Chapitre16 : Diverses mises au point et essayages
— Que t'as réellement dit le « cambrioleur » ? Questionna Ryô. Je ne suis pas dupe, il y a certainement plus que tu ne l'as laissé entendre à Saeko.
— C'est vrai... Mais Akane était, elle aussi, présente, commença-t-elle. Il m'a avoué qu'il voulait acheter une bague de fiançailles digne de ce nom à son amie. Pour moi, il était sincère, ce n'était pas des paroles en l'air et cela ne faisait pas partie de sa couverture, sourit-elle ensuite.
— Serait-ce à ce moment là que tu as posé tes mains sur son arme ? Questionna Ryô se voulant sévère.
— Co… Comment sais-tu cela ? Rougit-elle prise au dépourvue.
— La caméra de surveillance de la boutique retransmise sur un ordinateur de la police, expliqua-t-il. Tu aurais pu…
— Ryô, l'interrompit-elle. Cet homme n'avait rien, mais rien du tout d'agressif.
— Ce n'est pas ce qu'en pensait le gérant de la boutique.
— Un vrai pleutre celui-là, dit Kaori en croisant les bras sur la défensive. Quant aux deux autres hommes présents… Ils m'avaient l'air très louche. D'ailleurs…
— Oui ?
—N'aurais-tu pas fait exprès de déraper auprès d'eux avec la mini ?
— Pas du tout. Que vas-tu t'imaginer ? À propos, que s'est-il donc passé avant ton arrivée devant la bijouterie ?
— Je me suis retrouvée dans un bus pour échapper à mes poursuivants.
— Mes ? Les mêmes que d'habitude ?
— Non. Là il y avait uniquement des hommes sans signes distincts.
—Combien étaient-ils ?
— Cinq… L'un d'entre eux m'a fait penser à un de ceux qui sont intervenus dans l'appartement hier.
— Dans ce cas, hors de question de te laisser aller seule dehors, dit Ryô en se rapprochant d'elle.
— Mais… Tenta-t-elle
— Kaori, l'interrompit-il gravement en lui posant un doigt sur les lèvres, la faisant rougir instantanément. Nous ne savons pas qui ils sont, ou s'ils sont liés à Heiji Seguchi, rajouta-t-il en reculant de nouveau.
Kaori soupira.
— Voulez-vous que nous répétions un peu ? Interrogea Reïka tentant de changer le sujet.
— Je crois que cela ira pour ce soir, ricana Ryô mal à l'aise.
Il avait bien faillit oublier la présence de Reïka dans leur appartement.
…
Le lendemain, la petite troupe de Yuka se retrouva devant le théâtre en fin de journée. La jeune Nogami était ravie de voir que son actrice principale se portait beaucoup mieux.
— Bien, dit-elle en claquant des mains. Ceci est notre avant dernière répétition. Mais aujourd'hui cela sera un peu spécial, nous n'aurons pas besoin de textes… Suivez-moi, dit-elle en se voulant énigmatique.
— Si c'est l'avant dernière alors… Blêmit Ryô. Yuka, gronda-t-il en la faisant frissonner, ne m'avais-tu pas dit que la pièce serait répétée en intégralité lors de cette séance ?
— Si. Mais j'ai dû revoir mes prévisions… Nous allons manquer de temps pour cela. Je préfère que l'on soit au point avec… Ceci, expliqua-t-elle en ouvrant le local des costumes.
— Je vais avoir l'air ridicule, soupira Ryô.
— Waouh ! S'extasièrent Miki, Reïka, Kazue et Kasumi devant la multitude de costumes disponible.
— Où sont les nôtres ? Demanda Saeko allant droit au but.
— Venez, sourit Yuka avant d'attraper la main de Ryô et de tenter de le tirer à sa suite.
— Veux pas ! Bouda-t-il.
— Ryô, gronda Kaori en s'arrêtant à ses côtés. Ne fais pas l'enfant.
L'idée de se recevoir un coup de massue impromptu motiva le nettoyeur qui se ressaisit aussitôt et qui suivit la jeune Nogami sans rechigner davantage.
Yuka les arrêta devant un portant plus que bien fourni.
— Le choix a l'air vaste, s'étonna Saeko.
— Ne t'y trompe pas grande sœur. Chacun de vous a déjà un à trois costumes attitrés, bien que toi tu n'aies pas beaucoup de changement prévu. Nous allons prendre un portant vide et mettre les costumes de ces messieurs dessus ensuite nous rejoindrons nos vestiaires respectifs.
'Vestiaires ?' Songèrent Ryô et Mick de concert, s'échangeant alors un regard entendu.
— Mick ! Ryô ! Grondèrent Kazue et Kaori dans le même temps.
— Ne vous inquiétez pas, je les ai à l'œil, affirma Falcon de sa grosse voix.
— Le plus difficile va être de te trouver un costume de roi assez grand, ironisa Ryô.
— À ta place, je ne parlerai pas trop vite, sourit Yuka en indiquant un large costume. Bien trêve de bavardage inutile. Allez tous enfiler un de vos costumes et rejoignez-moi sur scène, enchaîna-t-elle ensuite.
— Oui maman, ironisa Saeko faisant rire chacun tandis que Yuka tira la langue d'un air moqueur.
…
Quelques instants plus tard, vestiaires des femmes.
— Croyez-vous que les deux pervers vont échapper à la vigilance de Falcon ? Interrogea Miki alors en sous-vêtements.
— Bien sur que oui, soupirèrent Kaori et Kazue.
— Il suffit de miauler pour le déstabiliser, rappela Kaori en retirant son chemisier.
'Ce n'est pas faux,' songea Miki en observant son amie.
— Je ne le comprendrais jamais, soupira la mercenaire.
— Que veux-tu dire ? Demanda Kaori naïvement.
— Regardes-toi ! Tu as un corps de rêve. Cet idiot de Ryô n'a pas l'air de s'en rendre compte, affirma Miki faisant rougir à outrance son amie.
— C'est vrai que tu n'as rien à nous envier, renchérit Saeko.
— Non mais arrêtez un peu ! Je n'ai pas votre poitrine ni encore vos fesses, se défendit Kaori. De toute façon Ryô ne fait que me répéter que je suis plate et trop rebondit.
— Il faudrait qu'il ouvre les yeux, soupira Kazue.
Tout à coup, la porte des vestiaires s'ouvrit brutalement sur Ryô et Mick uniquement vêtus d'un simple pagne et volant vers leur cible de prédilection, créant cri de surprise dans la pièce.
— Dans mes bras mes jolies, dirent-ils en « visant » un peu au hasard.
Soudain ils furent chacun saisis par un pied et arrêtés en plein vol.
— Vous êtes si prévisibles, gronda Umibozû.
— Falcon ? S'étonna Miki en le dévorant du regard. Tu es royal, souligna-t-elle ensuite.
Ce dernier était costumé en roi et il émanait de lui un fort charisme. Falcon se mit à rougir et se retourna sans retourner les deux énergumènes, réalisant alors où il se trouvait.
—Désolé pour le dérangement, dit-il en traînant la paire de pervers derrière lui que les massues de Kaori et Kazue avaient finis d'assommer.
—Ne t'en fais pas pour cela, sourit Kaori en fermant la porte derrière lui.
— Je suis certaine que tu n'as pas remarqué, souligna Saeko en s'adressant à Kaori et finissant d'enfiler une longue robe noire.
— Remarqué quoi donc ? Demanda-t-elle en passant une robe de paysanne.
— Tu étais l'objet de leurs convoitises, souligna Reïka avec une pointe de jalousie dans la voix.
— Que… Quoi ? Mais non, vous vous trompez, rougit-elle de nouveau mal à l'aise. Vous étiez devant moi et vous vous êtes poussées lorsque j'ai sortie ma massue.
— Yuka va nous attendre, précisa Miki tentant de sauver la mise de son amie.
Par ailleurs, il est vrai que les sœurs Nogami s'étaient poussées au dernier moment.
…
Sur scène.
— J'espère que les deux zigotos se tiennent à carreaux. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de leur avoir parlé des vestiaires… De toute façon ils auraient fini par les découvrir tout seul.
— Vous m'avez l'air bien pensive ma jeune enfant, dit soudain une voix froide et intense derrière elle la faisant blêmir et sursauter.
Saisie, elle se retrouva assise sur le plancher et se retourna lentement en sentant son cœur bondir dans sa poitrine. Elle aperçut une longue silhouette noire et recula davantage tandis que son regard poursuivait les progressivement les courbes de cette ombre.
— Saeko ! Tu m'as fait une sacré peur, réprimanda-t-elle en identifiant finalement sa sœur.
— Cette robe te vas vraiment à ravir, soutint Kaori qui arrivait à son tour.
Le regard encore terrorisé de Yuka se mit à pétiller en voyant arriver sa troupe costumée tandis que sa grande sœur l'aida à se relever.
— Pas mal du tout, s'émerveilla-t-elle.
— Kyaaah ! Hurla soudainement Kaori rouge de confusion et de colère surprise par le contact d'une main sur son derrière.
À ce cri la main s'arrêta nette, tétanisée en réalisant qui en était son propriétaire. Comment avait-il pu se tromper ainsi ?
— Non mais oh, Ryô ! Tu vas voir un peu mon courroux, dit-elle en faisant apparaître une lourde massue et se retournant.
— STOP ! S'exclama Yuka en courant pour s'interposer entre les deux.
Kaori arrêta la massue à un cheveu de la tête de Yuka
— Qu'est-ce qu'il te prend tout à coup ? Questionna-t-elle.
— N'abîmez pas les costumes, ils ne nous appartiennent pas et la caution est très élevée.
— À ce point ? Interrogea Saeko.
— Il y en a pour des milliers de yens à la moindre petite égratignure.
La massue de Kaori disparu comme par enchantement.
— Ne t'estimes pas tiré d'affaire pour autant, gronda-t-elle en s'approchant de lui.
Elle remarqua alors qu'il était lui aussi costumé.
'Waouh… Qu'est ce qu'il est charmant ainsi, on croirait réellement un prince.' Songea-t-elle se sentant rougir mal à l'aise.
— Désolé, Kaori… J'ai cru qu'il s'agissait de…
— N'en rajoute pas, l'interrompit-elle en le dévorant du regard bien malgré elle.
— Très bien ma déesse, tout ce que tu voudras, murmura-t-il cherchant à la déstabiliser davantage.
— Vous voulez que l'on vous laisse ? Taquina Saeko.
—Non mais ça ne va pas ! Hurlèrent-ils de concert en lui lançant un regard glacial.
— Bien, pour ceux qui ont d'autres costumes à essayer, allez-vous changer. Jusque là il ne semble pas y avoir de retouches à faire, souligna Yuka. Les autres vous pouvez vous rhabiller normalement.
— Je me demande bien comment tu as fait pour trouver un costume adéquat pour Falcon, remarqua Miki.
— Certains acteurs du théâtre sont aussi grands que lui, c'est aussi simple que cela, souligna Yuka.
— Cette robe fait très austère. N'y a-t-il pas un moyen de lui faire un décolleté supplémentaire ? Interrogea Saeko.
— Grande sœur, Maléfique n'est pas sexy, elle est charismatique, certes, mais elle ne cherche pas à plaire. C'est un être vil et cruel.
— J'ai compris, soupira Saeko.
— Pair ailleurs, tu remarqueras que tous les costumes sont corrects et n'ont pas de décolletés outranciers, précisa la jeune sœur.
—Qu'en est-il de la transformation en dragon ? Questionna la policière.
— Comment ? Le costume de dragon n'est pas sur le portant ? S'étonna Yuka.
— Ah ! Il y a donc un costume…
…
Dans le même temps.
Heiji, dans un sale état, avait passé une bonne partie de la journée à déambuler dans les ruelles de Tokyo, loin de la foule et des regards des curieux. Il était meurtri physiquement et mentalement. Il maudissait sa sœur d'avoir voulu intégrer ce gang de yakusas… Les Corbeaux... Ce nom était d'un ridicule.
Il maugréait contre leur chef… Honda Misushi, qui avait donné ordre à ses sbires de venir l'arracher à la soirée reposante qu'il passait dans sa chambre d'hôtel. Il avait ressassé les derniers événements qui lui étaient arrivés et en était venu à une morbide conclusion.
Tous… Ils allaient tous payer pour leur affront, leur humiliation, leur abandon. Les Corbeaux, le bon samaritain, sa sœur… Il allait se venger !
NdA: Merci à toutes et tous pour vos petits mots et pour votre patience. :o)
L'histoire suit son cours et ma muse s'amuse à me faire faire des modifications, des rajouts, au fur et à mesure que j'en écris la suite au "brouillon"; c'est pourquoi je prends mon temps. ;o)
Merci
