Hey!
Petit OS écrit à l'occasion de cette période particulière qu'est Noël. L'idée m'est venue grâce à l'event du même nom se déroulant sur le jeu mobile Fire Emblem Heroes. Je ne pouvais décemment pas laisser cette pauvre Manuela si triste pendant les fêtes voyons... Et oui, j'avoue, j'avais envie de tenter ce ship au moins une fois pour voir XD
Bref! Evidemment, ni l'univers, ni les personnages de FEH ne m'appartiennent puisqu'ils sont la propriété d'Intelligent Systems.
Bonne lecture,
Et Joyeux Noël à chacun!
Cette année, et comme tous les ans maintenant, s'est tenu avec un certain succès le Festival de l'Hiver. Tous peuvent témoigner qu'il fut une réussite, quand pourtant cela semblait assez mal parti au départ. En effet, cette année, plusieurs représentants ont de nouveau été élus pour aller distribuer les cadeaux aux enfants du monde entier. Une tâche fort importante, il ne faudrait pas oublier l'un de ces bambins par inadvertance. Cependant, au vu des représentants choisis cette fois-ci, on pouvait douter que nul cadeau ne se perde dans quelque cheminée.
J'exagère sûrement, après tout, l'équipe annuelle contenait deux jeunes filles parmi les plus sérieuses qu'il m'ait été donné de voir. Lute et notre petite Lysithea ont même, d'après ce que j'ai pu entendre dire dans les couloir d'Askr, conçu une liste et un itinéraire pour une distribution des plus efficace. Non, celle dont nous pouvions éventuellement remettre en question la fiabilité était plutôt Mirabilis, la fée envoyée du Royaume des Rêves. J'ai cru comprendre qu'elle avait plus passé son temps à dormir dans la hotte contenant les cadeaux, qu'à distribuer ces derniers.
Fort heureusement pour tous les enfants, elle avait avec elle le meilleur chaperon possible pour la remettre sur le droit chemin, et surtout les yeux bien ouverts. Le Professeur Manuela, lorsqu'elle a appris sa désignation pour participer au Festival, ne m'avait pas semblée très enthousiaste. Pourtant, l'ex grande chanteuse n'a pas rechigné à la tâche, et c'est très certainement aussi en grande partie grâce à elle que la fête est aussi réussie ce soir.
Le Festival de l'Hiver est à présent terminé, bien que se poursuive encore jusque tard la soirée. Pour ma part, hormis à tenter de saisir au vol les ragots hivernaux du QG, je cherche encore comment occuper mon temps libre. Je suis rarement seule d'ordinaire, Lene ne me quittant pour ainsi dire jamais lorsque nous parcourons le château ou même lorsque nous sortons. J'ignore la raison de la naissance de notre duo, quand pourtant elle et moi nous ne nous venons absolument pas du même monde. Cependant, puisque forcées de nous côtoyer, nous avons fini par nouer une forte amitié. La jeune danseuse, à certains égards, me fait un peu penser à moi lorsque j'avais son âge.
Pour cette soirée spéciale qu'est Noël, la jeune fille est partie retrouver un homme, un certain Ares si je ne me trompe. Je crois savoir qu'elle nourrit des sentiments assez profond pour lui, alors je n'ai pas cherché à la retenir lorsqu'elle a exprimé le désir de le rejoindre le temps de quelques heures nocturnes. De plus, durant mes petites pérégrinations discrètes, j'ai pu constater que nombre de couples profitent de ce moment pour se retrouver. J'ai ainsi pu croiser, sur le chemin des escaliers menant aux appartements des Héros, par exemple notre cher Professeur. Enfin, ses deux versions pour être exacte.
L'une, la masculine, accompagnée d'un petit Lion au pelage argenté qui semblait avoir un peu trop abusé du vin chaud servi au réfectoire. Le pauvre, j'espère qu'Ashe n'aura pas trop mal à la tête demain, et surtout qu'il ne s'en voudra pas trop d'avoir passé toute la nuit inconscient. Enfin, si c'est dans le lit de son enseignant favori qu'il la passe, même sans en avoir conscience, peut-être cela ne le dérangera-t-il pas cela dit… La surprise au réveil n'en sera que plus plaisante.
Quant à la version féminine, elle était, du moins je crois, en train de tenter de s'échapper aussi discrètement que possible. Hélas pour elle, se soustraire au regard d'Aigle de toutes les versions de cette chère Edie – hormis celle à laquelle elle est déjà mariée – n'est guère aisé. C'est peut-être même plus difficile encore que pour la déléguée de semer le sombre regard étrécit de son ombre. Pourtant ce soir, je crois que même ce cher Hubert avait d'autres projets. Qu'ils furent consentis ou non d'ailleurs, Ferdinand ayant eu l'idée de lui offrir une dégustation de cafés issus de tous les mondes parallèles. Mais je suis persuadées que malgré son air toujours si fermé, Hubie saura apprécier cette douce attention de la part du rouquin.
Noël est bien une fête qui se passe en famille ou entre amis, pourvu que l'on soit entouré des gens que l'on aime. Et même pour ceux qui passeraient les fêtes en solo, une soirée est organisée pour que tous puissent partager et en profiter. J'ai d'abord songé à m'y rendre, voulant au passage voir si je ne pouvais pas tenter de charmer et faire tourner quelques têtes pour m'amuser un peu. Cependant, mes projets sont devenus tout autres lorsqu'une fois le Festival clôturé, j'ai surpris une certaine conversation. On aura beau dire que je suis extravagante et peu discrète, par moment nul ne parvient pourtant à déceler ma présence. Comme ce fut le cas ici justement.
—Chacun va bien dormir après avoir obtenu ce que son cœur désire. Sauf moi, comme toujours.
Cette voix familière, teinté d'une tristesse qui ne devrait pas avoir cours en une telle soirée. Celle d'un autre de mes professeur bien aimé. Nul n'ignore que cette chère Manuela court toujours désespérément à la recherche d'un éventuel soupirant. Soupirant qui jusqu'à maintenant n'a jamais pris la peine soit de se présenter, soit tout simplement de rester.
Je l'avoue humblement, à une certaine époque je lui étais exactement semblable, courant après chaque homme, ou même femme d'ailleurs, que je croisais. Simplement, et il m'a fallu un certain temps pour le comprendre, ce n'était pas après l'amour que je courrais. Non, c'était après quelque chose de bien plus trivial, dont finalement j'ai compris que je n'avais nul besoin pour me sentir vivre et exister. Une réalisation qu'elle ne semble pas avoir encore eu. Et pourtant, elle ignore que c'est aussi grâce à elle que cette vérité essentielle m'est parvenue.
Dissimulée à leur vue, j'entends la conversation entre Mirabilis et mon professeur se poursuivre, Manuela tenant de se soustraire à sa tristesse sous les encouragements de l'elfe. Elfe qui lui donne au passage un conseil bien plus éclairé qu'on s'y attendrait, de la part de quelqu'un passant autant de temps à dormir.
—Si je chante de mon mieux, une personne spéciale m'entendra peut-être…
Mirabilis, après avoir acquiescé, s'en retourne pour sûrement aller se rendormir au plus vite afin de rêver de bonbons, ou quelque chose comme ça. Celle faisant office d'infirmière à l'Académie des Officiers de Garreg Mach esquisse alors un pauvre sourire, se teintant de nouveau très vite de l'amertume de se retrouver à nouveau seule. Dans de telles conditions, jamais elle ne trouvera la force de sortir ne serait-ce qu'une simple vocalise d'échauffement.
Soudain, alors que je la vois tourner les talons, probablement pour aller noyer son chagrin dans le vin chaud servit à la soirée, une idée me vient. En ce jour particulier, il est peut-être enfin temps de tenter ma chance, oubliant ce qui me retenait auparavant. Sortant de ma cachette improvisée derrière l'un des piliers du QG, j'approche en silence dans son dos avant de lui saisir la main.
—Mais qui ose… ! s'exclame-t-elle, déjà prête à se défaire de mon emprise.
—Ce n'est que moi Professeur, n'ayez crainte, je la rassure, lui offrant mon plus beau sourire.
—Dorothea, que fais-tu là ?
—Eh bien, tout comme vous, je suis seule ce soir, Lene ayant choisit de me préférer la compagnie d'un charmant chevalier.
Je la vois immédiatement grimacer devant ce constat, et je me dis que peut-être j'aurais pu être un peu moins directe. J'ai décidément trop côtoyé la compagne d'Edie et son franc parlé parfois bien trop maladroit. Quoiqu'il en soit, serrant doucement sa main toujours logée dans la mienne, je me retourne et la tire afin qu'elle me suive.
—Mais enfin Dorothea, pourquoi m'entraines-tu ainsi et vers où donc nous emmènes-tu ? interroge-t-elle, perdue face à mon attitude un peu étrange.
—C'est un secret, mais si vous êtes sage, peut-être que je vous le révèlerais avant que nous soyons arrivées. Ou peut-être pas, j'ajoute avec un clin d'œil quand je vois une lueur de curiosité remplacer une seconde la tristesse habitant ses iris noisette.
Je ne veux pas qu'elle soit triste ce soir. Cela fait déjà bien trop longtemps que je l'observe de loin, trainant son âme en peine à travers tout le château. Et même déjà avant dans le monastère, lorsque nous étions encore en Fodlan. Les rares moments où le professeur Manuela semblait oublier ce poids perpétuel reposant sur elle, c'était lorsqu'elle m'apprenait à chanter. Ou bien encore lorsqu'elle chantait elle-même. Hélas, ces rares moments privilégiés que nous partagions alors ont finis par s'espacer et cesser. Voilà une chose que je regrette profondément, ces têtes à têtes me manquant plus que je ne le pensais.
Nous voilà arrivées dans une aile déserte du QG, uniquement constituée d'une pièce circulaire au centre de laquelle sont dessinés d'étranges arabesques au sol. L'ex star de la troupe du Mittelfrank avant moi-même m'adresse un regard perplexe, ne comprenant pas à quoi je joue, ni même où nous sommes. Nous immobilisant justement sur ce tracé atypique, je la tire un peu plus vers moi pour l'approcher. Comme le temps a passé depuis notre toute première rencontre. Aujourd'hui je suis désormais plus grande qu'elle, et ce malgré ses hauts talons revêtant les couleurs de Noël. Je peux sentir son souffle légèrement saccadé contre mon cou, provoquée par notre brève course rapide.
—Dorothea… Explique-toi à la fin… souffle-t-elle en reprenant sa respiration, tentant de s'éloigner un peu aussi.
—Faites-moi confiance, cela va vous plaire.
—Si tu le dis…
Son ton dubitatif et désabusé ne m'échappe pas, mais je suis certaine de ce que j'affirme. Posant une main sur l'une de ses joues, je remets doucement en arrière une mèche qui s'est échappée de sa coiffure retenue par les mignons bois de cerfs qu'elle arbore. J'ignore si c'est mon imagination ou non, mais je crois la voir rougir un peu face à mon geste. Souriant mutinement, je ne dis rien cependant, et l'attire de nouveau près de moi.
—Que…
—Fermez les yeux Professeur, ça va peut-être secouer un peu si vous n'avez pas l'habitude.
Elle n'a pas le temps de répondre, que soudain le sol sous nos pieds se met à trembler légèrement, puis de plus en plus fortement. La dalle gravée sur laquelle nous nous tenons bouge soudain, commençant à s'élever progressivement.
—Par la Déesse ! Dorothea que se passe-t-il !?
—SI vous avez peur, vous pouvez vous cacher dans mes bras, je ne m'en offusquerais pas, dis-je, taquine.
Evidemment, la réaction que je cherchais ne tarde pas à fleurir sur ses traits, mélange d'indignation face à mon audace, mais aussi d'embarras. Un embarras dont elle ne s'encombre que quelques secondes, avant de finalement craquer et enfouir son visage au creux de mon cou, ne voulant ni voir ni ressentir notre ascension. Dire que je ne profite pas amplement de cette proximité retrouvée serait mentir. Et alors que nous montons de plus en plus haut, de plus en plus vite, j'inspire à plein poumons en me penchant sur elle son parfum familier. Une fragrance fraîche, odeur de menthe et de lavande mêlées. Un parfum qui, lui aussi, m'a manqué. J'ai attendu si longtemps…
Lorsque la dalle s'immobilise enfin, elle ne se dégage pas immédiatement de mon étreinte. Quelques secondes s'écoulent ainsi, alors que nous nous tenons immobiles.
—Professeur ? je finis quand même par m'inquiéter de son absence de mouvement et de réaction.
—Pardonne-moi, finit-elle par se reprendre. Cela fait simplement un certain temps qu'on ne m'avait plus pris dans les bras de cette façon, avoue-t-elle tout bas ensuite.
Je lui souris tendrement à cet aveu, et elle tousse d'embarras pour reprendre contenance.
—Alors ? Ou sommes-nous ?
—Vous n'êtes encore jamais montée jusqu'à la Citadelle, n'est-ce pas ? je lui demande.
—Non en effet, j'ignorais même l'existence d'un tel lieu.
—Venez, nous visiterons une autre fois. Pour le moment, j'aimerais vous montrer un endroit en particulier.
Attrapant de nouveau sa main dans la mienne, je l'entraîne comme tout à l'heure à ma suite. Ce soir, tout le monde est occupé en bas à fêter Noël comme il se doit. Ainsi, je ne suis pas surprise de trouver le centre vide de toute présence quand habituellement il fourmille d'activité. Les rues, enneigées à cause notre altitude, sont doucement éclairées des quelques réverbères disposés un peu partout. Nous dépassons plusieurs constructions, jusqu'à ce que je trouve celle qui m'intéresse. Lorsque nous pénétrons à l'intérieur, je peux immédiatement voir une étincelle d'intérêt s'allumer chez mon cher professeur.
—Serait-ce…une salle de concert ? interroge-t-elle.
—En effet, et ce soir, la scène est toute à vous Professeur Manuela. Me feriez-vous l'honneur d'être votre public privilégié ?
—Eh bien, je… Cela fait si longtemps, et peut-être qu'à distribuer les cadeaux pour les enfants du Festival, j'ai attrapé froid. Je ne sais pas si c'est une bonne idée…
—Je vous en prie, faites moi plaisir, dis-je, lui offrant ma plus belle moue d'attendrissement. Voyez ça comme mon cadeau de Noël personnel.
Fermant les yeux pour tenter d'échapper à ma manœuvre de corruption irrésistible, elle fronce brièvement les sourcils, mais finit par monter les marches menant à la scène. Je m'installe alors dans les gradins, au plus proche pour pouvoir apprécier le spectacle vocal qui va prendre place. Tous ceux qui disent que la grande Manuela Casagranda a fait son temps sous le feu des projecteurs ne savent décidément pas de quoi ils parlent. L'ont-ils seulement encore entendu chanter pour poser un tel constat si faux ? Rien que les premières notes qui s'échappent de ses lèvres m'emportent.
C'est un chant mélancolique, aux consonnances de tristesse et de regrets, qu'elle a choisi d'interpréter. Malgré tout, cela n'enlève rien à la beauté de son air, qu'elle semble vivre dans chacune des paroles qu'elle me livre. Voilà ce que j'ai toujours admiré chez elle, cette façon de ressentir, puis de transmettre, les émotions des notes qu'elle produit si habilement. Et même si cette chanson est triste, c'est vrai, elle comporte néanmoins une note d'espoir discernable pour qui écoute vraiment.
—Last Christmas… finit-elle le morceau sur la vague d'un dernier vibrato.
Je brise le silence revenu dans la salle par mes applaudissements alors que, dans un reflexe venu de ses années de scène, elle salue l'unique public que je constitue. Se rendant compte de son geste, elle passe une main mal assurée dans ses cheveux, décalant son cerf-tête. Je la rejoins alors, montant à mon tour les marches de la scène.
—C'était magnifique Professeur, merci pour ce cadeau.
—Ce n'était rien, inutile de me remercier Dorothea. De plus, ce n'était certainement pas ma meilleure performance…
—Ne dites pas cela, vous étiez superbe et votre voix l'est toujours autant également.
—Je ne mérite pas tant de compliments… rougit-elle à nouveau.
—Vous êtes bien trop dure avec vous-même.
Je la gronde gentiment, levant à nouveau ma main pour la passer dans sa courte chevelure afin de redresser ses bois de travers. Seulement, au lieu de me contenter de ce geste sage, je laisse ensuite mes doigts glisser doucement jusqu'à sa joue. En appréciant la douceur tout autant que la rougeur qui y fleurit encore, je descends ensuite plus bas, sur sa mâchoire que je relève vers moi. Ancrant mes yeux malachite dans les noisette me faisant face, j'approche mon visage tout près du sien. Elle retient sa respiration, le regard embué et perdu sur mes intentions plus qu'ambigües. Passant le pouce sur ses lèvres pour les entrouvrir, je lui pose une question qui la sort de la transe dans laquelle mes gestes équivoques l'ont plongé.
—Et vous Professeur, que voulez-vous pour Noël ?
—Je…
Mais elle ne parvient pas à formuler la moindre phrase, bien trop troublée de notre proximité. J'avance encore, de sorte que nous ne pourrions pas être plus proche que si nos lèvres se joignaient entre elles. J'en profite alors pour lui souffler une dernière phrase, vibrant de malice et de désir en même temps.
—J'ai moi aussi un cadeau à vous offrir, le voulez-vous… ?
Je ne devrais pas jouer autant avec ses nerfs, de peur qu'elle s'évanouisse tout simplement entre mes mains au vu de son regard plus que troublé et de la chaleur couvrant toujours son visage. Pourtant, elle me répond tout de même, murmurant à peine sa réponse. Réponse que je n'aurais pas saisi, si je n'étais pas si proche.
—Oui…
Elle ferme alors les yeux, anticipant à peine une seconde avant la caresse de mes lèvres venant embrasser les siennes. Je me demande si Edie à ressenti ce frisson électrique la parcourir lorsque, pour la première fois, elle et notre institutrice se sont embrassées de la sorte. Le frisson de l'interdit, dont on se fiche éperdument à l'instant où l'on brise le tabou. Mais enfin, ici, en Askr, je ne vois pas ce qui nous empêcherait de pouvoir être ensemble. Je ne suis plus son élève, et elle n'est plus mon professeur, quand bien même je la nomme encore ainsi par habitude.
Le besoin d'oxygène finit par nous séparer, Manuela tentant de reprendre ses esprits ainsi que sa respiration. Une fois chose faite, elle braque deux orbes incertains et apeurés dans les miens, réalisant sûrement l'échange que nous venons d'avoir.
—Dorothea, tu… Nous ne devrions pas, ce n'est pas…
—Chut, ne dites rien. Nous ne sommes plus à Fodlan, rien ne nous est interdit ici. A moins que vous n'ayez pas aimé mon cadeau… ? dis-je ensuite, adoptant une petite mine abattue.
—Non, bien au contraire ! réfute-t-elle alors, tandis que je ne peux empêcher mon sourire de revenir immédiatement étirer mes lèvres.
—Dans ce cas, je vous propose de poursuivre cette charmante soirée. Personne ne viendra nous déranger avant de longues heures…
Elle ne répond rien, mais acquiesce cependant, tandis que cette fois c'est elle qui lie sa main à la mienne avant que je n'en esquisse le geste. A-t-elle finalement réalisé que, la personne spéciale qu'elle attendait tant, l'écoute en vérité depuis déjà bien longtemps ? Je serre doucement ses doigts entre les miens, avant de nous faire quitter la salle de concert. Je ne poserais pas la question, il me semble déjà discerner la réponse dans le regard qu'elle m'adresse ensuite.
—Oh, fais-je ensuite sur le ton de la légèreté, saviez-vous qu'il y même une source chaude ici ? Nous pourrions l'essayer.
—Es-tu sûre que nous en avons le droit ? interroge-t-elle.
—Nous resterons sages, ne vous en faites pas, dis-je avec un clin d'œil. Enfin, aussi sages qu'il vous plaira que nous soyons…
C'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher de la taquiner. Comme il est plaisant qu'à présent ce soit un sourire qui prenne place sur ses trait, sa tristesse et sa solitude envolées désormais. Que demander de plus pour cette exceptionnelle soirée ? Alors que nous cheminons, sous les flocons tourbillonnant dans l'air céleste de la Citadelle silencieuse, je me penche et embrasse doucement sa tempe.
—Joyeux Noël, Professeur.
—Joyeux Noël, Dorothea…
Finalement, la Rose n'a pas tant d'épines qu'elle veuille bien le faire croire, pour que la Marguerite soit parvenue à la cueillir ce soir…
