Nda :Vous ne l'attendiez plus et le voilà! Bonne année et bonne lecture à vous.
Chapitre 21 : Rencontres…
Mettant une main dans sa poche, il sentit un papier sous ses doigts et se rappela le message récupéré dans le casier de sa chambre. Le papier était plié, sur ce dernier il reconnut le logo de l'hôtel. Le mot, quel qu'il soit, avait été improvisé. Il déplia la missive et su au premier mot qu'il avait été écrit par sa sœur.
« Cher frère,
J'espère que tu vas bien. J'ai entendu des choses chez Misushi que je n'aurai certainement pas dû entendre. Un message de ma part t'aurait été transmis. Sache qu'hormis celui que je suis en train de t'écrire que je ne t'ai rien laissé auparavant. Ne crois surtout pas un traître mot de ce que message contenait.
Mon infiltration dans ce clan porte enfin ses fruits. J'ai rencontré l'américain… Le fameux. Il est plutôt bel homme et partage mon avis sur le City Hunter, mais il admet ne jamais l'avoir rencontré à ce jour. Il a l'air plus sincère que les autres yakuzas. Le peu d'échange que j'ai pu avoir avec lui m'a conduit à la conclusion que le clan était aux abois. Il y aurait des taupes parmi eux.
Je ne sais pas ce que Misushi cherchait en me faisant croire que tu étais décédé, mais j'ai décidé de jouer son jeu. Je sais que tu vas m'en vouloir, mais je dois être solo sur ce coup. Il croit que je n'ai pas vu clair, pourtant, je sais qu'il cherche à me manipuler mais comme tu le sais si bien, j'ai plus d'un tour dans mon sac et le charme fait parti intégrante de mes qualités, tout comme la comédie et l'art dramatique.
J'ai appris qu'il était contre mon idée d'abattre la partenaire du City Hunter, mais crois moi bien, je n'approuve pas son choix. D'une manière ou d'une autre elle périra. Quelle que soit le moyen que j'emploierai j'aurai ma revanche.
Où que tu te trouves soit bien prudent, j'ai dans l'idée que Misushi cherchera à se venger de tes explosifs. Il n'a pas du tout apprécié.
Amour.
Anko. »
Il replia la lettre lentement, les mains tremblantes.
— Bonjour, Madame, fit soudain une petite voix à ses côtés.
Perdu dans ses pensées il n'avait pas vu l'enfant se rapprocher. Il se tourna vers la petite et lui sourit brièvement.
— Bonjour, comment t'appelles-tu ? Questionna-t-il en prenant une voix légèrement efféminée.
— Je m'appelle Kaori, sourit-elle en créant en lui une légère tension. Pourquoi êtes-vous si triste ? Questionna la petite inconsciente du trouble qu'elle avait suscité en lui.
— Je ne suis pas triste, fit-il surpris.
— Alors pourquoi pleurez-vous ? Continua l'enfant.
Heiji réalisa alors que des larmes coulaient sans qu'il ait pu les en empêcher.
'Quel piètre tueur je fais', songea-t-il.
— J'ai de la poussière dans les yeux, sourit-il à l'enfant en s'essuyant ceux-ci du revers de sa manche. Maintenant retourne vite voir ta mère elle va s'inquiéter de te voir parler avec une inconnue.
— Ma mère n'est pas là, fit la fillette tristement. Je suis avec mes amis et Madame Mayuko, expliqua l'enfant. Elle dirige l'orphelinat où j'habite, continua-t-elle.
'L'orphelinat,' se répéta-t-il mentalement.
— Et le jour de la veille de Noël nous allons voir un spectacle au théâtre. Ce sera chouette, en plus ma mère sera là, continua la petite sans réaliser que la grande personne ne l'écoutait qu'à moitié.
— Kaori ! Tu viens ? L'appela une de ses camarades.
Mayuko, qui avait remarqué Kaori, allait pour l'appeler elle aussi mais en voyant la petite Agnès se lever elle s'était interrompue sachant que la petite allait la devancer.
Heiji, les yeux rougis, vit celle que la petite avait nommé Madame Mayuko, saluer le couple et s'approcher de lui. Il remarqua aussitôt que la femme qu'elle venait de saluer n'était autre que…
'Makimura Kaori !'
Il tenta de maîtriser sa colère, l'homme à ses côtés ne pouvait être que son partenaire, City Hunter. Il était inutile de se dévoiler maintenant.
— Bonjour, Madame. J'ose espérer que la petite ne vous a pas trop importunée, entendit-il.
— Oh, non, rétorqua-t-il en souriant. C'est une brave enfant. Elle a l'air contente d'aller au théâtre prochainement.
— Vous n'avez pas idée. Une prochaine fois je leur annonce la nouvelle au dernier moment. En espérant qu'il n'y ait pas de prochaine fois en ma compagnie.
— Que voulez-vous dire ?
— Ces enfants sont orphelins… Merci encore pour votre patience, s'inclina légèrement Mayuko.
—Je vous en prie, rétorqua-t-il de la même manière demeurant néanmoins assis. Bonne fin d'après-midi, salua-t-il ensuite.
— Merci, vous de même, rétorqua Mayuko avant de retourner auprès des enfants et de les réunir, il allait être l'heure de partir.
Heiji regarda autour de lui, le couple avait disparu. Il eut un rire nerveux en repensant au prénom de la petite, quelle ironie. L'air se fit soudain plus frais et il nota que la nuit commençait à tomber. Pensif quant à la missive de sa sœur, il décida d'aller faire un tour dans le quartier des bars et finit par s'arrêter dans le premier établissement qu'il estima potable.
N'oubliant pas qu'il était déguisé, il alla s'installer bien à l'écart du comptoir. Surpris de voir une si belle femme seule à cette heure-ci, le barman tenta la conversation.
— Bonsoir, Madame, que désirez-vous ?
— Un peu de solitude et un verre de martini.
— Un peu de solitude ? Vous risquez d'être abordée si vous restez plus longtemps ici.
—Est-ce à dire que je dois partir ? Questionna Heiji, blessé. Je puis très bien trouver un autre endroit en ce cas, dit-il ensuite en se levant.
— Désolé, Madame, ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais votre beauté va sans doute faire des émules.
— Nous verrons bien, sourit Heiji amusé. Et ne vous en faites pas pour moi, j'ai de quoi me défendre.
— Je vous amène votre martini, Madame, salua le serveur en s'éloignant.
Heiji soupira et se fit pensif. Il ressortit alors la lettre de sa sœur et la relut. Les émotions se bousculaient en lui. Il ne savait pas s'il devait être en colère, triste ou joyeux.
Un parfum familier lui titilla soudain les narines et lui fit tourner la tête vers la porte d'entrée. Elle était là… Anko fit un pas à l'intérieur, hésitante, triste, la démarche lourde. Elle s'avança vers lui sans le voir, perdue dans ses pensées. Elle avait déambulait dans les rues de la ville à la recherche de son frère… Sans succès. Et là… Lorsque finalement elle releva la tête…
— Grande sœur ? Fit-elle hésitante en posant son regard sur lui.
— Bonsoir petite sœur, rétorqua-t-il en souriant et lui faisant signe de prendre place face à lui.
Elle le dévisagea, cherchant à le retrouver sous sa couche de maquillage.
—Assieds-toi donc, je ne vais pas te manger.
Anko se rapprocha de lui davantage et posa ses mains sur son visage.
— Doucement je te prie, murmura-t-il un poil menaçant bien malgré lui et sans cacher sa voix.
— Je te croyais… Et puis je t'ai vu…. Tu es parti si vite, bégaya-t-elle.
— Je n'avais pas encore lu ta nouvelle lettre, dit-il en appuyant sur nouvelle d'un air méprisant.
— Que te racontait la précédente ? Questionna Anko soucieuse.
— Comme si tu ne le savais pas, gronda-t-il.
— Grand fr… Grande sœur, je t'assure que je n'en suis pas l'auteure.
Ses yeux reflétaient son désarroi, son inquiétude et son innocence Heiji en soupira.
— Il vaut mieux pour toi que tu l'ignores et que tu fasses comme si Heiji avait bel et bien disparu lors de l'explosion de sa chambre d'hôtel.
— Mais… Que vas-tu devenir ?
— Pour le moment je panse mes plaies ensuite, j'en finirai définitivement avec le samaritain et sa compagne.
— Heiji ?
— Non, l'interrompit-il. Je te l'ai dit, Heiji n'existe plus. Mon nom est Haruka.
Il l'observa un instant et lui fit signe de ne rien dire de plus lorsqu'il aperçu le serveur revenir.
— Madame, votre verre de Martini.
— Merci.
— Et que désire votre amie ? Questionna-t-il ensuite.
— Rien pour le moment, merci, répondit Anko en souriant. Je vous ferais signe, rajouta-t-elle ensuite.
Le serveur s'inclina et s'éclipsa, espérant que l'étalon de Shinjuku ne se montrerait pas ce soir. Ce client avait le chic pour faire fuir les plus belles clientes. Malheureusement pour lui, c'est toujours quand on parle du loup qu'on le voit apparaître. Lorsqu'il entendit la porte de l'établissement s'ouvrir, le serveur leva la tête et blêmit en l'apercevant.
Heiji ressentit l'aura de son adversaire avant même de le voir et cacha son ressentit. Il n'était pas nécessaire de se faire découvrir.
— Petite sœur, maîtrises toi, murmura-t-il en lui attrapant les mains.
— Hei… Haruka ? Dit-elle perplexe.
— Oh mais que vois-je ? Deux belles miss mokkori ! S'extasia l'étalon en se jetant sur elles.
Anko se tendit en reconnaissant la voix de son ennemi, Haruka lui serra la main davantage en cherchant un moyen de se débarrasser de l'opportun.
Les mains de Ryô se firent baladeuses sur le corps de la plus svelte jeune femme, s'arrêtant à des endroits stratégiques pour mieux masser ce corps qui lui était « offert ».
— Mais, mais arrêtez, espèce de pervers ! Ragea Anko avant de lui coller une gifle magistrale qui le fit reculer.
Malgré la marque de la gifle bien visible, Ryô joua avec son déséquilibre pour avancer de nouveau vers elles et, titubant, posa sa main sur la cuisse de la femme la plus forte pour se rattraper. Lorsque sa main glissa plus à l'intérieur, la sensation qu'il éprouva le fit tomber à terre et reculer à quatre pattes, blême.
— Hou ! J'aime les hommes directs, lança Haruka en se levant, amusé de la réaction qu'il avait suscitée.
Il se sentit soudain joueur et se rapprocha sensuellement de son ennemi.
Ryô se releva rapidement et parvint à retrouver contenance. Il posa alors une main sur l'épaule de la forte femme qui lui faisait maintenant face.
— Désolé de vous faire de la peine, mais je ne suis pas ce genre d'hommes, dit-il d'un air posé. Moi, je préfère les vraies jeunes femmes ! S'exclama-t-il en se jetant de nouveau vers l'autre personne.
— Espèce de malotru! Ragea Haruka en l'attrapant par la cheville et l'envoyant vers l'entrée de l'établissement avant de retourner s'asseoir tranquillement.
— Grande sœur ? Interrogea Anko.
— Pas maintenant, murmura-t-il.
Cette réaction lui avait été néfaste et il se demandait s'il n'avait pas rouvert une plaie quelconque tant la douleur lui martelait le corps. Il attrapa son verre de Martini et le bu d'une traite.
— Cela ne te réussis pas de draguer les hommes, Ryô, murmura un vieillard en l'aidant à se relever.
— Et moi qui croyais avoir trouvé la perle rare, pleurnicha-t-il tandis que le vieillard l'entraîna à sa suite, prenant place à la première table libre qui s'avéra être à trois tables des belles demoiselles.
— Soit un peu plus sérieux, Ryô, le réprimanda le vieillard comme on gronde un enfant pris en faute.
— Alors quoi de neuf ?
— Tu as certainement entendu parler de l'explosion d'une chambre d'hôtel.
— Brièvement. D'après les journalistes elle aurait fait 6 victimes dont 5 morts et personne pour le moment n'en connait l'origine.
— 4 de ces morts travaillaient pour Jun Misushi, lui-même a été victime de l'explosion, mais en moindre mesure. Il aurait été intoxiqué par les fumées de l'incendie.
— Qui est la dernière victime ?
— Le corps était tant carbonisé qu'une identification est impossible. En attente de résultats la police présume qu'il s'agissait de l'occupant de la chambre d'hôtel.
— À savoir ?
— J'y viens…
— Comme d'habitudes ? Demanda le serveur en arrivant à leurs côtés.
— Comme d'habitude, confirma Ryô si sévèrement que le serveur repartit à vive allure.
— Qui était-ce ? Interrogea Ryô après s'être assuré qu'il n'y avait pas d'oreilles indiscrètes.
— Heiji Seguchi… Kaori n'a plus à s'en faire.
— Je ne parlerai pas trop vite à ta place. Il m'est avis qu'il n'a pas du tout souffert des flammes, appuya Ryô en lui indiquant les deux jeunes femmes qu'il avait tenté de draguer.
— Tu veux dire que l'une d'elles… S'étonna le vieillard.
— Pour changer de sujet, voici le lieu où « Les Lucioles » ouvriront leurs portes ce soir, dit Ryô d'une voix plus claire qui contrastée avec ses chuchotements. J'ai croisé le gérant qui m'a demandé de faire ma distribution de cartes aux habitués. Assures-toi que l'une d'entre elles parvienne à qui de droit.
— Pas de souci, Ryô, souligna le vieillard tandis que le serveur posa les 2 verres à tables.
— Attendez, l'arrêta Ryô avant de lui passer de quoi régler la note rapidement.
— Merci, s'inclina le serveur avant de partir.
— Bon je te laisse Tommy, fit Ryô avant de boire son verre d'une traite. Je suis attendu, affirma-t-il gravement.
Puis il fit mine de partir mais s'arrêta brusquement et un sourire béat fit son apparition.
— Mais avant ça, un dernier gros câlin ! S'écria-t-il en se jetant vers les deux femmes de tout à l'heure.
