Jour 11 : Dormir / Sommeil
Personnages : Diana x Anne (AWAE)
À chaque fois qu'elles étaient censées dormir ensemble, Anne et Diana ne fermaient pratiquement pas l'œil de la nuit.
La faute en était principalement à la rousse. Anne avait toujours eu une imagination débordante. En journée, elle inventait ainsi mille histoires et jeux pour amuser ses amies. Diana, qui n'avait jamais possédait un tel esprit, était stupéfaite par son intelligence créative. Toutefois, elle s'était rapidement aperçue que ce que laissait entrevoir sa camarade le jour n'était rien comparé à ce qu'elle pouvait produire sitôt le soir tombé. Anne profitait de l'obscurité pour inventer mille personnages et histoires rocambolesques : ici l'amour d'un espion traite, là une princesse désireuse de trouver son prince mais s'enfuyant avec un paysan...
Au début, Diana avait trouvé ces aventures scandaleuses mais elle avait fini par se prendre au jeu. Même si elle narrait moins bien que Anne, au fil des ans, elle apprenait à s'amuser de ces histoires inventées. De ce fait, elle attendait toujours avec impatience que leurs parents les autorises à dormir chez l'une : se retrouver ensemble était toujours signe d'une nuit pleine de rebondissements romanesques !
Pourtant, cette nuit-là, le rebondissement ne concerna pas les héroïnes de leurs histoires. Il intervint dans leurs propres vies, concernant leurs propres personnes.
Anne et elle s'embrassaient.
Rien ne l'avait préparé à cela. La soirée s'était déroulée normalement, Anne et elle s'étaient couchées comme elles l'avaient toujours fait et elles avaient profité de la nuit pour inventer l'histoire d'une belle princesse désireuse de découvrir le monde. Comme bien souvent, elles mimaient les propos dans l'espace que le lit leur offrait. Ainsi, quand la princesse avait décidé d'offrir un baiser au galant qui l'avait secouru, c'est tout naturellement qu'elles s'étaient rapprochées. Mais si Anne l'embrassait d'ordinaire sur la joue, s'était bien de ses lèvres dont elles s'était saisie ici.
Diana s'était liquéfiée sur place.
Certes, depuis qu'elle avait appris que sa si chère tante Joséphine avait aimé toute sa vie une femme, elle était arrivée à la conclusion que les personnes aimant leur propre sexe n'étaient pas des démons à brûler vif. Néanmoins, cette idée la mettait toujours mal à l'aise. Que Anne l'embrasse ainsi... cela allait contre toutes ses convictions, contre son éthique.
Et pourtant...
Pourtant quand Anne se recula, affolée, ce fut elle qui la retint et chercha à goûter de nouveau à ses lèvres.
Diana aurait dû se lever, fuir de cette maison et ne plus jamais parler à la rousse.
Pourtant, elle demeura dans ce lit, s'enivrant encore et encore de la chaleur de Anne.
Quand le matin se leva, le soleil berçant leurs corps enlacés, Diana comprit qu'elle était irrémédiablement perdue.
