Prologue
"Félicitations, c'est un petit garçon !"
Seul de l'autre côté de la porte, c'est tout ce que Ikki avait pu entendre quand sa maman avait cessé de crier… Ça et les pleurs d'un bébé, qui avaient envahi la "salle de travail", comme les infirmières l'avaient appelée. Lui, assis sur sa petite chaise, dans le couloir, était terrifié. Il n'avait même jamais vu sa maman pleurer, alors l'entendre crier avait été un supplice. Juste après cela, il s'était senti soudainement mal. Il avait mal au ventre, comme quand il avait fait une bêtise et qu'il appréhendait la réaction de maman.
Quelque chose n'allait pas.
Des infirmières étaient sorties précipitamment de la pièce, un paquet de tissus dans les mains. Elles étaient agitées et le paquet pleurait. Sans hésiter, il les avait suivies en courant, refusant de rester tout seul dans ce couloir vide, il avait trop peur pour ça. Elles s'étaient rendues dans une pièce ressemblant un peu à la chambre que sa maman avait préparée pour son petit frère… sauf qu'ils étaient dans un hôpital. Pour une chambre de bébé, ça n'était pas très chaleureux : les murs étaient jaune pâle, et l'équipement était tout blanc. Ça sentait pas bon, comme le truc que sa maman mettait sur ses blessures, quand il tombait, et il n'y avait pas les petits dessins d'animaux, au mur, comme chez lui. C'était froid et impersonnel.
Une des infirmières se dirigea vers la bassine et, la suivant, Ikki eut enfin le loisir d'admirer son petit frère. Il était tout rose, et avait quelques cheveux bruns tachés de rouge, sur sa tête.
"Il a mal ?" demanda aussitôt Ikki. Il avait cru reconnaître du sang, sur son frère. Et il savait que, quand on saignait, c'est qu'on s'était fait mal.
L'infirmière eut un sursaut en le regardant, comme si elle n'avait pas du tout remarqué sa présence. Les traits marqués par l'incompréhension, elle regarda sa collègue, qui préparait quelques outils.
"Tu sais qui c'est ?"
L'autre infirmière le détailla un instant, et son visage se teinta de tristesse.
"Oui. Il s'appelle Ikki, c'est le fils aîné de la patiente."
La première sembla perdre ses mots, son regard oscillant entre le bébé et le petit garçon à côté d'elle. Ikki eut un peu plus mal au ventre en observant leur interaction, alors que son petit frère s'agitait près de la bassine.
"Shun a mal ? C'est pour ça qu'il pleure ?
– N… Non… répondit l'infirmière, hésitante. Il va bien… Il s'appelle Shun ?
– Oui ! répondit l'enfant avec un brin de fierté. C'est moi qui ai choisi !
– Tu veux nous aider à nous occuper de lui ? demanda soudainement l'autre infirmière. Comme ça, tu pourras voir comment on fait.
– Je pourrai aider maman ?"
L'infirmière hésita, avant d'hocher la tête. Elle avait toujours l'air triste, sans que Ikki ne comprenne pourquoi. Il écarta ses questions pour se consacrer à son petit frère, aidant les infirmières à le laver, le mesurer et le peser, puis lui mettre un lange. Elles le laissèrent même lui donner le biberon.
Il était assis dans le fauteuil, donnant à manger à Shun, quand un homme entra dans la pièce. Il regarda un à un Ikki et les infirmières. Puis il se mordit nerveusement la lèvre, avant de lentement secouer la tête de droite à gauche. Tous les regards se braquèrent alors sur les deux frères installés dans le fauteuil.
Et Ikki eut à nouveau mal au ventre.
…
Hurlant, et frappant tout ce qui se trouvait à sa portée, Ikki s'était débattu comme un diable. Il les avait entendus, la méchante dame des "services sociaux" et le docteur. Ils avaient dit vouloir le séparer de Shun. Ils ne voulaient pas qu'ils aillent ensemble à "l'orphelinat". Il n'avait aucune idée de ce que c'était, mais il ne voulait pas y aller sans son petit frère. Il venait seulement de perdre sa maman pour toujours, et voilà qu'il allait perdre aussi Shun ? Il en était hors de question !
Cependant, qu'est-ce qu'un enfant de 4 ans pouvait faire face à deux adultes comme eux ? Personne ne l'avait écouté, même quand il avait essayé de parler calmement : Maman ne l'écoutait pas quand il criait. Il n'avait pas pleuré non-plus : Maman lui avait appris qu'on ne comprenait pas ce qu'il disait, quand il pleurait.
Impuissant, il avait du regarder la méchante dame prendre son petit frère pour l'emmener dans une "famille d'accueil", pendant qu'une autre dame lui disait que les bébés ne pouvaient pas aller à l'orphelinat.
"Ils sont trop petits, on n'a pas assez de temps à leur consacrer." avait-elle dit, et Ikki avait trouvé ça terriblement injuste. Les infirmières lui avaient montré comment faire, et il pouvait s'occuper de Shun, il le lui avait dit… mais elle ne l'avait pas écouté.
Assis sur "son" lit, dans l'orphelinat, Ikki s'autorisait enfin à pleurer. Le voilà seul, sans maman, sans Shun, sans famille, entouré d'enfants dont il ne voulait même pas connaître les noms. Il avait tout essayé, absolument tout, et il était pourtant resté impuissant.
Serrant ses genoux contre lui, il se promit, dans le silence de la chambre, qu'il le retrouverait.
Il mettrait tout en œuvre pour retrouver son petit frère.
Je vous en avais parlé et le voilà !
Je mets le prologue en ligne ici en guise de test et, plus tard, je mettrai le chapitre 1 pour voir si ça vaut le coup de reprendre l'écriture là où je m'étais arrêté. Le prologue n'est pas suffisant pour vous faire une idée de ce que vaudrait l'histoire, n'est-ce pas ?
À ce jour, j'ai 4 chapitre à relire et corriger, un chapitre entamé et un bonus que je sortirai, un jour, peut-être.
Dites-moi en commentaire si cette idée de "What If…" vous intéresse. Le chapitre 1 arrivera dans deux semaines.
À plus tard !
