NdA: Les lignes de dialogues de la pièce sont reprises de la version française de "La belle au bois dormant" de 1959.
Chapitre 24 : Représentation, première partie.
— Qu'as-tu prévu de faire à ce sujet ? Questionna-t-elle faisant allusion à la scène du réveil de la belle au bois dormant.
— Tu verras en temps voulu, répondit-il en lui faisant un clin d'œil malicieux.
…
L'heure de la représentation arriva bien vite, un peu trop vite au goût de Ryô qui était tout de même parvenu à un accord en catimini avec Saeko. De son côté Kaori, une petite idée en tête, avait parlé avec Yuka qui, toute souriante devant la proposition de son amie, avait donné son accord.
Les enfants et personnels des deux orphelinats arrivèrent bien avant l'heure. Il faut dire qu'une visite VIP du théâtre les attendait ainsi qu'un tête-à-tête avec les comédiens.
— Je le savais ! S'exclama la petite Kaori faisant écho à Ryôga lorsqu'ils les identifièrent.
— Qui est ce géant ? Questionna Yoko à moitié terrorisée en reculant de trois pas lorsqu'elle aperçut Umibozû.
— Oh ! Ne t'en fais pas. Il n'est pas méchant, sourit sa nouvelle amie en s'en approchant avec un grand sourire.
Umibozû s'accroupi alors pour être à sa hauteur. Malicieuse, la petite fille lui murmura trois petits mots qui le firent rougir instantanément sous le regard intrigué de Miki.
— Ryôga, l'interpelle Yuka tandis que ce dernier n'avait de yeux que pour la grande Kaori.
— O … Oui, répondit-il surpris.
— J'aurai besoin d'un jeune prince pour la toute première scène.
— De quoi ? Bégaya-t-il.
— Je sais que je m'y prends un peu tard, mais accepterais-tu de monter sur scène ? Il n'y a pas de texte, c'est simplement présentiel.
Le jeune Ryôga se retrouva aussi rouge qu'Umibozû.
— Est-ce que… Commença-t-il.
— Quoi donc ? Interrogea Yuka.
Ryôga regarda brièvement la grande Kaori avant de se triturer les doigts nerveusement.
— Est-ce que Kaori sera aussi sur scène ? Parvint-il à demander encore plus cramoisi.
Cette dernière, surprise, sourit et se rapprocha de lui.
— Je serais en coulisse, Ryôga.
— Oh ! Dit-il dépité, dommage.
Ryô, tout comme chacun, avait bien remarqué le manège du jeune adolescent et en sourit brièvement, ressentant toutefois une pointe de jalousie.
— Alors ? Quel est ton choix ? Demanda Yuka.
— Que dois-je faire exactement ?
— Tu te tiendras simplement aux côtés d'Umibozû.
— Umibozû ? Répéta-t-il en dévisageant le géant qui s'était redressé.
— Oui. Je n'en dirais pas plus. Si tu es d'accord alors suis-moi, fit Yuka en sortant de la salle.
Ryôga sentit son cœur accélérer ne sachant plus quoi faire.
— Et alors ? Qu'attends-tu ? Questionna la grande Kaori.
— Allez, Ryôga, vas-y ! L'encouragea Yoko.
— Ryôga ! N'est-ce pas toi qui m'a dit, commença la petite Kaori.
— J'y vais, l'interrompit-il avant de courir à la suite de Yuka qui l'attendait dans le couloir.
…
À la grande surprise générale il y a salle comble. Un brouhaha régnait parmi les spectateurs. Saeko jeta un coup d'œil sur les écrans de surveillance. À un des balcons elle remarqua la présence de Monsieur Misushi aux côtés duquel il lui sembla reconnaître la sœur de l'homme qui était après Ryô et Kaori. Elle scruta alors la salle mais l'homme en question ne semblait pas être présent. Par contre un visage l'interpella. Bien qu'en partie caché par un pilier son visage reflétait une froideur sans pareille. Elle se sentit soudain mal à l'aise et finit par détourner son regard avant de donner une dernière consigne et de retourner en coulisse.
Cinq minutes après les lumières s'éteignirent et le brouhaha cessa tandis que trois coups de marteaux résonnèrent.
Le rideau se leva et la lumière tomba tout d'abord sur le décor. La scène se passait dans un château médiéval européen, dans une grande salle. Puis la lumière se fit tour à tour sur les parents interprétés par Mick et Kazue, leur voisin le roi Hubert aka Umibozû et Ryôga, le jeune prince Philippe.
Il y eut quelques exclamations de surprises et de peur lorsque le roi Hubert apparu dans la lumière, mais les chut en provenance des enfants avaient bien vite contraints les adultes au silence.
La voix de Yuka s'éleva ensuite dans le micro :
— Dans un royaume lointain le roi et la reine se languissaient de ne point avoir d'enfants. Aussi, lorsqu'une adorable petite fille naquit, ce fut la fête dans tout le royaume. Toute la population fut invitée, et les représentantes de fées vinrent la couvrir de bienfaits
Arrivant côté Jardin, Kasumi, de rouge vêtue, fut la première à s'avancer vers le couffin se trouvant devant Mick et Kazue vêtus royalement pour l'occasion.
Kasumi se pencha au-dessus du couffin et récita les mots qu'elle avait appris et répétés.
— Petite Princesse ! Je vais te faire don de la beauté, dit-elle en jouant avec sa baguette magique.
Vêtue de verte, Miki fut la suivante à arriver sur scène en virevoltant.
— Jolie Princesse, pour ma part je vais te faire don d'une belle voix, sourit-elle avant de dessiner des arabesques avec son accessoire.
Puis Reïka arriva de bleu vêtue.
— Charmante Princesse, moi je vais te faire don de…
Mais elle s'interrompit tandis qu'un coup de tonnerre résonna.
Dans un éclair lumineux Saeko entra en scène.
Au balcon, ce fut la surprise parmi certains spectateurs.
— Mon dieu, voici Maléfique ! S'exclama Miki avec horreur.
— Que vient-elle faire ici ? S'étonna Reïka.
— Mais il y a là tout le beau monde, Roi Stéphane, commença Saeko amusée et scrutant les réactions des enfants et des spectateurs qu'elle pouvait voir.
— Leurs altesses, la noblesse, l'aristocratie, dit-elle ensuite en désignant les spectateurs.
— Et… Elle s'interrompit et rigola diaboliquement alors que son regard se posait sur Kasumi, Miki et Reïka. Il y a aussi … la racaille, rajouta-t-elle après un temps mort. Je me sens vexée, sachez-le, de ne pas avoir eu d'invitations.
— Votre présence n'était pas désirée, fulmina Reïka peinant à rester dans la peau du personnage.
— Ah vraiment ! Oh et vous osez l'avouer sans honte ? rétorqua Saeko avec cynisme. J'avais espéré que ce n'était là qu'un fâcheux oubli. Mais puisqu'il en est ainsi, ma foi je m'en vais, dit-elle comme vaincue
— Que votre excellence excuse cet incident, intervint Kazue peinée, jouant le rôle de la reine.
— Bien sûr, Majesté, dit Saeko ironique avant de continuer sévèrement. Je l'excuse au point que je vais moi aussi m'occuper de l'avenir de cet enfant. Ouvrez bien vos oreilles, déclara-t-elle en faisant un grand geste et se tournant vers les spectateurs plongés dans l'obscurité.
Miki, Reïka et Kasumi se blottirent devant le couffin tel un rempart humain et Saeko en eut un sourire moqueur.
— La princesse en grandissant aura la grâce et la beauté. Chacun l'aimera et lui sera dévoué mais ma volonté est telle qu'avant l'aube de ses 16 ans elle se piquera le doigt à la pointe d'une quenouille et en mourra !
Les enfants du premier rang en tressaillirent avec un hoquet de surprise.
'Je ne pensais pas que la policière serait de la partie. Quelle surprise, s'étonna silencieusement Misushi. Quant aux autres acteurs, je me demande qui ils sont. Je n'ai pas encore vu cette Kaori… Sans doute interprète-t-elle la princesse.'
Sur scène, Kazue s'était emparé du bébé et venait de s'exclamer un « Oh non ! » très dramatique.
— Emparez-vous de cette sorcière, exulta Mick.
— Nul ne m'arrêtera, s'écria Saeko avant de rire diaboliquement tandis qu'une fumée verte s'éleva autour d'elle.
Lorsque celle-ci se dissipa, Saeko avait disparu. Les petits en eurent un autre hoquet de surprise.
Le roi et la reine s'échangent un regard plein d'amour et de douleur tandis que Kasumi se rapprocha d'eux.
— Séchez vos larmes, Majestés. Pimprenelle a encore un don à faire, dit-elle en tentant de les rassurer.
— Et elle sera conjurer la malédiction ? Questionna Mick sceptique.
— Oh non, Sire, avoua Reïka tristement.
— Maléfique a des pouvoirs qu'hélas nous n'avons pas, souligna Kasumi avec non moins de peine.
— Pimprenelle va essayer, souligna Miki.
— Je…
— Faites de votre mieux, dirent Kasumi et Miki en poussant délicatement Reïka vers le couple royal. Nous comptons sur vous
Reïka prit alors une grande inspiration et se mit à réciter :
— Charmante princesse, une quenouille te piquera le doigt, puisque Maléfique a jeté ce sort sur toi. Mais, cependant, tu ne mourras pas et voici ce qu'il se passera. Tu tomberas dans un sommeil profond qui certes sera fort long, mais je te promets qu'au bout de 100 ans tu seras réveillé par le baiser d'un prince charmant.
Le rideau se ferma sur scène tandis qu'une vague d'applaudissement retentit dans la salle trois nouveaux coups de marteau résonnèrent mettant terme à ceux-ci, et la narration reprit.
— Le roi fit brûler toutes les quenouilles du royaume, et pour encore mieux protéger la jeune princesse, il accepta la proposition des 3 fées de l'emmener loin de la vie du château. Elles s'installèrent dans une chaumière aux abords d'une forêt et élevèrent la princesse qu'elles renommèrent Rose. Loin de la vie du château le temps passa pour la jeune princesse qui approchait désormais de ses 16 ans tandis que Flora, Pâquerette et Pimprenelle vivaient sans utiliser leur magie.
Parallèlement l'on s'activait sur scène derrière le rideau. Les accessoires en trop étaient retirés tandis que le décor se métamorphosa. Le jeune Ryôga, une fois changé, gagna sa place au premier rang en toute discrétion.
Une fois que la narration prit fin le rideau s'ouvrit sur un décor de sous-bois dans lequel sont incrustées des silhouettes d'animaux en cartons. Kaori, vêtue en « paysanne » s'y promène en chantonnant et se met à danser. La reprise du film d'animation est telle que bien vite l'air de Tchaïkovski « The Sleeping Beauty: The Garland Waltz » se fait entendre. Des marionnettes d'animaux se mettent à danser autour de Kaori.
Ryô arriva côté jardin en tenant une tête de cheval en carton à ses côtés, faisant rire les spectateurs, et il observa la jeune femme.
Il profita que celle-ci arrive à ses côtés en lui tournant le dos pour se mettre à chanter et à danser avec elle. Kaori, dans son rôle, fut surprise par la présence du jeune homme et tenta de s'enfuir. Mais ce dernier reprit les mains qu'elle venait de chanter et parvint à l'amadouer.
Ils se mirent de nouveau à danser. La symbiose entre les deux était parfaite.
'Cet homme… Lui aussi fait partie de la troupe amateur ?' s'étonna Misushi.
'City Hunter ! Tu vas souffrir comme j'ai souffert.' Songea Anko en serrant ses poings. 'J'espère qu'Heiji a pu s'arranger. Le fou n'imagine même pas que je le mène à la baguette.'
'C'est un couple magnifique', nota la critique assise au second rang.
Ils dansèrent un moment, puis s'approchèrent du rebord de la scène comme s'ils regardaient au loin Kaori s'appuyant amoureusement contre Ryô.
Lorsque le jeune homme tenta d'apprendre son identité, elle paniqua. Et tout en s'enfuyant vers le côté cour, elle promit de le revoir le soir même à proximité de la chaumière où elle habitait.
Les rideaux se fermèrent tandis que Kaori s'arrêta de courir en coulisses, le cœur battant la chamade. En se blottissant contre Ryô elle s'était remémorée la nuit passée lorsqu'il avait posé ses mains sur elle et s'était sentie rougir au souvenir.
— Est-ce que ça va ? Demanda Miki à ses côtés.
— Oui, je vais bien, affirma-t-elle plus sure d'elle.
Déjà résonnait la voix de Yuka tandis que se fut de nouveau l'agitation sur scène.
— Perchée sur son trône dans une haute tour Maléfique interrogeait ses minions. Elle apprit alors que ceux-ci n'avaient jamais retrouvé trace de la princesse et qu'ils avaient passé les 16 dernières années à fouiller tous les berceaux. Apprenant cela Maléfique se mit à rire nerveusement avant de passer sa colère sur eux, les traitant d'idiots et d'imbéciles. Puis elle fit appel à son plus fidèle serviteur, un corbeau. Elle lui donna pour mission de retrouver une jeune fille gracieuse, à la beauté sans pareille et à la voix enchanteresse. Le corbeau prit son envol et s'en alla poursuivre sa mission. Durant son vol il fut soudain attiré par un jeu de lumière sortant d'une cheminée.
