Chapitre 23 : Une veille de représentation épique

Une dernière chose.

Qu'y-a-t-il ?

Le médecin ne devrait pas tarder à passer. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à lui en parler, sourit l'infirmière avant de s'éclipser.

Bien auparavant.

Après qu'il eut fini ses différents appels téléphonique, Ryô était retourné chez lui.

— Kaori, Reïka, je suis rentré, s'annonça-t-il en fermant la porte derrière lui.

— Quoi de neuf ? Questionna Reïka assise sur le sofa du salon.

— Heiji se repose à la clinique des Libellules. J'ai laissé entendre au directeur qu'il avait besoin de beaucoup de repos. Je pense qu'il a compris mon message et que ce soir il le fera transférer aux Lucioles.

— Tu es bien trop tendre avec lui, souligna la détective. Mais bon je ne vais pas m'en plaindre je vais pouvoir retourner chez moi.

— En attendant de retourner chez toi, que dirais-tu de venir avec nous pour accueillir les orphelins et les personnels de l'orphelinat de Nozawa Onsen? Questionna Kaori.

— C'est que je ne voudrais pas déranger, tenta-t-elle.

— Tu ne dérangeras pas du tout ! Sermonna Ryô.

— Tu crois ? Je…

Reïka s'interrompit tandis que le téléphone de l'appartement se mit à sonner.

— Réfléchis-y le temps que j'aille répondre, lui dit Ryô en lui faisant un clin d'œil. Ryô Saeba, s'annonça-t-il ensuite en décrochant le combiné.

— Salut, Ryô. Kazue et moi nous nous demandions ce que vous aviez prévu pour la soirée, fit Mick la bouche en cœur.

— Nous allons accueillir les enfants et bénévoles de l'orphelinat de Nozawa Onsen et leur faire visiter un peu la ville. Ensuite nous les conduisons là où travaille Mayuko pour les présentations et un dîner de bienvenu, souligna Ryô.

— Ils arrivent aujourd'hui ? s'étonna l'américain.

— Oui. Et si tu n'as rien d'autre à nous dire je vais te laisser. Il est l'heure de partir. Je ne voudrais pas arriver en retard et louper le bus.

— Vous ne prenez pas la mini ?

— Mick… Comment veux-tu que j'installe tout le monde ? La mini n'est clairement pas assez grande.

— Bien, bon courage alors, raccrocha Mick.

— Alors Reïka ? Questionna Ryô après avoir reposé le téléphone à sa place.

Celle-ci releva la tête et rangea son nouveau bipeur que sa sœur lui avait offert le matin même.

— Je viens de recevoir un message important. Je ne pourrais pas vous accompagner.

— Rien de grave au moins ? S'inquiéta Kaori.

— Non, rassures toi, sourit-elle.

Bien après, gare de Shinjuku. Ryô et Kaori étaient arrivés à l'heure juste. Les retrouvailles s'étaient faites dans des larmes de joie. La jeune Yoko s'était jetée dans les bras de Kaori comme si des années s'étaient écoulées alors qu'un petit mois venait de passer. Kaori avait bien failli tomber surprise par le geste de l'adolescente elle avait ressenti une légère douleur dans son mollet lorsqu'elle avait forcé sur celui-ci pour ne pas chuter.

Le petit Ryôichi était lui aussi présent avec sa mère adoptive, Megumi, qui travaillait désormais à temps plein à l'orphelinat. Bien évidemment Ryô était resté fidèle à lui-même et sitôt que les jeunes femmes avaient mis un pied sur le quai il s'était empressé de se jeter sur elles. Et, par conséquent il s'était retrouvé sous une énorme massue sous les fous rires des enfants présents et les regards médusés des autres passants.

— Monsieur Saeba, vous devriez cessez ces manies devant votre fi… votre partenaire, se rectifia Sayaka devant le regard que Ryô lui lança.

Elle conclut que le mot qu'elle voulait dire n'était pas utilisable et se ravisa aussitôt. Sans doute que ce qu'elle avait appris à Nozawa Onsen n'était pas encore réellement officiel.

— Allez, mettons-nous en route, il ne faudrait pas rater notre bus, dit Ryô en tapant des mains.

C'est ainsi que la petite troupe quitta la gare de Shinjuku. Après une rapide visite guidée de la ville, ils gagnèrent l'orphelinat de Mayuko, laquelle les attendait patiemment. Là, Yoko et ses amis firent la connaissance des autres enfants et se prit bien vite d'amitiés pour une des petites filles bien débrouillarde pour son jeune âge. Puis elle remarqua un adolescent un peu à l'écart qui semblait observer la scène avec intérêt. Elle s'en approcha pour faire plus ample connaissance et le vit tourner la tête d'un air boudeur après avoir croisé le regard de Kaori.

— Qu'est-ce qui ne va pas ? Lui demanda Yoko surprise par son attitude.

— En fait Ryôga est jaloux, expliqua la petite fille à ses côtés, amusée par la question. Il aurait aimé participer à la pièce lui aussi et tenir le rôle du prince.

— Oh ! Et qui donc interprète ce rôle questionna l'adolescente curieuse.

— Madame Mayuko n'a pas voulu nous le dire. Elle a juste précisé que nous connaissions toute la troupe de théâtre. Nous avons donc conclu, après en avoir parlé ensemble, que tonton Ryô et tata Kaori devaient en faire partis.

— Tonton ? Tata ? Reprit Yoko intriguée Pourquoi les appelles-tu ainsi ?

— Je ne suis pas la seule, rougit la petite mal à l'aise. Ryôga et Agnès font pareil. Et puis… C'est tonton Ryô qui m'a suggéré de l'appeler ainsi à la place de Monsieur… Mais c'est un secret, murmura-t-elle en faisant sourire Yoko.

Sayaka et Mayuko avaient parlé longuement après avoir fait connaissance et malgré la forte différence d'âge la même passion, la même énergie se ressentait pour venir en aide aux enfants.

Puis le dîner fur servi et durant ce dernier les enfants tentèrent d'en apprendre plus sur la troupe, mais ni Ryo, ni Kaori ne dévoilèrent quoi que ce soit. Ensuite, prétextant un repos nécessaire pour être en forme le lendemain, tata Kaori et tonton Ryô étaient partis rapidement après le dessert et sitôt chez eux, Kaori avait gagné sa chambre tandis que Ryô était parti répondre au téléphone.

Milieu de soirée, appartement de Ryô et Kaori.

Ce soir nos deux compères étaient seuls Ryô venait de l'apprendre de Reïka. Elle venait d'appeler pour les avertir, leur dire de ne pas s'inquiéter de son absence outre mesure. Elle avait été passé la soirée chez sa grande sœur suite à l'invitation de cette dernière reçue via son nouveau bipeur. Après avoir raccroché, Ryô cacha un rapide sourire béat, il allait enfin pouvoir en profiter, mais il savait qu'avec sa partenaire il ne fallait pas qu'il agisse à la légère.

Néanmoins et à pas feutrés Ryô s'approcha de la chambre de sa partenaire dont la porte était restée entrouverte. Silencieusement il osa un coup d'œil à l'intérieur. Cette dernière était en train de se préparer pour aller se coucher. Un nouveau sourire béat fit apparition sur son visage… Il faut dire que Kaori n'était que peu vêtue.

Sentant la présence de son partenaire qui l'épiait, son premier réflexe fut de sortir sa massue tout en rougissant de gêne et en se retournant à la hâte prête à fondre sur sa proie.

Ryô se sentit blêmir et recula comme il le put dans le couloir.

— Att… Attends ! Ce n'est pas ce que tu crois, parvint-il à articuler tandis qu'il se retrouva à terre.

La massue s'arrêta à un centimètre de sa tête alors que Kaori se trouvait maintenant sur le pas de porte de sa chambre.

— Tu ne vas tout de même pas me frapper à chaque fois que je souhaite venir te parler, bouda-t-il en croisant les bras.

— Tu aurais pu te signaler avant d'entrer, rétorqua-t-elle sur la défensive en faisant disparaître sa massue.

— Tu sais que tu es très charmante ainsi ! Fit-il remarquer ensuite en s'attardant sur son corps dont les pièces maîtresses étaient encore recouvertes par des sous-vêtements diablement sexy et en dentelles.

D'autant plus gênée elle lui tourna le dos et se dépêcha près de son lit pour attraper au moins le haut de son pyjama.

— Que veux-tu ? Questionna-t-elle sans pour autant se retourner tandis qu'elle l'entendit se relever pour mieux se rapprocher.

Elle sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine et essaya de se calmer. Tant nerveuse, elle ne parvenait pas à enfiler son vêtement.

— Toi ! Rétorqua-t-il sensuellement avant de lui embrasser le cou tendrement. Ce soir nous sommes seuls, continua-t-il entre deux baisers tandis que ses mains s'étaient mises à dessiner des arabesques sur son dos avant de faire sauter les agrafes de son soutien-gorge.

Elle en lâcha son pyjama qui tomba délicatement sur le sol, abasourdie par cette révélation. Elle posa la main sur son soutien-gorge qui commençait à glisser.

'Mais que ? Je dois rêver.' Songea-t-elle avant de se faire force pour se retourner.

Elle avait les joues rouges et son étonnement était lisible. Elle plongea son regard dans celui de Ryô et y lu plus que nécessaire. Un sourire plus que radieux illumina son visage, comment aurait-il pu résister davantage ? Elle le dévisagea un instant, cherchant à voir s'il ne se jouait pas d'elle puis elle se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser tendrement, prenant alors les devants sur la scène qui allait suivre et lâchant finalement son sous-vêtement que Ryô entreprit de retirer totalement en remplaçant la dentelle par de tendre baisers enflammés.

Les premières lueurs du jour éveillèrent ce couple tendrement enlacé. Ils s'étaient unis avec passion et volupté. Ils s'étaient unis avec tendresse, s'offrant l'un à l'autre sans barrières, sans conditions. Et ils s'étaient engagés l'un envers l'autre sans fioriture de plus qu'une simple promesse. Celle de vivre ensemble jusqu'à la fin malgré les difficultés qu'ils pourraient traverser et… Ils avaient peu dormi.

— Ryô… Crois-tu que je pourrais encore donner le change quant à notre relation ?

— Oui, affirma-t-il. Continue de m'assommer avec tes massues, personne ne verra la différence, crois-moi ! Poursuivit-il avant de lui voler un baisé et de se lever. Et sache que malgré tout ce que je pourrais te dire, je n'en penserais pas un traître mot.

— Ça ne vas pas être facile, soupira-t-elle.

— Ne t'inquiètes pas pour cela… Cela sera plus simple que tu ne le penses, tu verras. Allons-nous préparer ! Aujourd'hui c'est le grand jour, lui rappela-t-il.

— C'est vrai ! Il ne faudrait pas décevoir tous ces enfants, sourit-elle avant de l'imiter.

— Ni Yuka, ironisa Ryô.

— Qu'as-tu prévu de faire à ce sujet ? Questionna-t-elle faisant allusion à la scène du réveil de la belle au bois dormant.

— Tu verras en temps voulu, répondit-il en lui faisant un clin d'œil malicieux.