Bonjour à tous :)

Je m'excuse pour ne pas avoir publié ces 15 derniers jours. J'ai été malade puis j'étais en vacances et je n'ai pas pu vous prévenir que la publication aurait un peu de retard. Néanmoins, j'espère que ce long chapitre me fera pardonner.

Merci Emilie pour tes encouragements et désolée de t'avoir fait patienter 1 semaine de plus ! J'espère que le chapitre te plaira.

Bienvenue Lilijane et merci infiniment pour ton commentaire :)

Chapitre 3

Rey sourit en découvrant la vaste zone dédiée à la fête. Elle n'aurait jamais imaginé en venant ici assister à un tel spectacle, qui plus est en son honneur. Les villageois s'étaient donnés de la peine, l'ambiance avec l'immense feu de bois apportait une impression chaleureuse et agréable à l'ensemble de la présentation. Elle renifla et sourit face aux odeurs alléchantes qui venaient titiller son nez.

Il faisait nuit et elle s'accorda une minute pour observer les étoiles. Dans sa solitude sur Jakku, c'était l'un de ses rares plaisirs où elle pouvait cesser de réfléchir et oublier sa condition. Elle ne s'était jamais plainte de sa situation, veillant à toujours se montrer forte et débrouillarde. Elle n'avait jamais voulu dépendre de quelqu'un d'autre qu'elle-même. C'était la règle pour survivre, se rappela Rey sans nostalgie.

Puis ses habitudes avaient été chamboulées par sa rencontre avec BB-8 et Finn. Elle avait appris l'amitié, l'entraide, la solidarité et l'engagement. Son existence avait certes été bouleversée mais, elle sourit, elle avait enfin appris à vivre.

Elle s'avança et fit quelques pas discrets vers le centre de la place. Tout le village s'était réuni dans un mélange de joie, de danse et de rire. Les enfants coururent près d'elle, la bousculant presque au passage, pour poursuivre BB-8 qui roulait à toute vitesse dans le but de leur échapper. Rey rigola et le petit droïde bipa son amusement sous les cris tout aussi enthousiastes des bambins. Elle l'observa s'éloigner, en gardant toujours une avance sur ses poursuivants, puis elle se remit en marche.

Elle s'approcha du buffet et observa les plats préparés en essayant d'identifier des mets qu'elle pourrait connaître. Elle grimaça en constatant qu'aucun d'eux ne lui paraissait familier. Elle mordit sa lèvre inférieure, hésita puis dans un mouvement d'épaule décida de se lancer. Elle opta pour une brochette dont elle supposait être un mélange de viandes et de fruits locaux. Elle espéra sincèrement aimer pour ne pas faire outrage à ses hôtes.

Elle se sentit d'autant plus mal à l'aise lorsqu'une femme se mit près d'elle et attendit d'avoir son retour, un sourire radieux et impatient sur les lèvres. Rey croqua et fut aussitôt rassurée. Le goût bien qu'épicé était savoureux et la viande très tendre.

« C'est vraiment très bon, avoua-t-elle à la vieille femme. Merci pour ce repas. »

Sa réponse eut le mérite de réjouir son interlocutrice qui finit par s'éloigner. Elle termina sa brochette et s'approcha du feu avant de tendre les bras. Elle n'avait pas spécialement froid mais apprécia tout de même de sentir les flammes réchauffer son épiderme. Elle frictionna ses mains entre elles et sursauta subitement en entendant un énorme vrombissement.

Elle regarda de gauche à droite, prête à se défendre au moindre geste suspect. Quand elle vit la foule commencer à danser aux sons des premières notes de l'orchestre, elle souffla et se sentit ridicule. Elle devait vraiment apprendre à lâcher-prise et cesser de voir le danger partout. C'était épuisant d'être en alerte chaque minute, pensa-t-elle en soufflant, alors elle s'autorisa pour ce soir à baisser sa garde.

Elle s'écart brusquement du feu lorsque la longue parade, constituée de villageois qui se tenaient bras dessus bras dessous, passa près d'elle. Son front se plissa d'étonnement de les voir tous si proches et dans ce qu'elle pourrait presque appeler une grande accolade collective.

« Le chef a parlé de circonstances exceptionnelles, celle-ci en est une. »

Rey se tourna pour faire face à Ben et haussa un sourcil.

« Chaque mois, ils organisent cette soirée mais c'est la première fois qu'elle l'est en l'honneur d'une invitée très spéciale. Tu as conscience que tu devras au moins danser une fois, par pure politesse ? »

Elle se pencha avec une certaine espièglerie.

« J'adore danser, il y avait aussi ce type d'événements sur Jakku. Une rare source de réjouissance. Néanmoins, elle sourit en le regardant, je ne pensais pas devoir faire ça devant toi un jour. Même la Résistance ne m'a jamais vue dans un tel spectacle. »

Elle s'écarta pour se mettre face à lui.

« Pourquoi est-ce organisé mensuellement ? Il doit y avoir une raison.

-Disons que la danse et les échanges autour d'un repas favorisent les rencontres.

-Oh intéressant, nota-t-elle en regardant autour d'eux. »

Cette petite fête était donc organisée pour provoquer des rencontres matrimoniales. Original, songea Rey. Sur Jakku, elle était une occasion offerte aux alcooliques pour se soûler encore plus.

« Je croyais que cela serait proscrit ici, plaisanta-t-elle.

-Pourquoi ? Ils doivent assurer la descendance et la survie du village. C'est une technique du chef pour y parvenir.

-En ne se mariant qu'entre eux ? ironisa Rey. Tu dois être considéré comme une denrée rare de venir du monde extérieur. Ces filles ont forcément dû te remarquer. Elle haussa les sourcils avec dédain. Enfin, reprit-elle avec plus d'assurance, ça leur donne au moins l'occasion d'éprouver la sensation interdite de toucher une autre personne. En réalité, je suis choquée que le chef tolère un comportement aussi démonstratif.

-La plupart des mariages sont annoncés lors de ces moments.

-Vraiment ?

-Oui je pense que tu auras l'occasion de le constater toi-même. Tu verras un jeune homme fébrile s'approcher d'une fille toute aussi timide et soudainement il prendra sa mienne dans la sienne et de la brandir devant tous. Et ensuite, il y aura des exclamations de joie.

-Rassure-moi, elle aura donné son consentement d'abord ?

-Bien sûr, ils assument simplement devant tous leur relation. Enfin plutôt leur inclination respective.

-Humm oui, j'imagine qu'ici on ne se fréquente pas avant de s'épouser.

-Certains s'y sont frottés et ça s'est mal terminé. »

Elle se tourna vers lui, un petit sourire complice sur les lèvres.

« Vraiment ? J'aurais bien voulu voir ça. La rébellion ici ça doit être particulier. En tout cas, tu sembles bien au courant. »

Elle n'eut pas la chance de pouvoir entendre sa réponse car elle fut subitement tirée par le bras. Sans comprendre exactement comment, elle se retrouva entraînée dans la danse. Face à l'allégresse innocente et sincère de ses partenaires, elle n'arriva pas à leur en vouloir d'avoir écourté sa discussion avec Ben. Au contraire, elle y prit beaucoup de plaisir, laissant même quelques éclats de rires franchir sa bouche face à tant d'engouement.

Elle ne se sentit ni gênée, ni mal à l'aise de ne pas connaître les pas. Une femme était toujours là pour la guider et lui montrer la marche à suivre. Elle s'amusait et profitait simplement de l'instant. Son regard accrocha celui de Ben une seconde et elle ne réprima pas un petit sourire en coin de le voir si concentré à l'observer se ridiculiser en public. Elle finit par être relâchée et se remit près de lui, les joues encore rosies par son effort et quelques mèches folles virevoltants près de son visage. Un jeune homme passa près d'elle et avec empressement elle se saisit d'un verre et le porta à ses lèvres. Elle but plusieurs gorgées d'une eau presque glacée mais rafraîchissante après la chaleur éprouvée par la danse.

« Moi au moins j'ai joué le jeu, commença-t-elle tout à coup encore essoufflée mais radieuse. Je doute que tu t'y sois déjà prêté. Et puis, tu m'avais prévenue mais je ne t'ai pas vu tenter de m'en extirper.

-Tu paraissais t'amuser.

-C'était le cas. »

Elle sourit, toujours aussi détendue et s'avoua à elle-même qu'elle s'était très bien imaginée partager une danse plus personnelle avec lui.

« J'aime leur insouciance, reprit-elle avec sérieux. Sur ce point, je les envie. Leurs règles sont peut-être strictes mais ils ont l'air heureux et surtout épanouis d'être ensemble. Ils ont compris la chance que cela représentait. Je les ai critiqués mais au fond je les respecte et je les jalouse même peut-être un peu. »

Ben ne répondit pas, se contentant de la dévisager longuement, surpris de la voir soudainement si sérieuse, presque mélancolique.

« Ça fait un moment que je me demande, débuta Rey en fixant un petit groupe au loin, le moment précis où tu as compris ce que nous formions ? Tu le sais depuis longtemps ? »

Il ne réagit pas immédiatement, concentré lui aussi à se perdre dans le néant. Elle hésita, ignorant s'il apporterait une réponse à son questionnement. S'il avait été si bavard depuis le début de la fête, elle savait que c'est en grande partie en raison du peu d'intérêt de ses questions. Celle-ci, en revanche, lui semblait nettement plus pertinente.

« Il y a eu cette sensation la première fois que je t'ai croisée dans cette forêt. Cette étrange impression de déjà-vu, comme si tu ne m'étais pas inconnu. Avant cet instant, je n'avais pas conscience que je pouvais être lié à une autre personne. Ce n'est que lors de ton interrogatoire quand j'ai pénétré ton esprit que j'ai su, sans pour autant comprendre réellement ce que cela pouvait être, qu'il y avait quelque chose. Qu'il y avait plus. Je me rappelle te l'avoir signalé car tu avais toi aussi ressenti ce lien. »

Elle ne dit rien, elle voyait parfaitement ce dont il parlait.

« Et puis, tout s'est enchaîné très vite et j'ai commencé à chercher l'explication. C'est là que j'ai finalement su. C'était à la fois puissant, terrifiant, attirant lâcha-t-il dans un souffle mais surtout extrêmement rare. Ça n'a sans doute pas toujours été là, notre rencontre sur Takodana l'a sûrement déclenchée. Si nous ne nous étions jamais physiquement rencontrés, peut-être que…

-C'est plus vieux que tu ne le crois, le coupa Rey et il hasarda un coup d'œil dans sa direction alors qu'elle se replongeait dans son passé. »

Elle s'accrocha à ce souvenir dont elle s'était récemment rappelée dans l'un des rares instants où elle était seule à la base et où elle s'autorisait à penser à lui.

« J'étais encore toute jeune, je ne pourrais déterminer mon âge exact mais je devais faire mon entrée dans l'adolescence. Tu devais donc être un jeune homme à l'époque. Elle inspira. Je me trouvais avec Unkar, le ferrailleur pour qui j'ai travaillé toutes ces années sur Jakku, c'était l'après-midi et je me rappelle encore de la chaleur étouffante du soleil à cette heure-là. Elle s'arrêta et inspira à nouveau. Et pourtant, pour la toute première fois, j'ai ressenti un frisson. Pas comme une petite brise mais un vrai froid, glaçant. Ce n'était pas physique mais mental. Ça m'a saisie toute entière. Elle s'arrêta en se rappelant la sensation. Unkar m'a prise pour une folle. Je l'entends encore me hurler dessus que personne ne pouvait être frileux en plein désert, marmonna Rey. »

Ben ne dit rien, elle tourna son visage vers lui.

« Je n'ai compris que récemment que c'était toi que j'avais senti. J'avais complètement oublié ce moment de ma vie jusqu'à ce que… »

Elle s'arrêta, ne voulant pas lui dévoiler les conditions qui lui avait permis d'avoir accès à ce moment. Elle ne doutait pas une seconde de sa véracité et encore moins du fait qu'elle savait que c'était lié à lui.

« Sans en comprendre la raison, je sais que j'ai ressenti ton basculement. De la même façon que j'ai été le témoin de ton retour à la Lumière. »

Cette fois, il lui lança un regard plus appuyé alors que les flammes dansaient sur son visage dans un mélange d'ombres et de lumières qui le rendait encore plus mystérieux, terriblement tentant. Il ne commenta pas, clôturant la discussion. Pourtant, elle s'entendit clairement ajouter, dans un murmure pour que cela ne soit audible que par lui, une nouvelle proposition.

« Ben, je ne repars que demain. »

Il se tourna enfin vers elle et la dévisagea à son tour. Elle ne bougea pas et se contenta de continuer à le fixer. Elle plongea dans ses yeux sombres admirant le nouveau spectacle qui débutait sur ses traits. Elle entrouvrit la bouche, clairement impatiente de le voir réagir à sa petite phrase qui sous son air innocent lui offrait clairement une opportunité s'il souhaitait s'en saisir. Il la regarda, détaillant ses cheveux, l'humidité sur ses lèvres, son souffle saccadé pour finir sa course sur sa gorge.

Il releva les yeux vers les siens.

« Suis-moi. »

Il partit aussitôt, la frôlant presque au passage tandis qu'il quittait le feu de camp pour se diriger vers le cœur du village. Elle trembla de tout son être mais se décida vite à bouger. Elle marcha lentement, jetant des œillades à la fête pour s'assurer que personne ne s'intéressait à leur départ soudain. Elle constata bien vite que tout le monde était trop occupé à s'amuser, manger ou simplement discuter pour se soucier d'eux. Même BB-8.

Arrivée près de la première hutte, elle se pencha, cherchant Ben du regard. Elle l'avait perdu de vue en voulant s'assurer qu'ils n'étaient pas observés. Tout à coup, elle sentit une prise ferme mais douce étreindre son bras. Il la dépassa par la droite mais ne la lâcha pas et elle se laissa guider. Grisée par ce simple contact, son émoi redoubla quand il glissa ses doigts pour atteindre les siens qu'il pressa affectueusement.

Il désobéissait à nouveau à agir de la sorte mais dans sa manière d'avancer droit devant lui, elle ne sentit plus aucun doute mais une profonde détermination.

Elle commençait seulement à apprécier le contact qu'il lui lâcha la main pour pousser les tissus qui masquait l'entrée d'une habitation. Il les garda ouverts et se tourna pour l'inviter à entrer avant que l'ouverture ne se referme derrière elle. Elle déglutit et observa brièvement les lieux. Un foyer de toute évidence, faiblement éclairé à la bougie, une copie presque conforme de sa chambre. C'était moyennement grand, un peu plus que chez elle, et peu équipé mais cela lui suffit à comprendre qu'elle venait d'entrer chez lui.

Il se mit face à elle et la reluqua de cette façon énigmatique mais séductrice. Il se décida rapidement car il s'approcha à toute vitesse et ne masqua plus ses attentions en la prenant par la nuque pour la faire se coller à lui.

Il poussa sa langue dans sa bouche. Elle l'accueillit avec la même passion que celle qu'elle pouvait ressentir chez lui. Il n'y aurait aucune timidité entre eux, il n'y en avait jamais eux. Il quitta ses lèvres et se précipita dans son cou, le suçotant avant d'y déposer une myriade de petits baisers encouragé par les mains qu'elle passait dans ses cheveux.

Elle lâcha un petit cri lorsqu'il se mit à caresser son corps avec empressement. C'était passionné, animal et elle ne savait presque plus où donner de la tête face à un tel assaut. Elle se cambra contre lui et il redoubla d'ardeur. Ses hanches d'abord, son ventre et enfin ses seins qu'il pressa avec fermeté entre ses doigts. Sa bouche vint les rejoindre rapidement et il commença à lui embrasser le haut de sa poitrine tout en essayant de lui retirer son haut.

Il redescendit le long de son corps, passant un bras autour de sa taille et l'autre juste sous ses fesses puis il la souleva d'un geste souple. Par réflexe, elle noua ses jambes autour de sa taille pour se caler.

Il se déplaça, venant la plaquer contre le mur et Rey s'étonna de son étonnante dureté. Elle avait craint que ce support, en apparence fragile pourrait en réalité leur servir d'appui idéal.

Il râla contre sa bouche et cette vibration la galvanisa. Elle avait envie de lui et n'en revenait pas de se trouver dans une telle situation, toujours bloquée à mi-chemin entre la surprise et l'impatience qu'il aille encore plus loin. Elle en avait rêvé la veille durant sa séance de masturbation mais désormais il était entre ses cuisses.

« Touche-moi, susurra-t-elle près de son oreille. »

Il lui retira les manches qu'elle portait toujours, comme un vieux réflexe, sur ses avant-bras faisant rouler dans une lenteur presque malsaine les bandes de tissus autour de sa peau et de venir y passer le bout de ses doigts. C'était tellement sensuel de la toucher de la sorte, presque innocent alors que dans le même temps elle sentait très clairement le désir qu'il avait pour elle grandir contre son bassin.

L'une de ses mains alla vers son bas-ventre et tira sur le nœud qui retenait son pantalon. Il prit son temps, s'appliquant à défaire avec précaution ce dernier. Lorsqu'il céda enfin, il ne se retint pas et plongea directement dedans.

« Ahh, lâcha Rey tandis qu'il poussait les bords de son sous-vêtement. »

Il alla droit au but et appuya sans hésitation sur son sexe, cherchant son clitoris pour le titiller provoquant des crispations bienvenues. Elle serra son épaule et ferma les yeux sous la sensation de plaisir qui prit possession d'elle. Elle aimait ça car elle avait l'impression qu'il avait espéré cet échange autant qu'elle.

C'était particulier, comme si ce qu'il faisait été à la fois nouveau et étrangement familier. Nouveau car elle n'avait plus été touchée par un homme depuis leur toute première fois sur Ahch-To et que du temps, qui lui parut interminable en cette seconde, s'était écoulé depuis. Elle redécouvrait les joies d'être caressée à cet endroit si sensible par quelqu'un d'autre qu'elle.

Familier car paradoxalement, elle sentait que Ben n'avait pas oublié son corps, y retrouvant ses marques comme s'il le connaissait par cœur et qu'il se souvenait de toutes ses subtilités. Il le prouva lorsqu'il appuya et qu'elle réagit par automatisme en poussant contre sa main.

Cette dernière descendit plus bas et se mit à chercher entre ses plis. Il y entra un doigt sans aucune difficulté. Elle était moite du désir qu'il avait réussi à susciter en elle et qu'elle tentait de contenir depuis la veille. Elle laissa un long souffle franchir ses lèvres en témoignage du bien-être qu'il lui faisait éprouver.

Il cala son visage dans son cou et elle sentit son souffle chaud contre sa peau. Il fit rejoindre un second doigt au premier et elle devint davantage humide. Elle était si glissante, si ouverte que son esprit se brouilla et l'obligea à fermer les yeux pour garder pied avec la réalité.

Elle se colla, s'accrochant à lui et se concentra sur les émotions qui se décuplaient sous les variations qu'il faisait en elle. Elle poussa ses hanches dans sa direction pour qu'il la pénètre encore plus fort. C'était fou et elle aurait presque pu plonger ses dents dans son cou pour l'aider à se contenir. Elle choisit plutôt de partager son plaisir dans des râles de plus en plus audibles et de moins en moins compréhensibles.

Elle jappa quand elle sentit la main présente sous ses fesses se retirer et qu'elle crut tomber. Néanmoins, elle nota qu'elle était solidement plaquée entre le mur et son corps. Elle se reconcentra aussi vite sur son autre main, toujours enfouie dans son sexe, en essayant de maîtriser au mieux ses gigotements. Elle gémit quand ses doigts allèrent contre sa gorge. Elle se pencha et se saisit de l'un d'eux entre ses lèvres et le suça. Il était chaud, un peu moite dans sa bouche mais il le retira bien vite à son grand désarroi.

Un autre cri lui échappa mais il posa doucement sa paume contre elle. Sans l'empêcher de respirer, elle comprit qu'il lui intimait de faire moins de bruits. Elle avait conscience qu'elle ne devait pas être trop démonstrative mais le voir penser à ce risque au lieu de totalement profiter l'agaça. Elle voulait qu'il lâche prise comme elle et l'exprima par un grognement plaintif.

Il quitta son entrejambe et elle en fut surprise. Les bras passés autour de son cou, les yeux à nouveau ouverts et fixés dans les siens, elle attendit de voir ce qu'il allait faire ensuite. Ses mains descendirent à sa taille et il tira brusquement sur son pantalon pour le retirer. Elle sentit son épiderme contre le sien, sous son cul alors qu'il s'évertuait à la déshabiller. Le vêtement descendit enfin jusqu'à ses genoux, il fit subir le même sort à son sous-vêtement. Elle le vit grimacer et comprit vite pourquoi lorsqu'il la reposa sur le sol.

Il se concentra sur lui et descendit son pantalon avec précipitation. Lorsque son sexe jaillit enfin entre eux, gorgé de désir et tendu pour elle, elle ne put retenir un léger hoquet de satisfaction.

Il ne lui laissa pas le temps de l'admirer, ni de le toucher car il la reprit aussitôt dans ses bras, la soulevant avec brutalité avant de la replaquer contre la hutte où son dos s'écrasa. Elle aimait cette nouvelle envie qu'elle percevait chez lui. Il n'en pouvait plus et ne s'attarda pas. Il poussa en elle d'un coup sec et elle cria leur délivrance. Il enchaîna directement les poussées dans un va-et-vient rapide mais profond.

S'il ne voulait pas qu'elle soit bruyante, il devait cesser immédiatement de la pénétrer avec cette fougue. Son corps claqua contre la paroi dans un bruit terriblement évocateur et excitant. Elle sentit les ongles de Ben empoigner ses fesses pour accentuer la force de ses assauts. C'était foutrement bon, songea Rey en savourant la dureté de son membre en elle, la manière qu'il avait de glisser en entrant et en sortant et dont il l'emplissait parfaitement.

Il sembla enfin perdre pied car chaque mouvement se retrouvait accompagné d'un son délicieux à ses oreilles. C'était sauvage, viril et elle adorait ce sentiment d'être totalement soumise à son propre plaisir entre ses bras. Du moins, jusqu'au moment où ils se crispèrent lorsqu'ils entendirent discuter de l'autre côté de la hutte. Deux femmes semblaient s'entretenir tout près de l'endroit où ils se trouvaient. Rey n'osa plus bouger, ni faire le moindre bruit, tétanisée de voir l'une d'elle entrer ici et la trouver écrasée entre le corps massif de Ben et la paroi de l'habitation. Elle pensa à ses vêtements, elle était complètement débraillée et sa coiffure ne devait plus ressembler à rien.

En revanche, Ben ne devait vraiment plus pouvoir se contenir pour continuer à la lutiner dans un moment pareil, constata-t-elle en s'avouant qu'elle était loin d'être contre son initiative. Elle voulut gémir mais ferma les yeux et pinça des lèvres pour se taire. Lui ne s'évertuait pas à être si discret et elle appréciait toujours sa façon si expressive de faire l'amour. Rapidement et heureusement pour eux, les voix s'éteignirent et elle comprit qu'ils étaient à nouveau seuls.

Il se retira ensuite et ils échangèrent un long regard. Il l'approcha du lit et elle se sentit intimidée, bien plus par le fait de se retrouver près d'un endroit aussi personnel que par celui qu'ils soient tous les deux à moitiés nus. Il la coucha délicatement dessus puis vint à son tour, se collant à elle sans l'écraser ce qui lui rappela leur relation sur Ahch-To. Ben lui caressa doucement la joue et cette tendresse la fit fondre. Son regard était le même que celui qu'il avait eu avant qu'elle ne l'embrasse sur Exegol.

Elle se mit sur les coudes et l'observa se mettre au bout du lit, à genoux. Il lui enleva ses chaussures une par une et fit la même chose avec son pantalon et sa culotte. Elle était désormais complètement nue à partie de la taille et il se rapprocha après qu'il se soit aussi débarrassé définitivement de son bas et de ses bottes. Il déposa un baiser sur son mollet puis embrassa l'intérieur de ses cuisses du bout des lèvres et remonta ensuite jusqu'à son sexe. Elle retomba, tremblotante, quand elle sentit son souffle contre sa toison. Il y déposa un rapide baiser qui la fit sursauter.

Il ne se souciait plus du bruit, ni du temps qu'ils prenaient et Rey en gigota de satisfaction. Elle se redressa à son tour et se mit en position assise. Elle s'approcha de lui et l'embrassa puis saisit les bords de son pull. Il souleva les bras et elle le passa par-dessus sa tête.

Elle caressa avec délectation son torse, en appréciant les nuances, les variétés du grain de peau et se pencha pour y déposer des baisers. Elle le lécha et remonta jusqu'à son cou où elle n'hésita pas à aspirer sa peau. Elle voulait le marquer, laisser une trace de son passage pour qu'il ne l'oublie pas alors elle suçota et s'assura qu'il garde ce souvenir d'elle pour les prochains jours à venir.

Les mains de Ben se faufilèrent dans ses cheveux et il défit son chignon, la décoiffant avant de venir les ébouriffer pour qu'ils se répandent en cascade sur ses épaules. Elle recula et ils se regardèrent. Elle esquissa un sourire puis il commença à délasser son haut. Il l'abaissa et sa poitrine se dévoila sous ses yeux. Il prit le temps de la regarder d'abord et ensuite, il tendit un bras pour la toucher. Il la soupesa de sa paume puis passa sur ses tétons durcis. Il les malaxa et elle s'excita de le regarder faire. Il la déshabilla ensuite complètement et colla son corps au sien dans une étreinte rassurante.

Les pointes de ses seins frottèrent contre son torse alors qu'il l'aidait à passer ses jambes autour de son corps pour qu'elle se retrouve assise sur lui. Elle sentit son sexe dur, se souleva puis se mit à descendre et remonter dans de longs mouvements sans pour autant qu'il la pénètre. Elle garda les yeux clos et savoura cette douce torture qu'elle s'infligeait, éprouvant une sensation exaltante de se faire subir un tel traitement. Elle s'imaginait déjà l'instant où elle cèderait définitivement partagée entre l'impatience d'y être et l'excitation de l'attente.

Elle finit par se hisser avant de retomber sur lui dans un long cri retenu. Dans cette position assise, enlacés, elle le sentait bien mieux que lorsqu'elle était calée contre le mur. Il ne bougea pas et la laissa aller à son rythme. Elle opta pour une lenteur sensuelle qui leur permettait de sentir les moindres vibrations. Il passa une main derrière sa nuque et commença à bouger à son tour.

Elle sentit à nouveau les vagues du plaisir s'agiter en elle et augmenter au fur et à mesure de leurs efforts conjugués. Elle allait jouir, très bientôt et elle resserra les cuisses d'excitation autour de sa taille. La sensation monta encore d'un cran et elle se colla à son pubis pour s'y frotter. Il la serra davantage contre lui et elle commença à trembler puis à perdre le contrôle. Elle gémit et accentua ses mouvements en sentant enfin le plaisir ultime déferler en elle.

Elle lui partagea son bonheur, serrant son visage dans sa poitrine tout en profitant des derniers spasmes. Son souffle se mélangea à ses gémissements tandis que la pression redescendait et qu'elle savourait les sensations d'après. Ben continua à bouger et son corps, devenu si sensible, réagit positivement face à cette sensation différente. C'était exaltant, comme un petit bonus après le feu d'artifice.

Elle se sentit lasse, épuisée mais groggy avec l'impression que tout son être était devenu mou suite à cette déferlante qui l'avait balayée d'un seul coup. Il les sépara et Rey s'interrogea sur la suite qu'il allait donner à leur rapport. Elle retomba sur le matelas et il se coucha près d'elle. Elle tourna la tête dans sa direction, un sourire franc, témoignage de son état, figé sur les lèvres. Par instinct, elle tendit la main et caressa tendrement son front en profitant pour replacer une mèche de cheveux.

Il posa une main sur son ventre et la pivota pour qu'elle se retrouve couchée, son dos collé à son torse. Il avait chaud et elle apprécia la sensation de cocon que cette position offrait. Il souleva sa jambe gauche et elle sentit son sexe frotter contre sa cuisse. Il la relâcha mais sa main se posa sur sa fesse qu'il décala légèrement. Puis, il se saisit de son membre pour se guider en elle. Il écarta ses jambes une nouvelle fois et poussa pour qu'ils ne fassent plus qu'un à nouveau. Il entama des mouvements lents et la reprit dans ses bras.

Elle sourit puis posa avec affection sa main sur la sienne contre son abdomen.

/

Ses doigts avaient retrouvé le chemin de son clitoris alors qu'il poussait plus fort derrière elle et que Rey suivait la cadence avec son bassin. Elle savait, par son souffle et la façon dont il s'agrippait à sa hanche, qu'il allait bientôt jouir. Cela ne tarda pas et elle sentit bientôt la chaleur du liquide se répandre en elle, savourant de l'entendre exprimer si librement sa jouissance.

Il fit encore quelques gestes et la garda contre lui plus que nécessaire avant de commencer à s'éloigner, sans toutefois les désunir. Avec galanterie, il lui tendit un papier et elle l'accepta bien volontiers. Elle la plaça entre ses jambes au moment même où il se retirait. Elle l'entendit rouler sur le dos et à déglutir souvent.

Elle savait qu'il devait être fatigué par ce qui venait de se produire. Elle finit tranquillement de se nettoyer, se tourna vers lui puis se mit sur le côté afin de pouvoir l'observer. Elle calla sa tête contre ses mains entrelacées et ne bougea plus, reprenant elle aussi son souffle. Elle se moquait d'être nue, le corps moite de leurs ébats, et attendit qu'il baisse les yeux sur elle au lieu de fixer le plafond. Il jeta d'un geste vague un papier et se plaça face à elle, en parfaite symétrie.

Il leva sa main gauche et la fit descendre contre ses côtes. La première fois aussi, il l'avait flattée mais elle espéra que la conclusion de cette nouvelle expérience sexuelle serait différente. Il dut sentir son brusque changement d'humeur car il la regarda avec insistance.

Il était inutile de lui préciser que le sexe était plus que réussi, il le savait déjà. En revanche, devoir débuter la conversation post-coïtal faisait naitre de l'appréhension chez chacun d'eux.

Ses doigts descendirent jusqu'à son ventre et elle frissonna légèrement. Maintenant que la tension sexuelle était redescendue et qu'elle ne s'activait plus, elle constata la fraîcheur qui régnait ici.

« Tu as froid ? demanda Ben en constatant ses frissons. »

Elle allait répondre mais il était remonté très vite pour se saisir de l'un de ses seins où son mamelon se durcissait sous la brise qui englobait son corps.

« Oui, répondit-elle, un peu mais c'est normal je dois juste m'habituer. Après tout, j'étais bouillante il y a moins d'une minute. »

Il reprit ses mouvements et ne dit rien.

« Je me souvenais de ton corps, commença-t-il en baissant les yeux sur ses doigts qui se trouvaient près de son nombril. Pas forcément dans sa globalité mais des détails… avec une certaine précision.

-Lesquelles ? demanda-t-elle, curieuse.

-La rondeur et le poids de tes seins, leurs pointes durcies quand elles sont excitées ou, il lui jeta un bref regard, lorsque tu as froid. La caresse de tes cheveux sur mon épaule quand tu me prends dans tes bras pendant l'acte. Ils ont nettement poussé d'ailleurs. Ça te va bien, ajouta-t-il avec hésitation. La douceur de ta peau et ta bouche, il passa sur sa lèvre inférieure, son rougissement sous les baisers et ce voile brillant délicat dont elle se pare quand tu attends d'être embrassée. Elle eut un sourire en coin alors qu'il retirait sa main. Et puis bien sûr, il y a la moiteur entre tes cuisses, il alla sur son pubis, comment tu mouilles quand tu prends du plaisir et cette façon que tu as de t'accrocher à moi quand tu jouis comme si tu ne voulais plus jamais me lâcher.

-Je refuse de te laisser partir, murmura Rey, c'est pour cette raison que je m'accroche à toi. Je ne veux plus te laisser m'échapper, pas une troisième fois.

-Tu sais que tu ne pourras pas rester et je ne peux partir d'ici. Dès l'instant où mes yeux se sont posés sur toi, malgré tout le bonheur que j'ai pu ressentir de te voir ici, elle voulut le couper ravie de l'entendre dire une telle chose mais il leva la main pour continuer. J'ai également su que nous en souffririons tous les deux. Tout ça ne peut être qu'une parenthèse. Agréable mais seulement une parenthèse. Ils ne t'autoriseront jamais à revenir ici et je ne sais même pas ce que tu pourras leur dire pour justifier ton comportement.

-Ça, c'est mon problème.

-C'est aussi le mien, trancha Ben. Non, reprit-il alors qu'elle voulait parler à nouveau. Ta visite ne me causera pas d'ennui. Malgré ce qu'ils ont pu te montrer, je sais qu'ils me respectent même avec mon statut de prisonnier. Ils s'interrogeront forcément sur les raisons de ta venue quand ils sauront que tu as menti mais je ne dirai rien, je pense qu'ils comprendront d'eux-mêmes.

-Ils comprendront quoi ?

-C'est aussi la question que je me pose depuis que tu es arrivée. Il la regarda. Que fais-tu ici Rey ? »

Elle se troubla.

« La réponse ne te paraît pas évidente désormais, souligna-t-elle.

-Non, bien au contraire. Tu n'ignores pas ce que je ressens pour toi, tu ne peux plus depuis Exegol mais moi, dans le fond, je n'en sais rien. »

Elle ne le nierait pas bien que c'était dérangeant de se l'entendre dire de la sorte. C'était la première fois qu'il admettait aussi franchement avoir des sentiments très forts pour elle. Elle ouvrit la bouche mais il savait déjà ce qu'elle allait souligner. Ils étaient nus, ensemble dans un lit.

« Le désir ne fait pas l'amour, conclut Ben. »

Elle médita ses dernières paroles. Il doutait clairement de ce qu'elle pouvait éprouver pour lui. Selon Ben, son attachement pouvait se réduire à du désir, à un besoin physique et émotionnel d'être près de lui mais pas forcément à quelque chose de plus. Elle avait envie de lui, voilà ce qu'il soulignait. Ce fait était vrai, elle venait de le prouver mais il interprétait mal ses motivations.

« Tu couches avec moi par envie, je n'ai aucun hésitation là-dessus, reprit Ben mais elle n'était pas sûre que ce soit un compliment. Je t'attire, comme une chose inaccessible dont tu ne peux te repaitre de le voir si près et en même temps inatteignable. C'est un interminable challenge dont tu arriveras parfois à te saisir. »

Comme il y a quelques instants, songea Rey en suivant le fil de sa pensée. Elle avait cédé par pulsion à cette relation sexuelle et lui, par amour, semblait-il vouloir lui faire comprendre sans toutefois le dire clairement.

« Je ne sais pas ce que tu ressens au-delà de ce que tu veux bien me montrer ou me dire. Tu étais contente de me voir, de me retrouver, je l'ai lu dans tes yeux. Tu as aimé mes réactions à tes provocations et bien sûr tu as adoré que je t'invite à venir ici avec moi. Tu me reprochais de ne pas lâcher prise contre ce mur, de ne pas me laisser totalement aller, elle haussa un sourcil se demandant comment il pouvait avoir eu connaissance de cette pensée, et pourtant je ne suis pas le seul à agir de la sorte. »

Il inspira.

« Je lâche prise quand je suis avec toi au quotidien, quand je te parle et que nous échangeons simplement. Toi, tu es dans le contrôle absolu. La preuve, tu es venu ici mais tu ne m'as toujours pas exprimé clairement la raison alors que cela paraîtrait si simple à quelqu'un d'autre, à quelqu'un de sûr de lui. En revanche, tu oublies tout dès que tu te retrouves dans mes bras. Tes barrières n'existent jamais pendant l'amour, tu es sincère, pleine et entière lorsque tu éprouves du plaisir. La seule fois où je t'ai vue agir sans réfléchir, simplement pour toi, pour faire ce que tu avais réellement envie de faire sans te poser de question, ni te préoccuper des autres c'est lorsque tu m'as embrassé sur Exegol. Et probablement quand, sur un coup de tête, tu t'es décidée à venir ici. »

Elle le fixa, troublée.

« Tu ne pensais à rien d'autre qu'à ce besoin vital de m'embrasser. Tu te moquais des règles, de notre passif, de ce que tout le monde pourrait en penser. Tu l'as fait pour toi car tu avais réussi à accepter que la compassion pourrait faire partie de ta vie bien que tu serais une Jedi. Cela ne représenterait pas un obstacle. Tu as gardé ce sentiment jusqu'à ton réveil sur Ahch-To, ensuite c'était différent. »

C'est là que tout avait fini par partir en vrille, se rappela Rey.

« Tu crois que je ne sais pas ce que je veux ? »

Il ne répondit pas mais elle sut que c'était oui.

« Tu ne t'es jamais demandé si ce n'était pas toi qui refusais d'admettre que je pouvais le vouloir ? Quand me repoussant comme tu le fais, c'est toi que tu cherches en réalité à protéger ? se défendit Rey. »

Elle fixa ses yeux sombres avec intensité.

« Tu m'aimes, murmura-t-elle entre ses lèvres en l'observant toujours pour capter sa réaction. Et moi, je te désire. Du moins, c'est ce que tu crois. Il baissa les yeux mais elle refusa d'abdiquer. Tu te demandes si je ressens plus pour toi ou bien si je souffre seulement du manque de notre dyade. Si je suis capable de faire la différence entre mes sentiments et cette puissance qui existe entre nous dans le Force. Tu as besoin d'en être sûr. Tu ne penses pas que je me sois déjà posé toutes ces questions ? La conclusion de ces dernières m'aura menée ici, je pensais mon geste suffisamment éloquent pour que tu comprennes ce qui m'avait poussé à me rendre dans cet endroit. Elle inspira. Je voudrais que tu me laisses la possibilité de t'aimer. Je sais que je le peux, que c'est déjà là et qu'il me suffirait d'un consentement de ta part pour qu'enfin mes sentiments éclosent et prennent possession de moi comme je le désire. Tant que tu me refuseras cette ouverture alors je les garderai pour moi, bien enfouis. Bloqués, murmura-t-elle dans la douleur et elle ne lui masqua pas son émotion. »

Elle retira l'une de ses mains de sous sa tête pour la poser sur son torse. Il la regarda enfin.

« Ressens-moi, laisse-moi entrer. Je ne te demande pas de l'utiliser, seulement de t'ouvrir à moi. Il refusa d'un signe de tête. Tu l'as déjà fait par le passé, je l'ai senti, tu m'as cherchée durant cette année. Je le sais. »

Il ne dit rien toujours rien.

« Oui, finit-il par reconnaître, j'ai eu quelques écarts.

-Je suis un écart ? demanda Rey.

-Je ne suis pas censé ressentir la Force, s'ils se rendent compte que je l'utilise, même s'il ne s'agit pas d'un geste mais d'une pensée, je pourrais avoir des problèmes.

-Pourquoi les crains-tu autant ? Pourquoi respecter à la lettre ta punition ? Tu as peur que ta condition s'aggrave s'ils l'apprenaient ? Ou bien est-ce toi qui t'inflige un tel traitement ?

-Pourquoi crois-tu cela ?

-Ca ne serait qu'à moitié étonnant. J'ai conscience de la culpabilité que tu ressens pour tout ce que tu as pu faire par le passé. Tu ne t'en rends peut-être pas compte mais tu agis comme ton oncle, se couper de la Force n'est pas la solution. Tu te punis alors que tu pourrais faire le bien avec. Je l'ai perçu, lors de ton procès, tu as pensé que tu méritais une telle peine alors que tu en souffres forcément.

-Pourtant tu viens de souligner que je ne suis pas le premier de ma famille à le faire.

-Luke, c'était par choix, ce n'est pas ton cas et on aurait pu éviter cela si j'avais fait plus. »

Elle n'alla plus loin et choisit de revenir au sujet de départ de cette discussion.

« A chaque fois, c'était, elle hésita, indescriptible. C'était tendre, rapide mais ça m'a toujours chamboulé. Je me sentais transportée mais tu ne me laissais jamais le temps de te répondre. C'était incroyablement frustrant.

-Je n'avais pas forcément conscience que tu pouvais le ressentir, admit-il d'une voix éteinte.

-Tu l'ignorais ? s'étonna Rey.

-Parfois oui. Je ne pensais t'avoir atteinte qu'une ou deux fois car je t'avais clairement perçue mais visiblement cela semble s'être produit plus souvent de ton côté.

-Régulièrement oui. J'aimais savoir que tu pensais à moi, que tu ne m'avais pas oublié mais c'était décevant de ne pas pouvoir m'en saisir. Plus d'une fois, j'ai voulu établir une connexion pour ne pas me contenter de ce simple effleurement mais tu disparaissais toujours trop vite. Quand tu es parti, j'ai stupidement cru que nous pourrions maintenir cette capacité entre nous et pourquoi pas apprendre à la maîtriser pour l'utiliser à notre guise mais tu respectes bien trop ta punition pour que cela soit possible.

-Même si je ne la respectais pas, je n'aurais pas accepté.

-Pourquoi ?

-Nous voir…

-… ne pourrait que nous faire souffrir, compléta Rey en reprenant ses propres termes. Parce que nous ne pourrions jamais être pleinement ensemble. »

Sa main, toujours sur son torse, glissa légèrement et elle s'ouvrit à la Force en espérant qu'il en face de même. Il arrêta son geste et elle leva les yeux vers lui. Elle se figea lorsqu'elle sentit enfin son aura cogner contre le sien. Elle ouvrit la bouche et inspira une goulée d'air.

Elle serra ses doigts dans les siens alors qu'elle était renversée de retrouver la sensation qu'elle n'avait eu la chance de goûter que sur Exegol et quelques heures sur Ahch-To. Rien n'avait changé, leur dyade était toujours aussi naturelle et elle retrouva l'intuition d'être enfin à sa place, c'était toujours aussi chaleureux et réconfortant. Une larme s'échappa de ses yeux en constatant que, pour la seconde fois, elle avait l'impression de se sentir chez elle.

Elle fut submergée par l'émotion et se contenta de le regarder. Elle désirait ardemment qu'il lise au plus profond d'elle, il y trouverait facilement les réponses à ses interrogations.

« Nous devrions repartir, finit-elle par dire. »

Elle roula jusqu'au bord du lit, s'assit avant de se pencher pour récupérer ses vêtements éparpillés sur le sol. Elle était dos à lui mais, au vu du silence qu'elle percevait de son côté, elle savait qu'il n'avait pas bougé.

« Je m'absente toujours lorsqu'ils font cette fête. Je pense que tu n'as aucun mal à concevoir que ce genre de festivité, ce n'est pas mon genre. Je réussis toujours à m'éclipser. Je m'arrange pour faire quelques apparitions mais ensuite je reviens ici.

-Seul ? ne put-elle s'empêcher de demander en n'osant pas se retourner pour observer sa réaction.

-Toujours oui. Ça non plus, ce n'est pas mon genre. Ni le leur, souligna-t-il avec évidence. »

Elle se sentit stupide. Au vu du scandale qu'avait provoqué une simple main posée sur la sienne, il paraissait évident que les galipettes sous la tente les soirs de fête devaient être proscrits.

« Ils n'ont jamais rien remarqué ? préféra-t-elle demander en essayant de remettre son haut à l'endroit.

-Non.

-Ça fait un moment que nous sommes partis, s'inquiéta néanmoins Rey.

-Pourtant, on est encore très loin de mon record. Chaque mois, j'ai poussé le vice en ajoutant quelques minutes avant de faire ma réapparition.

-Tu comptes ? s'étonna-t-elle.

-Oui, c'est obligatoire si je ne veux pas me faire prendre. »

Elle comprenait mieux pourquoi il avait été si détendu à l'idée de l'emmener ici pour faire l'amour. Il avait eu parfaitement conscience qu'ils avaient le temps nécessaire devant eux pour le faire tranquillement. Elle serra le vêtement contre sa poitrine mais se décala pour pouvoir le regarder, soudain curieuse.

« Et il resterait combien de temps pour atteindre ta durée maximale d'absence ? demanda-t-elle sur un ton qu'elle espéra léger bien qu'elle se crispait sur le bout de tissu. »

Il regardait le plafond mais orienta ses yeux vers elle pour lui répondre.

« Suffisamment pour pouvoir remettre ça. »

Sans s'en rendre compte, elle lâcha son haut qui retomba sur le sol en le voyant très clairement reluquer sa poitrine à nouveau dévoilée. Elle devait déjà monter et descendre à un rythme effréné car elle se sentait à bout de souffle de savoir qu'ils avaient encore du temps. Pour autant, elle ne bougea pas, hormis lorsqu'elle se décida à vouloir récupérer sa tunique dans un geste fébrile. Il s'approcha d'elle, passant une main derrière son cou et se pencha. Elle ferma les yeux et le laissa l'embrasser, profitant de sa nouvelle proximité pour le toucher.

Il prit son haut, le jeta au sol et vint la saisir par la taille pour qu'elle se mette sur lui. Mue par une excitation nouvelle, elle le chevaucha et recommença à l'embrasser. Il quitta bientôt sa bouche pour descendre jusqu'à sa poitrine. Il s'arrêta bien vite sur son sein droit sur lequel il souffla avant d'en embrasser la pointe durcie. Elle se cambra pour lui offrir un meilleur accès et il se mit à caresser l'autre sein pour qu'aucune partie ne soit délaissée.

Bien que la sensation était savoureuse, elle le poussa brusquement et il retomba dans un soubresaut sur le lit. Il était couché et elle descendit lentement de son ventre à son pubis en suivant la fine ligne de poils qui lui montrait le chemin. Elle était loin d'être une experte dans le domaine, elle savait qu'elle manquait cruellement d'expérience mais elle s'était toujours montrée curieuse alors, elle n'hésita pas et se saisit de son sexe entre ses doigts. Après tout se dit Rey, il n'y a qu'en pratiquant qu'elle apprendrait.

Elle aimait découvrir son corps. Elle débuta un lent mouvement de va-et-vient, avec une poigne tout de même plutôt ferme. Elle aurait pu se sentir intimidée mais, au contraire, cela l'électrisa. Elle augmenta la cadence et se pencha vers lui pour obtenir un baiser. Il se redressa et accéda à sa demande. Puis, un gémissement s'échappa de ses lèvres charnues et un petit sourire vint s'étirer sur les siennes.

Elle avait envie de le satisfaire, lui ne s'était pas posé de questions tout à l'heure pour enfoncer deux doigts en elle dans le seul but de l'exciter et de la préparer à la suite. Elle avait aimé sa prévenance. Après un an sans sexe et seulement quelques expériences, elle avait légèrement craint d'avoir des douleurs à retrouver la sensation d'être pilonnée. Mais face à sa préparation, son corps l'avait merveilleusement bien accueilli en elle.

Il ferma les yeux et elle le vit se détendre. Ses épaules se relâchèrent et sans qu'il ne s'en rende compte, elle se décala vers le bout du lit tout en continuant à s'occuper de lui. Elle s'arrêta, lui lança une œillade puis remplaça sa main par sa bouche. Elle s'inquiéta, l'espace d'un instant, de n'obtenir aucune réaction de sa part mais le grognement qu'il lâcha finalement lui fit clairement comprendre que sa nouvelle méthode pour lui faire plaisir fonctionnait tout autant que la première, si ce n'est mieux.

C'était nouveau, plus intense et plus humide aussi. Elle varia ses façons de faire, tantôt elle suçotait, tantôt elle préférait aspirer pour pouvoir reprendre sa respiration. Parfois, elle se concentrait sur le bout et puis subitement, elle laissait sa langue descendre sur toute la longueur et plus d'une fois, elle jura le sentir trembler dans cette manœuvre. Puis, elle accélérait tout à coup avant de brutalement se mettre à ralentir et d'apprendre à le découvrir de sa bouche en le léchant de partout. Elle le sentit se tendre à plusieurs reprises, l'arrêtant en pressant son épaule mais elle recommençait dès qu'elle le sentait plus calme.

Elle hésita sur la suite. Deux envies se bousculaient à parts égales dans sa tête. D'un côté, elle avait très envie d'arrêter de le sucer pour venir s'asseoir sur lui et leur offrir un orgasme commun dans un nouveau rapport. De l'autre, elle était terriblement excitée à l'idée qu'il jouisse dans sa bouche. Elle se fit la réflexion qu'après tout, s'ils ne faisaient pas l'amour, il pourrait simplement lui rendre l'appareil en enfouissant à son tour sa tête entre ses cuisses. Cette image l'excita et elle s'imagina très bien succomber sous ses coups de langue.

Sa décision prise, elle s'agrippa au drap et se mit à accélérer. Il comprit rapidement qu'il était piégé entre ses lèvres et qu'il n'avait d'autre choix que de succomber. Il jouit dans sa bouche en plusieurs longues giclées chaudes et elle continua de descendre et de remonter le long de sa verge jusqu'à ce qu'elle le sente complètement satisfait.