24 Décembre
- Ma ? Ma, réveilles-toi ! Emma fut réveillé par Henri qui se tenait debout devant son lit, tout excité. Lorsqu'elle tourna la tête, elle vit Régina sur l'embrasure de la porte de sa chambre, lui souriant.
- Je suis désolée, ça fait une heure qu'il vous attend, s'excusa la brune
- J'arrive gamin, répondit la blonde, se levant avec difficultés. Elle avait très mal dormi, pensant sans arrêt à ce baiser. Elle l'avait apprécié bien plus qu'elle ne l'aurait dû. Ce baiser ne voulait rien dire, c'était juste pour faire rager sa mère. Et pourtant... et pourtant dès qu'elle regardait Régina, elle se surprenait à vouloir l'embrasser encore et encore. Emma enfila en vitesse un jean et un pull et rejoignit Régina et Henri au salon où Blanche et David débarrassaient leur déjeuner. Il restait cependant 3 bols propres sur la table.
Devant son air interrogateur, Régina lui expliqua :
- Henri a décrété qu'on déjeunerait tous les 3. C'est pour ça qu'il est venu vous réveiller.
- Ah ... Ok, répondit Emma, surprise. Depuis que ses deux mères s'étaient embrassées, Henry s'était concocté une nouvelle mission : mettre ses deux mamans ensemble. D'ailleurs il avait réfléchi à quelques scénarios pour leur ouvrir les yeux. Attendant que ses grands-parents s'éclipsent pour faire leur toilette, il commença à déjeuner ne cessant de demander tel ou tel produit à ses mères, les faisant lever à chaque fois jusqu'au moment où se produisit ce qu'il attendait.
- STOP ! vous êtes sous le gui...
- Henri ! fit semblant de s'énerver Régina. Tu le fais exprès ?
- Et c'est pas de ma faute, c'est la tradition, tenta le petit brun.
- Si c'est la tradition, chuchota Emma, pas certaine que Régina veuille retenter l'expérience. Celle-ci avait cependant bien entendu Emma et la regarda intensément. Ne pensant qu'au baiser de la veille, Emma rapprocha Régina d'elle et initia leur second baiser auquel répondit la brune. Le corps d'Emma s'embrasa, si elle s'écoutait, elle plaquerait la belle brune contre un mur pour intensifier ce baiser. Cependant elle put à peine gouter à ses délicieuses lèvres que Régina se recula et apporta du jus de fruits à Henri. Déboussolée, Emma entra dans la cuisine et s'humidifia le visage s'insultant de réagir avec autant d'émotions pour un baiser qui ne voulait clairement rien dire. Remise de ses émotions, elle revint à la salle à manger avec un paquet de biscuits dans les mains et continua de déjeuner l'air de rien.
La matinée se passa très rapidement. Henri et David s'occupèrent de Neal, Emma repartit à Storybrooke faire quelques courses et Blanche et Régina préparent quelques plats pour le midi et le soir, Robin et Crochet revenant en fin d'après-midi pour le réveillon.
Grâce à ses petits stratagèmes, Henri avait réussi à faire embrasser à nouveau ses mères après le repas du midi pendant que Blanche et David couchaient Neal. Cependant dans l'après-midi, alors qu'ils allaient entamer un jeu de société, le jeune garçon prétexta un mal au ventre pour que sa mère aille chercher un médicament à la cuisine. Une fois la brune partit, Henri se plia en deux et gémit :
- Ma, va vite chercher Maman, j'ai vraiment trop mal. Paniquée la blonde se rua vers la cuisine pendant que Régina en sortit, manquant de peu de se rentrer de dedans.
- Le bisou ! cria Henri, content de sa comédie.
- Henri ! rouspéta Régina. Là, tu dépasses les bornes ! Simuler un mal de ventre pour venir à tes fins est intolérable !
- Ta mère a raison, continua Emma. Tes petits stratagèmes ont fonctionné jusque là mais là tu exagères !
- Comment ça ses petits stratagèmes ont fonctionné ? répéta Blanche, chancelante.
- Ben disons que depuis l'épisode d'hier, Henri s'amuse à nous faire croiser sous le gui, répondit Emma
- Toi et Ré... Régina ? bégaya Blanche, de plus en plus pâle. Et ses manigances ont fonctionné combien de fois ?
- Je dirais 3 fois, répondit Régina, l'air victorieux sentant Blanche de plus en plus fébrile.
- Oh mon Dieu ! Vous vous êtes embrassées 3 fois ! commença à crier Blanche, se retenant aux bras de David
- Que veux tu Blanche, c'est la tradition, continua Régina. Et puis c'est de ta faute, il ne fallait pas installer cette branche de gui.
- Mais il n'y a plus de gui depuis hier soir ! Après votre baiser, j'ai tout enlevé !
- QUOI ! crièrent Emma et Régina en même temps. Et ça ne t'est pas venue à l'esprit de nous le dire ! hurla Régina. HENRI MILLS, j'espère pour toi que tu n'étais pas au courant !
- Non, bien sur que non, répondit Henri d'une petite voix.
- Et dire que depuis ce matin, on est obligée de s'embrasser à cause de cette stupide tradition, balança Emma
- Oh oui pauvre petite princesse, obligée d'embrasser cette horrible sorcière, répondit aussitôt Régina, les yeux noirs de colère
- Régina, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, tenta la blonde
- Mais bien sûr que c'est ce que vous vouliez dire ! Vous êtes bien comme votre mère, vous agissez et ne pensez jamais aux conséquences ! Et après il faut vous plaindre ?
- De quelles conséquences vous parlez ?! s'énerva la blonde. Et merde à la fin, arrêtez de me comparer à ma mère !
- Je vous ai déjà dit de ne pas me parler comme ça ! J'ai passé mon week-end à faire des efforts, entre préparer le repas, m'occuper du bébé, vous enseigner la cuisine et le change d'un bébé, accepter des invités supplémentaires et des traditions grotesques, supporter toute votre famille ! J'en ai plus que marre de vous et vos parents. Henri, montes faire tes valises, nous partons !
- Maman, supplia Henri.
- Si dans 5 minutes, tu n'es pas monté, tu seras puni ! ordonna Régina en montant très rapidement dans sa chambre. Sans un mot, Emma monta quelques secondes après dans sa chambre pour s'isoler.
- Henri, pourquoi as-tu fait cela ? dit Blanche d'une voix faible. Voyant que l'adolescent n'avait pas compris sa question, elle poursuivit. Pourquoi voulais-tu que tes mères s'embrassent ?
- Lorsqu'elles se sont fait le premier bisou, je me suis dit que ce serait trop génial qu'elles soient ensemble, j'aurai enfin une vraie famille.
- Mais enfin, tu as une vraie famille. Tes mamans ne sont pas lesbiennes, Régina aime Robin et Emma aime Kylian. Elles ne seront jamais ensemble.
- Non, je te défends de dire ça ! s'énerva Henri, les larmes aux yeux.
- Henri, enfin, tu n'es plus un bébé, tu peux comprendre ça. Elles se tolèrent pour toi, mais elles ne seront jamais amies et encore moins amoureuses. Elles se détestent.
- NON TU NE COMPRENDS RIEN ! cria Henri hors de lui, partant en courant dehors après avoir attrapé son manteau à la volée.
- Blanche, tu sais que je t'aime, mais tu n'aurais pas dû dire ça à Henri, dit David
- Il faut bien que quelqu'un lui ouvre les yeux ! Quelle idée de mettre ses 2 mères ensemble !
- Mais enfin, c'est légitime. Comme tout enfant, il voudrait voir ses 2 parents ensemble, ça me paraît normal.
- Mais on parle de Régina et notre fille, c'est inconcevable !
- Et pourquoi ? Parce que ce sont 2 femmes ?
- Bien sûr que non ! Mais Régina a été ma belle-mère, elle a essayé de nous tuer à plusieurs reprises
- Mais elle a changé, soupira David
- Oui je sais. Et Emma, elle mérite un homme qui l'aime et la protège.
- Notre fille mérite quelqu'un qui l'aime et la protège, homme ou femme, ça n'a aucune importance, corrigea David.
- Je ne suis pas prête David.
- Nous n'en sommes pas là pour l'instant. Mais si tu te braques comme ça, tu connais Emma, elle va d'exclure de sa vie. Allez viens, notre fils nous appelle.
