Régina se décida à rejoindre Robin dans la salle à manger, les isolant du reste du groupe. Elle lui en voulait qu'il n'ait pas eu l'idée de l'avertir de sa venue. Préférant éviter le sujet, Robin se fondit sur elle, la couvant de baisers, ce qui l'irrita un peu plus. Alors elle regagna la cuisine afin de préparer le repas du soir. Régina détestait lorsqu'il faisait cela. Il coupait souvent court aux discussions, préférant le plaisir charnel aux "prises de tête", comme il disait. Elle avait bien conscience qu'il n'était sans doute avec elle que pour son corps mais elle se disait que c'était toujours mieux que d'être seule.
Deux heures plus tard, le repas se passa relativement bien sans doute parce que les deux jeunes femmes ne participèrent guère à la conversation, toujours fâchées contre Blanche pour son initiative d'inviter Robin et Crochet. Emma félicita cependant Régina à de nombreuses reprises pour sa délicieuse soupe, ses lasagnes et son merveilleux flan au chocolat.
A la fin du dessert, le petit Neal, dans les bras de David, commença à réclamer à manger. Régina, souhaitant s'isoler un peu, proposa à Blanche, qui était en grande discussion avec Robin, d'aller préparer le biberon.
Quelques minutes plus tard, Emma se leva pour voir si la brune avait besoin d'aide lorsqu'elles se croisèrent sous l'embrasure de la cuisine.
- STOP LES MAMANS ! hurla Henri, faisant retourner tous les regards sur lui. VOUS DEVEZ VOUS EMBRASSER ! continua le jeune garçon, tout excité.
- Quoi ? qu'est-ce qui te prend Henri ? demanda la brune
- Vous êtes sous le gui. Vous devez vous embrasser ! jubila Henri en sautant sur place, fou de joie, tandis qu'Emma et Regina levèrent la tête pour voir effectivement le gui au-dessus de leur tête.
- NON NON, commença à crier Blanche, paniquant. Non, tu... tu te trompes... elles... elles ne doivent pas.
- Mais enfin, répondit Henri, déçu, c'est toi qui m'a dit que si deux adultes
- Non, coupa Blanche. Pas, pas comme ça... pas deux femmes
- Comment ça ! répondit Emma, en haussant le ton. Tu veux dire que c'est du gui homophobe ?!
- Quoi ? Non, non, non, bredouilla Blanche, c'est... c'est juste... Bon sang, aides-moi David ! Ce... ce n'est pas conventionnel, c'est tout.
- Conventionnel ? demanda Régina, s'énervant également des propos de Blanche. Et qu'est ce qui est conventionnel pour toi BLANCHE ? Sortir avec un homme marié ? Pousser une jeune femme de 18 ans à épouser un homme de 40 ans ? Tout mettre en œuvre pour qu'un ivrogne coureur de jupon finisse dans le lit de ta fille ?
- Non je me suis mal exprimée, c'est juste que... c'est contre-nature
- De mieux en mieux ! riposta la blonde. Et de quel droit, toi, Blanche-Neige, tu te permets de dire que c'est contre-nature. Toi qui prônes pour l'amour, les licornes et les arc-en-ciel, tu devrais avoir honte. Deux femmes qui s'aiment tachent ton conte de fées ? Outrée par les propos de sa mère, Emma tourna sa tête vers Régina qui semblait tout aussi scandalisée. Lorsque leurs regards se croisèrent, elles surent aussitôt qu'elles voulaient toutes deux démontrer que Blanche avait tort et qu'elles tenaient là leur vengeance. Alors très lentement, elles se rapprochèrent en ne se lâchant pas des yeux.
- Emma, je t'interdis de faire ça ! cria Blanche, hystérique.
Ignorant sa mère, Emma posa sa main droite sur la joue de Régina qui fit de même, elles s'approchèrent encore plus, leurs lèvres se retrouvant à quelques millimètres, sentant le souffle de l'autre, s'enivrant du mélange de leur parfum.
- Amour, tu ne vas pas embrasser cette sorcière ? tenta Crochet
- Régina ! appela Robin, si tu le fais
- le bisou, le bisou, s'excitait Henri.
Dans leur bulle, aucune n'écoutait les remarques des autres et tout en douceur, leurs yeux se fermèrent et leurs lèvres se scellèrent. Aucune n'avait déjà embrassée une femme mais elles se surprirent à adorer. La douceur et le goût légèrement sucré de leurs lèvres les invitèrent à prolonger cet instant quelques secondes, savourant cet échange magique et au combien agréable. Le hourra d'Henri les firent revenir à la réalité. Elles se reculèrent doucement, encore sonnées par l'envoutant baiser échangé.
- Oh mon Dieu, je sens que je vais m'évanouir, gémit Blanche, dans les bras de son mari. Henri jubilait devant son téléphone, ravi d'avoir pu capturer cet instant unique tandis que Robin claqua la porte d'entrée en partant.
Aucune des deux jeunes femmes n'osa se regarder, troublées par le baiser qu'elles venaient de partager. David tenta de désamorcer la situation en faisant le pitre et au bout de quelques minutes tout sembla être oublier.
Robin revint au bout d'une heure et ignora Régina, vexé. Vers minuit, Régina expédia Henri au lit, elle-même fatiguée par sa journée. Les femmes débarrassèrent la table en silence tandis que les hommes continuaient à discuter autour d'un verre.
- Je vais également vous laisser, lança Régina, je suis éreintée. D'autant plus qu'Henri a pour habitude de se lever tôt.
- OK, j'arrive, dit Robin en se levant.
- Pardon ? Je peux savoir ce que cela veut bien vouloir dire ? demanda Régina, pas certaine de comprendre.
- Ben quoi ? répondit Robin. Tu vas te coucher, je monte avec toi, sinon tu vas encore t'endormir avant que
- Robin ! le coupa Régina, honteuse de ce que son compagnon s'apprêtait à dire
- QUOI ! s'énerva Robin. Tu voulais peut être dormir avec Emma, maintenant que vous vous êtes embrassées !
- Arrête ça tout de suite où tu vas le regretter ! menaça la blonde, l'air mauvais.
- J'ai peut être dit une bêtise, interrompît Blanche, hésitante, coupant ainsi la querelle. J'ai proposé aux garçons de dormir ici.
- Tu as quoi ? s'énerva Emma. Non mais t'es malade ! Et je peux savoir où tu comptais faire dormir Crochet ?
- Et bien avec toi ! répondit Blanche semblant ne pas comprendre la réaction de sa fille.
- Mais enfin, il en est hors de question ! s'offusqua la blonde. Nous n'avons pas ce type de ... relation
- Pourtant Amour, je pensais t'offrir mon corps cette nuit, lança Killian, l'air salace
- Si tu ne veux pas finir amputer de la deuxième main, je te conseille de garder tes distances, gronda Régina. Tous tellement surpris que les deux femmes se défendent mutuellement, un silence régna quelques secondes.
- Trêve de bavardage, annonça David. Désolé les gars mais vous allez devoir retourner dormir chez vous !
Particulièrement énervés, les deux hommes abdiquèrent non sans fusiller du regard les deux femmes.
