Chapitre 8 : Chez le professeur.

Elle remarqua Saeko attraper Yuka par la taille et lui murmurer quelques mots. Le regard de la jeune fille la déstabilisa. Elle retira finalement la cagoule et entendant l'étonnement, l'horreur, de sa jeune sœur en eut un fort pincement au cœur. Elle se sentait nauséeuse, fautive… et très mal à l'aise.

Reïka ? S'exclamèrent Mick et Kasumi non moins surpris.

Elle eut alors la certitude d'avoir fait une énorme bêtise.

— Oh ! Kaori ne s'est pas laissée faire, fit remarquer Saeko en notant l'hématome naissant sur son visage.

— Kaori ? S'étonna-t-elle pâle et inquiète. Qu'ai-je donc fait ? Questionna-t-elle très mal à l'aise et frissonnante.

— Tu ne te souviens absolument de rien ? Interrogea Ryô si gravement qu'elle se sentit frissonner davantage.

— C'est un grand flou… Je me souviens que Kaori a faillit se piquer avec le rouet, mais après… Plus rien du tout.

Ryô entreprit alors de lui relater les événements dont il avait été témoin.

— Dites-moi qu'elle va bien ? Dit-elle horrifiée par son geste.

— C'est ce le cas, déclara le professeur en entrant dans la pièce en souriant. Je vais la garder en observation pour la nuit, par simple sécurité, mais elle pourra rentrer dès demain.

— Dieu merci, souffla Reïka.

— Où est-elle ? S'enquit Ryô.

— J'ai demandé à Kazue de l'installer dans une chambre d'amis. Par contre elle ne pourra pas parler pendant quelques jours je le lui ai déconseillé. L'hématome doit se résorber et pour cela je lui ai aussi prescrit un médicament à prendre trois fois par jour. Elle a toutefois mon accord pour parler en murmurant, mais pas plus d'un quart d'heure par jour.

— Plus de répétitions pour cette semaine, soupira Yuka. Tant pis ce n'est pas grave, le plus important c'est qu'elle aille bien, rajouta-t-elle ensuite avec un large sourire.

— Professeur, pourriez-vous ausculter Reïka ? Demanda Ryô.

— Pourquoi donc ? S'étonna-t-il.

— C'est elle qui a agressé Kaori et elle n'en a aucun souvenir.

— J'admets que je jalouse Kaori, mais de là à vouloir l'éliminer…non. Je préfère la taquiner, c'est bien plus amusant.

— Oh ! Je comprends… C'est Kaori qui s'est défendue ?

— Je suppose, balbutia Reïka en grimaçant et s'attrapant sa main droite.

— Par ailleurs, je lui ai aussi tordue son poignet droit pour lui faire lâcher prise… À ma gouverne je ne l'avais pas encore reconnue, expliqua Ryô.

'Je comprends mieux ma douleur,' songea Reïka.

— Suivez-moi, jeune fille, sourit le professeur lui faisant légèrement remonter le moral.

— Merci d'être venus, dit ensuite Ryô en se tournant vers ses amis.

— Tu sais très bien que nous ne pouvions pas décemment retourner chez nous sans avoir de ses nouvelles, fit remarquer la jeune Nogami tentant de cacher sa morosité.

— Ne t'en fais pas Yuka, nous parviendrons à interpréter la pièce de théâtre en temps voulut, lui dit Ryô en lui faisant un clin d'œil. Rentrez chez-vous maintenant, renchérit-il tandis que Kazue les rejoignit.

— Attends un peu ! Nous ne pouvons pas partir sans l'avoir vu, gémit Mick.

— Le professeur a dû vous dire qu'il était inutile de la déranger, souligna Kazue en lui attrapant le bras.

— Pour ma part j'attends Reïka, précisa Saeko.

— Bonne soirée à vous, saluèrent Miki et Falcon avant de partir.

Mick se gratta la tête de son bras libre et soupira.

— Passe le bonsoir à Kaori de notre part, dit-il finalement en lui lançant un clin d'œil.

Kasumi les salua à son tour. Seules restèrent les sœurs Nogami.

— Saeko, as-tu prévu quelque chose pour ce soir ? Demanda Ryô.

— Je raccompagne Yuka chez notre père, et ensuite je me charge de Reïka.

— Si tu n'y vois pas d'inconvénients, laisse-moi m'occuper d'elle.

— Hé ! Ne me mettez pas hors-jeu. Moi aussi je veux savoir ce qu'il en est, protesta Yuka.

— J'ai promis à papa que tu ne serais pas en retard ce soir. Ce n'est pas toi qui dois le supporter à longueur de journée au travail, gronda Saeko en la faisant pâlir et rigoler nerveusement.

Quelques minutes plus tard, le professeur revint avec Reïka dont le poignet avait été bandé.

— Alors ? S'enquit Saeko.

— Nous devons attendre encore un peu, mais les premiers résultats montrent que je n'ai pas été drogué, expliqua Reïka… Tiens ? Où est Ryô ? Questionna-t-elle ensuite.

Le professeur soupira tandis que ses sœurs sourirent.

— À ton avis ? Fit son aînée.

Dans une chambre d'amis, Kaori avait été installé confortablement dans un lit elle n'était pas allongée, mais presqu'assise. Le perfuseur à sa droite n'était pas le seul élément qui prouvait qu'elle avait été mise à mal. Elle avait un masque à oxygène sur le nez, qu'elle pouvait retirer à tout moment et un électrocardiogramme avait été installé. Nul doute que le professeur prenait ses précautions. Elle portait aussi un bandage autour du cou.

Ryô était debout à sa gauche et il lui caressait tendrement son visage, la pensant endormie.

Elle l'avait senti sa présence dès qu'il était entré dans la pièce et en avait ressenti un grand réconfort. Elle ressentait aussi son inquiétude, sa tension et décida de retirer le masque à oxygène.

— J'ai bien faillit arriver trop tard cette fois, murmura-t-il en l'observant.

Elle ne dormait pas.

— Tu n'es jamais arrivé en retard, pu-t-il lire sur ses lèvres tandis qu'elle ouvrit les yeux.

Elle lui lança un regard emplit d'amour et attrapa sa main posait sur son visage, la serrant contre sa joue en refermant les yeux profitant de sa douce chaleur.

Il se baissa alors juste assez pour pouvoir déposer un chaste baisé sur ses lèvres.

Lorsqu'il s'arrêta et se redressa, il pu lire le « mécontentement » sur son visage.

— J'aurais aimé faire plus, mais nous n'allons pas tarder à avoir de la visite, sourit-il d'un air charmeur.

Kaori rougit aussitôt tout un gardant un sourire angélique sur les lèvres malgré la fatigue qu'elle éprouvait et relâcha sa main.

— Reposes-toi maintenant, dit-il en l'embrassant rapidement sur son front.

Elle soupira tandis qu'il se redressa juste avant que la porte de la chambre ne s'ouvre sur le professeur et les sœurs Nogami.

— Tu es incorrigible, Ryô. Je t'ai dis qu'elle a besoin de repos, le sermonna le professeur.

— Kaori, je suis tellement désolée, dit Reïka en se jetant dans ses bras.

— Doucement, gronda le professeur en voyant Kaori tenter de cacher une grimace.

Cette dernière, réconfortant Reïka en la serrant tendrement dans ses bras, regarda Saeko et Ryô à la recherche de réponse.

— Je t'expliquerai demain, lui dit Ryô.

Elle relâcha alors Reïka qui se releva en séchant ses larmes.

— Bonne soirée, Kaori. Reviens-nous vite en forme, sourit Yuka.

La jeune femme hocha la tête affirmativement et les salua d'un signe de main. Une fois seule, elle soupira, remis le masque à oxygène en place et porta une main à son ventre douloureux avant de fermer les yeux. Elle se sentait très fatiguée.

En arrivant au salon, les résultats des analyses complémentaires prouvèrent que Reïka n'avait pas été droguée. Ne restait que l'hypnose dont il fallait deviner qui et comment. Rien ne garantissait qu'elle ne pouvait pas retomber sous le contrôle de son « maître » facilement.

— Merci pour tout, professeur. Veillez bien sur elle, dit Ryô alors sur le pas de la porte.

— Ne t'en fais donc pour cela. Sourit-il en les saluant avant de retourner voir sa patiente.

Elle dormait alors paisiblement, néanmoins la position de sa main l'intrigua, surtout après la grimace qu'elle avait faite. Il souleva délicatement sa main, ainsi que le vêtement et tata son ventre. Il la vit grimacer, mais la peau n'était pas tendue et encore moins rouge. Il n'y avait rien d'alarmant. Rassuré, il la laissa dormir et retourna dans sa chambre non sans avoir branché une alarme supplémentaire juste au cas où.

À l'extérieur.

— Je ramène Yuka à la maison avec Reïka et nous te rejoignons chez elle directement après Cela te convient-il ?

— Oui. Reïka, si tu me le permets, je sécuriserai ton appartement afin que nos fouilles soient les plus discrètes possibles.

— Je te conseille alors de passer par la porte de service, suggéra-t-elle.

— Entendu, fit Ryô en claquant la porte de sa voiture puis il partit.

— Il a l'air de m'en vouloir, soupira Reïka en prenant place à l'avant, côté passager.

— Ce n'est pas à toi qu'il en veut, mais à la personne qui t'a poussé à agir, rétorqua Saeko en remettant le siège en place après le passage de sa jeune sœur.

— Je me demande d'ailleurs comment il s'y est pris.

— Reïka, ton bipeur sonne, remarqua Yuka tandis que la voiture venait de partir.

'Bipeur ?' S'étonna Saeko intérieurement.

Elle était presque certaine de l'avoir entendu sonner lorsqu'ils étaient en train de faire un peu de rangement dans la salle des accessoires.

— Non ! Ne le regarde pas ! S'exclama-t-elle subitement tandis que Reïka avait mis la main dessus.

— Ce peut-être urgent, dit-elle étonnée par la réaction de son aînée.

— Tout comme cela peut être la source de ton hypnose, affirma Saeko si durement que Reïka le laissa tomber entre les deux sièges avant du véhicule.

— Je l'ai, dit Yuka en le récupérant fièrement alors qu'elle n'avait pas fait attention à la discussion.

— Éteins-le, commanda Reïka.

— Mais ?

— C'est un ordre, renchérit Saeko