunter dans ses conversations. Il avait ensuite été retrouver Mick pour faire le point sur ses propres recherches… infructueuses. Qui que soit le tireur, il demeurait discret.

Puis les deux énergumènes étaient retournés à l'appartement où ils avaient retrouvés Kazue et Kaori en train de discuter de tout et de rien autour d'une tasse de café. Ensuite, bien que Kaori leur ai proposé de rester dîner, Mick et Kazue retournèrent chez eux.

— As-tu trouvé des informations ? Demanda Kaori.

— Un portrait robot plutôt vague et quelconque. Rien de parlant pour le moment. Je le soumettrai à Saeko si mes recherches restent sans résultats dans les deux jours à venir. J'en a besoin d'un peu de temps pour aller à la pêche aux informations.

Kaori soupira brièvement.

— Bien. Ce n'est pas tout ça, mais nous avons du texte à apprendre, dit-elle ensuite gaiement.

Le visage de Ryô se décomposa.

— Dans quoi me suis-je embarqué ? Soupira-t-il.

Le lendemain, l'heure de la première répétition arriva bien vite. La petite troupe improvisée s'était retrouvée devant le théâtre une petite dizaine de minutes avant l'heure pour le plus grand plaisir de Yuka. Elle invita chacun à la suivre à l'intérieur. Là, elle commença par leur présenter les lieux pour les familiariser à leurs dénominations.

Kaori remarqua soudain l'absence de Ryô.

— Où est-il donc passé ? Se demanda-t-elle en regardant autour d'elle.

— Kaori, tu viens ? L'interpella discrètement Saeko.

— Je… J'arrive.

— Ne t'inquiètes pas pour lui. Il n'est pas rentré avec nous. Il y avait des regards bien indiscrets non loin du théâtre, lui expliqua-t-elle en un murmure pour ne pas se faire entendre par Yuka.

— Je vois. Espérons qu'il revienne avant qu'elle ne s'aperçoive de sa disparition, fit Kaori souriante.

— Nous arrivons sur notre lieu de travail, affirma Yuka les yeux étincelants de joie. J'espère que vous avez bien tous révisé vos textes. Ils ne sont pas très longs en soi.

— J'ai une petite question, intervint Umibozû de sa grosse voix bourrue et rougissant légèrement.

— En quoi puis je t'aider ? Questionna Yuka.

— Avant les différentes scènes se trouve des annotations indiquant par exemple : dans le lointain près du jardin, ou face côté cour. Qu'est-ce-que cela signifie ?

— Ce sont des termes propres à la scène du théâtre. Cela tombe bien venez, suivez-moi ! Nos allons nous rendre dans ce que les occidentaux nomment la fosse. Lors des représentations de pièces musicales c'est à cet endroit que se trouve l'orchestre. Je vous rassure il n'y en aura pas le bon moment venu… Bien, maintenant que nous avons visités les coulisses et que nous nous trouvons face à la scène, voici quelques dénominations propres à ce théâtre de conception occidental. Tout comme il y a les 4 points cardinaux sur une boussole, i directions à partir du centre de la scène, expliqua Yuka en s'interrompant brièvement et observant chacun avant de se tourner. Il faut que vous lui fassiez face pour ne pas vous y perdre. À votre droite, par là où nous sommes arrivés, c'est côté cour à gauche, c'est le côté jardin. Le fond de la scène est communément appelé le lointain. Quant au bord de scène… Imaginez une ligne imaginaire qui se ferait lors de la fermeture des rideaux. Derrière cette ligne vous êtes côté face devant, vous vous trouveriez sur l'avant scène.

— Donc si je dois être dans le lointain près du jardin, il faut que j'aille…, commença Umibozû.

— Monte sur scène et va t'installer, cela sera plus parlant, suggéra Miki.

D'un pas quelque peu gêné l'ancien mercenaire montra sur scène où les planches grincèrent de nouveau sous ses pas.

— J'espère que c'est solide, ironisa Mick.

Arrivé au centre de la scène il se figea et regarda autour de lui avant d'aller se placer définitivement.

— Ai-je bien compris ? Demanda-t-il.

— Tout à fait, sourit Yuka. Rejoignons-le, rajouta-t-elle ensuite.

À peine furent-ils de nouveau sur scène qu'elle remarqua Ryô franchir les rideaux menant aux coulisses, sur sa droite.

— D'où viens-tu ? Demanda-t-elle suspicieuse.

— J'ai eu une envie pressante, tenta-t-il.

L'explication sembla suffire à Yuka.

— As-tu des questions par rapport aux annotations des lieux une fois sur le plancher ?

— Je ne comprends pas ta question, dit-il ironique.

— Si je te dis : le prince traversa la scène à partir du côté jardin, où commence ton action ? Interrogea-t-elle espérant le piéger.

Le visage de Ryô se fit grave.

— Tu crois m'avoir avec une question pareille ? Je suis actuellement côté cour, le côté jardin est en face de moi, répondit-il fièrement.

— Tu m'impressionnes, affirma Yuka surprise.

— Oh ! Il n'y a rien de sorcier, répondit Ryô. Il suffit d'être observateur.

Sur le mur près de lui, juste derrière le rideau qu'il venait de franchir, se trouvait un plan d'évacuation de la scène ainsi qu'un plan de présentation qui servait lors de visites scolaires…

— Bon, puisque vous êtes tous là, poursuivi-t-elle en insistant sur tous, je vais vous expliquer comment cela va se passer puisque ce n'est pas une représentation conventionnelle. Je vais commencer par décrire la première scène, puis au fur et à mesure les lumières éclaireront chacun des personnages présents sur les planches. Lorsque je dirai « les trois bonnes fées s'avancèrent », Kasumi, Reïka et Miki suivront les indications du script. La scène prendra fin lorsque le rideau se fermera.

— Donc si j'ai bien compris, lorsqu'il y a inscrit narration nous n'avons pas à nous trouver sur scène, finalisa Mick.

— Sauf lors de la première scène. Vous vous trouverez dans le noir complet lors de la narration excepté lors des répétitions.

— Cela ne devrait pas te gêner, Umibozû, ironisa Ryô.

— Peuh, fit le mercenaire en rougissant.

— Bon, chacun à sa place je vous prie, fit Yuka gaiement.

Miki, Kasumi et Reïka gagnèrent aussitôt les coulisses côté jardin. Kazue et Mick s'installèrent sur scène côté cour bien vite suivi par Falcon. Puis Kaori fila en coulisses. Ryô regarda à droite et à gauche ne sachant pas trop que faire.

— Je vois que tu n'as pas daigné apprendre ton script, gronda Yuka.

— Si fait, gente Damoiselle. Mon père va ma présenter à leur petite fille, mais je ne comprends pas pourquoi Kaori n'est pas restée sur scène.

Yuka soupira.

— Ryô, viens avec moi je vais t'expliquer, intervint Saeko en l'attrapant par la main. Tandis qu'elle lui fournit les explications, Ryô se mit à rire nerveusement.

Cette première séance de répétitions fut exténuante pour la pauvre Yuka. Les différents termes techniques étaient bien rentrés pour chacun mais la jouabilité des différents protagonistes pour cette première scène manquait un peu d'entrain, enfin surtout pour les deux rois… Saeko se prenait un peu trop au jeu, les interprètes des trois bonnes fées et celle de la mère d'Aurore avaient fini par trouver le bon ton. Bien que Ryô n'ait rien à jouer pendant cette première scène, Yuka l'avait trouvé distant pendant un long moment et cela l'avait intrigué.

Puis elle avait fini par leur donner rendez-vous le lendemain à la même heure et chacun était rentré de son côté sous les yeux plus ou moins discrets de plusieurs personnes.

— Qu'ont-ils pu faire dans ce théâtre ? Demanda la jeune femme.

— Je vais bien vite le savoir, rétorqua l'homme narquois.

Il avait réussi à identifier une des autres personnes présentes et savait exactement où la trouver et comment l'approcher sans se faire remarquer.

Beaucoup plus tard, de retour dans leurs chambres d'hôtel.

— C'était un jeu d'enfant, rigola l'homme.

— Tu choisis bien tes mots. Ainsi donc ils espèrent jouer « la belle au bois dormant » pour un orphelinat… Quel dommage pour eux, « la belle » est destinée à s'endormir pour l'éternité, et ce avant même la première représentation. Dommage je ne puisse me trouver parmi eux pour voir cela, soupira la jeune femme.

— Les répétitions restent ouvertes au public, ma chère. Il ne tient qu'à toi de cacher ton animosité pour ne pas te faire découvrir, ironisa l'homme.

— Ne pourrais-tu pas la sceller avec tes dons ? Questionna-t-elle espiègle.

— La sceller ? Non, l'atténuer afin qu'elle ne soit pas décelable oui, mais…

— Mais ?

— Mais tu es ma sœur, et je refuse de faire cela. Je ne voudrais pas que tu penses que j'ai profité de l'occasion pour changer autre chose.

— J'ai confiance en toi, Heiji.

— Fort bien, mais sitôt cette histoire finie j'annulerai cela. Je préférerai que tu y parviennes par toi-même.

— C'est d'accord, Heiji.

Au deuxième jour des répétitions, l'interprétation générale fut bien meilleure mais se termina avec quelques perturbations.

Des curieux et des curieuses étaient entrés pour assister aux répétitions. Ryô avait bien vite remarqué un groupe de jeunes femmes un peu à l'écart. Ce dernier leur avait littéralement sauté dessus lorsqu'il les avait remarquées. Bien évidement ces jeunes femmes sortirent toutes du théâtre, ne voulant pas être exposées davantage à un tel pervers. Seule deux femmes étaient restées sur place, ce que Yuka avait remarqué.

Elle s'attarda à les observer. Elles étaient jeunes, belles et séduisantes… Tout pour plaire à l'étalon de Shinjuku. L'une d'elle avait un bloc-notes en mains et sa silhouette semblait familière à la jeune Nogami. Lorsqu'elle la reconnu, elle se sentit pâlir, soudain anxieuse.

— Yuka ? Tout va bien ? S'enquit Kaori alors à ses côtés.

— Je… Oui, balbutia-t-elle le cœur battant la chamade

— Yuka ! Entendit-elle son aînée l'appeler avant de perdre connaissance.

Le cri de Saeko alerta Ryô qui se tourna vers la scène. Il remarqua la jeune Nogami inconsciente dans les bras de Kaori et Saeko qui se rapprochait d'elles. La jeune femme que Ryô draguait prêta attention à la scène. S'était-elle faite démasquée par la jeune fille ?

— Kaori, cria soudain Ryô en sentant soudainement un danger.

Cette dernière releva la tête à l'appel de son partenaire et ressentit une drôle de sensation. N'écoutant que son intuition, elle se jeta sur le côté, Yuka toujours dans ses bras, et roula sur la scène tandis qu'un sac de leste se fracassa à l'endroit où elle se tenait auparavant.

Ce fut à ce moment là que Yuka revint à elle et remarqua l'agitation autour d'elle.

— Rien de cassé ? Entendit-elle Saeko demander.

— Non, je vais bien, répondit Kaori dont elle remarqua être dans ses bras.

— Merci, dit-elle d'une petite voix

Elle se releva, vacillante, aidée par son aînée.

— Yuka ? Interrogea Saeko.

— Je vais bien, rougit-elle. J'ai eu un petit passage à vide. Par contre, peut-on m'expliquer ce que nous faisons sur scène ? N'étions nous pas en coulisse ? Questionna-t-elle en se tournant vers Kaori.

— Il y a eut un petit incident, souligna Ryô en lui indiquant le sac de leste à terre d'un discret mouvement de tête tandis que Saeko s'en était rapprochée.

Yuka le remarqua alors et s'en étonna comment ce sac avait-il atterri ici ?

'La corde a été sabotée', songea Saeko en notant une coupure nette. 'C'est du travail de professionnel', se dit-elle ensuite en se relevant, cachant sa perplexité à sa jeune sœur.

— Je crois que les répétitions sont finis pour aujourd'hui, souligna Yuka.

— Dans ce cas… Mesdames me voici, fit Mick gaiement en se tournant vers les spectatrices.

Seulement celles-ci n'étaient plus là... Un corbeau croassa dans la salle vide.