Chapitre 15 : Explications entre amis

En descendant du véhicule, il su qu'ils étaient attendus à l'étage.

Kaori, je crois que nous allons récupérer notre colocataire.

Elle a donc de nouveau eut des ennuis. J'espère qu'elle va bien.

Nous allons bien vite être fixés. Akane, restez derrière nous, avertit-il

Bien.

Ils montèrent discrètement et se retrouvèrent devant la porte de l'appartement assez rapidement. Ryô, à l'affût, se détendit et ouvrit la porte bien tranquillement.

— Bonjour tout le monde, dit-il gaiement. Miki chan, Reïka chan, me voici, fit-il ensuite en s'élançant vers elles.

Miki et Reïka s'écartèrent tandis que Kaori provoqua une chute de massues. Le nettoyeur se retrouva aplatit comme une crêpe sous le regard médusé de sa cliente.

'Bon, au moins elles ont eu toutes deux une réaction normale,' songea-t-il en se dégageant des sous les massues se mettant à geindre comme un bébé.

— Tu es incorrigible, murmura Kaori en passant à ses côtés le faisant reculer davantage.

Ce faisant, il se retrouve adosser à un paire de jambes qu'il se mit à caresser sensuellement.

— Arrête ça tout de suite, gronda leur propriétaire rouge de confusion.

— Oh, Umi-chan, c'est donc à toi qu'appartiennent ces jambes si bien galbées ? Ironisa-t-il. Je pensais bien que cette paire de tronc ne pouvait pas appartenir à Miki ou à Reïka.

—De quoi ? Fulmina Falcon en l'attrapant par le col de sa chemise.

— Allons, allons, du calme Umibozû, murmura Kaori en s'interposant entre les deux hommes.

Ses murmures suffirent pour tranquilliser le molosse qui devina la blessure de Kaori sans la voir. Elle était fatiguée, et cela se ressentait dans sa voix.

— Je vois que la journée a été bonne pour vous, fit remarquer le mercenaire.

— La votre aussi, rétorqua Ryô.

Après un petit topo de part et d'autres durant lequel Akane fut invitée à aller se reposer dans la chambre de Kaori pour ne pas l'inquiéter plus que nécessaire…..

— Reïka, bienvenue chez toi, sourit Kaori cachant un long soupir intérieur.

Son partenaire n'allait certainement pas laisser passer une aussi bonne occasion de parfaire ses visites nocturnes.

'Hé ! Hé ! Hé ! Je vais pouvoir m'exercer davantage,' songea-t-il la bave aux lèvres sans se douter que Kaori connaissait déjà le fond de sa pensée.

Une très légère massue le frappa, le faisant revenir sur terre. Sur celle-ci était indiquée : « Ne te fais pas d'illusions. »

— En tout cas Umibozû et Miki sont quand même arrivés à temps.

— Peut-être, mais il a changé de cible, souligna Falcon.

— Et se débarrasser de l'hypnose a été bien plus exténuant que la toute première fois, avoua son épouse.

— Si tu veux te relaxer un peu, je connais un bon hôtel où nous serons bien tranquille, dit Ryô déjà à ses côtés et l'attrapant par les épaules.

— Ne t'avise même pas d'y penser, gronda Falcon en lui assénant un fort coup de tête.

— Merci, murmura Kaori en faisant disparaître une massue.

— De rien, rougit-il mal à l'aise.

— Nous allons retourner au Cat's. Vu l'heure qu'il est, Kasumi va avoir du mal à gérer seule tout le café, ironisa Miki.

— Faites attention à vous, souligna Ryô.

— Peuh ! Fit le mercenaire avant de saluer Kaori.

Falcon et Miki croisèrent Saeko au pied de l'immeuble et échangèrent un bref salut avant de repartir tandis que la policière monta les quelques étages qui la séparait de sa destination.

Lorsqu'elle arriva devant la porte, des cris et un grand capharnaüm lui firent ouvrir celle-ci et sortir son arme. Une vision des plus « normale » s'offrit alors à elle. Ryô était en caleçon, enfermé dans une cage d'acier sur laquelle était assise Kaori, une légère massue à ses côtés tandis que Reïka et Akane étaient assises sur le sofa, les joues rouges de colère pour la première et de confusion pour la seconde.

— Re bonjour, salua-t-elle tandis qu'une libellule voleta derrière elle.

— Bonjour, Saeko, salua Reïka. Tu viens pour Kaori ?

— Entre autre.

— Saeko chan, fais-moi sortir d'ici, pleurnicha Ryô.

— Non. Tu es très bien là où tu te trouves, ironisa-t-elle en prenant place à côté de sa sœur.

— Veux-tu boire un verre d'eau ou autre ? Interrogea Kaori.

— Un verre d'eau sera suffisant, merci.

— Je m'en occupe, intervint Reïka.

— Merci, dit Kaori descendant de la cage mais demeurant à ses côtés.

— Voulez-vous que je vous laisse ? Questionna la sœur de l'inspectrice en déposant le verre d'eau devant elle.

— Non, tu peux rester. Il n'y a rien de secret et de toute façon j'ai pleinement confiance en toi.

Voyant que la discussion allait se faire plus sérieuse, Kaori décida de libérer son partenaire.

— Fais bien attention à ce que tu dis et fais, l'avertit-elle néanmoins lorsqu'il passa à ses côtés.

Pour toute réponse il se fit très petit et attendit qu'elle aille s'asseoir pour prendre place à son tour.

— Mademoiselle Muraki, je vais commencer par vous expliquer ce qu'il en est du reste, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous.

— C'est-à-dire ? S'inquiéta-t-elle.

— Je vais commencer par la mauvaise. Votre ami va devoir faire un peu de prison le temps de l'enquête pour ne pas faire sauter trop vite sa couverture.

— Sa couverture ? Vous voulez dire que...

— C'est la bonne nouvelle, sourit Saeko. Il n'a jamais eu l'intention de cambrioler la bijouterie donc aucune charge ne sera retenue contre lui. Quand bien même le gérant porterait plainte, votre ami ne risquerai rien au vue de son maquillage. J'ai moi-même eu du mal à le reconnaître.

— Pourquoi ce casse ? Interrogea Ryô.

— Plusieurs signalements ont été faits à propos de cette boutique. Mais lors de nos visites avec des experts, que nous devions annoncées en amont, nous n'avons rien remarqué d'anormal. Ce « casse » nous permets d'enquêter sans que le gérant n'ait pu prendre ses précautions. Nos experts sont déjà sur place et les premiers résultats sont plutôt prometteurs.

— Ton agent le savait, mais je suppose que cela faisait partie de ses renseignements avant sa décision d'agir.

— Comment sais-tu qu'il le savait ? Il avait pour ordre de ne rien dire à personnes, s'étonna Saeko.

— Je... Il m'a simplement laissé entendre que le gérant escroqué les gens, c'est tout. Ce qui est certain c'est que je n'aurai jamais pensé qu'il puisse être agent de police. Il a bien joué son rôle.

— En parlant de rôles à jouer... Mon père a encore fait des siennes. Il a fait des pieds et des mains pour que la pièce de Yuka soit retransmise en direct à la télévision avec un message d'appel aux dons pour les orphelinats de la ville et celui de Nozawa Onsen qui est parrainé cette année.

— Qu... Quoi ? Bégaya Ryô. Mais non ! Fulmina-t-il ensuite.

— Je suis tout autant contre que toi, mais tu connais mon père.

— Hélas, soupira Ryô.

— De quoi parlez-vous ? Interrogea Akane intriguée.

— Je vous expliquerai après. Ne vous inquiétez pas, cela n'a aucun rapport avec votre ami. Sur ce, nous allons vous laisser. Mademoiselle Muraki, vous venez avec moi. Je vous ramène chez vous.

— Pourrais-je aller voir mon ami ?

— Je vous le déconseille. Cela ne serait pas prudent pour votre ami, mais surtout pour vous. Le gérant de la bijouterie visée n'est qu'un simple employé. Le réel propriétaire est beaucoup plus influent et dangereux, souligna Saeko. Ceci-dit, nous l'avons à l'œil.

...

Bien loin de Shinjuku, dans un quartier résidentiel et huppé...

— Notre expert a-t-il pu faire quelque chose ? Demanda un vieil homme gravement.

— Hélas non, Père. La caméra est complétement détruite et la bande magnétique ne donne aucun résultat.

— Hum... Je suis certain que la conduite de cet homme était voulue.

— Il aurait tenté de nous écraser volontairement ?

— Mais non, Jun... Bien sûr que non. Il a manœuvré de telle sorte que, surpris, tu fasses tomber la caméra qu'il a ensuite outrageusement écrasé en roulant dessus. Il a beau s'être excusé de sa maladresse... Son regard parlait pour lui... Cet homme n'est pas n'importe qui... il ne faudrait pas nous en faire un ennemi, nous avons suffisamment à faire avec le City Hunter.

— Et si... commença Jun.

— Et si ? Reprit son père. Va jusqu'au bout de tes pensées, fils.

— Et si c'était lui ce fameux City Hunter ?

— Je ne sais pas... Il ne paraissait pas aussi dangereux. Tant pis, nous ne serons pas ce qu'il s'est dite avec l'inspectrice Nogami. Que donne le portrait de la jeune femme qui nous a tiré d'un mauvais pas ?

— Vous trouvez qu'elle nous a tiré d'un mauvais pas ? S'étonna le gérant de la boutique qui était resté auprès d'eux. Cette Nogami doit se pourlécher les babines avec ses trouvailles.

— Et ce n'est pas faute de vous avoir averti par le passé.

— La boutique risque donc de fermer, percuta Jun.

— Ne t'inquiètes pas, Fils. J'ai des amis très influents qui lui feront lâcher prise le moment opportun... Donc... Qu'en est-il de la jeune femme ?

— J'ai pu trouver qu'elle se prénommait Kaori et qu'elle vivait à Shinjuku. Je n'ai pas plus renseignements pour le moment.

— C'est un bon début... Kaori, Kaori, Kaori... Ne serait-ce pas aussi le prénom de la cible de notre nouvel employé ? Faites-le venir, je dois lui parler. Inutile d'embarquer sa sœur si elle se trouve avec lui. Et si elle insiste menacer son frère, cela devrait suffire à l'assagir. Elle n'est pas bête, ce serait dommage qu'elle disparaisse de notre organisation alors qu'elle vient de l'intégrer. Contrairement à ce que je lui ai laissé entendre, ce n'est pas elle qui doit faire ses preuves, ricana l'homme faisant sourire son fils et blêmir le gérant de la boutique.

...

Une fois que Saeko et Akane furent parties, le calme revint brièvement dans l'appartement.

— Au fait, rappela Reïka, la prochaine répétition a lieu demain n'est-ce pas ?

— Déjà ? Fit Ryô.

— Oui, affirma Kaori d'une voix qui tranchait net avec son murmure d'auparavant.

— Tu as retrouvé ta voix ? C'est chouette, sourit Reïka

— Cela va beaucoup mieux en effet, rougit-elle.

— Que t'as réellement dit le « cambrioleur » ? Questionna Ryô. Je ne suis pas dupe, il y a certainement plus que tu ne l'as laissé entendre à Saeko.

— C'est vrai... Mais Akane était, elle aussi, présente, commença-t-elle. Il m'a avoué qu'il voulait acheter une bague de fiançailles digne de ce nom à son amie. Pour moi, il était sincère, ce n'était pas des paroles en l'air et cela ne faisait pas partie de sa couverture, sourit-elle ensuite.